Chapitre 1
LES MYSTERES DE DUMBLEDORE
« Souviens toi de sa plus grande faiblesse Harry ! »
Dumbledore regarda une dernière fois le survivant de ses yeux bleus pétillants. Puis il se retourna et s'éloigna pour disparaître dans la lumière éclatante dont Harry ne distinguait pas la provenance.
A ses côtés, le bébé commença à crier plus fort, et la cicatrice du jeune homme se mit à le brûler et à saigner. Harry hurla, plaquant ses mains sur son front et s'écroula au sol.
« HARRY ! HARRY!!!! » Voilà que le bébé lui parlait à présent. Non ! Ouvrir les yeux signifierait voir cette chose immonde hurler et se tortiller.
« HARRY REVEILLE TOI S'IL TE PLAIT ! »
On le secouait avec vigueur et Harry reconnut la voix de Ron où se lisait une peur panique. Il ouvrit les yeux. Un cauchemar. Encore.
Il était dans la chambre de son meilleur ami au Terrier. Harry pouvait voir les vieilles affiches des canons de Chudley où les joueurs se terraient dans les bords racornis, effrayés par les hurlements.
La porte s'ouvrit à la volée, laissant apparaître une Hermione effrayée accompagnée de la famille Weasley baguette à la main.
« Qu'est-ce qui se passe ?!!! », s'exclama Mr Weasley pointant sa baguette dans tous les recoins de la pièce. Il avait les yeux à demi clos, le bonnet de nuit de travers et portait sa grande chemise de nuit à l'envers.
« Harry mon chéri ! »
Molly Weasley se précipita sur le jeune homme que Ron aidait à se relever. Harry se rendit compte à cet instant qu'il était tombé de son lit.
« C'est rien Maman, il est tombé de son lit... », marmonna Ron.
« Ah ouais ?! », ironisa Fred de mauvaise humeur. « Et toi aussi tu crie aussi fort lorsque tu tombes de 50 cms de haut ? »
« Ça suffit Fred ! Tout le monde va se recoucher. Nous avons une longue journée devant nous demain. »
Face au regard sévère de Molly Weasley, ils obtempérèrent. Seuls Hermione, Ginny et Mr Weasley ne bougèrent pas. Ginny tenta de s'approcher mais sa mère l'en empêcha.
« J'ai dit tout le monde ! »
« Mais Maman ! Et eux ?! », s'exclama la jeune fille en montrant Hermione, son père et Ron du regard.
« Ron est dans sa chambre ! Et ton père et moi devons parler à Harry. Ainsi qu'à ton frère et Hermione ! », ajouta-t-elle avant que sa fille n'ait pu ajouter quoique ce soit.
Ginny finit par s'avouer vaincue et partit se recoucher, non sans claquer la porte.
« Harry chéri », dit doucement la mère de Ron. « Il faut que tu nous dises ce qu'il t'arrive... nous ne pouvons pas t'aider si tu persistes à garder tout cela pour toi. »
« Ce ne sont que des cauchemars Mrs Weasley », rassura le jeune homme. « Je suis désolé de vous importuner avec ça... ils se multiplient depuis... » La mère de Ron posa une main compatissante sur l'épaule de Harry. Puis elle regarda tour à tour les trois amis.
« Je sais que vous manigancez quelque chose, et encore une fois je vous demande de nous en parler. »
« Écoutez », soupira Harry qui se lassait d'avoir encore la même conversation. « Dumbledore m'a... »
« Harry », coupa Mr Weasley « Vous êtes encore des enfants, nous sommes plus à même d'accomplir la mission de Dumbledore. »
« Non Mr Weasley, je suis désolé »
Harry coupa court à la conversation, et les parents de Ron allèrent se recoucher, attendant la prochaine occasion pour soutirer leur secret à Harry, Ron et Hermione.
« J'ai encore fait ce rêve » dit Harry.
« Celui où Dumbledore disparaît dans la lumière blanche ? » demanda Ron.
Harry acquiesça et s'adossa au mur. Il regarda Hermione qui faisait face à la fenêtre et qui regardait la lumière éclatante de la pleine lune illuminer la campagne. Ron lui, faisait les cents pas dans la chambre.
« Ce rêve est important et il faut absolument que j'en comprenne la signification. C'était le cas pour celui avec la porte du département des mystères que j'ai fait toute l'année dernière. »
Harry se rembrunit à ce souvenir. C'est ce rêve qui l'avait conduit, lui et ses amis, à la prophétie, et Sirius à la mort...
« Mais en quoi le fait de savoir que la plus grande faiblesse de Tu-sais-Qui est de n'accorder aucun crédit au pouvoir de l'amour peut nous aider ? » s'exclama Ron.
« Ça a forcement un rapport avec les Horcruxes », murmura Hermione « C'est un indice concernant ceux dont on ignore l'identité... »
Harry grommela. Il détestait cette manie qu'avait Dumbledore de ne fonctionner que par énigmes et secrets. Pourquoi mettre des bâtons dans les roues à leur quête ? Pourquoi ne pas lui mettre toutes les cartes en main pour que la destruction des Horcruxes soit assurée ?
« Récapitulons », dit Ron qui avait la fâcheuse manie de faire une liste de ce qu'ils savaient à chacune de leurs discussions. « Le journal est détruit, la bague est détruite, nous avons le collier et le serpent est une possibilité. Il nous reste trois horcruxes à définir. »
« Dont un ou plusieurs ont rapport avec la plus grande faiblesse de Voldemort » termina Hermione.
Harry ne savait quoi penser. Le fait que le Seigneur des Ténèbres néglige le pouvoir de l'amour signifiait peut être qu'il existait une personne proche de lui en laquelle il avait introduit une part de son âme. Mais qui ?
Une personne de sa famille ? Ses parents étaient tout deux morts, son oncle tué par ses soins et son grand père Gaunt avait déjà succombé. De même, la famille de son père avait été assassinée par Voldemort lui même. Harry, Ron et Hermione avaient vérifié s'il restait un Gaunt mais il n'y en avait trace, et le Lord n'aurait surement pas introduit une partie de son âme dans un simple moldu.
Un ami alors ? Mais Voldemort n'avait pas d'ami.
Il restait une solution qui tirait une grimace de dégout à Ron à chaque fois qu'elle était évoquée. Une femme. Quelqu'un dont Tom Jedusor aurait pu tomber amoureux. Mais pour Hermione, cela était totalement improbable. Une contradiction avec cette grande faiblesse que Dumbledore ne cessait de rappeler à Harry par l'intermédiaire de ses rêves.
Ils avaient tout de même cherché l'existence d'une quelconque relation dans les livres qui lui étaient consacrés, ainsi que dans les archives de Poudlard avant les vacances. Mais le journal de l'école qui avait cessé d'exister peut avant l'entrée des parents de Harry dans l'école n'avait trace d'une quelconque idylle du plus récompensé des élèves du château.
« De toutes manières ce n'est pas à 5h du matin que nous aurons un éclair d'illumination », dit sagement Hermione. « Retournons nous coucher et nous en reparlerons demain. »
Ron approuva Hermione d'un long bâillement. Tous regagnèrent leur lit et les ronflements du jeune Weasley retentirent bien vite dans la chambre.
Harry ne put trouver le sommeil, une multitude d'hypothèses lui inondant l'esprit. Ce n'est que lorsqu'il entendit Mme Weasley descendre les escaliers qu'il sombra.
Harry se réveilla très tard le lendemain. Il était déjà 12h quand il poussa la porte de la cuisine. Il s'attendait à voir Mme Weasley préparer le déjeuner et ses enfants vacants à diverses occupations mais il en était tout autre.
La maison était en effervescence, tout était sans dessus dessous, et Harry eut à peine le droit à un bonjour de la part de Fred et Georges qui passèrent devant lui en faisant léviter chacun une bonne vingtaine de gerbes de roses blanches.
« Harry mon chéri tu es enfin réveillé ! ».
Le jeune homme distingua Molly Weasley à travers la fumée qui se dégageait de multiples chaudrons, d'une volée de couverts et de petits fours.
Le mariage. Trop obnubilé par son rêve, Harry en avait totalement oublié le mariage de Bill et Fleur qui devait avoir lieu le lendemain.
« Mrs Weasley je suis désolé je ne me suis pas réveillé. Dites moi ce que je peux faire pour aider. »
« Harry », répondit-t-elle d'un froncement de sourcils et d'un tsss caractéristique. « Réveille toi à ton rythme,tu as eu une nuit difficile. J'ai préparé un brunch pour que tout le monde aille grignoter quand il en trouvera le temps. Il est sur la table dans le jardin. »
Elle le poussa dehors et Harry estima que son ton ne laissait place à la discussion. Il avait tellement faim qu'il n'allait pas la contredire.
A table étaient déjà installés Hagrid, Maugrey et Tonks qui étaient en grande discussion. Harry ne les voyait pas beaucoup. Fol Œil avait été nommé à la tête du bureau des aurors par Rufus Scrimgeour, Tonks dirigeait les services de sécurité qui patrouillaient sur le Chemin de Traverse et Prè-au lard, et Hagrid était consultant auprès des créatures magiques qui peuplaient la forêt interdite afin d'assurer la protection de Poudlard. Il y avait apparemment beaucoup plus de créatures qu'Harry ne l'avait supposé.
Chaque membre de l'Ordre du Phœnix avait été nommé à un poste important, avait expliqué Lupin à Harry alors qu'il était venu le chercher chez les Dursleys avec une escouade d'auror une semaine plus tôt, le jour de son anniversaire. Il avait fallu deux jours de discussions à huit clos pour convaincre Rufus Scrimgeour que les membres de l'Ordre étaient à même de gérer la situation. Après un verdict rendu par le Magenmagot lui même, la proposition avait été acceptée, mais Scrimgeour avait refusé de laisser sa place de Ministre.
« Nous ne savons pas où ils se cachent », dit Maugrey à l'attention de Hagrid qui venait de poser la question. « Ils ont déplacé leur quartier général. Le manoir Malefoy est vide, à l'exception de Narcissa Malefoy et de son fils qui y vivent toujours. »
« Vous l'avez interrogée ? », questionna le demi géant en adressant un grand sourire à Harry alors que ce dernier s'asseyait en se ruant sur les œufs brouillés, et que Tonks le gratifiait d'une tape dans le dos.
« Bonjour Potter », grommela Maugrey.
Harry les salua et accompagna ses œufs de bacon grillé, de toasts à la marmelade, d'une bonne rasade de jus de citrouille et de plusieurs chocogrenouilles.
« Dis moi Harry on ne te nourri pas ici !? », s'exclama Tonks en riant. Puis elle reprit un air sérieux. « Si bien sûr nous l'avons interrogée, mais elle nie avoir eu connaissance des agissements de son mari et d'un quelconque rassemblement chez elle. Elle nous a dit en nous mettant dehors que nous n'avions aucune preuve de ce que nous avancions et que son mariage avec un mangemort ne faisait pas d'elle une partisane. »
« Et Malefoy fils ? », demanda férocement Harry. « On ne l'a pas arrêté pour le meurtre de Dumbledore ? »
Ils eurent des regards gênés.
« Ce n'est pas lui qui l'a assassiné Potter », répondit Maugrey. « Et nous ne pouvons pas prouver qu'il en avait l'intention. Nous n'avons aucune preuve et aucun témoignage à part le tien. »
Harry lâcha sa fourchette avec colère. « Et ce n'est pas suffisant ? Après tout ce qui s'est passé ces deux dernières années pourquoi mettre en doute ma parole !? De plus son père est mangemort ! Et Rogue alors ! Si on ne peut accuser Malefoy d'intention de meurtre, alors il n'y a aucune raison d'accuser Rogue de meurtre puisqu'il n'y a que mon témoignage pour le prouver ! »
« Calme toi Harry ! », s'écria Tonks. « Rogue a pris la fuite ce qui suffit à prouver sa culpabilité. Et comme l'a dit Narcissa Malefoy, le fait que son père soit mangemort ne fait pas de Drago Malefoy l'un des leurs. »
« Personne ne met en doute ta parole Harry... », dit doucement Hagrid. « Mais tout le monde connait ta haine envers ce garçon et la moindre chose peut influencer les gens tu le sais... »
« Tu sais Potter », dit Maugrey en se levant. « C'est très difficile de reconnaître que nous ne savons en fait rien des personnes que nous côtoyons depuis des années. Drago Malefoy fait partit d'une famille influente dans le monde des sorciers. Assimiler que le père est un traitre est déjà difficile après son repentit si convaincant d'il y a 16 ans. Alors se dire que son charmant fils de 17 ans l'est aussi... »
Il les salua d'un signe de tête et fixa Harry de son œil magique quelques instants. A la fureur qu'il ressentait se mêla un grand gêne, comme l'impression d'être passé au rayon X.
« Moi je te crois Potter, et tout le monde te crois et à confiance en toi ici c'est le plus important. Ne l'oublie jamais. »
Il sortit du jardin et transplana. Tonks bondit soudain de sa chaise et fonça dans la maison sans demander son reste. Harry resta seul avec Hagrid. Un sentiment d'allégresse l'envahit soudain. La déclaration de Maugrey lui avait fait un bien fou, surtout venant d'un homme comme lui. Harry avait le plus grand respect pour lui. C'est ce dont le survivant avait besoin plus que tout à ce moment. Du soutien et de la confiance de la part de ses proches.
Il reprit donc l'assaut de son petit déjeuner de meilleur humeur.
« Drago Malefoy paiera un jour ou l'autre » ,assura Hagrid. « Bientôt, hein Harry ? »
Harry acquiesça et sourit au garde chasse.
« Les enfants des Mangemorts vont revenir à Poudlard cette année ? », demanda le garçon. « Mac Go... euh je veux dire le professeur Mac Gonnagal ne va pas les accepter ça ? »
« Malheureusement elle ne peut pas les en empêcher. Sauf pour ceux qui assument leur allégeance à Tu-sais-qui. Tout comme on ne peut prouver les aspirations de Narcissa Malefoy, on ne peut pas le faire pour les enfants des mangemorts. »
Harry grommela. Cela voulait dire que l'atmosphère au château allait être plus tendue que jamais, et qu'il allait devoir supporter cette fouine de Malefoy une année de plus.
« Vous connaissez le nouveau professeur de défenses contre les forces du mal ? »
« C'est un vieux membre de l'Ordre, et un vieil ami de Dumbledore », répondit Hagrid. « Il était à l'école avec moi et était très brillant. Il s'appelle Safir Hollister. »
Harry s'étonna. « Pourquoi Dumbledore ne lui a-t-il pas proposé le poste auparavant ? »
« Oh il l'a fait ! Mais Safir n'a jamais voulu quitter son village en Irlande. Il disait qu'il avait des responsabilités envers ses élèves et qu'il y avait beaucoup de personnes compétentes pour pourvoir ce poste. »
« Ses élèves ? Il y a une autre école que Poudlard en Grande Bretagne ? ». Harry ne suivait pas beaucoup en cours, mais il écoutait Hermione et il était persuadé l'avoir entendu dire que Poudlard était la seule école des îles Britanniques.
« Non non il n'y en a pas d'autre ! Mais tu n'es pas sans savoir que le prix à payer pour aller à l'école est très élevé. Beaucoup de familles n'ont pas les moyens de s'offrir ce luxe. »
Le jeune garçon se trouva soudain bien bête. Il n'avait jamais songé à cela. Harry se rappela les paroles de Hagrid pour sa tante et son oncle le jour de son 11e anniversaire. Il leur avait précisé qu'il était inscrit depuis sa naissance et que ses frais de scolarité étaient déjà réglés.
« Il existe donc dans les villages sorciers et dans les villes et villages moldus avec une forte concentration de sorciers des sortes de précepteurs. Ils suivent le programme de Poudlard du mieux qu'ils peuvent. Bien entendu il leur est impossible à eux seul de tout enseigner, ils font donc le tri dans les enseignements. C'est un programme approuvé par le ministère ! »
Hagrid avait dit cela avec une pointe d'agacement dans la voix. Harry l'interrogea du regard. Hagrid expliqua.
« Ces petites écoles ont été crées peut après ce qui aurait du être ma septième année à Poudlard. »
« Alors avant ceux qui n'avaient pas les moyens d'étudier à Poudlard n'apprenaient pas la magie ? »
« Si par leurs parents... »
Harry n'insista pas, voyant que la discussion pesait gros sur le cœur de Hagrid.
« Et c'est la mort de Dumbledore qui a incité Safir Hollister à accepter le poste ? » interrogea le survivant
« Oui. Il lui avait promit de veillez à ce que tout se passe bien s'il lui arrivait quelque chose... c'est ce qu'il a dit... »
Tout deux restèrent silencieux. Harry ne parlait pas beaucoup de la mort de Dumbledore, et commencer sa journée en l'évoquant n'était pas pour le rendre de bonne humeur.
« Excuse moi Harry il faut que j'y aille », dit soudain Hagrid. « Je dois aller discuter avec le chef d'un clan de centaures de la forêt interdite. Ce sont des marginaux pacifiques qui ne se mêlent pas à Bane et les autres. »
Il adressa un clin d'œil au garçon et s'éloigna pour transplaner une fois passé la barrière du jardin.
Harry passa le reste de sa journée à participer aux préparations du mariage de Bill et Fleur. A la fin de la journée, le jardin des Weasley était transformé. Un autel était dressé sous une arcade de roses blanches au fond du jardin, faisant face aux chaises réservées à l'assemblée. Un peu plus loin, près de la maison avait été dressée une tente où l'on avait installé une piste de danse et plusieurs tables tout autour. Le tout était décoré des mêmes fleurs que l'autel sur les tables et décorant la tente, et des petites fées se baladaient dans les airs déversant une fine pluie d'or magique au plafond. Le tout était magnifique.
Mrs Weasley s'était surpassée en cuisine, et la réception promettait d'être grandiose.
Harry n'avait pas beaucoup eut l'occasion de discuter avec Ron et Hermione, ou de passer du temps avec Ginny. Malgré leur rupture à la fin de l'année scolaire, ils ne pouvaient se résoudre à faire comme si de rien était, et les sentiments de Harry pour la jeune fille grandissaient de jour en jour.
Ce n'est qu'à la tombée de la nuit alors que tout le monde dînait autour de la grande table du jardin qu'ils purent se retrouver.
Mr et Mrs Weasley étaient en bout de table avec les Delacours et parlaient des derniers préparatifs du mariage. Gabrielle se tenait auprès de sa mère et regardait avec des yeux ronds Tonks qui lui faisait une démonstration de tous les nez qu'elle pouvait adopter. Lupin était à ses côtés, regardant sa femme avec une petite lueur d'adoration dans les yeux. Plus loin, Hagrid était en grande conversation avec Fred, George et Charlie sur un dragon dont s'occupait le plus âgé des frères. Les jumeaux semblaient bien plus intéressés par les propriétés du sang du dragon assez rare que Charlie venait d'acquérir que par le dragon lui même. En face, Bill et Fleur parlaient de leurs plans d'avenir et de la nouvelle maison qu'ils venaient d'acheter et qui s'appelait « La chaumière aux coquillages ».
Enfin à l'autre bout de la table étaient installés Harry, Ron, Hermione et Ginny.
« On pourrait peut être reconstituer l'A.D et même recruter de nouveaux membres », proposa Ron. « Il nous faut une défense au sein du château et nous devons pouvoir surveiller les Serpentards ! »
« Ron », soupira Hermione. « Je te répète que tous les Serpentards ne sont pas des mangemorts. Il se pourrait même que des Serdaigles, Pouffsouffles et Gryffondors en soit ! »
« Tu dis n'importe quoi ! »s s'indigna le rouquin.
« Non elle a raison »s approuva Ginny. « Ça serait donc pour surveiller les agissements des enfants de mangemorts qu'on connait, et de possibles mouvements suspects de la part des élèves »
Hermione acquiesça. Tout trois regardèrent Harry, attendant sa confirmation. Celui ci ne partageait pas leur enthousiasme. Il avait maintenant une mission dont il fallait faire une priorité. Plus il attendrait pour trouver les derniers Horcruxes, plus l'ascendance de Voldemort prendrait de l'ampleur.
Il avait déjà renoncé à partir seul à leur recherche, après de longues conversations avec Ron et Hermione à la lueur des bougies.
« A quoi ça te servirait de partir seul ? », avait tempêté Hermione. « On est plus fort à trois, et il vaut mieux que tu puisses réfléchir et agir en sécurité au château, et avec toute la documentation possible que dans une tente miteuse au milieu de nul part ! »
Ron la soutenait, mais il ne pouvait s'empêcher d'émettre des réserves, ayant peur de perdre son meilleur ami. Cependant, les regards que lui lançait sa petite amie avaient finit par le dissuader d'entretenir les certitudes de Harry. Ce dernier avait finit par reconnaitre qu'Hermione avait raison, et que son entreprise le ralentirait plus qu'autre chose.
« Je ne sais pas si c'est une bonne idée », marmonna Harry. « Maintenant que Dumbledore est mort ce n'est plus réellement son armée alors à quoi bon. »
Harry savait que ce n'était en rien un argument, mais il ne savait comment faire face à ce qui lui semblait une bonne idée.
« Et alors? », gronda Ginny. « Je ne vois pas ce que ça change ! Je croyais que tu serais l'Homme de Dumbledore jusqu'au bout Harry ? »
Un silence pesant s'installa. Harry chercha du secours en Hermione qui avait compris d'un regard ce qui tracassait son ami.
« Oui c'est vrai elle a raison », dit-elle timidement. « Mais je me demande si on a vraiment besoin de Harry pour organiser une défense au sein de l'école maintenant que la menace est acquise et qu'il n'y a personne pour nous empêcher de pratiquer la défense... »
« Ah bon ? », lança furieusement la rouquine. « Si on a besoin de Harry ?! Mais tu débloques ma vieille, bien sur qu'on a besoin de celui qui sait mieux que personne ce que ça fait de se battre contre Tu-sais-qui et ses sbires ! »
« Ginny aide moi à débarrasser la table s'il te plait », cria Mrs Weasley du bout de la table.
« Maman je discute ! », s'énerva Ginny qui l'était déjà beaucoup.
« Oui et bien tu pourras le faire plus tard aussi ! »
La tornade Ginny se leva et commença rageusement à empiler les assiettes sans accorder un regard à Harry qui sentit une boule se balader dans son estomac. Une fois qu'elle fut partie, il s'assura que personne ne put les entendre.
«Je ne peux pas perdre de temps avec l'A.D ! C'est une bonne idée mais je dois trouver les Horcruxes c'est ma priorité ! » s'exclama-t-il.
« Je sais bien Harry ! », gémit Hermione. « Ne t'énerve pas! »
« Et puis cette année nous allons avoir un très bon professeur de défenses contre les forces du mal ! »
Il leur parla de sa discussion avec Hagrid sur Safir Hollister, et par la même occasion de celle qu'il avait eut avec Maugrey et Tonks.
« Apparemment il était à l'école avec Hagrid et ... »
Harry s'interrompit laissant ses amis perplexes. Il fixa Hagrid qui venait d'éclater de rire à une blague de Fred, et se tapa le front.
« Qu'est-ce qu'il y a Harry ? », demanda Ron, inquiet.
« Mais bien sur ! », s'exclama ce dernier .« Comment j'ai pu ne pas y penser plus tôt c'est évident ! »
« Qu'est-ce qui est évident ! ? », demanda Hermione, énervée de ne pas saisir.
Harry se pencha en avant, les invitant à la confidence.
« Dans les souvenirs du journal de Jedusor, qui ai-je pu voir ? »
« Hagrid ! », s'écria Hermione. « Mais bien sur ! », ajouta-t-elle les yeux pétillants.
« Il connaissait donc Jedusor et a pu suivre sa vie à Poudlard non ? »
« Tu ne crois pas que Dumbledore n'y a pas déjà pensé ? Qu'il lui a posé la question et qu'il t'a ensuite répété les dires de Hagrid. »
Harry se pencha en arrière. C'était juste. Dumbledore n'aurait pas laissé passé quelque chose d'aussi important.
« Peut être qu'il n'a pas posé les bonnes questions. »
« Harry tu ne crois pas que... », commença Ron.
« Je vais quand même essayer ! Dumbledore n'était pas un dieu, il ne pouvait pas penser à tout. Et écoutez ! », s'écria-t-il en voyant ses deux amis protester. « Il n'a pas su convaincre Slughorn de venir enseigner à Poudlard ou de lui donner ce souvenir. Il a eut besoin de moi. Cela prouve qu'il y a des choses qu'il ne savait pas faire et que seul moi pouvait non ? »
Hermione et Ron durent se résoudre. Ce raisonnement n'était pas sans sens et ils le savaient.
