Copyrights: Tenku no Escaflowne ne m'appartient pas, sinon j'aurais
fait une deuxième série avec Van et Hitomi qui s'embrassent
tout le temps (O_o)!! La nuit tomba sur le couple silencieux du petit pont. Ils
avaient passé les dernières heures du jour à se contempler
sans répit, s'absorbant un peu plus mutuellement à chaque
seconde. Le froid eut bientôt raison d'eux et tout en passant
un bras autour de sa taille, Allen mena Hitomi vers le palais. La
jeune fille frissonnait lorsqu'ils rejoignirent sa chambre. Elle
était trempée des pieds à la tête et l'humiditée
lui arrachait de plus en plus de claquements de dents. Le chevalier
frissonnait également mais tentait de tout son être de ne
pas le montrer. Hitomi le sentit néamoins et le tira en avant
alors qu'elle pénétrait dans sa chambre.
"Hitomi...je..."
La jeune fille sourit et continua de tirer sur sa manche humide.
La porte se referma derrière lui avec un petit claquement sec, ce
qui envoya un frisson le long de son épine dorsale. Allen
toussotta légèrement, quelque peu mal à l'aise.
Au plus profond de son être, rien ne le rendait plus heureux que
de se trouver seul avec Hitomi, dans sa chambre de surcroît...
Pourtant, son esprit chevaleresque ne cessait de lui envoyer de très
clairs avertissements. Il avala péniblement et laissa sa compagne
l'asseoir sur un tabouret. Elle s'éloigna pui revint avec
une épaisse serviette qu'elle jeta sur sa tête.
"Lève tes bras." demanda-t-elle soudain.
Le souffle d'Allen se bloqua. Il ne pouvait vraiment pas
se permettre de... de profiter de la situation présentement...
Il leva néamoins les bras.
Hitomi tira brusquement sur sa chemise humide et Allen se retrouva
à moitié nu, rouge comme une pivoine. Il allait se
sentir mal, c'était sûr. Il ne pouvait retenir les impulsions
qui le traversaient, insistantes, brûlantes... mais il ne pouvait
résister non plus au regard innocent que jetait Hitomi sur lui alors
qu'elle s'appliquait à le sécher. Elle est si jeune...
Le chevalier de Caeli secoua la tête. Il voulait chasser tous
ces papillons noirs et ne se concentrer que sur l'instant présent
et celle qu'il avait près de lui mais il était un homme après
tout...
"Hum...si tu permets...je pense que je vais me retirer, je t'ai assez
ennuyée..."
Un rire étouffé fut la seule réponse qu'il
reçut. Ça et une claque derrière la tête.
"Idiot! Tu es trempé et tremblant mais tu trouves le moyen
de t'embarrasser de ma présence et de ma chambre! Contrôle
un peu ce que tu as entre les deux jambes!"
À ces paroles, Allen vira réellement au rouge.
Il fixa ses mains croisées sur ses cuisses et soupira.
"Je suis vraiment désolé... Je... tu n'as vraiment
pas idée de..."
Il s'interrompit. La pensée qui lui avait traversé
l'esprit alors qu'il avait parlé avait suffit à lui couper
le souffle. Il secoua encore la tête, ce qui lui valut une
autre claque. Hitomi paraissait avoir un sixième sens dès
que ses émotions lui jouaient des tours. Elle savait toujours
ce qu'il pensait...
"Hé bien! Termine ta phrase!"
Le chevalier manqua de s'étrangler.
"Pardon?!"
Les images revenaient dans son esprit, en force.
"Termine ce que tu as commencé. Vas jusqu'au fond de ta
pensée!"
Hitomi était maintenant devant lui, les mains sur les hanches,
attendant manifestement une réponse. Si cela avait pu être
possible, Allen aurait encore rougit. Elle me rend fou!
"Je..."
Hitomi arqua un sourcil, prête à entendre ce qui
pourrait sortir de sa bouche. Allen ravala ses paroles. Il
allongea les bras dans un long geste souple et attrapa la jeune fille alors
qu'elle se reculait instinctivement. Il la serra contre lui si fort
qu'étouffée, elle se mit à le repousser faiblement.
"Baka! Je ne peux plus respirer!"
"Alors tu sais comment je me sens lorsque tu poses tes mains sur moi,
ne serais-ce que pour me sécher..."
La voix du chevalier était rauque, chargée de sous-entendus.
Il la tenait fermement contre lui, elle ne pouvait s'échapper.
Tu ne peux plus partir maintenant, tu sais ce que je pense...oh oui,
tu ne le sais que trop bien! Allen resserra encore son emprise,
arrachant un gémissement de sa prisonnière.
"Mais je vois que toi aussi tu es trempée... Laisse-moi
t'enlever ça..."
Hitomi poussa un cri de protestation aussitôt étouffé
par les lèvres du chevalier. D'une main il l'empêcha
de se retirer et de l'autre, lui retira habilement sa veste. Déçu
par la présence d'une chemise en-dessous, Allen tenta tant bien
que mal de la lui ôter mais Hitomi se débattait comme une
furie. Elle réussit à le griffer au visage, ce qui
lui fit relâcher sa prise. Saisissant l'ouverture, Hitomi se
rua en arrière et s'immobilisa, pantelante. Toujours sur son
tabouret, Allen posa une main contre sa joue meurtrie et sourit sournoisement.
Effrayée par le soudain changement de personnalité
d'Allen, Hitomi fit un pas en arrière. Elle avait peur...
une peur teintée d'incompréhension et... de désir?
Néamoins, ses instincts primaires affichaient en lettres géantes
derrière ses paupières d'alarmants messages. Part!
Part! Tu seras détruite si tu restes! Part! Part!
Écoutant sa conscience comme jamais, Hitomi fit un geste vers la
porte pour se retrouver nez à nez avec le chevalier de Caeli et
son sourire narquois. La jeune fille predit sa respiration et demeura
hébétée, incapable de faire le moindre geste.
Allen se pencha à son oreille.
"Jamais tu ne pourras vaincre un chevalier de Caeli de vitesse..."
Il appuya ses mots. "Jamais."
Allen l'aggrippa par les épaules et la plaqua contre le
mur à côté de la porte. Il était plus
grand qu'elle de quelques centimètres mais présentement,
Hitomi s'en fichait éperdument, elle était bien trop affrayée.
Peut-importe sa grandeur, Allen la dominait superbement. La jeune
fille grinca des dents, sa peur se muant lentement en colère sourde.
"Je ne suis pas ta catin! Pousse-toi!" cracha-t-elle en le repoussant
de toutes ses forces.
L'homme ne broncha pas d'un poil. Il approcha son visage
du sien et caressa sa joue contre la sienne, légèrement,
sa respiration envoyant une centaine de millier de décharges électriques
au travers d'Hitomi.
"Ne...ne fais pas ça!" Elle le repoussa encore, plus fort.
Allen finit par bouger un peu, seulement pour se blottir contre
elle, l'écrasant contre le mur. Hitomi commençait à
paniquer. Elle ne savait plus quoi faire pour ramener Allen à
la réalitée, le ramener à lui. Présentement,
ses yeux jettaient des éclairs mauvais, sa physionomie toute entière
exprimant un désir presque violent, auquel elle ne résisterait
plus longtemps...
"Je t'en prie... arrête..." Hitomi commença à pleurer.
Le chevalier haussa les sourcils.
"Des larmes? Mais pourquoi?" Son sourire s'effaca.
Hitomi éclata en sanglots et donna coup sur coup contre
a poitrine chaude.
"Tu ne réalise donc pas ce tu es en train de faire?!"
Les pleurs s'écoulaient, s'épanchaient, chargés
de la peur que la jeune fille ressentait au plus profond d'elle-même
ainsi que de tous les troubles qu'elle portait depuis son arrivée
sur Gaea. Elle se laissa aller contre Allen qui ne bougeait plus,
se bras pendants sur ses côtés. Elle dut pleurer longtemps,
mais cela n'avait plus d'importance, le temps n'avait plus d'importance,
seul l'amour vivait...
***
Allen sentit les larmes chaudes contre sa peau. Il les sentit
glisser le long de son corps, l'électrifiant tout entier.
Il oublia sa colère, son désir, sa violence. Le temps
n'importait plus, seule Hitomi importait. Elle pleurait, ses pleurs
la secouant toute entière alors qu'elle s'appuyait contre lui, confiante
malgré tout le mal qu'il aurait pu lui causer quelques instants
plus tôt. Retourné, Allen ne put rien faire, ses muscles
tétanisés. Hitomi pleura longtemps, mais le temps n'importait
plus, seul l'amour vibrait...
***
Ce ne fut que plus tard qu'Allen réalisa qu'il avait soulevé
une Hitomi sanglottante pour la déposer dans son lit. Le chevalier
avait résisté à l'envie d'appeler une femme de chambre
pour s'occuper d'elle, il resterait à son côté jusqu'à
ce qu'elle s'endorme. Pourtant, alors qu'il laissait sa compagne
glisser contre le matelas, il sentit ses longs bras fins se glisser derrière
son cou pour l'attirer contre elle.
"Ne pars pas!" murmura-t-elle dans un demi-sommeil.
Allen déposa un baiser contre son front.
"Je vais rester près de toi autant qu'il le faudra."
Néamoins, Hitomi ne relâcha pas son emprise.
Elle tira même plus fort, ce qui acheva de déstabiliser Allen
qui bascula vers le lit, tombant de tout son poids contre Hitomi.
Rougissant jusqu'à la racine des cheveux, Allen se releva péniblement.
Il alla se chercher une chaise mais lorsqu'il s'en retourna vers le lit,
ce-dernier était vide.
"Hitomi?" Sa voix laissait filer une touche d'inquiétude.
Au fond de la pièce déjà sombre, Allen distingua
une silhouette et se dirigea vers elle pour s'arrêter à quelques
pas de celle-ci. À contre jour, baignée par la lumière
opalescente des deux lunes, une figure digne des plus grandes légendes
se tenait immobile, silencieuse. Le chevalier retint son souffle,
médusé par l'apparition céleste. Un corps d'albâtre,
immobile tel une statue de marbre. Des courbes généreuses,
gracieuses telles des fleurs en pleine saison. Un parfum frais, léger
comme le ciel de printemps, frais comme la brise d'automne et puissant
comme le soleil. Des yeux de la couleur de l'océan, profonds,
mystérieux, entraînants.
Allen avala péniblement. Hitomi se tenait immobile,
dans toute la splendeur de sa nuditée. Elle était captivante,
envoûtante et si belle... si belle.
"Allen?" Sa voix résonna dans le vide de la nuit.
Le chevalier se jeta à genoux devant sa déesse.
Elle était la perfection même, l'incarnation de la divinitée
toute-puissante, la reine de la Lune Mystique.
L'apparition s'avança vers lui et attendit qu'il se relève.
Médusé, subjugué, Allen se leva, complètement
sous l'emprise de cette vision enchanteresse. Il ne respirait plus,
ne bougeait plus, ne cillait plus. Hitomi tendit une main presque
translucide vers lui et caressa sa peau brûlante. Ses doigts
frais courrurent le long de ses épaules et de son cou, soulignèrent
les lignes de sa poitrine et tracèrent de légers zigzags
contre son abdomen.
Je vais devenir fou! Allen n'en pouvait plus.
Le contact de sa nymphe le rendait fou, fou de désir, fou de joie,
fou d'amour...
De son côté, Hitomi poursuivait son exploration,
ne laissant aucun centimètre de son torse inexploré, laissant
des doigts caresser la peau chaude tout en laissant son souffle courrir
contre sa surface, titillant le pauvre chevalier.
Allen la prit à bras-le-corps et nicha sa tête au
creux de son épaule.
"Commande et tu seras obéie, déesse suprême."
Sa voix était chargée de dévotion et d'une soumission
totale et aveugle.
Hitomi sourit.
"Ta déesse te demande de la faire tienne, de la prendre toute
entière et de lui offrir le paradis qu'elle a perdu." sussurra-t-elle.
Allen resserra son emprise et la souleva d'un seul geste.
Il l'embrassa passionnément, leurs lèvres soudées
dans un baiser si intense que le temps s'arrêta vraiment. Leurs
coeurs ne faisaient déjà plus qu'un, leurs corps réclamaient
justice.
"Hitomi...?" dit Allen alors qu'il la déposait délicatement
sur le lit.
"Hai?"
"Tu es certaine de ce que tu désires? Je dois savoir maintenant
avant qu'il soit trop tard." Sa voix exprimait une énorme
insécuritée, qu'Hitomi appaisa d'un baiser.
"Allen?" demanda-t-elle alors qu'il se glissait contre elle, son corps
nu brûlant contre le sien.
"Hai?"
"Aishiteru, je t'aime." Les yeux d'Hitomi brillaient de bonheur,
de désir et d'amour.
Allen sourit tendrement alors qu'il découvrait sa compagne
toute entière.
"Et moi aussi... je t'aime."
Leurs soupirs s'enmêlèrent, tantôt passionnés,
tantôt tendres et parfois hardis. La nuit accompagna le couple
alors que leurs corps se faisaient justice, luisants sous la faible lumière
des chandelles mourantes. Hitomi découvrit tous les bonheurs
de l'amour grâce aux mains tendres et patientes de son compagnon.
Elle gémit, sourit et rit alors qu'il la caressait et la faisait
sienne. Au dernier moment, alors qu'elle lui appartiendrait pour
toujours, Allen plongea ses yeux dans ceux de sa déesse, interrogateurs.
Hitomi sourit et l'attira vers lui, l'acceptant tout entier, l'acceuillant
en elle pour la première fois de son existence. Son paradis
lui fut rendu et Allen fut élevé au rang de prince.
La lune fut le seul témoin des soupirs qui résonnèrent
longtemps à travers les corridors vides du palais et elle seule
sut jamais si la déesse cria lorsqu'elle atteignit les cieux...
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