Le restaurant avait été un moment extraordinaire pour Mello. Il n'avait pas particulièrement faim mais avait mangé de bon appétit, tout en gardant une attitude féline – il n'a pas perdu de vue l'objectif de la soirée – répondant quand Manuel lui avait fat du pied sous la table, glissant quelques regards aguicheurs au passage. Les deux hommes avaient pourtant eu une discussion construite et intéressante autant pour l'un que pour l'autre. Mello doit bien admettre qu'il est impressionné par l'étendue des connaissances et de la culture de l'andalou. Ils sont maintenant arrivés dans l'appartement de Manuel : quatre luxueux étages d'un immeuble réservés à des personnes particulièrement riches.

Mello suit Manuel jusqu'à sa chambre, adoptant sa démarche la plus féline. Il observe l'homme qui le précède. « Au moins il bien foutu... » se dit le blond, dans une tentative désespérée de se consoler. Malgré les événement qui ont précédé, tout ça ne lui rappelle que trop sa première fois au point qu'il en a la nausée. Non, il ne veut pas coucher avec cet homme, surtout que par la suite il aura forcément à recommencer.

« Allez Mihael... C'est pas comme si c'était la première fois que tu couches par intérêt ! Tu as fais ça pendant des mois ! » pense-t-il.

Toutes ses réflexions, sont inutiles : il est incapable de se rassurer. Il imagine déjà l'autre sur lui, prenant son pied, violant son intimité sans aucun remord. Le garçon-soleil serre les dents : il ne veut pas y penser.

Pas déjà.

Durant les mois où s'est prostitué, il a découvert une information capitale sur lui-même. Une information qu'il n'aurait jamais imaginé du temps de la Wammy's House, alors qu'il lisait en secret des magazines pornographiques avec Matt.

Il n'aime pas le sexe.

Pas que ça le dégoûte ou qu'il trouve ça sale, non ! Juste que voilà, ça ne lui apporte aucun plaisir, aucune satisfaction personnelle. Juste de l'argent – ou là, en l'occurrence, les faveurs d'un homme haut placé pour assurer sa place de bras-droit.

Le sexe, c'est fonctionnel.

Manuel s'arrête devant une porte en bois sombre, l'ouvre et s'écarte pour laisser Mello entrer le premier avec un sourire plein de sous-entendus. Mello répond par un sourire similaire, adoptant une démarche langoureuse, balançant les hanches de la façon la plus sensuelle qu'il connaisse.

Au moment où il passe l'encadrement de la porte, il sent une main lui attraper la taille et entend la porte se refermer derrière lui. A clé. L'hispanique allume la lumière.

La chambre de Manuel est une vaste pièce, éclairée par la lumière tamisée de lampes marocaines, au centre de laquelle trône un grand lit en bois d'acajou aux draps rouges. Les murs tout comme le plafond sont en bois sombre sculpté, orné de dorures. Le parquet en marqueterie compliquée est aux trois quarts couvert d'un immense tapis marocain. Tous les meubles restent dans ces tons : rouge sang, or et acajou. Mello ne peut cacher un regard admiratif : jamais encore il n'était entré dans une pièce si fastueuse sans tomber dans la démesure et le mauvais goût.

Manuel s'en aperçoit. Il se penche à l'oreille du blond et susurre :

-Ça te plaît Mello ?

-Ou... Ouais. C'est... C'est...

Le garçon-soleil ne trouve pas les mots pour répondre. Des milliers lui viennent à l'esprit mais aucun ne franchit la barrière de ses lèvres, ce qui fait rire Manuel. Il pose sont autre main sur la hanche de Mello et commence à passer sous le haut en cuir du garçon.

-C'est un des nombreux petits plaisirs auxquels j'aime m'abandonner... Le luxe. Il y en a bien d'autres tu sais... On pourrait en partager un ce soir, tous les deux.

Il avait dit tout cela d'une voix chaude, aguicheuse, ne laissant aucun doute sur la nature du plaisir en question.

Au contact de la main sur son torse, Mello frémit. Il perçoit chaque attouchement de cet homme derrière lui comme une violation profonde de son intimité. Pourtant, il se laisse faire, tentant de contrôler sa respiration pour faire croire que ce que fait l'hispanique lui fait de l'effet.

Semblant encouragé, Manuel passe son autre main dans le pantalon de Mello, caressant l'aine, frôlant le sexe. Le garçon-soleil ne peut retenir une petite exclamation suivit d'un soupir quand l'hispanique plaque la main contre son entre-jambes et commence à le malaxer.

-Tu aimes ça Mello ? » demande le brun.

Le blond n'a d'autre choix que de simuler le plaisir. Il n'a qu'une envie : que ce type le lâche. A son grand regret, il ne peut pas se le permettre.

-Mmh... Mmmh ouiiiii... » soupire-t-il.

Mensonge.

La réaction physique ne se fait pas attendre. Le blond se sent durcir tandis que des frissons le parcourent. Pourtant, comme toujours, il n'y trouve aucun plaisir : cette trahison de son propre corps le dégoûte au plus haut point.

Tout en continuant ses massages, Manuel entraîne sa « conquête » vers son lit, goûtant déjà aux formes frêles du garçon qu'il pense avoir séduit. Contre lui, Mello halète, gémit doucement. La respiration de plus en plus profonde du blond fait frémir le brun. Il a envie de lui, et pas seulement pour gagner ce stupide pari. Ce « Mello » est tellement désirable... Il sera le premier de tous les mafieux à pouvoir le toucher, à voir son vrai visage. Parce que selon Manuel, c'est au lit que les masques tombent immanquablement.

L'hispanique s'assoit sur son lit, laissant Mello debout devant lui. A la lumière tamisée des lampes, le blond ne peut s'empêcher de le trouver beau. Son visage aux traits typiques espagnols, sa peau mate, ses yeux noirs au regard intense et ses cheveux de jais un peu longs le rendent terriblement séduisant. Cette pensée le fait se sentir encore plus sale et il préfère regarder ailleurs. Les motifs du tapis marocain lui semblent soudainement dignes de son plus grand intérêt.

Un sourire amusé se naît sur les lèvres du brun. Mello qui détourne les yeux... Difficile à imaginer dans un autre contexte que celui-ci ! Mello, toujours si grand, si sûr de lui, si insolent, si sauvage, n'ose pas le regarder en face avant le sexe. Manuel coupe court à ses réflexions pour ouvrir la fermeture éclair du haut du gamin, découvrant le torse étroit qu'il n'avait fait que deviner tout à l'heure. Il prend le temps d'y passer les mains, d'abord sur la taille, puis remontant jusqu'aux épaules minces sans négliger les tétons déjà tendus par l'excitation.

Mello halète de plus en plus. A son grand dam, il se rend compte qu'il ne simule plus : c'est devenu parfaitement naturel. « C'est pas normal ça... Est-ce que c'est l'alcool ? Non, je n'en ai pas bu assez pour que ça me fasse de l'effet. Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ? ». Manuel pose ses mains sur ses hanches et l'attire à lui pour embrasser son torse. Il caresse d'abord du bout des lèvres la peau pâle et offerte avant de saisir un téton entre ses dents. Il le mordille un peu avant de le lécher longuement. Des gémissement s'échappent malgré lui de la bouche de Mello qui, prisonnier de son rôle d'amant séduit, ne peut rien tenter pour les retenir. Il se dégoûte. Profondément.

-Mmmh... Ah... Ah ! Mmmaaaah...

Manuel remonte alors et saisit les lèvres entrouvertes du blond, laissant glisser ses mains jusqu'au lacet du pantalon en cuir. Avec une langueur presque insoutenable, l'hispanique vient lécher la lèvre inférieure du blond avant de franchir la barrière de ses lèvres, goûtant un mélange de vin et de chocolat qui ne lui déplaît pas.

Mello se met à répondre au baiser comme il en avait l'habitue : avec une ardeur et une passion factice, faisant celui qui adore. C'est alors que son amant rompt le baiser et approche sa bouche de son oreille.

-Ne fais pas semblant Mello. Je ne sais pas ce que tu as à gagner à coucher avec moi mais tu ne fais pas ça uniquement par plaisir, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Fais pas ce que tu veux pas. Contente toi de te laisser faire. Tu vas voir, je te ferais jouir comme personne avant moi » déclare-t-il de sa voix la plus sensuelle.

-Ça m'étonnerais.

A ses propres paroles, Mello serre les dents. Quel idiot ! Ça lui a échappé. Juste échappé. Connement. Mais merde ! Si ça se trouve, il a tout fait foiré !

Apparemment non, puisque Manuel, au lieu de s'offusquer, éclate de rire.

-Ah oui ? Et pourquoi ça t'étonnerai hein ? T'as peur que je sois pas assez gros pour toi ?

Le ton léger qu'il avait employé et le fait qu'il se trouve dans une impasse forcent Mello à aller jusqu'au bout :

-J'aime pas le sexe.

-Ah ? Comment ça se fait ?

-J'aime pas ça, c'est tout. Maintenant dépêche-toi de me baiser que tu puisses raconter ça aux autres.

-Parce que tu crois que je fais ça seulement pour gagner le pari ?

-Franchement ? Oui.

-Tu te trompes lourdement ! On ne t'as jamais dis que tu étais foutrement désirable ?

Mello s'éloigne un peu, juste assez pour pouvoir regarder Manuel dans les yeux, incrédule.

-Désirable ? Moi ?

-Tu t'es déjà regardé dans un miroir ? Tu donnes envie à tout le monde. Tu sais qu'ici on est tous hétéros – ou bi dans mon cas –, à moins qu'il y en ai qui payent des putes pour jouer aux échecs et qui invitent des mecs en cachette.

-Peu importe, vous me regardez tous comme un morceau de viande avec ce stupide pari.

-Pour tout le monde, c'est ça que tu es : un joli bout de viande. Peut-être pas pour le Boss, pour lui t'es plus un cerveau qu'autre chose. Un cerveau dans un joli bout de viande.

-Et pour toi, je suis quoi ?

Manuel semble hésiter quelques secondes avant de répondre :

-Un joli vautour.

-Un vautour ?

-Tu nous crèverais jusqu'au dernier si ça pouvais te faire gagner quelque chose. T'as aucun respect, aucune admiration pour personne ici. Tu nous méprise tous du haut de ton énorme QI. Mais au fond t'es quoi Mello ? Rien de plus qu'un gamin de dix-sept ans mort de trouille qui est tombé trop vite dans un monde trop violent. D'ailleurs comment tu t'es retrouvé à conseiller des dealers de bas étage dans ce bar de New-York à seulement seize ans voire moins, hein ? Alors que t'as l'accent britannique ? Je sais pas ce que t'es ni ce que t'as fais pour en arriver là. En fait je m'en fous. Tout ce que je sais c'est que ce soir, je vais te faire jouir plus que jamais dans ta petite vie. J'ai toujours dis qu'au lit les masques tombent, pour peu qu'on soit capable d'amener correctement son partenaire à l'orgasme. Tu vois ce que je veux dire Mello ?

-Oui, je pense.

-Bien sûr que tu comprends. Tu es assez intelligent pour ça. Je veux te voir en vrai t'arracher ta saloperie de masque. Je veux savoir qui tu es Mello. Et accessoirement prendre mon pied.

Sur ces mots, il attire Mello à lui et l'embrasse fiévreusement, le faisant tomber sur le lit. Le blond le sens monter sur lui et enfouir les mains dans ses cheveux d'or. Hésitant, Mello répond au baiser, pour une fois désireux de donner du plaisir à son amant, s'abandonnant complètement. Les mots et le regard de feu de Manuel ont touché quelque chose en lui. Il n'avait jamais vu le mafieux comme ça et il doit bien l'admettre ça a quelque chose... d'excitant. Au bout d'un moment, le blond écarte son amant de lui, brisant le baiser fougueux.

-Apprends-moi.

Manuel est prit de court.

-De quoi ?

-Apprends-moi à faire tomber les masques pendant le sexe.

L'éclat de rire du mafieux retentit dans la pièce.

-Ça revient à dire que tu veux que je t'apprenne à baiser Mello !

-Apprends-moi.

-Et têtu avec ça...

-Comme tu n'as même pas idée !

-Je crois que je vais pas tarder à le découvrir.

En reprenant le baiser, l'hispanique commence à se débattre avec le lacet du pantalon de son amant qu'il ne tarde pas à ouvrir. Il le retire avec empressement, le jetant à terre en même temps que le boxer noir du blond. Pendant de temps Mello s'est débarrassé se son haut de cuir sombre ouvert et l'a aussi jeté sur le tapis marocain. L'hispanique passe les mains dans le dos de sa conquête le griffant doucement.

-Attention ! » s'exclame alors Mello, en se redressant un peu, manquant de heurter son amant.

-Quoi ? T'as une blessure dans le dos, un truc comme ça ?

-Non, mais il y a mon tatouage !

-T'es tatoué toi ? Tu sais, c'est pas en le griffant comme ça que je vais l'abîmer.

-C'est pas une raison. Je veux pas prendre de risques... Il est vieux quand même... Il a plus de dix ans !

-Quoi ?! Tu te fous de moi, c'est pas possible ! Fais voir.

Mello roule sur le ventre. Dévoilant les six lettres cyrilliques inscrites en noir dans son dos.

-T'es russe ? » fait Manuel.

-Ouais.

-C'est marqué quoi ?

-Lakmus. Tournesol. Celui ne baisse jamais les yeux, même devant le soleil lui-même.

-Je trouve que ça te va bien...

-Alors arrête de le griffer sinon je te jures que je me barre du lit et que tu n'es pas prêt de gagner ton pari ou de prendre ton pied avec moi ! » répond le garçon-soleil en se retournant sur le dos.

L'hispanique éclate une nouvelle fois de rire. Décidément, ce môme a du culot ! Avec les dents, le brun retire les gants en cuir du jeune blond, puis lui ôte son tchotky*, le posant délicatement sur la table de chevet. Un beau bijou. Comme son propriétaire.

-Et moi alors ? » demande Manuel.

-Quoi ?

-Tu me déshabille pas ? Je dois tout faire moi-même ?

-D'habitude les mecs avec qui je couche se déshabillent tout seuls.

-Eh bien moi je préfère que ce soit ma conquête qui me déshabille, et c'est le cas pour la majorité des hommes, retiens le, à moins qu'ils ne soient très pressés. Moi j'aime prendre mon temps, surtout pour ce genre de choses.

-C'est la leçon du jour ça ?

-Ha ha ! En quelque sorte Mello... En quelque sorte... Mais aujourd'hui laisse moi plutôt t'apprendre l'orgasme, puissant et addictif ! Pour commencer dessape-moi.

Avec un petit rire satisfait, Mello déboutonne la chemine de son amant, la jette au sol et ouvre sa ceinture.

-Pffff ! T'as vraiment aucun talent ! » commente son professeur.

-Je te déshabille ! C'est pas ce que tu voulais ?

-Je te dégoûte ?

-Nan ! Enfin... Moins que tout à l'heure.

-T'as déjà appris la franchise : un grand pas en avant. Mais si je te dégoûte pas touche-moi bordel ! T'es bon qu'à te faire baiser comme une pute ou quoi ? Participe un peu !

-J'ai l'air de faire quoi là ?

-Rien, alors ferme-la ! Comment tu veux apprendre si – attend comment tu disais déjà ? Ah oui : si tu n'apprend pas tes leçons pour les réciter bien gentiment après ?* Ça me fait mal de dire ça mais je suis autant ton terrain de jeu que t'es le mien. Profite un peu, t'auras pas toujours un mec comme moi dans le même lit que toi.

-T'as raison : un jour j'en aurais des bien mieux !

-Vantard.

-Tu peux parler toi avec tes « t'auras pas toujours un mec comme moi ! »

-Heureusement que dans le domaine du sexe l'insolence est la bienvenue sinon il te faudrait une muselière pour être excitant. Bon, pour l'instant t'apprend à dessaper quelqu'un correctement et pas comme tu te déshabille tous les jours pour prendre ta douche alors t'es bien sage et tu fais tes exos gamin !

Contrairement à ce qu'il avait cru, Mello se retrouve un peu pris au dépourvu. C'est qu'on ne lui a jamais demander un truc comme ça avant ! Pour l'encourager, l'hispanique plonge son visage dans son cou pour l'embrasser, le sucer, le mordre et le lécher longuement pour le marquer de ses suçons. Essayant de se souvenir de comment Manuel l'avait déshabillé, Mello tente de reproduire certains gestes, caressant sensuellement le dos musclé, des épaules jusqu'à la chute de reins, puis passant les mains sous le pantalon et le boxer, pour caresser les fesses en mouvement lents et appuyés, les déplaçant jusqu'au bas-ventre pour finalement complètement le retirer.

-Va vraiment falloir que je te dresse » commente Manuel. « T'es une véritable honte au monde de la dépravation ! ».

-Oh, ça va, je débute !

-Bon, assez discuté Maintenant je vais te montrer ce que c'est que de prendre son pied.

Manuel emprisonne alors les lèvres de son « élève » des siennes. Il semble à Mello que les mains de son amant sont partout : sur ses bras, son torse, ses jambes, ses fesses... Il a chaud, bien qu'il soit entièrement nu. Jamais encore il n'avait ressenti quelque chose d'aussi fort ! Brisant le baiser, Manuel amène ses doigts à la bouche du blond, lui donnant l'ordre implicite de les sucer. Mello obéit immédiatement, avide de plus de ces sensations nouvelles. Il lèche avec application les longs doigts fins du mafieux qui apprécie de regarder le jeune homme, en sueur, les joues rouges, profiter autant. Tout en continuant de jouer de sa langue, le blond lance un regard de feu à l'hispanique, qui sent ses reins le brûler de plus en plus fort.

Au bout d'une minute, il retire ses doigts pour les placer contre l'intimité de Mello, ce qui le fait sursauter.

-Détends-toi » lui glisse le mafieux.

« Il est marrant lui... » pense le blond tout en essayant de contrôler se respiration erratique et de détendre ses muscles. Rien à faire : il est beaucoup trop excité.

-Ah !

Un autre doigt vient d'entrer en lui.

-Je t'ai dis de te détendre ! » gronde Manuel.

-Facile à dire !

Pour aider son jeune amant visiblement inexpérimenté dans le domaine du plaisir, le brun l'embrasse tendrement.

-Du calme... Du calme... » répète le mafieux à l'oreille de son jeune protégé en le caressant de sa main libre, comme pour calmer un petit animal apeuré.

Mello sent un troisième doigt entrer en lui. Il ne peut s'empêcher de grimacer. Ses bras s'enroulent autour des épaules de Manuel et serrent fort, laissant l'homme embrasser son cou.

Quand enfin il estime le blond prêt, l'hispanique retire ses doigts, humidifie son gland avec sa salive et se place contre l'entrée de son amant, commençant doucement à s'enfoncer en lui, luttant contre un besoin primitif de céder à ses envies et de prendre le garçon violemment.

Bien que ce ne soit pas la première fois que ça lui arrive et qu'il ai été correctement préparé, il semble à Mello n'avoir jamais eu aussi mal lors d'une pénétration. Involontairement, il plante ses ongles dans la chair des épaules de Manuel pour lutter.

-Enroule tes jambe autour de mes hanches, ce sera plus simple pour la suite » lui conseille l'hispanique d'une voix étrangement rauque.

Enfin, Mello sent les cuisses de l'homme contre ses fesses. Il soupire de soulagement, laissant sa tête retomber en arrière.

-Putain... Qu'est-ce que t'es serré ! » lâche le brun entre ses dents alors qu'il retient difficilement ses pulsions.

Au bout de plusieurs interminables minutes, Manuel se met à envisager sérieusement de commencer à bouger dans le chaud étau qui l'enserre, faute de signe de la part de son amant pour lui dire qu'il peut y aller, mais Mello interrompt le cours de ses pensées :

-Y'a un problème ? T'attends quoi pour bouger ?

-Qu... Que t'ai plus mal !

-Hm ? Ça se fait d'attendre pour ça ?

-Normalement c'est comme ça que ça se passe si tu couches pas avec un putain d'égoïste.

-Ah ?Je savais pas que ça se faisait. D'habitude les mecs se contentent de me défoncer tout de suite sans se poser de questions.

-C'est que c'est des salauds... Maintenant tais-toi et profite.

Manuel commence alors à bouger, d'abord doucement, juste au cas où Mello souffrirait encore trop (après tout, le blond n'avais pas dit explicitement qu'il n'avait plus mal !) mais rapidement il s'enhardit, donnant des coups buttoirs de plus en plus fort, faisant gémir le garçon sous lui.

Brusquement, le gamin pousse un grand cri, contrastant avec les soupirs et les murmures discret qu'il avait laissé échapper jusque là. Manuel s'arrête, l'espace d'un instant, surpris, mais il comprend vite : il a trouvé la prostate de son jeune amant. Ravi de sa découverte, il ajuste sa position pour mieux frapper le centre du plaisir du blond qui hurle une nouvelle fois, plus fort.

-Aaahh ! Ah putain c'est bon ! Recommence ! Encore !

-Ha ha ! Et toi qui disait que je te ferais pas jouir.

-Tais toi, bouge ! S'il te plaît t'arrête pas ! Continue ! Allez !

Manuel frappe encore, souriant devant l'insistance du garçon.

-AAAAaaaaaahhh !

Jamais Mello n'aurait imaginé un tel plaisir. Le mouvement de cet homme qu'il connaît à peine à l'intérieur de lui lui font perdre la tête. C'est bon, si bon ! Il a l'impression de redécouvrir le sexe, que c'est sa première fois. Sa vraie première fois, pas celle qu'il avait donné à un sinistre inconnu pour vingt malheureux dollars.

-Ahhh... Aaaahhhh... M... Manuel... Ah ! Manuel !

Il ne contrôle plus rien. Si émotions, ni respiration, aucune simulation, complètement abandonné à un plaisir incroyable qui vient le frapper en lames de fond. Il sent grandir en lui une autre vague, immense, sans pouvoir la nommer. Il se sent comme un volcan en éruption, près à exploser. Il ne remarque même pas les yeux mi-clos de Manuel, emplis de désir, qui scrutent la moindre de ses réactions.

Il sent alors une main s'enrouler autour de son sexe et se cambre.

-Aaaah !

Son amant commence à le branler lentement, le faisant frémir plus fort encore.

-Aaah... Manuel... Mmh ! Plus fort !

Comme le gamin bouge frénétiquement des hanches pour en avoir plus, le mafieux se redresse, et modifie légèrement sa position de façon à pouvoir taper de toutes ses forces dans sa prostate.

Plus il frappe fort, plus le blond sous lui se tortille à la recherche de plaisir. Et ça l'excite terriblement. Ce « Mello » a toujours eu ce petit quelque chose qui fait que bien des mafieux rêvent de le soumettre à leur fantasmes, d'en faire leur esclave. L'hispanique vient seulement de réaliser qu'avoir Mello prenant son pied au-dessous de lui en vrai, est sans doute la meilleure expérience sexuelle de toute sa vie. C'est meilleur que tout ce qu'il avait pu imaginer. Jamais encore il n'avait adoré prendre quelqu'un comme ça, surtout un homme bien qu'il soit bisexuel, jamais les gémissements d'un de ses innombrables amants ne lui ont fait tant d'effet. Jamais il n'avait encore eu autant envie de porter quelqu'un à l'orgasme avant lui.

Faute de pouvoir continuer de serrer et griffer les épaules du mafieux qui s'est redressé, Mello agrippe la couverture au-dessus de sa tête, la serrant de toutes ses forces. Les sons, les couleurs, les odeurs et les sensations sont mélangées en un tout indéfini qui le porte à l'apogée de son plaisir. Il sent la vague en lui prête à déferler.

Autour de son sexe, Manuel sens les muscles de son amant commencer à se resserrer. Le blond n'est pas loin de l'orgasme. « Moi non plus » remarque mentalement l'hispanique. Il accélère alors, toujours en faisant bien attention à continuer de frapper la prostate du garçon. La réaction du blond ne se fait pas attendre.

-Ah ! Ah ! AH ! Oui ! Oh oui ! Aahhh ! Plus fort ! Oui ! Là ! AAAAAAHHHHHH !

Dans un cri de joie sauvage, Mello se libère entre lui et son amant, rejetant la tête en arrière, se cambrant une ultime fois.

Tout devient blanc.

Ou noir, il ne sait pas.

Black Out.

Il ne sent pas Manuel jouir en lui tant les sensations nouvelles le monopolisent. Il remarque à peine que le brun l'a glissé sous la couverture après avoir quitté la chaleur de son corps.

Au bout de quelques minutes, le garçon-soleil reprend ses esprits. Il est allongé sur le flanc, légèrement replié sur lui-même. Manuel n'est pas sous la couverture : il s'est assis, encore nu, sur un fauteuil qu'il a déplacé à côté du lit et fume une cigarette. La fumée atteint Mello qui ne peut s'empêcher de tousser, faisant involontairement rire l'hispanique.

-Faudra que je te fasse essayer ça aussi Mello... La cigarette après le sexe, y'a pas mieux.

-Je ne fume pas et je tiens pas à m'y mettre. Le chocolat ça me suffit.

-Ben t'essaiera le chocolat près l'amour.

-Pas bête.

-Pour la fumée va falloir t'y faire : je fume toujours après la baise.

Manuel écrase sont mégot dans le cendrier sur la table de chevet et se glisse dans les draps avec le blond.

-Alors ? Tu simulais ? » se moque-t-il, lui caressant la joue encore rose du bout des doigts.

-Non. Vraiment... Non » concède le garçon. « Je sais pas comment tu fais ça mais j'ai hâte que tu m'apprenne. Faudra qu'on recommence ».

-Je vais rendre les autres jaloux.

-Comme si c'était important...

-Tu as au moins retenu la leçon du jour ?

-Ouais, je pense.

-Alors récite-moi ça bien gentiment.

-Le sexe c'est le pied.

La façon dont le blond avait dit ça fait rire Manuel.

-C'est bien, tu comprends vite » ironise le brun. « Tâche de retenir ça. La prochaine fois je t'apprendrais comment à déshabiller quelqu'un parce qu'à ce niveau t'es vraiment trop désespérant. J'aimerai assez t'apprendre à sucer une queue aussi... ».

-Seulement si tu me montres comment on fait d'abord.

Nouveau rires. Du Mello tout craché ça.

-Et toi ? Tu as eu ce que tu voulais ? » demande soudain le blond à son amant.

-Oui. Et même bien plus.

-Ah oui ?

-Ouais. C'était vraiment putain de bon. Tu sais pas baiser, mais par contre tu sais te faire baiser, ça c'est clair. Mmh... C'est presque dommage que tu ne puisses pas savoir à quel point tu es bon.

-Ouais, peut-être. Mais ça c'est pour le côté cul.

-Ouais. Je suis pas déçu.

-Et pour ce qui en est de « faire tomber les masques » ?

-Tu veux savoir jusqu'où j'ai pénétré ton âme Mello ?

-Étant donné que je sais déjà jusqu'où tu as pénétré mon cul, ouais ça pourrait être pas mal.

Le brun éclate de rire. Décidément, ce gamin lui plaît vraiment.

-Maintenant je sais que t'es rien qu'un môme de dix-sept ans complètement paumé qui a jamais couché pour autre chose que le fric.

Mello se redresse d'un bond, à la fois furieux et terrorisé. Et si Manuel décidait de raconter ça à Rod Ross ?

-Qu'est-ce qui te fait croire que je suis une pute ? Tu t'es regardé avant de dire ça ? À coucher pour gagner un pari ?

-Oy, t'énerve pas ! Je t'insulte pas ! Et puis ça restera entre nous : si jamais j'en parle à qui que ce soit, tout le monde te sautera dessus, que tu sois consentant ou pas. Je suis peut-être un mafieux, mais je suis pas une ordure pour autant. Et puis j'aime trop ton cul.

-Pfff... Sauvé par mon cul... C'est lamentable.

-Je suis assez d'accord mais c'est mieux que rien, non ?

-Pourquoi tu crois que j'ai été une pute d'abord ?

-T'as baisé sans plaisir, juste en essayant de ne pas vomir sur tes clients parce que ça te dégoûtait trop. Ça se voit à la façon dont tu agit au début. Et même : on voit bien que c'est ton premier orgasme alors que t'as déjà couché. Tu ferais un bon comédien, mais avec moi ça marche pas. J'en ai vu d'autres.

Lentement Mello se rallonge. Manuel se met à jouer distraitement avec une mèche de cheveux blond-soleil.

-Hm... Tu devrais voir tes yeux après l'orgasme.

-Pourquoi ?

-Ils sont vraiment très... bleus.

-Ils ont toujours été bleus !

-Ah ? Je les ai toujours trouvés un peu gris. Sans lumière. Mais la couleur que tu as là te vas bien.

Mello soupire.

-Tu nous fais quoi là ? Une version romantique de l'après-sexe ?

-Nan, je me tais. C'est juste que je viens de voir le grand Mello sans son masque. Et c'est... comment dire ? Fascinant.

-Fascinant ?

-Fascinant. Bon, pour ce qui en est du pari, il faut que tu restes dormir ici, que tout le monde voit bien que c'est de chez moi que tu sors.

-Je veux bien. Ce lit est trooooooop moelleux.

-T'es vraiment incroyable toi...

-Pourquoi ?

-Oh, rien. Allez, dors. Il faut que tu sortes de la chambre vers dix heures : c'est beaucoup plus tard que d'habitude et tout le monde comprendra bien que tu n'étais pas dans ta chambre.

-J'ai rendez vous avec Rod Ross à 6h30.

-Plus maintenant. J'ai l'autorisation explicite du Boss de te monopoliser entièrement jusqu'à 11h sans que ça n'influe ta paye et tant que tu es constentant.

-Si c'est comme ça je ne me débattrait pas. J'suis crevé de toute façon...

Le mafieux se redresse pour pouvoir appuyer sur un interrupteur. Immédiatement, toutes les lampes marocaines s'éteignent et la chambre est plongé dans la pénombre. Épuisé par l'effort et le plaisir, Mello ne tarde pas à somnoler. Juste avant de plonger dans les bras de Morphée, il a juste le temps de glisser :

-Manuel ?

-Mmh ?

-Je content que ce soit toi qui ai gagné ce foutu pari.

Puis il s'endort.

Dans les noir, serrant son amant dans ses bras, Manuel commence à se demander si il n'a pas fait une erreur. Il s'aperçoit que, sans le vouloir, il vient de se lier profondément au jeune blond. Et il sait que ça lui causera du tord plus tard.

-Dulces sueños angelito* » murmure-t-il à l'oreille du blond avant de lui aussi sombrer dans un sommeil profond.

Le lendemain matin, Mello se réveille à neuf heures et demi – soit beaucoup plus tard que d'habitude. Il sourit en se rappelant de la veille, avant de se rendre compte qu'il est seul dans le lit.

Il se redresse, surpris. Et aperçoit un petit carton sur l'oreiller de son amant disparu.

« Ce soir, 21h, ici même, pour ta deuxième leçon. Je t'attend dans la cuisine. Angelito PS : la salle de bains est derrière la porte à côté de la cheminée ».

« Angelito ? C'est mon nouveau surnom ça ? » pense Mello en souriant plus encore.

Le blond se lève, satisfait de sa soirée et de celle qui l'attend, ramasse ses affaires et se dirige vers la salle de bains indiquée.

Première leçon achevée.

*si tu n'apprend pas tes leçons pour les réciter bien gentiment après ? : réplique de Mello à Manuel dans « Code d'Honneur »

*le tchotky est le chapelet orthodoxe (religion majoritaire en Russie)

Fais de beaux rêves petit ange » en espagnol.