Hi, everybody !

Je rappelle que ce second chapitre n'est que traduit par moi, mais ne m'appartient pas, il est à Daughter of Thranduil, et que les personnages de LOTR n'appartiennent à aucune de nous deux, mais à Tolkien. Sauf bien sûr ceux qui sont inventés. Et je ne gagne pas d'argent sur cette fic.

J'espère que vous l'apprécierez, donc, bonne lecture =)

Ndla : Il n'existe pas de vouvoiement en anglais, tout étant au « you », donc j'ai hésité sur qui devait dire vous ou tu, et en s'adressant à quel personnage. Je vois mal des elfes seigneurs se tutoyer même s'ils sont amis, mais je pense que le tu passe quand ils parlent à des et/ou leurs enfants (ce qui ne marche pas dans le sens inverse à mon avis). Pour finir, j'aurais trouvé bizarre que des enfants se vouvoient entre eux.


Chapitre 2 : Alassë

- Ada ! Ada, ils sont là !

La voix d'Elladan Elrondion résonna clairement dans l'air du crépuscule, alors que, dans son étude, le seigneur Elrond souriait et se levait de son bureau. Avec une grâce déconcertante, il longea le couloir jusqu'au balcon où ses deux fils jumeaux, Elladan et Elrohir, étaient assis à regarder le coucher du soleil avec le petit Haldir.

- Il était temps ! Ils devraient être ici depuis des siècles ! fit Elrohir, en s'élevant par-dessus le rebord du balcon, tandis qu'Haldir se mettait sur la pointe des pieds à ses côtés.

Aucun des deux n'était encore capable de voir clairement leurs très attendus invités, car le soleil se couchait et il faisait presque noir maintenant.

- Je pense que tu exagères, Elrohir, ils ont seulement une ou deux heures de retard. Bien que je commençais moi-même à me demander ce qui pouvait les retenir, avoua Elrond, en contemplant le coucher de soleil rouge et rose qui éclairait la beauté naturelle de sa demeure, un peu surpris du retard. J'envisageais d'envoyer Glorfindel à leur rencontre, voir s'ils avaient été attaqués.

- Ais-je entendu mon nom ? lança joyeusement le tueur de Balrog blond, alors qu'il descendait les marches pour venir se joindre à eux. Ah, je vois qu'ils sont enfin ici.

De son regard bleu perçant, il scruta attentivement le bas de la vallée. Tous les elfes avaient une vision affûtée, mais Glorfindel était vraiment exceptionnel. Ce qu'il y vit firent s'arrondir ses yeux démesurément.

- Il semble qu'ils aient eu des ennuis, dit-il avec sérieux. Ils galopent à toute vitesse et il y a un corps ensanglanté dans les bras de Thranduil.

- Valar, s'il vous plaît, dites-moi que ce n'est pas Legolas ! s'exclama Elrond, avec inquiétude.

Il avait soutenu Thranduil après la mort de sa femme ; il ne pensait pas que le roi de Mirkwood pourrait survivre après la perte de son fils, qui était toute sa vie.

Les jumeaux et Haldir se tournèrent vers l'elfe Vanya blond avec appréhension, subitement effrayés pour leur jeune ami plein d'entrain. Ils avaient tous attendu avec impatience cette occasion rare de passer du temps ensemble, pendant que leurs pères seraient en conférence. Il serait vraiment malheureux que Legolas soit blessé et ne puisse pas profiter de ces moments.

- Ne craignez rien, ce n'est certainement pas Legolas. Je peux le voir à cheval avec les gardes aux côtés de Thranduil. En toute franchise, je n'ai aucune idée de qui est le blessé, la cape qui le recouvre obscurcit son visage. Ce n'est pas non plus le fils d'Iolwin, il est avec son père. Nous le saurons bien assez tôt, ils seront là dans quelques minutes.

- Je vais préparer une infusion contre la douleur, déclara vivement Elrond, en s'éloignant à grand pas.

Bien qu'il soit extrêmement soulagé qu'il ne soit rien arrivé au jeune prince, à qui il était très attaché, il ne pouvait supporter la pensée que n'importe quel elfe au monde puisse souffrir. Il espérait seulement qu'il était encore temps d'aider celui qui était dans les bras de Thranduil.

Glorfindel, quant à lui, se retrouva soudain avec deux jumeaux inquiets et un enfant très anxieux. Ils se pressaient autour de lui, en l'inondant de questions pour obtenir plus de détails sur ce mystérieux visiteur blessé.

- Est-ce un guerrier, Glorfindel ? demanda Haldir avec curiosité, debout sur la pointe des pieds et faisant des bonds de haut en bas dans une tentative de voir par-dessus la balustrade.

Les jumeaux le regardaient avec un léger amusement.

- Je ne crois pas, penneth, sourit Glorfindel, tandis qu'il expliquait patiemment. Qui que ce soit, il doit être vraiment très petit pour que Thranduil le tienne aussi facilement dans ses bras et sans que cela gène son équilibre à cheval. Ce doit être un enfant, mais je ne sais pas s'il est elfe ou humain.

Elrohir saisit finalement Haldir, qui grimpait presque sur la rambarde pour mieux voir, le leva dans ses bras et le plaça sur ses épaules, lui permettant ainsi de regarder de plus haut.

- Ah, je les vois ! Je les vois, maintenant ! cria Haldir, avec enthousiasme. Ils sont presque là ! Allons-nous descendre les rejoindre ?

- Je pense que nous devrions pouvoir le faire, n'est-ce pas, Elladan ? fit Elrohir avec un sourire.

Elladan hocha la tête.

- En effet. Mais tu crois pouvoir me dépasser avec un petit passager ? répondit le jumeau aîné, avant de prendre ses jambes à son cou et de s'enfuir à toute allure.

- Tricheur ! s'écria Elrohir avec indignation. Accroche-toi bien, mon petit, nous allons lui apprendre à nous sous-estimer !

Elrohir se lança après son frère avec Haldir, qui poussait des cris d'excitation sur ses épaules. Glorfindel les regarda disparaître avec un sourire amusé sur le visage.

- Franchement ! se dit-il. Je me demande parfois lequel des trois est vraiment l'enfant !

Il les suivit dans la même direction, mais à un rythme beaucoup plus tranquille.


- Thranduil, mellon-nin, nous commencions à nous inquiéter ! fit Elrond, puisque Thranduil était enfin dans la cour. Que s'est-il passé ?

- Nous avons trouvé cette petite seule dans la nature, déclara succinctement le roi de Mirkwood, tandis qu'il descendait de cheval avec grâce. Elle est dans un très mauvais état.

- Laissez-moi la voir.

Elrond tendit les bras et prit l'enfant à Thranduil, remarquant tristement combien celle-ci ne pesait rien, tandis que le reste du groupe de Mirkwood mettait pied à terre. Il tira la cape pour voir le visage de l'enfant et chercha un pouls.

- Elbereth ! chuchota-t-il. Elle n'est plus consciente depuis longtemps. Son rythme cardiaque est très faible et…

- Qui est-ce, Ada ? Est-elle gravement blessée ? demanda Elladan, tandis qu'Elrohir arrivait exactement au même instant, portant un Haldir surexcité sur ses épaules.

- J'ai bien peur que oui, Elladan, fit tristement Elrond. Elle est couverte d'ecchymoses et elle a évidemment perdu beaucoup de sang. Je vais devoir l'examiner tout de suite. Pouvez-vous garder un œil sur Legolas et Haldir pendant ce temps ? Ce n'est pas quelque chose que je veux qu'ils voient.

Les marques sur le visage de la petite elfe tordirent l'estomac d'Elrond de façon inquiétante, et il savait que les deux enfants seraient bouleversés par l'idée que quelqu'un puisse volontairement blesser un autre être vivant. A en juger par l'extrême pâleur de son visage et la froideur de sa peau, ses blessures étaient très sévères et si les jeunes elfes les voyaient, il était probable que leur sommeil serait perturbé cette nuit-là.

- Bien sûr, Ada, répondit docilement Elrohir. Viens, Legolas, tu vas pouvoir nous dire combien d'orcs tu as repéré pendant ton voyage.

Elladan fit la même chose qu'Elrohir en mettant le petit sur ses épaules, et tous les quatre retournèrent sur leurs pas vers la maison, leur bonheur effacé par la pensée d'à quel point l'enfant sans nom était grièvement blessée. Ils étaient un ensemble de cœurs doux et aimants et étaient tous bouleversés à l'idée qu'une jeune elfe soit dans la douleur, sans famille pour la réconforter

- Pensez-vous qu'elle ira à Mandos ? demanda tristement Haldir, tandis qu'ils montaient les escaliers vers le couloir où étaient la chambre des jumeaux et les appartements d'invités d'Haldir et Legolas.

- Elle avait vraiment l'air faible, mais je suis sûr qu'Ada sera capable de l'aider, Haldir, fit Elladan avec confiance, tandis qu'Elrohir et lui déposaient leurs passagers à terre. Ada peut traiter n'importe quoi. Tu te souviens de comment il a réussi à te soigner, quand tu es tombé de l'arbre, la dernière fois que tu étais ici ?

- Mais elle avait l'air d'être dans un état bien pire que cela et ses vêtements étaient couverts de sang, murmura Legolas, les larmes aux yeux. Ada a dit qu'elle s'éteignait. Vous pensez que le seigneur Elrond peut arrêter ça ?

- Je sais qu'il peut, déclara Elrohir, aussi sûr de son père qu'Elladan l'était. Il sera capable de l'aider, même si elle est vraiment proche de la mort. Lindir a failli disparaître aussi, une fois, après qu'il ait eu un accident à cheval et tout le monde pensait qu'il serait appelé à Mandos, pourtant, Ada a réussi à le sauver.


Pendant ce temps, Elrond, Glorfindel et Thranduil envoyèrent la petite elfe inconsciente à l'aile de guérison, tandis qu'un membre de la maison d'Elrond guidait Iolwin, Kianon et les gardes de Mirkwood à leurs chambres.

- Pauvre petite enfant, fit tristement Glorfindel, alors qu'Elrond déposait avec douceur la fillette sur une table recouverte de couvertures, et retirait la cape d'autour d'elle. Aiya ! Regardez toutes ces cicatrices ! Que pensez-vous qu'il lui soit arrivé ?

- D'importantes contusions au visage, des écorchures un peu partout, une sévère correction qui a provoqué les zébrures sur son dos, une cheville cassée… aucun enfant ne devrait avoir à supporter une telle douleur ! s'horrifia Elrond. Glorfindel, pouvez-vous tremper un gant dans l'eau mélangée à l'athelas ? Elle doit avoir finie de bouillir, maintenant. Thranduil, tenez-la pendant que je lui enlève son vêtement. La tunique est pratiquement collée à son dos avec le sang séché et je ne veux pas prendre le risque d'aggraver sa fracture en la bougeant.

Glorfindel et Thranduil se précipitaient pour faire ce qui leur avait été demandé, quand ils furent interrompus par Celeborn et sa fille, qui se demandaient où les autres elfes étaient passés. L'horreur était évidente sur leurs deux visages lorsqu'ils découvrirent la raison de leur disparition.

- Oh, la pauvre petite chérie ! s'exclama Celebrian, en s'empressant de repousser les cheveux sales du visage endommagé de la petite elfe. Où l'avez-vous trouvée, Thranduil ?

Thranduil leur raconta rapidement l'histoire, tandis qu'Elrond nettoyait les plaies du visage de l'enfant et de ses genoux, avant de leur appliquer un baume guérissant.

- Il n'y avait personne d'autre à proximité, pas de signe d'un parent ou d'un tuteur, conclut Thranduil, les sourcils froncés. Je pense que, à en juger par ce que l'on peut voir de ses cheveux, qu'elle est une elfe des bois, bien que je ne la reconnaisse pas comme étant une personne originaire de Mirkwood. Et étant donné l'état de son dos, il est clair qu'elle a été maltraitée.

- Je ne la reconnais pas non plus, fit Celeborn, pensif. Mais elle est sûrement du royaume de Lorien ou de Mirkwood, car elle n'est certainement pas d'Imladris. Si nous pouvons apprendre le nom de son père, quand elle se réveillera, nous pourrons être en mesure de découvrir exactement qui elle est et d'où elle vient.

- Quel âge pensez-vous qu'elle a ? songea Celebrian. L'âge d'Arwen ?

- J'en doute - Thranduil secoua la tête - Elle est si petite, et bien que cela puisse être dû à la malnutrition, je pense qu'elle est encore dans la petite enfance.

Elrond tourna délicatement l'enfant sur le ventre et commença à nettoyer et panser les horribles blessures de son dos, après avoir épongé le sang séché. Les marques écarlates sillonnaient tout le long et les cicatrices ne semblaient s'être refermées que récemment. L'enfant poussa un faible gémissement et se tortilla sous son emprise - le premier signe de vie qu'elle montrait depuis que le groupe de Mirkwood l'avait trouvée.

- Ssssh, ma petite, tout va bien, la calma Elrond. Je ne vais pas te faire de mal, penneth, c'est juste pour que cela cesse d'être douloureux. Doucement.

Ses paroles ne furent cependant pas entendues puisque l'enfant retomba aussitôt dans l'inconscience.

Il fallut un long moment à Elrond pour nettoyer et soigner toutes les blessures considérables qui recouvraient le corps frêle de l'enfant. Les autres ne pouvaient rien faire, mis à part observer avec appréhension, en se demandant qui avait bien pu causer tant de dégâts.

- Je vais mettre deux petites attelles à sa cheville, fit Elrond. Je pense qu'elle sera bouleversée et effrayée en se réveillant, et elle risque de provoquer encore plus de dommages en essayant de se déplacer. Je reviens dans un instant.

- Elle aura besoin de porter quelque chose, déclara subitement Celebrian. Il y a beaucoup de vêtements qu'Arwen ne porte plus en grandissant. Je vais lui chercher une tunique de sommeil.

Tandis que le seigneur et la dame d'Imladris quittaient la pièce, Thranduil, Celeborn et Glorfindel restèrent seuls avec le mystère de l'identité de l'enfant. Celeborn enroula une épaisse couverture autour de son corps trop mince et la posa sur ses genoux. Il observa attentivement son visage. Il eut beau essayer, il ne lui trouva de ressemblances avec aucun des elfes de Lorien. Soudain, l'enfant laissa échapper un gémissement douloureux, ses yeux clignèrent et s'ouvrirent. Elle regarda craintivement autour d'elle, dans une confusion totale. Thranduil se mit à genoux afin d'être à sa hauteur.

- Bonjour, petite, fit-il doucement. Tu n'as pas à être effrayée. Nous n'allons pas te faire de mal, nous voulons t'aider. Où sont ton Ada et ta Nana ?

- Nana est à Mandos. C'était ma faute, répondit la petite elfe hébétée, avec tristesse.

Ses mots étaient lents et hésitants, comme si elle n'avait plus parlé depuis longtemps. Celeborn et Thranduil échangèrent un regard confus et horrifié à l'entente du « c'était ma faute ».

- Je ne sais pas où est Ada !

- Qui t'as fait ces blessures, penneth ? demanda gentiment Glorfindel, en tendant la main pour caresser ses cheveux sales.

- Il… Il l'a fait ! s'étrangla l'enfant avec un sanglot déchirant, en s'accrochant à Celeborn de toutes ses forces.

Elle ne savait pas qui étaient ces trois étrangers, mais leurs cheveux dorés et la beauté de leurs visages avaient touché quelque chose de familier en elle. Des souvenirs s'agitèrent dans sa tête, sans qu'elle puisse vraiment les placer. Mais elle se sentait un peu plus en sécurité, maintenant ; ils n'étaient en rien comme Lui ! Ils ne la frappaient pas et ne lui criaient pas dessus. Cependant, elle ne put retenir plus longtemps des larmes qui ont rapidement débordé.

- Ai, que t'as-t-il fait endurer ? murmura discrètement Celeborn, en la déplaçant légèrement sur ses genoux, de façon à pouvoir la réconforter sans blesser son dos. Ssssh, tout va bien, tithen-pen. Personne ne te fera plus jamais de mal comme ça.

- Nous allons te protéger, ma petite, acquiesça Thranduil avec douceur, en adressant un sourire encourageant à l'enfant effrayée. Nous aimerions être tes amis. Mon nom est Thranduil.

- Th… Thranduil, répéta la petite elfe, les larmes aux yeux, fascinée par le beau regard bleu du roi elfique.

Il l'apaisait, même si elle ne savait pas très bien comment. Et pourquoi son nom lui était-il familier ?

- C'est ça, fit Thranduil, en tendant la main pour essuyer les larmes sur le visage sale de l'enfant. Et voici mes amis, Celeborn et Glorfindel. Ils ne te feront pas de mal non plus, je te le promets. Celeborn peut paraître sévère, mais je sais par expérience que c'est un vrai tendre. Peux-tu me dire ton nom, ma petite ?

L'esquisse du sourire qui était apparu lorsque Thranduil avait taquiné Celeborn disparut instantanément. Des larmes coulèrent à nouveau sur son visage et elle secoua la tête rapidement. Thranduil remarqua sa détresse et tendit les bras pour la prendre à Celeborn. Elle vint aussitôt à lui, en lisant la gentillesse et la sympathie sur ses beaux traits, et enfouit sa tête contre son torse robuste.

- Tu ne te souviens pas, fillette ? interrogea doucement Glorfindel.

- Vous allez rire ! gémit-elle dans l'épaule de Thranduil, ses mots devenant plus fluides à mesure qu'elle parlait. C'est un nom stupide !

Les trois seigneurs elfes échangèrent des regards confus, tandis que Thranduil essayait de la calmer.

- Je suis sûr que non, l'apaisa-t-il, en la berçant dans ses bras. Et nous ne rirons pas, je te le promets. Tu veux bien me le dire ?

- Alassë, répondit la petite elfe, avant de fondre en larmes.

Thranduil regarda Celeborn avec tristesse. Son cousin aîné reflétait son expression ; le nom signifiait « joie » et ça semblait amèrement ironique pour une telle petite malheureuse.

- Est-elle réveillée ? Bien ! fit Elrond, qui venait de réapparaître dans la pièce. Thranduil, pouvez-vous la tenir pendant que je m'occupe de sa cheville ?

L'enfant leva les yeux au son de la voix d'Elrond et se figea immédiatement dans la panique. Ses yeux verts s'élargirent au point de presque doubler de volume et elle se mit à trembler.

- Doucement, ma petite, la pressa Thranduil, quelque peu alarmé. Il ne va pas te faire de mal, je t'assure. C'est mon ami, Elrond. Il est guérisseur. Il va aider ta cheville à aller mieux.

Les douces paroles ne semblèrent pas fonctionner sur l'enfant, et elle continua à se recroqueviller loin d'Elrond. Celeborn et Glorfindel se regardèrent avec perplexité. Pourquoi avait-elle si peur du seigneur d'Imladris ? Elle semblait pourtant rassurée de les avoir à ses côtés, eux et Thranduil.

- Ah ! s'exclama brusquement Celeborn. Je pense que j'ai compris. Elrond, si elle est effectivement de Mirkwood, il est possible qu'elle n'ait jamais vu d'elfe aux cheveux noirs.

La compréhension se peignit sur le visage d'Elrond et il s'accroupit près de l'enfant, qui s'accrochait toujours à Thranduil comme si sa vie en dépendait.

- Tu n'as pas à avoir peur de moi, fillette. Je suis un elfe aussi, tu vois ?

Il parlait doucement, en repoussant ses cheveux noirs en arrière pour dévoiler une oreille pointue.

- Mes cheveux sont simplement d'une couleur différente de la tienne, c'est tout. Tu me permets de regarder ta cheville ? Je ne vais pas te faire de mal, c'est promis.

Alassë leva nerveusement les yeux vers Thranduil et quand il lui sourit, elle se détendit et laissa Elrond placer les attelles sur sa cheville. Ca lui fit un peu mal, mais elle se sentit mieux avec sa fracture soutenue.

- C'est Alassë, Elrond, fit Thranduil en souriant, alors qu'il sentait l'enfant poser la tête contre son torse.

Il ne s'était certainement pas attendu à ce qu'elle se fie à lui aussi vite. S'il ne fallait que quelques mots gentils et un câlin pour gagner sa confiance, ça en disait long sur la gravité des abus qu'on lui avait fait subir auparavant.

- Bonjour, Alassë, sourit Elrond, en prenant soin de parler calmement, car il lisait toujours de la peur dans les yeux verts de la petite elfe. Pouvons-nous être amis ?

Avec incertitude, l'enfant lui rendit son sourire et hocha la tête, mais brusquement, elle fut vaincue par la fatigue et elle perdit connaissance.

- Nous devrions la mettre au lit, fit Elrond, juste au moment où Celebrian revenait avec une tunique rose. Vous pourrez ensuite me répéter ce qu'elle vous a dit.

- Elle a d'abord besoin d'un bain ! affirma Celebrian, en regardant les cheveux emmêlés de l'enfant et son visage sale. Je vais le faire. Elle sera probablement plus à l'aise si elle se réveille, en constatant que c'est une femme qui s'en occupe. Si vous pouviez préparer une chambre pour elle, je vous l'amène bientôt.

Celebrian quitta la pièce avec l'enfant dans ses bras et les quatre elfes se dirigèrent vers les escaliers. Celeborn ne pouvait s'empêcher de froncer les sourcils à Thranduil.

- Y a-t-il un problème, seigneur Celeborn ? demanda Thranduil, avec un sourire joyeux.

- Un vrai tendre, en effet ! grogna Celeborn, en essayant de ne pas rire. Sachez que vous êtes chanceux, mon petit, que mes bras aient été occupés par une enfant, autrement, je vous aurai appris à respecter vos aînés !

Elrond et Glorfindel éclatèrent de rire, tandis que Thranduil grimaçait, rappelant à Celeborn le jeune elfe plein d'entrain qu'il avait été, avant les responsabilités qui étaient venues à lui avec la mort de son père.

Ils entrèrent dans la chambre qu'Elrond avait choisi et entreprirent d'allumer un feu et de préparer le lit pour leur invitée.

- Vous a-t-elle beaucoup parlé ? les pressa Elrond, le rire ayant entièrement quitté ses traits.

- Elle ne semble pas se souvenir d'où elle vient, fit sérieusement Celeborn. Mais il est clair qu'elle a souffert aux mains d'une âme cruelle. Asseyez-vous et je vous dirai le reste.

- Je sais une chose, affirma sombrement Glorfindel. Quand je mettrai la main sur cette âme cruelle, elle va vraiment, vraiment, le regretter !


Vous aimez toujours ? Qu'avez-vous pensé d'Alassë et des autres personnages ?

Tous les conseils et les remarques (bonnes ou mauvaises) sur la traduction, le style, etc, sont les bienvenues si certaines choses sont à améliorer. Et comme d'hab, je transmettrais à l'auteur ce qui a été dit.

A bientôt =)

Petit lexique elfique :

Nana (ou Naneth) = Maman (ou Mère)

Penneth = une jeune personne

tithen-pen = un petit enfant