Voilà la suite ! Bon, par contre après je passerai à un rythme de un chapitre par semaine voir par quinzaine. Je remercie Rubika666 pour sa review.
Euh détail : s'il y avait une bétalectrice ou un bétalecteur disponible...
L'action se passe juste après noël de la cinquième année de Harry. Par la suite, je respecterai plus ou moins les bouquins, je pense. J'espère que cela vous plaira.
Chapitre 1 : un stupide livre
L'éclat doré du soleil matinal réveilla la jeune femme. Elle gémit un peu, encore dans un demi-sommeil douillet, plein de la douceur chaleureuse des draps soyeux et de l'édredon en plumes. Un léger frisson parcourut la peau pâle de son visage, l'informant sur le frimât extérieur. Elle rentra un peu plus la tête sous le drap.
Cela aurait pu durer des heures, si une évidence ne l'avait pas soudain frappée : elle avait bien dormi !
Elle se réveilla en sursaut, se redressant brusquement dans son lit. Alors que son regard parcourait la chambre troglodyte dans laquelle elle se trouvait -murs creusés à même la roche granitique, sous forme de dôme, un lit en noyer, une armoire une table, une chaise, le tout étant très simple- les événements de la veille lui revinrent en mémoire.
Malgré le risque d'une rencontre malencontreuse avec des Aurors, elle s'était rendue à la Bibliothèque d'Alchimie et de Sorcellerie Supérieure Européenne, dans l'espoir de trouver un antidote à la potion des alchimistes du Minisitère qui la privait de ses pouvoirs. Dans les rayonnages, elle fit bien une rencontre malencontreuse, mais ce n'était pas avec un Auror. Avec Voldemort.
Le Mage Noir avait changé d'apparence : il n'était plus un reliquat d'homme, un serpent vaguement humanoïde. Non, c'était un homme séduisant, de l'apparence d'une trentaine ou quarantaine d'années qu'elle avait vu. Elle l'avait reconnu immédiatement ; cette reconnaissance fut réciproque. Elle avait d'abord cru mourir, mais au lieu de cela, il lui offrait une chance de nouvelle vie. Bien sûr, ce serait une vie de servitude mais comment refusait ? Elle ne le pouvait pas. Cette proposition était une véritable lueur d'espoir à laquelle elle se rattachait frénétiquement.
C'était ainsi qu'elle s'était retrouvée dans ce repère, une série de galeries creusées sur des kilomètres et des kilomètres. L'entrée se trouvait à flanc de falaise, face à une grève grise et brumeuse, dont seul le ressac incessant des vagues troublait la tranquillité. Du moins était-ce l'entrée qu'elle l'avait vue.
Après ? Eh bien Voldemort l'avait emmenée ici, puis il était parti. Un peu plu tard, un elfe de maison était passé lui apporter de quoi se sustenter. Puis elle s'était couchée. Rien de trépidant jusque là et elle s'en arrangeait bien. Elle ignorait ce à quoi le Seigneur des Ténèbres la destinait, mais elle avait pour avis que cela n'aurait rien de rose. Peu importait, les dés avaient été jetés de toutes façons.
Résignée, elle se leva, prit une rapide douche, s'habilla et inspecta son reflet dans le miroir. Rien de bien fameux. La noirceur de sa robe mettait en relief la pâleur de sa peau. Elle avait toujours eut une peau assez pâle, mais là cela devenait maladif. Ses joues creuses, les restes de ses cernes renforcées cette impression. Aujourd'hui, on lui donnait trente, trente-cinq ans. D'autres jours, on lui en aurait donné vingt-cinq.
Elle soupira et s'arracha au miroir après avoir rassemblée sa chevelure châtain dans une tresse. Elle revint sur le lit et attendit, préférant occuper son esprit sur les motifs cristallins de la roche, plutôt que dans l'introspection et les souvenirs. C'était plus reposant.
Elle n'attendit pas longtemps. Un elfe de maison, différent de celui de la veille, apparut. Celui-ci -celle-ci- était petite même pour une elfe de maison. Ses de gros yeux luisaient d'un reflet marine, semblable à des gemmes. Elle s'inclina.
- Miło mi panią Mérindol poznać. Błękia jest.(1)
- Bardzo mi miło.
Ashild Mérindol avait répondu machinalement, trop surprise d'avoir entendu sa langue natale, le polonais, pour répondre autrement. L'elfe de maison fut étonnée à son tour par la réponse.
- Mademoiselle Mérindol est très gentille avec Błękia, couina-t-elle toujours en polonais. Błękia est très contente d'être à son service.
- À mon service ? Tu es à mon service ?
L'elfe opina, fière.
- Oui, le Seigneur des Ténèbres a accordé ce privilège à Błękia ce matin. Je dois veiller au bien-être de Mlle Mérindol tant qu'elle sera parmi nous.
- Ah... marmonna la jeune femme qui ne savait pas vraiment quoi dire d'autre.
- Mlle Mérindol désire-t-elle quelque chose ?
- À manger.
Son ventre criait famine depuis une bonne heure. Błękia claqua des doigts et aussitôt un petit déjeuner plantureux apparut sur la table : chocolat chaud et crémeux, brioche moelleuse, jus de grenade. Ashild ne perdit pas une seconde pour lui faire honneur. Alors elle laissa son esprit un peu vagabonder parmi les myriades de questions.
Que lui voulait Voldemort et pourquoi la traitait-il ainsi ? Pour l'instant, elle ne lui était guère utile, sans magie. Et même pourquoi s'embarrasser d'une alchimiste avec qui il avait eu quelques soucis par le passé, alors qu'il devait certainement avoir des espions bien placés parmi les cercles d'alchimistes ? Pourquoi la traiter aussi bien ?
Elle ne se faisait guère d'illusion sur son sort -tous deux savaient qu'elle obéirait à n'importe quel ordre, tant qu'il ne faudrait pas tuer-, elle se questionnait juste. Pourquoi ?
Elle soupira une nouvelle fois. À quoi bon se questionner encore ? Tout cela était inutile. Elle était au service du Seigneur des Ténèbres voilà tout. Point final.
Alors son regard tomba sur le verre vide. Pourquoi pas ? Elle fit le vide dans son esprit, se laissant imprégner par la douce chaleur de la magie. Elle était pour ce qui savait la sentir, un flux doux et attentionné, une ami toujours présente. Le Ministère lui avait peut-être pris la faculté de parler à la magie, mais pas celle de l'écouter, de la sentir, de l'accueillir dans son esprit. Enfin Ashild fut suffisamment pénétrée de magie. Elle lança son esprit vers le verre, l'enveloppa telle une main qui voudrait le saisir et tenta de le soulever. Rien ne se produisit. La main psychique passait au travers du verre, encore une fois.
« À quoi bon essayer, puisque tu connais le résultat ? » Questionna une voix un peu aiguë, un peu sifflante derrière elle.
Ashild sursauta. Voldemort était entré dans la chambre, elle ne s'en était même pas rendu compte ! Elle se retourna vivement.
Le Mage noir se tenait calmement debout, la dévisageant de ses yeux obsidienne à tendance incarnat. Son regard la détaillait, la jaugeait, la mesurait, la jugeait et peut-être la déshabillait. Comment dire, puisque le visage de Voldemort était aussi expressif qu'un masque de marbre ? Au fond, peu lui importait.
« Le logement te satisfait-il ? Reprit Voldemort.
- Pourquoi ne serait-ce pas le cas ?
- Il est vrai que les conditions sont meilleures que la première fois où nous nous sommes rencontrés. Mais c'est de nouveau souterrain, à croire que nous sommes condamné au monde des profondeurs.
- Peut-être, concéda Ashild. J'ignore où trouvait un artefact draconique, ajouta-t-elle, devinant la question du mage noir. »
Voldemort esquissa un mince sourire.
« Cela, je m'en doute ! Sinon, cela ferait bien longtemps que tu en aurais récupéré un pour ton propre usage. Mais trêve de bavardage et passons aux choses sérieuses. Suis-moi. »
La jeune femme s'exécuta sans attendre, lui emboîtant le pas au travers du labyrinthe de pierre. Un léger courant d'air humide les accompagna, sans être trop importun. Ils arrivèrent ainsi devant une porte massive en bois clair. Étrangement, l'humidité des souterrains ne l'avait pas affectée : elle était tout aussi sèche et fringuante qu'au premier jour. Voldemort actionna la poignée faite de deux serpents enroulés l'un autour de l'autre. La porte s'ouvrit dans un sifflement ophidien, elle s'ouvrit sur le néant. Un épais nuage fuligineux flottait, interdisant au regard de le transperçait. Voldemort s'y engouffra sans hésitation. Ashild, elle ferma les yeux, un peu anxieuse. Elle fit un pas, deux. Un léger picotement parcourut son corps, chatouillant le ventre, gratouillant les épaules, descendant les bras, s'attardant dans les doigts, pour enfin s'en allait définitivement.
« Tu peux ouvrir les yeux » souffla Voldemort.
La jeune femme les ouvrit pour découvrir qu'ils se trouvait à l'entrée d'un long corridor, richement décoré de tapisseries et de boiseries. Ici l'air était chaud et sec. Ils arrivèrent au bout du corridor, où pendait une lourde tenture émeraude . Voldemort l'écarta révélant un salon luxueux, décoré dans des tons verts et serpentins.
Devant le feu qui brûlait doucement, quelques personnes somnolaient, parlaient ou bien lisaient. Ils tombèrent tous à genoux, sitôt qu'ils virent le Seigneur des Ténèbres. Ils étaient cinq : trois blonds que Ashild identifia comme la famille Malefoy, père mère et fils, une brune -Bellatrix- et un brun à large épaules -son mari, Rodolfus Lestrange.
« Maître, que nous vaut l'honneur de votre venue ? » demanda Lucius du ton le plus respectueux dont il était capable.
Voldemort leur signifia de se relever et désigna la jeune femme.
- Voici une nouvelle Mangemort Ashild Mérindol.
Bellatrix étouffa un cri de stupeur en reconnaissant le nom. Le Maître ne s'en émut pas et poursuivit.
- Dans les jours qui viennent, elle se rendra régulièrement dans la bibliothèque du Manoir. Naturellement, vous la laisserez faire et répondrez à ses questions si elle en a.
- Naturellement, assura Lucius, envoyant au passage un regard noir à sa belle-soeur qui conservait difficilement le silence.
- Bien »
Sur ce, Voldemort se dirigea vers l'étage, Ashild sur les talons. Dans une bibliothèque ? Le coeur de la jeune femme battait douloureusement dans sa poitrine. Se pourrait-il qu'il s'y trouve le remède à la potion du Ministère ? Une bouffée d'espoir la submergea.
La bibliothèque était une pièce spacieuse et confortable, réchauffée par un feu de cheminée qui brûlait généreusement dans l'âtre. Des globes incandescents diffusaient une lumière propice à la lecture. Sous leur éclat doux, on parcourait avidement les grandes étagères couvertes de grimoires, à n'en plus pouvoir tenir. Le tout était classé avec un soin méticuleux : là les traités de zoomagicologie (ils étaient peu nombreux), ici ceux de potion (beaucoup plus nombreux), de magie noire, d'ensorcellement et même... sur une étagère, il y avait même des ouvrage d'alchimie !
L'alchimie était un art rare, mystérieux, hermétique. Il était extrêmement difficile au profane de se procurer des grimoires sérieux et non des faux destinés à tromper celui qui n'était pas initié. Pourtant, cela semblait bien être des vrais. Bien sûr, les Malefoy détenaient déjà de nombreux ouvrages rarissimes sur la magie noire, mais l'alchimie, même pour la plus part des adepte de la magie noire, était réputée être un art maudit. Une nouvelle rumeur que laissaient courir les cercles clos des alchimistes. Car pour avoir été initiée à l'art d'Hermès Trismégiste, Ashild savait que ce n'était pas un art plus maudit qu'un autre, si l'on exceptait ces maudits Maîtres Alchimistes qui l'avaient bannie.
D'un léger geste de baguette, Voldemort fit apparaître un ouvrage sur la table. « Materia Primea : séparation et purification » de Paracelse. Il était écrit en alkemien 3, utilisant un code mélangeant alphabet hébraïque, pour la signification phonétique des lettres, dont la graphie avait été fixée par Nicolas Flamel au quatorzième siècle, pour retranscrire un texte en latin, parsemé de mots « trompeurs ». L'alkémien 3 était un langage de base, connu de n'importe quel alchimiste. L'ouvrage en lui-même n'avait rien d'exceptionnel.
« Tu me le traduiras en anglais.
- C'est tout ? S'étonna Ashild.
- C'est tout. Que peut faire d'autre une alchimiste n'ayant plus sa magie ? »
Ashild accusa le coup, le rouge lui montant au joue. Une nouvelle fois, la honte venait répandre son fiel dans ses veines. Voilà donc à quoi elle en était réduite : traduire un stupide livre.
Voldemort se moquait d'elle, il prenait plaisir à lui rappeler qu'elle n'était plus que l'ombre de celle qu'elle avait pu être. Il la dévisageait, un léger rictus amusé étirant ses lèvres fines. Peut-être attendait-il une réaction, une révolte ? Il n'en fut rien. Ashild n'en avait plus la force.
« Combien de temps ai-je ?
- Le temps qu'il te faudra. Un dernier détail : dans cette bibliothèque, il n'y a rien à propos de la potion qui t'affecte. Inutile de chercher. »
Sur ce, il partit.
En polonais cela signifie :
- Ravie de vous rencontrer, Mademoiselle Mérindol. C'est Błękia.
- Enchantée.
