Je me suis fait tout petit

Paroles et musique : Georges Brassens

Je n'avais jamais ôté mon chapeau
Devant personne
Maintenant je rampe et je fais le beau
Quand elle me sonne

J'étais chien méchant, elle me fait manger
Dans sa menotte
J'avais des dents de loup, je les ai changées
Pour des quenottes

Tout ceux qui me connaissent vous diront qu'en ce moment, je ne suis plus moi-même. Avec le recul, je vois à quel point j'étais fier et arrogant. Issu d'une longue lignée, je pensais que tout m'était dû. Que mon nom suffirait à faire ma gloire et ma fortune. Je haïssait cordialement tous ceux qui pouvaient me faire comprendre que j'étais dans l'erreur. Tout ceux qui obtenait plus que moi, que ce soit par leur nom, ou par leurs efforts.

Et regardez moi maintenant. Depuis combien de temps n'ai-je pas adressé de remarque désobligeante à qui que ce soit. Même avec Granger, je suis tout sucre, tout miel, parce que je sais qu'elles sont amies, et que je ne ferais rien pour lui déplaire. Je la suis partout, je ne la quitte plus. Je suis tombé dans ses filets, un terrible piège appelé "amour".

Je m'suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je m'suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait "Maman" quand on la touche

Dire qu'elle est si prude, je me rappelle de ce soir-là, elle ne l'avais jamais fait, même pas avec Potter. Etait-elle effrayée parce que c'était sa première fois, où parce que c'était avec moi ? Je crois que je ne le saurais jamais.

J'étais dur à cuire, elle m'a converti
La fine mouche
Et je suis tombé tout chaud tout rôti
Contre sa bouche

Qui a des dents de lait quand elle sourit
Quand elle chante
Et des dents de loup quand elle est furie
Qu'elle est méchante

Comment tout cela est-il arrivée ? Parfois je me le demande encore. Potter, Granger et les Weasley, je les détestais tous. Je ne voulais pas l'admettre, mais je jalousais Potter. Je lui ai fait tellement de crasses, tout ça parce qu'il avait une renommée qu'il n'avait en fait jamais cherché à avoir, alors que moi j'en voulais une que je ne parvenais pas à obtenir.

Granger, je la détestait à cause de tout ces préjugés que mon père m'a inculqué depuis ma plus tendre enfance. Convaincu d'être supérieur, d'avoir un sang noble qui me donnait l'avantage sur tous, je ne supportais pas de la voir réussir en tout, toujours mieux que moi. J'essayais tout pour la rabaisser, je n'hésitait pas à la traiter de Sang-de-Bourbe. Mais en fait, elle était bien plus noble que je l'étais alors. J'ai fini par le comprendre, même si j'y ai mis le temps.

Et puis il y a les Weasley, sa famille à ELLE. Eux, je les ai détesté ne serait-ce que pour avoir obtenu la sympathie de Potter. S'ils n'avaient pas été là, peut-être que Potter et moi serions devenus les meilleurs potes, mais on serait alors toujours sous le règne de terreur du Seigneur des ténèbres. Et puis ils l'ont vaincu, alors que moi je me planquait bien à l'abri de son courroux. Ils m'en ont débarrassé. Un peu tard certes, j'avais perdu tout ceux qui avaient une réelle affection pour moi : mon père, ma mère, et le professeur Rogue. Autant dire que lorsque je suis revenu à Poudlard, j'étais aussi heureux que si une centaine de détraqueurs s'étaient acharnés sur moi.

Et c'est là que bizarrement, je l'ai remarquée. Trop occupé à la critiquer, elle et sa bande, je n'avais jamais réalisé à quelle point elle était belle. Et Potter qui avait rompu avec elle, quel idiot ! Faut dire, j'ai pas été bien plus malin. Au début, le seul moyen que j'ai trouvé pour attirer son attention, ce fut d'attirer sa colère. Quand elle m'a dit qu'elle me haïssait, j'ai sentit le sol s'effondrer sous mes pieds. Et puis il y a eu cette soirée où je l'ai trouvée en larmes. Je ne sais pas pourquoi, mais toute méchanceté s'est alors envolée de mon être d'un seul coup. Je ne supportais pas de la voir ainsi, il fallait que je la console, que je lui fasse retrouver son sourire.

Je m'suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je m'suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait "Maman" quand on la touche

C'était fini, j'étais pris au piège. Mais ce soir là, quelque chose avait aussi changé dans sa façon de me percevoir. On a commencer à se parler en secret. Puis à se voir. Et finalement c'est arrivé. Cette nuit magique où j'ai découvert l'amour, alors qu'avant je n'avais connu que la luxure. Elle tremblait. Elle a voulu se soustraire à moi. Je ne voulais pas la brusquer, je l'ai laissée choisir, elle m'a dit de continuer. On aurait dit qu'elle livrait un véritable combat intérieur. Mais elle a finit par s'abandonner, par ouvrir ses yeux, par accepter ses sentiments.

Je subis sa loi, je file tout doux
Sous son empire
Bien qu'elle jalouse au-delà de tout
Et même pire

Une jolie pervenche qui m'avait parue
Plus jolie qu'elle
Une jolie pervenche un jour en mourut
A coups d'ombrelle

Et quels sentiments. Depuis que nous sommes ensemble, je n'ai pas intérêt à regarder les autres filles, où elle me manifeste bien vite, et bien brutalement son mécontentement. Je me rappelle ce jour où elle m'a trouvé avec Pansy. Je ne pensais pas à mal, en fait. C'était Pansy qui était venue me trouver. Mais je dois dire que le corps de Pansy me plaisait bien, et je ne l'ai pas repoussée tout de suite. Pauvre Pansy. Elle est restée à Ste Mangouste pendant trois semaines après tout les maléfices que Ginny lui a lancés ce jour-là.

Je m'suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je m'suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait "Maman" quand on la touche

Ca va faire près d'un an qu'on est ensemble, mais encore maintenant, elle frissonne toujours quand je l'étreint, et elle ferme les yeux quand je l'embrasse ou que l'on commence nos ébats. Parfois ça m'agace, j'ai l'impression qu'elle les ferme pour s'imaginer que c'est Potter et pas moi. Ça nous a valu une dispute il y a pas longtemps. Mais finalement, on s'est réconcilié, je l'aime trop. Rien ne pourra nous séparer

Tous les somnambules, tous les mages m'ont
Dit sans malice
Qu'en ses bras en croix je subirait mon
Dernier supplice

Il en est de pire, il est de meilleur
Mais à tout prendre
Qu'on se pende ici, qu'on se pende ailleurs
S'il faut se pendre

Pourtant, ça n'a pas été facile. Au début, personne n'acceptait notre union, on m'a accusé de l'avoir abusée, de l'avoir envoutée. Ses amis faisaient tout pour m'éloigner d'elle. Il faut dire que les miens ne faisaient pas mieux. Ils revenaient, inlassablement, tous les jours, pour me dire que ça suffisait, qu'il fallait que je la laisse tomber. Je me rappelle, pendant ce match de Quidditch, Crabbe et Goyle m'envoyaient leur cognard droit dessus. J'ai salement dégusté. Mais finalement, quand ils ont vu sa réaction, aussi bien mes amis que ses amis, ont fini par accepter. Ils nous ont encore fait la gueule un moment, d'ailleurs, certains des miens continuent à me la faire. Mais j'en ai rien à faire s'ils sont trop bêtes pour comprendre que je l'aime, et que je ne suis plus le Drago d'autrefois.

Potter, Granger, et même la famille Weasley ont fini par m'accepter parmis eux. Et c'est tant mieux, parce que ce soir, je me lance. Je ne pensais pas le faire si tôt. Avant la chute du Seigneur des Ténèbres, j'imaginais que je vivrais au moins jusqu'à trente ans, librement, passant d'une fille à une autre. Mais Ginny m'a changé, elle m'a transformé. Et aujourd'hui, je n'imagine plus ma vie autrement qu'à ses côtés. C'est pour ça que ce soir, je la demande en mariage.

Je m'suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je m'suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait "Maman" quand on la touche