hello hello little cupcake :) Voici le chapitre deux, enjoy ~
Il existe toute sorte de sentiment humain. Ceux qui nous laissent une sensation de caresse, de bonheur interne. Ce sont ceux que l'on aime le plus ressentir au monde. On aime cette impression d'être plein, d'être enfin ce que l'on a toujours voulu être et à ce que l'on aspire à devenir : heureux, ou tout du moins, avoir l'impression, la sensation de l'être. On trouve aussi ceux qui nous laissent perplexe et auxquels on ne sait jamais trop comment réagir. Puis il y a ceux qui vous laissent un arrière-goût amer dans la bouche, ceux qui vous donnent cette sensation de perdre pied dans un néant profond et obscur. Ces derniers sont ceux que l'on tente comme on peut d'éviter mais qui viennent toujours à nous sans que l'on ne demande rien. Et c'était exactement ce qui arrivait à Blaine.
Il était exactement deux heures du matin lorsque le jeune homme aux yeux noisette se retourna pour la énième fois dans son lit. Il avait beau se dire que tout cela était dû à cette nuit chaude et suffocante, il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir plus que tout au monde. Comment avait-il pu se montrer aussi exécrable avec le jeune inconnu, Kurt ? Il ne comprenait pas pourquoi il n'arrivait pas à devenir meilleur avec les autres, après tout il côtoyait tellement peu de gens qu'il devrait pouvoir vivre avec une ou deux personnes de plus de temps en temps ! Mais non, tout était beaucoup trop dur, trop oppressant que de devoir passer plus de trois minutes avec un parfait étranger.
Mais que devait-il pensé de lui maintenant ? Que devait se dire ces deux pierres bleues azurs qu'ils avaient fixées quelques heures auparavant sans le voir vraiment ? Sûrement quelque chose du style « encore une de ces soit disant personnes ouvertes d'esprits qui pour finir ne sait même pas se contenir devant un handicapé ». Dieu, qu'il se détestait…. Il devait parler à sa mère demain et lui dire que tout ceci devait se terminer, que ce n'est qu'une mauvaise plaisanterie, mais s'il fait cela, ne va-t-il pas justement appuyer ce que le jeune homme pouvait être en train de penser de lui ? Peut être devrait-il s'excuser auparavant. Oui c'est ça, s'excuser, c'est une bonne idée. Encore faut-il y arriver…
La nuit fut de courte durée. Enfin, si on pouvait appeler cela une nuit. Il avait passé plus de temps à se frapper mentalement qu'à fermer les yeux, et maintenant, il en avait la preuve sous ses deux yeux mordorés. Il descendit dans la vaste cuisine se prendre un rapide petit déjeuner, quand il entendit le téléphone du bureau de son père sonner. Ne voyant personne à proximité, il roula des yeux, soupira et se décida à aller répondre.
« Oui ? », court mais efficace.
« Est-ce que monsieur Anderson est là s'il vous plait ? », il connaissait cette voix féminine, il en était certain. Il la connaissait même que trop bien. Un rictus apparut sur son visage ensommeillé.
« Ça dépend de quel monsieur Anderson vous parlez », rétorqua-t-il froidement.
« Blaine c'est cela ? Oui ça ne peut être que cela, passe-moi ton père s'il te plait ! », Rétorqua de manière beaucoup trop douce, la voix au bout du fil. Merde, Blaine n'avait plus cinq ans !
« Il ne vous a pas encore dit qu'il valait mieux le contacter sur son portable quand il était chez lui ? Histoire, vous savez, que sa pute ne tombe pas sur son fils ou bien sa femme ! », Il fit exprès d'accentuer de manière peu naturel ses deux derniers mots voulant lui rappeler qu'elle était de trop dans cette famille.
Il ne s'attendait pas à de réponse particulière, mais il ne put s'empêcher de laisser se dessiner un sourire satisfait sur ses lèvres quand il l'entendit raccrocher. Décidément sa journée commençait vraiment mal.
Après avoir englouti deux muffins au chocolat et bu un long cappuccino, il repartit rapidement rejoindre sa chambre où il retrouva son bon vieux cahier de composition. C'était une grande pièce, sa chambre. D'un style très moderne mais plutôt modeste, les murs étaient recouverts d'une simple couche de peinture blanche qui donnait une certaine fraîcheur à son petit cocon. On y trouvait à l'opposé de la porte d'entrée, une grande fenêtre qui donnait sur le toit de la devanture de la villa californienne. Tout près, on pouvait y voir une grande bibliothèque de couleur sombre, sur laquelle, telle un rayon de librairie, se trouvait toutes sortes de bouquins : des romans, des bandes dessinées qui affectionnait tant ou encore des figurines à l'effigie de ses héros favoris. Un peu geek sur les bords ? Hm oui peut être.
Mais ce qu'il aimait le plus de son sanctuaire, était le coin qu'il avait aménagé telle une salle de composition musicale. On y trouvait toutes sortes de guitare que l'on avait plus lui offrir durant ces dernières années, un grand clavier, un violon qu'il n'avait plus vraiment touché depuis un bon moment ainsi que tout le matériel nécessaire à la création musicale.
Il aimait aller s'asseoir sur le toit auquel il avait accès depuis sa fenêtre, et s'y installer pour composer et écrire de nouvelles musiques et chansons. C'était souvent le même sujet qu'il revenait dans chacune de ses compositions : les blessures humaines, l'amour, la détresse, la solitude, tout ce qu'il avait pu connaitre depuis son enfance. C'était son moyen d'extérioriser toute la douleur qui bouillonnait en lui.
Il attrapa rapidement son cahier barbouillait de tout sens de mots, d'idées, d'inspiration, un stylo ainsi que son paquet à moitié vide de cigarettes. Puis, il alla s'installer là où personne ne viendrait le déranger. Et il s'est mis à écrire, écrire comme si sa vie était en jeu…
Le temps peut passer tellement vite quand on est en train de faire quelque chose qui nous passionne ou tout du moins, nous tient en haleine. Blaine n'avait pas vu les minutes laisser placer à des heures pleines voire à des morceaux de journée. Bien avant qu'il puisse s'en rendre compte, la matinée avait déjà laissé sa place au début de l'après-midi.
Alors que Blaine était en train de griffonner une idée de titre pour sa nouvelle composition, il fut surpris d'entendre la sonnette de la porte d'entrée retentir. Toujours perché sur son petit toit, il s'approcha un peu plus du bord afin de pouvoir apercevoir qui était là car il était encore tôt pour lui, pour pouvoir deviner qui pouvait bien être cette étrange personne. C'est alors qu'il reconnut la silhouette distinguée et gracieuse de son professeur particulier. Merde. Il se précipita alors vers l'intérieur, enfila rapidement un débardeur qu'il avait enlevé plus tôt dans la journée en raison de la chaleur, et comme il avait pu le faire la veille, il ouvrit la porte.
« Blaine ? »
« Hey »
« Je crois qu'il risque de pleuvoir aujourd'hui finalement... »
« … Pardon ? »
« Et peut être même neiger »
Blaine regarda abasourdi le jeune homme en face de lui. Qu'est-ce qu'il était en train de se passer au juste ?
« Kurt... Je... Je ne comprends pas où tu veux en venir... »
« ça ! C'est exactement ça ! Hier, tu m'ignorais totalement, ou je ne sais pas ce qu'il se passait mais tu ne me parlais pour ainsi dire pas, et là tu me réponds ! Je crois que l'on avance toi et moi ! »
Oh. Donc c'était cela. Kurt avait donc bien remarqué son étrange comportement. Il se sentit de nouveau très mal. Il commençait à manquer d'air alors qu'il sentait ses poumons se comprimer tout contre sa poitrine. Il inspirait difficilement, tentant de se reprendre, mais c'était tellement dur. Inspirer, expirer, inspirer, expirer. Il pouvait le faire. Il le devait. Il avait compris au fil du temps que lorsqu'il était dans cet état là, il ne pouvait rien faire d'autre que de tenter de reprendre le contrôle de sa respiration.
Pendant ce temps, il n'avait pas remarqué le changement de comportement du garçon qui se trouvait toujours planté à la porte d'entrée. Il n'avait pas remarqué l'expression beaucoup plus sérieuse qui venait de dessiner les traits de son visage enjôleur. Il n'avait pas remarqué la main qui s'ouvrait et se refermait sur elle-même alors que Kurt se battait intérieurement sur la meilleure chose à faire dans une telle situation.
Soudainement, une voix douce telle du coton vient caresser ses oreilles:
« … Est-ce que tout va bien ? », demanda alors Kurt tandis qu'il pouvait entendre la respiration saccadée du bouclé en face de lui. « parce que tu sais je suis peut être aveugle, mais pas sourd... »
« Je... respirer ... », n'arriva alors qu'à souffler Blaine. Dieu qu'il était ridicule.
Il sentit alors une main se serrer autour de son poignet et le pousser de manière à pouvoir refermer la porte derrière eux. Cette nouvelle sensation ne l'aida pas à se calmer. Au contraire. Il ferma alors les yeux et tenta de penser à tout autre chose qui pourrait lui faire passer sa crise. Des petits chats en train d'essayer de monter des escaliers trop haut pour eux. Oui c'est bien comme idée. Le truc c'est qu'au même moment, il sentit les mains de Kurt prendre en coupe son visage afin de l'amener à se concentrer sur lui et rien que lui. Ainsi que sûrement pour savoir qu'il l'avait bel et bien face à lui.
« Blaine, qu'est-ce qui se passe ? Parle-moi ! Je commence à m'inquiéter... Je... Allons-nous asseoir, veux-tu ? »
Ils rejoignirent alors le salon et s'installèrent sur la grand canapé. Cette situation devenait de plus en plus dérangeante pour le jeune bouclé. Un long silence s'ensuivit entrecoupé par les longues inspirations que prenait le jeune homme. Finalement, sa crise de panique passa ainsi que les minutes qui régnaient ce monde. Il savait qu'à côté se trouvait une personne qui était sûrement en train de se poser de nombreuses questions, et il savait qu'il devrait tenter de lui expliquer ce qu'il ne va pas chez lui, parce qu'après tout il lui devait bien cela, mais il n'avait aucune idée de part où commencer. Il ne voulait pas trop en dire, Kurt n'était qu'un inconnu et qu'est-ce qui prouvait que Kurt était sincère avec lui ? Il ne pouvait pas lui faire conscience, il ne devait plus faire conscience à personne. Jamais.
Sans qu'il s'en rende vraiment compte, il commença à parler :
« Je... Ce n'était qu'une simple crise de panique... J'ai l'habitude d'être dans ce genre de situation... C'est en partie pour cela que j'évite le plus possible de me retrouver en contact avec d'autres personnes... »
Il se tut alors, attendant une réponse, une question, quelque chose de la part du garçon au magnifique regard.
« Ta mère avait mentionné que tu prenais des cours par correspondance, c'est en lien n'est-ce pas ? »
« Perspicace... », et voilà, il fallait qu'il se montre désagréable. Il se mordit la lèvre inférieur, se retenant mentalement de se gifler. Il devait sérieusement tenter d'apprendre à ne plus être aussi sec avec les gens, surtout ceux ayant les plus beaux yeux du monde...
« Je vois... »
Juste cela. Deux petits mots. Rien de plus. Comme si que rien qu'en entendant le son de sa voix, il avait pu comprendre qu'il n'avait en aucun cas envie d'en parler d'avantage. Il en fut des plus reconnaissants. Il jeta alors un coup d'œil à l'horloge qui se trouvait non loin de là. Il ne restait plus qu'une bonne grosse demie heure avant que Kurt ne doive repartir. Allait-il réellement travailler pour si peu ?
C'est au même moment que Kurt lança qu'il ne devait plus vraiment avoir le temps de travailler proprement. Il proposa alors de lui laisser quelques notes qu'il avait prit soin de faire imprimer et quelques exercices qu'ils allaient avec. Décidément cet homme devait être médium, se mit à penser Blaine.
« Merci », se contenta de répondre le bouclé tout en observant Kurt faire le tri dans ses documents. Il se découvrit une curiosité soudaine pour le jeune homme à ses côtés. Il ne pouvait s'empêcher de se demander comment il arrivait à s'en sortir aussi bien tout seul, et comment il faisait pour se débrouiller dans la vie de tous les jours. Puis une autre question vint s'installer dans son esprit : Comment était-il devenu non voyant ? Mais c'est rarement le genre de question que l'on pose à quelqu'un que l'on connait à peine...
Il fut tiré de ses rêveries par la voix mélodieuse de l'autre garçon lui annonçant son départ.
« … Peut être que l'on pourrait s'échanger nos numéros, si jamais tu voulais me parler ou... ça peut toujours servir, qu'en penses-tu ? », lui demanda alors Kurt.
Dire que Blaine fut surpris de cette demande, serait un euphémisme. Il ne s'attendait sûrement pas à cela, surtout après la façon dont il l'avait traité. Peut être que quelque part, Kurt avait compris que ce n'était pas intentionnel, qu'il avait juste un peu de mal avec le contact humain. Il se prit en train de dévisager le jeune homme comme s'il venait de le voir pour la première fois de sa vie.
« Euh ou-oui, pourquoi pas... »
Alors que Blaine écoutait Kurt lui dicter son numéro, ils entendirent un coup de klaxon retentirent depuis le portail. Le garçon aux yeux azur marmonna un rapide « mon père » et suivit Blaine tandis qu'il le reconduisait vers la sortie. Ils s'arrêtèrent sur le bord du porche quand Kurt lui lança :
« Blaine, je ne connais pas ton histoire, ainsi que tu ne connais pas la mienne, mais tu n'es pas seul d'accord ? Tu ne devrais pas te couper du monde comme ça, je sais ce que ça fait de se sentir seul et vraiment c'est très loin d'être le meilleur des sentiments ! »
Il reprit ensuite la route devant un Blaine bouche bée et un peu déboussolé suite à ses paroles avant de se retourner à mi chemin de la sortie :
« Et tu n'es pas seul Blaine ? »
Il disparut par la suite de sa vue, lorsque le portail automatique se referma derrière lui et la voiture qu'il l'attendait. Que venait-il de se passer ?
Une cigarette, une série bien débile et une canette de bière bien fraîche, voilà ce qu'il avait besoin là tout de suite. Il savait que son père lui avait interdit de se servir pendant son absence, mais c'était bien le dernier de ses soucis là tout de suite. Cela faisait maintenant quelques heures que Kurt était reparti mais ses quelques ne faisaient que tournoyer dans son esprit. Que voulait-il dire par « tu n'es pas seul » ?
Bien sûr que si qu'il était seul, il n'avait plus aucun ami, il détestait son père, il en voulait à sa mère d'être aussi naïve et n'avait ni frère ni sœur avec qui il aurait pu parler. Alors quoi, Qu'est-ce qui avait bien poussé le jeune Hummel à lui sortir une ignominie pareille ?
Il avait besoin de parler à quelqu'un il le savait. Il était en train de devenir fou. A moins qu'il l'était déjà depuis tout ce qui avait pu se passer dans sa vie, qui sait ? Certainement pas lui en tout cas. Ecrire n'avait pas été suffisant en cette après midi. Pas du tout même. Un trop plein d'émotions diverses bouillonnait en lui comme bourrasque de vent qui viendrait tout rafler sur son passage. C'était comme si quelqu'un venait de ré-actionner une manette en lui qui avait été éteinte voire oubliée depuis bien trop longtemps. Maintenant tout lui revenait en pleine figure telle un boomerang. Il était bercé de ces idées noires qu'il croyait pourtant disparue et qui tout d'un coup ont refait surface brouillant toute visibilité du jeune Anderson.
Tirant une longue bouffée de sa cigarette, il s'installa confortablement dans le canapé du salon. Il savait qu'il serait tranquille à la maison pour encore deux bonnes heures, il pouvait donc se mettre à son aise sans avoir peur d'être pris la main dans le sac. Cela lui fit penser alors à sa mère. Alessa Anderson était une femme incroyable qui bien vite se perdit dans l'ombre de son mari, riche homme d'affaire.
Elle l'avait épousé très jeune poussé par des parents vieux jeu. Mais bien qu'elle se soit battu corps et âme pour son mari, elle avait apparemment pas été assez bien pour ce salopard de Walter Anderson qui n'hésita pas à la tromper plus d'une fois avec ses différentes assistantes et secrétaires. Blaine avait vraiment pitié pour sa mère. Elle qui avait pu se montrer tellement merveilleuse pour le petit rêveur qu'avait été le bouclé était aujourd'hui plus que l'ombre d'elle-même. Frivole, superficielle, elle tentait de cacher son malheur derrière un masque que Blaine avait très vite remarqué.
Mais tout cela, il le gardait pour lui. Il était un peu obligé même si cela devait le rendre malade. Tout ce qui se passe derrière une porte close, doit rester secret, comme lui a-t-on tant répété durant son enfance. Ses parents pouvaient se réjouir, il avait retenu la leçon.
Parfois, Blaine voudrait bien redevenir ce petit garçon pleins de rêves et tellement innocent qu'il ne pensait jamais au mal qui existait dans ce monde. Il serait alors encore en mesure de passer des heures aux côtés de sa mère chantant de vieilles chansons italiennes ou se faisant une après-midi Disney alors que la petite tête toute bouclé avait une mauvaise grippe. Mais tout cela était tellement loin maintenant. La vie l'avait vite rattrapé avec ses malheurs et ses débâcles.
Mais peut être devrait-il laisser une chance à sa mère de se racheter auprès de lui. Peut être devrait-il parler de son mal-être à celle qui l'a vu grandir. Peut être.
Pour le moment, il avait surtout envie d'oublier et de se reposer... Alors que ses paupières se faisaient de plus en plus lourdes, il sursauta entendant son portable vibrer. Cela n'était plus arrivé depuis des siècles et des siècles. Il se précipita alors sur son portable, renversant par la même occasion sa canette sur le sol, et lu le SMS qui apparu sur son écran.
From Kurt Hummel :
J'espère que tu te sens un peu mieux.
Qui sait, peut être que Blaine n'était plus aussi seul qu'il ne le pensait...
Et voilà voilà pour ce chapitre, un peu plus long mais pas trop car je n'avais pas non plus envie de faire des crèmes et des crèmes de descriptions ahah
L'histoire se met en place petit à petit et j'espère sincèrement que cela vous plaise! Laissez moi une petite review que je sache si je continue ou non et vous pouvez me retrouver sur twitter pour toute question! C'est dolandorval :3
Gros poutous mes petits loups ~
