I WILL FOLLOW YOU
Waw, je ne pensais pas recevoir autant de reviews rien que pour le prologue ! J'étais un peu inquiète en postant ce début de fanfic, entrant dans un registre que je n'ai encore jamais exploité, alors je suis très contente que le résultat vous plaise. La réponse aux reviews anonymes est présente en fin de ce premier chapitre. Encore merci à tous !
Chapitre 1
« Vous formerez la Communauté de l'Anneau ! »
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Il était quinze heures, et comme convenu, Boromir et moi étions sur la terrasse ouverte de l'aile droite du domaine du Seigneur Elrond. Il faisait bon vivre : une température agréable, un endroit charmant, des sièges confortables. Tout aurait pu être parfait sans le climat de conflit qui régnait sur l'assemblée.
Les Elfes et les Nains étaient assis les uns en face des autres, très mauvaise idée, soit dit en passant. Ils ne cessaient de se jeter des regards méprisants, haineux, méfiants. Tout sauf amicaux. Elrond dominait, assis sur une chaise plus grande, presque un trône, entouré à sa gauche et à sa droite d'hommes de tous horizons. Je devais bien m'avouer que je n'en menais pas large.
J'étais en effet la seule femme de l'assemblée. Et les regards étonnés que me lançaient quelques Elfes, Nains, Hommes, ainsi que ce vieillard en manteau gris et ce petit bonhomme à la tignasse bouclée ne me présageaient rien de bon. Un peu gênée, je parcourus la terrasse des yeux d'un geste que je voulais nonchalant, reconnaissant quelques personnes qui étaient déjà présentes lors du déjeuner.
Le Nain grognon qui était assis à côté de moi au moment du déjeuner était là, ainsi que le voisin de table de Boromir. Et...Oh. Le bel Elfe également. Et il était même en face de Boromir et moi. Mais il ne semblait pas y prêter attention, toute son attention focalisée sur les Nains, avec qui il échangeait des regards amers. Quant à moi, je doutais même qu'il se soit aperçu de ma présence.
Soudain, une voix me fit sursauter et ainsi sortir de ma rêverie. Je tournai précipitamment la tête. Elrond s'était redressé sur son siège, et avait pris la parole.
« Etrangers venus de terres lointaines, amis de toujours. Vous vous êtes rassemblés ici afin de répondre à la menace du Mordor. La Terre du Milieu est au bord de la destruction, nul ne peut y échapper. Vous vous unirez ou vous serez vaincus. Chaque race est liée à ce destin, à ce sort commun. Montrez-leur l'Anneau, Frodon. »
Le petit homme à la tignasse bouclée se leva timidement de son siège, et s'avança vers le centre de l'assemblée, où se trouvait une pierre surélevée. Il y déposa ce qui semblait être à première vue un simple bijou en or. Tous les regards se posèrent sur cette bague, et je ne fis pas exception à la règle. Et aussitôt, je sentis que quelque chose n'allait pas. Pour une raison que j'ignorais, je se sentais comme attirée par cet anneau. Comme s'il me chuchotait à l'oreille de le prendre, de l'essayer. Et en considérant Boromir, qui se tenait penché en avant, émerveillé devant le bijou, je n'étais pas la seule à ressentir cette envie
« Oh... Alors, c'est vrai... murmura mon frère en se levant de son siège. Lors d'un rêve, continua-t-il de sa voix forte et assurée, j'ai vu à l'est le ciel s'assombrir, mais à l'ouest une pâle lueur persistait et une voix s'écriait : "votre fin est proche". Le fléau d'Isildur a été retrouvé. Le fléau d'Isildur... »
Sur ces mots, il s'avança lentement vers la pierre, et tendit ses doigts vers l'anneau. Je retins mon souffle, me demandant s'il allait oser s'en emparer. Le fléau d'Isildur... Chaque personne ayant grandi en Terre du Milieu, et particulièrement à Minas Tirith, connaissait ce nom. L'Anneau Unique, forgé par Sauron afin de détruire tous les peuples libres, qui provoqua tant de batailles et tant de morts, pour finalement être perdu en ayant trahi son porteur, Isildur, roi légitime du Gondor. J'éprouvais une telle répugnance pour cet objet que des frissons parcouraient tout mon corps, et pourtant je souhaitais au plus profond de moi que mon frère s'en saisisse.
Mais il n'eut pas le temps d'amorcer le moindre geste que l'air sembla s'épaissir et se charger de colère, et l'ombre s'installer tout autour de nous. Le vieil homme en manteau gris se leva alors d'un bond, et tandis qu'il psalmodiait des paroles dans une langue inconnue et tellement rude, il sembla se grandir, encore et encore, nous couvrant tous d'effroi. Puis le soleil revint, et l'atmosphère se détendit d'un coup.
« Jamais de mots n'ont été prononcés dans cette langue ici, à Imladris ! protesta Elrond.
– Je n'implore pas votre pardon, Maître Elrond, dit le magicien, car le parler noir du Mordor peut déjà être entendu dans toutes les régions ouest. L'Anneau est totalement maléfique. »
Le silence s'installa, alors que nous méditions tous à ces paroles. Je ne parvenais à croire que nous avions devant nous un objet si maléfique. Certes, j'avais déjà entendu des rumeurs concernant son retour, mais le réaliser de mes propres yeux, cela avait une dimension bien plus effrayante.
« Cet anneau est un don, lança Boromir, brisant ce silence. Un don fait aux ennemis du Mordor... Pourquoi ne pas s'en servir ? Depuis longtemps mon père, l'Intendant du Gondor, a tenu à distance les forces du Mordor. C'est grâce au sang de notre peuple que vos terres sont encore en sécurité ! Donnez-nous l'arme de notre ennemi, et laissez-nous l'utiliser contre lui ! »
Je reconnaissais bien mon frère dans ces belles paroles. Capable d'entourlouper, de charmer, de séduire et de persuader le plus récalcitrant des esprits par de simples mots. Mais, un autre homme prit la parole. Je tournai les yeux vers lui. C'était le voisin de table de mon frère, le Rôdeur. Il semblait agacé.
« On ne peut le contrôler. Aucun d'entre nous ne le peut. L'Anneau Unique ne répond qu'à Sauron, il n'a pas d'autre maître.
– Et qu'est-ce qu'un...Rôdeur connaît à ces choses là ? »
Aussitôt que Boromir eut répliqué par ces amers reproches, l'Elfe aux cheveux blonds se redressa d'un bond. Je restai momentanément figée. S'il y avait bien une chose que je voulais à tout prix éviter, c'était un conflit entre mon frère et tous ces inconnus.
« Ce n'est pas un simple rôdeur ! S'exclama l'immortel. C'est Aragorn, fils d'Arathorn. Vous lui devez serment d'allégeance. »
J'ouvris de grands yeux ronds. Le fils d'Arathorn ? Le descendant en ligne directe des rois du Gondor ? Je n'en revenais pas. Nous avions perdu toute trace d'un quelconque héritier depuis bien des décennies. Comment cela pouvait-il être possible ? Et pourquoi cet homme n'avait dans ce cas d'ores et déjà réclamé ce qui lui revenait de droit ?
« Aragorn... Le descendant d'Isildur, déclara ironiquement Boromir.
– Et l'héritier du trône du Gondor, affirma l'Elfe.
– Avodad, Legolas, dit Aragorn en adressant un signe de main à son ami.
– Le Gondor n'a pas de roi. Il n'en a pas besoin. »
Je fus profondément peinée de la tournure des événements. Oui, d'un côté j'étais complètement d'accord avec mon frère. Certes, notre père était loin d'être parfait, mais il savait diriger le Gondor d'une main de maître, selon mon avis. Mais cela n'empêchait pas qu'il n'était « que » l'intendant, et que personne n'avait jamais ignoré que si un héritier d'Isildur venait à pointer le bout de son nez, nous serions évincés. Mais, je ne pensais pas que mon frère puisse être capable de dire à haute voix de telles choses, lui qui était habituellement un homme si respectueux des traditions. Et je pouvais distinguer tout le mépris et la colère qui peignaient les yeux de ce Legolas quand il regardait mon frère. Regard qui m'agaça d'ailleurs grandement, puisque je fus prête à lui retourner son œillade noire.
Soudain, le vieillard en manteau gris éleva la voix, coupant net toute forme de dispute.
« Aragorn a raison, nous ne pouvons l'utiliser. »
Je vis les traits de mon frère se crisper. Les Valar savent comme il détestait avoir tort. Et c'était encore pire quand on lui donnait tort devant d'autres personnes.
« Vous n'avez pas le choix, enchaîna Elrond, l'Anneau doit être détruit. »
Je pense que c'est à ce moment précis que je pris conscience de toute l'importance de cette affaire. Et alors que je déglutissais discrètement, je me demandais ce que je venais faire ici, dans cette assemblée d'hommes entraînés au combat et près à donner leur vie pour sauver leur monde de la catastrophe. Oh non, je n'avais strictement rien à faire là. Mais, à présent, il était trop tard pour reculer, et je me devais d'assumer les conséquences de mon petit caprice et d'endurer tous ces débats.
« Alors qu'attendons-nous pour le faire ? »
Un Nain s'était levé, brandissant sa hache qu'il avait abattu d'un grand coup sur le bijou. Si son arme éclata en mille morceaux, l'Anneau, lui, n'avait aucune égratignure. Mon regard se porta vers le vieillard, qui avait tenté – trop tard – de l'arrêter. Mais mes yeux furent attirés plutôt par le Semi-Homme qui se tenait à ses côtés, le dénommé Frodon. Il se tenait la tête d'une main, les yeux fermés, et son visage était livide. Il avait l'air de souffrir. L'instant d'après, il ouvrit les yeux et son regard bleu rencontra le mien. Je tournai la tête, car pour je ne sais quelle obscure raison, son regard semblait avoir glacé le sang dans mes veines.
« L'Anneau ne peut être détruit, Gimli fils de Gloïn, par aucun moyen en notre possession, reprit Elrond. L'Anneau a été forgé dans les flammes de la Montagne du Destin, il n'y a que là qu'il puisse être détruit. Il faut l'emporter dans les profondeurs du Mordor et le jeter dans l'abîme flamboyant d'où il est apparut autrefois. L'un de vous...doit le faire. »
Un silence pesant tomba sur l'Assemblée. Personne ne disait mot. Même Gandalf s'était tût. Ainsi donc, voici les hommes que j'avais décris quelques instants plus tôt comme prêts à risquer leur vie ? Quel changement dans leur comportement... Maintenant que le danger leur pendait au nez, ils se défilaient comme les lâches qu'ils étaient. Mais, mon bien-aimé frère brisa cette absence de paroles.
« On n'entre pas si facilement au Mordor... Ces portes noires ne sont pas gardées que par des Orcs... En ces lieux, il y a un mal qui ne dort jamais, et le grand Œil est toujours attentif. C'est une terre dévastée et stérile, recouverte de braises et de cendres et de poussières. L'air que l'on y respire n'est que vapeurs empoisonnées. Même dix mille hommes n'en viendraient pas à bout. C'est une folie.
– N'avez-vous pas entendu ce que le Seigneur Elrond a dit ? L'Anneau doit être détruit ! »
Je tournai les yeux vers la provenance de cette voix. Legolas était debout, et fixait mon frère d'un regard féroce. Je fus d'autant plus agacée par son comportement que ce petit blondin de pacotille ne savait pas de quoi il parlait. Le Gondor était le royaume le plus proche du Mordor, nous savions donc que quoi nous parlions, contrairement aux oreilles pointues.
« Et je suppose que vous croyez être celui qui va le faire ? rugit Gimli.
– Et si nous échouons, qu'arrivera-t-il ? Que se passera-t-il quand Sauron récupérera son Anneau ? continua Boromir.
– J'aime mieux mourir que de voir cet Anneau dans les mains d'un Elfe ! Oui, nul ne peut se fier à un Elfe ! »
Aussitôt que le fils de Gloïn eut prononcé ces paroles, un désordre sans nom régna sur la terrasse. Les Elfes se levèrent à l'unisson, et se mirent à échanger quelques paroles tout sauf amicales avec les Nains. Puis, ce fut au tour des Hommes d'exposer leur hargne. Le vieillard se leva, tentant de calmer le jeu, mais il ne fit qu'empirer les choses. Quant à moi, je ne savais comment réagir. D'une part, j'étais d'accord avec les arguments que hurlaient les gens de mon peuple, d'autre part je ne voulais pas qu'on me jette à la figure qu'une femme n'avait rien à faire là. Je me contentais donc de rester assise sur mon siège, tâchant de me faire la plus petite possible.
« Je vais le faire ! Je vais le faire ! »
Surprise, je tournai la tête vers Frodon, qui s'avançait désormais vers le centre de la terrasse, tout près de l'Anneau. Les disputes cessèrent immédiatement, et tous les regards se portèrent sur ce Semi-Homme si courageux.
« Je vais porter l'Anneau en Mordor, répéta-t-il d'une voix timide. Bien que je n'en connaisse pas le moyen... »
Je fus abasourdie par tant de force mentale venant d'un si petit être. Le vieillard le fixait avec un air à la fois fier, triste et désolé. Je pense qu'il aurait préféré que quelqu'un d'autre se charge de cette tâche, ce que je pouvais aisément comprendre.
« Je vais vous aider à porter ce fardeau, Frodon Sacquet. Aussi longtemps que vous aurez à le porter. »
Il posa sa main sur l'épaule du petit homme, et se plaça derrière lui, en attente d'autres compagnons de route. Aragorn s'avança à son tour, s'agenouilla devant Frodon, et lui tendit son épée.
« Si par ma vie ou ma mort je peux vous protéger, je le ferais. Mon épée est vôtre. »
Frodon accueillit le descendant d'Isildur avec un regard plein de remerciement. Devant moi, je distinguais Legolas qui s'approchait de Frodon.
« Et mon arc est vôtre.
– Et ma hache ! beugla à son tour le nain Gimli.
– Vous avez notre destin à tous entre les mains, petit homme, et si telle est la volonté du Conseil, le Gondor se joindra à vous. »
Je ne pus m'empêcher de retenir mon frère par la manche. Il tourna la tête vers moi, et je lui adressai un regard plein de supplication. Il ne pouvait m'abandonner. Il ne pouvait me laisser seule. Il ne pouvait partir en Mordor. Je tentai alors de transmettre toutes mes émotions, tout l'amour que je lui portais dans ce regard. Mais cela n'y fit rien. Je ne gagnerai pas cette fois, et je le savais. Il me sourit, ce genre de sourire fraternel que j'adorais, et se dégagea de mon emprise pour rejoindre Frodon.
La tristesse qui s'emparait de mon ventre s'accentua encore d'un cran. Je m'écroulai sur ma chaise, prête à fondre en larmes. Seulement, je ne pouvais me permettre de me mettre à pleurer comme une vulgaire fillette devant tous ces gens importants. Je ne le devais pas. J'étais forte, du moins j'avais toujours voulu qu'on le croit. Je sursautais quand une voix retentit et qu'un Semi-Homme joufflu débarqua dans la pièce ouverte.
« Hé ! Monsieur Frodon n'ira nulle part sans moi ! s'écria-t-il.
– Non, en effet, sourit Elrond. Il n'est guère possible de vous séparer, et cela même lorsqu'il est convoqué à un Conseil secret et vous non.
– Nous venons aussi ! Faudrait nous renvoyez chez nous attachés dans un sac pour nous en empêcher ! »
Deux autres petits hommes arrivèrent en courant, un grand sourire illuminant leurs traits. Je reconnus immédiatement les deux Semi-Hommes aux mines joviales assis en face de Boromir et moi lors du déjeuner. L'un des deux, qui avait un visage particulièrement mutin, prit la parole.
– « Quoi qu'il en soit, vous avez besoin de gens intelligents pour ce genre de... mission. Quête. Chose ?
– Alors là, ça te met hors course, Pippin, répondit le deuxième. »
Un rire nerveux m'échappa. Je riais alors que la tristesse et le ressentiment s'emparaient de mon cœur. Mais, au fond de moi, j'avais pris une décision.
Je voulais en être. Je voulais faire partie de ce groupe. Je voulais me battre pour mon monde, prouver à tous qu'une femme pouvait elle-aussi avoir son heure de gloire. Je ne voulais pas rentrer chez moi, retrouver mon train-train quotidien entre cours de protocole (chose dont je n'avais cure), et réflexions amères de mon père. C'est ainsi que je me levai, et avançai à mon tour vers les hommes, ignorant tous les regards surpris sur mon passage, bien que mon estomac soit tordu et mes joues écarlates.
« Je sais ce que vous allez en penser, dis-je en m'adressant à Elrond. Une femme, participant à une quête aussi périlleuse ? Mais vous ne savez pas de quoi je suis capable. Je sais moi-aussi me battre, et j'ai moi-aussi des choses à prouver, à protéger. Je veux en être. »
Je lançai un regard de défi au Seigneur elfique qui me regardait intensément, semblant réfléchir. J'espérais de tout mon cœur qu'on me laisserait ma chance. Qu'on ne me jugerait pas sur mon statut de femme. Une main me saisit brusquement le bras, me faisant grimacer.
« Gadia, as-tu perdu la raison ?
– Boromir, lâche-moi. Tu sais que j'en suis capable.
– Arrête un peu, enfin ! Tu n'as pas ta place ici !
– Parce que je suis une femme ?
– Oui...et non ! Tu sais bien de quoi je parle !
– Écoute, tu es un frère formidable, le meilleur dont je puisse rêver. Tu veux me protéger, ce que je comprends très bien. Mais là, tu n'as rien à dire. C'est mon choix, et tu ne dois pas t'interposer. Je ne veux pas avoir à toujours rester en retrait par rapport à toi, je veux prouver que je peux briller moi-aussi. Alors, je t'en prie, lâche-moi et laisse-moi faire de ma vie ce que je désire.
– Tu seras toujours une têtue qui ne considère pas les choses avant d'agir.
– C'est juste. »
Je profitai de sa mine déconfite pour arracher mon bras de son étreinte. Il s'écarta de moi, le regard dur.
« Seigneur Elrond, j'attends votre décision, annonçais-je bravement.
– Bien, répondit celui-ci. Mais dites-moi, jeune fille, êtes-vous certaine de saisir toute l'ampleur et la difficulté de cette mission ? Ce ne sera pas tâche aisée.
– Je le sais.
– Ainsi, j'aimerais vous mettre à l'épreuve.
– Quelle genre d'épreuve ? demandai-je, méfiante.
– Vous avez dit savoir vous battre, et j'aimerais vérifier cela. Glorfindel, je vous prie. »
Un elfe aux cheveux dorés s'avança vers le Seigneur de ces lieux. Il avait une longue chevelure, chose commune aux membres de sa race, si j'avais bien compris, et un corps fin et musclé. Malgré l'épée qui pendait à sa ceinture, ses mains paraissaient douces et sans trace de rugosité. Il était, comme nombre de membres de sa race, d'une beauté à couper le souffle, mais à mon humble avis, sa force au combat devait être d'autant plus grande encore. Et, chose étrange, il semblait briller d'une étrange lueur, comme si la bénédiction des Valar lui avait été accordée.
« Voici Glorfindel, Capitaine de la Garde de Fondcombe. Vous vous battrez contre lui à l'aide de l'arme que vous choisirez. Si votre combat m'impressionne, et bien... J'accepterai votre demande. »
J'acquiesçai d'un signe de tête et ignorai les murmures autour de moi. On me laissa quelques minutes pour me changer dans une pièce attenante. J'enfilai l'armure légère qu'on m'indiquât et attachai mes cheveux en une simple natte. Quand je revins sur la terrasse, les chuchotements redoublèrent. Bien vite, toutes les personnes présentes reculèrent, et Glorfindel et moi nous retrouvâmes au centre d'un cercle. Il m'adressa un sourire encourageant avant de s'incliner. Je l'imitai. Le duel pouvait commencer.
Il me laissa porter le premier coup. J'avais saisi mes deux poignards, qui me désavantageaient par rapport à lui et son épée, mais ils étaient les seules armes que j'étais sûre de maîtriser. J'avançai vers lui d'un pas chassé, feignis de l'attaquer au visage puis abaissai rapidement ma dague gauche vers son estomac. Il contra sans montrer le moindre effort. Je cinglai l'air de mon poignard droit pour aller le glisser sous son menton, mais il recula au dernier moment, exposant ainsi le bas de mon corps. Sans utiliser son arme, il me faucha les jambes d'un coup de pied glissé. Je fus déséquilibrée, il en profita pour pointer son épée sur mon cou. Dans ma chute, j'avais agrippé un pan de sa tunique, et je le fis donc tomber à la renverse à ma suite. Il sembla si surpris qu'il oublia qu'il me tenait en joute. J'en profitai pour rouler sur le côté, m'éloignant de ses coups.
Je me redressai rapidement, recalai mes poignards dans mes mains, et m'élançai vers lui, accroupi sur le sol. Il m'esquiva d'un simple saut qui me dépassa d'une bonne tête, et atterri juste derrière moi. Je me retournai et parai son épée au dernier moment. Elle eut tout de même le temps de m'érafler légèrement la joue. Sans prêter attention à cette blessure superficielle, je reculai prudemment, préparant ma prochaine stratégie. Il était beaucoup trop rapide et agile par-rapport à moi. J'avais l'impression d'être un bambin confronté à un adulte. Je pris une demi-seconde pour reprendre mes esprits.
D'un coup, je fendis l'air de haut en bas. Glorfindel se recula, j'en profitai pour avancer en pourfendant cette fois de gauche à droite. Il bloqua d'un coup d'épée, et mon poignard droit s'envola. Ne me restait donc plus que le gauche. Je le passai dans ma main droite, celle où j'excellais le plus. Je pris une grande inspiration et fonçai vers lui avant de l'esquiver au dernier moment pour me coller contre son flanc, m'apprêtant à coller mon poignard contre sa joue. Un sourire éclaira mon visage, mais trop tôt. Je suspendis mon geste lorsque que je sentis la piqûre de l'épée sur mon estomac. Je baissai les yeux. Il m'avait eut en beauté.
C'était fini. Je laissai retomber mon bras, il en fit de même. Je me tournai vers Elrond, la mine morose et du sang me dégoulinant de la joue. J'avais échoué. J'allais rentrer chez moi, subir les remarques de mon cher géniteur, et me ronger les sangs en pensant à Boromir.
Machinalement, je tournai les yeux vers les hommes avec lesquels j'aurais pu partager cette aventure si je n'avais pas échoué. Mon regard se posa en dernier sur Legolas. Je m'attendais à le voir féliciter Glorfindel, ou tout simplement en train de plaisanter avec Aragorn, mais non. C'est moi qu'il fixait. Et dans ses beaux yeux bleus brillait une lueur de que j'aurais pu prendre pour de l'admiration, si j'avais été plus crédule. Je fus sur le point de lui adresser un regard interrogateur, histoire de le mettre mal-à-l'aise, mais je me rappelai soudainement d'Elrond.
« Ce duel était intéressant, dit-il. Mais vous avez perdu.
– Oui, grommelai-je. Je vais donc rentrer chez moi.
– Laissez-moi terminer, jeune fille ! Non, non, il n'est pas question de rentrer chez vous. »
Je levai les yeux vers lui et le dévisageai. Bien qu'il ne souriait pas, je pouvais lire une forme de complicité sur son visage.
« J'ai d'autres projets pour vous, qui vous plairont beaucoup plus. Il vous sera possible, à vous également, de partir détruire l'Anneau Unique au Mordor.
– MERCI ! »
J'avais presque hurlé ce dernier mot, ce simple remerciement. J'étais si heureuse. Enfin, on reconnaissait mes mérites, et on m'acceptait malgré mon statut de femme. Certes, j'avais perdu, mais qu'aurais-je pu faire face à un elfe aussi doué et compétent que ce Glorfindel ? Il était un combattant hors-pair.
Je pouvais vivre une grande aventure, une quête qui changerait le cours du monde, c'était le plus important. C'était parfait, vraiment parfait. Je tournai la tête vers Boromir. Il ne me regardait pas, et ses yeux étaient toujours aussi froids, aussi durs. Tant pis, il se ferait bien un jour à l'idée de me voir dans ses pattes pour les prochains mois. Le sourire qui illuminait mes traits n'allait pas s'ôter pour la simple et bonne raison que mon frère n'approuvait pas mes actes. Je me dirigeai donc vers mes camarades de route, me plaçant entre Legolas et Gimli, qui m'adressa un clin d'œil. Ce Nain pourrait être un bon ami, après tout.
« Dix Compagnons, dit Elrond. Qu'il en soit ainsi. Vous formerez la Communauté de l'Anneau !
– Chouette ! Où est-ce qu'on va ? »
Je ris à la question du Semi-Homme. Mon cœur était empli de joie. Une joie pure, simple, une joie telle qu'elle paraissait déplacée en de telles circonstances. Mais une joie sincère.
Et voilà ! TADAM.
J'espère que je n'en fais pas trop sur le ressenti deGadia à propos de Legolas. Je voulais vraiment que cette admiration physique qu'elle a pour lui soit bien expliquée, bien insistée. Mais du coup, j'ai peur d'avoir fait la groupie...
Legolas : Ce que tu es, de toute façon, non ?
Auteur : Quoi ? Euh... Non non, pas du tout. Je ne vois pas de quoi tu veux parler...
Legolas : Ah ouais, t'es sûre ? Alors, ça ne te pose aucun problème que je raconte comment, l'autre fois, tu as rêvé que tu te mariais avec moi ?
Auteur : Enfin, Legolas, arrête d'être si présomptueux ! Je n'ai jamais rêvé de ça, voyons...
Legolas : Ah non ? Alors, la fois où...
Auteur : *Bâillonne Legolas* Chut, gentil Leggy, gentil.
*pense : Finalement, ça va peut-être mettre utile, ce bâillon... Me faut juste les menottes assorties, maintenant...* MOUAHAHA !
Hem, bref. Ma vie sexu... Ma vie de couple avec Legolas ne vous regarde absolument pas. Vous n'avez pas envie d'en connaître les détails. Non non, je vous jure.
Autre chose, que je n'ai pas pu préciser à cause de ce cher Legolas qui m'a coupé la parole (ou plutôt la ligne, dans mon cas), Gadia n'est pas amoureuse de notre Elfe préféré. Du moins, pas pour l'instant. Et autant vous le dire tout net, ce n'est pas pour tout de suite. Valà.
REVIEWS ? :D
REPONSES AUX REVIEWS ANONYMES :
lotraddict : Merci pour ta review (la première en plus !) Oui, honnêtement je suis assez fière de ma trouvaille, ahah ! Je suis contente que ça te plaise, en tout cas !
lolo : Merciiiii ! Ton compliment me va droit au coeur, c'est très gentil de ta part ! J'espère aussi, pour l'instant il ne devrait pas avoir de problème de publication, nous verrons pour la suite !
Amicus : Merci beaucoup ! J'espère que la suite t'aura plu.
Elizabeth : Merci beaucoup ! Voici la suite que tu attendais, en espérant que tu aimes.
