Allez, second chapitre, on y croit! * part se cacher *
Bon par contre le site chie un peu dans la colle pour la mise en page, si je peux me permettre, et il retire ma ponctuation au petit bonheur la chance, surtout mes - .. donc je dois sauter une ligne après, même si c'est dans un dialogue. C'est pas trèèès gentil. On ne remercie pas le site -_-
La Cigale déambulait au hasard dans la rue. Il était furieux après Iwanishi.
-Pour qui il se prend hein? Il arrête pas de se foutre de moi et de me traiter comme un gamin! Y en a marre! Et puis c'était quoi son numéro dans la chambre d'abord?!
Il revit le visage d'Iwanishi, si proche du sien que c'en était indécent. Il rougit de nouveau.
-Pfff, c'est bien ce que je dis, il était à deux doigts de me rouler une pelle.
Son estomac se tordit douloureusement.
-Et je ne me fais PAS de films, bordel!
Deux passants se retournèrent en l'entendant, l'air inquiet.
-Tsh.
Il alla s'asseoir sous le porche d'un magasin fermé.
-C'est quoi son problème d'abord.. Personne ne m'a touché, et alors? J'y peux quoi si à chaque fois qu'on a voulu poser un doigt sur moi c'était pour m'en coller une?
Il ne savait pas pourquoi, il avait le cœur lourd.
-Si à chaque fois.. qu'on venait vers moi, c'était pour se battre..
Il repensa à toutes les bagarres, tous les coups, qu'il avait soit provoqués soit récoltés depuis qu'il était né. Il y en avait tellement.. À n'en plus finir..
- ..
Même quand il avait maladroitement commencé à être un tueur à gages, rien n'avait changé. Toujours le même froid quand il avait affaire aux intermédiaires. Toujours cette indifférence, de sa part comme de la leur. Jusqu'à..
- ..
Il se mordit la lèvre. "Jusqu'à Iwanishi." Il avait approché La Cigale, et ça avait été différent. Lui avait été amusé, La Cigale furieux. Il n'avait jamais été aussi irrité en parlant à quelqu'un. Et il l'avait complimenté, il l'avait encouragé. Et il était bien conscient de ce qu'il faisait. Il en jouait. Et..
-Il m'a donné un nom.
Sur le coup, il n'avait pas compris pourquoi ça l'avait autant bouleversé. Maintenant, il commençait à voir plus clair. Mais parfois.. non, souvent, il ne savait plus sur quel pied danser avec Iwanishi. Il avait du mal à savoir quand il était sérieux et quand il se fichait de lui.
-Bah, il est comme ça, j'imagine. Mais..
"Mais des fois j'aimerais savoir ce qu'il a vraiment en tête." pensa-il. Il soupira et se leva. Il n'avait pas envie de rentrer maintenant et d'entendre Iwanishi lui dire quelque chose comme "Alors, on a bien fait boudinette?" Hors de question. Il pourrait aller balader dans le quartier.. Ou dans le parc.. Ou..
- ..Pff..
Il se mit en direction de l'hôtel.
Iwanishi venait de raccrocher son téléphone quand il entendit la porte de la chambre se déverrouiller et s'ouvrir. Il se tourna et vit La Cigale entrer.
-Ça y est, tu as fini de tirer la tronche?
La Cigale l'ignora et alla s'allonger sur le lit, dos à lui.
-Apparemment non. Quand je t'ai engagé, je savais que j'avais affaire à un gamin au caractère pourri, mais..
Il attendit. Toujours pas de réaction. Il hésita entre continuer à provoquer La Cigale ou calmer le jeu. Il alla s'asseoir sur le bord du lit de La Cigale qui lui tournait toujours le dos.
-C'est quoi le problème?
-C'est pas moi qui ai un problème.
-Alors c'est quoi mon problème? Qu'est-ce qui t'a énervé? Enfin, plus que d'habitude?
- ..
-Pourquoi tu es revenu si tu es encore énervé?
-Tu le sais très bien.
Évidemment, mais finalement, qu'est-ce qu'il pouvait dire d'autre?
-La Cigale, si tu attends des excuses, tu te fourres le doigt dans l'œil.
-Comme d'habitude.
-Si tu n'es pas content, si tu penses que je ne suis pas digne de toi, la porte est grande ouverte.
- ..
La Cigale avait le cœur très lourd. Il détestait cette sensation. Il sentit la main d'Iwanishi se poser sur son flanc et se crispa.
-Mais n'oublie pas ce que dit Jacques Crispin: "Celui qui s'enfuit à la poursuite du bonheur fuit son propre bonheur."
-Parce que je suis censé être content d'être ici?
-Pourquoi pas? Moi je trouve ça pas si mal, dit Iwanishi avec un rictus en coin.
- ..
Iwanishi soupira.
-Écoute, La Cigale, je sais que des fois je dépasse les bornes. Rien ne t'empêche de m'en coller une si ça ne te plaît pas, c'est bien ce que tu as fait d'ailleurs.
-C'est pas ça.
- ..
-C'est le fait que t'aies raison qui me rend dingue.
-Et alors, rien n'est irrémédiable, La Cigale.
-Comment ça?
Puis La Cigale sentit la chaleur de la main d'Iwanishi, toujours sur son flanc.
-Ah.. Ouais, tu me touches, et alors? Toi quand tu parles de "toucher" c'est pas dans ce sens là, hein?
-Peut-être. Mais si ça ne t'intéresse pas, c'est ton problème. Et rien de ce que je dis n'a d'importance.
- ..
La Cigale se sentit encore rougir.
-C'est pas que.. ça m'intéresse pas. C'est juste que j'y ai jamais réfléchi.
-Je sais.
Ils restèrent silencieux un moment. La Cigale n'osait plus bouger, il n'osait pas rompre le contact de la main sur lui.
-La Cigale, commença Iwanishi.
-Mmh?
Il l'entendit bouger dans son dos. Puis un souffle vint balayer son oreille.
-Je suis désolé de t'avoir contrarié.
Ces paroles, chuchotées comme un secret, résonnèrent dans la tête de La Cigale comme si elles avaient été hurlées. Il se tourna légèrement, son visage faisant enfin face à Iwanishi.
-Tu..
-Que..
Iwanishi avait l'air étonné.
-Tu es rouge comme une tomate, La Cigale..
Ils se dévisagèrent.
-C'est..
Biiiip! Biiiip! Biiiip!
La sonnerie du téléphone d'Iwanishi les fit sursauter tous les deux. La chaleur de la main d'Iwanishi sur La Cigale s'évanouit alors qu'il décrocha.
- ..Ouais? Faudrait savoir ce qu'ils veulent.. D'accord, c'est bon.
Bip.
-Bon, La Cigale, les affaires reprennent. Tu vas pouvoir y aller.
-Sérieux? Faudrait qu'ils se décident!
-Arrête de piailler et prépare-toi, on décolle dans deux minutes. dit Iwanishi en se levant. Je t'attends en bas.
La voiture s'arrêta dans une ruelle et La Cigale en descendit.
-Et ne traîne pas.
-Je sais! Lâche-moi la grappe!
La Cigale tourna à l'angle de la ruelle et se tapit dans l'ombre en attendant que sa cible se montre. Il s'agissait d'un homme d'une trentaine d'années qu'il devait neutraliser et interroger. Il travaillait dans un restaurant et avait été retenu pour aider au service, c'était la raison pour laquelle La Cigale avait dû patienter jusque là.
La porte de service s'ouvrit. La Cigale sentait des crépitements courir le long de son échine, comme aux préliminaires de chaque mission. Trois jeunes personnes sortirent du restaurant en rigolant. Sa cible n'était pas parmi elles. La Cigale claqua la langue d'impatience. La porte s'ouvrit une nouvelle fois.
- ..Gh!
La Cigale avait surgit comme un diable hors de sa cachette. Il attrapa l'homme par le col et le plaqua violemment contre le mur pour le désorienter. Il profita de sa confusion pour l'attirer dans le coin où il avait attendu.
-Hé! Q-que..
-Où est Torii?
-Vous.. vous..
-Allez, accouche! Où il est?
-T-Torii.. Ah..
La Cigale le secoua.
-Allez! Si je mets trop de temps, Iwanishi va encore m'engueuler! Comme si c'était important, vu qu'on était parti pour t'attendre jusqu'à demain.. Il est vraiment chiant quand il s'y met, alors bouge! Où est Torii?
-J-je ne.. sais pas! fit l'homme, terrorisé.
-Ben voyons.. Pourtant il t'a bien appelé hier dans la matinée, non?
-C-comment..
-Alors tu dois bien avoir une petite idée d'où il se planque?
Il appuya la lame de son couteau contre la gorge de sa proie qui perdit ses dernières couleurs.
-Il t'envoie des missions tous les trois jours, et tu ne peux même pas le contacter en cas de pépin. Il t'envoie au casse-pipe comme ça, et toi tu obéis. Ça te plaît d'être un pantin?
-N-non.. Je n'ai pas..
-Le choix? Ben j'vais t'en donner un: dis-moi tout ce que tu sais sur les lieux où il peut être, je vais le buter, et tu seras tranquille.
L'homme hésita encore, tremblant, puis finit par donner les informations que La Cigale était venu chercher. Il le laissa partir, en lui promettant une mort douloureuse s'il s'avisait de prévenir quiconque de leur entrevue. Puis il se fonça là où Iwanishi l'attendait. Il monta, claqua la portière et la voiture se mit en route.
-C'est pas trop tôt, j'étais à deux doigts de repartir.
-T'as qu'à y aller toi-même si t'es pas content!
-Ah oui? Et je te paie à quoi, dans ce cas? Je ne vais pas m'encombrer d'un truc inutile.
-C'est moi le truc inutile?! beugla La Cigale, furieux.
-Bravo, tu as tout compris. Maintenant, si tu–
Iwanishi, tout comme leur voiture, fut coupé. Par un autre véhicule déboulant sur comme une furie. Le véhicule type 4x4 les percuta avec violence et ils furent projetés sur le côté jusqu'à ce que leur voiture heurte le trottoir puis l'immeuble qui le bordait. Le choc fit perdre connaissance à La Cigale.
Quand il reprit connaissance, il se sentit écrasé de partout. Il ouvrit mollement les yeux, mais le droit resta collé. Il passa un doigt dessus et sentit quelque chose d'étrange. Il regarda son doigt et vit des petites miettes sombres. Du sang séché. Il promena ses doigts autour de son œil et sentit une blessure bien ouverte quelque part sur sa tempe. Il tourna la tête vers la fenêtre et vit une explosion de rouge. "J'me suis explosé contre la vitre.. Super.." pensa-il. L'airbag qui s'était déployé l'empêchait de bouger. Il gigota douloureusement de l'autre côté en se demandant s'il avait aussi une blessure au bras droit, vu la douleur, et constata qu'Iwanishi faisait partie de ce qui l'empêchait de bouger. Il était avachi contre lui, toujours inconscient, et La Cigale vit que son visage était criblé de bouts de verre. La vitre avait explosé sous la force du choc.
-Iwanishi..
Ne sachant pas quoi faire d'autre, La Cigale commença à retirer maladroitement les bouts de verre qui brillaient dans sa joue, mais arrêta aussitôt car sa main tremblait trop.
-Merde..
Du côté d'Iwanishi, la portière était cabossée vers l'intérieur. En essayant de ne pas bouger Iwanishi, il essaya de l'ouvrir, en vain. Et sa propre portière était coincée contre l'immeuble. Sa malheureuse tentative l'avait épuisé et il avait l'impression que des cloches sonnaient dans sa tête. Mais il n'allait pas rester comme ça.
-Tu vas voir si je suis inutile..
Il dégaina son couteau et perça l'airbag pour avoir plus d'espace. Il entreprit de déposer la tête d'Iwanishi sur son siège et se glissa vers l'arrière de la voiture. Il sortit par la porte arrière. Il souffla un bon coup. Il revint vers la portière avant défoncée et dégagea les derniers bouts de verre qui restaient de la vitre. Il enleva son manteau duveteux et le posa sur le rebord de la fenêtre. Puis il plongea par la fenêtre pour essayer de sortir Iwanishi. Il mit un moment pour y arriver, essayant de ne pas céder à la frustration d'être aussi lent. Il réussit finalement à le glisser dehors et le traîna un peu plus loin où ils s'affalèrent par terre.
La Cigale fouilla les poches d'Iwanishi à la recherche de son portable. Fort heureusement, celui-ci n'était pas bloqué par un code pour accéder au menu. Il composa le numéro du docteur qui les avait déjà soignés plusieurs fois pour avoir son adresse exacte, puis appela un taxi. Et il attendit, l'esprit de plus en plus embrumé.
Le taxi arriva après un moment qui lui parut infini. Le chauffeur fit une tête effarée en les voyant, mais resta silencieux. Il installa précautionneusement Iwanishi sur le siège avant de lui-même s'asseoir. Il donna l'adresse au chauffeur et reposa sa tête contre l'appui-tête en fermant les yeux.
-Fait chier..
Il tourna légèrement son visage vers celui d'Iwanishi, détaillant son profil plein de bris de verre.
-Essaie même pas de crever comme ça, crétin..
