Titre : Juste un bond dans le passé (chapitre 1)
Personnages : Eleven, Rose
Rating : PG-13
Spoilers : Aucun.
Disclaimer : Tout appartient à la Grande, la Merveilleuse, la Divine, l'Unique, l'Inégalable (j'en passe et des meilleurs) BBC ! Agenouillons-nous tous devant le génie des scénaristes de cette chaîne formidable (et en particulier devant Sa Sainteté Moffat).
Note: Quand je serai grande, je serai Steven Moffat, nah ! Quoi ? Moi aussi j'ai des idées tordues.
Note 2: Pour le moment, ça commence doucement, mais la suite sera dans la veine de mes autres Eleven/Rose. Sombre et légèrement « cruelle ». Donc si vous cherchez de la guimauve bien dégoulinante, ce n'est pas ici que vous en trouverez (ou alors en petite quantité, bien cachée derrière un bon gros nuage menaçant).
Chapitre 1
La Résidence Powell était telle que dans ses – trop précis – souvenirs. Des tags sur toutes les façades, des affiches à moitié déchirées, des détritus sur le sol. Et Mickey l'Idiot, assis sur une poubelle, lisant un journal. Même l'odeur de gaz d'échappement était le même.
Ce quartier lui avait manqué il y avait tant de souvenirs. La première fois qu'il était frappé par la mère de quelqu'un – à plus de 900 ans ! – sa neuvième régénération qui s'était si mal passée Ood Sigma qui avait chanté pour lui lors de sa dernière régénération et elle, encore et toujours elle.
Rose. Il s'autorisait enfin à penser à son nom, après de longs, très longs, mois où il se l'était interdit. Mais maintenant, au pied de son immeuble, s'attendant à la voir apparaitre à tout moment, il pouvait enfin abattre le mur qu'il avait dressé autour des souvenirs liés à elle.
Elle ne devait pas être loin de lui, à cet instant. Il ferma les yeux quelques instants, essayant de se remémorer chaque trait du visage de la jeune femme. Il prit une profonde inspiration et rouvrit les yeux. Et son souffle se bloqua dans ses poumons.
Elle était là. A quelques dizaines de mètres de lui. Toujours – ou déjà – aussi éblouissante. En la voyant, ainsi, il se demanda comment il avait réussit à vivre ces dernières années sans elle.
Mal. Très mal. Il avait souffert de son absence, de sa solitude. Bien sûr, il n'avait pas été seul, mais parfois il avait l'impression de l'être. Pire, de ne pas être entier.
Mais désormais, elle était devant lui et il se sentait revivre. Même s'il savait que ça ne durerait pas, qu'il ne pourrait pas rester ici éternellement, qu'il devrait partir bientôt. Mais avant, il allait rester quelques temps dans le quartier, l'observer, la regarder vivre.
Il souffrirait sans doute, de devoir la quitter une fois de plus. Pour de bon, cette fois-ci. Mais il savait que c'était nécessaire. Qu'il ne pourrait pas rester éternellement attachée à cette jeune humaine, qu'en temps que Timelord, il devrait continuer à vivre probablement plusieurs centaines d'années encore. Qu'elle ne dépasserait sans doute jamais le siècle. Que ce serait bien trop douloureux de la voir vieillir, de la voir mourir.
Le pire serait peut-être même de la voir heureuse avec un autre. Il savait que ce ne serait pas le cas, que « l'autre » serait une partie de lui. Qu'il serait lui. Mais la voir à cet instant, dans les bras de Mickey l'idiot, lui faisait ressentir une pointe de jalousie. Non, il ne voulait pas qu'elle en aime un autre que lui. C'était égoïste, certes, mais en plus de 900 ans, dont la majorité occupée à sauver le monde, il avait bien le droit à se montrer égoïste de temps en temps.
Il savait qu'il ne devrait pas rester, que le départ n'en serait que plus difficile, mais il voulait pouvoir profiter d'elle un peu plus longtemps. Même si elle restait loin de lui.
Si seulement, ils avaient pu échanger quelques mots. À bien y réfléchir, il le pouvait…
-Excusez-moi, l'interpella-t-il quand elle passa près de lui après que Mickey soit parti. Vous auriez l'heure, s'il vous plait ?
On avait vu plus original comme méthode d'approche, mais tout ce qu'il voulait, c'était qu'elle le regarde et qu'elle lui parle.
-Neuf heures vingt, répondit-elle en souriant.
Ce sourire… Il en resta muet, incapable de la remercier pour sa réponse.
-Vous allez bien ?
-Oui, j'ai juste… repensé à quelque chose. Ce n'est pas important. Merci.
Pas important. Menteur. Elle était importante, plus importante que n'importe quoi d'autre. Que n'importe qui d'autre. Plus importante que lui.
Elle lui sourit une dernière fois et s'éloigna, alors qu'il la suivait du regard, mélancolique.
Quand elle eut disparu, il décida enfin de bouger et retourna au TARDIS. Mais il ne put se résoudre à quitter le quartier.
Il se « disputait » avec son vaisseau au sujet de son séjour londonien quand celle-ci lui signala une activité alien anormale non loin. Une présence rodant au pied de l'immeuble de Rose.
Il fallait qu'il aille voir de quoi il s'agissait. Pour s'assurer qu'elle ne risquait rien. C'était stupide, et il le savait. Rose n'avait jamais été agressée par un alien avant de rencontrer sa neuvième incarnation. Il n'avait donc aucun motif d'inquiétude valable. D'ailleurs, le TARDIS lui fit remarquer, mais il ne l'écouta pas.
Il se précipita hors de son vaisseau et courut jusqu'à la résidence Powell. Il faisait nuit noire et seuls quelques lampadaires peu puissants éclairaient la place.
Il ne perçut aucun mouvement, mais entendit un cri étouffé dans un hall d'immeuble. Ce n'était pas celui de Rose, heureusement. Mais il se précipita malgré tout vers l'immeuble en question.
Une jeune femme était allongée au sol, le teint livide et le souffle presque imperceptible. Sur ses tempes se dessinaient deux traces rougeâtres. Le regard vide, elle tremblait en marmonnant des phrases sans queue ni tête.
Une très légère modification de la composition de l'air attira l'attention du Doctor. Puis un courant d'air froid, chargé d'électricité le frôla et l'air revint à le normale.
Il ignorait encore quelle créature – car ce n'était pas un humain, il en était certain – qui avait agressé cette jeune femme, mais il allait trouver et l'empêcher de nuire à nouveau.
Aussitôt, sa décision prise il repartit en courant vers le TARDIS, bien décidé à découvrir ce que c'était il n'allait pas quitter Londres sans s'être assuré que Rose ne craignait rien.
Prochain chapitre : "Vraie" rencontre Eleven/Rose.
