Je les déteste.

Je les déteste. Tous autant qu'ils sont. Stupides, arrogants et imbus d'eux mêmes ou encore naïfs, malingres et écervelés.

Voilà la première pensée qui me traverse l'esprit alors que je me réveille, le jour où le Capitol doit me jeter dans l'Arène. Ces Tributs, qui pensent avoir ma peau, sont idiots. Et Eider est le pire de tous. Peut-être parce qu'il est plus perspicace que ce à quoi je m'attendais. Pourtant, il n'a pas su voir plus loin que le bout de son nez. Il a simplement aperçu la partie émergée de l'iceberg. Le reste de mon plan est bien plus complexe que de faire copain-copain avec la Onze et le Huit. Oh, qu'ils attendent un peu. Je suis prête à tout. Je me lève avec un sourire.

Une fois préparée, j'attends patiemment qu'un de mes stylistes m'emmène dans les catacombes. Je ne suis pas inquiète. Loin de là. J'ai hâte de voir leur visage abasourdi lorsque je retournerais ma veste. Je m'imagine déjà l'air déconfit d'Eider.

Payson, celui qui a décidé de m'affubler de ce costume absurde de sirène lors du défilé, vient me chercher. Il déblatère sur des imbécilités. Comme d'habitude. Je l'écoute avec un sourire poli et alimente son flot intarissable de paroles par de petits hochements de tête, feignant d'être intéressée. Après tout, il pourra parler de moi à ses riches amis du Capitol.

Une fois entrée dans une des petites salles puant la peinture, le styliste m'habille comme si j'étais un gamine. Il s'extasie devant la qualité de la fourrure et l'aspect confortable de mes bottes. J'en rajoute une couche.

_Le Capitol est formidable ! Ils ont vraiment pensé à tout...

Il acquiesce vigoureusement et dépose de gros baisers sur mes joues. Je voudrais grimacer de dégoût mais j'arrive à verser une petite larme, pour l'émotion.

_Bonne chance Arielle, j'espère que tu vas gagner ! Renifle Payson en me serrant les mains.

Ouai, moi aussi imbécile, j'espère que je vais gagner. Une fois le dos tourné, je m'autorise enfin à lever les yeux au ciel. Le tube se referme autour de moi et après un ultime au revoir de mon styliste, c'est le noir complet. Je ferme les yeux pour ne pas m'habituer à l'obscurité et une fois que je sens la luminosité poindre, j'entrebâille lentement mes paupières.

Alors que la moitié des Tributs sont complètements aveuglés, j'analyse le terrain autour de moi. Je vais devoir faire preuve de rapidité si je ne veux pas me faire choper par Alabastair. Il m'exploserait avec joie contre la paroi rocheuse formant le couloir jusqu'à la Corne d'Abondance.

Je remarque qu'Eider me jette un regard suspicieux. Je lui décoche un sourire. Eila tremble de peur, sur sa petite plateforme. Je ne peux pas apercevoir Denim. Quelle importance de toute façon ?

Dong.

Vive comme l'éclair, je me jette tête baissée. Je me glisse dans l'étroit conduit et déboule devant la Corne d'Abondance alors que certains Tributs descendent à peine de leur plateforme. Je suis la première. Parfait. Je m'enfonce dans les entrailles de l'armature dorée. J'aperçois un sac bourré. Je le saisis. Alors que je commence à partir, le trident réservé d'Eider me fait de l'œil. Je l'attrape également. Une fille surgit devant moi. Ni une ni deux, je la transperce avec les pointes acérées de mon arme. Elle me regarde, les sourcils froncés et tombe en arrière, inerte. Et de une. Un drôle de sentiment fait trembler mes mains alors que j'arrache le trident de sa cage thoracique. Je secoue la tête et chasse mon humanité. Je n'ai pas besoin de ça. Pas ici.

Derrière les roches surplombant le cercle de poussière, je remarque que Denim m'observe, un sac à dos sur les épaules, prêt à déguerpir si la situation devenait trop mauvaise. Il ne sait pas encore que je ne fais pas vraiment partie de leur petite équipe. Je le vois sortir un couteau d'une de ses poches. Il me... vise ? J'ai juste le temps de me jeter sur le côté. La lame siffle à mes oreilles. Le cœur battant, je relève la tête dans sa direction. Il a disparu. Le salopard... Je vais l'éviscérer.

Un coup de pied dans le côté me fait rouler dans les graviers. Je me redresse prestement. Eider. Et il n'a pas l'air ravi. Exactement ce que j'attendais.

_Oh, mais que vois-je là ? Ne serait-ce pas cette connasse d'Arielle ? Avec mon trident, en plus ?

Derrière lui, Alabastair arrache la tête d'une fille avec sa massue. Il s'esclaffe bruyamment. Le sang vermillon de sa victime gicle comme l'eau d'une fontaine et tache la poussière d'écarlate. Eider, sentant le danger approcher, me lance un dernier regard assassin et s'enfuit rapidement. Il n'a pas de sac, pas d'arme. Me tuer à mains nues aurait pris trop de temps. Je crois que je peux m'estimer chanceuse.

Armée du trident, je participe au massacre. Alors que je tranche, déchire et tue, j'essaye de ne pas penser à l'acte en lui-même. Après tout, eux aussi veulent me tuer. Je ne fais que me défendre et mettre toutes les chances de mon côté. Alabastair, lui, s'en donne à cœur joie. Rocher, massue, entre ses mains, je pense que même la plus innocente chose peut devenir un outil mortel.

Alors que le soleil commence à tomber, je plante une ultime fois les dents de l'arme dans la gorge du garçon qui gémit sur le sol. Avec un dernier tressautement, il ne bouge plus.

Je regarde les corps disséminés autour de la Corne. Je ne pourrait même pas dire de quels Districts ils viennent ni même leur nom. Je m'en fiche. Je remarque avec étonnement que le corps d'Eila ne fait pas parti du massacre. J'étais sure que Denim et Eider s'en sortiraient mais Eila ? En me repassant rapidement les évènements, il me semble bien ne pas l'avoir aperçu une seule fois. Je hausse les épaules. Qu'elle vive un jour de plus ne m'empêchera pas de dormir.

_Bon, souffle Alabastair, ça fait un beau paquet. Y'en a combien ?

Amirta compte silencieusement, en faisant simplement remuer ses lèvres.

_Neuf.

Comme pour confirmer ses dires, neuf coups de canon retentissent. Elle hoche la tête avec un petit sourire.

_Allez, on rassemble le plus de trucs possibles et on se casse, ordonne Alabastair en faisant craquer son cou.

Les jumeaux bondissent du haut de la Corne avec une habileté et une synchronisation déconcertante. Même si je n'ose pas l'avouer, ils m'effraient un peu. Nous ramassons sac, armes et provisions et répartissons le tout le plus équitablement possible. Nous décidons de laisser les denrées les plus périssables comme les fruits. Nous aurions pu décider de rester ici mais s'établir en contrebas d'une montagne est la position stratégique la plus dangereuse qui existe. Il suffit qu'un archer se cache derrière les rochers un peu plus haut et nous serons tous morts avant d'avoir pu remuer le petit doigt. La meilleure option est de trouver un abri le plus haut possible.

_Alors, ton pote à bien tirer la gueule ? Rit Alabastair en ouvrant la marche.

_Oh, je n'aurais pas pu mieux espérer.

Nous nous esclaffons alors que nous commençons à nous enfoncer dans la montagne.

X

Les jours suivant sont ponctués de traque et de remplissage d'estomac. Nous mangeons et dormons comme des porcs la journée et nous chassons la nuit. Je me dis que chaque repas pourrait être le dernier alors je me goinfre du mieux que je peux. Ce ne sont pas les autres Tributs qui me font peur. C'est Alabastair. Ses sautes d'humeur sont surprenantes de rapidité et si jamais une chose de tourne pas comme il l'avait prédit, il entre dans des colères noires et dévastatrices. Amirta lui a tenu tête une fois. Il lui a donné un coup de poing en pleine figure si fort qu'elle est allée s'écraser un peu plus loin. Moins d'une heure après, sa joue droite était bleue et enflée. En plus, nous récoltons les blessures. Je suis déjà tombée deux fois dans des satanés pièges. Pas besoin d'être un génie pour devinez qu'ils sont l'œuvre de Denim.

Alors que le soleil se lève, je scrute les flans des pans rocheux, alerte au moindre son, au moindre bruit suspect. Cette nuit, alors que les autres sont partis, je suis restée à la grotte, pour surveiller les provisions.

Des éclats de voix m'indiquent qu'ils reviennent. Mais ils n'ont pas l'air contents. Cette chasse n'a pas du être fructueuse.

_Si tu n'étais pas si stupide, nous l'aurions eu ! Gronde Alabastair.

_Et toi, si tu n'étais pas un morveux obèse, tu aurais pu courir un peu plus vite et attraper ce gosse ! Rétorque Amirta, exaspérée.

_Le coup sur ton visage t'as pas suffi ?

_J'en ai ras le bol que tu joues au petit chef de bande ! Sans nous, t'es plus rien mon gros ! Alors tu vas arrêter de jouer aux durs et rester bien sage !

Ils arrivent sans m'adresser un regard. Je me suis pris le bac avec lui pas plus tard qu'hier, je ne veux pas remettre ça sur le tapis. Je reste muette comme une carpe et continue de fixer les amas de pierres tout en ignorant leur dispute. Les jumeaux viennent s'asseoir à côté de moi alors qu'ils entament un paquet de chips. On pourrait presque croire qu'on est en colonie de vacances.

Et alors que l'échange commence à réellement s'envenimer, je remarque un mouvement furtif entre les rochers de la butte juste en face de nous. Je plisse les yeux. Oh, je vois.

_Dites donc, vous n'auriez pas laissé filer un petit blond, par hasard ? Je leur demande, l'air de rien.

Après un court instant de silence, Twinkle me répond :

_Si. Comment le sais-tu ?

_Je crois qu'on a de la visite, je leur dis avec un mouvement de tête vers le petit, dissimulé de façon grossière entre les cailloux.

_Le petit salaud ! Siffle Amirta entre ses dents, ils nous a suivi pour voler notre bouffe !

_Allons-y ! déclare Alabastair avec un sourire mauvais.

Au moment où nous nous levons, le petit remarque qu'il a été repéré. Il prend ses jambes à son cou.

_Courrez et ne le laisser pas se barrer cette fois !

Nous le poursuivons, bondissant entre les fissures et les obstacles comme des prédateurs chassant leur proie. Nous gagnons petit à petit du terrain. Mais, alors que nous le rattrapons, nous remarquons qu'en contrebas, il y a du mouvement.

_C'est la Belle Gueule ! S'exclame Amirta, euphorique, allons l'attraper ! On ne peut pas laisser filer une occasion pareille !

Elle fait un écart et se jette le long d'une pente pour arriver le plus vite possible vers le Onze. Alabastair jure à distance.

_Bon, tu finis le travail avec lui, tu nous rejoins après, les sosies, avec moi, m'ordonne-t-il.

Je hoche la tête et le crépis mentalement d'insulte. Je n'ai besoin de personne pour me dire quoi faire. Et surtout pas d'un Tribut en sur-poids pas plus intelligent qu'un mollusque en fin de vie.

Ils suivent tous Amirta qui doit jubiler à l'idée de planter un couteau dans le plexus dans l'autre gars.

Le gamin court toujours devant moi. Il ose jeter un regard en arrière, pensant qu'on l'avait abandonner pour une meilleure proie. Il lâche un cri étrangler lorsqu'il remarque que je suis toujours collée à ses basques. Le pauvre gamin est mort de trouille.

Je prends un chemin accidenté qui surplombe le route qu'il emprunte. Une fois jugée à la bonne hauteur, je me jette sur lui. Il s'écroule sous mon poids en commence à se débattre fébrilement, me frappant désespérément avec ses poings fatigués.

_Tu viens de quel District ? Je lui demande froidement.

Et alors qu'il ouvre la bouche pour me répondre, je frappe sa tête contre un rocher. Il tressaute un moment et me regarde, les yeux grands ouverts mais vides. Il n'est peut-être pas encore mort mais ça ne saurait tarder. Je n'ai pas le temps de faire le travail proprement, les autres ont peut-être besoin de moi en bas.

J'arrive juste à temps pour voir ces idiots de Carrières, empêtrer les uns dans les autres alors que l'autre court follement pour s'échapper. Il aurait pu sautiller au milieu d'une prairie en gloussant que mes soi-disant coéquipiers ne seraient pas fichus de le tuer correctement.

_Ne le laissez pas s'échapper ! Je leur hurle.

Je le vise et jette mon trident. Je le frôle et lâche un juron. Un coup de canon résonne dans la montagne. Surement le gosse. Cela semble réveiller les autres qui se lancent à sa poursuite. Le Onze disparaît de mon champs de vision. J'accélère ma course et récupère mon trident. J'ai beau regarder autour de moi, il a bel et bien disparu. Les autres me rattrapent, à bout de souffle.

_Où est-il ? Où est ce salopard ? Beugle Amirta comme une hystérique.

Twinkle est inerte sur l'épaule d'Alabastair. Amirta a la bras salement amoché. Le Onze n'est pas si inutile, en fin de compte.

_Tu l'as perdu ! Hurle la diablesse en pointant un doigt accusateur vers moi.

_Et toi tu t'est faites avoir comme une débutante ! Regarde moi ce bras ! Si tu crèves pas d'une infection..., je m'emporte.

_Ferme la, connasse !

Je la menace de mon trident sali par du sang écaillé.

_C'est toi qui va la fermer. Où je te transperce la trachée pour que tu meurs noyée dans ton propre sang.

Dans ses yeux brille une lueur de folie, je sais qu'elle pourrait me tuer, ici, maintenant. Et elle sait également que je pourrais le faire. Soudain, l'énorme main d'Alabastair se referme sur son crâne et comment à la serrer. Ses prunelles affolés ne savent plus où regarder. Elle pâlit d'un seul coup. C'est assez drôle. Du moins, je pense que j'aurais ris si Alabastair n'était pas aussi sérieux et fou de rage.

_Maintenant, vous allez la bouclez toutes les deux où je vous écrase la tête.

Nous nous taisons derechef. Seul le bruit de nos respirations saccadées emplit l'air.

_Et toi, Blondinet, attrape ça, tu veux ?

Il jette Twinkle sans ménagement sur son double. Il la rattrape et la juche sur son dos. Je me demande pourquoi il n'a pas voulu la tuer. Il semble si... inhumain. Mais pas au sens d'Alabastair. Lui, c'est un monstre d'émotions violentes. Alors que Sparkle, lui, n'en a aucune.

_Elle pue le mort. Ça me donne envie de gerber. Putain, on aurait du la laisser là-bas, elle va caner de toute façon ! Si elle nous retarde, je la jetterai moi-même dans le vide. Compris ?

Alabastair prend la tête de la marche et nous lui emboitons le pas. La fatigue me tombe dessus d'un seul coup. Je veux simplement m'allonger et dormir un peu avant cette nuit. L'Arène me tue à petit feu. Je suis comme les autres.

X

Depuis les trois derniers jours, je ne peux m'empêcher de penser à mes parents. Qu'ont-ils pensé lorsqu'ils m'ont observer m'associer avec les Carrières ? Je suis sure qu'ils sont choqués. Peut-être même qu'ils me détestent après avoir vu ce que j'ai fait. Tuer des enfants. J'espère juste que la grossesse de maman n'en est pas perturbée...

Nos sponsors nous envoient constamment des médicaments et de le nourriture alors que ma famille doit mourir de faim. Je me sens coupable et je n'essaie même pas de combattre ce sentiment.

_Je retourne à la Corne d'Abondance, décide Alabastair en se levant, il y a peut-être encore des trucs à rafler. En plus, je n'aime pas ces nuages, là-bas.

Nous acquiesçons, silencieux. Le ciel était la dernière chose qui m'inquiétait mais cela semblait perturber cet idiot. Après la mort de Twinkle, i peine deux jours, nous nous sentons pour le moins affaiblis. Alabastair est de plus mauvaise humeur encore. Je crois que s'il pouvait se faire tuer aujourd'hui, j'en serais soulagée.

Après le départ de l'imbécile, j'entame mon repas de cinq heure de matin composé de viande séchée et de buiscuits aux chocolats. Je suis rejointe par Amirta et Spark qui grignote sans faim la viande fraîche chassée le soir même par la Deux.

Le silence persistant est soudainement brisé par la voix grave d'Amirta :

_Dîtes, je pensais...

Elle s'arrête, regarde autour d'elle d'un œil méfiant et paranoïaque avant de nous dire de nous approcher.

_Je pensais, reprend-t-elle, que diriez-vous de... enfin, de... comment dire ? Mettre un point définitif aux colères du gros lard ?

Je l'encourage à continuer.

_Il est fou. Il va finir par nous tuer. Et croyez moi, je crois que je préfère me jeter du sommet de cette fichue montagne plutôt que de me faire décapitée par ce timbré. Qu'est ce que vous en pensez ?

Je réfléchis un instant en silence. Spark reste muet également. Amirta n'a pas tord. Loin de là.

_Je marche, je décide en hochant la tête.

Amirta acquiesce, l'air grave. Le jumeau nous suit également.

_Maintenant, comment nous y prendre ? Je veux dire, ce gars est un monstre. A mains nues ou en confrontation directe, on signe notre arrêt de mort. Il faudrait être plus malignes que lui, et je pense que sur ce point là, pas besoin de faire trop d'efforts.

Nous sourions.

Petit à petit, nous échafaudons un plan. Simple et efficace. Empoisonner sa gourde pendant qu'il dort. Un jeu d'enfant. Spark se propose pour aller chercher des plantes toxiques. Il sait les reconnaître. Il prend son sac à dos et s'enfuit en catimini alors que le soleil commence à poindre à l'horizon. Dans deux jours, Alabastair mourra.

Alors que nous murmurons et continuons d'affiner un peu notre stratégie, un cri de rage nous fait sursauter.

Alabastair surgit d'entre les rochers, le visage barbouillé de sang, sa veste terreuse et maculée de rouge, une lance ensanglantée dans sa main droite et ses lunettes de nuit brisée dans l'autre.

_Cette salope du Onze, gronde-t-il de sa voix puissante, elle s'était planquée dans un arbre ! Je l'ai repérée avec les lunettes mais elle m'a eue !

_Et tu l'as tuée ? Je lui demande.

Un coup de poing rageur dans un rocher m'indique que non. Quel raté. M'imaginer une bataille entre Eile et Alabastair me paraît incongru. Le simple fait qu'elle parmi tous les autres ait pu s'en sortir est probablement la plus grosse surprise des Jeux.

Il continue de hurler et de jurer, prit dans un maelström de colère pendant au moins vingt minutes avant de s'apercevoir de l'absence de Spark.

_Il est partie chasser, je mens en jetant une brindille dans le feu.

Il est loin de se douter qu'il est le prochain sur notre liste.

X

Le lendemain, en fin d'après-midi, Alabastair nous force à aller arpenter la montagne à la recherche de Tributs malgré la neige fraîche recouvrant absolument tout. Alors que la nuit commence à tomber et que je suis congelée jusqu'à la moelle, un vent froid se lève et les flocons recommencent à tomber. Je suis exténuée, complètement vidée. J'en ai assez. Nous aurions du empoisonner cet idiot dès que le plan était décidé et non pas demain soir.

Bientôt, nous avançons à l'aveuglette. Impossible d'y voir à trois mettre. Nous pourrions bien être encerclée de Tributs que nous n'y verrions rien.

_Putain mais on y voit pas à trois mètres !

Amirta commence, elle aussi, à s'énerver. Cela ne présage rien de bon.

_On pourrait pas s'arrêter ? Se plaint-elle d'une voix fatiguée.

_Oui, bien sur ! S'esclaffe Alabastair.

_Sérieux ?

_Mais non, pauvre conne ! Et si jamais on suivait nos traces, hein ? Tu arrêterais de faire ta grande gueule si on t'éventrait d'un seul coup de lame, pas vrai ?

_Et toi, si tu continues à hurler on va finir par nous remarquer. Alors maintenant, soit tu la fermes, soit je te la fais la fermer. C'est compris ? J'explose, la colère et la fatigue brouillant ma vue.

_Fais ta maligne, Quatre. Surtout continues, rétorque Alabastair avec un calme inhabituel.

_C'est une menace ? Je gronde.

_Non.

Il y a un nouveau moment de silence. Je n'aime pas ça. Alabastair qui était un peu plus loin se rapproche tranquillement. Je me demande comment ses grosses jambes font pour le porter si silencieusement. Ah, c'est probablement grâce à la neige.

Il sort vivement sa massue et, avant que j'ai pu faire le moindre geste, il l'abat sur ma tête. Il s'arrête à deux millimètre de ma tempe gauche. Je suis tellement abasourdie que je n'ose pas bouger. Je suis complètement pétrifiée mais je ne le fais pas paraître.

_Un mot de plus et j'explose ta jolie petite tête. Je le ferrais si bien qu'ils seront incapable de te redonner figure humaine au Capitol. Ça, c'est une menace. Maintenant soit on continue soit je te laisse mourir dans la neige. Je te laisse le choix. Tu fais ce que tu veux. Après, tu sais que je n'hésiterais pas à te laisser derrière.

_Il n'empêche, je me demande si je dois te rappeler qui t'a décloué du sol, hier soir ? Oh, il me semble que c'est moi. Et par qui t'étais-tu fait avoir ? Ah, c'est vrai, la mémoire me revient. Eila Nettles, la fille du Onze. Tu sais, celle qui a un trois à son entraînement. J'imagine d'ici les gros titres des journaux au Capitol ! La Montagne du Deux, Alabastair, se fait épingler par une demie-portion.

Je rigole, enhardi par ma propre voix. Mon rire mauvais se répercute un long moment contre les parois.

_Et moi, dois-je te rappeler qui l'a laissée s'enfuir ?

_De toute façon, elle était à moitié morte. Ce serait un miracle si elle passait la nuit.

_J'espère pour toi, Quatre. Je l'espère vraiment.

Il jette son gourdin sur son épaule et recommence à marcher. Amirta lui jette un regard mauvais et me regarde à son tour. Oh oui, vivement qu'il crève. Spark nous emboite le pas sans rien ajouter. Je fulmine, complètement enragée.

Attends Alabastair. Attends de voir ce qu'on te prépare.

X

Alors qu'il va enfin se coucher, Spark, Amirta et moi échangeons un regard complice et grave. Le moment tant attendu est arrivé. Nous nous étions arranger pour rester ici cette nuit, feignant que la neige nous ralentirait et que nous pourrions nous faire tuer comme des oisillons tout juste sortis de l'œuf, ce qui n'était pas faux, après tout. Mais le véritable but était l'assassinat du monstre.

Dans son sac de couchage, il tourne pendant environ une demie heure avant de finir par s'endormir. Le jumeau ouvre silencieusement son sac et en sort les herbes séchés. Il s'approche à pas de loup d'Alabastair et ouvre sa gourde. Un ronflement sonore le fait s'arrêter net. Puis, voyant qu'il dort à poings fermés, il fait glisser les feuilles toxiques dans l'eau. Il repose la gourde et va se rincer les mains un peu plus loin. Facile. Nous sourions, victorieux de cette bataille.

_Il y a quelqu'un, déclare Spark.

Je m'immobilise.

_Il y a quelqu'un. Derrière le rocher, là-bas, continue-t-il en pointant l'endroit du doigt.

Alabastair remue et ronchonne, ensommeillé.

_Où ça ? Où est-ce qu'il y a quelqu'un ? Grogne-t-il, complètement à l'ouest.

_Derrière le rocher, répète le jumeau d'une voix neutre.

_Passe moi les lunettes. Passe moi les lunettes, je te dis ! Putain mais je rêve ! C'est le gosse du Douze. Allons le choper ! Dit-il d'une voix enjouée, vous deux, vous restez pour surveillez le stock, nous ordonne-t-il à Amirta et à moi.

Lui et Spark s'en vont en courant vers le gamin. Soudain, il disparaît.

_Les rats ! Il y a tout un tas de galerie là-dessous ! Cette saloperie s'est enfuie là-dedans ! Beugle Alabastair.

Ils s'éloignent en jurant. Mais alors que le silence se fait à nouveau et que l'excitation retombe, des chuchotements nous parviennent. Amirta me fait signe qu'ils proviennent de derrière le stock, au fond de la caverne. Nous nous approchons, silencieuses.

_Je dis ça pour toi. Après, si tu veux te prendre un coup de massue, libre à toi, commence une voix.

_Lâche moi, peste une autre voix.

Nous escaladons discrètement la pile de vivres et attrapons nos lampes torches, pendues à nos ceintures.

_Faun. Je t'en pris, viens avec moi. Aide moi.

Je sens Amirta sourire. Arrivée en haut de la montagne de nourriture, elle braque sa lampe torche sur eux.

_Une querelle d'amoureux ? Demande-t-elle d'une voix amusée.

Les idiots sont complètement aveuglés par la lumière et ils tentent de se protéger avec leurs mains.

_Tu m'as manquée, Belle Gueule. Attend de voir ce que je te prépare, sourit-elle en me montrant son bras en écharpe.

Eila laisse s'échapper un hoquet de surprise lorsqu'elle me voit apparaître. Pauvre fille. Elle ne savait pas encore. Elle croyait toujours que j'étais sa gentille petite alliée.

_Oh, c'est toi, Eila, je pensais te tuer plus tôt, je souris.

Elle semble désemparée. Puis, elle prend ses jambes à son cou. Elle est imitée l'instant d'après par l'autre Onze. Nous nous élançons derrière eux. Nous les entendons courir à perdre haleine. Puis, plus rien.

_Pas la peine de jouer au jeu du chat et de la souris, mon mignon, je finirais bien par t'avoir, s'esclaffe Amirta.

_C'est ce qu'on verra ! Hurle le garçon.

Je regarde Amirta qui, pantoise, regarde autour d'elle sans comprendre.

_Où est ce qu'ils sont passés ?

Mon cerveau turbine. Je dirige ma lampe sur le sol et je finis par trouver ce que je cherchais : un trou sombre assez large pour qu'on puisse s'y glisser sans mal.

_Les souterrains.

Ni une, ni deux, nous nous jetons dans le puits. Nos faisceaux lumineux dissipe l'obscurité mais les deux fuyards on disparut. Nous nous rendons compte que nous nous sommes fourrer dans un vrai labyrinthe.

_On se sépare, nous aurons plus de chance de leur tomber dessus, je décide.

_D'accord, essaye de survivre.

_Toi aussi.

Je pars d'un côté et elle de l'autre. Je m'engouffre dans les tunnels, essayant d'écouter les bruits de pas des autres mais c'est étonnement silencieux. Et il fait si froid. Seul la chaleur procurée par ma lampe arrive à me réchauffer les doigts. Des courants d'air glacials me hérissent les poils et dressent mes cheveux sur ma nuque.

_Pâline ! Pâline Où es-tu ? J'arrive, je suis là !

Je reconnais la voix d'Eila. Mais elle est lointaine. Je pense qu'Amirta aura plus de chance de la rencontrer. Inutile que j'aille me perde en essayant de la trouver. D'ailleurs, je ne sais absolument pas qui est Pâline.

Au détour d'un couloir, je me retrouve nez à nez avec le Onze. Il jure et me donne un coup de poing dans l'estomac avant que je puisse réagir. Je ne m'y attendais pas. Le choc me fait trébucher en arrière et coupe ma respiration. Il attrape ma lampe que j'ai échappée sous l'impact et déguerpi. J'ai juste le temps de jeter mon trident mais le son de ses pieds qui s'éloignent m'indique que je l'ai manqué. Je me blâme et jure entre mes dents.

Complètement perdue et aveugle, j'erre en courant entre les tunnels, tentant désespérément d'entendre le moindre son qui puisse m'indiquer où sont ces salopards. Le manque de lumière m'angoisse. J'ai l'impression d'être dans un cauchemar.

_Belle prise !

Je reconnais la voix d'Amirta, enfoncée dans les souterrains. Je me mets à courir franchement dans sa direction. Il se passe quelque chose.

_Regarde ma mignonne, ton copain est en train de mourir. C'est triste n'est ce pas ?

Je me presse un peu plus. Je laisse ma main traîner le long des murs pour m'indiquer où tourner.

_Ne le touche pas !

Les voix se rapprochent.

_Je vais t'écraser ! Articule Amirta.

_Je t'aurais tuée avant !

Devant moi, au bout du couloir, la luminosité m'interpelle. C'est celle d'une lampe de poche. Je m'élance. Alabastair me regarde avec ses petits yeux porcins.

_Qu'est ce que tu fiches dans le noir ? Me demande-t-il.

_Oh rien du tout, une petite balade en solitaire. Je me disais que je pourrais également m'entraîner au chant lyrique.

Il me regarde en fronçant les sourcils. Alors petit un, soit il ne comprend pas l'ironie dans ma voix, soit petit deux, c'est réellement un idiot fini.

_Eila !

Une voix inconnue. Je devance Alabastair et nous tentons de chercher notre chemin dans l'incroyable labyrinthe. Pourtant, à chaque fois que nous pensons nous rapprocher, les éclats de voix s'éloignent. Nous nous emportons et nous crions après. Je me demande ce qu'il est en train de se passer. Ne pas savoir m'angoisse.

Enfin, la lampe torche d'Alabastair se pose sur deux corps inertes sur le sol. J'espère mentalement que c'est Eila où un de ces cancrelats. Nous pressons le pas. C'est Spark et Amirta. J'essaye de masquer ma surprise. Comment cela se fait-il ? Une équipe de bras cassés contre deux Carrières ? Je ne comprends pas. Je me baisse pour prendre le pouls d'Amirta. Elle est encore en vie. Alabastair, lui, secoue la tête alors qu'il est agenouillé à côté du jumeau.

Je me jure de me venger d'Eila et sa clic.

X

Après la mort de Spark, nous sommes retournés au campement pour nous rendre compte qu'il avait été dévalisé et qu'on avait fait exploser nos vivres durant notre absence. Génial. Maintenant, nous allions devoir chasser du gibier pour vivre.

Epuisé, nous dormions la plupart du temps et nos sponsors se faisait malheureusement un peu plus radins chaque jours. Je suis sure qu'ils nous en tourné le dos pour soutenir les autres insectes. Je suis dégoûtée.

Je traque les lapins depuis deux bonnes heures sous le soleil de midi et je traîne tant bien que mal mon corps tiraillé. Alabastair qui me suit depuis vingt bonnes minutes finit par me rattraper. Nous tournons en rond, espérant peut-être que les proies sortiront toutes seules de leur trou en nous suppliant de les tuer et de les manger. D'ailleurs, le plan d'empoisonnement avant tourné court puisqu'il avait oublié sa gourde et qu'elle avait disparu avec le pillage. J'espérais simplement que quelqu'un soit assez bête pour la boire. Ce dont je doutais un peu.

Amirta, remise de ses blessures, était partie de son côté.

Après plusieurs longues minutes de marche, Alabastair m'appelle en hurlant, alors qu'il est quelques mètres plus loin devant moi. Il me montre quelque chose. Je met ma main en visière pour me protéger des rayons implacables. C'est les corps d'Amirta et d'une gamine. Je m'approche en courant. Elle a été égorgée. La gamine également. Je ne suis pas vraiment surprise. Son heure était proche, ce n'était qu'une question de temps. Pour ce qui est de la gosse, elle ne pouvait pas gagner, c'était un fait. Mais si elle était là, cela signifiait qu'Eila aussi.

_Son corps est encore chaud. On vient juste de l'avoir. Ces connards doivent être dans le coin.

Justement, je remarque une grotte, creusée dans le flan de la montagne, plus loin. Je donne un coup de coude des les côtes du géant pour attirer son attention.

Nous nous mettons à courir, ragaillardis à l'idée de la vengeance. Nous pénétrons dans la caverne et sa fraîcheur me fait frissonner.

_Y'a personne, souffle Alabastair.

_Peut-être qu'ils sont planqués au fond.

Nous nous enfonçons un peu plus mais force est de constater qu'il n'y a personne. Au moment où nous allons partir, je remarque la brève obstruée dans le mur. En y regardant plus attentivement, je remarque que c'est quelqu'un.

Alabastair dessine une longue balafre sur le torse du gosse dans les vapes et attrape les longs cheveux châtains d'Eila et frappe sa tête contre le mur avant de la menacer avec son couteau. Elle semblait endormie.

_J'ai la deuxième ! Je la tiens !

Il jubile. Le cri strident de la fille renforce son euphorie.

_C'est toi qui a tué Amirta !

Il s'acharne sur elle tandis que je les regarde, en spectatrice désabusée.

_Je ne vais me te laisser t'en sortir !

Il joue avec elle ou du moins, a du mal à la tuer. Je perds patience.

_Qu'est ce que tu attends ? Fais le ! Je grogne.

_Tu crois que j'essaye de faire monter le suspens ? Que je cherche son meilleur profil pour la télé ? Crache Alabastair, c'est juste qu'elle arrête pas de bouger !

Il s'énerve mais finalement, je le sens exulter :

_Je l'ai eue ! Ça, c'est pour ce que tu m'as fait dans la vallée ! S'exclame l'ogre.

Mais soudain, dans sa main, il ne reste plus que les long cheveux d'Eila. Il est abasourdi. Elle en profite pour lui enfoncer le manche de sa faux en plein de l'œil. Il se met à beugler.

_Je vais t'exploser, salope !

Il essaye de se glisser dans l'ouverture mais bien évidement, il est trop gros. Je le pousse sans ménagement et essaye à mon tour. Je n'y arrive pas non plus. J'ai peut-être pris un peu de poids. Je fusille Eila du regard qui se carapate avec son pote vers un lac, au centre de l'antre.

_Creuse, bougre d'imbécile ! J'ordonne à Alabastair.

Je griffe le sol terreux, motivée à l'idée d'enfoncer mon trident dans la gorge de cette fille.

Mais après cinq bonnes minutes, je la vois plonger dans l'eau sombre en abandonnant le gamin derrière elle. De rage, je m'arrache le peau mais arrive à me glisser dans la caverne. Alabastair explose complètement le mur. Mais le temps que nous arrivions au bord du lac, elle disparaît déjà par le trou du plafond. Sans un regard pour le cadavre de l'enfant, je m'élance à sa poursuite, le géant sur mes talons.

_Où est-elle ?! Rugit-il une fois sortit, où est-elle ?!

Je le somme de se taire et l'assassine du regard.

_Elle n'a pas pu aller bien loin.

_Je vais lui faire la peau. Laisse la moi. Je veux la tuer moi-même.

Je hausse les épaules.

_Comme tu veux. Mais avant, il va falloir lui mettre la main dessus.

Nous savons que blessée comme elle est, elle n'a pas pu aller bien loin. Nous pouvons la rattraper. Nous descendons la pente à vive allure, aux aguets.

Après plusieurs heures de ronde, impossible de lui mettre la main dessus. Elle s'est tout bonnement évanouie dans les airs. Mais nous sommes trop fatigués pour être enragés. Nous finissons par nous écrouler dos à dos dans une petite cavité, histoire de nous abriter.

Finalement, je suis bien contente qu'Alabastair ne sois pas mort. Si on nous trouve, ils le tueront peut-être avant moi.

X

_Tributs de la Cinquante-Cinquième édition des Hunger Games ! Ici Claudius Templesmith ! Je vous annonce qu'un banquet aura lieu demain, à midi à la Corne d'Abondance. Vous y trouverez tout ce dont vous avez besoin.

La voix me tire de mon sommeil torturé. Je sursaute, surprise.

_La présence de chaque Tribut est requise. Une non participation donnera lieu à un exécution sur le champ du Tribut absent. Bonne chance à tous !

Alabastair s'étire à côté de moi.

_Enfin, nous allons pouvoir mettre fin à tout ça, je marmotte en bâillant.

J'ai passé les deux derniers jours dans un état comateux. Le simple fait d'ouvrir les yeux me rend malade.

_Mettons nous en route, annonce le géant.

Je me relève, chancelante. Comme si je n'étais pas assez crevée. La tête me tourne déjà.

Après une longue et épuisante journée de route, une nuit agitée et un plan mis en place, Alabastair et moi nous cachons en hauteur, pour surplomber la Corne d'Abondance, en fin de matinée. Pourtant, nous n'apercevons personne. Ils doivent s'être bien cachés, les imbéciles.

Au gong, nous dévalons la montagne au pas de course et nous rendons compte qu'Eila est déjà sur place, ses arrières couverts par le Onze.

_Elle est là ! Je hurle à Alabastair.

La fille recule en arrière. Sortie de la poussière, une corde s'enroule autour de sa cheville et la propulse contre un mur de pierre. Abasourdie, je reste immobile.

_A la Corne ! Hurle-t-elle en se débattant, ne t'en fais pour moi ! Dépêche toi !

Son coéquipier se jette dans la mêlée et saute par dessus d'invisibles obstacles. Je me laisse glisse le long de la pente et m'arrête net en bas. Des pièges. Il y a des pièges partout. Je regarde l'autre remplir son sac, impuissante.

Du côté d'Eila, un nouveau Tribut fait son apparition. Le Onze l'allonge d'un lancer de couteau bien placé. Je reconnais Denim qui s'effondre sur l'imbécile. Ah, les pièges sont surement une de ses inventions.

_Tu l'as tué ! Tu l'as tué ! Oh mon Dieu ! Hurle Eila, complètement hystérique.

Elle continue de crier alors qu'un coup de canon résonne. Je commence à paniquer. Si nous restons là, nous sommes fait comme des rats, incapables d'avancer. Je me met, moi aussi à beugler comme une damnée. Je ne veux pas crever ici comme un vulgaire rongeur !

_Fais quelque chose ! Me répond Alabastair, tire sur cette satanée truie ! Ou sur ce salaud !

Bien sur, mon trident ! Avec ça je peux tous les tuer sans bouger ! Avec concentration, je choisis ma cible. Le garçon pourrait se cacher dans la Corne. Eila, elle, est immobilisée par contre. La proie idéale. Je jette mon arme. Elle attrape le cadavre de Denim et se cache derrière. Je jure entre mes dents.

Enfin, Eider bondit de derrière le mur de pierre. Il aura attendu le dernier moment, le salopard. Il arrache le trident du dos du Tribut du Huit et le lance vers moi et Alabastair. Le géant me bouscule sur la gauche. Juste assez pour que je sois en plein dans la trajectoire du trident.

J'ai juste le temps d'apercevoir ses trois dents brillantes filer sur moi avant qu'une douleur sourde me perfore. Je me sens tomber en arrière. Ma vue se résume uniquement au ciel bleue et au soleil brulant mes yeux que je n'arrive pas à fermer.

Je pense à mes parents et au bébé grandissant dans le ventre de ma mère.

J'espère simplement qu'il ne vivra pas ce que moi j'ai vécu.

Et avec ça, je sombre dans les ténèbres.

Voilà voilà !

Tout d'abord désolée pour mon incroyable retard ! Je viens de rentrer en première année de classe prépa et je n'ai pas vraiment eu le temps d'écrire...

Rentrer dans la tête d'Arielle m'a vraiment fait plaisir et j'espère que cela vous a fait voir le personnage sous un jour nouveau. Personnellement, je l'adore mais je pense que j'aime tout mes personnages !

A bientôt et n'hésitez pas à me faire part de vos critiques !