Et voilà. Encore un dossier de bouclé. Bon... Avec trois semaines de retards d'accord, mais bouclé tout de même. Arthur soupira de soulagement et bascula sur sa chaise en soufflant de façon peu élégante. Un petit rire narcissique lui fit comprendre que son camarade bureau trouvait ça légèrement exagéré. Le rouquin lui jeta un regard fatigué et lui fit une grimace.

« Tu abuses pas un peu Arthur ? À la vitesse ou on va, on finit un dossier par mois au lieu d'un par semaine. Je sais que tu es stressé en ce moment mais bon... le boss va finir par s'en rendre compte.

- J'y peux peu rien moi si j'ai une vie de famille trépidante contrairement à certains. »

Le rire de son compagnon redoubla et Arthur sourit en coin. Il était de notoriété publique que son boss rencontrait quelques problèmes pour séduire la belle de son cœur : sa secrétaire. Le rouquin se moquait bien un peu mais ne pouvait s'empêcher d'espérer pour son patron. Cela faisait maintenant six mois que celui-ci redoublait d'efforts pour que la jeune femme le remarque mais jusqu'ici choux blanc. Heureusement qu'il avait de l'humour et qu'il parvenait à en rire lui-même.

« N'empêche que je commence à avoir hâte que ta femme accouche, marmonna son collègue de travail. Depuis quelques semaines tu n'écoutes plus ce qu'on dit, tu regardes plus souvent le plafond que ton bureau et j'ai l'impression de ne même plus exister. »

Étonné, le rouquin jeta un regard à son camarade qui baissait les yeux d'un air gêné. Arthur ne l'avait jamais vraiment considéré comme un ami proche. Ils rigolaient bien quand ils étaient ensemble mais cela ne dépassait pas le cadre professionnel. Jamais le jeune homme ne l'avait invité chez lui et réciproquement. Pouvait-il décemment dire dans ces conditions qu'il était un ami ? Oh et et puis après tout pourquoi pas ?

Arthur sourit de manière plus franche et hocha la tête avec bonne humeur.

« Si tu veux, tu pourras venir chez moi quand il sera né ! Je te présenterais aussi ma femme et mon fils ! »

Brusquement, son camarade releva la tête, une étrange lueur dans les yeux. Mais ce fut trop rapide pour qu'Arthur puisse l'analyser plus profondément et déjà son compagnon souriait de toutes ses dents d'un air joyeux.

« C'est vrai ? Ça me ferait très plaisir ! Tu pourras me présenter le reste de ta famille aussi ?

- Ben... Si tu veux... Mais tu sais, je ne suis pas très proche de mon père ou de mon frère... Et ma mère est morte il y a longtemps alors...

- Oui mais tu t'entends bien avec tes beaux-frères non ? Les jumeaux là... euh... Fabian et Gidéon ! »

Grosse erreur. Le regard du rouquin devint glacial et son camarade compris tout de suite la boulette qu'il venait de faire. Jamais Arthur ne lui avait parlé des jumeaux. Il n'était pas censé savoir qu'il avait des beaux-frères. Encore moins connaître leurs prénoms.

« Comment le sais-tu ? »

La voix du jeune homme était froide, et emplit d'une colère de plus en plus noire. La seule solution était qu'il travaillait pour Tu-sais-qui. Ou pour un mage noir. S'il voulait des informations sur les jumeaux, s'était pour pouvoir se rapprocher de l'Ordre du Phénix, voir l'infiltrer pour les trahir tous un par un. Mais ça ne serait pas d'Arthur qu'il obtiendrait ces informations.

« Euh... je... Je sais que tu t'es marié à Molly Prewett et je connaissais ses frères de loin à Poudlard...

- Menteur. »

Arthur serait sans pitié. L'explication de son camarade ne tenait pas debout. Il était plus vieux que les jumeaux et si le rouquin calculait bien, il ne pouvait pas être encore à l'école quand Molly et lui y était entrés.

« Tu n'obtiendras rien de moi. Qui me prouve que tu n'es pas... »

Le jeune homme s'arrêta juste à temps pour ne pas dire « du côté des mangemorts » – ce qui aurait signé son arrêt de mort immédiat –. Mais il comprit rapidement que son silence revenait au même. Son compagnon eut un sourire carnassier qui glaça le sang du rouquin.

« Tu viens de te trahir tout seul Weasley. Si je ne parviens pas à ramener des informations sur l'Ordre du phénix je pourrais au moins dire à mon maître que j'ai déniché une belle petite famille de traîtres-à-leur-sang. »

Arthur ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais la simple image de Molly et Bill torturés à morts suffit pour que sa phrase meurt dans sa bouche et ne se transforme en couinement. Le sourire de celui qu'il pensait pouvoir considérer comme un ami s'élargit un peu plus.

« Si tu ne tiens pas à retrouver ta femme et ton fils découpés en morceaux, tu as intérêt à me dire tout ce que tu sais sur l'Ordre du phénix ! »

Il était temps de montrer pourquoi il était à Gryffondor. Temps de prouver qu'il méritait sa place parmi les plus courageux. Temps de prouver qu'il pouvait sauver à la fois sa famille et ses amis.

Mais il ne pouvait pas se battre là, dans l'enceinte du ministère dont la moitié des hauts fonctionnaires étaient sans doute déjà sous les ordres de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Il fallait trouver une autre solution.

« Je ne te dirais rien, cracha-t-il. Et ma femme comme mes enfants seront saufs ! Je ne trahirais pas mes amis ! »

Sur ces paroles il se leva et s'apprêta à quitter son bureau quand la voix de son ancien camarade retenti de nouveau.

« Tu es puéril. Tu crois pouvoir sauver tout le monde ? De nos jours il faut savoir faire des choix. Soit tu sauves ta femme et tes enfants, soit tu sauves tes beaux-frères. Tu n'as pas d'autres options. Puisque tu as choisi tes amis, alors ta famille va mourir. »

Il lui fallut faire un effort surhumain pour qu'Arthur ne lance pas immédiatement un Impardonnable au visage de cet homme à la voix trop narcissique. Ses mains tremblaient sans qu'il ne puisse rien faire pour les maîtriser, son front suait à grosses gouttes et sa bouche était pâteuse. La seule chose qui lui venait à l'esprit était l'image de Molly et de Bill affreusement mutilés.

Il quitta la pièce d'un pas rapide, tout en tentant de se dire qu'ils ne risquaient rien. Molly était avec Fabian et Bill avec Gidéon. Ses deux amis étaient tout à fait aptes à les protéger. Ils n'étaient pas considérés comme deux des plus grands sorciers des dix dernières années pour rien. Mais si les mangemorts débarquaient à plusieurs, ils ne pourraient pas à la fois protéger leur sœur et leur neveu. Bill n'avait que deux ans et Molly était enceinte jusqu'au cou !

Dans un mouvement convulsif, la main d'Arthur se resserra sur sa baguette dans sa poche. Si quiconque s'attaquait à sa femme, son fils ou ses amis, il allait le regretter très amèrement. Il ne laisserait jamais personne faire du mal aux gens à qui il tenait. Peu importe qu'il soit nul en duel. Pour l'occasion, il deviendrait le plus fort.

Il s'obligea pourtant à respirer profondément en traversant les bureaux de son département pour ne pas éveiller les soupçons des gens présents. Il devait faire confiance aux jumeaux. Molly et lui avaient toujours put compter sur eux dans les moments difficiles et vice versa. Il n'était pas question que cela change et encore moins en ce moment.

Arthur se rendit dans les toilettes et s'assit dans un coin pour réfléchir. Il n'avait pas le droit de quitter son travail maintenant. Mais le sous-fifre des mangemorts non plus. Ça lui laissait donc un peu de temps. Il fallait qu'il prévienne Gidéon et Fabian, le plus rapidement possible. Il lui fallait une bonne excuse pour quitter le ministère. Et vite.

Toujours en réfléchissant, Arthur quitta son refuge et marcha au hasard dans les couloirs. Il était évidemment hors de question de retourner dans son bureau et il ne pouvait pas prendre refuge dans un autre. Son boss avait beau être sympathique, s'il le surprenait en train de faire autre chose que travailler, il le virerait à coup sûr. Et Arthur ne pouvait pas lui expliquer sa situation. Qui lui prouvait que son patron n'était pas à la botte de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom lui aussi ? Après tout, avant ce qu'il venait de lui dire, le rouquin aimait bien son camarade de bureau même s'il s'était révélé être au service des mangemorts. Il ne pouvait donc faire confiance à personne.

Le jeune homme s'apprêtait à prendre l'ascenseur pour changer de département quand il entendit quelqu'un crier son nom à travers le couloir.

« Monsieur Weasley ! »

Plongé dans ses pensées, Arthur sursauta violemment et se retourna d'un bond. Une femme d'âge mûr se tenait devant lui et semblait sur le point de s'évanouir, à bout de souffle. Quand elle eut repris sa respiration, elle planta ses poings sur ses hanches et le fusilla du regard.

« Je vous ai enfin trouvé... Cela fait près d'une demi-heure que je vous cherche ! Pourquoi n'étiez-vous pas dans votre bureau ?

- Avais envie d'aller aux toilettes. » Éluda le rouquin d'une voix âpre.

Qu'est ce qu'elle lui voulait celle-là ? Pourquoi le cherchait-elle ? Il n'était pas la personne la plus sollicité de son bureau et ne recevait pratiquement jamais de convocations ou de mots de la part de ses collègues et patron.

« Il y a un message urgent pour vous... Il est arrivé il y a une demi-heure mais j'aurais pu vous le délivrer avant si vous arrêtiez de bouger tout le temps ! »

Déjà, le jeune homme n'écoutait plus les divagations de la femme. Son sang s'était glacé dans ses veines à l'entente du mot « urgent ». Qu'était-ce ? Allait-on lui annoncer que sa femme et son fils étaient morts ? Lui dirait-on de rentrer rapidement chez lui car il y avait des victimes à déplorer parmi ses proches ? Est-ce possible que les mangemort soient si rapides ?

« C'est quoi le message ? » Demanda-t-il d'une voix proche de l'hystérie en coupant court à l'énervement de la secrétaire.

Celle-ci se tut devant le teint pâle du rouquin et devint soudainement sérieuse. Elle sembla se souvenir de la teneur du message car elle baissa les yeux avec gêne.

« C'est de la part d'un certain Fabian Prewett. Il vous dit de venir le plus vite possible à St-mangouste. Il a ajouté que s'était très urgent. »

Le cœur d'Arthur manqua un battement. Fabian. Il était arrivé quelque chose à Molly.

OoOoOoO

« Où est la chambre de Molly Weasley ? »

Le message de Fabian lui avait donné l'excuse parfaite pour quitter son travail plus tôt que d'habitude. Mais ça ne servait à rien puisque ce qu'il craignait était déjà arrivé. Il ne savait pas comment, mais cet immonde boursouflet de sous-fifre de mangemorts avait fait parvenir son information et il était arrivé quelque chose à sa femme. Rien qu'à cette idée, Arthur sentit une panique total s'emparer de ses membres.

Le jeune homme de l'accueil sembla étonné de le voir dans un tel état car il lui indiqua tout doucement un numéro sans oser prendre un air autre que neutre, de peur que ça ne fasse complètement craquer le rouquin.

Le dit rouquin s'empressa de se diriger vers la chambre indiquée avant que l'inaction ne lui donne envie de tout casser. Quand enfin il parvint devant la porte, Fabian se tenait assis sur une chaise, le visage dans les mains, la tête baissée.

« Fabian... »

Arthur n'avait pas été capable de dire un mot de plus. Devant l'état prostré de son beau-frère, il imaginait très bien ce qui avait pu se passer. Et cela le plongeait dans un gouffre sans fond duquel il ne pensait pas pouvoir se tirer un jour.

À l'entente de son prénom, le jumeau redressa lentement la tête et adressa un regard fatigué au rouquin.

« Plus jamais tu ne me confis la garde de ta femme quand elle est sur le point d'accoucher...

- Quoi ? »

Qu'est ce qu'il venait de dire ? Arthur ne comprenait plus. De quoi parlait-il ?

« Je dis que la prochaine fois que je dois veiller sur Molly, je ne veux pas qu'elle m'accouche dans les bras. »

Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Les jambes d'Arthur se dérobèrent sous lui et il s'effondra à genoux sous le regard effaré de Fabian qui se leva précipitamment pour courir jusqu'à lui.

« Hey Arthur ! Qu'est-ce que tu me fais là ? Ça va pas ? Tu te sens pas bien ?

- Espèce de crétin ! Rugit le rouquin à l'adresse de son beau-frère. Tu n'es qu'un idiot sans cervelle ! »

Fabian sembla un peu étonné de se faire insulter alors qu'il venait de lui annoncer une bonne nouvelle mais n'en tint pas rigueur. Il était bien trop inquiet quant à la réaction de son ami. Celui-ci passait du rouge au blanc à une vitesse plus qu'affolante. Cela ne pouvait pas seulement être du à la nouvelle qu'il venait d'apprendre et le jumeau s'accroupit à côté de lui.

« Arthur... Qu'est ce qu'il se passe ?

- J'ai... J'ai crus qu'il était arrivé quelque chose... J'ai crus que Molly était morte...

- Hein ? Mais pourquoi ? Qu'est ce qui t'as fait croire ça ?

- Ton message espèce d'idiot !

- Mais...

- Papa ! »

La petite voix qui venait de crier ce mot fit s'envoler le cœur d'Arthur. Il pivota sur ses genoux et regarda son fils courir vers lui du haut de ses deux ans. Derrière lui, Gidéon souriait de toutes ses dents. Mais son sourire se fana un peu quand il vit les joues rouges de son ami et le regard inquiet de son frère.

Arthur accueillit Bill dans ses bras et le serra fort contre lui. Le petit garçon gazouillait et ne semblait pas vouloir dire autre chose maintenant qu'il avait obtenu la place qu'il voulait.

« Euh... On peut m'expliquer ? » Demanda Gidéon en questionnant vainement son frère du regard.

Arthur se releva, inspira profondément et se réconforta à la chaleur de son fils. Il porta ensuite ses yeux sur ses beaux-frères qui le regardaient sans comprendre.

« Mon camarade de bureau est au service des mangemorts, commença-t-il.

- Quoi ? Rugir les jumeaux d'une seule voix.

- Il a voulu me tirer des informations à votre sujet mais je n'ai rien dis. Il a donc menacé de s'en prendre à Molly et Bill et... J'ai... j'ai paniqué et cherché un moyen de vous joindre quand ton message m'est parvenue Fabian. J'ai crus que... j'ai crus que... »

Incapable de continuer, Arthur enfuis son visage dans la petite épaule de Bill qui s'amusait avec ses cheveux et eut un sanglot incontrôlé.

« J'ai crus qu'il était arrivé quelque chose à Molly... Je nous ai trahis... Maintenant les mangemorts vont nous poursuivre... J'ai mis leurs vies en danger... Et en plus le bébé est né... Je ne pourrais pas tous les protéger tout seul... »

Il glissa de nouveau à terre sans cesser de serrer son fils contre lui. Il le serra sans doute un peu trop fort car Bill se mis soudain à chouiner. Mais Arthur ne le lâcha pas. Il avait trop besoin de chaleur et de réconfort pour ça.

Soudain, une main glissa doucement sur son dos. Il redressa la tête et Gidéon lui adressa un sourire – crispé par la colère mais un sourire tout de même –.

« Tu as confiance en nous ? »

Sans pouvoir contrôler ses mouvements, Arthur hocha la tête. Oui il avait confiance. Une confiance aveugle et totale.

« C'est nous qui allons vous protéger. Ne t'inquiète pas. Tu crois qu'on laisserait les mangemorts faire du mal à notre sœur, nos neveux et notre ami ? Surtout celui qui aurait pu nous livrer en échange de la vie de sa famille et qui ne l'a pas fait ? Tu rêves. »

Arthur renifla et sourit vaillamment. Bill gigota dans ses bras et il défit suffisamment son étreinte pour que son fils parvienne à s'échapper. Du haut de ses petites jambes, il courut jusqu'à la porte de la chambre et la pointa du doigt.

« Maman ?

- Tu vois ? Repris Gidéon avec un sourire plus franc. Même ton gamin de deux ans a compris ce qu'il fallait faire maintenant. Fab' est allé s'occuper de ce... de cet homme et nous deux, on va aller voir Molly et ton bébé. D'accord ? »

Ce n'est qu'à cet instant qu'Arthur constata que Fabian était effectivement partit. Le rouquin se refusa de penser à ce qu'il ferait à son ancien camarade s'il le trouvait et se redressa. Il sourit de nouveau à son beau-frère qui hocha la tête, satisfait.

« Je préfère ça. Alors ? On va voir si c'est une petite Ginevra ou un petit Charles ?

- On y va... »

Le ton d'Arthur était encore un peu hésitant mais à présent, plus que craindre pour la vie de Molly et Bill, plus que s'inquiéter pour Fabian, il voulait voir son bébé. Il s'avança donc vers la porte tandis que le jumeau reprenait son neveu dans ses bras et entra dans la chambre.

Comme à la naissance de Bill, la première chose qu'il regarda fut sa femme. Mais contrairement à la première fois, celle-ci ne dormait pas. Elle tenait dans ses bras un petit nourrisson caché par les draps dans lesquels il était entortillé.

Arthur s'approcha de Molly qui lui adressa un sourire plus beau que milles feu d'artifices et le rouquin ne put s'empêcher de se pencher vers elle pour l'embrasser. Il était tellement heureux qu'elle n'ait rien ! Il avait l'impression de l'aimer encore plus qu'avant si s'était possible.

« Qu'est ce qu'il y a ? Demanda Molly en scrutant le visage de son mari. Tu as pleuré ? »

Le rouquin sourit devant la perspicacité de sa femme mais ne répondit pas. Il ne voulait pas l'inquiéter. Il refusait de lui faire subir ce qu'il venait de vivre.

« Ne t'en fait pas Mollinette. C'est juste la joie d'avoir un nouvel enfant. Grâce à toi. »

Il entendit le rire transformé en toussotement de la part de Gidéon et lui tira la langue. évidemment que le jumeau trouvait ça niais à souhait. Mais il y a des moments ou même si l'on est totalement contre la mièvrerie, on ne peut pas l'éviter. Et une naissance est un de ces événements.

« Arrête de rire Gid' ! Protesta Molly. Tu verras si tu ne seras pas ridicule le jour ou t'auras un enfant !

- J'ai jamais dit que je ne le serais pas ! Railla le concerné. Mais j'aurais Fab' pour m'arrêter de toute façon.

- Où il est celui-là d'ailleurs ? S'étonna soudain la jeune femme. C'est lui qui m'a accompagné. Même s'il n'en avait pas l'air ravie, ricana-t-elle après coup. Enfin bref... Où est-il ? »

Arthur songea aux premiers mots que lui avait adressé son beau-frère quand il était arrivé et sourit à son tour. Il n'en avait même pas l'air ravi du tout.

« Il est allé se reposer, répondit Gidéon qui avait bien comprit que son ami ne voulait pas inquiéter sa femme plus que ça. Il était épuisé et ne tenait plus debout.

- Alors qu'il n'a rien fait ! Se moqua Molly. Décidément, il est vraiment fragile. »

Un instant, le rouquin eut pitié de son beau-frère qui allait essuyer les railleries de la jeune femme pendant un sacré bout de temps alors qu'il était partit leur sauver la vie. Un petit rire s'échappa de ses lèvres et il baissa la tête pour le camoufler.

Son rire s'étrangla alors dans sa gorge. Ses yeux venaient de s'arrêter sur le bébé. Un peu plus rond que Bill à la naissance, il avait pourtant le même duvet roux et les mêmes tâches de rousseurs. Lui non plus ne dormait pas. S'il ne faisait aucun bruit il était bel et bien réveillé car il regardait son père de ses grands yeux. Molly avait les yeux marrons, Arthur bleu, Bill aussi, mais ce bébé avait les yeux verts.

Accroché au sein de sa mère, il regardait le jeune homme avec un petit air jaloux qui fit rire celui-ci. Le rouquin sentit Gidéon se rapprocher et Bill s'écria tout à coup.

« Bébé !

- Oui Bill, répondit son oncle dans un sourire. C'est un bébé. Hey Molly, c'est Ginevra ou Charles finalement ?

- C'est Charles. »