Hello tout le monde !

En ce week-end pluvieux (également journées du patrimoine hihi, allons visiter !), j'espère que vous allez bien :)

Voici le premier chapitre pour vous divertir quelques minutes ce samedi après-midi… avec un plaid… et une tasse de chocolat chaud… (On n'est pas encore en hiver, mais ce n'est pas l'impression que l'on a dans le Nord)

Je sais que j'avais dit que je posterai le dimanche, mais étant occupée demain, j'anticipe en postant ce samedi. Disons qu'à l'avenir le chapitre sera posté durant le week-end.

Dans tous les cas, MERCI pour votre enthousiasme durant toute cette semaine, je ne m'attendais pas à vous intriguer autant avec ce petit prologue. Et que c'est agréable de renouer enfin avec ff . net !

Je vous souhaite une BONNE LECTURE

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Réponse aux reviews anonymes

Anonyme : merci pour ton post, j'espère que le début de cette histoire continuera à t'intriguer :)

Guest : merci beaucoup, à bientôt j'espère !


Chapitre 1

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Seize ans plus tard – Londres

« QUINZE ANS DEJA QUE VOLDEMORT ET SES CONDISCIPLINES ONT TREPASSE !

En ce jour de juin, la fête est à l'honneur dans l'ensemble du monde sorcier. Nos compatriotes sont au repos, les rues sont peuplées de rire et de banderoles flottantes prônant la paix. Tous célèbrent le quinzième anniversaire de la fin de la Grande Guerre… Pour en lire plus, allez à la page 3 »

Assis dans son fauteuil massant, Harry Potter soupira lourdement, avant de balancer avec nonchalance La Gazette sur son bureau encombré de milles parchemins, plumes et autres joyeusetés.

Il ferma ses yeux, et reposa sa nuque contre le cuir noir si confortable de la chaise. En ce jour de « fête », comme le scandait si bien le journal, Harry se sentait lasse. Il aurait aimer lui aussi se plonger dans les festivités… Mais une certaine amertume entachait la fin de la guerre.

Certes… Quinze années avaient passé. Il avait vécu à fond sa vie de jeune adulte, puis d'adulte. A 37 ans, chacun pourrait le qualifier d'homme accompli.

Harry se redressa brusquement lorsque l'on toqua à la porte de son bureau. Il maudit Merlin intérieurement. Il n'était même pas encore 8h du matin par Griffondor !

« Entrez ! »

Son assistante de direction déboula rapidement devant lui, le visage caché par la pile de parchemins qu'elle transportait. Encore de la paperasse…

« Bonjour Monsieur le Ministre de la Magie ! Comment allez-vous ce matin ? » S'exclama Pansy Parkinson, pétillante dans sa robe de sorcière et ses escarpins derniers cris.

Harry soupira et haussa un de ses sourcils.

« Pansy… J'en ai marre de me répéter à chaque fois… Arrête de m'appeler comme ça et arrête de me vouvoyer ! »

Pansy leva les yeux au ciel avant de déposer l'ensemble des dossiers sur le bureau de son boss. Ce qu'il pouvait être rabat-joie…

« Laisse-moi l'illusion du professionnalisme, Potter, même si tu en manques particulièrement de temps en temps… Heureusement que ta bonne vieille amie est là pour te rediriger vers le droit chemin. »

« Et je t'en remercie chaque jour, Parkinson » Répondit-il, sarcastique.

« Trèves de plaisanteries. Aujourd'hui va être une journée chargée. Voici le parchemin expliquant le déroulé de ton programme… Tout est minuté, donc nous n'avons pas le droit à l'erreur. »

Harry attrapa la feuille que lui tendait Pansy, et commença à la parcourir du regard, tandis que cette dernière lui commentait chaque étape qui l'attendait.

« A 9h, marche de la reconnaissance sur Traverses… A 10h, révélation de la nouvelle statue à l'honneur des victimes de la guerre dans le hall du Ministère… A 11h, inauguration du nouveau centre Hermione Granger pour les orphelins de… »

« Merci Pansy ! » Coupa-t-il brusquement lorsqu'il entendit le nom de sa meilleure amie.

Un silence pesant s'installa entre eux, alors qu'Harry s'obstinait à éviter le regard de Pansy.

« Harry… »

« Non ! Ce n'est pas le jour pour… pour se laisser aller. »

« Au contraire ! C'est le jour Harry ! Même le Ministre de la Magie a le droit d'être triste aujourd'hui. Toi, Ron, Ginny… Moi et tous les autres avons le droit de pleurer nos morts et… »

« Hermione n'est pas morte ! » S'exclama Harry, de plus en plus rouge.

« Harry… Nous avons déjà eu cette conversation des centaines de fois… Je t'ai raconté comment je l'avais aidé à s'échapper du Manoir, mais depuis ce jour, nous n'avons eu aucun écho de… »

« Tant que son corps n'est pas enterré dans un cimetière, je ne la considérerai pas comme morte, même si une stèle est dressée à son nom. Ce n'est qu'un bloc de pierre. »

Pansy soupira, attristée. Elle n'avait jamais eu l'occasion de connaître Hermione, compte tenu des circonstances tragiques qui les avaient réunies en premier lieu… Depuis ce fameux jour où elle avait déposé Hermione dans sa villa aux Etats-Unis… Plus personne n'avait eu vent de la célèbre sorcière.

« Je vais te laisser te préparer Harry. Ton discours pour la statue est le deuxième parchemin que je viens de déposer. »

Harry hocha la tête, toujours chamboulé par l'évocation d'Hermione. Pansy finit par quitter le bureau, avec un pas un peu moins enthousiasme que lorsqu'elle y était entrée. Le survivant put enfin respirer normalement.

Son regard émeraude effleura le cadre qui n'avait jamais quitté son bureau au Ministère de la Magie. Trois jeunes sorciers virevoltaient sous la neige, insouciants et heureux. La tignasse rousse de Ron était aisément reconnaissable, et les yeux malicieux d'Hermione illuminaient la photo. Tous trois souriaient fièrement à l'objectif, leur écharpe de Griffondor bien serré autour de leur cou.

Harry fixa un long moment le visage d'Hermione.

Il n'avait jamais réussi à faire son deuil depuis quinze ans.

Et chaque année depuis… En ce jour si particulier… Son cœur se tordait en pensant à sa meilleure amie disparue.

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San Francisco

A 10 000 kilomètres de Londres, la ville de la San Francisco était également en émoi, mais pour des raisons bien différentes…

Le soleil brillait de milles feus en ce mois de juin. La cité bouillonnait, les San-Franciscains flânaient en toute impunité dans les rues chaudes de leur ville, et tout semblait aller pour le mieux.

Cependant, si l'on se plongeait au cœur des buildings de la ville, l'on ne pouvait que constater l'effervescence qui régnait au sein des bureaux. La panique était palpable, mais heureusement, certains semblaient garder leur calme face à l'événement qui occuperait bientôt la une de tous les médias américains, mais aussi mondiaux.

Car oui, la venue conjointe du Président des Etats-Unis et du Premier Ministre britannique moldus était source de multiples inquiétudes, tant du point de vue moldu que sorcier. Puisque chaque Président moldu était au courant de l'existence du monde parallèle des sorciers, ces derniers étaient infiltrés dans leur service de sécurité.

Bref, cette visite à San Francisco faisait faire remuer ciel et terre aux agents spéciaux chargés de la sécurité des chefs d'Etat.

Le secteur de la sécurité n'était pas le seul à être réquisitionné pour l'événement. Les journalistes étaient aussi sur le qui-vive, et parmi eux se trouvait Hermione James. Enfermée dans son bureau depuis 8h tapante, elle pianotait furieusement sur son MacBook, adressant diverses instructions par mail à ses collaborateurs.

En tant que rédactrice en chef du « San Francisco Post », elle se devait de mener les opérations, et son patron attendait d'elle les meilleurs résultats possibles. Le journal du lendemain devrait se vendre comme des petits pains, si le programme qu'Hermione avait fixé se déroulait comme prévu.

Mais la jeune femme savait qu'il y aurait forcément un petit couac. Aucun des plans qu'elle avait planifié dans sa vie n'avait été respecté à la lettre. Il n'y avait aucune raison particulière pour que cela change aujourd'hui.

Quelqu'un frappa à sa porte, ce qui lui fit relever les yeux de son écran d'ordinateur.

« Entrez ! » Cria-t-elle.

Son journaliste le plus prometteur passa la porte, et elle lui sourit gentiment, tout en lui faisant signe de s'asseoir sur les sièges réservés aux visiteurs.

« Salut Hermione. »

« Bonjour Jack. Tout se passe bien pour le moment ? »

La rédactrice vit l'homme s'agiter nerveusement devant elle, et elle ne put s'empêcher de froncer ses sourcils parfaitement manucurés.

« Jack, crache le morceau. Te voir ainsi ne fait que m'angoisser encore plus encore. »

« Anna et Chris sont malades… La gastro. » Répondit-il rapidement, sans reprendre son souffle.

« Merde ! » S'écria Hermione, agacée, énervée et légèrement paniquée de savoir que deux des journalistes qui devaient couvrir l'arrivée des Présidents étaient aux abonnés absents.

« Ils sont tous les deux malades ? » Demanda-t-elle, exaspérée, alors qu'elle passait sa main dans sa chevelure lisse.

« Et bien, ils sont mariés… Je suppose qu'ils doivent s'échanger leurs microbes, si tu vois ce que je veux dire. » Ricana Jack, un sourire pervers collé au visage.

Hermione soupira de plus belle.

« Bon… Il va falloir que j'y aille à leur place. »

« J'en ai bien peur. »

Hermione marmonna quelque chose d'incompréhensible, puis s'avachit de manière peu gracieuse dans son siège en cuir.

« Tu sais que mon fils rentre aujourd'hui du pensionnat. J'avais promis d'aller le chercher ce soir… Mais non, il a fallu que mes journalistes attrapent je ne sais quels foutus microbes aujourd'hui ! »

« Je comprends. »

« Oh non, tu ne comprends pas. Tu es trop jeune pour comprendre. Des fois, j'ai l'impression de voir mon enragé de fils quand je te regarde Jack… »

Ce dernier prit un air faussement offusqué.

« Hé ! J'ai 23 ans ! Tu n'exagères pas un peu ? »

Hermione ricana, et regarda tendrement ce journaliste intrépide.

« Au contraire, mon cher Jack, au contraire… Maintenant files préparer mes affaires ! Je dois encore appeler mon fils, et on file à l'ambassade. Hors de question que l'on loupe l'arrivée des chefs d'Etat. »

Jack se leva brusquement de sa chaise, et caricatura le salut militaire, les yeux pétillants de malice.

« Oui, patronne ! A vos ordres. »

Puis il décampa avant qu'elle n'ait pu faire le moindre commentaire. Hermione soupira, et secoua sa tête. Parfois, elle enviait Jack d'être aussi insouciant. Elle n'avait jamais pu l'être. On lui avait volé sa jeunesse, puis elle avait ensuite dû s'occuper de son fils. La vie n'avait pas été tendre avec elle.

Voulant chasser les souvenirs peu réjouissants de son esprit, elle attrapa son téléphone, et composa le numéro de son fils. Elle tourna dans sa tête les explications qu'elle allait devoir lui servir. Il allait être tellement déçu… Cela faisait deux mois qu'ils ne s'étaient pas vus, et il lui manquait tellement.

« Allo ? »

La voix de son fils la réconforta immédiatement, et un sourire prit naissance sur ses lèvres.

« Bonjour chéri, c'est Maman. »

« J'avais deviné, il n'y a que toi qui m'appelles encore chéri. » Bougonna-t-il, la faisait doucement rire.

« Mais c'est parce que tu es mon petit chéri. » Répliqua-t-elle, joueuse.

« M'an ! »

« Très bien, j'arrête de te taquiner. Je t'appelle en ce qui concerne ce soir. Je… Je ne pourrais pas venir te chercher à la gare. »

Elle l'entendit soupirer à l'autre bout du fil, et son cœur se serra de culpabilité.

« D'accord… » Répondit-il, clairement déçu.

« Je suis désolée, et tu sais que j'aurais préféré te voir, mais mes journalistes m'ont fait faux bond pour la visite des Présidents moldus. Je dois les remplacer. »

Pas de réponse. Son fils était rancunier, elle le savait. Il fallait qu'elle le prenne avec des pincettes.

« Aaron James ! Ne fais pas ta tête de cochon. Tu sais bien que je n'ai pas le choix. » Continua-t-elle.

« Si, tu l'as. Tu n'as qu'à quitter ce job moldu, et accepter de travailler pour le 'Journal des Sorciers Facétieux'. Là, tu n'aurais pas à remplacer tes collègues car tu pourrais le faire à distance grâce à la magie… »

Hermione ferma les yeux, coupable, et se mordit la lèvre inférieure dans un geste de stress. Ce sujet de conversation était toujours remis sur le tapis. Aaron ne comprenait pas pourquoi elle n'acceptait pas de travailler pour le meilleur journal sorcier des Etats-Unis, alors qu'on lui avait plusieurs fois offert le poste. Alors elle lui servit encore une fois son excuse habituelle.

« Tu sais bien que je ne veux pas renier mes… »

« Racines moldues, je sais. » Compléta-t-il. « Seulement, notre vie serait bien plus simple, et on n'aurait pas à se cacher des autres. A chaque fois que tes amis moldus viennent à la maison, on doit planquer la moitié des affaires de la maison ! » S'exclama-t-il.

Hermione ne put s'empêcher de pouffer en se rappelant les moments où Aaron et elle devaient effectivement rendre leur maison « normale ».

« Ce n'est pas marrant ! »

« Oh que si. Si je me souviens bien, tu rigolais comme un bossu la dernière fois qu'on a fait ça. »

Aaron bougonna, de mauvaise foi. Hermione sourit, attendrie.

« Demande à Thomas de te raccompagner, il n'y verra pas d'inconvénients. » Reprit-elle.

Thomas n'était autre que le meilleur ami de son fils. Ils étaient comme deux siamois, et s'étaient rencontrés à l'Institut des Sorciers de Salem. Seul bémol, Salem se trouvait sur la côte est, dans l'Etat du Massachussetts, alors qu'ils habitaient depuis toujours sur la côte ouest… En tant que mère, la séparation avait été plus que pénible.

« T'inquiètes Maman. Ils seront d'accord pour me faire transplaner. »

« Je ne m'inquiètes pas, jeune homme ! »

« Mais bien sûr… Et moi je suis Harry Potter. »

La respiration d'Hermione se fit suffocante, en attendant les paroles de son fils. Le trou béant de sa poitrine s'ouvrit brusquement, et elle raccrocha précipitamment. Aaron ne devait pas voir sa détresse. Jamais. Son passé était derrière elle, désormais. Après avoir repris une respiration plus calme, elle rappela son fils.

« Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, la ligne a du être coupée. » Lui dit-il lorsqu'il décrocha.

« Oui… Oui, ça doit être ça. »

« Tu es sûre que ça va ? Ta voie est bizarre… »

« Ne t'inquiète pas mon Trésor. »

« Ne m'appelles pas comme ça ! … C'est gênant ! » S'offusqua Aaron.

Hermione soupira, réalisant qu'effectivement, son « bébé » n'en était plus vraiment un…

« Tu as grandi trop vite pour ta vieille mère, tu le sais n'est-ce-pas ? »

« Mais oui, c'est ça… D'ailleurs, il faut que je te dise quelque chose. »

SOS ! SOS ! Enfant prêt pour les révélations… Hermione sentit son rythme cardiaque s'accélérer.

« Je t'écoute, jeune homme. »

« JairencontréunefilleàSalemetjesorsavec. »

« Pardon ? »

« Je… Je sors avec une fille. »

Hermione souffla. Elle connaissait bien Aaron, et elle n'était pas assez idiote pour ignorer que son beau gosse de rejeton avait déjà batifolé dans de nombreux jardins…

« Aaron… Tu changes de « fille » comme de chaussettes. Pourquoi ça serait différent cette fois-ci ? »

« Quoi ? Mais… Mais pas du tout ! C'est… C'est ma première copine. » S'indigna-t-il faussement.

« Chéri, arrête de mentir. Je te connais mieux que ma baguette, et j'ai des oreilles partout, même à Salem. Donc, cette fille… Si c'est sérieux, je veux bien que tu m'en parles. »

Tout deux restèrent silencieux, et Hermione attendait patiemment qu'Aaron se confie à elle. Malgré l'apparence froide de son fils, ils avaient une relation assez fusionnelle.

« Et bien… Oui, je pense que c'est sérieux… cette fois. » Rajouta-t-il, moqueur.

« Je suis heureuse alors… Elle pourra venir cet été, si elle le souhaite. »

Cet été… Hermione sourit lorsqu'elle réalisa qu'elle allait voir son fils pendant toutes les grandes vacances, avant qu'il ne retourne à Salem en septembre.

« Super ! Bon je te laisse, il faut que j'aille finir mes malles… »

« N'oublie rien à Salem ! »

« Mais non, tu me connais… » Répliqua-t-il avant de raccrocher.

Justement, pensa Hermione…

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« Allez, on se dépêche ! » Cria Hermione, tout en posant ses lunettes de soleil en forme de papillon sur son nez retroussé.

La journaliste vérifia que son oreillette était bien fixée sur sa tunique blanche, attrapa le micro que lui tendait son assistance, puis s'élança dans la foule tonitruante de Madison Square, son équipe sur les talons.

Ses hauts talons claquaient sur le sol pavé, et Hermione tentait vainement de se frayer un chemin à travers la masse humaine hurlante et vibrante, afin de voir en chair et en os leur Président. Elle finit par arriver dans le cercle réservé aux journalistes. Elle tendit sa carte d'invitation aux « body gards » qui sélectionnaient les entrées sous le chapiteau monté pour l'occasion.

Après être finalement passée à travers les mailles de la sécurité, elle s'empressa de rejoindre le kiosque réservé aux journalistes du « San Francisco Post ».

« Waouh ! » S'exclama Jack derrière elle. « Ils ont sortis le paquet, les politicards ! »

Et c'était vrai. D'ordinaire, les journalistes étaient mal accueillis par les hommes politiques locaux, jugeant qu'ils n'étaient que de simples « rapaces ». Force était de constater que le Président souhaitait faire bonne impression auprès de la bonne société San Franciscaine… Coupe de champagne alors qu'il n'était que 16h, amuses gueules à gogo, fauteuils confortables… Toute la démesure des Etats-Unis s'étalait sous les yeux d'Hermione.

« Madame James ? »

Hermione se retourna lorsqu'on l'interpella, et elle se retrouva nez-à-nez avec un de ses anciens stagiaires. Elle sourit au jeune homme de dix ans son cadet.

« Mike Kenterberry ! Cela fait un petit moment que tu ne me donnes plus de nouvelles. » Gronda-t-elle, en songeant que cela faisait plus de neuf mois que son « protégé » ne lui avait pas donné le moindre signe de vie.

Mike sembla gêné, et tortilla ses mains, tout en évitant son regard.

« Alors, quel journal t'a embauché ? Si tu es ici, c'est que tu as su tirer quelque chose de mon enseignement. » Continua-t-elle, malicieuse.

« Je travaille pour le NY Times » Répondit-il rapidement, le front plissé.

Hermione perdit immédiatement son sourire, et fixa Mike, ébahi. Non, elle rêvait… Il n'avait pas osé faire ça, quand même ! Non, c'était une bonne blague.

Et apparemment non… puisque Mike ne démentait pas son affirmation.

Hermione soupira. La colère commençait à parcourir ses veines, et elle décida soudainement de saisir une des coupes de champagne posée sur le buffet près d'elle. Elle porta le délicieux breuvage à ses lèvres rouges, et le but d'un coup. L'alcool lui monta directement à la tête, et son corps fut pris de frissons incontrôlables. Et tout cela sous le regard de Mike.

« Alors Mike, où est ton patron ? »

« Hum… Il… »

« Oh, ne me dis rien ! » Coupa-t-elle, plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu. « Cet enfoiré a dû encore se faire la malle dans les îles, et laisser tout le sale boulot à ses subordonnés… Ou bien, s'il est venu, c'est uniquement pour se venter devant moi de m'avoir piquer mon stagiaire… »

« Madame James… »

Hermione se pinça l'arrête du nez, puis leva sa main libre devant le jeune homme.

« Excuses moi, je me suis laissée emporter par mes sentiments. Ce n'était absolument pas professionnel de ma part. C'est très bien que tu ais obtenu une place au NY Times. Cela va lancer ta carrière. »

Mike la regarda d'un œil attentif et précautionneux, attendant certainement de voir si elle allait revenir sur ses paroles… et à nouveau se transformer en folle furieuse.

« Détend toi… Ma petite séquence émotion est derrière moi. Donc, où est Joshua ? »

« Il est resté à New York, mais il m'a dit de te transmettre son bonjour. »

Hermione ricana. Ce n'était pas absolument pas le genre de Joshua, rédacteur en chef du NY Times de « transmettre le bonjour » à quelqu'un… même à ses ex.

Cette pensée lui hérissa le poil. Sortir avec cette enflure avait été une grave erreur, et les deux journalistes s'étaient quittés en très mauvais terme, tout en faisant la une des journaux américains. Depuis, le monde du journalisme connaissait la rivalité qui existait entre le San Francisco Post et le NY Times, simple reflet de la haine viscéral que se vouait leur patron respectif.

Hermione jeta un coup d'œil à sa montre, et commença à trépigner d'impatience en réalisant que les deux Présidents n'allaient pas tarder à montrer le bout de leur nez sur les boulevards… Elle reconnut sans surprise l'adrénaline du terrain, et repensa avec nostalgie à ses débuts dans le journalisme, une époque où on lui confiait encore toutes les missions à faire en direct.

Cependant, être rédactrice en chef rimait avec responsabilité et paperasse administrative… et gros chèque en fin de mois.

« Allez, en scène ! Mike, tu devrais retrouver ton journal. Cela va bientôt commencer. »

Le concerné hocha la tête, et commença à marcher à reculons.

« Tu viendras nous voir à New York, j'espère ! »

« Bien sûr Mike. » Répliqua-t-elle faussement enthousiaste.

Si jamais elle remettait un jour les pieds à New York, ce ne serait certainement pas pour aller voir son ennemi de toujours aux bureaux du NY Times… Plutôt mourir.

La trentenaire (qui approchait d'ailleurs plus de la quarantaine…) concentra son attention sur son équipe, et donna les dernières instructions et recommandations.

« Aujourd'hui, seulement quelques photos des deux Présidents, à la rigueur quelques interviews de leurs proches ou des ambassadeurs, mais c'est tout. Le grand final sera pour demain, puisque vous savez que j'ai obtenu l'exclusivité de l'interview pour les journaux de San Francisco… Vous avez compris ? »

Les voies s'élevèrent pour approuver Hermione, qui sourit de satisfaction.

« Alors, c'est parti ! »

Oh oui, elle adorait son travail. Mais en cet instant, elle aurait préféré être avec son fils. Maman poule ? Elle l'était, et elle le revendiquait sans honte, malgré les moqueries de ses collègues.

Faisant fi de ses états d'âme, Hermione se força à repasser en mode « professionnel ». Elle adopta son éternel air sérieux et légèrement froid, puis ressortit dans la rue.

La foule était encore plus nombreuse qu'auparavant, et des drapeaux américains flottaient ça et là, peignant le ciel de rouge et de bleu roi. Quelques drapeaux anglais se mêlaient également aux toiles tendues. Hermione eut un pincement au cœur en pensant à son pays natal, mais ce sentiment fut rapidement remplacé par un frisson d'horreur. Non, jamais elle ne reviendrait en Angleterre…

Lorsque des hurlements enthousiastes se firent entendre, elle sut que les deux chefs d'Etat avaient montré le bout de leur nez. Alors elle attrapa son appareil photo, et commença à mitrailler la scène.

Travailler lui faisait toujours oublier ses démons. Et même s'ils revenaient souvent la hanter, Hermione avait appris à vivre avec.

Hermione Granger était morte depuis longtemps, afin de laisser place à Hermione James. Et ce, à l'insu de tous.


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Voilààà un petit plongeon 16 ans plus tard… Les premiers chapitres vont planter le décor… Avant que l'histoire ne s'emballe hehehe (ceux qui me connaissent savent ma passion pour le drama).

Petites questions rien que pour vous :

1- Que pensez vous d'Harry en Ministre de la Magie ? Même moi je n'ai pas vraiment compris quand j'ai tapé ce premier chapitre… Le clavier n'en a fait qu'à sa tête !

2- Et de Pansy… Travaillant avec Harry ?!

3- Et enfin… Pourquoi Hermione est-elle toujours aux Etats-Unis ?

A VOS CLAVIERS (cela vous prend 1min les amis hihi) et à la semaine prochaine.

Little-Library.