Quatre jours, Trois nuits, deux heures et une minute.
Jour 2.
Harry aurait tout fait, tout donné, tout offert, en pleurant et en remerciant pour tout ce qu'on lui prenait, avec un grand sourire et des mots d'encouragement. Il aurait donné tout, absolument tout, pour que quelqu'un le sorte d'ici.
Parce que c'était si petit, si froid, si sombre, que le jeune homme brun n'en pouvait plus de tenter de respirer.
Depuis combien d'années étaient-ils là?
C'était érintant, effrayant et tellement dur de rester calme.
Parce qu'il fallait rester calme, ho Merlin, il le fallait absolument, parce qu'il ne voulait pas mourir, ni tomber dans le coma ou pire, se perdre totalement. Parce qu'il avait encore des choses à faire, des gens à voir, à saluer, à embrasser, à aimer. Et Severus n'avait toujours pas dit s'il acceptait que lui, le grand survivant, l'Elu, vienne squatter ses appartements.
Il savait qu'il dirait oui, bien sûr, comme il savait qu'il l'aimait et qu'il resterait avec lui tant que Harry ne serait pas lassé. Ce qui n'arriverait jamais.
Il voulait l'entendre de nouveau lui dire tout ça, l'écouter parler de ses doutes, et le réconforter ensuite. Mais tout semblait si loin et il avait si froid. Peut être que la guerre avait été perdu finalement, et qu'il ne faisait que rêver.
Parce qu'il était fou. Et avec un gémissement de désespoir, il se sentit partir au sol.
Il faisait de plus en plus froid.
HPSS DMLN
Peu importe où il avait été, les tableaux qu'il avait pu interroger, les passages secrets qu'il avait parcouru et les armures qu'il avait menacé, rien ni personne, n'avait pu lui donner ne serait-ce qu'un indice sur le lieu où pouvait être coincé le survivant.
Et Severus Snape, le froid maître des potions et mangemort espion à ses heures, en aurait hurlé de rage, frappé des murs, et cassé des chaises parce que plus que tout, il était effrayé de ne plus jamais revoir son petit brun, rien qu'à lui.
Il revint à 7h30 dans son bureau, le temps d'avaler une tasse de café et de repartir, et fut interrompu dans ses tentatives de trouver une solution par deux brefs coups sur la porte. Il grogna un vague 'entrée' pas sûr d'avoir été entendu, et s'en fichant comme de sa première chemise et faillit rabroué méchamment son visiteur avant qu'il ne reconnaisse Neville, suivit de son serpentard blond.
Neville était anxieu, mais plus reposé, et donc moins sujet à s'étaler par terre pour partir dans un autre monde. Tout noir.
"Est ce que tu as trouvé quelque chose." Tenta le petit brun, sachant pertinemment, au vu des cernes et de l'air plus qu'antipathique et nerveux de son mentor, qu'il n'y avait rien de nouveau.
"On va t'aider à chercher Sev', je vais aller voir les élèves pour savoir s'il n'auraient pas vu Harry. On va reconstruire son emploi du temps, les derniers pas qu'il a fait, quelqu'un l'aura surement vu, ou aura au moins surement vu Granger et Weasley quelque part. On va le retrouver." Et il y avait tant de conviction dans la voix de Draco Malfoy à cet instant que Neville et Severus, même s'il n'était pas sûr de l'état dans lequel ils allaient retrouver l'Elu, acquiéscèrent.
Comme un seul homme ensuite, ils quittèrent le bureau directorial de la maison des Serpentards et se séparèrent, Draco entrainant Neville vers la grande salle, où certaines têtes devaient déjà petit-déjeuner, tandis que Severus reprenait ses recherches le long des sinueux couloirs de l'école. Comme chercher une aiguille dans un botte de fouin.
Draco organisa tout de manière trés professionnelle. D'abord, il grimpa sur l'estrade des professeurs et interdite aux élèves, s'avança vers la table ou petit-déjeunait Minerva Mc Gonagall, l'air toujours trés sévère, et Flitwick, baillant au corneille et quelques autres professeurs plus ou moins endormis, et demanda à la nouvelle directrice de l'école l'autorisation de passer un message dans le but de retrouver Harry Potter au plus vite. Elle s'étonna grandement de la disparition du survivant et Draco lui résuma la situation. Et enfin, elle accepta.
Le blond se retourna alors vers la grande salle où s'agitait nombre d'élèves, et d'un sort ferma la porte après que le dernier élève fut entrer. Il murmura un sort pour amplifier sa voix, et se lança, attirant rapidement l'attention de toute l'école sur lui.
"Bonjour, je ne vais pas m'étendre longuement sur la cause de tout ceci, je voudrais juste que vous soyez tous au courant, et prêt au moment où l'on aura besoin de vous. Voilà le problème, par la faute de deux imbéciles congénitaux bon à enfermer, Harry Potter a disparu, probablement enfermé dans une salle un peu indépendante et espiègle du château. Harry doit absolument être retrouvé dans les plus brefs délais alors je demanderais à tout ceux qui l'ont aperçu, s'il vous plait, de m'écrire sur un papier tout ce dont vous vous souvenez. Je dois absolument savoir si vous avez vu Harry, Granger, Weasley ou tout autre personne qui aurait été en contact avec Harry dans la journée. Peu importe quand, peu importe la raison. Je dois savoir. Il en va de sa vie, d'accord ?" Un silence pesant et anxieu lui répondit. Harry était apprécié ici, beaucoup. "Les premières heures de cours sont annulés, au cas où certains décideraient d'inventer quelque chose pour ne pas aller en cours...vous viendrez poser le papier dans cette boite, surveillée par le professeur Mc Gonagall." D'un mouvement de poignet, il fit apparaitre une boite sur le sol de l'estrade. " Et s'il vous plait, pensez au moindre détail. Je vous remercie."
Et puis sans un mot de plus, il mit fin à son sort et ressortit, ayant saisit au passage la main de Neville.
"Où est ce qu'on va maintenant?" Demanda le brun alors qu'ils avancaient vers la sortie du hall d'entrée. "Je veux vérifier quelque chose." Lui répondit Draco, et Neville acquiesça, bien qu'un peu peiné que rien de plus ne sorte de la bouche de Draco, ni explication ni rien d'autre qui aurait pu repousser l'étreinte qui enserrait sa poitrine de minute en minute.
Draco le traîna plusieurs minutes à travers le parc et Neville se sentait de plus en plus désemparé. Il aurait aimé pouvoir réagir, retirer sa main de la poigne si douce de Draco, ou pouvoir se mettre en colère et exiger des explications. Mais il était si las, tout le temps, qu'il ne s'en sentait pas la force, que ça lui en devenait presque égal. Et puis Draco pouvait faire ce qu'il voulait de lui, parce qu'il l'avait sauvé et qu'il prenait soin de lui.
Mais quelque part quand même, ca lui faisait mal. Et Harry lui manquait. Et Harry l'inquiétait. Parce qu'il revoyait ses grands yeux vides et ternes, son corps gelé, tremblant, trop immobile aussi. Il fallait qu'il soit retrouvé. Vite. Et Draco le conduisait bien ailleurs que dans le château où Harry avait été perdu.
Alors mû d'une force qu'il ne pensait plus avoir depuis que Bellatrix s'était tant amusé avec lui, il retira brusquement sa main de celle du serpentard, et s'arrêta. Le blond fit encore quelque pas en avant, sans lui, puis s'arrêta et se retourna, à la fois interloqué et étonné. "Neville?" Draco fronça les sourcils et se rapprocha de son petit ami, s'arrêtant à quelques centimètres de lui. Neville semblait bloqué, comme en mode pause. Il respirait fort, avait le visage un peu rosé, et semblait à la fois paniqué et fébrile d'une volonté d'exprimer, de dire, de parler, de hurler, quelque chose que Draco se fit un devoir d'entendre. Parce que Neville n'avait jamais possédé cette expression-là depuis qu'il s'était réveillé à l'hôpital, et Harry ou pas, ils ne devaient surtout pas perdre cette immense pas en avant.
"Neville?" Répéta encore Draco, restant toujours délibérément loin du Gryffondor. "Respire, et dis moi ce que tu as. Je suis désolé si je t'ai mi en colère pour quelque chose." Reconnaître que le brun était en colère, il fallait le faire, peut être même devrait-il titiller sa colère un peu plus encore, pour retrouver encore plus de vie, de promesse d'une réaction plus humaine que cette apathie permanente, effrayante.
"Neville, qu'est ce qu'il y a?" Sembla s'agacer Draco. Et là, Neville fronça les sourcils, dans une expression de colère, de mécontentement, d'énervement. Son visage forma une moue contrariée à la fois enfantine et matûre, une moue d'adolescent contrarié. Oui Neville, c'est ça, reviens. Reviens mon amour.
"Je veux savoir où on va." Lâcha enfin le Gryffondor, et le blond aurait pu se jeter sur lui et pleurer de joie tant la voix qui avait retenti était buté, plus grave et déterminé, que ce qu'elle n'avait été ces derniers mois. Mais il se retint.
"Ho, je...excuses moi." Et pour le coup Draco se sentit vraiment mal. Neville n'était pas un sac à trimballer partout sans explications. Mais ca l'avait fait réagir, revivre un peu plus. Alors c'était surement un mal pour un mieux. "Je voulais aller dans la cabane hurlante, Harry y a caché les affaires de son père, tu sais. La carte pourrait nous être utile."
Oui, Neville savait. Bien sûr qu'il savait. C'était même lui qui avait porté la petite malle à secret jusque dans la cabane. Parce que le dortoir avait bien faillit être ravagé par les flammes après un stupide jeu et Harry avait manqué perdre tous les objets qui le liaient encore au sien. Alors il les avait caché là, sous un sort de protection, et personne ne pouvait y toucher, sauf les personnes à qui Harry le permettait. Draco, Severus, et lui était de ceux-là.
Merlin, il fallait retrouver Harry.
"Neville." Mais Neville était sagement reparti dans son petit monde, inquiet et triste. Il leva son regard vers Drago et glissa sa main dans la sienne, avant de commencer à marcher vers la cabane hurlante. Draco acquiesca, serrant les dents et fermant les yeux, et le suivit, l'attirant contre lui et lui embrassant la tempe, lui murmurant 'je t'aime'.
Vingt minutes plus tard, ils étaient de nouveau dans la grande salle, sans carte du maraudeur ni rien qui pouvait les aider. Et Neville semblait sérieusement fatigué. "Est ce que tu ne voudrais pas te reposer un peu Nev'?" Murmura Draco à l'oreille du Gryffondor assis sur un des bancs de la table des Serdaigles. "Je veux rester avec toi." Draco avait la boîte pleine de papier sous le bras et comptait les lire tous. "Et si je fais ça dans la chambre, pendant que tu te reposes, qu'est ce que tu en dis?" Il fallait que Neville dorme, c'était crucial, merde. Et si Neville le lui refusait, alors ce serait à Severus de coucher le Gryffondor.
Severus qui passait la porte, le teint plus pâle encore que quelques heures plus tôt, et se dirigeait d'un pas vif jusqu'à eux. "Trouvé quelque chose?" Demanda t-il d'un ton pressant. Neville secoua la tête, les yeux terrorisés et tellement fatigués, et Severus soupira. "Neville, va au lit, Draco lit tout ça, ensuite..." Il passa sa main sur son visage et ses yeux et soupira fortement. "Ensuite, dés que tu trouves quelque chose, tu me préviens."
"Et si il ne trouve rien." Murmura Neville, exprimant leur pensée.
Snape ne répondit même pas, il hocha juste la tête, les dents serrés, le coeur et la gorge probablement aussi et s'éloigna après avoir serré brièvement l'épaule de son ancien élève.
"Allez viens, il faut que tu dormes".
Neville acquiesça vaguement, les yeux perdus, et serra fort la main de Draco alors qu'il rejoignait la chambre du préfet en chef. A peine furent-ils arrivés, que le petit brun se précipita hésitant jusqu'au lit et s'y effondra, sombrant instantanément dans un sommeil profond.
13h40, j'étais en cours de Métamorphose avec Mc Gonagall quand je me suis trouvé mal. Je lui ai demandé de sortir et elle m'a donné la permission. Je remontais le couloir du deuxième étage, quand j'ai croisé Weasley et Granger, il discutait de je sais pas trop quoi, mais bon, il n'y avait pas Potter avec eux. C'était au niveau de la porte de la classe du professeur Binns avant qu'il ne décide de passer au quatrième étage. Il venait du sens inverse au mien, qui venait de la salle de classe de Mc Go.
Rien. Il n'y avait rien qui allait l'aider. A part peut être envoyer Severus refaire de long en large le couloir qu'il avait surement déjà dû faire cent fois. Mais tout de même, il marqua le lieu et l'heure sur une feuille blanche.
Je t'ai vu parler avec Harry et Neville, après le cours de potions, ensuite tu es parti avec Neville je crois. Je suis entré dans la grande salle après ça, j'ai croisé Lavande Brown et les Patils, le gamin de Poufsouffle Terry Poot je crois, l'espèce de photographe blond débile de Gryffondor, et un petit brun de première année qui suce son pouce qui sortaient. Mais je n'ai pas vu Harry rentrer, et je ne sais pas du tout si l'un deux lui a parlé.
Des noms. C'était déjà pas mal. Brown était cruche et trop dingue de Harry pour avoir fait quelque chose - si tenté que quelqu'un ait fait quelque chose- Les Patils étaient mignonnes et adorables, même si trés filles, et ne feraient sûrement rien à Harry. Terry Boot était un total inconnu pour Draco, même s'il avait entendu son nom pendant la guerre. Colin Crivey était sournois et un parfait petit journaliste en herbe, mais Draco ne le voyait pas agresser Harry, et le gosse ne pouvait être qu'innocent. Bien entendu, chacune de ses personnes seraient interrogées et torturées si besoin est.
J'ai croisé Harry aux toilettes vers 12h, il se rendait à son cours de potions, il a dit quelque chose comme, 'quel emmerdeur putain.', s'est retourné vers moi et s'est excusé en souriant de son gros mot. Il est absolument charmant. Bref, ensuite il est sorti, et voilà. Je me suis lavé les mains et je suis sorti. Ca n'a probablement aucune importance mais j'ai entendu une autre porte claquer dans les toilettes alors que je sortais. Mais je n'ai pas été voir qui c'était, après tout ce sont des toilettes et on était pas encore en train de jouer à James Bond à ce moment là. Bon courage.
Bien sûr. Personne ne pouvait savoir qu'un détail comme celui-ci importait. Etait-ce de Severus dont Harry parlait? Draco se souvenait que Harry les avait quitté entre le cours de Runes et le cours de Potions pour se rendre aux toilettes, mais il était revenu tout à fait normalement, sans avoir l'air énervé ou quelque chose comme ça. Bon sang. Il nota tout de même l'heure et la situation et prit un nouveau papier.
Quand je suis sorti de la grande salle, j'ai aperçu Potter, Weasley et Granger, Zabini et les autres un peu plus loin, qui montait les marches menant au premier étage. Personne d'autre n'était avec eux. Je suis parti dans la direction opposé.
Premier étage. Severus allait en faire un drame. Il n'y avait rien. Rien, du tout.
4e étage. 13h05. Potter, Granger, Weasley, devant une petite porte bleu. Pas vu la suite. Ais croisé quelqu'un, mais impossible de me souvenir qui.
Là, il y avait quelque chose. Il fallait qu'il interroge celui qui avait écrit ça. Parce qu'il n'était pas dit là qu'il ne savait pas qui c'était, ou qu'il ne l'avait pas vu, mais qu'il n'arrivait pas à se souvenir. Et même si c'était un peu farfelu de penser que ce n'était pas simplement le château qui jouait avec leurs nerfs -Mais le château irait-il jouer avec les nerfs de Harry, quitte à le tuer, un élève. Alors que le château était une école et construite en tant que telle...- il ne fallait négliger aucune piste, et celle-ci était importante.
Une dizaine, trentaine, quarantaine de papiers se succédèrent ainsi entre les mains de Draco, qui notaient soigneusement tout ce qui était intéressant à savoir, revenait, semblait étrange ou important, et lorsque 19h sonna et réveilla Neville, il possédait une frise temporelle de ceux qui avait entouré Harry avant qu'il ne disparaisse et une liste de texte dont il souhaitait ardamment interrogés les auteurs.
Mais ce serait fait demain, parce que Severus restait introuvable, que les élèves dormaient, et que Neville, réalisant que Harry allait passer sa deuxième nuit enfermé dans une pièce sombre, seul et terrifié, se perdit de nouveau et s'effondra en plein milieu du couloir qu'ils parcouraient pour trouver le directeur des Serpentards.
Draco terrorisé, appelait désespéremment son amant, et son professeur de potion, parce qu'au creux de ses bras, Neville ne bougeait plus.
Et ses yeux grand ouvert étaient noirs.
Bonsoir tout le monde. Je voudrais remercier tous les revieweurs qui ont pris le temps de laisser une review et à qui je n'ai hélas pas eu le temps de répondre. Je voudrais vous dire que c'est grace à vous que j'ai écris cette suite, en voyant que j'avais 28 review pour un chapitre et que l'espoir les animaient...
Alors je m'y suis mi. Et je vous fait la promesse que la suite est déjà en tête et sera écrite pour le moi prochain, à la même date.
En attendant, j'espère que vous avez pris du bon temps.
Grosses bises à tous.
Blibl'
