Lily Forever : (permets-tu que j'emprunte ta façon de répondre au review? ). Vraiment, tu as été touchée ? Ca, ça me plait. J'espère ne pas te décevoir.
Fjudy : Tu as été parfaite ! Merci de ta franchise. Effectivement, il y a quelques fautes de frappes. Excusez moi. En ce qui concerne l'exposition du corps de Sam... En fait, il vient de mourir, à peine une heure auparavant, on vient juste de lui enlever les tubes et tous ces machins là... Puis, y'a plus de places à la morgue ! xD
Chapitre 2
La semaine qui suivit, on enterrait Sam. La plupart des élèves du lycée y était. Dans l'Eglise bondée, Derek s'était fait une place dans les premiers rangs. Il avait fixé le cerceuil de Sam tout au long de la cérémonie, clignant à peine des yeux. Il n'avait pas pleuré une seule fois. Il n'y arrivait pas. Pour lui, ça n'était qu'un mauvais rêve. Quelque chose de tellement abstrait et irréel que ça ne pouvait être que le fruit de son imagination. Depuis qu'il était revenu de l'hôpital, il restait des heures entières, enfermé dans sa chambre dans un mutisme absolu. Il ne parlait plus, ne riait plus, ne mangeait que lors de grandes nécessités. Son état végétatif n'avait inquiété personne au début. Connaissant leur Derek, ils se doutaient bien qu'il ne serait pas du genre à dévoiler ses sentiments.
Mais, à présent, cela faisait un mois que Sam était mort. Casey, elle, se faisait peu à peu à l'idée qu'il ne passerait plus le pas de la porte d'entrée en chahutant avec Derek. C'était, certes, douleureux, mais elle préférait faire face à cette perte plutôt de s'enfermer dans l'illusion d'un éventuel retour. Elle observait Derek. Elle savait qu'il ne réalisait pas. Elle avait tenté de lui parler plusieurs fois. Derek ne répondait jamais... il n'écoutait pas non plus. Il était constamment dans un état second qui l'empêcher d'être conscient. Comme si, pour le préserver de la souffrance, son cerveau bloquait l'information.
Derek s'allongeait sur son lit et contemplait son plafond. Dans sa tête défilait, tous les souvenirs plus ou moins plaisants de Sam et lui. Il revoyait sans cesse le sourire illuminant le visage de son meilleur ami... puis, l'affreuse image de l'hôpital. Souvent, il s'endormait entièrement habillé. George, avait pris l'habitude depuis un certain temps, de venir le déshabiller et de le glisser sous la couette pour qu'il n'ait pas froid. Il regardait le visage un insouciant de son fils. Ca lui faisait l'effet d'avoir à faire au Derek qu'il était lorsqu'il avait six ans et que tout reposait sur lui, son père. Il semblait être une chose fragile.
Derek se réveillait, généralement, avant que son réveil ne sonne. Il ne se levait pas. Il restait là ou las... Nul n'aurait su le dire, même pas lui. Il ne vivait pas, il ne survivait pas non plus. Il était là. Il se contentait d'exister. Aucune information ne parvenait à son esprit. Il était juste (et réellement) déconnecté.
Ce jour-là, c'était un samedi. Il n'avait pas besoin de se lever tôt pour aller au lycée. Il n'avait pas besoin de se lever tout court parce qu'il n'irait pas au match de hockey, ni à son travail, ni nulle part. Il s'enfermait dans sa chambre et contemplerait le plafond. Dans le fond, Derek ne détestait pas cette situation. Ressasser de vieux souvenirs, ça lui plaisait bien. Il se rendait compte de l'importance de Sam dans sa vie.
Il se souvint de la première fois qu'il l'avait vu...
Derek, d'un haut de ses cinq ans presque tout rond, déambulait avec deux petites voitures dans les mains. Ses cheveux, plus clairs à l'époque, retombaient sur son front pâle. Ses yeux noisettes observait de loin, un petit garçon blond qui paraissait s'ennuyait ferme. Derek s'approcha, un léger sourire aux lèvres. Il se planta devant lui :
- Bonzour !
Le petit blond releva la tête, surpris. Il lui répondit vaguement et se contenta de le dévisager pendant quelques secondes.
- J'm'appelle Derek. Et toi?
- Sam, je suis Sam. ndlr : petite référence au film avec Sean Penn qui interprète un autiste, je pense, à qui on veut enlever sa petite fille Lucy. Je sais, ça casse tout là... xD.
- Tu veux zouer? demanda Derek en montrant ses petites voitures. J't'en prête une, s'tu veux.
- Euh... d'accord. J'peux avoir la rouge?
Le petit visage de Derek se contracta. Il soupira et dit :
- Celle là, c'est ma préféré. Tu veux pas plutôt la verte?
- D'accord.
Cette après-midi là, ils jouèrent pendant des heures entières. Seuls, juste eux deux. Inperturbables dans leur jeu imaginaire. Réellement déconnectés de la réalité.
Mais, une réalité bien moins grave que celle à laquelle Derek refusait de faire face. En fait, ce n'était pas vraiment qu'il refusait d'y faire face, il était simplement incapable d'en être conscient.
L'avant Sam c'était la douceur et la caresse tendre d'une vie presque parfaite que Derek chérissait intérieurement. Il était populaire, il était relativement beau, avait quelques amis sincères, une famille... plutôt pas mal. Il aurait sûrement refusé de l'avouer, même sous la torture, mais sa famille, il l'adorait. Ca aurait été mal de dire qu'il était heureux que ses parents se soient séparés et que son père ait rencontré Nora. Nora, elle, était plus l'image qu'il se faisait d'une mère. Certes, la sienne ne lui posait aucun problème d'ordre liberté puisqu'elle n'était jamais là. Nora, elle, se souciait de lui, d'Edwin et de Marti.
George, son père, était sans doute maladroit et peut-être trop laxiste. Mais, lui, Derek savait qu'il pouvait s'y fier. Il avait toujours été là pour ses premières fois... enfin pas toutes, heureusement. Juste celles qui sont importantes aux yeux d'un enfant. Il lui avait appris à parler, à marcher, l'avait rassurer lorsqu'il faisait des cauchemars. Tout ce que doivent faire les parents.
Edwin. Derek aimait avoir tant d'importance à ses yeux. Il aimait être le modèle de quelqu'un, et particulièrement le sien. Son petit frère, il n'avait que lui qui avait le droit de l'embêter, de l'(h)ouspiller, de le frapper. Edwin, c'était le petit frère parfait.
Les petits yeux de Smarti, il voulait les voir étinceller de joie, toute sa vie. Il l'aimait vraiment beaucoup. Plus qu'il n'aimait les autres membres de sa famille. Elle lui semblait tellement innocente et insouciante, tellement naturelle, telle Smarti. Il adorait sa façon de prononcer un "Smerek" desespéré lorsqu'il n'était pas assez à son écoute.
Lizzie. Il l'aimait bien. Il était vrai qu'il ne passait pas beaucoup de temps avec elle. Seulement, cette petite soeur d'adoption lui faisait souvent comprendre des choses qu'il ne soupsonnait même pas.
Et puis, Casey. Ah, Casey. Il aurait pu en écrire des romans sur sa relation avec Casey. Complexe, peut-être même ambigüe. Elle était tellement plongée dans ses bouquins, tellement miss-parfaite/miss-je-sais-tout/miss-les-parents-me-font-confiance-et-à-pas-toi-DEREK. Et puis, ces garçons avec qui elle sortait. Il en était maladivement jaloux. Même de Sam. Dans ce cas-là, il était jaloux dans les deux sens : l'importance de Casey dans la vie de Sam et... la façon dont Casey le regardait. A vomir.
