I'm no good without you


II


- T'es ivre !

Scott ne sait pas lui-même si les mots sonnent davantage comme une question, une exclamation incrédule ou une réprimande.

Stiles l'observe et rigole, avant de piquer du nez vers l'avant. Uh gargouille-t-il comme il se stabilise tout seul, en éloignant la poigne que Scott à avancer pour le soutenir.

- Mon père avait gardé de vieilles bouteilles d'alcool polonais –

Puis, il repart dans un drôle de rire dissonant.

- Ok ok, mec. Peu importe, dit Scott, juste laisse-moi –

Et sans laisser le temps à Stiles de réagir, il le bascule sur une de ses épaules et l'amène à l'intérieur.


Parfois (bon peut-être souvent), Stiles se maudit. Tout implose autour de lui, alors que dans son corps-même une tension enfle, sans pouvoir se soulager en se rompant, puis s'échapper par des brèches dans sa peau. Parfois, il n'arrive à rien maîtriser. Son essence magique est tellement farouche qu'elle l'effraie.

Ton essence se canalise, se fluidifie à travers des liens. C'est un renvoi constant, Stiles. C'est pour ça que les émissaires existent avec des meutes. C'est comme te soulager, prendre un peu de ton énergie afin que tu n'exploses pas. Tu es lié à chaque être de ton entourage. – Une connexion, quoi ! – Voyons ça davantage comme un partage. Tu as hérité de dons très puissants, tu ne pourras sûrement pas devenir un hermite accompli si tel était ton vœu d'avenir.

Mais avant de disparaître, Deaton n'a pas parlé de toutes les merdes qui surviennent quand un foutu câblage est sectionné. Parce que – voyons – Stiles envisage très sagement d'écrire un foutu putain de bouquin sur les foutues putains de surcharges du foutu de putain de système nerveux magique après un foutu putain de décès violent. Puis il respire et pense que ça fait peut-être beaucoup de mauvais mots, il devrait peut-être repenser au titre.


- Donc : je crois que j'ai cramé ma chambre, genre cinquante-six pour-cent, puis peut-être aussi douze pour-cent du couloir.

Scott l'écoute, très impliqué. Il reprend le verre d'eau qu'il lui a tendu avec une aspirine, sans grande cérémonie.

- Mec, j'ai fait cramé mon Mac. Il est putain d'irrécupérable. Mon père va me tuer. En fait, il va me tuer pour avoir mis le feu à la maison. Tu penses qu'il va penser que je suis pyromane ? Parce que je ne pense pas. Mais, il va sûrement pas penser que son fils est un émissaire comme un putain de noyau nucléaire en surcharge –

- Juste, respire.

- Ouais, je –

- Respire.

Stiles bascule sur le dos. Son corps s'enfonce dans le matelas, la couette et les oreillers de Scott. Il reprend la parole, ses mains écrasées sur son visage :

- Mon Mac est irrécupérable. Ma collection de comics Star Wars. Mes t-shirts. Mes chaussettes. Mes box – toutes mes fringues. Ma commode a flambé. Mes posters collectors ou pas. Ma moquette. Ma chaise de bureau. Tiens ! mon bureau auss –

- C'est bon. c'est bon, arrête, fait Scott, en agitant ses mains. Je sûr que c'est pas aussi grave, que tu dramatises.

Stiles le regarde, mort, dans les yeux.

- McCall, grince-t-il. Je faisais très gentiment mes recherches, vraiment très gentiment, quand j'ai peut-être pété un câble parce que tout ça mène à rien. Encore heureux que la maison est pas sautée en entier. Ça va coûter encore des coffres entiers à mon père, il va encore être sympathiquement déçu par son fils, mais bon peut-être aussi que je pourrais lui expliquer. Parce que j'ai pas encore abordé la partie où j'ai les formidables dons de ma mère. Puis, sûrement que je lui expliquerais que je deviens totalement barge parce qu'un putain de mec est mort par ma faute. Puis, comme on sera très sérieusement investi dans nos confidences, je lui dirai que j'étais amoureux, mais que je faisais genre que non, que je faisais genre que je le détestais parce que c'était cool, très fier comme jeu –

Parfois, Scott souhaite que Stiles est un bouton de mise hors-tension. Ils se fixent, comme morts, morts et embarrassés.

Stiles demeure absent pendant plusieurs heures.


Malgré les pouvoirs d'alpha, tout le bagage surnaturel, le shérif Stilinski reste drôlement terrifiant. Scott pense ça juste au moment où il l'accueille avec Stiles, dans l'entrée. L'odeur de brûlé accable son odorat, et il se demande pourquoi il a accepté de servir de couverture.

- Bonsoir, croasse-t-il.

- Si je ne vous connaissais pas comme si je vous avais élevé, je dirais que vous avez fait une bêtise.

La poigne de Stiles sur son poignet se resserre. Il a l'impression qu'ils ont de nouveau sept ans. Mon Dieu...

- La pizza a cramé, fait John, en rigolant, alors qu'il se défait de son blouson. Quoiqu'on dirait que c'est plutôt la cuisine qui est passée au four...

- Papa, commence Stiles, diablement sérieux.

Scott regarde le sourire de leur aîné se déchausser.

- Oh non, murmure le shérif, en appuyant ses mains sur ses orbites.


- Bon, je crois que ça c'est pas trop mal passé...

Stiles le couve d'un regard mortel. Scott baisse drôlement la tête avant de se laisser aller contre son meilleur-ami, sur le lit de celui-ci.

- Il avait pas l'air d'avaler tellement la pilule du « papa, un truc de dingue, Scott et moi, on révisait comme des images, puis soudainement : le feu; si si papa, les vieux câbles électriques de ma chambres se sont mis à flamber ».

- T'as un ton bien trop cynique pour ton âge.

Scott observe le flan noirci de la chambre, où se trouve le bureau, la commode, et la porte. Il soupire, en s'appuyant contre Stiles :

- Tu peux venir dormir chez moi, si tu veux.

- Je crois que je suis puni, mec.


En fait, Stiles n'est pas puni. Pas au sens définitif du terme, ni non plus au sens passé du terme, entendons par là : comme il aurait pu l'être avant sauf que le sens passé du terme entend aussi qu'il y a désormais un nouveau sens présent du terme, et que ce sens présent est une conséquence d'un truc qui fait mal. Grossièrement : le shérif l'a puni davantage pour faire comme si, comme si c'est encore avant, mais pas trop quand même, parce que Derek Hale est mort. Et malgré vents et marrées, le shérif a su voir entre les lignes.

Ça, c'est ce que Scott a compris. Ou ce qu'il a cru comprendre.

L'autre chose qui est venue se pavaner sous son crâne, comme une somptueuse petite idée, est que Stiles ne va pas mieux.

- Bon sang, tu m'écoutes !

Liam fait claquer ses doigts à deux centimètres de son nez, et Scott sursaute.

- Non, pas vraiment, répond-il distraitement. Il faut que j'y aille.

- Il rigole, hein ?


Il va pour se rendre chez les Stilinski quand le mystère s'épaissit. Il est sur sa moto. Le vent se déchire sur lui, le moteur de l'engin gronde entre ses cuisses, ses mains sont étroitement serrées autour des poignées, chaudes dans le cuir des gants. Il a une conscience aiguë de ça, de ces éléments qui le vissent au réel, pourtant, soudainement, il n'est plus très sûr de rien. Toute réalité semble fiche le camp ailleurs. Le paysage devient littéralement blanc : les trottoirs, les gens qui évoluaient dessus, les tertres fleuris au bord de la route, les devantures des bâtiments; tout est aspiré dans un vide. Et, Scott a conscience de s'échapper à lui-même, que sa moto dérape contre l'asphalte, mais alors tout est déjà noir.


Il revient à lui dans un sursaut, avec la sensation qu'on vient de lui jeter un poids sur le ventre ou une décharge électrique. Son corps est endolori et sa peau crépite. Il a du mal à se ressaisir, sans doute parce qu'une enclume bat une mesure sous les parois de son crâne.

Il est au milieu de la chaussée, sa moto renversée à deux doigts de lui. Personne ne fait attention à lui. Il vient d'avoir un fichu accident, ses vêtements sont abîmés, mais personne ne fait attention à lui. Les rues, les tertres et les gens sont de nouveaux là, mais c'est comme s'il y avait une dimension qui les séparait.

Peut-être qu'il flippe.


Il déboule chez les Stilinski en trombe. Il balance sa moto, qui ne pèse rien, sur la pelouse et grimpe les marches jusqu'à la chambre de Stiles par quatre. L'ouverture de la porte fait un appel d'air et son meilleur ami se prend la fenêtre dans le nez.

- Bordel –

Scott est comme un fou, il saisit le gamin du shérif par les bras et lui débite un peu comme un coup de feu :

- Y'auntrucquivapasStilesputainy'avraimentuntrucquivapas.

Stiles hausse les sourcils, son corps se détend entre les poings serrés de McCall junior, puis il avise très sérieusement le sang séché sur le visage de son meilleur ami.

- Tu es devenu dingue ?

- Non, fait Scott alors qu'il le relâche en secouant la tête. Il vient de m'arriver un truc et c'était le truc qui était dingue.

Stiles s'appuie, genre l'invitant à poursuivre, mais Scott a plus envie qu'il s'éloigne du cadre ouvert, parce qu'il se passe des choses étranges – plus que d'habitude – et que Stiles pourrait basculer dans du vide.

Puis, il remarque la drôle d'ombre qui tangue des hanches sur les iris whisky.

- J'étais en moto et tout est devenu blanc. Je t'assure, tout a soudainement disparu, et il n'y avait plus que du vide. J'ai perdu connaissance, et quand je me suis réveillé, j'étais allongé en plein milieu de la route, ma moto près de moi, et personne n'a bronché.

Silence.

- Putain, Stiles, je viens d'avoir un putain d'accident et les gens ont pas réagis. C'était comme si j'étais pas là.

Silence.

Stiles semble avoir vu quelques cent fantômes. Il est immobile, son regard tout pareil sur Scott, et ses bras sont serrés autour de lui. Scott pense qu'un dieu pourrait essayer de l'ébranler sans y parvenir.

- Tu peux sortir de ton mutisme ? Genre s'il-te-plaît. Je suis déjà assez flippé.

- J'ai fait un drôle de rêve, finit par dire Stiles, et il semble s'adresser à un autre lui. Je me suis réveillé dans la clinique de Deaton, et t'étais à côté de moi. Je crois que tu dormais encore. (Stiles inspire longuement, puis Scott remarque ses yeux un peu rouges.) Il y avait Derek. Il était là – juste là – et il me parlait mais je ne comprenais pas ce qu'il me disait. Ensuite, il y a eut un espèce de choc, et je me suis réveillé.

Un silence s'épanouit doucement dans la chambre. Malgré les fenêtres ouvertes, l'odeur de brûlé s'attarde encore dans la maison.

- Tu as fait ce rêve quand ?

La fin d'après-midi produit une drôle de lumière dans la pièce.

- Je sais pas. Je me suis réveillé, il y a peut-être quinze minutes.

Putain.

Scott aurait sûrement rit s'il avait assisté à la scène en dehors de lui-même. Parce que la réalisation qui frappe toute la personne de son meilleur ami, en réponse à la sienne, est comme un effet miroir. Stiles dégringole de son appui, puis saute sur ses pieds pour se planter devant lui, les mains étroitement fermées sur ses hanches. Scott se sent sur le point d'exploser quand il remarque qu'il porte un t-shirt déchiré, large, qui n'est définitivement pas à lui. Ils ont vraiment besoin de se sortir de là, peu importe dans – putain – de n'importe quelle situation ils sont.

- Tu penses qu'on est dans un genre de mauvaise dimension ? demande Stiles, et il explose d'un rire dissonant.

Scott se sent un peu vexé.

- Je sais pas, Stiles. Tu fais un rêve qui t'amène dans une autre réalité et, juste au moment où tu pars ailleurs qu'ici, ici-même disparaît et j'ai un accident.

Stiles se calme. Ses yeux sont mortellement graves.

- Tu dis que je ne gère pas ma magie ? Merci mais –

- Je dis que t'es le dénominateur commun.

Silence.

- Attends-tends-tends. Ça voudrait dire que tu penses –

- Ouais. Que tu as peut-être créé un espèce de court-circuit magique et on s'est retrouvé coincé dans une boucle à côté de notre réalité. En gros. Ce qui expliquerait le fait que je me souvienne pas vraiment de tout ce que je ne fais pas en ta présence, comme si j'avais pas d'existence en dehors de la propre perception que t'as de moi.

- Comme si... Comme si on était dans ma tête.

Ils s'observent. Stiles tombe à la renverse dans son lit et soupire :

- Tu te rends compte que ça n'a aucune sens ?

- Ouais, dit à voix haute ça sonne très mal.

- Très aliéné.

Ils restent silencieux quelques minutes. Ils pensent tous les deux que leur vie comporte beaucoup de silences dernièrement. Peut-être la mort, rigole une voix dans la tête de Stiles.


Peut-être que ne pas en parler va le faire disparaître. Le problème. Parce que rester silencieux ça déploie d'autres réalités, sous la peau desquelles tout est un peu mieux. Le crâne de Stiles repose sur le ventre de son meilleur ami, et, quand il le relève pour lui dire un truc, un truc qu'il espère être utile, il découvre que Scott s'est endormi. Alors il se lève très doucement et prend la direction de la réserve.


Le vieux manoir des Hale sent le bois pourri et la cendre. Stiles s'empêche de penser qu'il sent la mort.

Tout est gris. Triste, mélancolique, funèbre. Il n'est plus sûr de pour quoi il est là, planté dans la boue et les vapeurs de la terre après la pluie.

Derek.

Tant de choses se sont produites ici. Il sent toutes les connexions, les relans cabalistiques, l'amertume, l'abnégation, le sacrifice, la douleur et les ombres. Il perçoit les nœuds mystiques. Ceux qui font que les choses sont.

Stiles ferme les yeux, inspire doucement, et avance.

Il repense à l'essence de Derek, essaie de la visualiser, de pouvoir en saisir son souvenir. Comment ça faisait déjà de la sentir ? De l'avoir près, chaude et grave, assez tumultueuse mais apaisante ? Il fait encore un pas. Il a l'impression que son sang est fiévreux, emporté et brûlant sous sa peau. Il essaie de penser mais les souvenirs ne portent finalement que la conscience aiguë de l'absence. Le vide. Il fait encore un autre pas. Et, soudain, tout se déploie. Tout ce qui a été, ce qui est, et ce qui pourrait être. Il baigne dans les souffles du monde, les soupirs des morts; et sa magie s'étreint à chaque spectre. Il a l'impression de planer, quelque part.

Derek.

Derek est mort.

Stiles le voit. Il le voit à travers un million de souvenirs. Un million de souvenirs qu'il trouve mélancoliques et difficiles. Mais, il se dit que c'est ça après tout : seulement un passé que l'on revient hanté. Il y a Derek, mortellement grave dans ses attitudes, avec ses drôles de yeux pâles cernés de rouille. Il y a Derek, tendre dans sa distance, affecté aux siens, golem silencieux.

Il le voit se déployer à travers les mémoires, et, quelque part, dans une fraction abîmée du temps, des larmes ont commencé à rougir ses yeux. Stiles contemple Derek, dans ses allures butées, lointaines, et il a envie de lui dire : « Tiens. Regarde. Vois, toi aussi. »

Vois comme la mort profane la vie qu'elle laisse derrière elle.

- Connard.

Il y a tellement de colère en Stiles.

Tout disparaît.


Scott reprend soudainement connaissance. Une respiration avale son corps et il se dresse sur son séant, mais il n'est plus dans la chambre de Stiles, et le monde tangue autour de lui. La surface est froide sous ses mains, dure. Ses sens se focalisent en tremblant sur la table d'auscultation sur laquelle il se trouve, sur l'odeur d'antiseptique qui entre dans gorge, puis sur les visages qui l'observent.

Il est au cabinet vétérinaire.


Au début, Liam et Kira essaient de lui expliquer en même temps, accompagnés d'Isaac, de Malia et d'Erica. Mais, en plus de l'enclume sous son crâne, l'ensemble n'est qu'un vacarme rapidement peu supportable. Il lève une main, censée leur intimer de se taire ou de se calmer, ce qu'il s'apprête finalement à faire avec des mots quand Derek sort d'une autre salle. Scott se fige.

- T'es mort, fait-il et sa voix est abîmée.

Son cœur bas dans ses talons.

Derek s'approche et commence à lui expliquer des trucs, en grognant, après lui avoir demandé s'il se souvient du combat qu'ils ont mené contre des sorcières. Il lui dit que Stiles a implosé sous sa magie, que Scott était trop près quand c'est arrivé; qu'ils ont été saisi dans une réalité menée par Stiles, à l'intérieur de son coma magique; que Scott était piégé avec lui. Scott comprend les non-dits. Il comprend que Stiles a été chanté par les sorcières, qu'il a perdu le contrôle quand il a cru Derek mort, que c'était le plan de leurs attaquantes depuis le départ : pour fragiliser la meute. Scott pense que Derek a l'air fatigué.


Lorsque Stiles reprend à son tour connaissance, quarante-cinq minutes après lui, Scott est présent. Il est adossé contre le mur, près de Derek; mais celui-ci, en un battement, est près de son meilleur ami.

Stiles est désorienté. Il se redresse avec précaution, fouille la salle des yeux, alors qu'il tangue un peu. Scott lui sourit bêtement. Puis, il voit les yeux whisky qui se posent sur Derek.

- Enfoiré de connard de – éructe le gamin du shérif, en balançant violemment son poing dans la mâchoire de son aîné.

Derek a la décence de ne l'éviter qu'à moitié. Stiles l'effleure de sa main bandée puis, et emporté par son élan et par trois jours de coma, chute de la table d'examen, en couinant sous la surprise.

Scott soupire, se passe les mains sur le visage. Il est trop jeune, trop bon pour toutes ces bêtises. Vraiment. Il a juste envie de dormir pendant plusieurs jours coincé contre Allison, pense-t-il alors qu'il la regarde et cherche de l'aide auprès d'elle. Ces deux abrutis l'embarrasse, et il veut être loin, là, tout de suite.

- La ferme, Scotty. Arrête de te plaindre, c'est moi qui suis mort de honte, pas toi, baragouine Stiles, toujours étalé au sol, la face contre le linoléum.

Derek l'observe encore ahuri. Et, Scott sait exactement ce qu'il pense.

Putain.


end

Donc ? C'était pas exactement ce que je voulais faire avec, mais bon, je suis soulagée de l'avoir terminé, et dans l'ensemble ça me va comme ça. Vous allez bien ? Ça vous a plu ?

Je me rend compte que je poste cette fin pour la saint-Valentin mais c'était certainement pas une intention désirée. Je veux dire: c'est juste tombé comme ça.

Je vous embrasse,

Charlie