Résumé :

Amelia Abott n'avait qu'un souhait : que le lendemain n'arrive jamais. Coincée dans une salle de Poudlard, tournant un sablier enchanté, elle se retrouve projetée 20 ans en arrière. Des rencontres inattendues s'effectuent alors, des paroles et des regards s'échangent, changeant le cours de son existence à jamais...

Pairings :

Sirius Black/OC ; Remus Lupin/OC ; James Potter/Lily Evans ; OC/OC.


CHAPITRE 2 : 1976

1976 ?!

Que venait-elle faire à cette époque ? C'était illogique, inconcevable. Elle n'avait pas voulu ça, elle voulait juste restait un peu plus longtemps à Poudlard, une heure ou deux, et non pas vingt ans ! Tandis qu'Amelia était plongée dans ses pensées, Albus Dumbledore attendait tranquillement, assis à son bureau, mangeant quelques dragées surprises de Bertie Crochu. Il n'avait jamais étudié ni assisté, au cours de sa longue vie, à un cas de voyage temporel aussi incroyable qu'inhabituel (si ce que cette jeune fille lui racontait était vrai). Cette élève était donc la fille d'Abigail Montgomery se dit-il en souriant. Elle ne lui ressemblait guère. En fait, elle ne lui ressemblait en aucun point.

L'Abigail Montgomery de cette époque était fine, certains disaient qu'elle n'avait que la peau sur les os, d'autres qu'elle représentait la grâce et la beauté des sorciers de Sang Pur : de longs cheveux bruns aussi droits que sa façon de voir les choses, des yeux vert émeraude qui punissaient d'un simple regard. Une adolescente, avec les manières d'une femme mûre. Son avenir était tracé, elle aura un poste important au ministère grâce à son père qui y occupe lui-même un poste non négligeable. Puis elle se mariera à un sorcier descendant d'une grande lignée, car Madame Montgomery, sa mère, avait de l'ambition, elle voulait que sa fille vive dans un manoir, possède ses propres elfes de maison, et surtout, touche une solde conséquente.

L'opposé d'Amelia Abott en conclusion, qui était assise en face du puissant sorcier, la tête entre les mains. Amelia détenait la chevelure blonde, presque blanche, de sa grand-mère maternelle, un petit nez retroussé comme son père ; et un sourire chaleureux qui n'appartenait qu'à elle. La seule chose qu'elle avait héritée de sa mère était ses yeux.

« Professeur, vous n'avez aucun sort qui puisse me renvoyer chez moi ? »

Dumbledore la regarda avec compassion. Amelia était loin de chez elle, mais il ne pouvait rien faire pour elle, ce n'était pas en son pouvoir.

« Non Miss Abott, le seul qui puisse le faire est le sablier que vous avez malencontreusement tourné. » Dit-il à mi-voix. « Quand vous aurez fait ce que vous vouliez faire, vous pourrez retourner à votre époque. »

« Alors que voulais-je faire ? » Demanda-t-elle en relevant les yeux vers son interlocuteur. « Je n'en ai aucune idée ! »

Un silence gênant s'installa entre eux, et Amelia sut que même le lui n'avait pas la réponse à sa question.

« Vous êtes donc à Serdaigle Miss. »

En disant cela, Dumbledore pointa l'insigne cousue sur sa chemise.

« La décision la plus sage pour l'instant est que vous étudiez ici, une nouvelle fois. Je ne peux pas vous garder cachée dans ce bureau une année entière. » Dit-il en riant. « Quel âge avez-vous Miss Abott ? »

« 17 ans Professeur. »

Il réfléchit un instant.

« 7ème année alors, comme votre mère. »

Ce détail piqua Amelia au cœur. Sa mère était ici, à Poudlard, elle était en ce moment même dans l'enceinte de ce château. Elle allait peut être la rencontrer au détour d'un couloir, aussi belle et aimée qu'elle se décrivait. Ou au contraire, d'une banalité sans pareil. Si cela était le cas, Amelia rirait. Elle lui rirait au nez ouvertement. C'était peut-être ça que la Salle sur Demande voulait qu'elle effectue. Remettre sa propre mère à sa place pour enfin vivre une enfance normale.

« Le mieux dans votre situation, est que vous vous fassiez la plus discrète possible Miss. » Lui dit-il calmement. « Après votre répartition, d'ici un instant, j'appellerai le préfet de votre maison, il vous conduira à votre dortoir. Vous suivrez les cours comme tout élève, jusqu'à ce que, bien sûr, ce que vous vouliez voir être fait ne soit plus à faire. »

Amelia n'avait retenu qu'un infime détail de sa tirade.

« Ma... Répartition ? J'ai déjà été répartie Professeur. » S'exclama-t-elle en touchant son insigne de Serdaigle.

« Voyons Miss Abott, les choses doivent être effectuées dans les règles de l'art. »

Il se leva pour attraper le vieux Choixpeau posé sur l'armoire derrière son bureau. Il était tout aussi rafistolé que dans le présent. Un vieux chapeau sale, extrêmement sale, déchiré, rapiécé, rien ne laissait croire qu'il était doté d'une intelligence, et d'un caractère aussi fort que celui de la Grande Tante d'Amelia qu'elle n'avait vue qu'une seule fois dans sa vie, avant qu'elle ne soit tuée par sa cousine, au cours d'une partie d'échec version sorcier qui aurait mal tourné. C'était un véritable gâchis, car de tous les membres de sa famille, elle était la seule qu'Amelia avait appréciée.

Dumbledore posa le Choixpeau sur sa tête.

« Oh, qu'avons-nous là ? Une voyageuse du temps ? » Demanda le chapeau en s'esclaffant. « Dans quelle maison t'ai-je envoyée... Serdaigle c'est cela ? »

« Oui... Je vois l'intelligence, la curiosité, le calme... Mon choix était certainement le bon ! Mais avant ça, il y a autre chose Mademoiselle Amelia Abott, quelque chose qui a grandi en même temps que vous. Oui, cette maison sera parfaite pour vous... »

Elle priait, elle priait pour que ce ne soit pas Serpentard. Elle priait pour ne pas à avoir à partager les mêmes cours que sa mère.

« C'est décidé ! GRYFFONDOR ! »

Amelia ouvrit enfin les yeux, yeux embués par les larmes de joie qui menaçaient de couler le long de ses joues. Elle avait tellement rêvé d'y aller, et ce n'était que dans le passé que son vœu se réalisait.

Ce quelque chose qui avait grandi en elle était le courage. Elle avait dû en faire preuve face à sa famille entière et aux décisions de ses membres plus ignobles les uns que les autres. Elle avait combattu avec ferveur la cause de Ilfey, leur elfe de maison, et même si cela n'avait mené à aucun changement, elle avait essayé, défiant même sa mère. Bien entendu, celle-ci avait gagné, encore. Dumbledore, après avoir retiré le chapeau de son crâne, la félicita d'une voix très douce en lui serrant la main.

« Je crois Miss, que quelques changements sont nécessaires. »

Et d'un coup de baguette, l'aigle de Serdaigle cousu à la chemise de Amelia disparu. Un lion rugissant le remplaça immédiatement. Six années de loyaux services auprès d'une maison s'étaient évaporées en un clin d'œil. La jeune répartie contemplait cette nouveauté en souriant fièrement, alors que le Directeur de l'établissement fit un léger signe de tête à un des nombreux portraits accrochés sur le mur qui lui faisait face. Amelia sortit de sa béatitude assez rapidement. Il y avait sûrement d'autres changements à effectuer, et quelques informations à partager.

« Professeur, dois-je changer de nom ? » Le questionna-t-elle, car rien ne pourrait finalement lui faire plus plaisir.

« Non Miss Abott. Comme vous le savez, la lignée Abott comporte de très lointains cousins. Quelques noms, et les curieux se garderont bien de vous interroger d'avantage. »

La déception envahit Amelia. Ce nom la suivrait donc où qu'elle aille… Un silence pesant s'installa et Amélia sentit de nouveau le regard perçant de Dumbledore se poser sur elle. Depuis son arrivée inattendue, le directeur semblait avoir une confiance absolue en elle, ce qui la désarçonnait et l'intriguait quelque peu. Elle était certaine que des doutes régnaient sur son identité, son récit rocambolesque et ses motivations. Peut-être pensait-il qu'elle était une espionne, une fidèle de Vous-Savez-Qui. Après tout, d'après ses calculs, il sévissait déjà à cette époque… Mais si Dumbledore la suspectait réellement, il avait néanmoins l'intelligence de le dissimuler derrière un sourire et quelques calembours.

« Je vais prévenir le professeur MacGonagall de votre situation… Particulière. Et bien sûr, entamer de plus amples recherches sur ce mystérieux sablier. » Il marqua une pause, se questionnant certainement sur l'existence même de cet objet. « Toutefois, vous devez savoir Miss » Il se leva pour effectuer les cent pas autour de la salle. « Voyager dans le passé peut s'avérer dangereux, pour vous et pour les personnes y vivant. Vous devez comprendre que révéler, ne serait-ce qu'une once d'information sur votre présent, notre futur donc, pourrez entraîner des conséquences désastreuses. »

Oui, Amelia le savait bien. Elle lui répondit qu'elle comprenait évidemment, et lui jura qu'elle ne dévoilerait rien à personne. Mais cela ne parut pas suffisant.

« Evitez d'attirer l'attention sur vous, et bien sûr, je vous demanderai de rester le plus loin possible de Mademoiselle Montgomery. » Il lui jeta un regard entendu. « Vous ne voudriez pas être responsable de votre propre… Oh excusez-moi Miss, mais nous avons une invitée. » Dit l'homme en apercevant le portrait revenir.

De ma propre quoi ? Pensa Amelia, maintenant encore plus paniquée.

Dumbledore s'avança vers la porte qu'il avait précédemment fermée. Il l'ouvrit en souriant paisiblement, laissant une jolie rousse aux yeux verts de l'âge d'Amelia entrer. C'était elle, la préfète des Gryffondors, celle qui menait à bien sa tâche dans les escaliers malgré le bruit que les jeunes arrivants faisaient.

« Merci d'être venue Miss Evans. » Lui glissa le Directeur amicalement.

Lily Evans était une très belle fille, ses cheveux épais roux flamboyant retombaient sur ses épaules dans un mouvement parfait. Sa robe était impeccable. Elle avait un visage fin, et sur celui-ci étaient postés deux yeux verts en amande pétillants de vivacité qui rappelèrent étrangement à Amelia ceux d'Harry Potter. Elle respirait la joie de vivre et l'intelligence.

« Que se passe-t-il Professeur ? » Demanda Lily.

« J'aimerai, Miss Evans, que vous vous occupiez de Miss Amelia Abott ici présente. » Lui répondit-il en reportant son regard espiègle vers celle-ci.

Lily se tourna vers Amelia, et dans un élan de sympathie conventionnel, elle lui tendit la main en souriant, un sourire frais. Amelia la serra avant qu'elle ne retire son offre en tentant de lui faire la meilleure des impressions.

« Si vous pouviez l'amener aux dortoirs, je vous en serai reconnaissant. »

Amelia se retint de préciser qu'elle savait déjà où ceux-ci étaient situés. Après tout, elle était censée ne rien connaître de cet endroit.

« Sur le chemin, profitez-en pour discuter. Je suis certain que Miss Abott a des centaines de questions à vous poser sur le fonctionnement de l'établissement. » Précisa-t-il en envoyant un clin d'œil à Amelia. Tout ceci le distrayait, il prenait ainsi un plaisir malsain à jouer son rôle de Directeur bienveillant.

« Entendu Professeur. »

« Bien, je ne vous retiendrai pas plus longtemps. Miss Evans, Miss Abott. »

Lily sortit sans demander son reste, après un hochement de tête à l'égard du sorcier qui le lui rendit, poli. Amelia la suivit d'assez près, paniquée à la simple idée d'être seule avec elle, sans pouvoir parler réellement librement. Elle vit Dumbledore les suivre du regard, lui aussi était inquiet malgré tout.

Cela rappela à la jeune fille la première fois où il lui avait adressée la parole. C'était peu après son arrivée à Poudlard, elle s'était perdue dans les couloirs, les escaliers n'en faisant qu'à leur tête. Elle s'était assise contre un mur, désespérée et soucieuse de la punition que ce retard au cours de Métamorphose allait entraîner. Il était alors apparu devant elle, et lui avait montré le chemin à prendre, en lui disant de ne pas s'inquiéter. C'est à partir de ce moment qu'elle dessina un plan du château, le complétant chaque jour avec de nouveaux éléments. Malheureusement, Rusard lui avait confisqué, prétextant « qu'on ne lui refera plus le coup ! ».

« Comment se fait-il que tu n'arrives qu'à cette période ? »

La voix de Lily la sortit brutalement de ses pensées. Dumbledore ne lui avait donné aucune indication à ce sujet. Il fallait qu'elle mente.

« J'ai... Déménagé récemment en Angleterre, mon père a eu un poste conséquent au ministère. » Lâcha-t-elle d'une traite tout en montant les marches.

« Vraiment ? Où viviez-vous avant ? »

Amelia continua, contrainte d'inventer au fur et à mesure.

« En Amérique. »

Les yeux de son interlocutrice s'écarquillèrent de stupeur, et de jalousie.

« Dans quel établissement allais-tu ? » Continua la préfère-en-chef.

« A l'institut des sorcières de Salem. »

Une de ses trop nombreuses cousines y étudiait, d'après son affreux oncle Victor. Une institution qui vous forge le caractère disait-il ! Mais devant l'extase de son parent pour cette école, Amelia n'avait jamais pris la peine de s'y intéresser d'avantage.

« Nos dortoirs sont juste à l'étage, il faut un mot de passe pour entrer. »

« Je vois. » Dit Amelia faussement intéressée. « C'est vraiment immense ici. »

Elle regarda autour d'elle comme si elle venait juste de pénétrer dans l'enceinte de l'école.

« Ne t'inquiète pas, on s'y retrouve au bout de quelques temps. »

Lorsqu'elles furent toutes deux arrivées devant le portrait de la Grosse Dame habillée d'une robe de soie, celle-ci les dévisagea avant de relever la tête d'un air hautain. Elle rappelait à Amelia sa mère, et ne lui plaisait guère.

« Le mot de passe. » S'exclama le portrait d'une voix grave, sans prêter plus d'attention aux deux sorcières présentes devant elle.

« Dulce Melos »

Le portrait pivota lentement, laissant le passage libre.

« Sale caractère. » Murmura Lily à l'attention d'Amelia, tandis que le tableau reprit sa place habituelle.

Le lendemain, ses camarades dormant encore, le réveil d'Amelia se fit dans la douceur et le calme le plus total, contrairement à son coucher. Elle avait été harcelée de milliers de questions par les quatre filles, dont Lily, qui partageaient à présent le dortoir avec elle. Une d'entre elles nommée Alice était le portrait craché de ce Neville Londubat par moments le partenaire de Amelia en cours de potions. D'ailleurs, lui aussi était tout aussi doué dans ce domaine qu'elle. Le Professeur Rogue le haïssait peut être plus qu'il ne détestait Amelia elle-même. Cependant, il s'arrangeait le plus souvent pour les mettre ensemble, près de Seamus Finnigan, expert en chaudron explosif également. Cela suffisait généralement à retirer chaque heure de cours une cinquantaine de points à leur maison respective.

1976...

Par la barbe de Merlin, Amélia avait encore du mal à y croire. Elle avait passé la moitié de la nuit allongée dans son lit, les yeux grands ouverts, se demandant encore si tout cela n'était qu'un mauvais rêve. Puis, la réalité de la situation acceptée, elle se questionna sur les réelles intentions de Dumbledore.

L'intégrer ainsi au milieu des autres élèves semblait être une décision irréfléchie, dénuée de tout bon sens. Si cela était si dangereux pour elle et les autres, pourquoi lui faire confiance aveuglément ? Après tous les scandales auxquels le directeur avait été mêlé dans le présent, et toutes les rumeurs le touchant de près ou de loin, Amélia se doutait que le vieil homme avait élaboré un plan la concernant, et concernant peut-être aussi d'autres personnes. Sans réponse à ses nombreuses interrogations, elle avait fini par s'assoupir quelques minutes avant le lever du jour, puis connut un sommeil agité, empli de visions de sa mère pointant sa baguette sur elle, et de son père détournant le regard.

Après s'être habillée, Amelia descendit les escaliers pour prendre son petit déjeuner. Lily était déjà partie profiter des croissants et des petits pains chauds servis dans les énormes plats sur les tables.

Elle arriva devant la porte close de la grande salle, qui était exactement la même que dans le présent, ou le futur, la nouvelle Gryffondor ne savait pas vraiment. Deux garçons de Serdaigle passèrent près d'elle sans même lui jeter un coup d'œil. Elle poussa la porte le cœur battant, incertaine de ce qu'elle allait trouver derrière. A sa grande déception, la salle ne présentait rien d'inhabituel (si les bougies flottantes et les fantômes vous sont familiers). Amelia avança donc sans se préoccuper des murmures sur son passage. Seule, elle prit place à la table des rouge et or. Il n'y avait pas grand monde à cette heure matinale, ce qui ne la surprit guère. Elle avait les mêmes flemmards à son époque.

« Amelia ! » Hurla Lily Evans installée un peu plus loin.

Après une courte hésitation, Amelia se leva, gênée par les grands signes qu'elle effectuait, et alla la rejoindre sous le regard de Dumbledore.

« J'ai déposé tes manuels sur la malle devant ton lit. » Dit Lily. « Il n'y en que trois pour l'instant. Les professeurs t'en confieront d'avantage si tu décides de prendre des options durant l'année. C'est un concept intéressant. Et je peux t'assurer que l'arithmancie est un sujet passionnant à traiter. » Finit elle en un large sourire.

« J'y penserai. » Murmura Amelia, loin d'être tentée.

Elle se demandait si oui ou non, elle devait engager la conversation. Pourquoi créer des liens ? Peut-être repartirait-elle à son époque le jour même. Et si elle divulguait accidentellement un élément du futur ?

« Tu ne nous présentes pas Evans ? »

A la simple entente de cette voix masculine, Lily poussa un long soupir. Elle roula des yeux et fronça les sourcils.

« James Potter… Si tu es n'es pas parti d'ici cinq secondes, je jure devant Merlin de te métamorphoser en bouse de dragon ! »

« Evans… Tu es tellement belle quand tu t'énerves. » Lily lui offrit comme réponse un air dégouté.

Quant au garçon, il tendit sa main droite à Amelia, qui la serra timidement. James Potter appartenait à cette catégorie de personnes qui vous mettent à l'aise d'un simple sourire, d'un simple regard. Sur son visage hâlé, ses yeux noisette, recouverts par des lunettes de correction, crépitaient d'une joie de vivre intense. Il était tellement décoiffé ! On aurait dit qu'il venait juste de descendre de son balai après un match éprouvant de Quidditch.

Potter, James Potter. Amelia se tenait devant le père de celui qui a survécu, enfin qui survivra. Elle connaissait son destin, elle savait qu'ils allaient mourir lui et sa femme de la main du Seigneur des Ténèbres, et un mot, une phrase de sa part pourrait tous les sauver. "Sa femme… " Pensa Amelia. Sa femme Lily Evans. Les parents d'Harry Potter discutaient près d'elle, aussi vivants qu'ils puissent l'être.

« Voici James Potter, le second préfet-en-chef de notre maison. » Lily marqua une pause. « Chahuteur, vaniteux, et imbécile notoire. »

« Enchanté. »

« Amélia Abott, de même. »

« Les nouvelles vont vite Amélia. » Affirma James « La moitié de l'école est déjà au courant de ton arrivée, et l'autre moitié le sera dès ce soir. Une nouvelle élève en septième année, je ne pense pas que cela soit déjà arrivé dans l'histoire de Poudlard ! »

Etonnamment, Lily releva son regard agacé vers lui. Elle le scruta de part et d'autre. « Où est ton insigne Potter ? » Le questionna-t-elle, furieuse.

« Il est sûrement dans mon sac, enfin je crois. »

Lily sembla alors sur le point de lui fracasser son bol de céréales sur le crâne.

« Tu crois ? Sûrement ? » S'exclama-t-elle. « Tu as vraiment un sens des responsabilités comparable à celui d'un Boursouf ! »

Un rire discret s'échappa de la bouche du peu de personnes assistant à cet échange.

« Mais les Boursoufs sont doux, et aiment être choyés. » Glissa James, un sourire amusé aux lèvres.

Lily poussa un soupir se rapprochant d'avantage du rugissement. Sentant sûrement le danger -et tenant à sa vie- James Potter s'éloigna doucement. Il lui envoya toutefois un baiser, avant d'apercevoir que Lily avait sorti sa baguette. Il rejoint donc ses amis, et s'empiffra goulument d'une bonne poignée de choux.

Les cheveux roux de Lily semblaient se dresser sur sa tête. « Tous les jours c'est la même chose, il me rend folle ! » Elle se rassit, et étala frénétiquement du beurre sur une tartine grillée. « Ce malade, sa place est à Sainte Mangouste. » Tandis qu'elle exprimait sa haine, Amelia mangeait ses céréales au miel, attentive aux qualificatifs variés désignant le garçon : « Cervelle d'huître », « arrogant baratineur », « idiot borné »…

« Laid comme… » Les regards des filles se croisèrent un court instant. « D'accord. » Lily vérifia que l'attention de James n'était pas portée vers elle. « Il n'a pas un physique épouvantable. Il a même un certain succès auprès des filles. »

« Mais l'important n'est pas là. Il faut voir au-delà des apparences, et ce que j'aperçois chez lui me révulse. » Elle croqua un bout de sa tartine, tandis que de nouveaux élèves prenaient place autour d'elles. « Quoique, je dois avouer qu'il s'est un peu calmé depuis la rentrée. »

« Et ses amis ? » Demanda Amelia, le regard fixé sur cette petite bande bruyante et exubérante.

« A part Remus Lupin, ils n'en valent pas la peine. C'est celui qui travaille sur son parchemin. » Elle pointa du doigt le garçon.

Remus se détacha du devoir de vacances qu'il était seulement en train de terminer. Sentant un regard posé sur lui, il tourna le sien vers Amelia et lui sourit chaleureusement. A partir de cet instant, Amelia savait qu'elle n'aurait jamais dû tourner ce sablier. Elle connaissait ce Remus, elle avait pu déjà étudier son air maladif, ses nombreuses cicatrices traversant son visage et ses yeux dorés qui reflétaient une profonde mélancolie. Car c'était ce même Remus qui, quelques années plus tard, donnerait des cours de Défense contre les Forces du Mal dans cet établissement. Avant de disparaitre, trahi par Rogue, qui dévoila sa véritable nature.

Car Remus Lupin était, est et sera un loup-garou. Amélia n'avait pas spécialement peur de sa condition, elle l'indifférait. Elle n'avait jamais été confrontée à cette partie de lui, et espérait d'ailleurs ne jamais l'être. Tandis que le garçon se concentrait de nouveau sur son devoir, il fit voler sur le côté, d'un coup de main, les mèches châtain clair qui tombaient le long de son front. A cet instant, Amelia oublia le futur Remus Lupin, et le trouva superbe.

« Il plait beaucoup à Mary. »

Cette phrase dissipa les pensées rêveuses d'Amelia, qui se concentra de nouveau sur son petit déjeuner.

Mary était sûrement la fille la plus timide, mais aussi la plus gentille qu'Amelia avait pu croiser, durant ses dix-sept années d'existence. Très fine et de petite taille, elle se cachait derrière ses lunettes rondes et sa frange brune. La seule personne osant taquiner, et même réprimander Mary sur son excès de timidité était Alice, qui entra dans la salle à ce moment même.

Lily retira de son sac une feuille soigneusement pliée en quatre, et la tendit à sa voisine de table.

« Voici tes horaires. Le professeur McGonagall s'est arrangée pour que nous ayons les mêmes. » Dit-elle à Amelia, qui inspecta le papier en détail.

Lundi : 9h. Cours de Potions Professeur Slughorn.

"Potions ? Superbe", pensa Amelia.


Chapitre 2 : 1976 - FIN.

-Dans le chapitre suivant... Cours de potions, Sirius Black, et Métamorphose. -

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