Base : Prince of Tennis
Disclamer : Raaahh !! Un ptit Ryoma rien que pour moaaaa toute seule !! ! ! ! Bon, je cracherai pas sur un Tezuka non plus ou à la limite un Shusuke emballé pour Nowel ! Alléééé Konomi san please !
Genre : mmhh OS, romance, humour (ça dépend de votre sens de l'humour)
Pairing : ben, vu le titre… à part des chaussures ou des chaussettes…
Note : à l'orihine, c'est du OS, mais c'est trop indigeste tout d'un coup, alors on a fait trois parties distinctes. J'espère que la compréhension de l'histoire ne s'en ressent pas trop (pas, dur vu le niveau de compléxité de l'intrigue )
Et deux qui font la paire !
Oishi se rendit en cours de très mauvaise humeur ce matin-là. D'une, il avait très mal dormi, de deux, il ne comprenait pas pourquoi et se sentir dépassé l'énervait au plus haut point. Personne ou presque n'en fit les frais ; il n'avait pas vraiment pour habitude de passer ses nerfs sur les joueurs. Au contraire, il préférait prendre sur lui et garder son énervement pour plus tard. D'autant plus que Madame Ryuzaki n'était pas là ce jour-là, ayant une réunion de professeur et donc, il se retrouvait plus ou moins seul pour assurer la supervision de l'entraînement.
Pour ne rien arranger, le temps qui avait été radieux toute la matinée se couvrit en début d'après-midi pour laisser place à une moiteur lourde et orageuse qui mettait tout le monde mal à l'aise.
Très vite, la nervosité prit le pas sur le calme et l'impassibilité dont il faisait preuve d'ordinaire, ce qui ne manquât pas de surprendre tout le monde. Lorsqu'il réprimanda un cinquième pour la troisième fois à cause d'une faute sans gravité, il sentit sur lui les regards interloqués de ses amis.
Il se laissa tomber sur un banc, tentant de se reprendre du mieux possible. S'il voulait être honnête avec lui-même, il devait admettre que les quelques mots qui avaient suivit leur match de la veille avec Kikumaru l'avaient troublé. Plus que troublé, il s'était rendu malade à repenser toute la soirée à son ami. Qu'est-ce qu'il avait voulu lui faire comprendre ? Qu'il était mieux en simple, qu'il ne voulait plus jouer en double, ou qu'il avait perdu son temps et son talent à jouer en double avec lui pendant tout ce temps ? Non, Eiji n'aurait jamais pu penser tout ça. D'un autre côté, en y réfléchissant bien, Oishi se dit qu'il ne faisait pas vraiment attention à Eiji en dehors de leurs matches, ce qui était déjà pas mal. Sous sa jovialité habituelle, Eiji ne lui laissait pas savoir ce qu'il pensait réellement. Lui non plus d'ailleurs. Il ne se rappelait pas avoir discuté avec Eiji si ce n'est pour parler de tennis. Finalement, il avait toujours cru que le fait de jouer ensemble les avait soudés pour la vie. Ce qui était parfaitement faux, il ne s'en rendait compte que maintenant et le regrettait amèrement.
- Momo-sempai, qu'est-ce qu'il a, Oishi ?
Momo haussa les épaules en signe d'impuissance. Ils voyaient bien que tout le monde s'étonnait du comportement inhabituel de leur vice capitaine. Mais ils mirent ça sur le compte de la chaleur étouffante qui régnait ce jour-là.
Le problème survint alors qu'il observait les matchs des titulaires. D'un côté, Inui entraînait Kaidô et de l'autre, Echizen et Kikumaru échangeaient quelques balles. Et comme toujours, Eiji, boosté par l'idée de ne pas avoir à perdre contre un « petit » de première année, agrémentait ses balles d'autant de petites boutades malicieuses. Or, pour une raison quelconque cela sembla plus que déplaire au vice capitaine qui intervint assez brutalement.
- Kikumaru, on est là pour jouer, pas pour ce genre de commentaire !
La réponse en se fit pas attendre : vif, cassant, Eiji n'interrompit même pas son saut pour lancer moqueusement.
- Mêle-toi de ce qui te regarde, monsieur le vice capitaine !
En temps normal, il n'aurait même pas relevé la réplique : tout le monde connaissait la tendance à l'insolence d'Eiji. Mais cette fois-ci, Oishi intervint dans le match que disputaient les deux joueurs, et fit front à Kikumaru, l'empêchant de servir.
Les deux garçons se défiaient maintenant du regard, inconscients de dépasser les limites qui séparent la discussion d'une dispute.
- Eiji, ta conduite est intolérable !
- Ça va, arrête de faire ton capitaine !
- Je peux savoir ce que ça veut dire ?
- C'est clair, nan ?
- Qu'est-ce que tu sous-entends !
- Que tu te prends bien au sérieux ! Ça t'amuse, la place de Tezuka ?
Il détestait cet aspect de la personnalité de son ami ; Kikumaru pouvait se montrer extrêmement blessant quand il le voulait. Sa manie de trouver à chaque fois les piques qui faisaient mal et qui atteignaient toujours leur cible finissait par devenir malsaine lorsqu'il le faisait vraiment sérieusement. D'habitude, cela ne le touchait pas tant lorsqu'il s'en prenait à lui mais là, c'était différent ; il était énervé et se défouler sur Eiji ne lui parût pas une si mauvaise solution, finalement. Il tenta encore une fois de rester maître de lui-même, mais le ton sur lequel il répondit à Kikumaru était tout sauf apaisé.
- Eiji, calme-toi !
La réplique fusa avec effronterie.
- Ho ! A tes ordres, CHEF !
La main d'Oishi parti toute seule et avant même qu'il s'en rende compte, Kikumaru avait valsé sur deux mètres avant de tomber par terre.
Un silence consterné salua cette altercation. Voir Eiji s'énerver était déjà assez, rare : il était capricieux mais pas colérique, que ce soit contre Oishi était encore plus étonnant mais ce qui choquait vraiment c'était que leur vice capitaine s'emporte ainsi. La dernière fois qu'il avait osé se disputer avec Eiji sur le court, ils avaient écopé de vingt tours de terrain de la part de Tezuka, le moyen idéal pour se rabibocher, surtout quand la dispute était sans gravité. Sauf que dans le cas présent, il n'y avait pas de Tezuka pour les punir ; c'était Oishi qui devait garder l'ordre sur les courts et il venait d'échouer royalement.
Oishi ne fit pas un geste, atterré par ce qu'il venait de faire. Il resta figé, debout à quelques mètres de kikumaru qui se relevait en se tenant le bras, les yeux rivés sur le sol. Un seul mot franchit les lèvres d'Oishi dans un murmure quasiment inaudible.
- Kikumaru ?
Le regard que lui lança Eiji le figea. Il n'avait jamais cru possible une telle expression sur le visage d'ordinaire si espiègle de son partenaire. Il charriait littéralement des glaçons. Oishi déglutit avec peine, savoir que ces yeux froids le regardaient, lui et lui seul, le fit frissonner d'inquiétude malgré la chaleur écrasante. Il attendit une poignée de secondes avant de chercher une réponse dans ces yeux de glace mais toute l'expression d'Eiji était de marbre.
Dans un silence de mort, Kikumaru ôta prestement sa veste de titulaire et la balança sans violence mais avec une nonchalance déconcertante dans les bras du vice capitaine. Et sans dire un mot de plus, il fit volte face et quitta le club sans même récupérer sa raquette.
Le silence de mort dura encore quelques longues secondes avant que Fuji ne décide de ramener les choses à leur cours normal. Il fit signe aux joueurs de continuer leur entraînement, aidé en cela par Inui et Kaido qui ne l'avaient pas attendu pour se remettre à jouer. Petit à petit, le bruit des échanges domina à nouveau les courts et quelques discussions recommençaient à poindre. Comme pour conjurer un sort, personne ne parla de la scène durant toute l'heure que dura l'entraînement, reportant leur attention sur le tennis mais personne n'était dupe : le départ d'Eiji serait le sujet du jour pour les membres du club.
La fin de la séance sonna comme une libération, tant l'atmosphère était lourde. Tous les titulaires du club se retrouvèrent spontanément aux vestiaires. Chacun avait été touché différemment par la sortie soudaine de Kikumaru mais ils n'osaient pas vraiment en parler avant qu'Oishi ne commence.
Alors qu'ils rangeaient leurs affaires, agissant comme si de rien n'était, Momo fut le premier à amener le sujet.
- On fait quoi pour Eiji ?
D'un même mouvement, ils se retournèrent tous vers lui, le sentiment d'oppression qui régnait jusqu'à là se dissipa un peu. Ils s'entreregardèrent un instant avec le plus grand sérieux du monde. Une sourde angoisse pointait chez eux, même Kaido dut faire un effort pour faire croire que cela lui était égal : et si Kikumaru quittait réellement le club de tennis ? Ils ne l'avaient jamais vu comme ça. Ils savaient bien qu'il pouvait être très capricieux, jusqu'à en être insupportable, mais il s'était toujours repris et finissait toujours par arranger les choses et se réconcilier. Là, c'était différent, il n'avait pas agit par caprice, au contraire, il avait semblé prendre une décision mûrement réfléchie dont l'altercation avec Oishi n'avait été qu'une confirmation. Chacun, finalement, redoutait que leur adepte du tennis acrobatique ait véritablement laissé une place vacante.
Fuji prit les choses en main, voyant Oishi toujours sous le choc qui s'était renfermé dans une attitude de rejet. Autre sujet d'inquiétude pour l'équipe remarquèrent-ils au passage : Oishi que le départ d'Eiji avait laissé dans un état d'hébétude pour le moins préoccupant.
- Je vais lui porter ses affaires chez lui. Là, on verra bien si c'était sérieux ou pas. Vous savez comment est Kikumaru !
- On a cours, là ?
- Ouais, anglais, marmonna Echizen.
- Et notre classe a encore deux heures, il vaut mieux que j'y sois, je trouverais bien un moyen d'excuser l'absence d'Eiji. Mmh, si je trouve un prétexte, il faut qu'on se mette d'accord, au cas où madame Ryuzaki nous demanderait demain. Signala Fuji d'un ton égal.
- Ben, il s'est blessé en jouant et il est rentré directement chez lui.
- C'est pas totalement un mensonge en plus, crut bon d'ajouter un Fuji qui, malgré tout, en voulait plus qu'un peu à Oishi pour avoir frappé son ami.
Ils se tournèrent comme un seul homme vers leur vice capitaine qui sembla se réveiller d'un seul coup et balbutia d'une voix atone.
- Ou… oui, faites comme ça.
Il se sentait plus que mal à l'aise, non seulement parce qu'il avait frappé Eiji _ cela, il ne se le pardonnerait jamais _ mais aussi et surtout parce que les mots de celui-ci l'avaient profondément blessé. Etait-il vraiment comme ça ? Il jouait au chef, il cherchait à se montrer digne de la confiance que Tezuka lui faisait mais il ne se sentait jamais à la hauteur de son capitaine. C'était un peu comme avec Eiji en double : il se sentait à l'aise dans le rôle d'appui, de soutient et accessoirement, de dernier recourt en cas de coup dur mais s'interdisait de prendre la direction des choses et de se mettre en avant. Ce n'était pas un manque de confiance en soi, plutôt un choix de permettre à ses amis de déployer tout leur potentiel, tout en assurant leurs arrières. Pourtant Eiji avait semblé considérer cet esprit de sacrifice comme le comble de l'orgueil mal placé, ce dont Oishi commençait à être convaincu.
Vu comme ça, il avait l'impression désagréable d'avoir laissé tomber Eiji en le mettant en double avec d'autres que lui et en choisissant de se consacrer à son rôle de vice capitaine en l'absence de Tezuka. En deux mots, d'être un lâcheur.
A SUIVRE...
