Harry Potter

McGonagall & Granger

~ Love You Only ~

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Résumé : France, quelques part proche des Alpes en 1974. Après la mort inattendue de son frère et de sa femme, Minerva se voit confier la garde de leur seul enfant sur la sage décision d'Albus. Étant son seul et unique parent proche et ne pouvant laisser le bambin à son triste sort, ce cher professeur McGonagall ne peut qu'accepter et ramène sa petite nièce à Poudlard. Commence alors sa vie trépidante dans le monde de la magie et sa rencontre avec une certaine miss je-sais-tout quelques années plus tard. Est-ce là une simple coïncidence ou le destin lui-même ?


Chapitre 1 :

« Quand une vie se termine, une autre commence »


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Au beau milieu d'une nuit sans lune, des éclats de lumière flashaient au loin comme un magnifique feu d'artifice. Un balai nocturne si violent que l'on pouvait entendre le crépitement sauvage des sorts se heurtant les uns contre les autres. Dos à dos, deux sorciers se battaient furieusement pour survivre. Dans cette danse mortelle, les assaillants succombaient un à un, leur corps inerte tombant lourdement dans la neige. Il flottait dans l'air glaciale, de la haine, l'envie dérangeante de prendre la vie, de la démence pure. Puis, vient l'accalmie, les ennemis cessent leurs attaques. La tension est toujours présente mais l'hésitation rôdent autour. Faut-il attaquer en sachant qu'ils seraient repoussés avec facilité, ou prendre la fuite ? Ils étaient pourtant si prêt du but ! Pourquoi a-t-il fallut que ces deux là se joignent à la partie ? Mais l'heure n'était pas à la réflexion. Profitant de ce moment de calme, les deux sorciers en profitèrent pour reprendre leur assaut avec plus d'agressivité. Un seul coup de baguette, un simple geste et quelques mots prononcés avec détermination.

« Defodio ! »

La terre trembla alors, déstabilisant ainsi leurs adversaire. Les secousses s'intensifièrent jusqu'à ce que le sol s'ouvre dans un craquement sourd. Quelques Mangemorts tombèrent dans le piège, maudissant celui qui venait de les prendre par surprise.

« Maudit sois-tu, Albus Dumbledore ! »

Mais le vieil homme avait encore beaucoup à faire, il restait toujours des ennemis à neutraliser avant de s'attarder sur les détails. Et bien qu'il ne soit pas en position de force à l'heure actuelle, son inquiétude était ailleurs. Ils devaient se hâter avant qu'il ne soit trop tard. Prêt à s'occuper seul des derniers ennemis, il leva sa baguette en prévision de son prochain sort.

« Vite, Minerva ! Dans la maison ! »

Hochant la tête, la sorcière se précipita dans la dite direction. Elle n'avait pas à s'inquiéter de sa protection, Albus s'en chargeait.

« Incendio ! »

Elle pouvait sentir une chaleur extrême dans son dos mais cela ne l'arrêtait pas dans sa course. Elle entra rapidement dans la petite demeure perdue au milieu des bois. Chaque pas faisait monter la pression en elle, pourvue qu'elle ne soit pas arriver trop tard ! L'escalier en vu, elle monta avec empressement, la respiration incertaine. L'angoisse de passer la porte du fond ne faisait que grandir en elle et pourtant, il le fallait. La main tremblante, sa paume se posa sur le bois, qu'elle poussa avec prudence. Le spectacle qui l'attendait était loin de tout ce qu'elle s'était imaginé. La sorcière écarquilla les yeux, posant une main sur sa bouche dans la seconde qui suivit. Sous le choc, elle se laissa glisser par terre en détournant le regard, incapable de supporter une telle vue. Un sanglot, meurtris, étouffé, tentait de sortir mais elle se faisait fureur pour le retenir tandis que des larmes lui venaient aux bords des yeux. Dans la chambre principal, le chaos régnait. L'odeur de la mort était nauséabonde, lui donnant des haut-le-cœur. Des cadavres de Mangemorts jonchaient le sol parmi ceux des elfes qui avaient protégés la jeune femme inerte, couchée dans le grand lit. Il y avait du sang partout, preuve que l'affrontement avait été d'une violence extrême. Incapable de se retenir, Minerva McGonagall monta sur le lit et prit la défunte femme dans ses bras, la berçant comme une enfant. Elle caressa ses longs cheveux bruns, baignés de sang, la serrant de toute ses forces contre sa poitrine. Ce geste désespéré pour tenter de la garder, de garder son âme sur cette terre, était vain et au fond d'elle, Minerva le savait. Il était trop tard, Layla n'était plus … Elle n'avait que 25 ans, elle était encore si jeune. Elle pleurait, ne sachant se retenir. Elle maudit la guerre et les sorciers fou alliés qui lui avaient volé sa famille. Son frère Malcolm, sa femme ainsi que leur trois enfants, Megan, Emily et Maxwell, avaient quittés ce monde eux aussi. Elle était donc la seule McGonagall encore en vie.

Soudain, les pleurs d'un nouveau né retentirent, la faisant sursauter. Surprise, elle quitta le lit et chercha le bambin. Layla avait eu le temps d'accoucher ?! Elle sortit de la pièce avec hâte, direction la chambre d'enfant. Elle tenta d'y pénétrer mais l'accès semblait bloqué de l'intérieur. Un objet assez lourd l'empêchait d'ouvrir la porte comme elle le voudrait. Elle poussait de toute ses forces mais ne réussit à bouger l'ouverture, que de quelques centimètres. La sorcière soupira, fatiguée. Elle devait reprendre son souffle quelques instants. Les pleurs reprirent de plus belle, sans doute apeuré par tout ces bruits. Elle devait entrer coûte que coûte mais elle ne réussirait jamais à le faire sous cette forme. Elle n'avait plus le choix. Avec grâce et aisance, elle délaissa son apparence humaine pour adopter celui d'un chat tigré. D'un bond, elle grimpa sur l'obstacle et pénétra dans la pièce avant de reprendre sa forme originel. Un rapide coup d'œil derrière elle, c'était donc une armoire qui lui donnait tant de fil à retordre. Un nouveau sanglot attira son attention, lui rappelant qu'elle n'avait pas de temps à perdre en observation futile. Son regard balaya la pièce, la seule épargnée par la désolation. Couché, face contre terre, un elfe était étendu à ses pieds, le bras tendu vers un paquet de couverture. Il n'était pas difficile de dire que la pauvre créature avait probablement succombé à ses blessures, une fois sa mission terminée. La sorcière s'agenouilla et déplia soigneusement ce tas. Quelle fut donc sa surprise en y découvrant son contenu. Là, cachée dans des draps souillés, gigotait une petite merveille de la nature. Incertaine des gestes à avoir, la jeune femme porta délicatement le nouveau né dans ses bras, le berçant avec douceur pour calmer ses pleurs. Elle toucha ses joues rougies et remarqua tout de suite sa température alarmante. La pauvre petite chose était frigorifiée, elle ne devait avoir que quelques heures à peine. Un son dans le couloir attira son attention. Baguette en main, elle la leva en direction de la porte, prête à se défendre.

« Minerva ? »

La voix d'Albus était presque inaudible, la méfiance était de mise pour lui qui ne savait absolument rien de la situation. Soulagée, la sorcière dégagea l'entrée de la chambre d'un revers de baguette avant de la ranger dans sa robe.

« Par ici, Albus. »

Le vieil homme se présenta, poussant délicatement la porte de bois. Il soupira, posant sa main sur la poignée. Si Minerva était ici alors cela ne voulait dire qu'une chose, il était arrivé trop tard. Celle-ci le regardait avec une lueur d'espoir, comment pouvait-il, comment devrait-il lui dire ?

« Robert … As-tu trouvé Robert, Albus ? »

« Je suis désolé ma chère, il semblerait … que nous soyons arrivés trop tard. Je l'ai trouvé non loin de la maison … le visage dans la neige. L'attaque est sans aucun doute arrivée par derrière. »

Comprenant les paroles de son ami et mentor, Minerva ferma les yeux. Son frère était parti à son tour.

« Et Layla … ? »

Le vieil homme hésita un instant, la sorcière secoua légèrement la tête. Il comprit alors qu'il n'y avait plus rien à faire. Il s'approcha lentement d'elle, posant une main bienveillante sur son épaule.

« Tout n'est pas perdu. Même dans nos heures les plus sombres, l'espoir brille au bout du chemin. Il nous guide vers des lendemains meilleurs. Il suffit juste de trouver sa lumière pour avoir le courage d'avancer. »

Ses yeux se posèrent alors sur le nouveau né, endormi paisiblement dans les bras de la jeune femme. Elle le berçait avec affection, caressant ses petites mains fripées pour les réchauffer un peu.

« Il ne reste plus que nous maintenant … »

« Je vais rester et m'occuper de cet endroit. J'ai déjà contacté le ministère français, les Aurors ne devraient plus tarder. Le plus urgent à présent, est de s'occuper de cette petite. »

Minerva sembla surprise qu'il affirme qu'elle avait une nièce et non pas un neveu. Aucun d'eux n'avait été vérifier. Il la regarda, comme si il avait lu en elle et sourit.

« Bien sûr que c'est une fille. »

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Anxieuse, une femme faisait les cents pas dans une salle d'attente, légèrement agacée d'être plantée là depuis des heures. Les agents du Ministère avaient le chic pour convoquer les sorciers et sorcières pour mieux les laisser poireauter sur place par la suite. Le temps était un luxe qu'elle n'avait pas la possibilité de gaspiller. Sa patience avait des limites. Enfin, la porte s'ouvrit. Un homme entra.

« Bonjour Professeur. Désolé de vous avoir fait patienter aussi longtemps, nous sommes débordés et en manque cruel d'effectif. Veuillez me suivre je vous pris. »

Sans un mot de plus, il escorta la sorcière dans les couloirs interminables du Ministère. Avec cette guerre, tous étaient en alerte. Aucun sorcier n'était autorisé à se balader seul, chacun devait être accompagné par un employé sous peine d'être arrêté. L'hôte s'arrêta enfin devant une porte vitrée et l'invita à y entrer avant de refermer derrière lui. Assise derrière son bureau, une femme la salua, déposant une pile impressionnante de papier. Tout ce cinéma était-il vraiment nécessaire ?

« Bonjour Professeur McGonagall. Asseyez-vous, nous avons beaucoup de paperasse à signer. Le Ministère français nous a enfin fait parvenir les formulaires d'adoption. Ce n'est pas trop tôt ! »

Minerva prit place sur une chaise et sortit ses lunettes, prête à franchir un nouveau cap. Deux mois s'étaient écoulés depuis la mort de Robert Junior et de sa femme, Layla. L'incident étant survenu sur le sol étranger, elle avait eu beaucoup de mal à faire rapatrier leur corps sur le territoire anglais. En période de guerre, tout les systèmes étaient comme paralysés. Une certaine tension était même née entre le Ministère de la Magie français, qui ne bougeait pas le petit doigt, et celui du Royaume-Unis, en pleine état de crise. Cela n'avait fait que retarder les choses d'avantage. Heureusement pour elle, Albus était un homme plein de surprise qui avait des contacts partout. Son intervention lui permit d'accompagner son frère et sa femme vers leur dernière demeure, afin qu'elle puisse en faire le deuil. Et tant que cette affaire n'était pas réglée, il lui était impossible de récupérer sa nièce. Là encore, le Ministère français lui mettait des battons dans les roues. La situation du pays étant jugée trop dangereuse, la petite devait restée en France. La seule solution pour y remédier, était l'adoption. Sans aucun tuteur légal ou parent sur le sol français, il n'y avait aucune raison pour qu'elle y séjourne. Albus le lui conseilla fortement, assurant qu'elles seraient toute deux en sécurité au sein de l'école. Il était inconcevable pour elle, que sa nièce finisse par être adoptée par une famille française alors qu'elle était son plus proche parent. Il en était hors de question !

« Alors, quel nom lui avez-vous choisi ? C'est une petite fille, non ? »

Sortie de ses pensées, la sorcière leva le nez de ses formulaires. Elle y avait beaucoup pensé, ne sachant quel prénom lui conviendrait le mieux. C'était une première pour elle, qui n'avait jamais eu d'enfant partageant le même sang qu'elle. Le vénérable Directeur de Poudlard relançait sans cesse le débat, citant des noms aussi farfelus que déplaisant à l'oreille. Layla et Robert ne lui avait rien dit à ce sujet, il était d'autant plus difficile de la nommer. Elle ne pouvait tout simplement pas choisir le premier prénom qui lui viendrait à l'esprit. Ce premier pas vers la parentalité était une énorme responsabilité à ses yeux, elle en avait passé des nuits blanches. Finalement, elle en trouva un assez soudainement. Plus elle le répétait et plus il lui apparaissait comme une évidence.

« Lexia McGonagall. »

Et elle avait déjà le sentiment qu'elle deviendrait une sorcière dont elle serait fière. Ses parents pouvaient reposer en paix, elle veillait sur leur petit trésor.

Au bout d'une heure, Minerva voyait enfin le bout du tunnel. Tout était remplis avec soin sous l'œil attentif de la jeune employé. Une dernière signature et elle posa son stylo.

« Félicitation Professeur, vous êtes dés à présent reconnue comme parent légal de la jeune Lexia. »

La sorcière soupira discrètement. Elle y était, enfin. De grandes responsabilités l'attendaient, toute l'éducation de sa nièce était à faire. Il lui faudrait jongler entre son rôle de professeur et celui de parent, un défit à la hauteur de ses capacités. L'administratif enfin terminé, elle pouvait maintenant la récupérer à l'hôpital. Elle quitta donc le bâtiment et transplana directement à Ste Mangouste. Grâce à une vieille connaissance, Lexia avait été prise en charge dans son service, le temps que tout soit réglé. Elle se dirigea vers le comptoir de l'accueil, expliquant le motif de sa venue. Cependant, la jeune femme en charge parut surprise, cherchant l'information dans ses dossiers.

« Nous sommes désolés, Professeur. Il semblerait que quelqu'un soit déjà venu chercher votre enfant. »

Minerva tomba des nues.

« Comment cela ?! Qui ?! »

« Hm … Le Professeur Dumbledore s'est visiblement présenté ce matin. Il nous a clairement indiqué, que vous étiez au courant … »

Ce vieux barbu … Il n'attendait rien pour attendre ! Elle n'était au courant de rien ! Et dire qu'elle s'était déplacée pour rien ! L'hôpital était plein à craquer par ce temps de crise. Elle inspira calmement pour soulager ses nerfs, au moins sa nièce était entre de bonne main. Transplaner avec un bébé était très risqué, elle avait donc un soucis en moins. Elle remercia la jeune femme et rentra à Poudlard par le réseau de cheminées.

Elle arriva dans le bureau du Directeur mais aucun signe de lui à l'horizon. Aux vues des circonstances, il n'y avait pas beaucoup de destination possible. Il était forcément à l'infirmerie de l'école. Baguette en main, elle se dépoussiéra d'un mouvement rapide et retira son long manteau. Elle quitta le bureau et marcha dans les longs couloirs, croisant ici et là, des étudiants qui la saluaient. Arrivée à la Tour de l'Horloge, elle grimpa les nombreuses marche et emprunta le couloir vers l'infirmerie. Elle en poussa les portes et comme elle s'y attendait, Albus et Poppy étaient là. Le vieil homme avait Lexia dans les bras, lui marmonnant des choses incompréhensible d'un air enjoué. Poppy remarqua sa présence la première et roula des yeux, le Directeur était trop occupé pour lui prêter attention. Elle s'approcha du Professeur de Transfiguration et lui sourit.

« C'est une jolie petite fille, en pleine santé ! Monsieur le Directeur était lasse d'attendre, semble-t-il. Il est arrivé ce matin avec la petite. J'imagine qu'il a oublié de te prévenir. »

Minerva soupira, Albus était un vrai papa-gâteaux. Lexia gazouillait et lui tirait la barbe, ses journées ne manqueraient pas d'agitation, c'était certain.