Heya Minna ! Nouveau chapitre, parce que je suis d'excellente humeur ce soir ! :D
J'espère que ceux qui ont déjà fait leur rentrée ont passé une bonne journée, et que ceux pour qui la rentrée est encore à venir, qu'elle sera géniale !
Merci à ma chère bêta pour le follow, à Rouge-365 pour la review et à toi aussi aragorn09 pour enfin lire mon travail~ !
Je vous embête pas plus longtemps, je vous laisse lire et je retourne m'amuser sur des OST~
- Tiens, c'est pour toi.
Law leva les yeux de son petit déjeuner et leva un sourcil en direction d'une belle femme à la peau pâle, aux yeux jaunes et aux cheveux verts qui le regardait avec un petit sourire.
- Les infos sur la gamine, explicita-t-elle. Tu voulais les résultats avant la fin de la semaine, non ?
- Oui, mais de là à ce que tu fasses tout en trois jours... s'étonna le jeune homme.
- C'est mon boulot, qu'est-ce que tu crois ?
- Merci Monet, je jetterai un œil à tout ça.
- T'as intérêt, tu m'as quand même faite lever en plein milieu de la nuit pour tes conneries.
Elle s'éloigna sans plus de cérémonie pour s'asseoir à sa place et Law se dépêcha de finir son assiette pour se lever et quitter la salle à manger, le fameux dossier sous la main. Il alla s'enfermer dans ses quartiers, se posant à son bureau et ouvrant la chemise cartonnée pour en étudier le contenu.
Cette fille...
D'après ce que Monet avait appris en fouinant, elle avait déménagé depuis peu dans le coin et allait encore au lycée le plus proche deux semaines plus tôt. Son frère existait bel et bien, Nemonai Kurei, 24 ans, il commençait tout juste à travailler quand il est tombé malade, mais ne s'en était pas inquiété, résultant à son état actuel.
Pour le coup, la filature leur en avait appris bien plus sur elle.
Depuis qu'elle avait cessé d'aller en cours, la jeune fille allait tous les jours au même endroit sur un pont, où elle essayait de vendre des dessins sur lesquelles elle passait tout son temps à travailler pour tenter de gagner un peu d'argent.
Tout ce qu'elle arrivait à gagner servait à acheter de quoi manger et à payer le loyer d'un deux pièces minable.
Le soir, elle écumait tous les établissements qu'elle pouvait à la recherche d'un travail, même s'il ne devait durer que le temps d'une soirée.
Un dernier détail qui fit sourire le jeune homme, c'était que l'espion avait noté qu'elle était allée se refaire une carte d'identité dès le premier jour. Elle avait tenu parole.
Bon, d'après tout ce qu'il pouvait lire, ce n'était qu'une banale fille sans histoires, il pouvait bien se permettre de l'engager, puisqu'elle ne représentait aucun risque.
Il sortit son téléphone de sa poche et passa un coup de fil au patron de leur bar le plus populaire qui se plaignait toujours du manque de personnel, et qui pour autant ne faisait aucune démarche pour en engager.
« Heart Stealer, j'écoute. »
- Jean, c'est moi.
« Law ! Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? » demanda l'homme.
Jean Bart était un ami de Law depuis deux ou trois ans, quant à l'établissement qu'il dirigeait, celui qui avait été chargé de le mettre en marche, n'était nul autre que le jeune homme lui-même. C'était la première tâche sérieuse que lui avait confié son père, et vu qu'il était devenu le plus prisé de leurs bars, on ne pouvait pas nier que c'était un succès.
- C'est bien toi qui dit toujours que t'aimerais avoir un peu plus d'aide ?
« Oui, pourquoi ? »
- J'ai quelqu'un qui cherche un travail en urgence, elle a 18 ans et a déjà travaillé comme serveuse dans des restos pour des petits boulots. Je peux te la ramener ce soir pour une période d'essai ?
« Euh... Oui, vas-y, je verrai bien ce qu'elle vaut. »
- Dans ce cas je te vois ce soir, vers 17h, histoire qu'elle puisse avoir ton speech avant de commencer le service.
« D'accord, j'y serai. »
Le jeune homme raccrocha, puis il composa cette fois le numéro du fixe de la jeune fille. C'était encore tôt le matin, elle ne devait pas encore être dehors pour vendre ses dessins.
Il n'y eut le temps que pour une sonnerie avant qu'elle ne décroche.
« Allô ? »
- C'est moi. Je t'ai trouvé une place quelque part, pour une période d'essai.
Il entendit un soupir de soulagement et esquissa un rictus de satisfaction.
« Où est-ce que je dois aller, et à quelle heure ? » demanda-t-elle.
- Heart Stealer, je ne pense pas que tu connaisses.
« J'ai beau ne pas avoir l'argent pour y aller, j'en ai déjà entendu parler. C'est pas très loin de mon ancien lycée. Je dois y aller pour quelle heure ? »
- 17 h.
« D'accord... Merci. »
Comme toujours ses remerciements sonnaient assez doux par rapport au reste de ce qu'elle pouvait dire. Sa manie de prendre un ton cassant quand elle avait l'impression d'être regardée de haut était amusante, quand on voyait sa timidité le reste du temps.
Enfin, d'ici ce soir il serait débarrassé de cette fameuse bonne action, et il pourrait reprendre son boulot normalement.
Devant le Heart Stealer, le jeune homme attendait patiemment l'heure prévu, attendant de voir si la jeune fille serait là à temps ou pas. Son petit pari avec lui-même fut en quelque sorte interrompu quand la voiture de Jean Bart s'arrêta devant lui.
- Bonjour Law.
Le jeune homme lui répondit d'un simple hochement de tête alors qu'il sortait du véhicule. Il se posta tranquillement à ses côtés, croisant les bras, comme à son habitude.
- J'imagine qu'elle est pas encore là ?
- Non.
Fallait dire qu'il lui restait 10 minutes avant de pouvoir déclarer qu'elle était en retard. Et justement, il n'eurent à attendre que quelques secondes avant de voir au coin de la rue une silhouette en train de courir dans leur direction. Sa tenue était... usée. Le bas de son jean était littéralement en lambeau, la toile commençait sérieusement à s'affiner au niveau de ses genoux et son pull était beaucoup trop grand pour elle, sous son manteau.
Appuyée sur ses genoux pour reprendre sa respiration, elle leva les yeux vers la montagne de muscles qui la regardait d'un air sévère.
- Bonjour... Désolée de vous avoir fait attendre... fit-elle en se relevant.
- Ton nom, gamine.
- Nemonai Tamashii, monsieur.
- Jean Bart, en charge du Heart Stealer. Monsieur Trafalgar ici présent est mon patron.
La jeune fille tourna de grand yeux étonnés vers le jeune homme qui se contenta d'un haussement d'épaules. Oui, il l'avait engagé lui-même. Merci Jean Bart d'avoir vendu la mèche.
Il lança un regard noir à l'homme en question de sous sa casquette, puis se décolla de la façade contre laquelle il s'était appuyé, sortant ses clés pour entrer.
L'intérieur de l'endroit était assez grand, il y avait beaucoup de tables, des mezzanines, un grand comptoir, et une zone fumeur un peu plus loin. La décoration était un mélange de plusieurs styles, rendant le tout assez excentrique, mais dans le bon sens du terme. C'était très original et agréable, en somme.
- Ici, c'est moi qui fait la loi, donc quoi que puisse dire monsieur Trafalgar, va falloir que tu t'accroches et que tu te montres à la hauteur si tu veux rester ici pour gagner ta croûte, compris ?
- Oui, monsieur.
Law observa Jean faire son speech à la demoiselle, lui dictant les lois de l'établissement (discrétion, ce genre de choses), puis lui faisant la liste de ce qu'il y avait à faire tout au long d'une soirée, de combien de temps par nuit elle aurait à travailler, et pour finir, il lui fournit un uniforme qu'elle allait devoir porter pour son service.
Il resta silencieux, les yeux rivés sur la demoiselle attentive, qui se montrait la plus courtoise possible et ne broncha pas quand la tonne de corvées et les horaires lui tombèrent dessus. Certes, même lui pensait que c'était peut-être beaucoup pour une seule personne, mais après tout, il lui avait déjà donné les moyens de s'en sortir, elle n'avait qu'à se battre pour y arriver.
Quand le soir fut bien plus avancé et que le jeune homme arriva à la fin de sa tournée, il passa au Heart Stealer en dernier, ayant changé son parcours habituel pour avoir tout son temps et pouvoir observer la gamine en action. Sachi et Penguin n'avaient fait aucune remarque, pas plus partisans que ça par le fait de mettre leur boss en colère. Même s'ils étaient amis, fallait pas déconner, ils respectaient la hiérarchie un minimum !
Il se dirigea vers la table de son dernier client, histoire d'en finir rapidement, puis vers le comptoir pour demander un verre. Jean Bart était appuyé sur la mezzanine juste au-dessus, surveillant la jeune fille qui ne semblait même pas avoir remarqué la présence de Law tant elle était occupée à courir à droite et à gauche. Quand elle n'apportait pas un verre à un client, l'un de ses collègues lui demandait d'aller chercher quelque chose à la réserve, ou d'aller nettoyer les restes d'un ivrogne quelque part.
Elle acceptait tout sans broncher.
Bien. Law n'avait plus rien à faire ici, sinon profiter de son verre.
Maintenant un mois qu'il en avait fini avec cette histoire. La fille avait effectué un boulot monstrueux et était parvenue à se faire embaucher par Jean Bart qui disait qu'elle était diablement efficace.
Le jeune homme, quant à lui, était retourné à ses affaires.
Quand il passait au Heart Stealer, il pouvait la voir en train de s'affairer, toujours tellement occupée que la plupart du temps elle ne remarquait même pas sa présence. Et très franchement, lui-même ne prêtait attention à la jeune fille que par curiosité, la regardant quelques secondes, avant de retourner à ce qu'il devait faire sur le moment.
Ce soir là, son dernier client s'était débiné au dernier moment. Il allait devoir lui rendre une petite visite plus tard, histoire d'être certain qu'il ne mettrait pas son business en danger. Après tout c'était son rôle, de s'occuper des acheteurs de ce quartier, d'en trouver de nouveau, et de faire en sorte qu'ils reviennent acheter auprès d'eux.
Law était connu pour être un jeune homme redoutable dans le domaine, beaucoup le craignaient, et ce n'était pas pour de simples rumeurs. Ceux qui osaient retourner leur veste étaient souvent retrouvés dans un état lamentable et avaient tendance à ne plus vouloir parler autant qu'avant. Les flics le détestaient pour sa faculté à s'en sortir sans aucun problème avec la loi.
S'ils savaient seulement que son père avait des hommes dans les forces de l'ordre pour s'en assurer...
Le jeune homme garda donc son colis en poche avant de passer la porte du Heart Stealer sur la fin de son nouveau parcours. Elle était toujours là, à travailler d'arrache-pied. Il fronça légèrement les sourcils en la voyant, et pas seulement parce qu'il pouvait constater que plusieurs ivrognes ne se gênaient pas pour lui mettre la main au cul, alors qu'elle se contentait de s'éloigner sans réagir plus que ça.
Depuis un moment maintenant il lui semblait qu'elle avait perdu du poids, mais ce soir là il voyait clairement que c'était bien en dessous de la normale... Et elle avait l'air de plus en plus fatiguée, des cernes désormais bien présentes sous ses yeux mauves.
Pourquoi est-ce qu'elle avait l'air aussi malade ? Elle l'avait pourtant trouvé, son travail...
- Law, tu m'écoutes ?
Le jeune homme tourna la tête pour voir Penguin, attendant visiblement une réponse de sa part.
- Dis donc, on dirait qu'elle t'a tapé dans l'œil, la petite, fit remarquer Sachi. T'arrêtes pas de la regarder depuis qu'on est là.
- Je suis curieux, admit-il. Elle travaille ici depuis un mois, mais j'ai comme l'impression qu'elle s'affaiblit de jours en jours.
- Peut-être que ça la fatigue, supposa Penguin.
- Non, réfuta Law. Même avec la fatigue, elle ne serait pas aussi maigre. Elle a perdu beaucoup trop de poids en un mois.
- ... Maintenant que tu le dis... accorda Jean Bart, installé avec eux. Pourtant je la fais moins trimer qu'avant, vu que j'ai prévenu les autres de ne plus lui refiler toutes leurs corvées.
Le jeune homme ne répondit pas, enregistrant l'info. Il y avait définitivement quelque chose d'étrange avec cette histoire. Quand il rentra au manoir ce soir-là, après son rapport habituel et avoir donné à son père le nom du client qui s'était désisté, il se dirigea directement vers ses appartements et sortit le dossier de la jeune fille du tiroir de son bureau.
Il était intrigué par son état qui allait en s'aggravant alors qu'elle gagnait un salaire plutôt honnête.
Le lendemain soir, quand il arriva au Heart Stealer, il avait une idée bien précise en tête. Le jeune homme se dirigea vers la mezzanine pour aller voir Jean Bart.
- Je te prends une salle, demande à Nemonai de me ramener ma commande.
L'homme hocha la tête, ne sachant pas vraiment ce que son patron avait en tête, mais après tout, que pouvait-il y trouver à redire ? Alors que Law entrait dans la première salle VIP qu'il put croiser, il se laissa tomber sur le canapé, installé tranquillement en attendant l'arrivée de la jeune fille pendant que ses hommes de main attendaient sagement de chaque côté de la porte, habitués à ce genre d'exercices.
Quand deux petits coups furent frappés à la porte et que Sachi la fit entrer, la jeune fille ouvrit de grands yeux surpris.
Elle se ressaisit bien vite et s'avança dans la petite salle dont la porte fut refermée derrière elle, pour déposer le plateau qui contenait les boissons demandées par le jeune homme.
Alors qu'elle s'inclinait rapidement et allait faire demi-tour pour retourner travailler, il l'arrêta.
- Reste ici.
- Euh...
- Jean Bart est au courant, t'inquiète pas pour ton salaire, il ne sera pas diminué.
Elle parut se détendre un peu et resta plantée là, jusqu'à ce que Law l'invite à s'asseoir d'un geste. Après tout, il était techniquement son patron, donc il valait mieux ne pas protester, ce pourquoi elle obéit.
- Euh... Je peux faire quelque chose ? demanda-t-elle, confuse.
- Comment va ton frère ?
Elle parut un peu surprise de la question, puis afficha un sourire fatigué.
- J'ai pu gagner suffisamment pour l'envoyer à l'hôpital, sa condition ne s'est pas améliorée pour l'instant, mais on m'a dit qu'elle ne devrait pas s'aggraver, merci.
- Et tu sais ce qu'il a ?
Il ne faisait que meubler, en attendant qu'elle daigne en dire plus sur ce qui lui ruinait la santé.
- Non, ils n'ont encore jamais vu ça. Ils essaient d'identifier ce qu'il a pour trouver un traitement adapté. Oh, ne vous en faites pas pour les clients, j'ai été examinée et apparemment je n'ai pas été contaminée.
- ... Je vois. C'est une bonne nouvelle, on aurait des raisons de s'inquiéter vu la tête que tu as.
Elle tressaillit et baissa légèrement la tête, comme honteuse. Et à la réflexion, dit comme ça, on pourrait penser que c'était une insulte.
- Si vous le permettez, je vais reprendre mon service... fit-elle en se levant, avant de sortir, sans attendre de réponse.
- Tu sais parler aux femmes... marmonna Sachi.
- Ferme-la, répliqua Law. Je voulais l'amener sur le bon terrain pour la faire parler, mais il faut croire qu'elle est un peu trop complexée...
Il n'ignora pas le « mais bien sûr » de Penguin qui se vit privé de sa boisson par son boss qui l'avala d'une traite sous ses yeux.
Reposant le verre vide, le jeune homme se remit à réfléchir.
Ce n'était pas qu'elle était complexée qui posait le problème. Non, elle cherchait clairement à éviter le sujet, elle avait fui la conversation. C'était de plus en plus intriguant.
Peut-être qu'une autre enquête l'aiderait à en savoir plus...
Monet fusilla Law du regard quand elle le croisa en sortant de la salle à manger le lendemain matin.
- Sérieusement ? Encore cette gamine ?
Il ne prit pas la peine de répondre. Après tout, il n'avait pas de compte à rendre à Monet, qu'elle fasse ce qu'il lui demandait et lui foute la paix pour le reste.
- Putain, tu fais chier, Law.
En début de soirée, le lendemain, il reçut les résultats de la filature, qui tenaient sur une feuille. Pour faire simple, l'argent que la jeune fille gagnait en travaillant au bar lui avait permis d'envoyer son frère à l'hôpital, mais les frais des soins bouffaient tellement sur son salaire qu'elle ne pouvait pas s'assurer de payer son loyer et sa nourriture, et question vestimentaire, elle était déjà tellement au fond du trou qu'elle n'avait jamais que des vêtements usés sur le dos.
Bon, la fouille de son logement avait démontré qu'elle avait bien des vêtements en bon état et à sa taille, mais il semblerait qu'elle préfère les garder en réserve.
Elle continuait également à travailler sur ses dessins, pour tenter de gagner un peu plus d'argent pour pouvoir joindre les deux bouts, mais le résultat en était qu'elle dormait tellement peu qu'elle était tout simplement en train de mourir d'épuisement. Joyeux.
Il devait bien avouer qu'il trouvait ça inquiétant. Dans un sens, ça le ferait chier qu'elle crève comme ça, quand il savait tous les efforts qu'elle déployait pour assurer la survie de son frère...
On frappa à la porte de son bureau et Rosinante passa la tête de derrière la porte.
- Law, Doffy te demande, lui annonça-t-il.
Vu le visage qu'affichait son oncle, ça ne sentait pas bon... Le jeune homme poussa un soupir silencieux et se leva pour le suivre, se doutant qu'il allait certainement passer un sale quart d'heure pour une raison X ou Y. Quand ils arrivèrent devant le bureau de Doflamingo, Rosinante donna une tape encourageante dans le dos de Law, et le regarda disparaître derrière la porte avec un air soucieux.
- Law.
- Père.
Doflamingo mit les documents qu'il lisait sur le côté et fit signe à son fils d'approcher.
- J'ai appris par Monet que tu as demandé une nouvelle enquête sur cette gamine.
Ah... C'était donc ça. Le jeune homme fronça très légèrement les sourcils sous la contrariété. Il n'en avait pas parlé à son père en premier lieu, parce qu'il savait qu'il aurait droit au remontage de bretelles. Merci Monet d'avoir vendu la mèche.
- Oui, je l'ai fait.
- Et pourrais-je en connaître la raison ?
- Je suis curieux, répondit-il.
Ce n'était pas un mensonge, mais il n'avait pas vraiment envie d'expliquer en détail pourquoi il s'y intéressait autant à cette fille.
- Curieux ? C'est tout ? demanda encore son père, incrédule. Je me demande bien ce que cette gamine a de si particulier pour que tu sois curieux à son sujet...
Le jeune homme se retint de lever les yeux au ciel, Doflamingo n'aimait pas du tout ça. Mais il semblerait qu'il soit coincé et forcé d'exprimer le fond de sa pensée.
- Après lui avoir donné un travail, je n'y ai plus fait attention pendant un moment, mais j'ai fini par remarquer qu'avec le temps, sa santé a l'air de se dégrader de plus en plus. J'étais curieux, parce qu'elle gagne plus d'argent qu'avant, mais qu'elle est de plus en plus maigre.
Son père et patron resta silencieux quelques secondes, sans son habituel sourire, en train de réfléchir, visiblement.
- Si je ne te connaissais pas aussi bien, je pourrais croire que tu t'es attaché à cette fille...
- Pardon ? fit Law en levant un sourcil.
S'il y avait une chose dont le jeune homme était certain, c'était que l'amour était une belle connerie qui ne faisait qu'handicaper les gens, les enchaîner les uns aux autres jusqu'à ce qu'un parti soit déçu de l'autre et basta.
Law était un homme orgueilleux, et sous-entendre qu'il pourrait tomber amoureux était comme une insulte à ses yeux, tout particulièrement venant de son père adoptif. Il croisa les bras, sa mâchoire serrée, ses yeux froids dardés sur l'homme qui lui faisait face.
- Non, cette fille n'est rien pour moi. Comme je l'ai dit, j'étais curieux, chercher à en savoir plus n'était qu'un passe-temps. Mais maintenant que j'ai eu mes réponses, je n'en ai plus rien à faire. Qu'elle crève d'épuisement comme elle semble en avoir l'intention, ça ne fera qu'un salaire en moins à payer.
Le rire caractéristique de Doflamingo résonna dans la pièce, puis il se pencha vers l'avant, armé de son sourire malsain qui en faisait flipper plus d'un.
- Je vois... Tu me rassures. Dans ce cas, j'imagine que j'ai fini de voir Monet se plaindre à cause de cette gamine sur laquelle tu gaspilles ses talents ?
- Oui.
- Bien. Dans ce cas je n'ai rien à ajouter, tu peux te retirer.
Law fit un bref salut à son père et quitta le bureau sans un mot. Refermant la porte derrière lui, il trouva Rosinante à terre.
- Laisse-moi deviner, tu écoutais aux portes ? fit-il à son oncle.
- Euh... Ouais, je m'inquiétais pour toi, avoua le maladroit de service en se relevant.
- Pas la peine, je suis son héritier, il ne me fera jamais autant de mal qu'à quelqu'un d'autre.
Le jeune homme commença à avancer, suivi par Rosinante.
- T'as de la chance de pas t'être fait voir, déjà que t'as des emmerdes avec les soupçons de la Family, faudrait pas qu'on t'accuse pleinement d'espionnage, continua-t-il. J'aimerais croire le contraire, mais d'être le frère biologique de père ne sauvera pas ta tête, tu sais.
- Oui, je sais. admit le blond en se frottant l'arrière du crâne. Et toi, tu penses que les soupçons sont fondés ?
- Honnêtement, j'en ai rien à foutre, répondit Law.
Rosinante, le petit frère de Doflamingo, était la personne dont le jeune homme était le plus proche. Plus que ses amis, plus que son père, plus que le reste de la Family. C'était Rosinante qui débarquait dans sa chambre d'enfant quand il cauchemardait, qui insistait pour veiller sur lui quand il était malade, le premier à râler quand le jeune homme refusait d'aller en cours, quand il y allait encore.
Il s'était comporté comme un père, bien plus que son grand-frère, mais Law n'en tenait pas rigueur à Doflamingo, il savait que c'était un homme occupé et se doutait bien que les démonstrations d'affection c'était pas son truc.
Et après tout, la preuve qu'il tenait tout de même à son fils adoptif était tout simplement le fait qu'il l'ait choisi pour reprendre le flambeau à la tête de la Family.
De son point de vue, donc, Law avait trois pères, dont les frères Don Quixote.
Et si Rosinante était effectivement un traître... Il ne savait pas comment il réagirait. Pour la jouer sécuritaire, il devrait le faire exécuter, mais le problème de ne pas avoir un cœur de glace à toute épreuve, c'était qu'au fond il préférerait le laisser partir.
Enfin, pour le moment il n'était pas à la tête de la Family, alors tant qu'il n'avait pas besoin d'y penser, il préférait l'éviter.
- Et donc, cette fille ? demanda soudainement son oncle.
Le jeune homme s'arrêta d'un coup, surpris.
- Quoi, cette fille ? fit-il en levant un sourcil.
- Elle est jolie ?
Le sourire en coin du blond fit froncer les sourcils à son neveu.
- Je pensais avoir été clair, j'étais seulement curieux. Maintenant foutez-moi la paix avec cette gonzesse, la seule chose qui m'intéresse à son sujet depuis que j'ai mes réponses, c'est le pari sur combien de temps elle va mettre à crever.
Agacé, il fit volte-face pour retourner à ses quartiers. Il avait besoin de paix.
C'est tout pour aujourd'hui ! Comme toujours, si ça vous a plu, laissez une review, non seulement je saurai si ça vous plaît, mais en plus ça me fera très plaisir ^^
