- Bordel ! s'écria le Chef de Police en abattant son poing sur le bureau. C'est la cinquième femme en un mois ! Pourquoi est-ce qu'on n'a pas encore attrapé ce salopard ? rugit-il de rage en direction des deux agents qui lui avaient appris l'information avec nervosité.
- Les lieux sont toujours impeccables, monsieur, dit l'un d'eux d'un ton respectueux. La scientifique dit qu'ils n'ont pu trouver aucune trace d'ADN…
- Dites-leur de revérifier !
- Et aucune des victimes ne semble avoir de lien avec les autres. Les seuls éléments communs sont le sexe et la tranche d'âge, continua bravement le jeune homme.
- Je connais les détails, Agent Jones ! cracha le Chef James Marco avant de prendre une profonde inspiration et de se calmer un peu.
Il baissa les yeux vers les photographies de femmes sans vies étalées sur son bureau, et prit une profonde inspiration en sachant ce qu'il lui fallait faire.
- Fisher ! aboya-t-il en direction de l'agent resté silencieux, ce qui le fit sursauter. Allez dire à Clara d'appeler Quantico pour demander au BAU de venir, finit-il d'un air sombre, détestant clairement cette idée.
- Mais monsieur…
Quels que soient les mots qu'allait prononcer l'agent, ils furent coupés net par le regard brûlant que le chef lui envoya.
- Je sais ce que j'ai dit ! L'idée que les fédéraux viennent et prennent la direction de l'enquête me fait horreur mais cinq femmes sont déjà mortes, et il ne s'arrête pas, affirma sérieusement Marco. Je préfère encore voir ma fierté piétinée plutôt que savoir qu'une autre femme en a été victimes parce que je n'ai pas voulu accepter d'aide. Maintenant, arrêtez de tergiverser et allez dire à Clara de passer cet appel !
L'Agent Fisher répondit un rapide « oui monsieur ! » avant de se précipiter hors du bureau. Avec un soupir, Marco passa les mains sur son crâne dégarni. Il devenait trop vieux pour ces horreurs.
- Monsieur ? questionna timidement Jones.
- Quoi ?
- C'est- ce n'est pas que je sois contre votre décision, mais si le BAU ne veut pas venir ?
- Oh, ils viendront, fit Marco avec un sourire sarcastique. Avec cinq victimes au compteur, c'est impossible qu'ils ne viennent pas. Il faudrait que ce soit vraiment sacrément important pour qu'ils refusent. Croyez-moi Jones, ils vont venir.
- Si vous le dites monsieur, répondit le jeune homme avant de se tortiller nerveusement. Et euh, si – quand ils viendront, qu'est-ce que va faire pour… lui ?
- Lui ? répéta le Chef avec un regard inexpressif.
- Le gamin qui travaille aux Preuves et aux Archives, développa Jones.
- Vous voulez dire Reid ?
Marco leva un sourcil gris broussailleux et reçut en retour un vif hochement de tête.
- On ne va rien faire à son sujet. De ce que je sais, il n'a rien fait de mal.
- Non, confirma Jones, mais c'est – pardonnez-moi monsieur – un idiot et il est maladroit comme ses pieds.
- Et alors ?
- Je pense que ce serait une source d'embarra pour le département si le BAU le découvrait, admit-il avant de se recroqueviller alors que le Chef frappait à nouveau du poing contre la table.
- Une source d'embarra ? La seule source d'embarra que je vois se tient en face de moi, s'écria-t-il. Reid est peut-être maladroit et dans la lune mais il fait son travail du mieux qu'il peut, même s'il casse les oreilles de tout ceux qui se trouve dans un rayon de trois kilomètres en le faisant. Il fait partie de ce commissariat et je ne tolèrerai pas que mes agents en rabaissent d'autres pour une raison ou pour une autre – surtout pas par mesquinerie ! Si j'entends encore quoi que ce soit de ce genre sortir de votre bouche, je vous suspends ! Me suis-je bien fait comprendre ? tonna-t-il, les yeux jetant des éclairs.
- Oui monsieur ! répondit rapidement l'agent décontenancé.
- Vous pouvez disposer, dit le chef avec aigreur.
Il regarda avec satisfaction son agent détaler. Puis, il baissa les yeux vers son bureau et fronça les sourcils devant les photos, mais refusa de les déplacer pour l'instant. Au lieu de cela, afin de faire une pause loin des corps mutilés, il se tourna pour observer le ciel mourant. Lentement, ses pensées se redirigèrent vers la nouvelle recrue du Département de Police du Centre-Ville.
Spencer Reid n'était pas un agent de police. Jamais il n'aurait pu réussir les tests physiques – et même dans ce cas, il aurait sans aucun doute tiré sur quelqu'un ou sur lui-même par accident. Ceci dit, il possédait bel et bien un diplôme en Justice Pénale qui l'autorisait à travailler aux Preuves ainsi qu'aux Archives. Normalement, Marco n'imaginerait même pas mettre quelqu'un aux deux postes à la fois, mais Reid, qui avait été transféré du commissariat du Nord-Est six mois auparavant, s'était joyeusement proposé. Le Chef s'était montré sceptique – le gamin avait trébuché sans raison sitôt entré dans son bureau – mais observer Reid faire son travail plusieurs jours durant l'avait convaincu que le gamin n'allait pas renverser une pile de dossier et finir écrasé dessous, ou contaminer une preuve sans le vouloir.
Le problème ne venait pas de la capacité de Reid à faire son travail ; mais de sa personnalité et de son apparence. En le voyant de dos, plusieurs agents célibataires avaient pensé qu'il s'agissait d'une nouvelle secrétaire et avaient eu la surprise de leur vie quand il s'était retourné pour les saluer. Les dames l'avaient aussitôt adopté et il devint rapidement un ami du groupe des secrétaires, avec lesquelles il échangeait souvent des astuces modes et des ragots au déjeuner. Il était d'un naturel agréable et était aimable avec tous ceux auxquels il parlait. Si sa personnalité aidait les autres à oublier son manque de matière grise, elle les conduisait également à se poser des questions sur certains aspects de sa vie.
Ses actions, sa manière de parler, et son style amenaient beaucoup de membres du département à se demander s'il n'avait pas… certains penchants. Pas si longtemps auparavant, l'orientation de Reid faisait l'objet de paris conséquents et le Chef s'était assuré d'y mettre un terme avant que cela ne dégénère. Reid n'avait jamais mentionné de petit-ami, et les secrétaires admettaient ne jamais l'avoir surpris à s'extasier devant un mannequin ou une célébrité masculine. Finalement, fatigué des commérages, un agent était venu lui demander directement s'il était gay. Ce à quoi Reid avait répondu :
- Gai ? Si tu veux dire, genre, joyeux, alors ouais !
Le pur instant de sottise avait tellement déconcerté l'agent que, le temps qu'il se remette, Reid avait disparu et bavardait avec quelqu'un d'autre. Après cela, tout le monde avait su qu'il ne fallait pas attendre grand-chose de lui intellectuellement parlant. Il fallait néanmoins reconnaître que, parfois, le Chef surprenait un éclat dans ces yeux marron. C'était à ces moments-là qu'il en venait à se demander si Reid était vraiment aussi stupide que tout le monde le pensait.
Puis, le jeune homme disait une ânerie ou trébuchait sans raison et le Chef réalisait qu'il prenait simplement ses désirs pour des réalités.
- Monsieur ?
Une voix féminine accompagnée de quelques coups frappés à sa porte le tira de ses pensées. Clara se tenait dans l'embrasure de la porte avec une expression neutre.
- J'ai appelé Quantico pour les informer de ce qui se passait, expliqua-t-elle doucement. On m'a dit qu'une équipe sera envoyée dès ce soir.
- Bien. Cela signifie qu'ils seront là au matin dans ce cas, grogna-t-il en retour, heureux qu'ils répondent vite mais toujours agacé d'avoir dû leur demander de venir. Espérons simplement que ce salopard va faire une pause cette nuit. Mais j'en doute, les monstres comme lui ne s'arrêtent jamais, ajouta-t-il davantage pour lui-même que pour elle en contemplant les yeux sans vie qui le fixaient depuis son bureau.
- Peut-être pas, concéda Clara, mais cela ne signifie pas que vous devez en faire de même, monsieur. Allez dormir un peu. On ne voudrait pas que vous fassiez mauvaise impression quand le BAU arrivera, conseilla-t-elle d'un ton taquin avant de partir avec un petit gloussement.
- Peuh ! fit-il avant de redevenir silencieux.
Incapable de regarder davantage les photos, il les rangea soigneusement dans un dossier puis attrapa sa veste, posée sur le dossier de sa chaise. Clara avait raison, rester là à tourner en rond n'allait pas aider. Au moins, en ayant dormi un peu, il pourrait peut-être se montrer un peu plus courtois le lendemain.
Spencer aimait sa vie autant qu'il la détestait. Il l'aimait car il adorait son travail, les personnes avec qui il travaillait, et tous les amis qu'il s'était fait au cours des quatre dernières années.
Il la détestait parce qu'on ne l'aimait qu'à cause de la manière dont il agissait. Quatre ans avant, au début de l'Opération Blonde Ecervelée, il était déterminé à changer le coté gay que cela avait accidentellement provoqué. Reid avait toutes les intentions de changer ça, mais pour quelque raison étrange, les filles de sa classe semblaient apprécier sa compagnie. A la fin de la journée il avait obtenu tellement de numéros de téléphone qu'il ne savait plus quoi en faire, mais en plus les filles l'avaient déjà persuadé malgré lui d'aller faire les boutiques avec elles le soir même dans l' « objectif thérapeutique de lutter contre des conditions scolaires difficiles. »
Elles n'avaient fait que lire le programme.
Après ce jour fatidique, Reid savait que s'il procédait à un changement drastique de personnalité ou de style, il en paierait le prix. Le coté positif, c'était qu'il pouvait réellement profiter de son passage à l'Université de Las Vegas : si quelqu'un (sous-entendu : les athlètes prétentieux) essayait de s'en prendre à lui, il devrait d'abord leur passer sur le corps et même eux n'étaient pas prêts à risquer de se faire la réputation de s'en prendre aux filles : ce serait un suicide social. Reid fronça les sourcils en repensant aux 4 ans, 7 mois, 26 jours, 13 heures, 45 minutes et 7 secondes de sa nouvelle vie. Il trouvait légèrement alarmant que même après tout ce temps à interpréter ce personnage, il ait toujours des difficultés à contenir son génie. Cela dit, songea-t-il, ce n'était pas comme s'il jouait ce rôle jour et nuit. Dès qu'il refermait la porte de chez lui, il revenait à ses vieilles habitudes de regarder des marathons Star Wars, faire des calculs mathématiques pour se détendre, et lire le moindre magazine de science et de psychologie qu'il considérait respectable. En fait, il avait rédigé plusieurs articles sous le nom Dr. Pierce Derns. Hé, il possédait les doctorats, autant trouver un moyen de les utiliser. Il n'avait pas travaillé si dur pour les obtenir pour ensuite les voir prendre la poussière dans son placard. Malgré tout, peut-être que gagner sa vie en travaillant dans la police n'était pas la plus intelligente des idées. Il y avait tant d'anecdotes et de statistiques qu'il devait littéralement serrer les mâchoires pour qu'elles ne s'échappent pas de sa bouche. Parfois cela ne suffisait même pas, et il devait rapidement changer ce qu'il était sur le point de laisser échapper en quelque chose de complètement aléatoire comme « j'adore les gâteaux ! »
Au moins, il faisait rire, pas vrai ?
Le plus difficile était sans doute de ne pas pouvoir aider à résoudre les affaires, pensa-t-il d'un air morose en remettant quelques dossiers à leur place. A Caltech, il avait assisté à un séminaire présenté par Jason Gideon, un agent du BAU, et il était tombé amoureux de l'idée d'attraper les criminels en entrant dans leur tête. Mais il était aussi trop effrayé et subjugué pour prononcer le moindre mot, alors poser des questions était impensable et M. Gideon n'avait jamais jeté ne serait-ce qu'un regard dans sa direction. Mais cela ne faisait rien. La pilule était certes dure à avaler, toutefois Reid savait qu'il n'aurait jamais pu entrer au BAU. D'une, il était trop maladroit, et de deux, il aurait d'abord dû terminer l'Académie du FBI et il ne se voyait pas y parvenir. En réalité, il pouvait se voir être arrêté et possiblement poursuivi en justice pour plusieurs raisons, la plupart impliquant qu'il ait accidentellement tiré sur quelqu'un.
- T'arrives à y croire toi ? entendit-il quelqu'un murmurer avec enthousiasme.
Parfois, cet endroit avait l'air d'un lycée, pensa-t-il sombrement en rangeant un dossier avec plus de force que nécessaire. Les agents et les secrétaires cancanaient comme des adolescents.
- C'est pas des blagues, ils viennent vraiment !
L'officier qui venait de dire ces mots à une des secrétaires regarda autour de lui et rencontra le regard de Reid.
- Hé, Reid ! appela joyeusement l'officier Fisher. Tu as entendu la nouvelle ?
- Non, il se passe quelque chose ? questionna Reid de la voix pétillante qui était devenu au fil des ans sa voix par défaut.
- Oui ! Le Chef vient juste d'accepter d'appeler le BAU pour qu'ils aident sur ces meurtres ! Les gros bonnets sont en route pour Vegas. Pas vrai Clara ? s'exclama-t-il en direction de la jolie secrétaire qui revenaient du bureau du Chef.
- Tu ne peux vraiment pas attendre avant de propager les rumeurs, hein Fisher ? dit-elle avec un grand sourire. Mais oui, ils ont confirmé qu'ils seraient là au matin. Mais tu me surprends, j'avais le pressentiment que la plupart d'entre nous n'allait pas apprécier de savoir que le BAU s'apprête à prendre la main, commenta-t-elle en retournant s'asseoir à son bureau.
- Ah ! fit joyeusement Fisher, ça m'est égal. Comme le Chef l'a dit, si mon égo doit se retrouver piétiné au passage alors qu'il en soit ainsi, mais je refuse que d'autres femmes soient tuées à cause de moi. Surtout pas à cause de quelque chose d'aussi stupide que mes sentiments personnels, termina-t-il avec sérieux.
Plusieurs agents qui écoutaient sans en avoir l'air tressaillirent et firent disparaitre leurs rictus méprisants. Les secrétaires échangèrent des regards nerveux en sentant la tension dans l'air. Reid lui-même n'aimait pas ça, et il décida de changer de sujet avant qu'un officier parmi les plus entêté ne décide de creuser sa propre tombe.
- Alors, euh, je suis un peu perdu là, admit-il en trébuchant légèrement alors qu'il s'approchait pour déposer quelques dossiers sur un bureau à proximité afin qu'un agent les signe.
- A quel propos ? demanda Fisher en tournant son attention vers Reid.
- Eh bien, qu'est-ce que la Beauty Association Union vient faire ici ? Chercher des nouveaux mannequins ? questionna-t-il de sa voix la plus naïve.
Silence. D'une certaine manière, une petite part de lui appréciait de provoquer cet effet. Bon sang, qu'il était doué.
- Et le Chef ne veut pas qu'on te cache, cracha avec colère une voix venant de l'embrasure de la porte. J'y crois pas.
Jones entra en trainant les pieds et sans faire attention aux regards noirs qui accueillirent son commentaire.
- On se détend, Jones, le réprimanda un des vétérans, l'agent Watson, depuis son bureau. Il n'y a pas de honte à se tromper, beaucoup d'organisations ont les mêmes initiales.
- Ne lui trouve pas d'excuse, aboya le plus jeune avant de lancer à Reid un regard polaire. BAU est l'acronyme de Behavioral Analysis Unit, c'est-à-dire Département des Sciences du Comportement. Ils aident à trouver les solutions pour des affaires qui autrement n'auraient pas été élucidées. Ils ne sont pas là pour faire joli ou pour prendre des photos et ils ont sûrement plus de réflexions intelligentes en une journée que tu en as eu de toute ta vie.
Ca, Reid en doutait. Ceci dit, le Reid Stupide était vraiment, vraiment, vraiment bête et certaines personnes ne supportent pas les idiots. L'Agent Jones était de ceux-là. Il paierait cher pour voir l'expression de Jones s'il révélait un jour la vérité. Et il paierait deux fois plus pour voir ça si l'agent venait à découvrir combien de diplômes Reid possédait. Malheureusement, le spectacle doit continuer.
- Oh ! Je n'en avais pas la moindre idée ! Merci de me l'avoir expliqué, Jones, déclara gentiment Reid avant de l'étreindre. Tu es un si bon ami !
Etait-il sadique d'aimer ça ?
- Ne. Me. Touche. Pas., rétorqua Jones entre ses dents serrées.
- Tu n'aimes pas les câlins ? demanda Reid en faisant la moue.
Il le relâcha et retourna travailler.
- C'est trop triste, tout le monde devrait aimer les câlins, le gronda-t-il en se remettant à classer les dossiers.
- C'est toi que je n'aime pas. J'ai déjà vu des objets plus intelligents que toi.
- Et j'ai déjà vu des enfants colériques plus raisonnables que toi, gronda le Chef derrière eux, les faisant tous sursauter.
- C-Chef ! bredouilla Jones alors que ce dernier passait devant lui. J'étais juste…
Il se tut alors, incapable de trouver une excuse satisfaisante.
- Pas besoin de vous expliquer, Jones. Je sais exactement ce que vous étiez en train de faire. Dites-moi, est-il nécessaire que je vous suspende pendant que le BAU sera là ? Si vous traitez vos propres collègues ainsi, je ne pense pas avoir envie de vous voir approcher les fédéraux, fit Marco avant de se tourner vers Reid : Remettez ça en place pour moi. Et j'ai besoin que tout soit prêt pour demain, quand ils arriveront. Ce sont des personnes importantes, alors soyez respectueux, expliqua-t-il à Reid d'une voix lente, comme s'il parlait à un jeune enfant.
- Monsieur ! coupa Jones avec stupéfaction, bien que personne ne sache vraiment si c'était pour s'être fait réprimander devant tout le monde, ou parce que le Chef permettait à Reid d'interagir avec le BAU.
- Jones, reprit le Chef. Si j'entends le moindre murmure comme quoi vous avez ne serait-ce que regardé qui que ce soit de travers pendant les prochains jours, je vous suspends. Me suis-je bien fait comprendre ?
En voyant l'agent hocher rapidement la tête, il continua :
- Bien. Maintenant, partez, la soirée se termine ici pour vous. Peut-être que demain vous serez de meilleure compagnie.
Le jeune agent, rouge d'avoir été humilié devant tout le monde, marmonna un « oui monsieur », puis attrapa son manteau, ses clefs, et sortit d'un pas rapide.
- Waouh, James, intervint Watson en s'adressant au Chef par son prénom. Je sais que le gamin avait besoin qu'on le remette à sa place, mais ce n'était pas un peu exagéré ?
- Non, répliqua sévèrement en regardant son vieil équipier. Cet avertissement vaut pour tout le monde. Je veux qu'on ait l'air de professionnels devant le BAU, alors vous feriez mieux de tous vous tenir à carreaux ! Compris ? aboya-t-il.
- Oui monsieur, s'exclamèrent-ils tous d'une même voix.
- Bien, acquiesça-t-il. Reid, n'oubliez pas de vous assurer que le BAU ait tout ce dont ils ont besoin quand ils arriveront demain, lui rappela-t-il une dernière fois.
- Bien sûr ! Je vais m'assurer que toutes les preuves et toues les documents soient prêts ! répondit joyeusement Reid.
- Très bien, déclara James, satisfait. J'y vais, dans ce cas. A demain matin.
Il salua ses hommes de la main et sortit pour rentrer chez lui. Il avait vraiment besoin d'un peu de sommeil s'il voulait survivre aux prochains jours.
- Ca devrait être intéressant, fit une secrétaire après un moment. Vous pensez qu'ils seront mignons les fédéraux ? demanda-t-il à une de ses collègues en sortant un vernis pour en mettre sur ses ongles.
- Est-ce que c'est important ? Ils ne vont pas rester indéfiniment.
- Ca ne veut pas dire qu'on ne peut pas regarder, marmonna la première avant de souffler sur ses ongles.
- Je parie qu'ils sont tous vieux, plaisanta l'agent Fisher.
- Quoi ? Ne dis pas ça ! protesta une des filles d'un ton offensé. C'est presque sacrilège de dire ça !
- Ah oui ? rétorqua Fisher en inclinant la tête. Est-ce que ce n'est pas plus sacrilège de fantasmer sur eux comme je sais que tu vas le faire ?
- Il n'y a pas de mal à regarder, se sentit obligé d'ajouter Clara.
- Ca l'est quand tu commences à baver, contra Fisher avec un grand sourire avant de se mettre à rire alors qu'il évitait un stylo lancé dans sa direction.
- Vous voyez les enfants, c'est le genre de comportement que le Chef ne veut pas que vous ayez, les réprimanda Watson tout en souriant.
Puis, en voyant que Reid n'avait pas bougé et semblait soucieux, il ajouta :
- Tu vas bien Reid ?
- Hein ? Oh ! Oui, oui, je vais bien ! répondit rapidement celui-ci. J'étais juste en train de penser…
Ils eurent tous une grimace en entendant ces mots. Dès qu'il disait ça, cela débouchait sur un désastre.
- … vous pensez que je devrais préparer une salle pour eux ? Pour qu'ils puissent travailler tranquillement ? demanda nerveusement le jeune homme en jouant avec ses doigts.
- Tu sais quoi, ce n'est pas une mauvaise idée, dit Watson après un instant de silence.
Honnêtement, il s'agissait sans doute de la première fois qu'il entendait le gamin dire une phrase avec un minimum de bon sens.
- Tu devrais probablement leur arranger une des salles de conférences.
- Bonne idée ! Je vais le faire maintenant !
Reid fila aussitôt, sous le regard des autres.
- On ne peut pas dire qu'il manque d'enthousiasme à l'idée de donner un coup de main au BAU, rit doucement Watson. Et il ne savait même pas ce que cela voulait dire il y a encore vingt minutes.
Avant que Reid ne parte pour la nuit, il avait passé le temps qu'il lui restait à nettoyer une des salles de conférences inutilisées. Il avait lavé le tableau blanc, s'était assuré qu'il y ait quantité de marqueurs, que le projecteur fonctionne, et que tous les sièges étaient stables et confortables. Il était réellement excité par la tâche qu'on lui avait confiée, il n'avait jamais imaginé qu'il aurait la chance de rencontrer quelqu'un du BAU, et voilà qu'il allait être en mesure de rencontrer toute une équipe ! C'était un rêve devenu réalité ou plutôt, ce l'était, jusqu'à ce que l'excitation retombe alors qu'il se trouvait dans son lit, cette nuit-là.
Les membres du BAU étaient des experts en comportements. Seraient-ils capable de voir derrière le masque ? L'inquiétude se mit à le ronger, il se mit à imaginer des hommes musclés l'attraper en criant « menteur ! » avant de le jeter à travers une fenêtre. Ils ne pouvaient pas faire ça, pas vrai ? Bien sûr que non, se rassura-t-il lui-même. Ils ne seraient pas concentrés sur lui mais sur l'affaire. Il n'était pas important.
Tout va bien se passer, pensa-t-il en s'assoupissant lentement. Agis simplement comme tu le fais d'habitude. Ils n'en sauront jamais rien.
Le lendemain matin, Marco regardait avec Watson un jet atterrir sur la piste. Peu après, six personnes en sortirent, chacune portant ce qu'il supposait être un sac de vêtements.
- Bonjour, salua un homme d'air sévère alors que le groupe approchait. Je suis l'ASS Hotchner.
- Chef James Marco, et voici un de mes hommes, l'agent Watson, répondit James avec une poignée de main ferme.
- C'est un plaisir. Voici mon équipe. L'Agent Morgan…
Un homme basané fit un signe de tête.
- L'Agent Rossi...
Un homme plus âgé qui, vu son apparence, aurait pu être de la mafia, regarda calmement Marco dans les yeux ; clairement un vétéran dans sa profession.
- L'Agent Prentiss, continua Hotchner en désignant une belle femme aux cheveux noirs qui salua d'un « bonjour » poli accompagné d'un signe de tête. Notre agent de liaison, l'Agent Jareau…
Une femme blonde aux yeux bleus leur fit un charmant sourire.
- Et enfin, termina Hotchner avec un soupir exaspéré, notre analyste technique, Penelope Garcia.
Une femme aux cheveux blonds striés de mèches roses et attachés en nattes laissa échapper une exclamation joyeuse.
- Je suis tellement contente ! J'ai hâte de visiter ! confia-t-elle à Morgan d'un ton excité.
- Analyste technique ? questionna Marco tandis qu'ils se dirigeaient vers les SUV.
- Elle reste normalement à Quantico mais elle était très… enthousiaste à l'idée de nous accompagner pour cette affaire, répondit Hotch en se souvenant à quel point Garcia s'était montrée persuasive la veille, lorsqu'ils avaient eu l'appel de Las Vegas.
- Oh.
Marco se demanda quel genre de duo résulterait de la rencontre entre cette pétillante Penelope Garcia et leur rayonnant Spencer Reid. Le monde était-il prêt pour ça ? s'interrogea-t-il en s'installant sur le siège du conducteur, pendant que Hotchner montait du coté passager et que Rossi et Prentiss prenaient les places arrières. Avec de la chance, Watson n'aurait pas de problème en conduisant les trois autres.
- Pouvez-vous nous donner plus de détails sur les meurtres ? demanda Hotch alors qu'ils s'engageaient sur l'autoroute.
- Cinq femmes ont été retrouvées mortes dans divers lieux publics en un mois. Les causes de la mort sont toujours différentes. La première a été étranglée, la deuxième a eu la gorge tranchée, une autre a été poignardée avec une bouteille de vin brisée, celle d'après a été retrouvée avec une poignée de perles de boucle d'oreilles enfoncées dans la gorge, expliqua-t-il en secouant tristement la tête.
- Des perles ? répéta Prentiss depuis le siège arrière.
- Bizarre, hein ? Ce type devient de plus en plus bizarre à chaque nouveau meurtre.
- Il semble faire une fixation sur la gorge, commenta Rossi. A l'exception de la femme poignardée, toutes ont vu leur vie se terminer par l'intermédiaire de leur gorge.
- On pensait la même chose, répondit Marco en ne quittant pas la route des yeux. Mais la dernière victime est complètement différente. Jusqu'à maintenant, c'étaient toutes de jeunes femmes blanches. Cette pauvre fille était mexicaine, et son cœur a été arraché puis mis dans sa propre main.
- Vous êtes sûr qu'il s'agit du même unsub ?
- Unsub ?
- Unknown Subject, ou sujet inconnu, clarifia Hotch.
- Oh. Oui, c'est lui. Il marque toutes ses victimes, et c'était définitivement son œuvre, gronda le Chef.
- Il les marque ?
- Ouais. Il grave toujours un papillon sur leur front.
Il put sentir leur confusion après avoir révélé ce détail.
- C'est étrange, marmonna Prentiss.
- C'est pour ça qu'on vous a appelé, affirma Marco alors qu'ils arrivaient au parking.
Puis, tout en défaisant sa ceinture, il reprit :
- Bon, j'ai dit à mes hommes de se montrer respectueux et de faire ce que vous leur demandez. S'ils vous posent le moindre problème, dites-le moi et je m'en occuperai.
- On ne nous fait pas ce genre d'offre d'habitude, commenta Rossi avec humour.
- Ecoutez, soupira Marco avec frustration. Je n'aime pas l'idée que vous veniez prendre la direction de l'affaire, mais je me sentirais bien plus mal si des filles continuaient de mourir parce que je n'ai pas voulu accepter d'aide. S'il vous plaît, si vous faites quoi que ce soit, parlez m'en simplement avant, d'accord ?
- Bien sûr, acquiesça Hotch alors qu'ils descendaient du véhicule. Nous sommes là pour aider, pas pour prendre la direction de l'affaire, expliqua-t-il au Chef tandis qu'ils approchaient des portes.
- Merci, fit Marco avec un soulagement évident. Watson m'a informé que la Salle de Conférence 2 a été préparée pour que votre équipe puisse travailler relativement en paix. Tous les rapports et les preuves devraient y être.
A ce moment, son téléphone se mit à vibrer.
- Marco, répondit-il en l'ouvrant brusquement avant d'écouter attentivement son interlocuteur. Quoi ?! s'écria-t-il, faisant sursauter Garcia alors qu'elle les rejoignait à la porte avec JJ et Morgan. D'accord, je serais là dès que possible.
Marco mit fin à l'appel puis se tourna vers l'équipe :
- Je dois y aller, un des casinos a eu un problème qui requiert mon attention, dit-il avec un regard d'excuse.
- Nous comprenons, répondit Hotch brièvement mais sans agressivité.
- Merci. Comme je l'ai dit, vous devriez avoir tout ce qu'il vous faut dans la Salle de Conférence 2. Watson, avec moi, conclut-il avant de se diriger vers un des véhicules de patrouille.
- Si vous avez le moindre problème pour trouver la salle, demandez aux agents ou secrétaires, ils vous emmèneront au bon endroit, leur dit aimablement Watson avant de suivre le Chef.
A présent seuls, les membres de l'équipe échangèrent des regards entre eux.
- On y va ? proposa Rossi avec un geste vers la porte.
- Les secrétaires, hein ? répéta Morgan avec un large sourire.
- Morgan, nous ne sommes pas là pour nous amuser, lui rappela sévèrement Hotch.
- Hé, ce qui se passe à Vegas…
Morgan s'interrompit pour rire alors qu'ils entraient dans le bâtiment.
Oh oui, ils allaient avoir besoin d'aide pour trouver cette salle, pensèrent-ils tous en regardant autour d'eux. L'avant du commissariat était, d'un coté, constitué de bureaux ouverts où les agents étaient en train de remplir de la paperasse, et de l'autre, d'un comptoir où des femmes bien habillées tapaient à l'ordinateur et répondaient au téléphone. Au milieu, une allée menait à l'arrière de l'immeuble pour s'y séparer en plusieurs couloirs.
…et il n'y avait aucun plan. Amusant.
- Peut-être, commença Rossi, devrions-nous demander à une des secrétaires. Je ne pense pas que les agents soient très disposés à nous aider pour le moment.
Sa remarque était judicieuse, car l'atmosphère avait semblé s'alourdir au moment où ils étaient entrés.
- Je pense que Rossi à raison, sourit malicieusement Morgan. Je vais aller demander à une de ces charmantes dames de nous aider, et je pense avoir trouvé la candidate idéale, ajouta-t-il en regardant une femme penchée sur le comptoir pour parler à une des filles.
Ses cheveux bruns ondulés lui arrivaient juste sous le menton et cachait la majorité de son visage, mais Morgan pouvait voir un nez mutin et de jolies lèvres roses étirées en un sourire. Grande et svelte, ses bras étaient croisés sur le comptoir et cachaient en partie son buste mais avec sa silhouette il devinait qu'il ne devait pas y avoir grand-chose à ce niveau-là. C'était très bien comme ça, songea-t-il alors que son regard s'attardait sur ses longues jambes élancées enfermées dans un pantalon qui épousait ses formes et mettait en valeur un postérieur bien dessiné. Ce qu'il ne donnerait pas pour la voir en jupe !
- Morgan… commença Hotch avec un ton d'avertissement en voyant l'expression de son collègue, semblable à celle d'un tigre sur le point de dévorer un lapin.
- C'est bon Hotch. Je gère, dit Morgan avec assurance.
Il s'approcha d'elle d'un pas arrogant et lui tapa sur l'épaule.
- Excusez-moi mademoiselle, pouvez-vous m'indiquer… ouah ! s'exclama Morgan, choqué, quand elle se retourna.
Elle s'avéra être un il. Un très mignon il.
- Puis-je vous aider ? demanda Reid avec un grand sourire, la lumière faisant briller ses yeux bruns.
Intérieurement, il retenait de son mieux le coup de poing furieux qui avait voulu partir à l'instant où l'homme l'avait appelé « mademoiselle. »
- Tu peux aider Morgan à retrouver sa dignité, murmura Prentiss.
JJ eut un sourire narquois tandis que l'équipe s'approchait.
- Je suis l'Agent Special Superviseur Hotchner, intervint Hotch pour limiter les dégâts. Mon équipe et moi sommes du BAU. On nous a dit qu'une salle avait été préparée pour notre arrivée.
- Le BAU ? Oui, on a une salle toute prête pour vous. La Salle de Conférence 2, c'est là que vous devez aller ! dit Reid à l'homme s'apparence stricte avec un sourire enfantin.
Tiens le coup, Spencer, aller, ils ne savent pas que tu joues la comédie, tiens le coup… se répéta-t-il en silence tel un mantra.
- Toi, déclara Penelope en passant à l'avant du groupe, tu es ce que j'ai vu de plus adorable de toute l'année, affirma-t-elle sans faire de détour tout en réfrénant l'envie de le prendre dans ses bras.
- Ho, merci ! On me le dit souvent, confessa-t-il alors qu'une légère rougeur envahissait ses joues. Mais je ne sais pas pourquoi.
- Pouvez-vous nous indiquer la salle ? coupa Hotch avant que Garcia ne puisse faire la liste de toutes les raisons pour lesquelles elle le trouvait adorable.
- Bien sûr ! Suivez-moi ! fit Reid avec ferveur. Au fait, je suis Spencer Reid.
- Même ton nom est à croquer ! s'exclama Garcia, qui marchait à présent à coté de lui.
Hotch et Rossi les suivaient de près avec JJ et Emily qui trainaient un Morgan mortifié et toujours sous le choc.
- Et voilà on y est ! Je, euh, j'espère que cela répond à vos exigences. C'est moi qui ait tout préparé, admit Reid en ouvrant la porte.
Entendant alors quelqu'un appeler son nom, il leur fit un sourire d'excuse.
- On m'appelle. Oh, et je voulais vous dire, vos tenues ? éblouissantes, dit-ils aux filles avec un sourire timide.
- Merci ! le remercièrent-elle en chœur.
Cela faisait longtemps que personne n'avait fait de commentaire sur leur style et c'était agréable de savoir que quelqu'un y avait fait attention.
- Hé ! Si vous résolvez rapidement l'affaire, on pourra parler mode ! J'ai lu un tas d'astuces sympa dans les magazines. Heu, je ne suis pas très doué avec les activités masculines, s'excusa-t-il auprès des hommes avec un air penaud en se grattant l'arrière de la tête. Si vous avez besoin de quelque chose, dites-le moi, d'accord ? A plus tard !
Puis, avec un signe de la main enthousiaste, il se précipita dehors et termina sa course la tête la première dans un mur.
- Ca va ! assura-t-il en voyant leurs regards inquiets. Ca arrive tout le temps ! Ce n'est pas grave tant que le sang ne coule pas !
Avant qu'ils puissent répondre, il disparut à l'angle du couloir.
Garcia ouvrit la bouche.
- Hotch, est-ce qu'on peut…
- Non, la coupa-t-il, sachant déjà ce qu'elle allait demander.
- Mais il est…
- Garcia. Je me fiche de savoir à quel point il est mignon, on ne le ramène pas avec nous une fois l'affaire terminée. Il n'est pas un jouet.
- Mais il est trop adorable pour qu'on l'abandonne ici ! protesta-t-elle.
- Ouais, confirma Prentiss. Même Morgan pense qu'il est mignon. Pour quelle autre raison essaierait-il de le draguer ? termina-t-elle avec un sourire malicieux, et JJ dut retenir un éclat de rire.
- Allez-y, allez-y, moquez-vous, râla Morgan, encore sous le choc d'avoir reluqué un autre homme. C'était un accident.
- Continue de te raconter ça, railla JJ en entrant dans la salle plongée dans l'obscurité pour allumer la lumière.
Alors que la lumière et les autres membres de l'équipe envahissaient la pièce, ils regardèrent autour d'eux avec surprise.
Honnêtement, la pièce n'avait rien de spécial mais jamais encore ils n'avaient vu de banderole faite maison avec écrit en rose pailleté les mots « Bienvenue au BAU ! » suspendue au-dessus du tableau blanc. Dans le coin se trouvait une table avec du café et un éventail de pâtisseries allant des cookies aux gâteaux. Sur la table placée au centre de la pièce, ils pouvaient voir plusieurs sachets avec le mot « PREUVE » et des dossiers soigneusement empilés à coté.
- Quelqu'un s'est donné beaucoup de mal pour nous, remarqua Morgan en sifflant d'appréciation.
- N'as-tu pas entendu mon Dieu en Chocolat ? questionna Garcia. Notre adorable guide a dit qu'il avait préparé cette salle pour nous. Je veux cette banderole. On ne peut pas ne pas la ramener à la maison, ajouta-t-elle en regardant Hotch, qui haussa simplement les épaules.
Si elle pouvait la faire rentrer dans son sac, cela ne le dérangeait pas.
- En tout cas c'est une première, affirma Rossi en prenant un cookie, dont il raffolait secrètement. Je me demande si je devrais avoir confiance, se demanda-t-il à haute voix en caressant sa barbe.
- Pourquoi ? demanda Prentiss en se préparant du café.
- Parce que monsieur Reid a laissé cette note à coté, lui apprit-il en lui tendant ladite note.
Elle s'étrangla à moitié dans son café en la lisant.
- Tout va bien, Prentiss ? demanda Morgan avec inquiétude.
- Oui, oui, le rassura-t-elle en essayant de reprendre sa respiration. Lis ça.
Il s'exécuta et avant de pouvoir s'en empêcher, il laissa échapper un petit rire amusé et tendit la feuille à la personne suivante. La lecture de la note provoqua des réactions similaires jusqu'à ce qu'elle arrive dans les mains de Hotch.
Ses yeux sombres détaillèrent l'inscription.
Je promets que les cookies ne sont pas empoisonnés ! En espérant que vous vous amusiez bien ! :)
- Devrait-on s'inquiéter ? interrogea Rossi, bien qu'ayant déjà mordu dans son cookie.
C'était délicieux.
- Pourquoi devrions-nous nous inquiéter ? Il a déjà traumatisé Morgan, est devenu la nouvelle peluche de Garcia, le consultant mode d'Emily et JJ, et ta source de cookies, lista sérieusement Hotch.
Ce n'est que grâce à l'infime sourire qu'il laissa échapper qu'ils surent qu'il plaisantait.
- Mettons-nous au travail, ajouta-t-il, son masque habituel de nouveau en place.
Merci Timeye pour la review !
