Coucou ! Cette pauvre tarée de Tohru est de retour !
Comment allez-vous ? Moi eh bien ... comme d'hab ! lol
Comment ai-je eu l'idée de cette fic ? Je suis sûre que ceux qui m'ont lu plusieurs fois précédement se sont posés la question ... En fait, c'est une idée que j'ai depuis fort longtemps, depuis 2 ans je crois ... Mais vu le sujet, je n'ai pas vraiment osé l'écrire, je ne me sentais pas prête. Puis j'ai pris de l'âge ... lol Et surtout j'ai redécouvert une musique tirée de la bande son de Samurai Champloo, dont voici le lien : .?id=1129&lecture=3
Et là, j'ai vu les scènes défiler, j'arrivais très bien à voir Watanuki et Dôméki dans les rôles, et ... et puis j'ai craqué, il fallait que j'écrive cette fic !
J'espère que vous prendrez du plaisir à lire tout au long de cette fic !
BISOUS À TOUS !!! Et surtout, bonne lecture !
Tohru
Chapitre 2
¤ Kimihiro venait d'entrer dans sa chambre. Comme toujours, il attendait.
Mais contrairement à ses habitudes, l'impatience et l'inquiétude se lisait sur son visage.
Dès que la porte s'ouvrait, il pouvait voir le samurai si spécial à ses yeux dans la silhouette de son client.
Et pourtant, il savait bien que ce n'était pas lui. Mais il ne pouvait s'empêcher de se remémorer son visage et son corps.
Il s'abandonnait au péché brutal de son client, lui faisant regretter les caresses de son amoureux.
Ces caresses, ancrées dans sa chair, qu'il ne cessait de se rappeler lorsqu'il était seul.
Lui, qui haïssait l'acte d'amour qu'on lui faisait subir tous les jours ...
... il était passionné, obsédé par celui-là ...
Shizuka Dôméki était devenu son obsession.
Il était la servante qui le levait du lit, puis ses collègues qui l'insultaient, ainsi que la femme qui lui donnait son repas, et celle qui l'accueillait à sa chambre, et ensuite il était l'homme au guichet qui, avec sa voix forte, accueillait les clients, il était également tous les clients qui venaient le voir.
Toutes les voix étaient la sienne, sans qu'il se fasse entendre.
Il était tout le monde, sans jamais être là.
Et, dans les moments de forte solitude, il l'embrassait, le déshabillait, le cajolait, sans se faire sentir pour autant.
Kimihiro ne voyait les choses qu'à travers lui.
La raison l'avait totalement quitté.
Il devenait fou à l'idée de voir Dôméki partout, alors qu'il lui était inaccessible.
Il rêvait de voir le vrai Dôméki.
La nuit
également.
Souvent, il rêvait de sa voix, lui murmurant quelques
tendres douceurs, avant de l'enfermer dans ses bras pour le
réchauffer, puis de le couvrir de baisers dans les cheveux, dans le
cou, sur les joues, le front, la bouche ...
Lorsqu'il se réveillait le matin, il avait l'impression que cela lui était réellement arrivé, mais aucune satisfaction ne venait à lui.
C'était comme si sa soif n'aurait jamais pu été étanchée.
C'était d'ailleurs le cas.
Mais il savait, au fond de lui, qu'il n'allait jamais le revoir.
Pourtant, il refusait de voir la vérité.
Il s'obstinait, continuait d'espérer.
Un jour, peut-être ...
... il viendra ...
Ainsi, il devenait chaque jour de plus en plus taciturne, et cela ne profitait pas aux clients : son absence n'avait rien d'excitant.
En quelques jours, sa popularité avait baissée.
Et ses rivaux, désireux d'être la fièreté du bordel, se réjouissaient.
Ils allaient enfin montrer qu'ils ne vivaient pas en vain, qu'ils pouvaient au moins honorer leurs patrons.
Ils allaient enfin pouvoir se venger ... lui faire payer ...
... à ce Watanuki ...
µµµµµµ
Un midi, alors que Kimihiro finit son maigre déjeuner, il reprit le chemin de sa chambre.
Croiserait-il Dôméki sur le chemin ? Il l'espérait ...
... jusqu'au plus profond de lui-même ...
Soudain, une main se posa sur son épaule et le retourna.
Il se trouva face à trois de ses collègues, les poings fermés et un sourire sournois aux lèvres. ¤
Homme au chignon : Alors, on ne se sent pas bien ?
Homme aux cheveux courts, le prenant par le col : On n'est peut-être pas assez satisfait ?
Homme à la couette : Ils sont pas assez bons pour toi hein ?!
Homme aux cheveux courts : C'est sûrement ça !
Kimihiro : ...
Homme au chignon : Eh ! Tu réponds quand on te parle ?!
Kimihiro : ...
¤ Il leur lança un regard méprisant.
Il trouvait leur attitude tellement sale, elle reflétait parfaitement leur faiblesse ...
Mais ce regard ne leur plut pas du tout, et leur visage se fit plus agressif d'un seul coup. ¤
Homme au chignon : Te fous pas de nous !!!
¤ Ils ouvrirent la porte de la chambre la plus proche, et le poussèrent violemment contre le mur.
Ils n'attendirent pas plus longtemps pour le rosser de coups de pieds et de poings.
Ils s'amusaient à le faire souffrir.
Kimihiro gémit sous la torture, ils ne retenaient pas du tout leurs coups, au contraire, il sentait qu'ils y allaient de toutes leurs forces.
Cela faisait longtemps qu'il attendaient ce moment.
Il perdait son souffle, la douleur le ravageait ...
Il n'avait pas la force de se défendre ...
... il avait besoin qu'on l'aide ...
... pitié, quelqu'un ...
... pitié ... ¤
Kimihiro, entre deux sanglots : ...Dô...méki...
Homme à la couette : Dôméki ?! C'est qui ça, Dôméki ?!
¤ Dit-il avant de se hâter de le frapper encore une fois ...
Les agresseurs riaient aux éclats, se moquaient de lui, le battaient, sans s'en lasser ...
Et Kimihiro ne pouvait que se laisser faire. Il était trop faible pour se défendre ...
Il eut l'impression que les instants qu'il vivait maintenant étaient les derniers de sa vie.
Il se dit que finalement, c'était peut-être une bonne chose.
De toute façon, jamais il n'aurait revu Dôméki ...
Mais il aurait préféré mourir autrement ... ¤
Voix de femme : KYAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!
¤ Les hommes arrêtèrent de le frapper.
Ils se retournèrent, et virent, étendue dans le couloir, une prostituée effrayée, qui s'évanouit sur le coup. ¤
Un homme, arrivant avec quelques femmes : Que se passe-t-il ?!
¤ Du personnel arriva, alarmé par le malaise de la jeune femme.
Les agresseurs paniquèrent. On allait les punir pour cela ... ¤
Homme, surpris : Watanuki !...
¤ Son nez dégoulinait de sang, il était étalé sur le sol. Il n'avait plus la force de se relever ... ¤
Homme : Occupez-vous de lui ! Vite !
¤ Il vit des ombres s'emparer de son corps, le soulever, alors que sa tête résonnait ...
Puis, il perdit connaissance.
µµµµµµ
Lorsqu'il se réveilla, il ne se trouva pas dans sa chambre, mais dans une salle plus grande.
La douleur que lui avaient causé ses collègues le brûlait moins, mais elle restait présente, l'empêchant de bouger.
Une femme, une guérisseuse, était assise à côté de lui. Elle avait patiemment attendu son réveil.
Il avait du mal à distinguer ses traits. Sa vue était trouble ... ¤
Kimihiro : ...
Guérisseuse : Bonjour. Comment-vous sentez-vous ?
Kimihiro : ...
¤ Il se tut. ¤
Guérisseuse : Vous avez perdu du sang.
Kimihiro : ...
Guérisseuse : Mais vous n'êtes pas en trop mauvaise santé. Avec du repos, vous irez mieux. En attendant, je reste avec vous.
¤ Il ne fit
rien du tout.
Il se contenta d'écouter les conseils que lui
donnait la guérisseuse.
Il avait raté une occasion de mourir. Une occasion de terminer sa vie chaotique.
Mais il savait bien qu'ils n'allaient pas laisser leur mine d'or effondrer.
Alors, il était encore là, et il devait souffrir pour faire le bonheur des autres ...
Pour l'instant, il avait un sursis. Il pouvait profiter de sa convalescence pour se reposer.
Et pour se guérir de son obsession qu'est Dôméki ...
... il en avait grandement besoin ...
µµµµµµ
Mais on ne lui laissa pas beaucoup de temps.
Dès le lendemain, il devait se remettre au labeur.
Ses membres et ses côtes lui faisaient atrocement mal. À peine restait-il assis qu'il sentait ses blessures le ronger de l'intérieur.
Et bien évidemment, ses clients ne prêtaient pas attention à sa faiblesse, ils se jetaient sur lui.
Dans n'importe quelles conditions, Kimihiro devait être capable de les satisfaire.
À force de souffrance, il devenait de plus en plus faible.
La journée fut extrèmement longue, et, à la fin, il se laissait envahir par son épuisement.
Malgré tout, il restait là, à faire ce qu'on lui demandait de faire.
Il attendait, alors qu'il était bientôt minuit.
Sa respiration était lente et silencieuse.
Ses yeux fixaient le sol, sans expression apparente.
Il attendait le prochain client avec appréhension.
Le temps se fit long, et le personnel n'était toujours pas venu le chercher.
Il s'endormait ...
... manquait de s'évanouir plusieurs fois ...
La porte s'ouvrit enfin.
Il leva la tête, pour découvrir qui venait le demander. ¤
Kimihiro : ...
¤ Une fois de plus, il apercevait Dôméki dans son actuel client.
Pourquoi le hantait-il autant ?...
Lui, à qui il ne voulait plus penser ...
Il ferma les yeux ... ¤
Client : Bonjour.
¤ Et cette voix ...
... il avait réellement sombré dans la folie ...
... cette fois, il en était sûr ...
L'homme s'approcha de lui et s'agenouilla.
Il prit ses épaules. ¤
Client : Vous n'avez pas l'air bien ...
¤ Kimihiro leva les yeux, et se retrouva nez-à-nez avec un samurai à la peau mate et aux yeux dorés ...
Non, cette fois il ne rêvait pas. Il n'avait pas perdu l'esprit pour de bon.
Il s'agissait bien de Shizuka Dôméki.
Des spasmes le torturaient.
Que venait-il faire ici ?... ¤
Dôméki : Pourquoi restez-vous muet ?...
Kimihiro : ... que ... vous ...
Dôméki : ...
Kimihiro : ... bonjour ...
¤ Impossible de mettre de l'ordre dans sa tête.
Maintenant qu'il l'avait en face de lui, il ne souhaitait qu'une chose.
Que Dôméki réalise tout ce dont il a rêvé de lui.
Il le dévisagea, ne savant comment l'inviter à la tendresse.
Il rougit, et laissa les battements de son coeur l'envahir. ¤
Kimihiro : ...je suis...he...
¤ Sa voix se perdit alors qu'il voulait lui dire à quel point il lui avait manqué.
Il avait peur de sa réaction, peur de ce qu'il pouvait penser de lui après.
Et puis, dire ceci à un homme en quête d'un soulagement sexuel ...
... c'était d'un pathétique ...
Il se trouvait vraiment bête sur le coup.
Un imbécile fini, vivant dans un rêve impossible ...
Il voulut cacher son visage, mais Dôméki le prit entre ses mains, le forçant à le regarder en face. ¤
Dôméki : ...
¤ Le samurai, en contemplant son visage qu'il trouvait si beau, remarqua alors les bleus à peine visibles qui le recouvraient.
Il eut mal au coeur en voyant cela. Et à la vue de ses yeux fatigués et de sa peau plus pâle que la dernière fois, il s'inquiéta. ¤
Dôméki : Qui vous as fait ça ?...
Kimihiro : ...
¤ Kimihiro sentait sa tête tourner. Elle lui faisait déjà assez mal ...
Dôméki le voyait, il reconnaissait les symptômes. ¤
Dôméki : Restez avec moi !...
Kimihiro, faiblement : ...
¤ Ses paupières tombèrent lentement, le plongeant dans un profond sommeil ... ¤
Dôméki : Watanuki !
¤ Il le rattrappa dans sa chute, persuadé qu'il s'était évanoui.
Il le secoua un peu en pensant qu'il pouvait encore le garder conscient ...
Puis, il entendit le bruit sourd de sa respiration lente ...
Il réalisa alors qu'il s'était endormi.
Il ne savait plus quoi faire. ¤
Dôméki : ... Watanuki ?...
¤ Kimihiro agrippa ses doigts à son kimono.
Sa tête se faisait plus lourde contre son torse.
Il paraissait si détendu contre lui, reposé.
Mais Dôméki ne pouvait pas le garder dans ses bras.
S'il dormait, il devait s'allonger.
Délicatement, le samurai le câla entre ses bras.
Il entrouvrit les couettes du futon qui était à côté d'eux.
Doucement, il y déposa le corps fragile du prostitué.
Ses yeux ne pouvaient se détourner de lui.
... son visage angélique, respirant la douceur ...
... son corps fin et gracieux, recouvert de ces habits de soie ...
... cette beauté détériorée par ces cruels bleus, donnés par il ne savait quel scélérat ...
Il voulut envelopper cette chose docile à l'intérieur du futon, mais son charme ne le laissait pas indifférent.
Il refusait de partir sans avoir pu témoigner un petit peu d'affection à ce jeune homme. Il refusait de le laisser comme la dernière fois.
Sa main se laissa guider vers son visage, ses doigts ramener quelques mèches de ses cheveux sur le côté, afin qu'ils ne couvrent pas ses yeux.
Elle glissa sur sa joue, caressant du bout des doigts ses meurtrissures comme pour les soulager, puis il s'attarda sur ses lèvres, un peu sèches comparées à leur douceur passée ...
Elle descendit un peu plus bas, longeant son long cou fragile, pour s'arrêter sur son torse lisse, dont les pectoraux fremissaient sous ses doigts.
Dôméki n'osa pas le caresser plus longtemps. Il ne pouvait pas profiter de lui alors qu'il n'était conscient de rien ...
Mais il ne pouvait résister à cette chair innocente qui se présentait à lui, et n'attendait que lui.
Alors, il se fit un peu de place à côté de lui dans le futon, et s'allongea à ses côtés.
Il ne referma pas les couvertures, mais ses bras virent pour l'envelopper.
Il le serra contre lui, posant son front contre le sien.
Puis, le bout de son nez rencontra le sien.
Il loua une dernière fois son visage ...
... avant de fermer les yeux ...
... et de s'assoupir ...
... doucement ...
µµµµµµ
La fatigue avait gagné Kimihiro avant même qu'il ne s'en rende compte, et son lourd sommeil se faisait sentir.
C'était avec difficulté qu'il ouvrit les yeux, et il fut surpris de ne pas être aveuglé par la lumière de la pièce.
À la place des rayons de lumière, un visage mate, reposé, qui emprisonnait le sien.
Celui de Dôméki.
Il fut surpris de le voir endormi à côté de lui, tout autant qu'il était mal à l'aise.
Il avait pourtant l'habitude de voir des hommes allongés à ses côtés. Mais celui-là ne faisait que dormir, paisiblement.
Il entrait dans une intimité toute particulière à laquelle il n'était pas vraiment accoutumé, si bien qu'il avait peur.
La sphère devenait romantique : ses bras autour de lui, ce silence secret, cette douceur d'intention ...
... elle l'intimidait totalement ...
Il se contenta d'observer, de mémoriser les traits du visage de son amoureux.
Il ne vit aucune cicatrices, aucune déformation due à une blessure.
Il devait être un guerrier redoutable sur les champs de bataille.
Un vrai samurai, qui devait honorer grandement le shogun.
Kimihiro ne pouvait échapper à ses rêveries enfantines.
Il se disait qu'il avait de la chance qu'un homme comme lui lui porte autant d'estime.
À lui, un courtisan, dont personne ne se souciait.
Il était simplement "utlile" pour les autres.
Pour lui, il était quelqu'un.
Rien que cette pensée le fit trembler.
Sa poitrine tambourinait un chant intense, mais pas si désagréable.
Sa main plaquée sur le torse de Dôméki, ses lèvres brûlaient d'envie de l'embrasser.
Mais ce dernier dormait si bien ... il avait si peur de le réveiller ...
Souffrant de ne pouvoir satisfaire son désir, il soupira.
Et, au son de ce soupir, Dôméki ouvrit les yeux. ¤
Kimihiro : !...
¤ Les deux fentes dorées le fixaient droit dans ses prunelles bleues, Kimihiro se sentit mal.
Il rougit violemment, ne sachant quoi dire pour s'excuser. Il l'avait dérangé ... ¤
Dôméki : ... je suis resté ... cela ne vous ennuie pas ?...
Kimihiro, dans un murmure : ... ce qui vous va ... me va aussi ...
¤ La main de Dôméki glissa sur sa hanche, puis se leva pour se poser sur sa joue rose. Instantanément, Kimihiro se laissa envahir par son amour. Son corps se pétrifia ...
Le samurai ferma les yeux et s'empara de ses lèvres, pour la seconde fois. Il ne pouvait se priver de ses lèvres tendres et jeunes, qui suscitaient tant de plaisir chez lui.
Kimihiro frémit à ce contact. Ses lèvres lui faisaient mal après les blessures qu'on lui avaient infligées et les nombreuses fois qu'on les avaient mordues aujourd'hui.
Mais ce simple baiser suffisait à calmer la douleur.
Les bras de Dôméki vinrent se serrer autour de lui, le ramenant doucement sur le corps robuste de l'homme.
Le garçon se sentit se réchauffer contre lui. Il n'avait pas le souvenir d'une étreinte aussi agréable ...
Si ce n'était celle de leur dernière entrevue ...
Il ne put céder à l'envie de la compléter en glissant ses mains dans le dos de son client.
Pour la première fois depuis longtemps, il osa répondre au baiser qu'on lui donnait.
Dôméki fut surpris par la ferveur à laquelle il le faisait.
Mais il ne fut pas contre ce geste.
Leur langues se mêlaient ...
Kimihiro ne voulait plus rien donner aux autres hommes.
Dôméki était le seul à qui il voulait offrir ses vertues.
Il en était sûr, il était amoureux. ¤
Kimihiro : ...nnn...
¤ Le baiser finit par s'arrêter.
Kimihiro eut du mal à reprendre son souffle.
Il ne pouvait séparer ses yeux de ceux de Dôméki, qui le dévoraient à petit feu. ¤
Dôméki : Je vais vous laisser ... vous devez vous reposer ...
Kimihiro, revenant à la réalité : ...
¤ Le temps avait passé trop vite.
Il eut froid dès que Dôméki ouvrit les couvertures.
Lorsqu'il sortit du futon, Kimihiro fut totalement gelé.
Comment le retenir ? Il avait déjà passé tant de temps avec lui ... ¤
Dôméki : Merci, Watanuki.
Kimihiro : ... c'est moi ...
Dôméki, surpris : !...
¤ Le coeur de Kimihiro fit un bond.
Il n'avait pas fait attention à ce qu'il avait dit.
Les mots étaient sortis tout seuls ...
Il ne pouvait plus reculer ...
Il ferma à demi les yeux. ¤
Kimihiro, sa voix feutrée : ... qui vous remercie ...
Dôméki : ...
Kimihiro, terriblement mal à l'aise : ...
Dôméki : Pourquoi ?...
¤ Il ne pouvait pas mentir ... ¤
Kimihiro : ... vous avez fait attention à mes blessures ...
¤ Il resserra son kimono, car il s'ouvrait un peu trop ... ¤
Kimihiro : ...vous êtes le seul qui...
¤ Il avait beaucoup de mal à finir sa phrase ...
Le samurai le fixait avec la plus grande surprise et la plus grande interrogation ...
... ce qui n'arrangeait rien ... ¤
Kimihiro : ...qui...prêtez...autant attention à moi...comme...comme ça...
¤ Il s'exprimait avec une telle maladresse qu'il en venait à ne plus se reconnaître lui-même.
Il avait honte ... ¤
Dôméki : ...
Kimihiro, levant les yeux vers lui : ...
Dôméki ; ...
¤ Dôméki, ne résistant plus à sa compassion, le rejoint, et s'assit à côté de lui.
Il le regardait. Un regard qui signifiait qu'il l'écoutait, et qu'il l'écoutera aussi longtemps qu'il le faudra.
Kimihiro n'avait pas envie d'en arriver là ... ¤
Kimihiro, ne sachant plus quelle attitude avoir : V...vous avez au-autre chose à-à faire...que de m-m-m'écouter...
¤ Mais Dôméki semblait ne pas vouloir bouger.
Kimihiro fut prit au piège.
Il resserra ses mains sur son kimono. ¤
Kimihiro : ...ce n'est pas intéressant ce que j'ai à vous dire...
¤ Mais rien y fit : le samurai ne bougea pas.
Alors, le souffle court, il reprit son récit. ¤
Kimihiro : ... les hommes qui viennent me voir ... n'ont aucune considération pour moi ... vous savez ...
Dôméki : ...
Kimihiro : ... je ne suis qu'un ... qu'un objet ... pour eux ... peu importe ... si je suis mal ... tant que je fonctionne ... et que je leur suis utile ... c'est tout ce qui compte pour eux ...
Dôméki : ...
Kimihiro, sombre : ... hier ... on m'a battu ... il s'agissait d'autres prostitués ... jaloux de mon succès ... je ne les comprends pas ... comment peut-on vouloir d'une vie comme la mienne ?...
¤ Il y eut un grand silence ... ¤
Kimihiro : ... une guérisseuse m'a soigné comme elle le pouvait ... mais je n'ai pas eu le droit à un seul jour de repos ...
Dôméki, dégoûté : ...
Kimihiro : ... et mes clients n'avaient que faire de mes souffrances ... tout ce qu'ils voulaient c'était me ... me ...
¤ Il n'arriva pas à prononcer ce mot qui lui faisait si mal.
Il se tourna vers un Dôméki dont l'estomac s'était retourné. ¤
Kimihiro : ... mais ...
¤ Dôméki lui paraissait plus beau que jamais. Il rayonnait à ses yeux. ¤
Kimihiro, la gorge nouée : ...mais vous...vous...ne...me...touchez pas...comme...eux...
¤ Il trembla ...
Le client se sentit mal.
Il avait l'impression d'être lui-même un homme sale.
Il ne se sentait vraiment pas à sa place ici.
Non, il n'avait rien à faire là ...
... ce n'était pas lui ... ¤
Dôméki : Veuillez m'excuser ...
¤ Il se lève. ¤
Dôméki : Je ne fais que vous nuire, comme tous les autres. Je devrais mieux partir ...
¤ Kimihiro eut un haut-le-coeur.
Il ne voulait pas cela, et regrettait ce qu'il venait de dire. ¤
Kimihiro : Non ! Je...
¤ Il s'arrêta net.
Son visage devint aussi rouge qu'une pivoine, alors qu'il rougissait déjà.
Dôméki le regardait, de plus en plus perplexe, ne comprenant pas du tout son attitude.
Il était comme tous les autres : un profiteur. Ce jeune homme devrait le haïr.
Il était totalement perdu. ¤
Kimihiro, timidement : ...j'aime...quand vous...quand vous êtes là...
¤ Il ne voulait pas lui dire qu'il l'aimait.
Que penserait Dôméki de lui ? Il rirait, sûrement.
Il se moquerait de lui, car il ne comprendrait pas qu'un prostitué puisse tomber amoureux.
Alors ces mots tous simples ...
... suffisaient amplement ... ¤
Kimihiro : ...alors...revenez...aussi souvent...qu'il vous sera possible...
¤ Il se pencha en avant pour faire une courbette.
Son front atteignit le sol. ¤
Kimihiro, suppliant : ...s'il vous plaît...
Dôméki : ...
¤ Plus un bruit ne résonna dans la pièce.
Dôméki essaya de réaliser ce qu'il était en train de se produire.
Kimihiro restait là, courbé devant lui, attendant désespérément une réponse.
Il ne relevait pas la tête, et n'était pas prêt de le faire. Il ne perdait pas patience, en apparence.
Tout se bousculait dans la tête du jeune homme pourtant. Plus le silence s'éternisait, plus il avait peur.
Il voulait tant qu'il accepte de revenir. Qu'il revienne souvent, très souvent.
Pour lui faire oublier la violence qu'il subissait chaque jour.
Pour lui démontrer, encore et encore ...
... que l'amour peut être doux ...
... et mutuel ... ¤
Dôméki : Bonne nuit, Watanuki.
¤ Et voilà, il fallait s'y attendre.
Dôméki ne pouvait avoir de pitié pour lui.
Qu'espérait-il ?
Il se sentit bien ridicule, lorsqu'il entendit les pas de Dôméki se diriger vers la porte de sortie.
Elle s'ouvrit lentement. Kimihiro crut que le plafond lui tombait dessus avec tout son poids ...
... c'était de sa faute ...
... tout était de sa faute ... ¤
Dôméki, sans prendre le temps de se retourner : Je reviendrai.
¤ Et, sans attendre, il sortit.
Kimihiro restait pétrifié.
... alors il allait revenir ?...
Il était tellement soulagé ...
... c'était une nouvelle vie qui s'offrait à lui ...
... elle n'allait plus être aussi chaotique qu'auparavant ...
... quelques dernières larmes virent le libérer de ses angoisses ...
µµµµµµ
Dôméki franchit le seuil du bordel, où quelques samurais l'attendaient. ¤
Dôméki, les regardant : Je vous remercie de m'avoir amené une fois de plus ici.
Samurai : C'est un honneur de vous servir, mon général.
Dôméki : Je reviendrai seul la prochaine fois. Je ne tiens pas à vous faire attendre dehors. Rentrons.
¤ Dôméki prit les devants, tandis que les autres le suivirent.
Ses subordonnés l'avaient peut-être forcé à venir au début.
Mais finalement, il avait une bonne raison pour revenir régulièrement ... ¤
Tsuzuku
Voilà voilà, c'était le chapitre 2 !...
... review ?
