Salut ! Voilà le chapitre deux ^^
Évidemment, Hetalia et Gilbert ne m'appartiennent pas (mais si on me propose, je diirai pas non :3)
Loupiote54 : Merci pour la review ^^ En fait j'avais vraiment peur de faire un OOC mais tu m'as rassurée, merci :)
Bonne lecture !
Chapitre 2 : Rencontre au coin de la rue
Gilbert marchait, mains dans les poches. Une fine pluie plaquait ses cheveux blancs contre son front. Deux jours. Ça faisait deux jours qu'il était en France. A Strasbourg, plus précisément. Il pleuvait. Bientôt, il neigerait. L'albinos était tout à fait satisfait par son plan génial. En deux jours, il était presque redevenu l'ancien Gilbert, à coup de Night Clubs et de sorties nocturnes. Il était presque redevenu celui qui paralysait ses ennemis d'un simple regard et qui s'illustrait sur le champ de bataille. En deux jours, son frère l'avait appelé environ trente fois et il avait reçu des centaines de messages affolés.
Il n'avait pas décroché une seule fois, et il n'avait pas prit la peine de lire les messages. Il savait déjà ce qu'ils contenaient. Et il n'avait pas envie de se souvenir qu'il avait vécu dix ans caché dans les jupes de Ludwig. Il voulait que son frère abandonne. Il ne rentrerait pas, de toute façon. Il voulait que son petit Lutz tourne la page, l'oublie, le laisse vivre et crever comme il l'entendait. Il n'avait pas envie de finir sous forme de légume maintenu en vie artificiellement dans un hôpital pour l'Amour de Dieu !
Il donna un coup de pied rageux dans un pauvre caillou innocent lorsqu'il sentit son portable vibrer contre sa cuisse pour la énième fois. Ludwig croyait vraiment qu'il allait revenir juste parce que son petit frère lui remontait les bretelles par messages ?
-Aïe !
Gilbert se retourna. Le gémissement venait d'un tas de chiffons humides appuyé contre le mur. Le jeune homme s'arrêta et examina l'amas de tissus d'un œil méfiant. Les hallucinations, c'était le début de la fin.
-Pourquoi tu m'as jeté un caillou ?
Oh ! Ce n'était pas une hallucination... La voix venait de sous les tissus. C'était une petite voix timide. Il s'approcha prudemment. Le tas de chiffons recula puis se stoppa, acculé, dos au mur.
-Désolé, sourit-il, je ne t'avais pas vu.
Pas de réponse. C'était une première, pour l'awesome Gilbert, de s'excuser. Et l'albinos était curieux de savoir ce qui se cachait sous les kilos de torchons trempés. Il s'accroupit face au petit monticule et déclara, d'une voix plus douce :
-Montres-toi... Tu vas étouffer là-dessous.
Il était sûr qu'il s'agissait d'un enfant. Le tas était petit, et il avait entendu la voix d'un enfant. Il tendit lentement la main vers les chiffons et, d'une légère secousse, il fit tomber quelques pièces de tissu. A la vue de ce qu'il y avait dessus, il étouffa un cri et recula trop vite, au point de tomber assis par terre.
Des yeux bleus. Il avait croisé des yeux bleus. Un bleu ciel, le bleu des yeux de Ludwig. C'étaient les mêmes yeux, bleus, ronds et hagards, qu'il avait croisé lorsqu'il avait retrouvé son frère enfant, amnésique, au milieu d'un champ de bataille.
C'était une hallucination. Il en était sûr. Il ne pouvait pas croiser deux fois un regard pareil. Et comme ça ! Dans la rue ! Un SDF !
Minute... C'était un enfant... Que faisait-il dans la rue ? Ce. N'était. Pas. Logique. Il divaguait. C'était la maladie.
D'un mouvement d'épaules, l'enfant fit tomber les chiffons. Et, là, Gilbert comprit que ce n'était pas une hallucination. Si c'en était une, elle était diablement réaliste.
Devant lui se tenait une petite fille. Cinq ans maximum. De longs cheveux châtains, trempés, et un petit visage crasseux. Ce n'était pas Ludwig. Définitivement. Mais ce regard... Ce regard lui rappelait son frère.
-Tu vas bien ? Demanda-t-elle d'une petite voix.
-Oui, oui...
L'albinos se remit debout. Qu'est-ce qu'il avait l'intention de faire déjà ? Ah ! Oui ! Trouver une boîte correcte. Alors qu'il allait partir, la petite voix appela :
-Attends !
Il se retourna :
-Oui ?
-Tu aurais pas un truc à manger ? Je meurs de faim.
Il croisa à nouveau ce regard. Bleu, hébété, perdu. Gilbert sentit soudain son ventre se crisper dans une envie diffuse de serrer la fillette dans ses bras. Cette fillette qui ressemblait tellement à son petit frère. Que faisait-t-elle dans la rue ? Elle n'avait donc pas de parents ? Depuis combien de temps était-elle là ? Depuis combien de temps avait-elle faim ?
Il revint à la petite fille, s'accroupit de nouveau et demanda :
-Depuis combien de temps tu es là ?
Elle hésita puis répondit :
-Je sais pas...
L'albinos haussa les sourcils. Elle ne savait pas ?
-Où sont tes parents ?
-Je sais pas.
S'il avait pu hausser les sourcils un peu plus, il l'aurait fait. Il avait vraiment l'impression d'y être de nouveau, sur le désert parsemé de cadavres, essayant de comprendre commet un petit blond amnésique avait-pu se retrouver sur un charnier pareil. Il approcha son visage de la fille et demanda encore :
-Tu as quel âge ?
La petite ouvrit la bouche et répondit encore, d'une vois tremblante :
-Je sais pas !
Elle semblait au bord des larmes. Sentant sa gorge se serrer, il ajouta, plus aimable :
-Comment tu t'appelles ?
La fille, au bord des larmes, chuchota, la voix emplie de panique :
-Je sais pas !
Elle ne savait dire que ça ?
En tout cas elle semblait vraiment en détresse. Et elle avait vraiment l'air affamé. Si on la laissait comme ça, il ne donnait pas cher de sa peau. Il avait l'expérience du manque de nourriture. Elle était condamnée. Qui était-il pour la laisser à la rue, comme un petit animal nuisible ? Qui était-il pour l'abandonner dans le froid, quand il venait d'abandonner Ludwig ?
S'appuyant sur ses jambes, il se mit debout et contempla la petite fille.
-Pourquoi tu as les yeux rouges ?
Gilbert sourit et, ignorant la question, tendit la main vers l'enfant :
-Allez, viens.
Hésitante, elle tendit sa petite main vers lui, mai laissa son bras le long de son corps.
-Tu pourrais être méchant... glissa-t-elle, dubitative.
Le jeune homme se retint de ricaner. Il ne voulait pas l'effrayer... Méchant ? Bien sûr qu'on pouvait dire qu'il l'était ! Il avait tué quantité de gens, sur le champ de bataille. Il avait massacré des armées entières ! Et une gamine, de cinq ans, demandait s'il était méchant !
Elle sembla interpréter son silence comme une hésitation. C'est pourquoi elle ajouta, méfiante :
-Et si tu voulais me faire du mal ?
Il se contenta de sourire gentiment et déclara, amusé :
-Je suis trop génial pour ça voyons !
Le doute envahissait le regard perdu de l'enfant. Gilbert déclara, étouffant son agacement :
-Tu ne vas pas rester ici ! Tu vas crever de froid !
Les lèvres de la petite tremblaient. D'autorité, il prit la minuscule main crasseuse aux ongles rongés dans sa grande man blanche et ajouta, doucement :
-Allez, viens mädel. Je vais pas te manger.
-Pourquoi tu as les yeux rouges alors ? Tu es malade ?
-On peut dire ça...
-Tu vas mourir ?
-C'est pas important, sourit-il. Viens.
Il exerça une légère pression sur la petite main poisseuse, dans un geste de réconfort, et ils se mirent en marche sous la pluie.
Un petit sourire étirait les lèvres du Prussien. Il allait ramener la gamine dans le simple hôtel où il avait élu domicile. Il allait partager son dîner avec elle puis il aviserait...
Un sourire amusé éclairait toujours le visage de Gilbert. Face à lui, la gamine luttait contre le sommeil après un repas des plus consistants. Quand il avait ramené l'enfant à l'hôtel, il lui avait fait couler un bain dans la vieille baignoire. Autant pour la nettoyer que pour la réchauffer. Elle s'était lavée et, juste après, l'albinos avait partagé son paquet de chips et son dîner avec elle.
Elle s'était jetée sur les aliments et s'était empiffrée au mépris de l'indigestion qu'elle risquait, sous le regard amusé du prussien.
Soudain, le téléphone de Gilbert sonna. Trop distrait et épuisé pour faire attention à bien ignorer l'appel, il décrocha et porta le portable à son oreille. Et il le regretta immédiatement :
-GILBERT ! SOMBRE ABRUTI ! CRETIN IMMATURE ! DU BIST BLÖD ! COMMENT AS-TU PU QUITTER LA MAISON COMME CA ? TU VAS REVENIR ET EN VITESSE !
L'albinos éloigna de son oreille l'objet diabolique, qui enfonçait les vociférations de Ludwig directement dans son pauvre appareil auditif. Depuis quand le parfait petit Lutz était-il aussi vulgaire ? Il n'avait rien fait ! Il ne pouvait pas le lâcher une bonne fois pour toutes ? Il ne pouvait pas le laisser crever en paix ?
Agacé, Gilbert hurla dans le combiné :
-SCHNAUZE !
Et il raccrocha, coupant brusquement le flot d'injures en allemand que déversait la voix de son cadet.
-C'était... qui ? Demanda la petite, d'une voix ensommeillée.
Sans la regarder, il marmonna :
-Mon frère.
Il se leva et sortit de la chambre, puis de l'hôtel. Enfin... Si on pouvait appeler cette pension de famille un hôtel... Un escalier qui grinçait, de vieilles baignoires écaillées et de la poussière à profusion. Pas très digne de sa géniale personne, mais il s'en contentait. Il ne souhaitait pas se retrouver nez-à-nez avec quelqu'un qu'il connaissait... Il était proche de la frontière allemande, après tout.
Gilbert sortit sous la pluie, portable en main. Il bifurqua à droite, soucieux de se débarrasser du téléphone au plus vite, mais aussi de laisser la petite seule le moins longtemps possible. Qui sait quel genre de psychopathes pouvaient fréquenter l'hôtel ? Au détour de la rue, il aperçut un homme, qui se confondait presque avec le mur.
-Bonjour, sourit-il.
Pas de réponse. L'albinos posa son téléphone dans la main de l'homme et partit en courant, lâchant un vague « Joyeux Noël ! ». Il réalisa, quelques secondes plus tard que Noël, c'était dans deux semaines. Mais ce n'était pas trop grave.
Grâce à ce plan génial, il venait de montrer sa ruse en se débarrassant de cet objet hautement compromettant et, en refilant son splendide portable à ce malheureux sans-abri, il avait aussi montré son awesome générosité.
D'un pas pressé, il revint à l'hôtel. Il ne pouvait pas être arrivé quelque chose à la petite en si peu de temps n'est-ce pas ?
Il monta l'escalier grinçant et poussa la porte de la chambre avant de s'arrêter, totalement attendri. La gamine dormait sur le fauteuil, sa bouille d'ange auréolée par ses cheveux propres. Elle semblait flotter dans la veste rouge de l'albinos (il la lui avait donné parce que ses habits étaient à la laverie et qu'elle risquait d'attraper froid).
Gilbert la trouvait... adorable. Il referma délicatement la porte et s'avança vers l'enfant endormie le plus silencieusement possible.
-Mädel ?
Silence. Il sourit et regarda la position de la petite d'un peu plus près. Elle s'était pelotonnée dans le fauteuil, dans une position manifestement très inconfortable.
Bon. Il ne pouvait pas décemment la virer maintenant qu'elle était endormie, hein ?
Il la souleva délicatement, comme si elle était en verre, et la porta jusqu'au lit. Elle ne pesait vraiment pas lourd, cette gamine...
Tout aussi précautionneusement, pour ne pas la réveiller, il l'allongea dans le lit qui aurait dû être occupé par sa géniale personne et la couvrit.
Un soudain accès de mélancolie lui tordait les tripes. Quelques décennies auparavant, c'était Ludwig qu'il glissait dans son lit et qu'il bordait... Ludwig qu'il venait d'envoyer sur les roses grossièrement. Comment avaient-ils pu en arriver là ?
La fillette grogna légèrement dans son sommeil. Un sourire triste étira les lèvres du prussien. Adorable. Sauf que cette petite chose tellement adorable dormait maintenant dans son lit.
Avec un soupir, il se laissa tomber sur le fauteuil, tête appuyée sur l'accoudoir. Il était bon pour un fantastique torticolis au réveil... Avec un autre soupir, il s'étira.
Bon... Il emmènerait la petite avec lui. Mais la prochaine chambre, il la prendrait avec deux lits.
Fini !
Vous en avez pensé quoi ? Que c'était nul ? Absolument génial ? Que je mérite d'être enfermée dans une cave et condamnée à manger des scones ? Qu'il y a des progrès à faire ?
Dites moi tout dans les reviews s'il vous plaît ! Ça fait toujours plaisir !
A la prochaine ^^
Et merci à ceux qui followent :)
Du bist blöd : Tu es bête
Schnauze : Ta gueule !
Mädel : Gamine, petite
