Bonjour à tous et à toutes !

J'ai été incroyablement et agréablement surprise de l'accueil que vous avez fait à ma petite histoire. J'ai été très touchée de vos commentaires, mises en alerts et favoris. Merci, vraiment. (Emily, si tu continues de me lire, merci pour ton petit mot !)

Voilà donc la seconde partie du monstre ! La dernière est toujours en cours d'écriture mais elle avance, promis. Cette histoire est bien entendu toujours dédiée à la fantastique HyperRaspberry, que j'embrasse au passage et qui, j'espère, appréciera cette partie. La géniale Maly Winchester est toujours à la correction et je la remercie encore pour son travail.

Il s'agit toujours d'un Steve/Tony, toujours en rated M mais seulement pour la scène un peu osée de la première partie et pour le langage parfois un peu cru !

Les personnages principaux ne m'appartiennent évidemment pas, je ne possède que quelques personnages secondaires.

Je vous souhaite maintenant une bonne lecture !


C'était décidé, il allait appeler Stark. Steve avait retourné le problème dans tous les sens pendant des heures entières et il était enfin convaincu qu'il devait le faire. Il avait conclu, après ses longs moments de réflexions, diurnes ou nocturnes, qu'il lui faudrait régler chaque problème un à un pour pouvoir avancer et enfin se laisser du répit. Il était réellement fatigué. Bien sûr, il n'avait aucun signe de son manque de sommeil.

Aucun cerne ni aucune poche ne prenaient place sur son visage. Pourtant, son regard avait perdu son éclat, devenant de plus en plus vide au fil des jours, pour n'être plus qu'un océan figé, sans vague. C'est la petite Mya, qui, après l'avoir dévisagé pendant de moment, lui demanda pourquoi il semblait si triste.

Il lui avait alors souri, sans pour autant lui répondre, menant la petite fille à un de ses nombreux ateliers de rééducation. Mais il savait qu'elle avait appuyé sur quelque chose qu'il avait essayé de se cacher, sur quelque chose dont il ne savait pas quoi faire. Steve était profondément malheureux. Il ne pouvait même plus dater ce sentiment, depuis bien trop longtemps enfoui sous des couches et des couches de patriotisme et de courage.

Il était seul, fantôme d'une autre époque, perdu dans le monde et dans sa tête. L'heure sur son téléphone affichait minuit et quart. Dehors, la pluie tombait calmement, l'eau roulant sur les vitres avant de s'effondrer contre l'asphalte.

Stark.

Tony. Qui était-il, finalement ? L'ingénieur ne faisait que paraître, ne se dévoilait pas. Pas plus que Steve. Ils étaient deux inconnus, ayant pour seul point commun une bataille contre un dieu nordique fou et des aliens. Il ne savait rien de l'autre homme, rien qui ne soit pas une information publique et relayée. Si ce n'est, peut-être, le fait qu'il ne dormait pas non plus. En étant objectif, il s'agissait certainement de la seule chose qu'ils partageaient et visiblement, elle suffisait à semer la pagaille dans le peu d'équilibre de son propre quotidien.

A bord de l'héliporteur, lors de leur première rencontre, le blond s'était dit qu'il ne voulait rien à voir avec cet homme aux antipodes de tout ce que lui représentait et respectait. Mais maintenant, Steve n'était plus sûr de rien, surtout pas de ce qu'il était, ni même de qui il était.

Une infime partie de lui refusait clairement tout contact avec Stark. Néanmoins, Steve n'avait plus rien à perdre. Il avait déjà tout perdu, noyé dans sa propre mer, enseveli sous les lourds débris de sa vie. L'appareil dans sa main semblait le narguer.

Ils n'étaient même pas amis bon sang ! Pourtant, son index fit apparaître son journal d'appels. Le numéro de l'autre homme était là. Durant un temps infini, son regard fut braqué sur l'écran. Puis, il inspira longuement, les sourcils froncés, comme s'il allait fournir un immense effort physique.

« Steve, mon pauvre garçon, tu deviens si misérable que tu hésites devant un téléphone ! » fit la petite voix de sa conscience.

Il n'avait pas fui devant les nazis, pas fui devant les envahisseurs de l'espace. Ce n'était pas un homme qui le rendrait lâche et surtout pas cet homme-là. Il ne fuirait plus.

Le smartphone posé contre l'oreille, il attendit les tonalités comme il aurait attendu la potence. A la quatrième, la pensée insidieuse que Stark dormait fila dans son esprit. Une voix grave le sortit brusquement de ses interrogations.

« Cap, c'est bien toi ? «

Il semblait réellement ne pas s'y attendre. Steve décida immédiatement que la meilleure des défenses était l'attaque.

« Désolé, je ne suis pas une de vos conquêtes désespérées, ce n'est que moi en effet », dit-il amèrement.

L'ingénieur pouffa à l'autre bout du fil.

« En effet comme tu dis, elles n'ont pas ce numéro. Il est réservé à un cercle de personnes très restreint.

- Dois-je me sentir flatté ? » demanda l'ancien porte-bannière de l'Amérique en reniflant dédaigneusement.

Pour un peu, il aurait pu se transformer en une mauvaise copie de Stark. Il ferma les yeux, sa main libre pinçant l'arête de son nez. Rien ne tournait plus rond chez lui.

« Tu es bien exécrable ce soir. Dis-moi... Je suis curieux de connaître la raison de ton appel. Après l'autre jour, je pensais t'avoir offensé outrageusement et devoir réciter un poème sous ta fenêtre pour me faire pardonner. »

L'humour évident dans la voix de l'homme le fit se détendre un peu. Il soupira et allongea ses jambes sur son canapé, les yeux perdus derrière la fenêtre trempée.

« Je vous concède simplement le fait que nous soyons insomniaques tous les deux. En revanche, votre façon de vous adresser à moi ne change pas de celle dont vous usez habituellement. Je n'aurais pas dû réagir face à vos… délicatesses. Maintenant, libre à vous de raccrocher si mon appel vous ennuie, maugréa-t-il.

- Ne le prends pas mal Cap, je suis juste surpris, c'est tout. Je suis désolé pour l'autre fois, j'ai manqué de tact, je l'admets, dit l'ingénieur avec ce qui semblait être de la sincérité.

- Vous ne pouvez pas manquer de quelque chose que vous n'avez jamais eu », répondit sèchement l'ancien militaire en roulant des yeux.

Steve entendit alors le son caractéristique d'un verre posé sur un meuble. Il fronça les sourcils.

« Vous buvez encore Stark ? »

L'ingénieur grogna.

« Je ne veux pas parler de ça, Captain. On oublie les problèmes perso si tu veux bien. Raconte-moi plutôt comment tu t'acclimates à ta nouvelle vie.

- Ça vous intéresse vraiment ? demanda le blond, un sourcil relevé, pas convaincu pour un sou.

- Tu doutes de mon altruisme ? Je suis une nouvelle fois déçu, Cap... »

L'homme fit une pause avant de pouffer légèrement.

« Mh, en fait t'as raison, c'était pour paraître poli mais on s'en fout. Ça te dit d'aller boire un café ? »

Le blond secoua la tête.

« A minuit et demi ? Alors qu'il pleut… ? Avec moi ? Vous n'êtes pas sérieux Stark », souffla Steve, une moue mi- réprobatrice mi- amusée sur le visage.

Il savait déjà pourtant très bien que si.

« Prépare-toi, Captain. Je viens te chercher. »


« Tu ne t'es jamais demandé ce que ça ferait d'être quelqu'un d'autre ? »

« Si. Plusieurs fois même. Si j'avais été quelqu'un d'autre, j'aurais voulu être moi. »

« Idiot. »


Steve rentra vers trois heures du matin, trempé jusqu'aux os. Il se dépêcha de retirer ses vêtements imbibés et de les éparpiller dans son entrée. Tony et lui avaient dû courir sous la pluie pour rejoindre la voiture de l'ingénieur, pourtant garée à deux pas du café et en avaient littéralement inondé l'intérieur. Le brun avait failli faire une syncope en voyant les cuirs de son Audi dans cet état lamentable, sous le regard compatissant mais pétillant du blond. Ce dernier avait passé un très bon moment.

Évidemment, les dix premières minutes, Stark avait joué son rôle habituel et Steve avait été mal à l'aise, mais suite à un silence des plus gênants, la glace avait fini par être rompue. Ils avaient parlé de beaucoup de choses, certaines futiles et d'autres moins. Contrairement à ce que s'était imaginé l'ancien militaire, le fils d'Howard pouvait être d'une compagnie tout à fait agréable si l'on omettait ses horribles habitudes et réflexes d'homme prétentieux et condescendant.

Au final, ils s'étaient même trouvé quelques points communs. Rien d'extraordinaire mais assez pour réussir à parler pendant presque deux heures. Il ramassa ses affaires en souriant. En boxer au milieu de son salon, ses habits dans les mains, Steve ne sembla pas remarquer sa bonne humeur. Il partit dans la buanderie et jeta son jean et sa chemise trempés dans le tambour de la machine, prêt à se laver.

Il ne pensa même pas à ce qu'il s'était passé lorsque Tony avait occupé ses pensées lors de sa douche, pris par leur conversation encore bien présente dans son esprit. Peut-être demanderait-il à l'ingénieur s'il avait une solution à son problème de destruction moléculaire. Au moins, pensa-t-il en actionnant le robinet d'eau chaude, maintenant il pouvait parler avec quelqu'un lorsqu'il n'arrivait pas à dormir. En fin de compte, il s'agissait d'un problème résolu puisque son obsession pour l'homme allait prendre fin.

Après son passage dans la salle de bain, Steve s'installa dans son lit, un bras derrière sa tête. Il n'avait pas le souvenir d'avoir été si tranquille depuis son emménagement à New-York. Discuter lui avait fait du bien, même s'ils n'étaient pas rentrés dans les détails de leurs problèmes. Face à Tony, il avait pu simplement être lui-même. Fini Brett Hendrick, fini Captain America. Il était heureux d'avoir pu voir que Steven Rogers existait encore, quelque part en lui, attendant de pouvoir enfin s'épanouir.

Le sommeil ne vint pas non plus cette nuit-là, mais Steve était apaisé. Tony, de son côté, ne toucha pas au verre d'alcool posé sur le comptoir.


Il se passa plusieurs jours avant qu'ils ne se reparlent. Ce vendredi soir là, Steve rentrait de la salle de sport, son sac sur une épaule. A peine avait-il franchi le seuil de son appartement que son portable s'était mis à vibrer, posé sur la table de son salon. Il avait alors fait tomber ses affaires pour s'emparer rapidement de l'appareil et décrocher, connaissant l'identité de son correspondant à l'instant même où l'objet avait bougé.

« Stark ? »

Un ricanement lui avait répondu.

« Je dois être le seul à t'appeler pour que tu dises mon nom à chaque fois que tu décroches, Cap. »

Le blond s'était senti rougir alors que sa mâchoire s'était contractée. Il allait répliquer mais Tony avait été plus rapide.

« Sois prêt dans cinq petites minutes, je passe te prendre devant chez toi », fit l'ingénieur d'un ton sans réplique.

Il avait haussé un sourcil.

« Me prendre ? Mais pour aller où, Tony ? avait-il demandé en allant dans sa chambre, une petite étincelle s'allumant pourtant dans ses yeux.

- Ça Cap, je n'en ai aucune idée et je m'en tamponne. Prépare-toi, je vais arriver. Ah, et surtout, prends une veste.

- Mais, pourquoi tu... »

L'ingénieur avait raccroché. Steve n'avait pas cherché pas à comprendre plus et avait attrapé sa veste en cuir fétiche, la havane, posée sur un cintre. Il l'avait enfilée, vérifié que son portefeuille était dans sa poche et était parti de chez lui. Son sac de sport était toujours dans l'entrée lorsqu'il avait claqué la porte.

Actuellement, ils étaient tous deux installés dans le dernier modèle de Lamborghini Huracán, nouveau jouet de Tony acquis quelques semaines auparavant. Ils roulaient dans une direction inconnue, les étoiles pour seul et unique toit.

L'ancien militaire avait tout de suite compris pourquoi le milliardaire lui avait précisé de prendre une veste. Le vent avait tendance à légèrement picoter à bord d'un monstre décapoté lancé à près de deux cents kilomètres heure sur l'autoroute. Au début, Steve avait essayé de faire ralentir le conducteur fou, mais lui n'avait fait qu'accélérer encore et encore. Lorsqu'il avait émis l'hypothèse de limitations de vitesse, Tony l'avait balayé d'un geste de la main.

« Lâche prise Steve, laisse la vitesse te droguer, profite de l'instant. Fais-moi confiance. »

Il n'avait alors pas répondu. Depuis, il regardait la route défiler à une vitesse vertigineuse, l'air tranchant s'engouffrant dans le col de sa veste, faisant perler de petites larmes au coin de ses yeux. Il ne faisait pas réellement froid en ce début de juin mais la morsure du vent était vive et sèche. Comme lorsqu'il chevauchait une moto, elle rappelait à Steve qu'il était vivant.

Au bout de plus d'une heure de route sans bouger, il détendit ses bras et sourit comme un enfant en sentant la puissance des éléments les emporter en arrière. A ses côtés, Tony prit un air satisfait et se détendit imperceptiblement. Le blond le regarda du coin de l'œil. Ils commençaient à ralentir.

« Alors, dis-moi, tu comptes aller loin comme ça ? » dit-il en posant ses mains sur ses cuisses.

- Aussi loin que possible. Regarde un peu autour de nous. Il n'y a rien qui nous empêche de faire quoi que ce soit. Pense à ce que j'ai répondu l'autre jour. Si j'étais quelqu'un d'autre, là, tout de suite, je voudrais être moi. Pas Tony Stark, pas Iron Man. Juste Tony. »

La voix du brun était soudain devenue lointaine, voilée par une vague d'émotions qu'il avait du mal à endiguer. Steve leva son regard vers le ciel, pensif. Il comprenait à tel point que c'en était presque effrayant. Un panneau attira son attention alors que ses yeux revenaient vers la route.

« On est presque au centre de la Pennsylvanie Tony » fit-il remarquer, l'air de rien.

« Je sais Cap. C'est marqué là. »

Un petit sourire pliant ses lèvres, l'ingénieur pointa un écran sur le tableau de bord. Un GPS. Le blond sentit le rouge lui monter aux joues pour la seconde fois de la soirée.

« Je ne l'avais pas vu. Il y a trop de trucs électroniques dans cette voiture pour moi. »

En effet, une multitude d'écrans était allumée, dont l'utilité de la grande majorité était discutable, selon Steve.

« Toutes mes voitures sont reprogrammées avec un système de Stark Industries. Elles sont en connexion directe avec la tour et ce petit bijou possède un joyau sous son capot », dit le milliardaire d'un air fier, estampillé Stark.

L'ancien militaire comprit immédiatement de quoi il parlait. Il hocha la tête, impassible.

« Tu as remplacé le moteur par un réacteur ARK ? demanda-il, en réalité plus curieux qu'il ne souhaitait le montrer.

- Pour faire simple on va dire ça, mais concrètement c'est encore mieux. Le carburant et la batterie proviennent maintenant de la même source d'énergie. La voiture gagne en puissance et son autonomie est illimitée à échelle humaine. On pourrait aller jusqu'à Malibu sans passer une seule fois par une station-service. »

Il s'agissait donc du résultat des insomnies de l'ingénieur. A défaut de fabriquer des armures, il devait toujours créer et améliorer ce qu'il avait sous la main. Quelque part, ce devait être une façon de se rassurer sur lui-même. Pour quelqu'un qui transpirait habituellement la confiance, Tony avait l'air d'un animal blessé, comme s'il traînait une plaie difficile à cicatriser. Steve se demanda subitement s'il possédait le même comportement, s'il laissait apparaître la même faille.

La réalité le gifla avant de lui souffler qu'il pouvait avoir autant de failles qu'il le voulait, il n'y aurait personne pour les voir et les combler. Sa poitrine se serra douloureusement alors que Stark se dirigeait vers la sortie de l'autoroute.

« On va manger un morceau et on y retourne. Je ne compte pas m'arrêter avant que le soleil ne se soit levé. »

Ils s'arrêtèrent dans un fast-food et commandèrent assez pour nourrir un régiment. Assis face à face en attendant leur repas, ils se dévisagèrent pendant cinq longues minutes avant que Tony ne soupire. Il passa une main dans ses cheveux et sourit à Steve, un coude sur la table, sa tête posée sur son poignet gauche.

« Maintenant qu'on est relativement loin de New-York, je te propose quelque chose Cap. »

Ce dernier haussa un sourcil. Au final, dans quoi s'était-il fait embarquer ? Il croisa les bras et s'appuya contre le dossier de son fauteuil.

« Je suis tout ouï. »

L'ingénieur le regardait d'une façon indéchiffrable. Il mit quelques secondes avant de parler, comme s'il cherchait ses mots.

« Un week-end de thérapie. Jusqu'à dimanche, on reste sur la route et on exorcise, on crève l'abcès. Je sais que tu vis la même crise identitaire que la mienne et j'en peux plus d'être seul. Alors, juste toi et moi. Juste Steve et Tony. Si tu refuses, je te ramène à New-York et on en parle plus. Mais quelque chose me dit que tu en as autant besoin que moi. »

Il semblait que dire tout ça à voix haute lui coûtait, comme si ces mots pesaient trop lourds sur sa langue et sur son cœur. Il mettait son orgueil de côté et demandait clairement de l'aide à Steve. Avant que ce dernier ne réponde, Tony reprit la parole, leurs regards toujours rivés l'un dans l'autre.

« Je sais qu'en fait on ne se connaît pas et qu'on n'a jamais été proches quand on a dû faire équipe. Mais Cap… Steve. Je crois qu'on est pareil, au fond. »

La serveuse posa leurs deux plateaux débordants et s'en alla sans leur adresser un mot. Steve scrutait les prunelles brunes de son interlocuteur. N'est-ce pas là une forme de solution à tous ces problèmes ? Quelqu'un avec qui parler, loin de chez lui, sans autre préoccupation que celle d'être lui-même ? Il ferma les yeux et inspira. Il ne fuirait plus.

« Je crois que oui. »

Tony lui fit un clin d'œil en attrapant son milk-shake fraise. Le blond aurait pu jurer avoir vu un éclair de soulagement passer sur son visage.


Ils avaient repris leur périple immédiatement après avoir englouti leur repas. L'heure indiquait minuit passé. La voiture de sport avalait les miles avec une rapidité folle, les menant vers la frontière de la Pennsylvanie et de l'Ohio. Steve fixait le ciel, clair de tout nuage.

Il hésitait à engager la conversation, préférant la sécurité du silence rompu par le ronronnement du moteur. Serait-il capable de s'ouvrir réellement, de se mettre à nu ? Un soupir faillit s'échapper d'entre ses lèvres. Maintenant qu'il avait dit oui, qu'il y était, il ne pouvait plus reculer.

Son regard se posa sur Tony, concentré sur la route. Il portait une veste en cuir noir sur une chemise carmin, seul le premier bouton ouvert. Il s'aperçut alors de ce qu'il manquait sur le milliardaire. L'absence du réacteur ARK lui sautait maintenant aux yeux comme une évidence. L'ingénieur avait perdu une partie de lui quand il l'avait fait retirer, amputé du symbole de son humanité. Ce fut ce détail qui décida Steve.

« Depuis mon réveil à Washington, je n'ai pas fait une seule nuit complète. J'ai cherché Bucky pendant un mois entier et sa piste s'est arrêtée à New-York. Sam m'accompagnait et a fini par rentrer à Washington. J'ai emménagé ici et grâce à Maria, qui travaille maintenant pour toi, j'ai eu des nouveaux papiers, une nouvelle situation et même un compte en banque. »

Il s'arrêta pour reprendre son souffle et observa le brun. Même s'il regardait la route, son langage corporel disait qu'il écoutait attentivement. L'ancien militaire souffla doucement et reprit, passant une main dans ses cheveux.

« Je suppose que tu sais où je travaille et sous quel nom. Ça me permet d'aider encore ceux qui en ont besoin. Quelque part je pense que je compense un peu. J'ai compris qu'on s'était servi de moi et de milliers de gens. J'étais le symbole idéalisé d'une nation hypocrite et destructrice. Je ne sais pas… Je ne sais plus qui je suis. Captain America est Steven Rogers, Steven Rogers est Captain America et c'est comme si ma propre existence avait été un mensonge depuis le début.

Captain America est né avec un sérum et Steve n'a pu s'épanouir qu'après l'être devenu… Mais c'était juste une vaste blague. Je ne sais pas où j'en suis et j'ai l'impression de renier ceux qui ont cru en moi et ayant les mêmes convictions que moi… Je ne sais plus qui je suis, surtout depuis qu'on me croit mort et que je dois vivre dans la peau d'un inconnu. J'ai du mal à me regarder dans un miroir parce que ce n'est pas moi. »

A présent, Steve s'exprimait en s'agitant, comme si son corps lui-même avait besoin d'extérioriser ce qui le grignotait de l'intérieur.

« J'ai été formaté et utilisé comme une machine et c'est ce que je suis. Quand j'ai vu que même des somnifères n'agissaient pas sur moi, j'ai demandé à un médecin de m'en prescrire des plus forts et tu sais ce qu'elle m'a dit ? Que c'était inutile parce que le sérum détruisait systématiquement les molécules étrangères que je pouvais prendre… Mon corps ne se fatigue jamais alors que ma tête est prête à exploser. Je suis épuisé de l'intérieur…

Et perdu dans une époque que j'ai du mal à suivre, où tout va trop vite et où personne ne prend le temps de se respecter et de vivre. J'ai cassé le poignet d'un type qui voulait voler deux gamines, il m'a même demandé si je me prenais pour un héros. C'est ce qu'on m'a fait croire toute ma vie, que j'en étais un, alors qu'en fait je n'étais qu'un pantin… »

Il acheva sa phrase en murmurant, les yeux douloureusement fermés. Il lui semblait que la plaie dans sa poitrine suintait, que son sang se répandait tout autour de lui.

« Quand tu m'as appelé pour me dire que tu comprenais ce que je ressentais et que tous les sacrifices que j'avais fait avaient été tout simplement inutiles, j'ai cru que la Terre s'arrêtait de tourner pour de bon. Tu as touché ce qui faisait trop mal, d'où ma réaction. Ça faisait des semaines que j'essayais de me persuader que tout allait bien et toi tu débarques en disant que de toute manière ma vie n'a servi à rien... Et par-dessus le marché, tu as raison. Je voudrais pouvoir être moi-même sans me poser toutes ces questions. Ou, juste... Je voudrais juste pouvoir dormir à nouveau. »

Une boule s'était formée dans la gorge de Steve. Il avait du mal à calmer sa respiration et son rythme cardiaque. Tout déballer de but en blanc l'avait laissé comme vide. Il se sentait anesthésié, flottant presque dans une bulle de coton. A ses côtés, Tony regardait toujours la route. Mais ses doigts s'étaient légèrement crispés sur le volant, ses épaules tendues, trahissant son malaise. L'ancien militaire secoua la tête et souffla. Il leva une main en direction de l'ingénieur.

« Maintenant je t'écoute Tony. Dis-moi pourquoi tu ne dors pas. »

Il vit le visage du brun tiquer, ses muscles se crisper, comme un mécanisme de défense. Il s'attendait à un refus mais Tony s'exécuta.

« Comme je te l'ai dit au téléphone, je ne dors plus depuis l'attaque des chitauris. Tu ne peux pas imaginer ce que j'ai ressenti quand j'étais là-haut. C'était tellement effrayant, infiniment plus que tout ce qu'on peut imaginer. J'ai vu la puissance de ces choses et j'ai bien cru que j'allais mourir. J'ai senti la vie s'échapper, mon réacteur m'a lâché et je suis tombé. Mais je suis resté conscient assez longtemps pour comprendre ce qui se passait. Quand je me suis éveillé, je n'ai d'abord vu que toi. Tu as été mon premier contact humain et je n'ai jamais été aussi heureux de voir quelqu'un... »

L'ingénieur souffla et garda les yeux obstinément fixés droit devant lui. Steve pouvait voir le tremblement quasi-imperceptible de ses mains accrochées au volant.

« Au début, je faisais des cauchemars horribles, je revivais ça encore et encore. J'empêchais Pepper de dormir correctement. Alors je fabriquais des armures, toujours plus d'armures, pour ne pas rêver et pour élever des murs entre moi, elle et ces choses qui nous menacent sans qu'on en ait la moindre idée. Je faisais des crises d'angoisse dès que j'étais loin d'elles. Mais il y a eu le mandarin et j'ai dû les sacrifier pour sauver mon amour. J'ai perdu mon réacteur pour gagner une cicatrice immonde. Tu n'es pas le seul à ne pas pouvoir te regarder dans un miroir ... »

Il luttait pour garder une voix neutre.

« Et la vie reste une chienne. Pepper est partie, la personne pour qui j'ai enlevé mon cœur m'a laissé seul avec mes démons, ne supportant plus tout ça. Je n'ai jamais été un héros, avant j'étais le marchand de mort, sous couvert des bonnes intentions j'alimentais juste le marché de la guerre. Avec l'armure, j'étais un type bien, un type qui a conduit un missile nucléaire dans l'espace pour sauver son monde. Mais je suis incapable de garder et de protéger les personnes que j'aime. Je ne suis plus qu'une coquille vide. Mon essence repose au fond du pacifique...

Je ne suis plus le génie milliardaire play-boy philanthrope que j'étais mais je ne suis plus Iron Man non plus. Je voudrais juste être Tony mais... Je ne me trouve pas. Depuis que Pepper est partie, je suis seul avec ma tête et je passe mon temps à bricoler pour fuir mes propres pensées. Je ne dors plus que quand mon corps tombe d'épuisement, au moins j'ai la certitude que je ne rêverai pas. »

Le visage de Tony n'exprimait aucune émotion. Seul son corps révélait qu'il souffrait intérieurement, comme si parler ravivait des incendies qu'il ne maîtrisait pas.

« La première fois que je t'ai appelé, j'étais complètement bourré et j'ai demandé à Jarvis de trouver ton numéro parce que... Parce que je voulais vraiment t'entendre. Quand j'ai ouvert les yeux après ma chute, tu étais là et c'est ta voix que j'ai entendue en premier. Je me suis dit que ça me rassurerait... Désolé pour ça. Les jours qui ont suivi, j'ai regardé les recherches de Jarvis à ton sujet et j'ai vite fait le lien entre toi, le SHIELD, HYDRA et ce fameux soldat de l'hiver. Fury m'avait déjà dit que tu ne dormais pas il y a deux ans, alors j'ai pensé qu'avec... ça en plus, tu ne pouvais décemment pas dormir, toi non plus. »

Sans que Tony ne fasse quoi que ce soit, le toit se remit en place au-dessus de leurs têtes. Quelques secondes plus tard, de fines gouttes s'abattaient sur le pare-brise. Le silence se fit dans l'habitacle, pas même rompu par le bruit étouffé de la pluie sur la carrosserie. Steve regardait le brun comme s'il le voyait pour la première fois.

A ses côtés, il avait un homme marqué qui, lui non-plus, ne savait plus dans quelle direction aller. Ils étaient deux enveloppes charnelles à la recherche de leurs âmes, perdues par la force des choses. Pas un seul instant, il n'avait soupçonné qu'ils puissent être à la fois si proches et pourtant si différents.

« Changeons de sujet maintenant. J'ai bien envie de mettre de la musique. Dis-moi que tu as rattrapé ton retard et qu'AC/DC n'a plus aucun secret pour toi. »

Le sourire de Stark était réapparu, attendant Steve au tournant pour certainement le chambrer. Mais ce dernier haussa un sourcil suggestif en sa direction. Tony pouffa, bien décidé à le coincer.

« Honnêtement Cap, tu pourrais te servir de tes nuits pour lever de jolies poulettes, la culture peut passer après le sexe. »

Le blond secoua la tête.

« Tony, tu es juste irrécupérable.

- Je sais Cap. Je sais. Jarvis, musique ! »

Sur ces derniers mots, Angus Young fit résonner les premiers accords de Back in Black.


Ils avaient roulé jusqu'au matin, assistant à l'aube depuis l'autoroute, avant de faire une halte à Columbus. Tony gara la voiture dans un parking sécurisé et regarda Steve avec un grand sourire.

« Ça te tente une petite pause ? »

Le blond hocha la tête, répondant à son sourire. Il était bientôt huit heures et son estomac commençait à crier famine. Ils marchèrent un moment avant de trouver une sorte de pâtisserie qu'ils dévalisèrent en donuts et autres gâteaux. Puis, ils s'installèrent dans le parc des jardins botaniques de la ville. Assis dans l'herbe, ils prirent leur petit-déjeuner face à un lac où se trouvaient quelques cygnes blancs. L'ancien militaire termina sa dernière bouchée et s'allongea, les yeux perdus dans l'étendu du ciel azur.

Quelques nuages passaient paresseusement, portés par une brise très légère. Et dire que la veille à la même heure il partait pour rejoindre le centre dans l'éternelle agitation de New-York. Pouvoir se trouver dans l'Ohio, allongé dans un parc en compagnie de Tony Stark, avait quelque chose de surnaturel. Ce dernier s'était étendu aussi, prenant appui sur ses coudes, ses Ray Ban sur le nez. Ni l'un ni l'autre ne parlait, profitant de cet instant de calme loin de la route.

Comme le milliardaire l'avait dit dès le départ, il comptait aller le plus loin possible avant de devoir revenir à leurs quotidiens. Steve se sentait un peu plus léger, plus libre, sans le poids du fardeau qu'il portait d'habitude. Il supposait que Tony devait ressentir la même chose, au vu du visage beaucoup plus détendu qu'il arborait ce matin.

Ses traits n'étaient plus tirés, à l'inverse de leur départ. Toute la nuit, ils avaient discuté des choses que le blond avait manquées, l'ingénieur se faisant un plaisir de combler ses lacunes culturelles encore présentes.

Le seul point où ils étaient en désaccord était la technologie. Bien entendu, il en reconnaissait l'utilité mais Steve ne comprenait pas l'engouement matérialiste qui gravitait autour. Il était né dans une époque où l'on réparait ce que l'on cassait, gardant certains objets des années durant.

Or, Tony avait du mal à comprendre ce point de vue, qui selon lui était juste archaïque. Ils avaient fini par s'insulter gentiment, alimentant l'ambiance déjà chaleureuse. Dans la promiscuité de la voiture de luxe, une complicité était née entre les deux hommes. Le super-soldat profitait de l'instant, finalement agréablement surpris.

Il ne comptait plus les années qui s'étaient écoulées depuis un autre moment comme celui-ci. Il se sentait bien, il se sentait lui. Il était Steven Rogers et redoutait le moment où il devrait retourner dans la peau de Brett Hendrick. Il secoua la tête, chassant cette pensée de son esprit. Tony le regarda, ou du moins sembla le regarder à travers ses lunettes.

« Un problème Cap?

Je pensais juste au moment où on rentrerait. »

L'ingénieur grogna, sourcils froncés.

« Tu dramatises toujours trop... Te prends pas la tête, on est loin de rentrer. Tu y penseras quand on aura remis les pieds à New-York, pas avant lundi matin. »

Un petit sourire se glissa sur les lèvres du blond.

« Je vais essayer. »

Ils retombèrent dans leur bulle de silence, seulement brisée par le chant des oiseaux et le froissement de leurs emballages. Pendant quelques minutes, Steve se perdit une nouvelle fois dans le ciel, la présence de l'autre homme ne le gênant pas du tout. Il se sentait à sa place et n'aurait voulu bouger pour rien au monde. Tony le sortit de sa rêverie.

« Je sais pas toi Cap, mais j'ai pas été aussi bien depuis un moment. A croire que les fossiles ont un pouvoir ressourçant ! »

Le blond le regarda quelques secondes avant de rouler des yeux.

« Dommage que les enfants soient toujours obligés d'ouvrir leur bouche pour ne rien dire ! »

L'ingénieur s'indigna, se redressant en position assise.

« Je suis loin d'être un enfant, papy ! On a pas tous eu l'occas' de pioncer pendant soixante-dix balais. Concrètement, si l'on soustrait ce petit détail, tu es plus jeune que moi d'au moins dix ans, alors tais-toi donc, fossile vivant. »

Steve ricana ouvertement.

« Et tu réagis comme les enfants. Je sais ce que je dis, je travaille avec trois petits au centre », dit-il en regardant le brun du coin de l'œil.

Ils ne cherchaient pas à se blesser, ayant pourtant toutes les cartes en mains pour ça. Pourtant ils restaient respectueux l'un envers l'autre. Tony eut alors un petit rictus que l'ancien militaire ne put déchiffrer.

« Je réagis peut-être comme un enfant mais je suis certain d'avoir plus d'expérience dans certains domaines que toi mon cher Captain. »

Ce dernier haussa un sourcil, comprenant l'allusion.

« Je ne rentrerai pas dans votre vicieux petit jeu, Stark. »

Le milliardaire pouffa à l'entente du vouvoiement.

« Petit joueur », dit-il avant de s'étirer et de se relever.

Steve ramassa ses papiers et fit de même.

« Justement, je ne joue pas. »

Il ne sembla pas s'apercevoir de l'impact de ses mots et du regard pensif que Tony posa sur lui.


Ils avaient dépassé Chicago depuis un petit moment, se dirigeant vers la frontière de l'Iowa. Les heures avaient défilé au rythme des miles. La complicité entre les deux hommes s'était accrue, devenant de plus en plus dense au fil des heures.

Steve ne pensait plus à ce qui l'avait mené dans une Lamborghini à des années lumières de chez lui. Il parlait avec Tony, riait avec Tony, comme il avait un jour ri avec Bucky.

La comparaison entre son ancien meilleur ami et le milliardaire était absolument inévitable, leur seul et unique lien étant pourtant Steve lui-même. Il n'avait rien ressenti de tel depuis plus de soixante-dix ans et d'un coup, il avait enfin l'impression d'être un jeune homme normal.

Cette bouffée d'oxygène était salvatrice et il avait oublié que dans quelques heures, ils devraient rentrer. Les lumières du jour commençaient à décliner lorsqu'ils entamèrent la dernière partie de leur aller.

A présent, Tony regardait la route sans mot dire, concentré mais détendu. Quant à l'ancien militaire, il voyait les premières étoiles apparaître peu à peu. Le silence ne les gênait pas, chacun perdu dans la bulle cotonneuse de l'habitacle. Ce fut sur cette pensée que Steve gigota un peu dans son fauteuil.

« Un souci Cap ? » fit le brun en lui jetant un coup d'œil.

Le super-soldat secoua la tête.

« Je me demandais juste si on pouvait descendre le toit. Je ne serais pas contre un peu d'air. »

A l'instant même, le plafond laissait sa place au ciel zébré d'un camaïeu rougeoyant, ponctué de petites pointes lumineuses. Le vent fouetta vivement sa peau alors qu'il inspirait profondément, les yeux clos.

« Suffisait de demander. »

Steve fit un petit sourire. Si ses yeux avaient été ouverts, ils auraient pu voir le cœur de Tony louper un battement.

Ils s'arrêtèrent manger puis allèrent sur une plus petite route jusqu'à ce que les étoiles s'étendent à perte de vue. Il devait être presque minuit lorsque l'ingénieur arrêta la voiture au milieu de nulle part. Le blond soupira, les yeux perdus dans l'immensité du ciel.

«Alors ça y est, c'est le début de la fin ? » dit-il en étendant ses bras.

Le milliardaire acquiesça, appuya sur un bouton et son fauteuil s'abaissa au maximum. Il croisa mains derrière sa tête.

« On est à quelques miles de Des Moines. On en a parcouru des milliers en moins de deux jours. C'est juste... Simple. Quitter la vie qu'on connaît est juste putain de simple. Il suffit juste partir. »

Steve se mit dans la même position, les yeux toujours rivés sur l'étendue stellaire.

« J'en ai rêvé plusieurs fois aussi. Mais j'ai trop le sens des responsabilités pour ça... On s'accroche à ce qu'on peut, même si ce n'est pas grand-chose. Même si c'est en étant quelqu'un d'autre, j'aide les autres. Sans ça, je serais devenu fou il y a un moment... »

Ils se turent un moment avant que Tony ne rompe le silence.

« En rentrant je verrai ce que je peux faire pour ton problème de sommeil. Il faudra que tu viennes à la tour et on fera quelques examens pour que je voie comment se goupille ton super-corps de super-soldat », fit-il en se tournant vers le blond, un rictus sur les lèvres.

Ce dernier se tourna aussi, la mine sérieuse. L'ingénieur fronça les sourcils.

« Cap ?

- Tony... Merci. »

Il ne s'agissait pas de le remercier pour ses derniers mots et Tony le comprit, se contentant de lui sourire doucement. Ils se remirent à contempler le ciel. Ni l'un ni l'autre ne s'aperçurent sombrer dans le sommeil.


La matinée était déjà avancée quand Steve ouvrit les yeux. Une odeur de pâtisserie lui chatouillait les narines alors qu'il était allongé, le corps tourné vers la portière. Il mit quelques minutes à comprendre où il était. Il fronça alors les sourcils en se relevant, s'appuyant sur son coude.

Tony conduisait, lunettes de soleil sur le nez, souriant comme un gamin. Le fauteuil de Steve s'activa tout seul et se plaça en position assise alors que ce dernier était surpris par un bâillement décrochant sa mâchoire.

« Alors la belle au bois qui dort, on a fait de beaux rêves ? »

Deux petites larmes pointèrent aux coins de ses paupières alors qu'il s'étirait comme il pouvait. Son esprit n'avait pas encore tout à fait émergé du sombre brouillard qui l'enveloppait. Il avait donc dormi. Il ne se souvenait même pas avoir basculé dans les bras de Morphée. Machinalement, il regarda son poignet où était attachée sa montre. Ses yeux s'ouvrirent en grand lorsqu'il comprit qu'il était onze heures du matin.

« Si ça peut te rassurer, ça ne fait pas si longtemps que ça qu'on roule, une heure et demi à tout casser. J'ai été acheté le petit-dej' en partant, je pensais que ça te réveillerait quand j'ai redémarré mais même pas. Tu as dormi comme une pierre, Cap. Pour quelqu'un qui a de soi-disant problèmes de sommeil j'ai trouvé que tu ronflais plutôt fort ! »

L'ingénieur se fichait ouvertement de lui. Mais Steve était trop sonné pour y prêter réellement attention. Il avait fait une nuit complète et se sentait terriblement bien, reposé. C'était à rien y comprendre. Il secoua la tête. Son estomac se rappela alors à lui et il décida d'ignorer l'autre homme, prenant le sachet face à lui et enfournant dans sa bouche un donut à la framboise sans effort.

« Il nous reste la journée et la nuit de route Cap. Tu veux conduire un peu ? »

Leurs regards se croisèrent un instant avant que Steve ne hoche la tête doucement. Le voyage retour s'annonçait aussi agréable que l'aller. Ils ne reparlèrent pas de leur nuit passée à la belle étoile, ni du fait qu'ils avaient enfin pu s'endormir sereinement.


New York s'était profilée aux premières lueurs du lundi matin, Steve au volant. La route avait été avalée à une vitesse vertigineuse, le trajet ponctué par leurs conversations et leurs rires. Il s'était arrêté en bas de son appartement, les mains posées sur ses cuisses. Tony soupira d'un air dramatique.

« Eh bien... C'est là qu'on sort les mouchoirs et qu'on sanglote sur l'épaule de l'autre, promettant de s'appeler et de se revoir. »

Steve leva les yeux mais pouffa tout de même avant de redevenir sérieux.

« Il faut que je te remercie Tony. J'ai passé un weekend absolument génial. »

Au fur et à mesure qu'il parlait, un étrange et gênant sentiment prenait sa poitrine. Il sentait le rouge lui monter aux joues sans qu'il ne comprenne pourquoi. Une atmosphère presque pesante envahit l'habitacle et son regard se fit happer par les prunelles chocolat du milliardaire.

Ses pensées furent assaillies par des flashs de souvenirs de sa douche, imaginant ce même regard alors qu'une bouche chaude se fermait sur son membre... Membre qui s'éveilla d'un seul coup, comme frappé par un éclair de désir. Précipitamment, le blond se détacha sous la mine médusée de l'autre homme.

« Je dois y aller, il faut que je prenne absolument une douche et... »

Steve se maudit intérieurement, incapable d'effacer cette image lubrique de son esprit. Il ne put se résoudre à regarder Tony, qui lui ne se gênait pas de l'observer avec des yeux ronds.

« A plus tard Tony. Encore merci. »

Claquant la porte, il s'enfuit littéralement dans le hall de son immeuble, honteux, confus, et incroyablement serré dans son jean. Une fois chez lui, il fila dans la salle de bain et se jeta presque sous l'eau froide qu'il détestait tant. Il ne se toucherait pas en pensant à Tony. Serrant les dents, la morsure glacée lui brûla la peau pendant ce qui lui sembla être une éternité.


La vie avait repris comme si elle ne s'était jamais arrêtée. Steve était retourné travailler comme si de rien était, comme s'il n'avait jamais passé le week-end avec Tony à des milliers de miles de New-York, dans une voiture hors de prix, à faire de la pseudo-psychologie.

Il avait retrouvé son quotidien et faisait tout pour ne surtout pas penser à autre chose. Et puis, penser à quoi, d'ailleurs ? Au final, ça n'avait rien changé, il était toujours coincé dans une geôle dont on avait perdu les clés.

Mais l'homme se mentait. Il devenait d'ailleurs très bon en la matière ces derniers temps. Bien évidemment, il savait que faire semblant que ses problèmes n'existaient pas ne les feraient pas disparaître mais il essayait tout de même. Steve faisait clairement l'autruche, cachant sa tête dans un monticule de sable, fuyant tout ce qui pouvait de près ou de loin le faire penser au milliardaire et à leurs nombreuses conversations.

Et surtout, surtout, au fait qu'il avait pu enfin dormir. Il savait que c'était grâce à Tony. Il savait qu'il avait été assez apaisé, serein, grâce à l'autre homme pour enfin se laisser aller dans les bras de Morphée. Ce qu'il ne comprenait pas, ou plutôt qu'il ne voulait absolument pas comprendre, était pourquoi.

Il aurait pourtant pu se trouver des tas et des tas d'excuses et continuer de se voiler la face mais le déni était beaucoup plus simple. Il ne s'était rien passé de plus que d'habitude et il avait eu un petit moment de faiblesse, certainement causé par sa très grande fatigue. Le blond soupira et s'appuya contre la barre de métal derrière lui. Dans le métro, les mains enfoncées dans les poches de sa veste, il attendait l'arrêt où il descendrait pour rejoindre son appartement. La journée était passée très rapidement, il n'avait pas eu le temps de souffler.

Hélène l'avait plusieurs fois regardé avec espoir, à chaque fois qu'ils s'étaient croisés dans les couloirs pour être tout à fait juste. Il n'avait cependant aucune envie de lui parler, aussi s'était-il contenté de lui sourire gentiment, comme il en avait l'habitude. Steve détestait blesser les personnes qui l'entouraient et il savait qu'il allait forcément devoir le faire à un moment donné.

Il avait bien sûr compris qu'elle attendait quelque chose de lui mais il n'était pas prêt à lui accorder plus qu'un simple rendez-vous. Ses seules pensées étaient trop sombres, trop portées sur lui-même pour qu'il puisse s'investir avec quelqu'un dans quelque relation que ce soit.

Il en était au même point qu'avant l'appel de Stark.

Stark. Tony. Ils ne s'étaient pas parlé depuis leur retour, soit depuis plusieurs jours et cela lui convenait très bien. Enfin, il essayait de se convaincre que ça lui convenait. Pourquoi en serait-il autrement ?

Il sortit des souterrains et prit une grande inspiration. L'air était tiède et le ciel se transformait en tableau de grand peintre. Steve marcha jusqu'à chez lui sans réellement se concentrer sur quoi que ce soit, laissant son esprit errer dans les limbes.

S'il était honnête, les choses n'étaient pas tout à fait les mêmes qu'avant l'appel de Tony. Voir même pas du tout. Il ne pensait plus au SHIELD, plus à HYDRA, plus à Bucky. Il pensait juste à lui, Steve, perdu et insomniaque, hanté par le souvenir d'un regard qu'il ne savait pas déchiffrer et sur lequel il ne voulait surtout pas s'attarder.

Une telle obsession était sans aucun doute malsaine. Cependant, mettre des mots sur ce qui le perturbait revenait à faire un pas dans une sorte d'acceptation et il en était absolument hors de question. S'il avait du mal à se situer en tant que personne, il n'avait aucun problème avec le fait d'être un homme. Et les hommes ne restaient pas bloqués sur le regard d'un autre homme, aussi mystérieux et attirant soit-il.

Il composa rageusement le code de la porte de l'immeuble. Il ne s'en sortirait pas... Et il avait vraiment un problème. Ses clés heurtèrent violemment la table alors qu'il allait se changer, enfilant un survêtement et un sweat en quatrième vitesse.

En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, il était dehors, évacuant ses pensées par l'effort, slalomant entre les personnes présentes sur les trottoirs, sa capuche cachant la moitié de son visage. Il voulait oublier. Oublier qu'il était seul. Oublier qu'il devenait fou. Oublier qu'il pensait beaucoup beaucoup trop à Tony.

Steve était avachi dans son canapé lorsque son téléphone vibra non loin de lui. Il lui adressa un regard torve et replongea dans l'écran de télévision sans bouger. L'appareil s'agita pendant ce qui lui sembla plusieurs éternités avant de redevenir immobile. A ce moment seulement, le blond se redressa et tendit le bras pour le prendre en main.

L'appel en absence de Stark le narguait.

Que pouvait-il encore avoir à lui dire ? Ils avaient passé des heures et des heures ensemble à discuter, y avait-il encore quelque chose à ajouter ? Rappeler le milliardaire signifiait admettre qu'il avait une importance dans sa vie.

Or, en ce moment, Steve excellait dans la mauvaise foi. Alors qu'un conflit intérieur prenait place dans sa tête, l'appareil se remit à vibrer sans qu'il ne s'y attende.

Il sursauta, fit tomber le téléphone, jura, se pencha pour le rattraper et décrocha. Enfin, pas exactement dans cet ordre.

« Merde ! Putain ! Téléphone à la con ! »

Un grand éclat de rire lui vrilla l'oreille. Il ferma les yeux, désespéré de sa propre bêtise.

« Bonsoir à toi aussi Steve ! C'est un plaisir que d'entendre ta voix si mélodieuse. Qui aurait cru que le charmant et courtois petit Captain America pouvait être aussi grossier ? »

L'ingénieur avait l'air de très bonne humeur. Steve pouvait aussi bien imaginer qu'entendre le sourire dans sa voix.

« Désolé, tu n'étais pas censé entendre tout ça. Le téléphone m'a échappé des mains et je l'ai fait tomber, se justifia l'ancien militaire en reprenant sa position initiale.

Relax Cap, c'était pas des reproches, c'est même plutôt rassurant de voir que tu peux être humain aussi. Pendant le voyage, je croyais que t'allais aux chiottes juste pour te rafraîchir... A croire que tu n'es pas une vraie princesse ! »

Le blond roula des yeux, bien qu'amusé. Comme toujours lorsqu'il parlait avec Tony.

« Tony ?

- Oui votre sainteté ? Répondit l'intéressé, toujours taquin.

- Je t'emmerde. »

Le milliardaire fit une exclamation exagérément outrée et Steve s'empêcha de pouffer.

« Sacrilège ! Qu'ouïe-je ? Qu'entends-je ? De telles insanités dans une bouche si pure ! »

Ils finirent par rire tous les deux. Heureusement que Steve n'était pas aussi susceptible qu'il n'y paraissait.

« Trêve de plaisanterie Cap, il faudrait que tu viennes à la Tour, j'ai quelques petits trucs à te faire pour résoudre ton problème. »

Le super-soldat regarda l'heure à son poignet et fit la moue.

« Tu es le maître des demandes à des heures improbables. Il est quasiment deux heures, tu es au courant ?

Raison de plus pour que tu viennes maintenant, c'est tout à fait à propos », répliqua immédiatement l'ingénieur d'un ton ne laissant place à aucune protestation.

Pour la forme, Steve rechigna un peu en raccrochant mais se rhabilla très vite. Il savait qu'il devait marcher un petit moment avant d'arriver à la Tour Stark alors autant partir immédiatement. A peine avait-il mis un pied dehors que le moteur de Lamborghini Hùracan qu'il connaissait si bien grondait en plein milieu de la route. Il ne pouvait voir Tony à l'intérieur mais savait très bien qu'il souriait.

Depuis la capture de Loki, l'ancien porte-bannière de l'Amérique n'avait pas remis un pied dans la tour Stark. La seule pièce qu'il avait vue était une sorte de salon et dans ses souvenirs de gros travaux devaient être effectués suite à la petite altercation de Hulk et du dieu nordique. Maintenant, il était dans un laboratoire géant, situé dans les entrailles du gratte-ciel, équipé d'appareils dont jusqu'à l'existence lui était inconnue.

Face à une sorte d'îlot central entouré de machines biscornues et chromées, l'ingénieur avait fait apparaître plusieurs petites fenêtres holographiques où des photos de lui prenaient souvent place. Steve était resté à l'entrée de la pièce. Il aurait presque pu se croire dans un film de science-fiction futuriste et, comme lorsqu'il avait dû entrer dans le laboratoire d'Erskine et de Stark Senior, il n'osait pas s'avancer plus en avant.

C'est Tony qui lui fit signe de s'approcher. Prudemment, il se plaça aux côtés de l'homme en faisant attention à ne rien toucher. Il pouvait alors lire toutes ses données médicales et personnelles sur les écrans flottants.

« Ce sont les dossiers que j'ai récupéré du SHIELD il y a deux ans. Je ne pense pas que quoi que ce soit ait fondamentalement changé depuis mais sait-on jamais. Il y a aussi tous les fichiers restants sur les recherches du docteur-sérum, je vais me baser là-dessus pour comprendre ton mécanisme immunitaire, fit l'ingénieur en faisant courir ses doigts sur ce qui ressemblait à une fiche technique de Steve. Tu vas aller te mettre sur le cercle juste en face et Jarvis va nous faire un petit topo. »

Sans mot dire, le super-soldat s'exécuta et se plaça là où Tony le lui avait demandé. De petits flashs lui firent fermer les yeux brusquement. Il allait râler lorsque la voix de l'IA s'éleva.

« Monsieur Rogers mesure un mètre quatre-vingt-huit et pèse cent quinze kilos. Sa tension artérielle est tout à fait normale et son rythme cardiaque de cent cinq pulsations par minute. Je ne détecte aucune anomalie physique.

Merci Jarvis. Cap, t'as pris six kilos en plus de soixante-dix ans, fais donc un peu attention à ce que tu manges ! »

Steve ne prit pas la peine de lui répondre. Il observait avec appréhension la seringue qu'il venait de sortir d'un emballage stérile. Il n'avait jamais aimé les piqûres, encore moins depuis que des dizaines d'entre elles l'avait fait se transformer en surhomme. L'ingénieur remarqua son regard méfiant et eut l'air particulièrement ravi.

« Ça ne fera pas mal, parole de scout ! »

Il avait à présent un gros élastique et un petit coton dans l'autre main, un flacon de désinfectant posé face à lui.

« Viens voir le docteur ! »

L'ancien militaire ne dit rien et s'avança rapidement. Plus vite ce serait fini, plus vite il pourrait dormir. Une horrible petite voix, la même qui aimait habituellement le torturer, lui glissa qu'il n'avait pas besoin de médicaments puisqu'il savait déjà comment retrouver le sommeil. Il secoua vivement la tête. Tony fronça les sourcils. Il allait faire une remarque lorsqu'il rencontra le regard de Steve.

Durant quelques secondes qui parurent durer des années, ils se fixèrent avant que le blond ne baisse les yeux, comme s'il voulait cacher quelque chose. Toujours perplexe, l'infirmier improvisé lui fit signe de s'asseoir sur un tabouret que Steve n'avait pas remarqué de prime abord. Il tendit son bras et tourna la tête, attendant que la prise de sang soit faite. Le coton imbibé passa rapidement sur son articulation alors que l'élastique passait sur son biceps.

« Ferme ta main s'il te plaît. »

La voix de Tony était basse, avec une note de quelque chose que Steve n'arrivait pas à déchiffrer.

« Un peu comme quand il te regarde. »

Il serra le poing, faisant ressortir ses veines, les yeux toujours fixés sur le mur anthracite derrière lui. L'aiguille traversa sa chair vivement et il entendit le cliquetis de la seringue que l'on actionne. Tous ses sens étaient en alerte, sa mâchoire crispée, son dos particulièrement raide.

« Détends toi, c'est bon, j'ai presque fini. »

L'ancien militaire s'autorisa à tourner la tête vers l'autre homme. Concentré, il regardait la seringue terminer de se remplir du liquide carmin. Une petite ride prenait place entre ses sourcils froncés, sa respiration comme bloquée dans sa poitrine. Il retira l'aiguille doucement et appuya immédiatement un autre coton sur sa peau.

Il demanda alors à Steve de le tenir en place pendant qu'il replaçait l'embout sur l'aiguille. Ce dernier obéit, les yeux fixés sur le carrelage sombre. Rien, définitivement rien ne tournait plus rond chez lui. Il allait rapidement partir avant qu'il ne se passe quelque chose qu'il regretterait plus tard.

L'ingénieur déposa son prélèvement dans plusieurs petites éprouvettes qu'il plaça ensuite dans une boîte reliée à l'îlot central. Un nouvel écran où des chiffres mêlés à des formules défilaient à une vitesse vertigineuse apparut face à lui. Il ne semblait plus se soucier du cas du blond. Pourtant, alors que ce dernier commençait à s'enliser dans ses propres pensés, il lui offrit une échappatoire.

« J'ai un peu bidouillé deux trois appareils médicaux et en fait c'est vachement intéressant. Je pense que je vais m'orienter là-dedans quand... Quand ça ira mieux. »

Steve pensa alors immédiatement au petit Eddy et son visage s'illumina. Il consentit enfin à se lever du tabouret et s'approcha de l'autre homme.

« C'est une très bonne idée Tony et j'aurais même un potentiel patient à te présenter. »

Le brun le regarda du coin de l'œil alors que ses mains continuaient de danser avec les calculs qu'il faisait. Le super-soldat sut qu'il s'agissait d'une invitation à continuer.

« Il est avec moi en rééducation. Sa moelle épinière a été atteinte lors d'un accident de voiture avec ses parents... Nous ne savons pas s'il arrivera à remarcher même s'il semble progresser. Il m'a dit que tu étais son héros préféré et que s'il n'y arriverait pas, il te demanderait de lui fabriquer des jambes, fit l'ancien militaire en soupirant. Je lui ai promis une surprise s'il remarchait.

- Et s'il ne remarche pas ? » Demanda Tony en le regardant enfin droit dans les yeux.

Steve crut se perdre dans son regard, dans un océan tempétueux de chocolat chaud. Il eut du mal à articuler sa dernière phrase.

« Alors je viendrais te chercher. »

Le temps sembla s'arrêter. L'air devint aussi pesant que lors de leur retour. Il sentit sa respiration devenir lourde, comme s'il se noyait. Chaque centimètre carré de sa peau, chaque sens le composant était en alerte. Une sirène d'alarme se mit à hurler dans un coin de sa tête alors qu'il sentait le corps de l'autre homme se rapprocher du sien, qu'il le voyait doucement, tout doucement pencher la tête vers lui. Ils partageaient maintenant le même air, leurs lèvres à quelques centimètres, prêtes à se caresser. Tony eut un moment d'hésitation, avant de se laisser aller et d'unir leurs bouches.

Le baiser dura une éternité et une seconde à la fois. Il y eut une explosion dans la tête de Steve, le faisant réagir au quart de tour. Son poing partit tout seul dans la mâchoire de l'ingénieur alors qu'il se reculait vivement, ses lèvres comme brûlées. Il ne remarqua pas le corps de Tony s'écraser contre les appareils, pas plus qu'il n'entendit sa voix l'appeler. Il s'enfuit littéralement, comme poursuivi par la mort en personne.

Finalement, il était bien un lâche. Surtout devant cet homme-là.


Fin de la seconde partie

Je ne peux vous dire exactement quand sera postée la dernière partie, mais ne vous inquiétez pas, la dernière scène est déjà écrite et le reste avance bien ;)

N'hésitez pas à vous manifester, que cela soit positivement ou non !

Merci de m'avoir lue et à la prochaine !