Nous avons fini les « présentations » (si on peut dire ça...) d'Helga et Salazar, maintenant passons à Godric !

Ah, et je le précise maintenant : on ne sait pas la date de création de Poudlard mais il est certain que cela fasse plus de mille ans. J'ai préféré changer un peu la chronologie pour l'amener encore plus loin, juste quelques siècles après J-C, peu avant la chute de l'Empire Romain. J'ai toujours trouvé que les Fondateurs correspondaient plus à la fin de l'Antiquité qu'en plein Moyen-Âge. Afin, de toute manière, tout cela n'a pas beaucoup d'incidents sur l'histoire. C'est juste pour le dire.

Enfin, quoi qu'il en soit, c'était juste pour le dire. Cela, en lui-même, n'aura pas beaucoup d'impact sur l'histoire.


II – Le chevalier aux lions

Alors que le soleil brillait de mille feux, dans une plaine non loin d'un imposant manoir connu de tous dans la région comme celui de célèbres et nobles Gryffondor, deux hommes s'affrontaient.

Tous deux portaient des habits semblables qui indiquaient très clairement leur rang. De nobles jeunes hommes, armés d'épées couteuses et remplies de divers ornements et de boucliers. Ils se battaient sans armures, mais simplement vêtus de vêtements aux divers et nombreuses parures dorées, pourpres ou bleutées avec une côte de maille légèrement visible par-dessus leurs chemises.

Mais s'ils étaient similaires par leurs accoutrements, la ressemblance entre eux s'arrêtait là.

L'un d'eux était un jeune garçon, ayant dépassé de peu la majorité à la sortie de l'adolescence, aux courts et soyeux cheveux bruns qui encadraient son visage, visage rempli d'insouciance et de légèreté. Insouciance et légèreté qui indiquaient clairement sa faible considération pour l'importance de ce combat, alors qu'il bougeait agilement son épée, comme s'il s'agissait plus d'un jeu qu'autre chose.

L'autre, tout aussi jeune que son camarade, avait de courts cheveux hérissés qui semblaient briller de mille feux sous les rayons du soleil, ce trait unique accentué par leur couleur unique : écarlate, comme la couleur du sang. Son visage était celui d'un jeune homme concentré sur ce qu'il faisait, sa détermination visible dans ses yeux comme un feu impossible à éteindre, rempli de rage. La rage de vaincre.

Mais il semblait que cette rage de vaincre, au lieu de l'aider dans sa concentration, envolait son esprit dans un autre monde. Alors, tellement obnubilé par l'attaque qu'il lançait rageusement contre son adversaire, il ne réagit pas à temps lorsque ce dernier esquiva son coup, prêt à riposter.

« Godric ! Attention à votre garde ! »

Godric n'eut pas le temps de réagir qu'il sentit la lame adversaire s'abattre lourdement contre son bouclier et le fit tituber, manquant de peu de tomber. À peine tenta-t-il de se redresser, qu'une lame fut élevée en face de lui, au niveau de sa gorge.

Godric resta quelques secondes paralysé, puis soupira et laissa tomber sa propre épée et son bouclier, qui frappèrent le sol dans un bruit sourd. La flamme qui brûlait en lui s'éteignit aussitôt, pour laisser place à un doux sourire, celui du vaincu qui acceptait sa défaite de bon cœur.

« Vous avez gagné, Gray, déclara-t-il.

— Tiens, ça doit bien être la première fois de ma vie ! »

Godric ricana tandis qu'il accepta la main que lui tendait Gray pour l'aider à se redresser.

« Vous êtes un odieux persifleur, Gray, rit Godric. Ce n'est pas votre première victoire contre moi, enfin !

— Peut-être, mais c'est tellement rare que j'ai toujours l'impression que c'est la première, défendit Gray en lui offrant un sourire moqueur.

— Tant d'humilité dans ces paroles ! Je...

— Messire Godric ! Messire Gray ! appela quelqu'un au loin en courant dans leur direction, interrompant les deux hommes dans leur conversation.

— Je déteste qu'on m'appelle ainsi... marmonna Gray, alors qu'il abaissait son épée pour la ranger dans son fourreau.

— Vraiment ? s'étonna Godric avec un sourire narquois. Pourtant vous êtes chevalier. Ce titre vous sied à merveille.

— Mmh ! Peut-être, mais il y a encore quelques mois de ça, avant que je ne sois adouber, l'on me traitait comme de la vermille. Cela fait bizarre d'entendre un tel changement simplement parce qu'un seigneur a décidé de nous adouber.

— Cela vous dérange-t-il?

— Pas vraiment, je suppose. Mais je ne suis toujours pas habitué à cette cour d'hommes prétentieux et vaniteux. Maintenant, il faut que je m'habille bien, que je dépense une somme considérable pour des armes... d'ailleurs, ne vous en faites pas, je vous rembourserai tout ce que vous acceptez de me payer. Il faut vraiment que j'arrive à joindre les deux bouts entre ce que je gagne en étant à la cour, et ce que je perds en étant à la cour.

— Ne vous en faites pas pour les Gallions, vous pouvez prendre tout le temps qu'il te faut, assura Godric. Cela ne me pose aucun problème que vous m'empruntez de l'argent. Je me doute que ce brusque changement de ta condition de vie ne doit pas être simple à gérer.

— De ce côté-là, au moins, en étant de la vermille, je n'avais aucune manière à avoir, et surtout rien à débourser pour personne. C'était le bon temps, je suppose. »

Godric ria aux remarques de son ami tandis que l'homme approcha d'eux. C'était un serviteur qui tenait dans ses mains deux lettres. Il en remit une à Godric et l'autre à Gray.

« De la part du seigneur Edouard, précisa le serviteur. C'est un héraut qui est venu remettre cette missive au manoir, messire Godric. Et comme je savais que vous vous trouviez ici, messire Gray, j'en ai profité pour prendre la missive qui vous est adressée.

— Je vous remercie de cela, déclara Gray alors qu'il ouvrait la lettre. Savez-vous de quoi il s'agit ?

— Je crains que non, toutes mes excuses.

— C'est une missive qui réclame notre présence lors de la prochaine bataille, répondit Godric – alors qu'il ferma la lettre et se tourna vers son ami chevalier, s'exclamant avec enthousiasme : Gray, nous repartons en bataille ! »

. . .

Godric Gryffondor était un chevalier au service du seigneur de la région, un noble respectable du nom d'Edouard. Godric lui-même venait d'une noble famille qui, de père en fils, accordait ses services au seigneur de la région pour bénéficier de nombreux avantages, et ainsi entrer dans une lignée de chevaliers reconnues et réputés pour leurs faits d'armes.

Godric Gryffondor n'y faisait pas exception. Chevalier confirmé, il avait déjà prouvé par de nombreuses batailles qu'il était, malgré son jeune âge, un formidable épéiste et un combattant hors pair dont l'un des seuls défauts était d'agir spontanément qu'importe le danger de la situation.

Il paraissait donc logique qu'il soit mandé par son souverain pour une bataille. Avec, à ses côtés, son camarade Gray, aussi chevalier, son ami d'enfance qu'il avait rencontré dans des circonstances particulières durant leur enfance.

Le seigneur Edouard était en guerre contre son voisin, qui désirait faire acquisition de ses terres, et ce par la force – après que les négociations aient échoué. Cela faisait de nombreux mois qu'il tentait, sans grand succès pour l'instant, d'empiéter sur le territoire du seigneur Edouard, qui savait repousser tous ses assauts.

Cette bataille ne fit pas exception.

L'armée du seigneur Edouard, même en étant constituée de quelques centaines d'hommes, restait plus imposante que celle de son adversaire.

Le sang coulait bien plus dans une armée. Et ce en partie grâce à un seul homme : le chevalier Godric Gryffondor.

Il se battait comme dix hommes à l'aide de son épée et de son bouclier, tel un lion jeté dans l'arène et prêt à égorger tous ses adversaires, qu'importent que ceux-ci soient des gladiateurs ou non. Derrière lui, sa cape rouge qui s'agitait indiquait qu'il ne valait pas mieux s'approcher de lui si l'on tenait à sa vie. Et, soutenant ses arrières pour l'empêcher d'être pris en fourbe et attaqué par derrière, son ami Gray luttait dos à lui.

Rien ne semblait pouvoir les arrêter. Ils formaient un duo parfait. De véritables guerriers impitoyables et invincibles. Autour d'eux, le sang coulait à flot alors que des râles de douleurs se terminaient par des coups d'épées destinés à trancher la gorge des victimes.

Les soldats ennemis tombaient les uns après les autres sur le champ de bataille et il était clair que l'armée du seigneur Edouard prenait l'avantage, l'écart entre les deux armées se creusant de plus en plus au fur à mesure que les secondes, les minutes et les heures passaient.

« Capitaine ! Les troupes ennemies se retirent ! La victoire est notre ! »

À cette annonce remplie de fierté et de satisfaction, Godric enfonça lourdement la lame de son épée dans le sol tandis qu'il se laissa tomber à genoux, essoufflé. Un sourire victoire ornait ses lèvres, la joie de la victoire se lisant dans son regard comme celui de Gray, ce dernier encore debout, riant aux éclats.

« Encore une fois, nous sommes les grands vainqueurs, ha, ha ! » moqua Gray.

Godric ricana. Il jeta un coup d'œil sur le champ de bataille. Il ne restait que de fiers et forts guerriers de l'armée du seigneur Edouard, tout aussi fatigués. Certains se laissaient tomber par terre, épuisés, tandis que, solidaire, se soutenaient.

Le sourire de Godric disparu en voyant les corps de ses camarades au sol, entouré de sang. Certains soldats s'approchaient des morts et se mettaient à sangloter sur les cadavres de leurs proches tandis que d'autres secouaient les leurs, leur criant de se réveiller, que la victoire était leur. Mais leurs cris désemparés restaient sans réponse.

« Godric, cela ne va pas ? demanda Gray en se penchant vers son ami. Qu'y a-t-il ? »

Silencieux, Godric observa Gray. Son compagnon était intact, sauf pour quelques blessures superficielles qui guériraient en peu de jours. Sauf une fatigue visible, il allait bien.

Étaient-ils chanceux ou alors compétents ? Qu'est-ce qui faisait qu'ils étaient tous deux biens, alors qu'ils pourraient être morts ?

Godric secoua la tête. À chacune de leurs batailles, ses pensées obscures lui revenaient à l'esprit et il tentait, sans grand succès, de les rechasser.

Il ne fallait pas penser à un tel malheur. Ils étaient vivants, et ce grâce à leur talent. C'était tout ce qui comptait.

« Je vais bien, mon ami, dit-il. Juste un peu fatigué, je suppose.

— On voit ça, plaisanta Gray en lui tendant sa main, que Godric attrapa sans hésitation. Chevalier, levez-vous, nous devons être présentables lorsque nous irons annoncer la bonne nouvelle à notre seigneur et... »

Gray s'interrompu net.

Les deux chevaliers écarquillèrent les yeux alors qu'ils tournèrent, d'un geste commun, la tête au loin, fronçant les sourcils.

Un étrange cri, semblable au hurlement d'une terrible bête, venait de résonner au loin dans la vallée.

« Qu'était-ce ? demanda Gray, intrigué.

— Je n'en sais rien. » répondit Godric.

Le Gryffondor fronça les sourcils.

Ce bruit provenait de la direction dans laquelle la troupe ennemie s'était enfuie. Était-ce lié ? Il ne connaissait aucun animal capable de rugir ainsi. Ni un ours, sûrement pas un loup et quoi d'autre, dans les environs, pouvait crier plus fort ?

Peut-être un hippogriffe ? Il avait entendu dire qu'il y en avait été vu récemment, même si ce n'était pas vraiment dans la région.

« Cela recommence ! » s'exclama Gray à voix basse

Effectivement, un autre hurlement retentit dans la vallée.

« On dirait un cri... métallique ? proposa Gray. Enfin... ça ne veut rien dire un cri métallique, non ?

— En effet, répondit Godric en souriant. Mais je crois comprendre ce que vous voulez dire, mon ami. C'est un hurlement rauque et résonnant.

— Quelle bête peut produire un tel cri ?

— Je n'en ai pas la moindre idée... »

Même un loup-garou, un monstre effroyablement rare puisque n'apparaissant que les soirs de pleines lunes, ne produisait pas un tel cri.

« Peut-être une harpie ? proposa Gray.

— L'écho du cri d'une harpie ne porte pas autant, rétorqua Godric.

— Donc cette créature doit être bien plus grosse ? devina Gray, avant de froncer les sourcils. Pensez-vous que c'est une menace ?

— C'est possible. Peut-être que les troupes ennemies y font face, d'ailleurs. Comme quoi, ils tombent de Charybde en Scylla.

— De char en... quoi ?

— C'est une expression venant de la mythologie grecque, expliqua Godric en souriant devant l'incompréhension de son ami. Cela veut dire qu'ils tombent de pire en pire.

— Ah, d'accord ! »

Gray commença à rire de l'ignorance de son ami quand, soudainement, l'étrange cri retentit pour la troisième fois. Sauf que cette fois, Gray sursauta.

« Il... Il est devenu plus fort ou je me trompe et mes oreilles me jouent un tour ? bégaya Gray.

— Non, vous ne vous trompez pas, Gray. Cela se rapproche... déclara sombrement Godric alors qu'il attrapa son épée. Nous ferions mieux de nous en aller.

— Partir ? Vous devez vous moquer de moi, Godric ! s'exclama Gray alors que lui-même resserra son emprise sur la poignée de sa lame. Nous n'allons tout de même pas fuir face à l'ennemi ?

— S'il s'agit bien d'une créature maléfique, cela n'est pas notre adversaire, Gray.

— Auriez-vous peur, Godric ? »

Non, il n'avait pas peur. Mais un mauvais pressentiment le guettait.

Il venait d'avoir une nouvelle idée concernant une créature capable de pousser un tel cri au loin. Et il préférait ne pas y penser.

Le courage de Gray, bien qu'honorable, pouvait aussi se révéler suicidaire si la bête à laquelle Godric pensait était la bonne. D'ailleurs, par la réaction de ses compagnons d'armes qui, s'ils ne partaient pas précipitamment vers la cité, regardaient l'horizon avec crainte, il devinait qu'il n'était pas le seul à penser à cette possibilité.

« Mais que font-ils ? s'écria Gray en remarquant que de nombreux soldats s'en allaient.

— Ils partent, Gray. Et nous ferions mieux de les rejoindre.

— Mais pourquoi donc ? Qu'est-ce qui vous fait tant peur ? Qu'importe ce qui vient vers nous, tant que nous nous battons tous ensemble, rien ne peux nous vaincre. Même pas un dragon ! »

Godric regarda son ami droit dans les yeux. Gray pensait vraiment ce qu'il disait, cela se voyait.

« En êtes-vous sûr, Gray ? demanda Godric. Parce que je vous annonce que ce qui vient vers nous est peut-être, comme vous le dites... un dragon. »

Cette annonce sembla troubler Gray, qui cligna des yeux, surpris.

« Un dragon ? répéta-il. Vraiment ? Mais... attendez. Les seuls dragons dans la région viennent de la Forêt Interdite. Là où...

— Où vit la Sorcière de la Forêt, oui. »

La Sorcière de la Forêt, qui vivait au nord-est d'ici, dans une profonde et impénétrable forêt où, selon les rumeurs, se trouvaient les créatures les plus fantastiques et monstrueuses au monde, tels que des centaures, des harpies, des araignées géantes, des licornes, des griffons... et des dragons. Des créatures protégées par une femme aux pouvoirs magiques effroyables et d'une puissance incommensurable qui défiait à tous de pénétrer dans le territoire sacré de la forêt, ce qui lui avait valu le nom de Forêt Interdite.

Cette forêt, dangereusement proche de la cité du seigneur Edouard, avait été l'objet de nombreuses tentatives du dirigeant de la région pour éradiquer le mal qui y siégeait. Mais sans grand succès jusqu'à ce jour puisque jamais les troupes du seigneur Edouard n'étaient parvenues à vaincre sa protectrice, la Sorcière de la Forêt, ou même à pénétrer en son sein : la forêt était grandement protégée par des ronces et des enchantements qui rendaient les arbres à la vie et, alors d'ardents défenseurs, les arbres parvenaient toujours à faire reculer les soldats.

La Forêt Interdite mériterait sans peine le titre de Forêt Infranchissable.

« Alors... nos ennemis se sont alliés à la Sorcière de la Forêt ! s'écria Gray avec rage. Voilà pourquoi ils sont partis si vite !

— Ce n'est pas certain, défendit Godric. De toute façon, si ce qui arrive est vraiment un dragon, nous ne ferons pas le poids. Je vous en prie, allons-y. Nous perdons du temps en restant là à discuter de tout cela ! Gray, nous y allons.

— Hors de question ! protesta vivement Gray en le foudroyant du regard. Si cet ennemi provient de la Forêt Interdite, raison de plus de l'affronter. Ce sera une nouvelle victoire sur la Sorcière de la Forêt et de sa magie maléfique ! Ce sera un pas de plus vers l'éradication totale de tous ces impies ! »

Godric se retenu de soupirer.

Gray avait toujours eu un grand problème avec la magie. Et même si Godric pouvait le comprendre, il était convaincu que ce n'était pas le moment pour ça.

Alors, voyant que les mots ne fonctionnaient pas, il agit de la seule manière qu'il put : en montrant sa colère. En un geste foudroyant, il attrapa Gray par le col et s'écria :

« Arrêtez de faire l'idiot, bon sang ! Nous ne sommes pas de taille pour affronter un dragon ! Nous allons nous faire occire en restant ici !

— Vraiment ? rétorqua Gray en lui attrapant l'avant-bras de sa main libre, une lueur de défi dans le regard. En êtes-vous sûr, Godric ou n'est-ce que la peur qui parle pour vous ?

— Il s'agit d'avoir un peu de bon sens.

— Au diable le bon sens ! Appelez les autres et ensemble, nous allons défaire cet adversaire ! Sinon partez si la peur vous gagne et laissez-moi donc m'en occuper tout seul ! »

Et sur ces paroles remplies de bravoure et de colère, Gray força Godric à le lâcher.

« Ce n'est pas le moment pour votre bravoure stupide, Gray ! cria Godric. Partons ou... »

Le reste de ses mots moururent dans sa gorge au moment où Godric remarqua, en faisant face à Gray, derrière lui, une ombre au loin, exactement dans la direction où leurs ennemis étaient partis.

Il eut un soubresaut alors que Gray, remarquant sa réaction, se tourna à son tour.

« LE DRAGON ! UN DRAGON ! »

Ils n'entendirent pas les cris au loin. Godric, alors que la silhouette ailée s'approchait, ne pensa qu'à une chose : s'enfuir. Il attrapa Gray par le bras et s'écria :

« FUYONS ! »

Qu'importe le courage dont Gray pouvait faire preuve, à la vue de ce monstre gigantesque qui approchait, ne réagit pas et, ses yeux toujours rivés vers la créature, suivit Godric sans réfléchir.

C'était vraiment un dragon. Un héraut de la fin des temps. Une créature des ténèbres que les hommes, simples mortels en ce bas monde, n'étaient pas capables de vaincre.

Un dragon qui fonçait vers eux.

Alors que devant eux ne se trouvait aucun échappatoire : il ne s'étendait qu'une immense plaine, sans aucune cachette. Ils ne pouvaient que tenter de fuir, même si cela semblait vain.

Une horrible réalisation parvient à Godric. Était-ce ici qu'ils allaient mourir ? Alors qu'ils venaient de ressortir vivant d'une bataille ?

Il ne pouvait y croire. Il ne voulait pas y croire.

Pourtant, il ne se voilait pas la face.

Leur trépas était proche.