Merci à Saku et Donnegail pour les reviews, c'est super sympa :D Voilà le nouveau chapitre, avec déjà tout qui part de travers *rire psychopathe*

Chapitre 2 : Le troisième frère

« Mycroft, tu sais ce que ça veut dire concession ?

- J'en sais rien Stam', j'ai pas que ça à faire. Va demander à Papa. »

Stamford serra les poings face à son frère cadet, et tourna les talons, vexé. Mycroft profita enfin d'un peu de silence. Depuis quelques jours déjà, Stamford se rapprochait dangereusement de lui. Certes, c'était son frère, mais il n'était pas comme ça, et il était persuadé que tout ça cachait quelque chose. A peine deux minutes après la sortie de Stamford, Sherlock déboula dans la pièce, en larmes, Red Beard sur les talons, un cocard déjà apparent sur le visage. Il se jeta contre son frère, puis enfouis sa tête contre lui. Le roux, légèrement perturbé, resserra son emprise sur lui.

Il était en train de bouillonner intérieurement. Le fait que Stamford considérait son petit-frère comme la raison à tous ses problèmes, et donc se vengeait dessus, avait tendance à l'énerver profondément, voir à le rendre un peu agressif, c'est vrai. Tout finissait toujours à retomber sur Sherlock, d'une manière ou d'une autre, et surtout depuis que Stamford était entré au lycée. Une chose était sûre en revanche dans la tête de Mycroft. Il allait le payer.

« Mycroft, arrête la voiture. »

La voix de Sherlock s'était fait plus tranchante, si on ne le connaissait pas, on aurait même pu dire qu'une pointe de peur était perceptible. Mycroft sentit son cœur se pincer légèrement.

« Tu es assez grand pour te défendre Sherlock. Il ne fera rien. »

En signe de provocation, Sherlock déverrouilla la portière. Mycroft fronça les sourcils, puis secoua la tête, fatigué.

« On est presque arrivé. Comment tu comptes retourner à Londres ?

- Taxi.

- Sherlock…

- Non. »

Mycroft se retrancha dans son siège, puis (discrètement), installa la sécurité enfant. Ce que Sherlock repéra tout de suite bien évidemment, il n'était pas stupide. Quel dommage d'ailleurs, tout aurait été tellement plus simple. L'ainé se cacha derrière un sourire hypocrite puis s'enfonça dans son palais mental, afin de ne plus entendre les soupirs de Sherlock jusqu'à la fin du voyage. Et ça allait être long.


Sherlock était en train de jouer dans le jardin, avec Red Beard. Tous les deux étaient à quatre pattes, dans les plantations des parents, en train d'enterrer un trésor composé de quelques pièces de monnaie rouillées. Le chien était concentré, projetant la plupart des mottes de terre sur le jean et le visage de Sherlock, mais le garçon ne s'en souciait pas. Une fois le trou satisfaisant, le pirate posa son trésor puis le recouvrit. Il planta ensuite un bâton où un drapeau de pirate flottait, puis recula, fier de lui.

Il sourit, victorieux, puis entama une petite danse de la victoire, avec le chien aboyant joyeusement après lui. Jusqu'à ce que la porte de la cuisine s'ouvre, laissant sortir Stamford. Sherlock partit immédiatement se réfugier dans le vieux saule pleureur, soudainement effrayé. Son frère ne l'avait jamais aimé, parce qu'il était le favori de Mycroft, et des parents, un des avantages d'être le plus jeune. Et aussi parce qu'ils n'avaient pas la même mère. Si Sherlock et Mycroft étaient frères de sang, Stamford, c'était un peu le rebus de la famille. Sa mère l'avait abandonné, après une liaison avec leur père à eux trois, ne désirant pas d'enfants mais étant fermement opposée à l'avortement. Stamford était un peu le souvenir douloureux qui rappelait à leur père qu'il avait eu une aventure avec une autre femme, et l'adolescent le lui faisait regretter tous les jours.

Stamford s'approcha de l'arbre, lança un regard mauvais à Sherlock, haut perché dans l'arbre, inaccessible. Il prit même la liberté de lui tirer la langue. Grave erreur. Son demi-frère se mit à fixer intensément Red Beard, qui lui grondait dessus, à quelques mètres de là. Il sortit un couteau suisse de sa poche, puis se dirigea à grande enjambées vers le chien, sous le regard paniqué du plus jeune, puis il l'attrapa à l'encolure, l'empêchant de mordre.

« Si tu ne descends pas, je l'égorge devant toi, « choupinou », et ça va prendre longtemps, le temps qu'il arrête de crier d'agonie. T'imagine ? Son sang, qui coule le long de ses poils… »

Sherlock sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Stamford avait légèrement appuyé, et du sang coulait le long des poils roux du chien. Le garçon se jeta presque du haut de l'arbre, se tordant la cheville au passage, face aux cris de détresse de son meilleur ami. Stamford lâcha le chien, qui s'enfuis vers sa niche, la queue entre les pattes. Puis il attrapa Sherlock par le col, et le souleva d'une main.

« Donne-moi une seule bonne raison de ne pas t'écorcher vif, petit con.

- Regarde derrière, dit le plus calmement possible l'enfant, tremblant de tous ses membres à cause de la peur. »

Les parents étaient sur le perron, visiblement en colère. Stamford jeta Sherlock au sol, il prit ensuite le soin de le relever, puis lui envoya son poing dans la figure, le renvoyant au tapis. Il repartit en direction de la maison, sans même un regard pour les parents. Une truffe humide vint soulever la main de Sherlock. Il serra le chien contre lui, alors que les larmes lui montaient aux yeux. Il devait parler à Mycroft. Tout de suite. Il se leva puis, le chien sur les talons, partit rejoindre celui qu'il considérait réellement comme son frère.


Les deux frères Holmes finirent par arriver à la maison familiale. Si Mycroft était nerveux, Sherlock boudait ouvertement. Les parents étaient déjà à l'entrée, comme s'ils avaient attendus ici pendant deux heures. Mycroft fut le premier à sortir. Il s'apprêta à faire la bise à sa mère, quand cette dernière se jeta à son cou. L'aîné sentit le regard moqueur de Sherlock sur lui, lui, il était paralysé, ne sachant pas trop quoi faire, en réalité.

« Merci de l'avoir amené, Mikey.

- Mycroft. S'il te plaît, répliqua l'intéressé presque immédiatement.

- Rentre, on va prendre les valises. »

Sherlock se dirigea à son tour vers les parents, le regard sombre, les faisant déjà culpabiliser. Leur mère lança un regard à Mycroft, avant de baisser les yeux sur le sol, anxieuse.

« Il ne vient que dans deux jours, Sherlock. Tu as le temps de te préparer, dit-elle doucement. »

Le cadet grogna quelque chose d'incompréhensible en signe de réponse, puis rentra. Quelques secondes plus tard, une porte claqua à l'étage. Mycroft soupira.

« Pensez à fermer à clé cette nuit. » dit-il simplement, avant de rentrer à son tour. Le politicien monta à l'étage, où sa vieille chambre l'attendait. Elle n'avait pas bougé depuis tout ce temps. Les murs toujours aussi blancs, le lit au centre, et un bureau. Seuls quelques bibelots qu'il n'avait pas pris lors de son déménagement traînaient encore ici et là, témoignant encore du fait qu'il avait jadis vécut ici.

Autre détail qui le marqua tout de suite, ce pull immonde en laine, rayé, avec une tête de renne dessus qu'il était de tradition de porter le 25 Décembre dans la famille. Mycroft espéra avoir perdu assez de poids cette année pour ne pas avoir l'air encore plus ridicule avec.

Quelque chose lui disait que, ce Noël, encore plus que les autres, tout allait aller de travers.