cette histoire (et ce message) ont été traduits pour vous, fans français de KakaIru, par kuchiki.rukia2!Elle a gentiment offert de longues heures de travail parce qu'elle voulait partager avec vous une histoire qu'elle a aimée. Merci Kia2, tu es formidable. DarkAuroran

Stranger Situations

Chapitre 2 : dans les cieux.

« puis-je vous offrir quelque chose à boire avant le décollage, Monsieur ? »

Iruka leva la tête vers la jeune et attirante hôtesse. Elle lui avait poliment donné son nom, Ino, avant de conduire les deux hommes à l'intérieur de l'avion et les installer confortablement. Et confortablement était le mot ! Iruka était resté sans voix un moment, ébloui par le luxe de l'avion, la situation lui semblait presque irréelle. L'avion était tout simplement incroyable. Il pensa qu'il n'était jamais entré dans un endroit aussi luxueux auparavant. Deux larges fauteuils en cuir couleur crème se faisaient face, séparés par une petite table en acajou. La table avait des rebords dorés, et sur sa surface lisse était imprimé un étrange symbole représentant une feuille stylisée, en or.

De l'autre côté de l'avion trônait un large canapé trois places, de la même couleur que les fauteuils. Le sol était recouvert d'un épais tapis bleu, et toutes les finitions de l'avion étaient elles aussi en acajou. Cela conférait à l'avion une atmosphère d'extravagance, mais également de sérénité. De nombreux autres signes ostentatoires de richesse étaient visibles, de l'immense télé écran plat aux petits porte-gobelets dorés. Le symbole de feuille spiralée était présent un peu partout, et semblait être l'unique élément décoratif de l'avion. Iruka supposa que cela devait être le symbole de l'entreprise qui avait construit l'avion.

Alors qu'Iruka était tout simplement abasourdi par tout ce luxe et restait immobile dans son fauteuil, qui pouvait d'ailleurs pivoter pour lui permettre de s'asseoir et de se lever facilement, Kakashi semblait lui complètement blasé. Il s'avança, fit tourner son fauteuil et s'affala dans les coussins moelleux, comme dans un vieux fauteuil de salon. Il semblait totalement à l'aise dans tout ce luxe et le professeur aux cheveux bruns dut admettre que Kakashi se mariait très bien avec le décor.

Iruka prit un moment jauger l'homme assis en face de lui, comme il venait de le faire pour l'intérieur de l'avion. Sa chemise noire et son jeans bleu foncé étaient tous les deux neufs, impeccablement coupés, à se demander si le jeans n'avait même pas été fait sur mesure. Ses chaussures étaient en cuir, et une montre en argent autour du poignet pâle de l'homme dépassait discrètement de la chemise noire. Iruka ne pouvait voir le modèle de la montre, mais elle devait être très chère. La seule chose étrange était le bandeau noir couvrant son œil gauche, mais il se mariait très bien avec le reste. De plus, Kakashi laissait émaner une sorte d'indifférence, et il aurait été tout aussi irrésistible dans un vieux T-shirt et un jogging usé.

De l'autre côté, Iruka ne portait qu'un simple t-shirt gris (ni râpé ni taché, mais pas neuf non plus) et un vieux jeans délavé. Cela lui donnait l'impression de faire tache dans le décor. Il ne se sentait vraiment pas à l'aise dans toute cette opulence. Il avait toujours vécu une vie simple. Et il n'avait jamais eu peur de s'asseoir dans son fauteuil à lui !

L'un dans l'autre, Iruka était intimidé et ne savait pas trop comment se comporter. Une chose était sure. Il était terrifié à l'idée d'abîmer la moindre petite chose de cet intérieur. La moindre petite tache de nourriture ou de boisson lui couterait probablement une fortune en frais de nettoyage. Le professeur tournait un peu à la paranoia, mais il valait mieux prévenir que guérir. Il s'apprêtait à refuser poliment le verre proposé lorsqu'une autre voix parla pour lui.

« Deux wiskies s'il vous plait . »

Il regarda l'homme aux cheveux argentés d'un air irrité et s'apprêta à dire qu'il n'en voulait pas, mais il fut de nouveau coupé.

« Mettez en un double d'ailleurs » ajouta Kakashi dans un sourire narquois.

« Oui Monsieur. » Ino acquiesça poliment, sa queue de cheval suivant le mouvement, avant de se diriger vers la petite cuisine à l'avant de l'avion.

« Ah, Mademoiselle, je n'en prendrai pas » lança Iruka mais l'hôtesse n'en tint pas compte, et Iruka supposa que Kakashi étant le client qui payait, c'est donc de lui qu'elle prendrait les ordres pendant tout le vol.

Il regarda l'homme et ne put s'empêcher de froncer les sourcils.

« Je n'ai vraiment besoin de rien. »

L'étrange sourire accompagné du fameux œil incurvé refit son apparition, et Iruka ne put s'empêcher de s'en vouloir de le trouver à nouveau attirant.

« J'ai pensé que tu aurai besoin d'un remontant, vu les conditions que tu as accepté pour pouvoir prendre cet avion. L'alcool facilite les choses comme on dit » répondit la douce voix.

Iruka regarda ailleurs, sentant ses joues rougir. Maudit bâtard manipulateur. Il avait accepté de répondre à toutes ses questions et d'embrasser l'homme riche et cinglé avant la fin du vol. Iruka pensa à ce qui l'attendait et décida qu'un verre d'alcool était clairement ce qui lui fallait pour se préparer. Cela allait être particulièrement humiliant et invasif.

Cela va me permettre de rejoindre Naruto, pensa-t-il.

Il aurait fait n'importe quoi pour son petit frère, parce qu'il était sa seule famille. Il avait cependant besoin d'une petite courtoisie de la part de l'homme. Résolu à subir son premier interrogatoire en règle, il se força à contenir la rougeur de son visage et fixa l'œil gris de son interlocuteur.

« J'ai une requête, » commença-t-il.

Le seul signe l'incitant à continuer fut un petit signe de la tête de la part de l'autre homme.

« Pas de questions pendant le décollage et l'atterrissage, »

Le visage aux cheveux argentés se pencha interrogatif, « pourquoi donc ? »

Iruka émit un timide sourire et haussa les épaules.

« Ca me rend juste nerveux, et je serai incapable de me concentrer sur ce que vous allez me demander de toute façon, donc vraiment vous allez parler pour rien. »

Kakashi acquiesça et sourit avec courtoisie.

« Accordé. »

Iruka reconnaissant lui retourna son sourire, et supposa qu'il avait eu affaire à monsieur-sympathique, ce qui laissait augurer que l'interrogatoire durant le vol serait probablement mené par Monsieur-bâtard. Quelle belle journée !

Un verre en cristal contenant trois gros glaçons et une bonne quantité d'un liquide ambré fut déposé devant lui sur un sous-verre. Il remercia la jeune hôtesse et regarda Kakashi qui avait saisi son verre et le maintenait en l'air. Iruka reconnut l'invitation à porter un toast et attrapa son verre pour y répondre. C'était juste pour être poli après tout.

Les fines et pâles lèvres formèrent un sourire franc et l'œil gris se mit à briller d'amusement alors qu'il se fixait sur le jeune homme aux cheveux chocolat.

« A un vol…révélateur, » murmura la douce voix.

A la réapparition de Monsieur-bâtard, pensa Iruka, laissant ses yeux exprimer pour lui toute l'ironie de la situation.

Les deux hommes entrechoquèrent doucement leurs verres et burent une gorgée. Oh c'était délicieux. Doux et puissant à la fois, avec cette petite chaleur coulant au fond de sa gorge pour le réchauffer de l'intérieur. Fabuleux.

« C'est très bon, » complimenta Iruka.

« Heureux que tu aimes, » répondit poliment Kakashi.

Iruka prit une autre petite gorgée et décida de poser lui-même quelques questions avant de subir son propre interrogatoire. Il n'était pas de nature curieuse, mais certaines questions trottaient dans sa tête depuis un moment, comme cet œil caché par exemple. Comment Kakashi l'avait-il perdu ? Quel était son nom de famille ? Il s'était présenté à l'aéroport en ne donnant que son prénom, et Iruka avait été trop fatigué et surpris pour chercher plus loin. Cela semblait être une bonne question pour commencer.

« Hé Kakashi, quel est votre nom de famille ? »

Il y eut un court silence et Iruka eut la nette impression que l'autre homme envisageait de lui mentir. Bien, il préférait encore ne pas avoir de réponse plutôt que l'homme lui mente.

« vous n'êtes pas obligé de me le dire si vous ne voulez pas, » reprit-il gentiment.

Bien sûr l'homme était riche. Peut-être était-il inquiet qu'Iruka reconnaisse son nom de famille et lui demande de l'argent ou autre chose. Ou bien qu'il parle aux médias et leur vende son histoire. C'était évident qu'il était pauvre, et les gens sont capables de faire beaucoup de choses pour de l'argent.

« Hatake, » répondit la voix profonde, tirant Iruka de ses pensées. « Hatake Kakashi. »

Le ton qu'employa Kakashi donna l'impression à Iruka qu'il était censé réagir à ce nom, mais Hatake ne lui disait vraiment rien. C'était sans doute une bonne chose, et cela donnerait un peu d'aise à l'étranger.

« J'aime bien ça, » reprit il en souriant. « Nous avons tous les deux des noms peu communs. »

L'attitude de Kakashi ne laissait transparaître aucune émotion particulière, mais Iruka sembla percevoir dans son œil gris une lueur de soulagement. Ino réapparut pour leur demander d'attacher leurs ceintures car l'avion allait décoller. Kakashi observa le jeune homme avec intérêt alors que l'avion s'engageait sur la piste, et Iruka attrapa son verre pour prendre une grande lampée de whisky.

La peau cannelle semblait devenir de plus en plus pâle, et des doigts nerveux serraient compulsivement le verre. L'avion gagna de la vitesse et Iruka sut que le décollage n'était plus qu'une question de secondes. Forçant ses poumons à fonctionner en prenant de longues et profondes inspirations, il tressaillit au moment où les roues quittèrent le tarmac, et son cœur s'accéléra à mesure que l'avion prenait de l'altitude. Le professeur frémit lorsque l'avion émis l'habituel petit tangage du décollage. Bien que ce moment le rende systématiquement anxieux, il ne pouvait s'empêcher de regarder par le hublot avec une fascination morbide, alors que le sol s'éloignait et qu'il se retrouvait catapulté dans le grand vide du ciel. C'était dans ce genre de moment qu'il se demandait s'il n'avait pas une tendance masochiste. L'avion atteignit finalement sa hauteur de croisière et il put respirer normalement à nouveau. Il était toujours très pâle, mais son cerveau semblait avoir repris le contrôle. Reprenant une gorgée de whisky et appréciant la brûlure relaxante au creux de son estomac, il se tourna vers l'homme en face de lui.

« Bon, je suis prêt. »

L'homme plus âgé lui sourit gentiment. C'était un sourire franc et magnifique, beaucoup plus que tous ceux qu'il lui avait adressés jusqu'à présent, car celui-ci semblait authentique. Les coins de ses lèvres pâles se relevèrent doucement et son œil gris se plissa adorablement. C'était vraiment le genre de sourire à vous couper le souffle.

« C'est bon, Iruka, »répondit doucement Kakashi. « On va attendre un petit peu. Veux-tu un peu d'eau ou autre chose ? »

Iruka était sans voix. Le bâtard manipulateur pouvait être gentil et compatissant ? C'était nouveau ça… ou bien c'était juste une nouvelle forme de manipulation. Suspicieux, il se mit à examiner l'homme, mais ne sentit rien d'autre que de la considération et de la bienveillance irradier autour de l'homme. Un petit rire brisa le silence.

« Ne sois pas si paranoïaque. Tu es encore pâle et tout tremblant. Je veux juste attendre que tu sois à l'aise. »

Bien, que pouvait-il répondre à ça ?

« Oh..heu…merci. Mais je vais bien, merci. »

Ino choisit ce moment précis pour réapparaître et leur demander s'ils désiraient quelque chose.

« Non merci, » répondit Iruka.

« Un deuxième tour, s'il vous plait », demanda Kakashi en montrant son verre vide.

Le professeur s'apprêtait à lever son propre verre pour montrer qu'il était encore plein, mais fut réellement surpris car il constata qu'il avait déjà fini tout son whisky. Seuls les glaçons en train de fondre cliquetaient au fond de son verre en cristal.

« Ca alors ! » marmonna-t-il.

Kakashi éclata de rire devant l'expression incrédule du jeune homme. Celui-ci rougit violemment, à la fois parce qu'il était la source de et amusement, mais aussi car ce rire était délicieusement sexy.

Grattant sa nuque honteusement, il émit lui aussi un petit rire gêné.

« Je pense que j'ai du perdre la notion des choses pendant le décollage, » murmura-t-il dans un petit rire.

« Je pense que c'est ça, » acquiesça Kakashi. « Tu as peur de l'avion ? »

« Non, » répondit sérieusement Iruka avant de sourire à nouveau. « C'est juste le décollage et l'atterrissage qui me rendent nerveux. Une fois en l'air, ça va. »

« Je vois. »

L'homme aux cheveux argentés s'installa confortablement dans son fauteuil, et Iruka fit de même. Le vol était long, autant prendre ses aises. Ino leur ramena des verres pleins et ramassa les précédents. Il remarqua qu'il avait un simple whisky cette fois, mais il aurait été irresponsable d'en consommer plus malgré la qualité du breuvage.

« Je ne devrais pas boire celui-là, » se marmonna-t-il à lui-même en contemplant le beau liquide ambré.

« Ah bon ? »

Iruka fronça le nez devant son verre et éclaira la voix interrogatrice.

« Je ne me rappelle pas quand j'ai mangé pour la dernière fois, et l'autre verre me monte déjà à la tête, » avoua-t-il.

« Tu n'as pas mangé sur le précédent vol ? »

Iruka secoua la tête négativement et émit un petit rire, « J'aurais bien voulu s'ils avaient servi quelque chose de mangeable. Je ne sais pas ce que vous avez eu en première classe, mais nous avons eu droit à de la semelle de chaussure reconstituée. »

« très appétissant en effet, » reprit Kakashi en riant.

L'homme aux cheveux argentés saisit son verre et le leva pour proposer un toast comme pour le premier verre. Iruka se demanda s'ils allaient faire ça à chaque verre, mais il savait aussi qu'il ne boirait plus d'alcool après ce verre ci. Il attrapa donc son verre. Il fallait bien être poli, c'était l'avion du dingue après tout. Cependant Kakashi ne dit rien cette fois, il fit juste tinter son verre contre celui d'Iruka et but une gorgée. Iruka suivit son exemple, et apprécia la douce brûlure du liquide. L'homme aux cheveux argent reposa son verre sur la table, mais Iruka choisit de garder le sien en main. Avoir quelque chose dans les mains l'aidait à calmer ses nerfs (NA : oui, Kakashi est totalement en train de manipuler Iruka pour lui faire boire plus d'alcool).

« Tu ne sembles par vraiment te détendre. Comment te sens-tu ? Ton fauteuil n'est pas confortable ? »

Iruka sourit à ces questions.

« Donc l'interrogatoire commence », répliqua-t-il, croisant un œil gris intense, avant de frémir et de s'enfoncer un peu plus dans les coussins de son siège. « Bon, j'ai accepté de répondre à toutes vos questions. »

Mais je pensais qu'elles seraient beaucoup plus personnelles ajouta-t-il mentalement.

« Je n'arrive pas à me détendre parce qu'il y a actuellement autour de moi plus d'opulence et de richesse que je n'en verrai jamais. Je suis terrifié à l'idée d'abîmer quelque chose et d'avoir à payer la note, et je suis très inquiet pour mon petit frère. Et pour l'inconfort du fauteuil ? Vous savez pertinemment que ce n'est pas le cas. Cette chose est plus confortable que mon lit à la maison.»

Kakashi acquiesça poliment avant de continuer.

« Pour commencer, tu n'auras pas à payer quelconque note de réparation. Tu es mon invité et je veux que tu te détendes et que tu apprécies ce vol. Donc, où est ta maison ? »

Le jeune homme aux cheveux bruns décida d'être un peu insolent. Il avait promis de répondre à toutes les questions… mais cela ne voulait pas dire qu'il ne pouvait pas être un peu effronté.

« Là où se trouve mon cœur, » répondit-il dans un sourire taquin.

Les lèvres pâles le lui rendirent, mais avec une petite pointe de machiavélisme, et Iruka eut soudain l'impression que le retour de Monsieur bâtard était imminent.

« Et où est ton cœur ? »

« En ce moment, il est dans un lit d'hôpital en Californie, » répondit il en soupirant tristement.

Une partie de l'atmosphère prédatrice sembla disparaître et Kakashi hocha la tête d'un air compréhensif.

« Tu aimes beaucoup ton petit frère. »

Ce n'était pas une question, c'était un fait, et Iruka frotta la cicatrice de son nez inconsciemment.

« Oui. Je ne sais pas ce que je deviendrais sans lui. Il est tout ce que j'ai, et nous avons affronté pas mal de choses ensemble. Penser que ce stupide accident de voiture puisse nous séparer…c'est ridicule. »

« Raconte moi ce qui s'est passé. Tout ce qui s'est passé. »

Et Iruka le fit. Cela lui faisait du bien de pouvoir en parler un peu d'ailleurs. Il avait quitté Konoha si rapidement qu'il n'avait eu le temps que de faire son sac et de téléphoner à l'orphelinat pour leur dire qu'il ne rentrerait que quand Naruto irait bien. Le plus âgé des deux écoutait attentivement et posait quelques questions par ci par là pour montrer qu'il écoutait, émettant de temps en temps des petits « hmm » compréhensifs. Iruka raconta l'accident des garçons et, guidé par les questions de Kakashi, aborda son passé, comment Naruto et lui étaient devenus orphelins et comment ils en étaient venus à s'adopter mutuellement. Cela le mena à expliquer comment il était devenu professeur à l'orphelinat, donnant le meilleur de lui-même pour apporter aux petits orphelins un peu de stabilité, d'amour et une éducation décente. Les questions comme « pourquoi es-tu si sensible ? comment était ton enfance ? » ramenèrent le jeune homme à la peau de miel aux jours sombres et douloureux de son enfance.

« Vous voyez, » expliqua Iruka alors qu'il finissait son whisky et contemplait la glace restée au fond de son verre. Sa tête semblait plus légère tout à coup, et son corps était comme enveloppé d'une douce chaleur, alors que sa langue se déliait sous l'effet de l'alcool, les mots venant beaucoup plus facilement. « quand j'étais à l'orphelinat, nous n'avions aucune éducation, en dehors d'apprendre à lire, écrire et compter. On passait la plupart de notre temps à faire le ménage, la cuisine et le jardin. Un homme qui s'appelait Kabuto était chargé de nous faire travailler. Il avait l'air sympathique et aurait pu charmer n'importe qui, d'ailleurs il ramenait souvent des jolies femmes le week end. Mais tout ça ce n'était que des mensonges. C'était un homme particulièrement cruel. Le genre d'homme qui souriait comme un ange pendant que vous gisiez, brisé et saignant sur le sol, parce que vous aviez 'mérité' une punition pour une chose que vous aviez mal faite selon lui. La vérité, c'est qu'il s'ennuyait et qu'il voulait juste s'amuser un peu. Et pour lui, rien n'était plus amusant que d'entendre des cris de souffrance. »

Un frisson le parcourut au souvenir de ce sourire charmeur annonciateur de souffrance, et il pouvait presque le voir à nouveau à travers les morceaux de glace de son verre.

« Toutes les femmes qu'il ramenait le week end arrivaient en souriant et en flirtant. Mais dès que la porte de sa chambre se refermait, les cris commençaient. Et pas des cris de plaisir. On les entendaient dans tout le bâtiment, et même si on savait qu'il allait être occupé toute la nuit, aucun de nous n'a jamais eu le courage d'en profiter pour essayer de se sauver. On restait dans nos lits terrifiés, priant pour que le jour arrive vite et que les cris cessent. La pauvre femme sortait en titubant le matin. On ne voyait jamais de trace de coup ou de sang, mais on savait qu'elle avait été brisée. C'était un homme cruel, et il aimait, adorait faire souffrir. Mais même Kabuto n'était rien comparé à notre soi disant 'protecteur'. Nous l'appelions… »

Iruka s'arrêta brutalement en se rendant compte de ce qu'il était en train de raconter. Il n'avait jamais parlé de ça à personne. Ni à la police, ni à ses amis. Et là, il était dans un avion privé, dévoilant tous ses secrets à un riche et fol étranger, à cause de quelques verres et d'un manque total de sens commun. Quel idiot ! Comment avait-il pu verbaliser des choses qui avaient été gardées sous silence si longtemps ? Il avait juste été perdu dans ses pensées et parlé tout haut sans réfléchir.

L'étranger aux cheveux argent n'avait pas prononcé un mot depuis les dernières minutes. Il devait être dégoûté d'Iruka, dégouté par son passé et sa faiblesse de n'avoir rien fait pour changer sa situation à l'orphelinat. Dieu seul pouvait savoir combien Iruka s'était dégoûté lui-même pendant de nombreuses années. Cela lui avait pris de beaucoup de temps avant d'accepter que, malgré toute la maturité qu'il avait pu posséder étant enfant, il n'en était pas moins qu'un enfant justement. Un petit enfant effrayé et battu qui avait connu un début d'existence horrible.

Levant ses yeux chocolats avec appréhension vers l'homme assis en face de lui, il se prépara à faire face au dégoût et au rejet qu'il était certain de trouver. Iruka s'apprêtait à s'excuser pour son bavardage et l'inconfort qu'il avait pu faire naître, mais les mots restèrent dans sa gorge quand il vit le beau et pâle visage. Les deux fines et élégantes mains étaient serrées l'une contre l'autre et cachaient la bouche et le nez de l'homme, laissant seulement visibles l'œil droit et un petit bout de peau blanche. La seule émotion qui émanait de son regard profond était une vive colère, et Iruka s'enfonça dans son fauteuil sous l'intensité de celle-ci.

L'homme plus âgé baissa son regard vers le sol, et Iruka se maudit encore une fois de n'avoir pas su tenir sa langue et d'avoir parlé aussi facilement de choses qui auraient du rester enterrées. Il ne savait rien de ce riche voyageur, et il avait à l'instant étalé des choses qu'aucune personne correcte ne voulait entendre. Il était vraiment, vraiment un idiot ! Incapable de supporter l'intense regard plus longtemps, Iruka baissa les yeux pour se focaliser sur son verre vide toujours dans ses mains.

« Je suis vraiment désolé, » s'excusa-t-il doucement, serrant tellement son verre qu'il craignait de le briser. « Je ne voulais pas… »

« Continue s'il-te-plaît. »

Il fut surpris par cette interruption et son regard croisa l'œil gris. Kakashi n'avait pas bougé d'un pouce mais son regard s'était adouci, renvoyant plus de compréhension que de colère maintenant. Des mèches brunes s'agitèrent lorsqu'Iruka hocha la tête négativement.

« Ca a juste empiré. Croyez-moi, vous ne voulez pas savoir et je n'ai pas très envie de raconter la suite non plus, » il prit une grande respiration et posa son verre sur la table. Il ne voulait vraiment pas le casser et avoir à le remplacer. « J'ai accepté de répondre à toutes vos questions avant de monter dans cet avion, mais je vous demande de ne plus rien me demander à propos de cette histoire. J'ai été idiot de vous en parler. C'est quelque chose que vous ne devriez pas savoir. »

S'il vous plait, s'il vous plait, faites qu'il passe à autre chose.

Mais Kakashi n'allait pas se laisser dissuader de connaître la suite si facilement apparemment.

« Comment appeliez-vous votre protecteur ? »

Bâtard.

Maintenant il avait une décision à prendre. Revenir sur sa parole et ne plus répondre à aucune question, ou s'ouvrir complètement et révéler les noirs secrets dont il n'avait jamais parlé à personne. Il prit un moment pour réfléchir et Kakashi lui laissa un peu de temps sans l'interrompre. C'était seulement un jour dans sa vie. Après l'atterrissage, il ne reverrait jamais l'homme plus âgé, et on dit qu'il est plus facile de s'ouvrir à un parfait étranger qu'à son meilleur ami. Il pouvait tout dire à Kakashi et il n'y aurait aucune répercussion parce que cette relation s'arrêterait à l'arrivée de l'avion. Il voulait aussi tenir sa parole à la personne qui lui permettrait de rejoindre Naruto le plus vite possible. Il était enfin, même si cela lui coutait de l'avouer, redevable de l'homme étrange. Si le prix à payer était l'honnêteté et l'ouverture, et bien…Sa dette serait rapidement payée. Iruka prit une profonde inspiration.

« Nous l'appelions 'le directeur', mais son nom était Orochimaru. »

L'homme argenté hocha la tête, pour montrer qu'il appréciait à la fois la confiance d'Iruka et sa décision d'honorer son engagement.

« Continue je t'en prie. »

Iruka baissa les yeux et son regard se perdit dans ses pensées. Cela l'aidait à se remémorer ses souvenirs et à les exprimer tout haut.

« Il était particulièrement cruel et très intelligent. Il pouvait attaquer autant physiquement que moralement, mais contrairement à Kabuto, il prenait son temps pour cela.Il nous faisait parfois venir pour nous parler des heures. Il y avait une horrible petite chaise en bois devant son bureau. Elle était très haute et il n'y avait pas de repose-pieds, donc tes pieds pendaient dans le vide, et elle penchait vers l'arrière donc tu devais faire attention à ne pas tomber. Après quelques minutes, ton dos te faisait un mal de chien et tes jambes devenaient toutes engourdies. Cependant un seul gamin a été assez stupide pour se lever sans permission. Après avoir été battu, Hayate n'a pas pu se lever pendant un mois, et ses poumons n'ont jamais complètement récupéré après avoir été percés par des côtes cassées. Kabuto avait fait des études de médecine, donc on n'était jamais emmené à l'hôpital, aucun médecin n'a donc jamais pu constaté notre état déplorable. Après ça, on a tous appris à rester assis. »

« Le directeur pouvait te parler des heures, sur des sujets banals, et il interprétait tes réponses pour les rendre suspectes ou mauvaises, te laissant croire que tu avais fait quelque chose de terrible. Il posait question sur question, transformant les réponses et arrivant à embrouiller ton esprit. A la fin, tu étais persuadé que tu avais fait une horrible bêtise, tu te sentais coupable et terrifié, tes jambes ne fonctionnaient plus, ton dos hurlait de douleur et ton esprit n'était que confusion. Une fois je suis resté cinq heures. Ce petit jeu était impitoyable et à la fin, j'étais complètement brisé, presque à supplier qu'il me batte pour que cela se finisse et que je puisse aller m'écrouler sur mon lit. »

« Il s'est finalement levé et m'a embrassé sur le front. Il m'a dit qu'il avait aimé notre petite discussion et que je pouvais retourner jouer. Je suis sorti en titubant du bureau, mes jambes étaient comme mortes. Ce jour là je me suis demandé pourquoi il nous détestait tant. Mais un jour j'ai réalisé qu'il ne nous détestait pas du tout. Il nous aimait, et cette révélation m'a encore plus effrayé. Mais moi j'était chanceux finalement, à cause de ma cicatrice, » il traça du bout des doigts la ligne qui barrait son nez. « Orochimaru adorait la perfection. Ma mère m'a fait cette marque pour me protéger d'un fou, et elle a continué de me protéger contre un autre fou. Cette cicatrice m'a permis de ne pas susciter son intérêt. Mais le pauvre Naruto n'a pas eu cette chance. »

Le flot des souvenirs fut interrompu lorsque Kakashi se pencha pour poser son propre verre devant Iruka, qui leva des yeux interrogateurs.

« Essayez-vous de me rendre saoul, Kakashi ? » demanda-t-il en plaisantant à moitié, mais content de pouvoir échapper un peu à ses sombres souvenirs.

« Tu en as besoin. Bois. Nous allons bientôt avoir à manger. »

Iruka chercha dans la voix de la condescendance ou de la pitié, mais n'en perçut pas. Les mots avaient été murmurés avec une pointe d'émotion, mais sur un ton définitivement compréhensif. A la mention du repas, Iruka sentit un poids sur sa poitrine. Il était assis là à raconter son histoire à Kakashi, et avait complètement oublié qu'il y avait d'autres oreilles à portée d'écoute dans l'avion. L'homme aux cheveux chocolat se tourna pour chercher Ino, mais elle n'était nulle part. C'était déjà assez dur de savoir qu'une personne connaissait son histoire, mais la jeune blonde n'avait pas à entendre ça, et il ne voulait pas qu'elle connaisse son passé.

« Je l'ai envoyée s'asseoir dans le cockpit dès que tu as mentionné Kabuto. Ne t'inquiètes pas, elle n'a rien entendu. »

Iruka releva le front et haussa ses sourcils confus.

« Comment avez-vous su que vous deviez la faire partir ? »

Kakashi attrapa la main d'Iruka, y plaça le verre d'alcool ambré, et referma leurs deux mains par-dessus.

« Tes yeux me l'ont dit. Maintenant, bois. »

Iruka obéit et sentit le liquide brûler le fond de sa gorge. Il s'était déjà résigné à tout révéler. Que ce soit l'alcool qui exacrerbe ses émotions ou bien juste le fait que l'homme plus âgé ne le juge pas, Iruka sentait un poids le quitter en partageant son passé avec quelqu'un qui n'en faisait pas partie, et qui ne faisait pas non plus partie de son futur. Comme une sorte de thérapie.

Une main pâle et élégante s'approcha d'Iruka, et il laissa les doigts frôler sa cicatrice.

« Ta mère….pourquoi ? »

Il soupira. Cette histoire était plus facile à raconter, il l'avait déjà fait plusieurs fois.

« Quand j'avais quatre ans, nous avons fêté la promotion de mon père. Je ne savais pas ce que ça signifiait à l'époque bien sûr. Tout ce que je savais, c'était que cela rendait mes parents heureux, donc moi aussi j'étais heureux. Mon père avait obtenu cette promotion aux dépends d'un autre homme, qui a débarqué chez nous furieux avec un pistolet. Il a tué mon père et s'apprêtait à nous tuer ma mère et moi, mais il voulait s'amuser un peu avant. Je ressemble beaucoup à ma mère, mais j'ai le nez de mon père. L'homme a lancé un couteau à ma mère et lui a dit qu'elle allait mourir, mais qu'il me laisserait en vie si elle défigurait mon nez. Ma mère n'a pas hésité. Après ça l'homme a tenu sa parole, il a tué ma mère mais m'a laissé en vie. Puis il s'est mis à tourner en rond dans la maison en riant hystériquement, et il s'est suicidé. Et c'est comme ça que je me suis retrouvé à l'orphelinat. »

Iruka n'avait laissé paraître aucune émotion. Il préférait se souvenir de ses parents avant que le fou ne débarque dans leurs vies. Ils riaient et dansaient dans la cuisine, tout en cuisinant le diner de fête. Kakashi secoua la tête d'un air incrédule, et eut envie de toucher la cicatrice à nouveau, mais il se retint. Iruka savait que leur petit jeu de questions-réponses était loin d'être fini. Le pire de l'histoire était encore à venir, et maintenant qu'il en avait déjà tant dit, il voulait que tout cela sorte de lui une bonne fois pour toutes.

« Qu'est-ce qui est arrivé à Naruto ? »

C'était la question à un million de dollars. Celle qui allait les mener à la partie finale et la plus morbide de son histoire. Jetant un œil par la fenêtre, il regarda le soleil décliner et colorer les nuages de rose et d'or. Il pouvait parler de ça, mais il lui était impossible de regarder Kakashi en le faisant. En regardant ailleurs, Iruka pouvait imaginer qu'il était juste en train de parler, et pas de raconter à quelqu'un en particulier. C'était plus facile comme ça, moins de souffrance et de culpabilité.

« Naruto est arrivé à l'orphelinat à l'âge de six ans, moi j'en avais dix. J'étais déjà là depuis six ans, et j'avais déjà ma cicatrice à mon arrivée. Mes yeux et mes cheveux bruns m'avaient rendu sans intérêt, et la cicatrice sur mon nez non désirable. Kabuto adorait me dire combien j'étais hideux et ennuyeux comparé aux autres. Je pense qu'il disait ça pour me blesser, mais en même temps j'étais content de l'entendre parce que ça voulait dire qu'ils allaient m'ignorer. Mais Naruto, lui, » Iruka soupira tristement. « Naruto était parfait. L'image même de l'innocence angélique et de la beauté parfaite ».

Les yeux chocolats plein d'amour croisèrent l'œil gris et Iruka sourit.

« Il est si beau Kakashi. Il a des cheveux dorés et des yeux aussi bleus qu'un ciel d'été. Plein d'énergie, ce gamin ne s'arrête jamais, et son sourire est étincelant, » les yeux bruns s'assombrirent de nouveau et il se tourna vers le coucher de soleil.

« Le directeur est tombé amoureux de lui dès qu'il a franchi les grilles de l'orphelinat. Un tout petit bonhomme dont l'ancien protecteur était mort, et qui arrivait en enfer. Le premier jour, Orochimaru l'a enfermé dans son bureau pendant des heures. Naruto en est sorti complètement désorienté, confus et terrifié. Il est allé se cacher sous une pile de bois au fond du jardin et a commencé à pleurer. C'est là que je l'ai trouvé. J'avais couru parce que Kabuto cherchait à s'amuser ce jour là, et que mes camarades l'avaient entendu prononcer mon nom. On est resté là toute la journée, lui pleurant et moi le serrant contre moi, en lui promettant de lui apprendre comment survivre ici. Après ça nous sommes devenus inséparables. A cause de son innocence et de sa nature affectueuse, les autres garçons et moi avons tout fait pour le protéger et le tenir loin de Kabuto et du directeur. On avait l'impression qu'en protégeant Naruto, on protégeait un peu l'innocence qu'on nous avait volé à tous. »

Iruka finit son verre et prit une grande inspiration.

« Une nuit, Orochimaru demanda qu'on fasse venir Naruto. Le petit gars ne voulait pas me lâcher, et du coup j'ai été emmené avec lui. Pour une fois j'étais content d'y aller. Je ne pouvais pas le laisser seul face à ce monstre. Un couple sans enfant avait apparemment aperçu Naruto dans la cour et voulait l'adopter. Orochimaru était convaincu que c'était parce que Naruto était particulièrement mignon. Il déclara que personne ne lui volerait Naruto, et que le petit lui appartenait. Il se mit a hurler comme un dément, nous accusant d'avoir essayé de nous échapper, d'avoir trahi son amour inconditionnel pour nous et sa dévotion pour Naruto. C'est à ce moment que tout s'est emballé. Kabuto a débarqué dans le bureau avec un couteau, criant à Orochimaru qu'il avait perdu son temps à l'attendre désespérement, en croyant que le directeur allait finalement tomber amoureux de lui, mais que malgré ça il lui préférait un petit morveux. Il a attrapé Naruto, et avant qu'Orochimaru ou moi puissions réagir, il avait gravé six lignes sur ses petites joues. Trois de chaque côté. »

Iruka traça les lignes sur ses joues cuivrées avec ses doigts, mimant les cicatrices de Naruto.

« Un coup de feu a retenti, et je me rappelle juste avoir attrapé Naruto alors que Kabuto le lâchait. Orochimaru avait sorti une arme de nulle part et avait tiré dans le ventre de Kabuto. Je n'ai même pas réfléchi. Dès que j'ai vu le sang, j'ai attrapé la main de Naruto et j'ai couru. Orochimaru a commencé à crier que j'essayais de lui voler Naruto et des balles se sont mises à siffler dans tous les sens. On venait juste de sortir du bâtiment et on courait vers le portail quand j'ai été touché. Ce bâtard m'a tout simplement tiré dans le dos et je suis tombé par terre. Je ne sentais plus rien à part la douleur, mais un autre gamin m'a dit après que Naruto s'était couché sur moi pour tenter de me protéger, » Iruka émit un petit rire pathétique.

« C'était un brave et vaillant petit soldat pour un bonhomme de six ans. On avait essayé de le protéger et maintenant c'était lui qui me protégeait alors qu'il aurait pu s'enfuir. Orochimaru l'a envoyé balader facilement bien sûr, mais il a essayé de toutes ses forces. J'allais me prendre une balle dans la tête quand la police est arrivée toutes sirènes hurlantes. Un passant avait entendu les coups de feu et appelé la police. Le bâtard a bien tenté de s'échapper, mais ils ont trouvé Kabuto dans l'office, et ensuite ils ont trouvé toutes les preuves des sévices qu'il nous avait fait subir. C'en était fini pour lui. En fait il a été enfermé dans une prison de haute sécurité, et moi j'ai du réapprendre à marcher. Honnêtement, je ne sais pas si Kabuto a survécu, et je n'ai jamais demandé. Finalement tout s'est bien terminé, et c'est un vieil homme très gentil qui s'est occupé de nous après ça. Il s'appelait Sarutobi, et il est devenu le grand père que nous n'avions jamais eu. Il nous a appris tout ce qu'il savait avec patience et encouragement. Nous l'aimions vraiment beaucoup, et maintenant je poursuis un peu son œuvre avec quelque uns de mes anciens camarades. C'est pour ça que je travaille toujours à l'orphelinat. »

Iruka se sentit exténué après avoir raconté tout ça, mais un poids semblait avoir quitté son âme, au moins pour quelques temps. Il laissa échapper un long soupir et se retourna vers Kakashi avec un petit sourire triste, pour voir l'homme perdu dans ses pensées, ses longs doigts toujours serrés et cachant son visage.

Il ne devais pas à s'attendre à ça quand il m'a demandé de lui raconter mon histoire. Il ne va sûrement plus vouloir me demander quoi que ce soit maintenant. Peut-être qu'il ne voudra plus que je l'embrasse non plus. Mince, j'aurais dû ajouter un truc sur une maladie ultra contagieuse dans mon histoire ! Hum, mais ça aurait été un mensonge.

L'idée qu'il n'aurait plus à répondre à aucune question était attirante. Kakashi ne voudrait probablement plus rien savoir après avoir été bombardé par une telle histoire de la part d'un étranger avec lequel il pensait pouvoir s'amuser un peu. Et bien, que ça lui serve de leçon pour mettre les gens dans des situations grotesques. Et jouer sur leur désespoir comme ça. Au moins il n'y aurait plus de questions bizarres maintenant, ce serait un soulagement.

Après un long silence, Kakashi sembla prêt à parler, et décroisa les doigts pour laisser apparaître une bouche sexy marqué par un sourire de mauvais augure.

« Puis-je voir la cicatrice sur ton dos ? »

Et bien ça, c'était vraiment inattendu, mais cela rendait en même temps les choses plus intéressantes. Le plus âgé recommençait à en vouloir plus qu'il n'en avait demandé au début.

« Laquelle ? » demanda Iruka, sur un ton ironique et amer. « J'en ai quelque unes faites par Kabuto, mais je suppose que vous parlez de la plaie par balle, pas vrai ? »

Kakashi hocha la tête et Iruka se leva pour lui montrer. Kakashi se leva également et il fut surpris par la grande taille de l'homme aux cheveux argentés (et sans compter les centimètres ajoutés par sa chevelure défiant la gravité).

« C'est l'espèce de toile d'araignée juste à côté de ma colonne entre les deux omoplates. »

C'était juste un autre moment de cette situation irréelle. Il n'avait jamais montré ses cicatrices à quiconque auparavant. Naruto et les garçons avec qui il avait grandi savaient qu'elles existaient bien sûr (ils avaient tous leurs propres cicatrices), et Sasuke les avaient vues quand ils avaient été ensemble à la mer et s'étaient baignés. Sasuke était le seul à qui Naruto avait raconté leur passé, et il n'avait fait aucun commentaire. En fait, la première fois que Sasuke avait vu leurs cicatrices, on aurait dit qu'il avait envie de tuer quelqu'un. Iruka avait juste souri et ébouriffé ses cheveux, disant que tout cela appartenait au passé. Ce fut la première fois qu'il parla de son passé à quelqu'un, et la première fois qu'une personne extérieure à son petit cercle d'amis avait vu ces marques sur sa peau.

Il se tourna et releva l'arrière de son T-shirt, de manière à ce que sa poitrine soit toujours couverte. Son dos, lui, était complètement dénudé. La seule réaction de Kakashi fut qu'il arrêta un court instant de respirer. Iruka connaissait bien son dos, et savait qu'il était horrible avec toutes ces marques pâles ou sombres zébrant sa peau. Il s'attendait à ce que l'homme lui demande de se couvrir rapidement, mais il poussa au contraire un petit cri de surprise peu masculin lorsqu'il sentit des doigts doux frôler l'endroit où avait pénétré la balle. Deux mains puissantes se posèrent sur ses épaules, l'empêchant de s'échapper. Il tourna de grands yeux étonnés par-dessus son épaule pour regarder l'homme qui se tenait derrière lui. L'œil gris croisa un instant les orbes chocolat avant de retourner à la peau marquée. L'une des deux mains pâles quitta son épaule pour toucher à nouveau la cicatrice arachnoïdienne, et exerça une légère pression qui entraîna un frisson de sensations le long de la colonne du jeune homme.

« C'est douloureux ? »demanda la douce voix d'un ton grave.

Iruka secoua la tête , « N-non. »

La main bougea doucement pour effleurer d'autres cicatrices. Ses doigts survolèrent toutes sortes de marques, des longues et fines, certaines mal soignées qui avaient laissé des traces profondes, des petites traces blanchâtres parsemées près de sa taille, probable souvenir d'une brûlure.

« Pourquoi as-tu été si surpris quand je les ai touchées ? » reprit-il en utilisant le même ton grave, comme s'il tentait d'apaiser un animal effrayé.

Iruka sursauta et ferma les yeux quand une cicatrice particulièrement sensible fut caressée.

« Personne…Personne n'a jamais touché mon dos. Pas comme ça. Avant c'était toujours pour y laisser une marque. Personne ne l'a jamais juste…touché. »

Une partie de lui-même avait envie de s'enfuir loin, de s'éloigner de cet homme étrange et de cacher sa honte au monde entier. C'était trop bizarre d'être caressé dans cette zone, sans qu'elle soit abîmée de nouveau. De sentir quelqu'un le toucher, mais sans ressentir la souffrance par la suite. Mais une autre part se réjouissait de la douce caresse, des nouvelles sensations que produisait cette charmante exploration de ses anciennes blessures. Certaines était complètement insensibles et il pouvait sentir la pression des doigts, mais aucune sensation sur la peau elle-même à ces endroits. D'autres étaient très sensibles au contraire, et leur stimulation provoquait de petits frissons électriques qui montaient et descendaient le long de sa colonne. C'était une nouvelle expérience et il se serait presque allongé sur le canapé pour en demander plus.

« Un jour, » murmura la profonde voix auprès de son oreille alors que ses doigts survolaient une cicatrice particulièrement sensible, provoquant un nouveau frisson. « Je te demanderai de me raconter comment tu as eu chacune de ces cicatrices. »

Iruka fit un pas pour s'écarter de lui, et remit son T-shirt en place. Il se retourna et leva ses yeux sombres vers l'homme en secouant la tête.

« Une fois que l'avion aura atterri, vous et moi ne nous reverrons jamais, » répliqua-t-il clairement.

Leurs regards se fixèrent l'un sur l'autre et l'atmosphère devint pesante. Iruka ne se sentait plus en danger auprès de l'homme plus grand, et Kakashi n'était pas habitué à ce qu'on lui dise non, et il dut se retenir de ne pas commencer à argumenter sur ce point.

Finalement, le joli visage offrit un timide sourire et invita Iruka à se rasseoir.

« Bien, je ferais mieux d'obtenir les réponses à toutes mes questions rapidement alors, n'est-ce pas ? »

Iruka acquiesça et se rassit.

« C'était notre contrat, » répondit-il.

« En effet, » murmura l'homme. « Mais pour l'instant, j'ai faim et tu as dit que tu n'avais pas mangé depuis un bon moment. »

Kakashi pressa un bouton près de son siège, et la porte du cockpit s'ouvrit quelques secondes plus tard. Ino s'approcha des deux hommes en souriant poliment.

« Que puis-je faire pour vous Messieurs ? »

« Le dîner s'il vous plait Ino, avec du thé. »

« Bien Monsieur », répondit-elle, puis elle se tourna vers Iruka. « Avez-vous un régime particulier, Monsieur ? »

Même les gamins de sa classe ne l'appelait pas Monsieur, et cela lui faisait bizarre de s'entendre appeler comme ça. Cela lui donnait l'impression d'être plus vieux que son âge, et cela ne lui plaisait pas vraiment.

« Je suis allergique à la banane. Sinon je mange à peu près de tout, » répondit-il en grattant sa nuque. « Ino, pourriez-vous m'appeler juste Iruka ? Ca me fait bizarre de vous entendre m'appeler Monsieur. »

Pour la première fois depuis qu'ils étaient dans l'avion, le visage d'Ino fut illuminé par un beau et honnête sourire. Cela détendit l'atmosphère immédiatement.

« Bien sûr que je peux, Iruka. Et ne vous inquiétez pas, il n'y a pas de bananes dans ce que nous servons ce soir. Mais je vais vérifier pour être sûre ! »

« Merci Ino. J'ai hâte de voir le dîner. Je suis certain que ça va être délicieux. »

La jeune femme sembla se gorger de fierté et fit tournoyer ses longs cheveux autour de ses épaules.

« Je peux vous garantir que ce sera bon. C'est mon mari qui a cuisiné, et il s'y connait en cuisine ! Pas question de servir de la merde micro-ondée ici. »

Elle reprit la direction de la petite cuisine, et ferma la porte derrière elle pour leur donner un peu d'intimité.

Iruka se retourna pour sourire à Kakashi.

« Ca doit être vraiment bien d'avoir un partenaire qui est aussi fier de ce que vous faites. Le mari d'Ino est un homme chanceux. Elle a l'air d'être très amoureuse. Elle ne vous a même pas dévisagé quand nous sommes arrivés, je me suis même demandé si elle ne préférait pas les filles. »

Un sourcil pâle se fronça, et le jeune homme se demanda encore une fois si le deuxième avait suivi le mouvement.

« Pourquoi t'attendais-tu à ce qu'elle me dévisage ? » demanda-t-il, une aura d'innocence semblant s'échapper par chaque pore de sa peau pâle.

Mais Iruka n'était pas dupe.

« Ne jouez pas les imbéciles, Kakashi. Ca ne va pas du tout avec votre personnalité de « je suis un bâtard manipulateur », reprit-il en souriant devant l'innocente expression qu'avait adoptée l'autre. « Vous savez très bien que la plupart des femmes souffrent d'anémie dès que vous vous approchez. Honnêtement, je suis surpris qu'il n'y ai pas d'annonce publique de sécurité dès que vous sortez de chez vous. »

Il mit sa main bronzée en cornet autour de sa bouche, pour imiter le son d'une annonce radio.

« Votre attention s'il vous plait. Dans l'intérêt général, toutes les femmes se trouvant dans un rayon de 5 kilomètres autour de Tokyo sont informées que Kakashi Hatake vient d'être aperçu dans les environs. Les hémorragies massives et les combustions spontanées de sous vêtements sont imminentes. Sauve qui peut ! »

Kakashi éclata de rire et Iruka fit de même, appréciant ce beau rire et le fait qu'il avait pu le provoquer.

« Bien sûr, ils ne devraient pas annoncer ça que pour les femmes…comme tu le sais Iruka. »

Le rire mourut aussitôt et Iruka prit une belle teinte rouge, se frottant le nez gêné. Il ne savait pas quoi répondre à ça. Etait-ce possible que Kakashi veuille encore qu'il remplisse la deuxième partie de son contrat, même après les terribles choses qu'il avait apprises ? Mais pourquoi tenait-il donc tant à embrasser Iruka, ou plutôt à ce qu'Iruka l'embrasse ? Cet homme était vraiment perturbant. Il était manipulateur, attentionné, dangereux, gentil, drôle, un bâtard fini, incroyablement sexy, autoritaire, dominateur et compréhensif.

Il était particulièrement fort et rapide, et par la manière dont il se mouvait autour d'Iruka et la façon dont il l'avait plaqué sur le lit sans lui faire mal pour autant, il devait également avoir bénéficié d'une formation au combat. Il n'avait jamais fait mal à Iruka, mais l'avait malmené à plusieurs reprises. L'étranger aux cheveux argentés était vraiment une cacophonie de contradictions. Les femmes tombaient à ses pieds et il était visiblement attiré par elles, mais il choisissait de jouer avec un banal jeune homme au visage balafré. Cela n'avait aucun sens. Rien chez cet homme n'avait de sens.

Kakashi observait avec bonheur les émotions qui se succédaient sur le visage renfrogné, et il reprit dans un sourire.

« Qu'est ce qui te trotte dans la tête ? »

« Vous êtes bizarre, » deux mains tannées couvrirent sa bouche deux secondes trop tard, comme si elles essayaient de rattraper ses mots et de les renvoyer au fond de sa gorge.

Le plus âgé se mit à rire de nouveau et hocha la tête.

« c'est certainement une belle analyse de notre relation particulière. »

Iruka était affligé. « C'était vraiment grossier de ma part. Je suis vraiment désolé. C'est juste que…que tout ça n'a aucun sens. »

« Pourquoi ? » Ses lèvres pâles sourirent sur un air de 'je-sais-à-quoi-tu-penses'. « Est-ce parce que je veux que tu m'embrasses ? »

Merde ! Mais comment le sait-il ? Est-ce que c'est si évident que ça ?

« Oui, » fut la réponse amusée à la question silencieuse d'Iruka, laissant ce dernier encore plus sans voix. « Tu as un visage très expressif. Et très attirant par ailleurs. »

Il se mit à rougir de plus belle, et une petite voix dans sa tête se demanda si une montée de sang pareille au visage était bien saine. Il était en train de bredouiller une réponse quand Ino sauva la situation en leur apportant le thé. C'était du thé à la menthe.

Merci mon dieu. Ce thé va me détendre un peu.

Le dîner suivit rapidement, et ce fut quelque chose !

La nourriture était incroyable, Iruka n'avait jamais mangé quelque chose d'aussi bon de sa vie. Tout était parfumé, épicé et cuisiné à la perfection. C'était absolument délicieux. Ils eurent tout d'abord du misoyaki au saumon accompagné d'un tempura de légumes variés, servis avec un vin blanc doux qui s'accordait parfaitement avec les plats. Ensuite vinrent un mahi mahi butteryaki et sa neige de crabe, avec une sauce au citron et du riz blanc cuit à la vapeur. Un autre verre de vin fut servi, un peu moins doux mais accompagnant idéalement les mets. Iruka était au paradis de la gastronomie, et il était obligé de se contrôler pour ne pas se précipiter sur les plats. Il savoura chaque bouchée, en essayant de retenir chaque détail afin de tenter de recréer ces recettes dans son humble cuisine plus tard. Cela n'arriverait probablement jamais, mais il pourrait au moins essayer. Il était tellement absorbé par son repas qu'il ne vit pas que Kakashi poussait discrètement de la nourriture vers lui et le contemplait en silence pendant qu'il mangeait.

« Ino, votre mari est surprenant ! C'est le meilleur repas que j'ai jamais mangé. » complimenta Iruka dans un grand sourire. Il était sérieux, c'était vraiment le meilleur repas de sa vie.

Elle rougit et lui offrit un sourire lumineux.

« Oh, Choji va être ravi s'entendre ça ! On lui dit ça tout le temps bien sûr, mais il ne se lasse pas de l'entendre, surtout quand c'est dit avec tant de sincérité. Je suis contente que vous ayez apprécié, Iruka ! J'espère que vous allez en profiter pour grossir un peu. J'aime les hommes un peu enrobés, vous n'avez que la peau sur les os. Je vais trouver quelque chose d'autre pour vous, Choji prévoit toujours plus que nécessaire. »

Il est vrai qu'Iruka était maigre, mais il n'y pouvait rien. Ses amis et lui plaisantaient souvent en disant qu'ils avaient crevé de faim pendant la première moitié de leur vie, puis avaient passé quelques années à récupérer grâce aux bons soins de Sarutobi, et qu'ils étaient enfin devenus de pauvres professeurs et avaient recommencé à avoir faim. C'était drôle,mais seulement parce que c'était vrai.

« Oh non, sérieusement, je n'en peux plus, » protesta-t-il mais Ino l'ignora et repartit à l'avant de l'avion.

« Absurde ! Les hommes gardent toujours une petite place pour de la nourriture en plus. »

Kakashi se mit à rire devant le visage inquiet d'Iruka. Le plus petit leva des yeux impuissants vers lui.

« Sérieusement, je pense que je ne peux rien avaler de plus, » insista-t-il.

« Mmh, je suis sûr que tu as bien encore un petit creux à combler, » répliqua l'homme en souriant. « Avec tout ce que tu viens d'avaler, tu devais même avoir un sacré creux. »

Iruka se mit à rire timidement, et Ino revint avec un plat de haricots sucrés à la sauce teriyaki et deux bols de glace au thé vert.

« Choji est le chef d'un des plus grands restaurants de New York. Ino a réussi à le convaincre de cuisiner pour les passagers des vols sur lesquels elle travaille, ce qui fait qu'elle est très demandée, » dit-il en souriant à la jeune femme, qui lui rendit son sourire. Iruka eut soudain la nette impression que ces deux là étaient de vieux amis, et que leurs rôles de passager-hôtesse n'étaient qu'un jeu.

« Oui, » répondit Ino. « Mais j'ai toujours du temps pour les amoureux de la bonne cuisine comme vous. Et maintenant mangez, il est vraiment trop maigre. »

Iruka plongea une deuxième fois dans le paradis de la bonne cuisine. Tout était tellement bon ! Quand ils eurent fini et que les restes eurent été débarrassés, on leur offrit des serviettes pour s'essuyer les mains, et Iruka se laissa aller à une digestion tranquille.

Un silence confortable s'était installé alors que les deux hommes se détendaient et digéraient tranquillement, se laissant aller à la douce torpeur de l'après repas. Kakashi semblait content d'avoir laissé tomber l'interrogatoire pendant le diner, et Iruka était reconnaissant pour ce break. Il restait cependant une deuxième partie du contrat à remplir. Comment allait-il faire ça ? Visiblement leurs lèvres devaient se toucher, mais se lever et aller l'embrasser comme ça paraissait si…terrifiant. Devait-il annoncer son intention avant ? Lui donner une sorte d'avertissement ? Combien de temps leurs lèvres devaient-elles rester en contact ? Il était sûr qu'un petit bisou ne serait pas suffisant, mais un baiser avec la langue était trop intimidant. Il commença à gratter sa cicatrice nerveusement, sans voir le sourire qui se dessinait sur le visage de l'autre homme.

La porte de la petite cuisine s'ouvrit à nouveau et Ino s'approcha.

« Désirez-vous autre chose, Monsieur ? » demanda-t-elle à Kakashi.

« Non merci. J'appelerai si besoin. »

Après une petite courbette et un sourire chaleureux à Iruka, elle disparut de nouveaudans le cockpit, laissant les deux homme totalement seuls. Ils restaient tous deux silencieux. Cependant, à l'instar de Kakashi qui semblait détendu et satisfait, Iruka jouait nerveusement avec un pli de son jeans. C'était le meilleur moment pour l'embrasser. Il n'y avait pas de questions, toutes les histoires sombres avaient été racontées et ils étaient tous les deux détendus.

Tu as juste à te lever et à le faire. Ne pense pas, fais le. Comment ça c'est dur ? Tu as juste à toucher ses lèvres une fois.

Nom d'un chien ! Ils s'étaient déjà embrassés aujourd'hui même, pourquoi était-ce si dur ?

Parce que ce n'est pas moi qui ai du initier la chose. J'ai juste répondu. C'était plus facile.

Ah zut ! Ce n'était pas bon de rester là à se prendre la tête. Il avait juste à le faire, rien à dire, juste l'embrasser. Kakashi serait capable de comprendre le signe, il n'était pas idiot.

Il lança un regard furtif à l'homme plus âgé tout en mordant nerveusement le peau fine de son pouce. Iruka vit sa cible installée confortablement en train de regarder le ciel maintenant étoilé à travers le hublot, qui renvoyait son reflet. Peut-être ne voulait-il pas être interrompu ? Peut-être que Kakashi était très heureux à contempler les étoiles et serait ennuyé si Iruka venait le déranger.

Peut-être que je devrais arrêter d'être un trouillard fini et juste embrasser ce bâtard avant de tout gâcher et de ne pas tenir ma part du marché !

Si on analysait la situation calmement, il avait bénéficié d'un confortable voyage en avion, d'un repas fabuleux et d'une consultation gratuite, tout ça pour le prix modique de quelques questions et d'un baiser. Un simple baiser. Ok, il allait le faire. Maintenant. Dans quelques secondes.

Bon, lève toi et va l'embrasser ! se cria-t-il mentalement à lui-même.

Mordillant de nouveau son pouce (sans ouvrir la peau, mais assez pour faire mal quand même), Iruka tourna son fauteuil et se leva. Alors qu'il contournait la table, Kakashi sembla sortir de sa rêverie et fit pivoter son siège pour faire face à Iruka, lui lançant un regard curieux mais poli, avec une pointe d'envie brillant au fond de son œil gris.

Les longues jambes de l'homme furent un nouvel obstacle. Iruka ne voulait pas les enjamber, parce que ça aurait été inconfortble pour lui et probablement inquiétant pour Kakashi. Au lieu de ça il fit ce qu'il pensait être bien. Il plaça ses mains sur les genoux de l'homme plus âgé et les écarta doucement. Le petit brun se glissa entre les deux longues jambes et leva ses yeux chocolat nerveux pour faire face à l'œil gris qui ne laissait paraître aucune émotion. Iruka dirigea lentement sa main vers l'écharpe de soie qui couvrait la cicatrice de Kakashi. L'homme plus rapide aurait aisément pu l'arrêter s'il l'avait voulu, mais il ne fit pas un geste et Iruka fit glisser le bandeau par-dessus sa tête, en écartant quelques mèches argentées de son visage. Une longue cicatrice et un œil fermé parcouru de petites entailles furent alors dévoilés.

La cicatrice partait du front pâle et coupait le sourcil argenté, passait sur la paupière et descendait le long de la joue. Iruka toucha le sourcil avec son pouce et sentit le petit creux que la cicatrice avait laissé. Il vit les petites entailles de la paupière remuer, et l'œil gauche s'ouvrit. Iruka resta sans voix. Caché par cette paupière abîmée se trouvait un œil rouge. Un profond rouge sang avec trois petites marques noires étranges entourant la pupille. Il n'avait jamais vu pareille chose de toute sa vie. L'œil le regardait avec une intensité presque hypnotisante et une question implicite brûlante.

Que vas-tu faire maintenant ?

Aussi bizarre que cela puisse paraître, Iruka pensa que son apparence était juste… belle. C'était juste une autre originalité parmi les nombreuses facettes de Kakashi Hatake. Il lui offrit un sourire franc et traça de son doigt la cicatrice du haut jusqu'en bas, l'œil rouge disparaissant un instant sous la paupière avant de réapparaître. Iruka plaça ses mains de chaque côté du visage pâle et regarda les yeux dépareillés.

« J'aime votre cicatrice, » murmura-t-il timidement avant de se pencher en avant, et après une légère hésitation il pressa ses lèvres contre celles de l'autre.

Kakashi ne bougea pas au moment où Iruka initia le baiser, puis il enroula ses mains autour des avant-bras du jeune homme, le maintenant en place. Il accorda à Iruka de mener le baiser. Celui-ci était doux, tendre et peu assuré. Les mains tannées glissèrent de son visage à ses épaules, ses doigts s'enroulant dans les petites mèches argentées à la base de son cou. Après quelques instants et une dernière pression contre ses lèvres, Iruka s'arrêta et se recula. Il s'apprêtait à retourner s'asseoir mais ses bras étaient toujours prisonniers le la poigne ferme de l'autre, et il semblait qu'il n'allait pas pouvoir s'échapper si facilement. Du coup il en profita pour caresser de nouveau une douce mèche argentée et se plonger dans l'incroyable regard bicolore.

« tu n'as jamais embrassé quelqu'un, n'est ce pas ? »

La voix profonde et grave sonnait plus comme une affirmation que comme une question, mais Iruka répondit quand même.

« Je vous ai embrassé ce matin, » dit –il en rougissant à ce souvenir, baissant un peu la tête et otant ses mains du corps de l'autre homme.

Kakashi secoua la tête négativement.

« Non, » murmura-t-il. « Je t'ai embrassé et tu as répondu. Tu n'as jamais initié un baiser, pas vrai ? Et tu m'as juste embrassé à l'instant à cause de notre contrat. »

Iruka n'avait même pas à répondre. La nervosité et la timidité qu'il avait mis dans ce baiser répondaient pour lui. Kakashi posa sa main sur la joue d'Iruka, et caressa sa sombre cicatrice du bout de son pouce.

« Si tu décides de m'embrasser encore une fois, je ne dirai pas non. »

Il relâcha complètement le jeune homme nerveux et Iruka ouvrit de grands yeux.

Je peux l'embrasser encore une fois. Si je veux, je peux le faire ou pas. C'est comme je veux.

Iruka resta entre les genoux du plus grand un moment sans bouger, avant de prendre sa décision.

Il déglutit et passa sa langue sur ses lèvres, puis il se rapprocha à nouveau et s'agrippa à la chemise de Kakashi. Attirant le plus grand vers lui, il captura ses lèvres. Kakashi avait raison. Cette fois c'était différent, parce que c'était son choix et le sien seulement. Il fut autorisé à mener le baiser quelques secondes avant qu'un bras musclé vienne s'enrouler autour de ses épaules et qu'une main se pose contre sa nuque. L'homme aux cheveux argents inclina légèrement la tête, approfondissant leur baiser et reprenant par la même le contrôle de l'échange. Ce fut cependant Iruka qui, le premier, caressa les lèvres de l'autre d'un coup de langue. Les lèvres pâles s'ouvrirent à l'invitation et la langue timide partit à la découverte de ce nouveau territoire.

Au premier contact lingual, Kakashi laissa échapper un gémissement de plaisir. A la deuxième caresse, son étreinte se reserra. A la troisième, l'homme aux cheveux argentés ne put se retenir et il partit à l'assaut. Dans un grognement de désir, Kakashi arracha l'élastique qui retenait les cheveux d'Iruka et enfonça ses mains dans les longues mèches brunes du plus jeune. Le baiser devint plus profond à mesure qu'ils exploraient leurs bouches, leurs langues se frôlant et se caressant, privant les poumons du plus jeune de tout leur air. Finalement il dut reculer pour reprendre sa respiration. Le plus vieux ne s'arrêta pas, et s'attaqua à la zone sensible de son cou qu'il avait découverte quelques heures plus tôt, et il recommença à mordiller, lécher et suçer. Il y avait encore une petite marque à cet endroit, mais Iruka ne s'était pas regardé dans un miroir et ne le savait donc pas. Kakashi s'attela à agrandir cette marque, alors que des soupirs incontrôlés s'échappaient de la gorge du plus jeune. Ces sons eurent un effet direct sur le membre du plus vieux. Dans leur position actuelle, ils ne pouvaient se rapprocher plus, et le plus grand voulait toucher, caresser et embrasser encore plus.

Deux bras forts glissèrent sous les bras d'Iruka et il fut mis tiré vers le haut quand Kakashi se leva. L'homme le fit reculer de trois pas et pivoter sur lui-même, tout en poursuivant ses assauts sur son cou. La merveilleuse bouche disparut tout à coup, et juste quand il ouvrait les yeux pour voir ce qui se passait, Iruka sentit des mains se glisser derrière ses genoux et pousser légèrement pour les faire se plier. Il se retrouva finalement dans une position qu'il n'aurait jamais crue possible, surtout pas avec un autre homme. Il était tout simplement assis sur les genoux de Kakashi, qui les avait entraînés jusqu'au sofa. Le jeune homme surpris eut à peine le temps de réaliser que sa bouche était à nouveau capturée et avidement explorée. Oh Kami, c'était trop dur de réfléchir quand on était embrassé comme ça. Ne s'était-il pas promis de ne plus jamais répéter l'incident de l'hôtel ? Kakashi attrapa ses hanches et toutes ses pensées rationnelles disparurent de la tête du professeur.

Tout ce qu'il pouvait faire à présent était de ressentir les choses, et c'était tellement bon ! Les mains pâles laissèrent ses hanches pour remonter plus haut, passant sous son T-shirt pour effleurer ses flancs tièdes. Kakashi interrompit le baiser pour aller lécher l'oreille d'Iruka. Celui-ci était à nouveau dans un état de transe, il ferma les yeux devant cette invasion de sensations, et il enroula ses bras autour des épaulesde Kakashi comme s'il voulait ne plus jamais le lâcher. Ces mains divines remontèrent le long de son estomac pour atteindre ses tétons et les caresser, ce qui provoqua un frisson de la part d'Iruka. Deux doigts capturèrent un des mamelons et la vois angélique murmura à son oreille.

« Personne ne t'a touché comme cela auparavant, n'est-ce pas ? »

Iruka ne put que hocher la tête en guise de réponse. L'autre bras descendit le long de son dos pour saisir ses hanches et le rapprocher contre lui. La profonde et chaude voix retint à nouveau son attention.

« Personne ne t'a jamais touché pour te donner du plaisir. Tu n'as jamais laissé personne le faire, et personne ne s'est jamais donné la peine d'essayer. Des idiots, tous autant qu'ils sont. »

Oh mon dieu, comment pouvait-il en savoir autant ?

Des dents fines mordillèrent gentiment son oreille, entraînant un petit cri qui se transforma rapidement en un soupir de désir, alors que les doigt reprenaient la stimulation de son téton.

Le bras autour de ses hanches se reserra de nouveau, poussant la tension naissante dans son jeans contre l'abdomen de l'homme, alors que ses doigts pinçaient affectueusement son téton brun. Iruka dut cacher son visage dans le cou pâle de son compagnon pour étouffer un cri. Au moment où il avait été attiré en avant, il avait senti la bosse dans le pantalon de Kakashi sous lui. Un long soupir sortit de la gorge du plus âgé lorsqu'il entra en contact avec cette partie sensible, augmentant par la même sa propre excitation confuse.

« Tu n'as jamais laissé quelqu'un de faire du bien, c'est pour ça que tu es si sensible. »

Les doigts continuaient de stimuler son téton, et Iruka n'arrivait plus à reprendre sa respiration.

« J'en veux plus, » grogna la voix profonde. « Je veux toucher plus. »

Son T-shirt fut tiré vers le haut et un éclair de panique le parcourut, brisant l'aura de désir.

« Non, » répondit-il en sursautant et il s'écarta un peu de l'homme aux cheveux argents. « Non, je… »

« chhhhhh… » les lèvres pâles se firent de nouveau caressantes contre les siennes. « Ne t'inquiètes pas, ne pense pas. Ressens les choses. Laisse moi juste te faire ressentir. »

Ces mains massaient doucement son torse à nouveau, le renvoyant dans un état second. Son T-shirt recommença à quitter ses épaules, et cette fois il ne lutta pas. Il émit juste un petit bri de détresse lorqu'il dut lever les bras pour retirer complètement son haut. L'habit passa devant son visage et ses longs cheveux bruns s'étalèrent sur ses épaules et dans son dos.

Il baissa des yeux effrayés vers l'homme, pour trouver celui-ci en train de laisser courir ses yeux bicolores et ses mains pâles sur sa poitrine et son ventre dénudés. Les lésions avaient toutes été faites sur son dos, et Kabuto lui avait dit que le devant était déjà bien assez laid avec sa cicatrice sur le nez, et qu'il fallait juste accorder le dos avec. Iruka avait toujours cru qu'il était terriblement laid, et le fait de se retrouver exposé comme ça devant un homme particulièrement beau était terrifiant. Et s'il le repoussait avec dégoût ? Pourrait-il supporter un tel rejet après avoir goûté à tant de sensations exquises ? Kakashi, cependant, ne sembla pas le moins du monde écoeuré. Un bras s'enroula de nouveau autour de ses hanches, pendant que le deuxième se levait pour aller se perdre dans ses cheveux défaits. Les yeux dépareillés se fixèrent sur le regard anxieux du jeune homme, avec une lueur de colère mélangée à une évident désir.

« On t'a menti Iruka. Toute ta vie on t'a menti. Tu es magnifique, » la main pâle s'emmela dans ses cheveux et sa bouche dangereusement sexy se rapprocha. « tu es diablement sexy. »

Iruka fut embrassé de force, mais répondit désespérement, attrapant le visage pâle entre ses deux mains et jouant avec les mèches argentées. Le bras autour de ses hanches l'attira encore plus près et il gémit dans la bouche de Kakashi, qui lui-même émit un profond soupir de désir ;

Deux fois n'étaient visiblement pas assez pour le plus âgé, et il entreprit d'imprimer un mouvement de va-et-vient aux hanches d'Iruka, encore et encore, alors que celui-ci haletait sous les baisers incontrôlables. Kakashi rompit le baiser et tira les mèches chocolats vers l'arrière doucement, obligeant Iruka à regarder lever la tête. Une langue chaude attaqua le cou du jeune professeur, qui proféra un long soupir et se colla contre le corps chaud de l'homme. Celui-ci émit un gémissement de plaisir et poursuivit son exploration le long de la clavicule du jeune homme. Quand cette bouche talentueuse chemina vers son mamelon, Iruka dut plaquer sa main contre sa bouche pour couvrir le cri réflexe. Il voulait, désirait désespérément…

« Ka-Kakashi, » réclama-t-il impudiquement, et le plus âgé pencha sa tête, pour revenir lécher son cou et ses lèvres avant de rejoindre le lobe de son oreille.

« tout ce que tu veux Iruka. Dis moi. »

Que voulait-il ? Il voulait toucher et caresser et molester ce corps pâle devant lui. Il voulait enlever cette chemise noire et laisser courir ses mains sur cette peau blanche et chaude. La sentir pressée contre sa propre peau moins désirable, et ressentir chaque mouvement.

Mais comment lui demander cela ?

Cela semblait être une chose très embarrassante à faire, même si Kakashi venait juste de le faire pour lui. N'était-ce pas son propre T-shirt qui gisait sur la moquette bleue derrière lui ?

« Je veux…ça…t'enlever ça, » balbutia-t-il dans les cheveux argentés, ses mains s'accrochant au tissu de soie.

Un petit rire passa au dessus de son épaule.

« Et bien enlève-la. »

C'était le signal dont il avait besoin, et ses lèvres trouvèrent le creux de son cou pâle alors que ses doigts dégrafaient le premier bouton.

Reproduisant ce dont il avait bénéficié à l'instant et se rappelant combien cela avait été bon, il mordilla et lécha et suça pendant que ses doigts défaisaient chaque bouton de la chemise. Il arriva finalement au dernier, et il se perdit dans la masse argentée tandis que ses doigts frôlaient la peau maintenant dénudée. Se reculant, Iruka regarda ce qu'il venait de découvrir, et resta sans voix. Kakashi était la perfection incarnée. Chaque muscle était magnifiquement dessiné, et la peau pâle semblait briller, contrastant avec la sombre chemise. quelques poils argentés entouraient son nombril, avant de descendre en une fine ligne qui disparaissait sous la ceinture de son jeans.

Oh Kami, il est parfait.

Les bras puissants le firent vaciller un peu quand Iruka glissa des genoux de Kakashi, l'aidant à se repositionner sur ses genoux entre les jambes de l'autre. D'abord il fit courir ses mains sur sa peau, dessinant chaque muscle du bout des doigts, et écoutant attentivement la respiration de l'homme qui se faisait plus lourde. Puis, guidé par le désir et le besoin de goûter cette peau, il se baissa et se mit à lécher son ventre. Sa langue remonta de son nombril à son diaphragme, et un long et grave gémissement s'échappa de la bouche de l'homme.

La confiance d'Iruka s'accrut au fur et à mesure qu'il explorait cette peau avec des lèvres, ses dents et sa langue. Il écoutait attentivement les réactions de l'autre pour découvrir ce qu'il aimait, mais cela ne l'aidait pas vraiment car il avait l'air d'apprécier tout ce que le professeur inexpérimenté lui faisait. La première fois qu'Iruka effleura son téton rose pâle avec sa langue, Kakashi émit un petit sifflement d'aise. Quand il le prit dans sa bouche pour le sucer consciencieusement, un grognement parcourut le corps musclé et ses doigts se resserrèrent autour des mèches brunes pour maintenir la tête du plus jeune dans cette position un peu plus longtemps. Non pas qu'il ait besoin d'être maintenu. Iruka savourait cette exploration et les bruits qu'il arrivait à obtenir. Il était tellement concentré sur ce qu'il faisait que le profond grondement et la poussée brutale en arrière (même s'il elle n'était pas si forte que cela) le prirent complètement par surprise. Il fut tellement pris de court qu'il se retrouva sur le dos, et regarda Kakashi, qui était maintenant debout, avec de grand yeux choqués.

Oh merde ! j'ai fait quelque chose de mal. Il est en train de reprendre ses esprits. Il ne veut plus de moi. Oh putain !

La panique ne fit qu'augmenter, malgré l'admiration qu'il ne put contenir lorque la chemise noire fut complètement retirée, découvrant des bras musclés, et que le corps puissant se rapprocha se lui. Les réactions d'enfance et les leçons de self-defense reprirent le dessus et Iruka leva les bras au dessus de sa tête pour prévenir le coup. Des bras forts agrippèrent les siens, et il fut remis debout contre la puissante et sublime poitrine.

« Ne, » commença la voix profonde et pleine d'émotion. « Ne tremble jamais devant moi Iruka. Jamais je ne te ferai de mal. »

Ces bras qu'il fuyait quelques secondes plus tôt l'enlacèrent tendrement, ses mains caressant les anciennes cicatrices de son dos pour le détendre. Iruka laissa échapper un soupir de soulagement, et entreprit de poursuivre l'exploration buccale du cou opalin. Il mordit un peu trop fort lorsqu'il sentit une des mains de Kakashi descendre plus bas et se refermer sur la partie dressée au creux de son jeans. L'homme plus âgé frémit entre plaisir et douleur alors qu'Iruka s'écartait.

« Je suis désol… » mais il fut interrompu.

« Ne le sois pas. C'était bon. »

Les mains pâles se dirigèrent vers le haut de son jeans, et d'un geste habile le déboutonnèrent.

« Je vais enlever ça maintenant. »

Iruka déglutit et son cœur se mit à battre la chamade.

Les lèvres rose pâle réclamèrent les siennes pour un baiser fougueux, alors que la fermeture éclair était ouverte et que son jeans était rejeté sur ses chevilles. Iruka glissa ses doigts dans les magnifiques mèches argent et approfondit le baiser pendant que son boxer rejoignait son jeans.

Oh , Oh, merde. Je suis complètement nu.

Des doigts descendirent le long de son sexe, remontant de la tête à la base dans un frôlement taquin.

« Mm…impressionnant, » murmura Kakashi, provoquant un frisson le long du corps cannelle.

Kakashi enserra fermement l'objet de ses désirs et commença à pomper doucement.

« Bon dieu… » susurra Iruka, sentant les lèvres pâles esquisser un sourire sur son épaule.

Ses jambes ne le soutinrent pas plus de trente secondes avant de le lâcher complètement, et Kakashi manoeuvra pour qu'il se retrouve assis sur le canapé. Maintenant qu'ils avaient échangé leurs positions, Kakashi se retrouvait à genoux entre les jambes d'Iruka. Il ne put que jeter un regard embrumé à l'homme plus âgé qui continuait de le branler, tout en s'attaquant à nouveau à l'un de ses tétons de sa bouche experte. Iruka ne put bientôt plus retenir ses cris de plaisirs sous cette double stimulation.

« Savais-tu, » dit Kakashi tout en léchant le torse d'Iruka. « Que quand tu manges, tu soupires et tu gémis comme si étais en train de faire l'amour. Ca m'a donné envie de savoir comment tu t'exprimerais pendant l'acte réel. Si tu prends autant de plaisir avec de la nourriture, qu'est ce que ça va donner quand je vais faire ça. »

Une langue effleura le haut de son membre et Iruka manqua d'air. Il attrapa les épaules de l'homme et essaya de le repousser.

« Att-, oh mon dieu ! » Un autre coup de langue. « Attends, tu n'as pas à faire ça. »

Les vibrations provoquées par le petit rire de l'homme à genoux remontèrent au creux de ses reins.

« Crois moi Iruka, je ne fais que ce que j'ai envie de faire. »

Et comme pour se donner raison, Kakashi prit le sexe du plus jeune entièrement dans sa bouche, et il dut couvrir la bouche d'Iruka car celui-ci poussa un violent cri de plaisir.

Iruka ferma les yeux, son esprit totalement déconnecté, se laissant submerger par la délicieuse sensation. Comme Kakashi lui avait ordonné tout à l'heure, il ne devait pas penser, juste ressentir. Les longues et élégantes mains saisirent ses hanches. Cette bouche faisait des choses surprenantes et merveilleuses, l'emmenant toujours plus haut dans le plaisir, jusqu' à ce qu'il prenne conscience qu'il atteignait ses limites.

« Ka-Kakashi. Stop, » souffla-t-il péniblement. « Stop, Je vais-Ahhhh ! Mon dieu, je vais …oh merde.

Il se força à ouvrir les yeux pour voir les incroyables mouvements de cette langue qui lui faisait tant de bien. Ce fut cette image d'un homme magnifique, accroupi entre ses jambes et le regardant avec ses yeux dépareillés si étonnants qui l'acheva. Ses mains se contractèrent contre le cuir crème et son dos s'arc-bouta tandis que le plaisir intense s'engouffrait en lui en vagues puissantes. Les yeux noisette confus restèrent clos pendant ce moment de jouissance complète. Une main pâle bloqua sa bouche de nouveau, l'aidant à contenir le bruyant cri d'abandon alors qu'il était submergé par l'orgasme.

L'intensité des pulsations de plaisir finit pas diminuer et Iruka se retouva exténué et pantelant, pendant que Kakashi léchait la traînée laissée sur son estomac. Il avait l'impression que tous ses os avaient fondu, et qu'il n'était plus qu'un amas de muscles rassasiés. Il ne s'était jamais senti si satisfait de sa vie. Il ne comprenait pas pourquoi cet homme exceptionnel avait décidé de l'aider. C'était vraiment gênant de se retrouver exposé devant un homme aussi parfait, encore plus de perdre complètement le contrôle et devenir une marionnette entre ses mains. Il ne comprenait pas pourquoi quelqu'un qui pouvait avoir n'importe qui s'intéressait à un pauvre type banal et pitoyable comme lui, mais il n'allait pas réfléchir à ça. Pas maintenant.

Kakashi s'allongea sur le canapé entraînant Iruka avec lui, un bras serré contre le corps de son compagnon, et l'autre libre de pouvoir jouer avec ses mèches chocolat.

« Tu es incroyable, » murmura Kakashi alors qu'Iruka essayait tant bien que mal de contrôler les battements de son cœur. « Tu n'as pas idée de combien tu es beau. Combien j'ai envie de te toucher et de te goûter et de te voir tressaillir quand j'explorerai ce corps…addictif. »

Les mains pâles reprirent leur exploration et au lieu de se calmer, le cœur d'Iruka s'emballa de nouveau sous les caresses de ces mains chaudes. Il en voulait plus. Il voulait être touché, mais il voulait aussi faire à Kakashi ce que le plus âgé venait de lui faire. Il ne pensait pas être assez courageux ni assez talentueux pour faire une gâterie buccale à Kakashi, mais il voulait au moins sentir son désir au creux de sa main. Il voulait faire crier et haleter l'étranger comme il venait juste de le faire. Il voulait que Kakashi perde ce contrôle qu'il semblait avoir en permanence depuis leur rencontre. Il en voulait tout simplement plus.

« Kakashi, » murmura-t-il en rougissant, en tentant de cacher son embarras en enfouissant son visage dans le cou de l'autre. Une main dorée descendit le long des abdominaux fermes et s'arrêta à la ceinture de son jeans. « Je veux te toucher. »

Il n'attendit pas la permission, et commença à déboucler la ceinture de cuir. Alors que le jeune professeur ouvrait le bouton et la fermeture éclair du pantalon, ses lèvres allèrent effleurer l'épaule blanche de l'homme pâle. Il entendit la respiration de Kakashi s'accélérer quand il glissa sa main dans son boxer de soie pour finalement atteindre le contenu déjà dur.

« Bon dieu, » murmura-t-il. « Tu en as une énorme ! »

Un long grognement sortit de la gorge pâle et Iruka se retrouva allongé sous l'homme plus grand, ses lèvres capturées dans un baiser dominateur et violent. Kakashi utilisa un de ses bras pour se redresser (son avant bras servant d'oreiller pour la tête d'Iruka) et de l'autre il caressa une des joues bronzées.

« Ce que n'importe quel homme rêve d'entendre. » fut sa réponse suave avant qu'il ne recommence à l'embrasser.

Iruka n'avait toujours pas enlevé sa main et continuait d'explorer le membre dressé avec curiosité.

Il prit finalement son courage à deux mains, et retira le jeans et le boxer en même temps, libérant totalement sa cible. Maintenant il pouvait reprendre son exploration, tout en caressant le bas du dos en sueur de l'homme de son autre main. Iruka fit alors ce qu'il pensait être bon, et enroula sa main autour du sexe de Kakashi afin d'imprimer des mouvements de va-et-vient. Kakashi laissa échapper un long gémissement de plaisir.

Voilà, c'est ça que je veux.

Le baiser fut interrompu et Kakashi reposa sa tête sur l'épaule d'Iruka, les yeux fermés et sa respiration devenant erratique. Iruka le regardait avec fascination, sentant son propre membre se raidir à nouveau devant les soupirs de cet homme surprenant et sa réaction de désir entraînée par ses propres caresses. C'était enivrant, bien plus que le whisky de tout à l'heure. Mais Kakashi fit alors quelque chose de totalement inattendu.

Le plus âgé des deux attrapa la main d'Iruka, lui faisant lâcher sa prise, et emprisonna le poignet cannelle dans sa main ferme. Kakashi rapprocha alors ses hanches de celles du jeune homme, et prit leurs deux érections d'une seule main. Sursautant, Iruka arqua son dos, provoquant une friction qui les fit tous les deux gémir. La main pâle commença à bouger et le jeune brun atteint de nouveau l'extase.

Il chercha à l'aveuglette les lèvres de l'autre, essayant de libérer son poignet par la même occasion. Son autre main laissa des traces d'ongles dans le dos musclé qui le surplombait. Ces lèvres qu'il cherchait descendirent le long de son cou jusqu'à cette zone particulièrement sensible à la jonction de sa nuque et de son épaule, pour laisser une marque de dents rapidement suivie d'un coup de langue humide.

Des soupirs, cris et gémissements remplissaient l'atmosphère, et ils ne provenaient pas seulement d'Iruka. Kakashi releva la tête et admira le corps si répondeur à ses caresses, les yeux si expressifs du jeune homme étaient fermés sous l'effet des sensations intenses, ses lèvres partiellement ouvertes et gémissantes.

« Ouvre les yeux Iruka. Regarde moi. »

Les grands orbes chocolat s'ouvrirent et se fixèrent sur les iris gris et rouge.

« Je ne vais pas te prendre ce soir, » murmura-t-il d'une voix voilée, la compréhension et la confusion apparurent en même temps au fond des yeux bruns. « Quand je te prendrai, quand je pénétrerai ton corps et que je te ferai l'amour, je veux que ce soit dans un endroit où tu pourras crier mon nom et où je pourrai explorer ton corps pendant des heures et des heures. »

Un frisson parcourut la peau de miel et la rougeur sur les joues d'Iruka s'intensifia. Kakashi savait que le jeune homme était à bout et lui aussi.

« Jouis pour moi, Iruka. Laisse moi te voir jouir. »

Iruka ne pouvait pas en supporter plus. Il arqua son dos et ses yeux se refermèrent quand la sensation merveilleuse parcourut son corps, pour se concentrer sur son sexe. Des lèvres chaudes vinrent se coller aux siennes et il laissa échapper un cri de jouissance dans la bouche de Kakashi. Son cri fut rejoint quelques secondes après par un long râle provenant du plus vieux, alors qu'un second jet de liquide tiède rejoignit celui d'Iruka, les deux se mélangeant sur l'estomac bronzé du jeune professeur.

Kakashi s'écroula au dessus de lui et libéra son poignet. Mais Iruka s'en aperçut à peine. Ils restèrent là haletant, écoutant leurs cœurs battre en rythme et sentant la sueur couler le long de leur peau brûlante. Quand Kakashi se releva, Iruka n'eut même pas la force d'ouvrir un œil. Il était exténué et rien n'avait d'importance à ses yeux à cet instant. La douceur d'une serviette essuyant sa peau le força à ouvrir les yeux, pour voir le magnifique visage lui sourire doucement.

« Remets tes vêtements, et tu pourras dormir un peu. »

« OK. » marmonna-t-il en récupérant ses vêtements éparpillés. En les renfilant, il espéra se réveiller un peu, mais ses yeux recommencèrent à se fermer et Kakashi le poussa au fond des confortables coussins. Il ne tenta pas de résister. Comme si résister à cet homme l'avait mené quelque part jusqu'à présent de toute façon.

« C'est toujours comme ça ? » demanda-t-il en baillant alors qu'il commençait déjà à s'endormir

« Non Ruka, » entendit-il répondre alors que de chaudes lèvres se pressaient contre les siennes délicatement et qu'il s'assoupissait vraiment.

« Ce n'était que les préliminaires. »

--

Iruka fut réveillé et bailla lorsqu'il entendit des murmures irrités. Il se redressa sur son coude et frotta ses yeux ensommeillés, puis regarda autour de lui en clignant des yeux. Avec ces quelques petits bouts de sommeil volés (grâce à Kakashi il devait l'admettre) il se sentait toujours fatigué mais avait retrouvé assez d'énergie pour aller de l'avant.

« Oh, je suis désolée de vous avoir réveillé Iruka, » dit Ino sur un ton d'excuse. « Mais j'ai bien peur que vous ne deviez rejoindre votre autre siège. Nous allons atterrir. »

Oh joie. Ma deuxième partie préférée du vol, pensa-t-il sarcastiquement en frottant nerveusement la cicatrice de son nez.

« Pas de problème Ino, » répondit-il en retenant un baillement et en souriant d'un air coupable. « Je crois que je me suis endormi. »

Ino lui sourit gentiment et se tourna vers l'autre personne présente.

« Avez-vous besoin de quelque chose avant l'atterrissage, Monsieur ? »

Etait-ce son imagination ou bien le ton poli de la jeune hôtesse semblait forcé ?

« Juste un peu d'intimité, » répondit Kakashi pour la congédier.

Ouep, il se passait vraiment quelque chose entre ces deux là. Iruka avait la nette impression qu'ils avaient plus en commun qu'une simple relation passager-membre d'équipage, mais il ne pensait pas non plus qu'ils avaient jamais été intimes. L'immunité d'Ino au charme de Kakashi semblait en effet une bonne indication, et si elle avait déjà couché avec lui, elle aurait sûrement profité de sa proximité pour en réclamer plus. Il fallait être honnête, cet homme avait…du talent pour ça.

Les images d'un corps pâle et nu et de mains partout sur lui revinrent en rafale, avec la force et l'intensité bien connues d'après le réveil.

Oh mon dieu ! Je me suis retrouvé nu devant Kakashi !

Il l'avait touché et embrassé et… Kakashi l'avait touché en retour. Il avait vu Iruka dans toute son imparfaite gloire. Il l'avait entendu réclamer plus et l'avait senti tâtonner et…c'était si humiliant. Quand il avait essayé de lui donner du plaisir, Kakashi avait repoussé sa main qui avait déjà été trop loin, mais il avait alors pris le relais. Sur le coup cela lui avait semblé sexy et la sensation avait été merveilleuse mais maintenant qu'il y repensait… Avait-il été si mauvais que ça ? Aussi déplaisant ? Comme c'était amère et embarrassant. Voire pathétique.

L'humiliation envahit son système et sa visage prit une teinte écarlate, alors qu'Ino faisait une petite courbette et s'en allait rejoindre les pilotes. Elle semblait exprimer de la colère dans tous ses mouvements. Se forçant à s'asseoir, Iruka se rappela ce que Kakashi lui avait dit plus tôt, à propos de la facilité à lire ses émotions. Il enfouit fermement toutes ses émotions négatives lorsqu'il sentit quelque chose de chaud tomber de ses épaules. Une large veste noire gisait à côté de lui et il leva les yeux pour voir son propriétaire en train de le fixer silencieusement.

« C'est la tienne ? » demanda-t-il maladroitement, plus pour briser le silence que pour obtenir une réponse.

Le plus grand sourit et marcha vers lui, alors qu'Iruka passait une main distraite dans ses cheveux tout en cherchant son élastique. Lorsque son compagnon de voyage s'accroupit devant lui, il fut forcé de le regarder à nouveau et nota que l'écharpe noire était de retour pour couvrir l'étrange œil rouge.

« Tu es vraiment adorable quand tu te réveilles tout troublé, » dit l'homme joyeusement.

Iruka fronça le nez et maudit la rougeur qui lui montait aux joues.

« Ta gueule, » marmonna-t-il embarrassé, tout en coinçant une mèche de cheveux bruns derrière son oreille. « Tu n'aurais pas vu mon élastique ? »

Kakashi se mit à rire, un petit éclair d'amusement passant dans son œil gris.

« Tu es aussi adorable quand tu es grincheux. »

Enfoiré, Iruka le fixa.

« Nous allons atterrir bientôt, pas vrai ? » demanda-t-il irrité, avalant sa salive pour tenter d'éliminer la pression qui bouchait ses oreilles. « Est-ce que ça va être dans un vrai aéroport, ou bien encore dans un de ces hangars privés ? »

L'homme aux cheveux inclina la tête d'un air curieux.

« Pourquoi tiens-tu à le savoir ? »

Iruka regarda ailleurs gêné. Il n'avait jamais été aussi intime avec quelqu'un auparavant, et n'avait donc jamais eu à gérer le fait de devoir le quitter seulement quelques heures après l'acte. C'était ce qu'on appelait un 'plan cul', et bien qu'il avait ri quand quelque uns de ses amis lui avaient raconté comme ça faisait bizarre de partir au petit matin après une nuit de sexe, il était quasiment sûr qu'aucun d'eux n'avait jamais été dans une situation comme la sienne.

Kakashi avait visiblement plus d'expérience, et avait déjà vécu ce scénario une centaine de fois, il devait donc savoir gérer ce genre de situation délicate. L'homme aux cheveux argentés allait probablement trouver un petit discours de merde pour flatter son ego et s'en aller, laissant leur histoire derrière eux. Iruka n'avait qu'à se débrouiller avec ça et espérer que l'autre ne rendrait pas les choses plus difficiles.

« J'ai besoin de m'organiser pour aller à l'hôpital. »

S'il te plait, comprends mon sous entendu, s'il te plait…

« Pas de problème, je peux t'y déposer. »

Soit il n'avait réellement pas compris le sous entendu, soit il avait choisi de l'ignorer, et Iruka penchait pour la deuxième solution. Cela allait encore être une situation bizarre.

« Kakashi, je… » Il manqua de souffle et ses doigts se crispèrent sur la veste noire lorsque l'avion fit un bond violent dans les airs. Son estomac remonta dans sa poitrine et son cœur sembla être coincé dans sa gorge. Putain ! il détestait vraiment les atterrissages !

Deux mains puissantes atterrirent sur ses avant-bras, les serrant doucement pour le rassurer.

« Tout va bien, quelques turbulences c'est tout. Retournons à nos sièges d'accord ? »

Iruka acquiesça, s'assit et boucla sa ceinture rapidement. Il jeta un coup d'œil rapide à travers le hublot, apercevant les lumières de la ville au loin, puis détourna son regard. Contrairement au décollage, il ne pouvait pas regarder dehors pendant l'atterrissage.

« Notre contrat n'était effectif que pendant ce vol. Dès que nous aurons atterri, on prendra chacun notre route, c'était le plan et tu le sais. J'ai besoin de savoir où on arrive pour pouvoir trouver rapidement un taxi et rejoindre Naruto, » dit-il entre grandes respirations et déglutitions difficiles.

Il devait repressuriser ses oreilles fréquemment maintenant, ils devaient donc se rapprocher du sol.

« Le plan a changé Iruka » répondit la voix claire, mais avec un arrière ton plutôt dur. « Nous avions aussi décidé de ne pas parler de tout ça pendant le décollage et l'atterrissage, tu te rappelles ? Et c'était ta demande. »

Des yeux chocolat en colère fixèrent l'unique œil gris et calme.

« Ne te fous pas de moi, Kakashi, » cracha-t-il, la peur de l'atterrissage et l'humiliation des heures passées ajoutant des cartouches à sa colère. « Une fois à terre, toi et moi ne nous reverrons jamais. Je ne suis pas un jouet avec lequel tu peux t'amuser quelques heures avant de remonter dans ton avion privé et de repartir te promener je-ne-sais-où. »

Le plus vieux des deux semblait hésiter entre rire et se renfrogner.

« Pour commencer, » répliqua-t-il en posant ses coudes sur ses genoux. « Je ne me promène pas. Et je ne vois aucune raison qui nous empêcherait de continuer à voyager ensemble encore un peu. Nous allons dans la même direction après tout. »

Bon, c'était un étrange commentaire ça.

« Tu ne sais même pas dans quelle direction je vais. Je ne sais même pas dans quelle direction je vais moi-même ! La seule chose que je sais c'est que je dois rejoindre Naruto qui n'est pas là où tu vas, et pourquoi discute-t-on de ça d'abord ? Pourquoi devrais-tu te rendre à l'hôpital où est mon petit frère ?

L'œil gris cligna de manière innocente et le pâle visage se pencha un peu.

« Et bien, j'ai peut-être du travail là bas. »

« Tu as vraiment du travail là bas ? » demanda Iruka.

« Oui , » déclara Kakashi en souriant timidement.

Iruka avait envie de se cogner la tête contre la fenêtre, mais il aurait alors vu le sol se rapprocher dehors.

« S'il te plait, arrête de jouer avec moi Kakashi. On ne va plus voyager ensemble. Tu n'as pas besoin que je perturbe ton voyage plus que ça et je n'ai pas besoin que tu me traines partout. Nous allons nous séparer à l'aéroport, et bien que ce voyage fut intéressant, nous ne nous reverrons plus jamais. »

L'œil gris s'écarquilla et prit une dangereuse teinte sombre. Iruka avala de nouveau, pour une toute autre raison que la pressurisation de ses oreilles.

« tu n'as visiblement pas bien saisi la situation dans laquelle tu te trouves, » répliqua l'homme d'une voix grave, et ce n'était pas l'approche du sol qui fit accélérer les battements cardiaques d'Iruka. « Tu as fait tes bagages à la hâte et tu as sauté dans le premier avion sans te préoccuper d'autre chose. Où comptes-tu dormir ce soir, Iruka ? Les heures de visite doivent déjà être terminées, et tu arrives dans une très grande ville, où il ne fait pas bon traîner à l'aveuglette. Je vais t'emmener là où tu dois te rendre, et si tu ne sais pas où c'est je t'emmenerai là où je me rends moi-même. »

Le ton de la voix de Kakashi ainsi que tout son langage corporel semblaient exiger une compliance immédiate et Iruka comprit soudain pourquoi cet homme était riche. S'il possédait ne serait-ce que la moitié de l'intelligence qu'Iruka lui soupçonnait d'avoir, associée à cette présence charismatique, il devait alors être une véritable force de la nature dans le monde des affaires. Mais Iruka ne voulait pas se laisser intimider. L'homme aux cheveux argent était un salopard, manipulateur et possessif. Il avait déjà eu affaire à des crapules avant, et ce n'était pas un homme d'affaire à l'égo surdimensionné et incapable d'accepter un 'non' qui allait changer ses plans.

« Je ne suis pas l'un de tes subordonnés asservis répondant à chacun de tes ordres. Et je n'ai foutrement pas besoin que tu t'occupes de moi. J'ai réussi à survivre avant que tu ne débarques dans ma vie, et je suis persuadé que mon univers ne va pas s'écrouler quand tu ne seras plus là demain, » répondit Iruka sur le même ton grave.

Les roues de l'avion touchèrent le sol et le jeune homme sursauta inconsciemment, fermant les yeux. Ce n'était pas le moment de montrer des faiblesses, mais certaines choses ne pouvaient être contrôlées, la colère l'aidant cependant à surmonter sa peur de l'atterrissage. Il jeta un œil par le hublot et fut soulagé. Ils étaient arrivés dans un aéroport normal ! Il pourrait trouver un taxi. Merci mon dieu !

Il prit une grande respiration et fixa l'homme plus âgé à nouveau, ses résolutions reboostées maintenant qu'ils avaient atterri dans un aéroport public et qu'il ne serait pllus à la merci de l'homme exentrique pour un nouveau transport. Toute cette petite discussion l'avait conforté dans la nécessité de se séparer rapidement de l'autre.

« Tu perds ton temps, mon vieux.Tu m'a offert un moyen de rejoindre mon frère et je ne l'oublierai pas. J'ai rempli mon engagement et d'autres choses sont…arrivées, » il soupira et passa sa main dans ses cheveux bruns. « Bon, je sais que ce n'était pas grand-chose pour toi, mais j'ai apprécié. Cependant le plan n'a pas changé, malgré ce que tu souhaites. Je vais te quitter ici. »

Il s'attendait à une réaction de colère de la part de Kakashi, mais celui-ci haussa simplement un sourcil et soupira.

« Tu aimes rendre les choses difficiles, n'est-ce-pas ? D'accord, fais comme tu veux. Prends un taxi. »

Iruka lui lança un regard inquiet. Où était passé le dangereux tyran style 'fais ce que je veux immédiatement ou bien je vais te manger tout cru' qui lui faisait face juste quelques secondes auparavant ? Cet homme était capable de changer de personnalité si rapidement qu'Iruka avait du mal à le suivre.

Tout ce qu'il put murmurer en réponse fut un pathétique « c'est ce que je vais faire. »

Sur ce, Kakashi sourit et regarda joyeusement par la fenêtre.

L'avion s'arrêta et les portes du cockpit s'ouvrirent, Ino s'avança pour aider les passagers à débarquer. Il n'y avait rien à récupérer dans l'avion, pas d'attente coincée entre les rangées de sièges, pas de bousculade pour descendre de l'avion. Ils eurent juste à se lever et à descendre les marches de l'escalier roulant pour être dehors.

« Merci d'avoir voyagé avec nous Iruka » lui lança Ino. « Ce fut un plaisir de vous rencontrer. »

Iruka se courba poliment et sourit à l'adorable hôtesse.

« Merci Ino. Le plaisir est réciproque. Et remerciez votre mari pour moi. Le repas était vraiment formidable, le meilleur que j'ai jamais mangé. »

La petite blonde se gorgea de fierté à la mention de son mari et lui offrit un large sourire.

« Oh vous êtes trop gentil ! » s'écria-t-elle avant de remettre ses habits en ordre comme pour un enfant. « Et faites bien attention dans cette grande ville. Ne payez jamais d'avance, ne croyez personne, et quoi que vous fassiez ne traînez jamais seul dans les ruelles. Même si vous entendez quelqu'un appeler à l'aide ! Ma meilleure amie m'a envoyé un mail pour me raconter comment ils leurrent les gentilles personnes comme vous pour les détrousser. »

Iruka sourit devant sa sollicitude et lui promit d'être prudent, alors que ses bagages étaient sortis de la soute. Honnêtement, est-ce que tout le monde croyait qu'il était incapable de se débrouiller tout seul ?

Ino lui expliqua comment aller au dépôt de taxis et il lui fit ses adieux. Saisissant son sac et sa valise, il rejoignit Kakashi qui l'attendait.

« Merci pour le voyage, » dit-il en lui tendant sa main. « Ce fut le plus intéressant des vols que j'ai fait jusqu'à présent. »

Kakashi tendit sa main pâle et saisit la sienne. Iruka se raidit inconsciemment, s'attendant presque à être étreint comme la dernière fois qu'il avait saisi la main de l'homme exentrique. Mais au lieu de cela, ils échangèrent une poignée de mains courtoise et se lâcherent sans incident.

« A plus tard, » répondit Kakashi sur un ton indifférent, mais dans un brillant sourire.

Non, on ne se reverra plus, pensa le jeune homme.

Il rejoint le terminal pour trouver un taxi et enfin, enfin rejoindre son petit frère.

Je suis bientôt là, Naruto. Encore un tout petit peu de patience.

--

Ino se tenait à côté de Kakashi alors qu'ils regardaient tous deux le jeune professeur s'éloigner.

« Tu es vraiment un enfoiré, » lui lâcha-t-elle. « il est trop gentil. Bon dieu, pourquoi fallait-il que tu flirtes avec lui ? Le boss va être furieux ! »

Kakashi frissonna en silence. Les cheveux d'Iruka étaient toujours détachés et il l'aperçut écarter à nouveau une mèche brune. C'était si craquant.

Portant son poignet à son nez, l'homme aux cheveux argentés renifla l'élastique qui y était passé. Cela sentait si bon.

« Mmh, Tsunade ne me tuera pas. Je suis trop précieux. »

La jeune blonde soupira et secoua ses longues couettes.

« Je ne comprends pas pourquoi elle te laisse faire ce genre de choses sans rien dire. »

Kakashi lui envoya un sourire paresseux, « c'est parce que je suis irrésistible. »

Ino lui envoya une claque derrière la tête, et ne fut absolument pas surprise quand sa main ne rencontra que le vide.

--

« Sasuke, » murmura Iruka soulagé quand il entra dans la chambre d'hôpital, en refermant la porte sans bruit derrière lui.

Se précipitant vers le garçon aux cheveux corbeau assis sur le lit, il l'entoura de ses bras et le serra fort.

« Je suis si heureux que tu ailles bien. J'était vraiment inquiet »

« Je suis content de te voir aussi, Iruka. »

Iruka fut surpris lorsqu'un bras vint se poser contre son dos et rendit timidement son étreinte affectueuse. Il se recula et repoussa les mèches noires qui tombaient devant le visage de Sasuke, pour regarder sa blessure. Elle n'était pas jolie, mais commençait à virer au jaune et s'effacerait rapidement. Effleurant le bras bandé du jeune homme stoïque, il se força à ne pas prolonger le contact. Il avait répondu à son accolade, et dans les standards Uchiwa, cela équivalait au moins à des retrouvailles avec effusion de larmes et fanfare déchaînée en fond sonore.

« Je vais très bien, » réprit calmement Sasuke. « Comment as-tu pu rentrer ? Les heures de visite sont finies. »

« J'ai demandé à la dame de l'accueil votre numéro de chambre, pour pouvoir monter directement demain. Et puis j'ai fait mine de partir mais j'ai réussi à me faufiler. C'est pas aussi facile que dans les films en fait. Il y a des gens partout. J'ai dû cacher mes valises dans un buisson du jardin dehors »murmura Iruka alors que ses yeux déviaient vers l'autre lit de la chambre.

Celui-ci était placé à côté de la fenêtre, dont les rideaux étaient restés entrouverts pour laisser filtrer un fin rayon de lune, qui baignait l'occupant d'une douce clarté. Une perfusion était pendue et un moniteur cardiaque branché, mais c'était loin des images terrifiantes que s'étaient imaginées Iruka. Il n'y avait pas de grosse machine pompant pour respirer à la place de son petit frère. Naruto avait l'air simplement endormi.

« il ne s'est pas encore réveillé. La seule fois où je l'ai vu bouger c'est quand je lui ai dit que tu arrivais : il a froncé les sourcils. »

Iruka hocha la tête et se rapprocha doucement du petit blond inconscient. Il laissa courir ses doigt dans la chevelure blonde et le long des joues marquées, rassuré par la tiédeur de la peau dorée. Des larmes se formèrent au coin de ses yeux puis roulèrent sur ses joues.

Il savait que Sasuke était en train de le regarder, et il savait aussi que le jeune homme ne le jugerait pas pour son émotivité. Sasuke connaissait leur passé et combien le lien qui liait ces deux là était fort. Il se pencha en avant et laissa quelques baisers sur le front de son petit frère, il n'aurait pas pu retenir ses larmes de toute façon.

« Naruto, » appela-t-il doucement, en continuant à caresser ses cheveux blonds. « Je suis là, chaton. Je suis là pour toi. »

Toute son attention était focalisée sur son petit frère, mais Sasuke, lui, ne manqua pas de noter l'accélération du rythme cardiaque sur le moniteur. Le lien qui unissait les deux frères n'avait jamais cessé de l'impressionner et de l'intriguer. Les liens du sang pouvaient bien aller se faire foutre, cela n'avait rien donné de bon entre Itachi et lui. Ces deux là avaient créé un vrai lien et s'aimaient l'un l'autre plus que tous les frères et sœurs qu'il avait pu rencontrer jusqu'à présent.

Iruka retint un sanglot et plaça un autre baiser sur la joue marquée de moustaches.

« J'ai besoin que tu reviennes, chaton. Je ne sais pas ce que je vais devenir sans toi dans ma vie, » il renifla et sourit devant le garçon endormi, ses larmes s'écrasant à côté de l'oreiller.

Il avait l'air si jeune comme ça, si petit. Comme s'il avait à nouveau six ans et qu'il ne pouvait trouver le repos que dans les bras d'Iruka. Ils avaient traversé tant d'épreuves ensemble, ce n'était pas un stupide accident de voiture qui allait les séparer. Que se passerait-il si Naruto ne se réveillait pas ? cette possibilité était tout simplement trop effrayante. Le désespoir saisit sont cœur.

« S'il te plaît, » murmura-t-il entre deux sanglots, en posant sa tête contre l'épaule de son frère, baignant le drap de ses larmes. « S'il te plait Naruto ne me quitte pas. J'ai besoin de toi, plus que tu n'as jamais eu besoin de moi. Je ne peux pas vivre sans toi. J'ai peur, chaton. J'ai si peur. »

« Ruru ? »

Iruka redressa la tête d'un bond et Sasuke ébahi resta bouche bée (il remercia le ciel que les deux frères soient concentrés l'un sur l'autre et n'aient pas vu cette réaction).

« Naruto ? » l'espoir revint en force et Iruka eut le souffle coupé en voyant un œil bleu azur s'ouvrir et le regarder.

« Ruru, tu es là, » reprit Naruto d'une voix rauque.

Iruka prit une grande inspiration et ravala le sanglot qui menaçait de sortir.

« Bien sûr que je suis là, mon chaton, » murmura-t-il en caressant une mèche blonde et en se plongeant dans l'océan des yeux de son frère.

Les yeux se refermèrent et Iruka recommença à paniquer, mais des mains s'aggripèrent à son T-shirt.

« Câlin, » demanda la voix ensommeillée, et le brun s'éxecuta avec une joie non cachée.

Naruto ne lui avait plus demandé ça depuis ses onze ans, lorqu'il avait fermement décidé de ne plus faire de cauchemars à propos de son passé. Quand il n'était qu'un petit garçon, il avait l'habitude de rejoindre Iruka dans son lit pour lui demander des câlins, ce qui signifiait basiquement dans sa petite tête « j'ai besoin que tu me serres contre toi toute la nuit parce que je me sens seul et que je suis effrayé ». Iruka ne lui avait jamais refusé ce réconfort, et il n'allait sûrement pas commencer aujourd'hui.

Regardant par-dessus l'épaule du garçon en direction de l'autre occupant de la pièce, Iruka lança un grand sourire ému. Sasuke lui offrit son expression sérieuse habituelle mais un timide sourire l'accompagna.

« Va dormir un peu. »

Traduction d'Iruka : Si quelqu'un ose s'approcher de vous, je lui balancerai le mauvais œil des Uchiwa et puis je le tuerai avant de jeter toute sa famille dans la misère.

Iruka se dirigea vers le jeune homme et le serra fort de nouveau.

« Merci vraiment de t'être occupé de lui pour moi. Je te dois tout. »

Il ne s'attendait pas à avoir un câlin en retour, le premier avait déjà été un phénomène, mais il fut surpris une nouvelle fois par le bras qui s'enroula dans son dos.

« Je suis heureux que tu sois là, » mumura Sasuke d'une voix à peine audible.

Iruka le retint quelques secondes puis le laissa aller pour rejoindre Naruto. S'écroulant dans le lit à côté de lui, le petit brun cala son petit frère dans ses bras, et posa sa joue contre la chevelure blonde avec un soupir satisfait. Naruto donna un nouveau signe de son réveil du coma quand il enroula son bras autour de la taille d'Iruka, qui ressera son étreinte. Et ils s'endormirent tous les deux comme ils l'avaient fait tant de fois dans l'orphelinat terrifiant, avec l'un et l'autre comme seul réconfort.

--

Sasuke se rendit compte qu'il ne pouvait quitter des yeux cette image paisible. C'était une image de pur amour baigné par la lumière lunaire. Il n'était pas du genre poétique, mais ces deux là étaient les seuls à pouvoir briser les règles qu'il s'était établies. Bien qu'il ne l'adrmettrait jamais à personne, le fait que l'amour d'Iruka et de Naruto soit assez grand pour l'inclure dedans était pus précieux pour lui que tout son empire financier. Le plus jeune des Uchiwa avait toujours été tout seul, même quand il était entouré de personnes clamant qu'elles l'aimaient.

Et puis les deux frères étaient entrés dans sa vie et avaient tout changé. Il avait rencontré Naruto à l'école, et il avait été marqué par sa ressemblance avec un soleil, plein d'énergie et de lumière, brillant de mille feux. Pas la peine de préciser qu'il avait été à la fois ennuyé et intrigué. Le souvenir de la première fois qu'il avait été manger chez Naruto, pour finir le projet de classe qu'ils devaient faire ensemble, était encore frais dans sa mémoire. Au lieu d'un papa et d'une maman, c'était Iruka qui était apparu.

Si Naruto était le soleil, Iruka lui était l'amour et la chaleur incarnées dans un homme souriant aux mains douces. Cette nuit là, sasuke avait été traité comme un vrai enfant, à qui on avait ordonné de se laver les mains, puis servi une nourriture simple, ébourrifé ses cheveux et demandé d'aider à débarrasser la table. Sasuke avait trouvé ce jour là son utopie, et les deux frères l'avaient accueilli à bras ouverts.

Au début ils n'avaient pas su pour sa fortune, et quand ils l'avaient découvert, ils ne changèrent rien. Sasuke les auraient protégés avec toute sa force et aurait détruit n'importe quel fou qui aurait tenté d'interférer dans leur vie. Sans qu'ils le sachent, Sasuke avait racheté leur maison à leur propriétaire, avait laissé le même loyer, avait résolu tous les problèmes avec leur maison (et il y en avait eu quelques uns), tout en améliorant petit à petit leurs conditions de vie. Il avait aussi replacé discrètement, par petites sommes, les loyers payés par Iruka sans que celui-ci ne s'en aperçoive, et subtilisé toutes leurs grosses factures pour les payer. Il aurait préféré tout leur donner gratuitement mais ils n'auraient jamais accepté. Ils étaient fiers de leur indépendance et travaillaient vraiment dur pour cela.

Les frères n'avaient jamais rien découvert, étaient simplement étonnés de leur bonne fortune, et heureux qu'Iruka ait pu offrir une année d'études à l'étranger à Naruto tout en réussissant lui-même à devenir professeur. Ils ne savaient pas que Sasuke avait payé tous leurs frais d'inscription ainsi que tous les frais liés à des études supérieures, après avoir convaincu l'Université d'oublier d'indiquer ces frais sur les papiers officiels envoyés aux deux jeunes frères. Il avait mis toutes ses capacités en œuvre pour continuer de protéger et de subvenir aux besoinx des deux frères sans que ceux-ci ne s'en rendent compte. En retour, Iruka avait continué d'ébourriffer ses cheveux et de l'accueillir comme l'un des leurs, et Naruto avait juste été lui-même. L'utopie de Sasuke était restée intacte et protégée.

La porte de la chambre s'ouvrit silencieusement, et le regard uchiwesque 'ne fais pas le con avec moi' se mit en place instantanément, pour être aussitôt abandonné lorsqu'une silhouette avec des cheveux argentés défiant la gravité passa le seuil. La porte se referma et une valise et un sac en toile furent déposés sur le sol dans un coin de la pièce. Kakashi s'avança vers le lit de Sasuke et regarda les deux frères endormis.

« Pourquoi as-tu mis si longtemps ? » demanda le jeune homme aux cheveux corbeau tout bas.

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