Auteur: felli46

Bêta: miiete

Pairing: Harry Potter / Draco Malfoy / OC

Raiting: M

Disclaimer: Tout à J.K Rowling à part l'histoire remanié à ma sauce !

Résumé: Et si la vie d'Harry n'était qu'une immense machination ? Si tout ce qu'il avait construit n'était qu'une illusion ? A l'aube de ses quinze ans, Harry doit faire face à ses peurs, à ses doutes, mais aussi à un étrange phénomène qui le plonge dans une confusion et une peur sourde pour l'avenir...

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Chapitre 2

Lorsqu'Harry se réveilla le lendemain matin, il sut immédiatement que sa transformation ne s'était pas arrêtée à ses canines. Sans même prendre la peine d'ouvrir les yeux, il porta sa main à son front, le massant fortement dans l'espoir d'apaiser la douleur lancinante qui pulsait derrière sa boîte crânienne. Il n'y avait ni rideaux, ni volets à sa fenêtre, il savait donc que la clarté matinale entrait abondamment pour illuminer sa petite chambre miteuse et il craignait d'ouvrir ses paupières douloureuses. Cependant, la voix criarde de sa tante qui l'appelait à travers le panneau de bois décida pour lui.

Il papillonna des yeux avec lenteur, la souffrance causé par les rayons solaires bien trop intenses à son goût irradiait entre ces cils à demi-clos. Il chercha d'une main fébrile ses petites lunettes rondes et les posa sur son nez d'un geste incertain, le front plissé d'inconfort. Sa vision était floue. Etonné, il les enleva, les posant distraitement sur les draps défaits. Après quelques clignements, sa vue s'adapta enfin. C'était étrange : il avait l'impression d'être un nouveau né, posant pour la première fois son regard sur le monde. Quelques larmes roulèrent sur ses joues, enfantées par son éblouissement, et il les essuya rapidement, sous le choc : il avait de nouveaux yeux.

Il se redressa brusquement sur le bord de son lit, posant ses pieds sur le plancher dévoré par les mites. Il entrouvrit la bouche, stupéfait : il y voyait incroyablement bien. Même sans lunettes, sa vision était parfaite. Et même plus. Elle avait évolué pour atteindre une netteté incomparable, bien supérieure à la moyenne. Bien plus qu'humaine. A présent, lorsqu'il portait son regard sur le parquet rongé par les insectes, sur son bureau minable ou sur son armoire branlante, il pouvait y voir chaque striure du bois, chaque irrégularité, ou la moindre marque, même la plus infime. Tout : Chaque paillette de poussière qui stagnait dans l'air vicié de la pièce, chaque rayon lumineux explosant en une multitude de joyaux colorés. Rien n'échappait à ses pupilles. C'était impressionnant, et le jeune homme se sentit immensément troublé.

Il laissa son regard se balader de part et d'autre de la chambre avec émerveillement. Tout semblait nouveau. Rien n'avait changé, mais tout était différent. Il posait sur le monde des yeux d'enfant, savourant la nouvelle beauté de son univers, qui se dévoilait à lui après tant d'années. Mises à nues, chaque chose se moirait de couleurs nouvelles, d'un chatoiement unique, d'un halo splendide. Il s'arrêta sur un petit trou dans le plancher, et l'observa de manière plus attentive, testant les limites de sa nouvelle faculté. Il sursauta brusquement lorsque sa vision sembla zoomer soudainement, lui permettant d'admirer avec une précision microscopique un petit insecte lutter avec un minuscule monticule de poussière. Emerveillé, l'excitation parcourue le corps d'Harry, provoquant d'agréables frissons le long de sa colonne vertébrale : sa transformation était extraordinaire. C'était mille fois mieux que tout ce qu'il avait pu imaginer, c'était .. grisant. Et merveilleux.

-C'est génial, souffla-t-il, un immense sourire aux lèvres.

Il se leva, les mains tremblantes d'enthousiasme contenu, et se tourna vers son armoire pour s'habiller : sa tante le priverait de déjeuner s'il tardait trop. Cependant, il s'arrêta net, hébété, venant de croiser son reflet dans le miroir. Il exhala, le souffle tremblant, et s'avança courageusement vers le meuble. Ce n'était pas ses émeraudes habituelles qui brulaient d'un feu nouveau au coeur de son visage, mais deux orbes iridescentes, scintillant comme du sang frais. Les vampires ont les yeux rouges, et il avait oublié ce ..léger détail. Collant presque son nez sur la glace, Harry posa son index sur sa joue et appuya légèrement pour écarter ses paupières.

C'était une couleur hypnotisante, qui remuait quelque chose au creux de l'âme humaine, entre agréable et dérangeant. Elle semblait désinhiber tout être qui l'observait, lui faisant oublier la peur, vidant les ténèbres des coeurs et des esprits pour les remplir d'une confiance aveugle en ce rouge si unique, si insaisissable. Ce regard était d'une puissance infinie, incontrôlable. Mais Harry l'ignorait.

Non, ses préoccupations actuelles se portaient plutôt sur la manière dont il allait dissimuler cette nouveauté à son oncle et sa tante puisque même en gardant les yeux baissés, il savait pertinemment que l'éclat rougeoyant de ses iris filtrerait toujours entre ses cils, et ne passerait surement pas inaperçu. Il secoua la tête, sentant la panique l'envahir et ferma plusieurs fois les yeux avant de les rouvrir brusquement dans l'espoir de trouver une quelconque idée. Il sentait la peur dévorer son ventre lorsqu'il remarqua quelque chose d'étrange : lorsqu'il clignait des yeux, un voile fin, à peine visible, suivait le chemin de sa paupière. C'était si discret qu'il ne l'aurait pas remarqué s'il n'était pas aussi proche du miroir.

-Qu'est-ce que c'est que ça ? Murmura-t-il en cillant encore une fois.

La membrane, indétectable, resta soudain en place sur son oeil, sans se rétracter lorsqu'il ouvrit les yeux. Surpris, Harry remarqua alors qu'au contact de la petite peau transparente, ses yeux désormais écarlates, reprenaient leur vert profond. Il lâcha un soupir de soulagement. Pour rien au monde il n'aurait abandonné cette teinte émeraude si particulière, seul héritage de sa mère, Lily. En regardant attentivement, il pouvait encore voir de fines striures serpentant autour de sa pupille, mais , haussant les épaules, il esquissa un sourire en jugeant que c'était plutôt joli. A l'avenir, il faudrait juste être prudent , et ne pas regarder les gens dans les yeux.

Il descendit préparer le petit déjeuner. Avec cette fine couche recouvrant ses globes oculaires il remarqua qu'il ne pouvait pas pousser sa vision autant qu'avec ses yeux de vampires, mais elle restait tout de même bien supérieure à celle de n'importe quel humain. Il s'amusa alors à poser son regard sur tous les objets qu'il croisait, les observant avec fascination et dans leurs moindres détails.

-Tu as été long ! Qu'est-ce que tu faisais ?! Ton oncle va bientôt se lever ! Dépêche-toi gros fainéant !

La voix méprisante de Pétunia lui déchira les tympans, et il poussa un long soupir. Il commença à s'activer dans la cuisine, arrêtant par la même occasion de s'amuser avec ses nouveaux pouvoirs. Lorsqu'il eût fini, il remonta dans sa chambre, enjambant rapidement les marches de l'escalier lustré en croquant dans sa banane matinale. Il donna ensuite à manger aux deux volatiles encore endormis, perchés sur son armoire. Au bruit métallique de la nourriture tombant dans la gamelle, les oiseaux se réveillèrent en sursaut et se dépêchèrent de s'envoler vers leur déjeuner, posé sur le bureau encombré du Survivant. Harry sourit, amusé, et attrapa un parchemin et une plume caché sous une latte de plancher mal scellée. Il s'installa confortablement dans son lit, un oreiller calé dans son dos, et commença à rédiger la réponse pour son ami.

Neville,

Je ne sais pas quoi te dire pour exprimer toute la gratitude que je ressens pour toi et ta grand-mère. Je crois bien que tu es le seul véritable ami que je n'ai jamais eu, ta lettre m'a ouvert les yeux et rien que pour ça je ne te remercierais jamais assez. J'étais tellement naïf Neville.

Mais, maintenant c'est fini, je ne me laisserais plus faire, je te le promets. Dire que ce que tu m'as révélé ne m'a pas profondément attristé et choqué serait un mensonge, mais je suis dorénavant empli d'une détermination sans faille. Mais avant tout, il faut que je découvre exactement ce qu'il se trame et pour cela il faut que je trouve un moyen de quitter les Dursley sans me faire repérer pour me rendre à Gringotts, je suis certain de trouver des réponses là-bas. As-tu des idées ?

J'ai bien réfléchi au fait que Dumbledore me manipule et après avoir lu vos arguments, je ne peux qu'être d'accord avec vous. Aussi, je ne pense pas qu'il soit seul, et je paris tout ce que tu veux que Ron et Hermione ont aussi été enrôlés. Depuis quand ça; par contre, je n'en sais rien. Donc, Dumbledore, madame Weasley, Fudge, Ron et Hermione sont contre moi et je ne suis pas naïf au point de croire qu'ils sont les seuls faisant partie de ce « groupe ». Tu n'es pas obligé, et ta grand-mère non plus, de me soutenir et de m'aider dans cette machination. Je ne t'en voudrais pas si tu prends peur, après tout, moi aussi j'ai peur. Je suis incroyablement angoissé, je ne sais pas où tout ça va nous mener…

Pour ce qui est des sortilèges qui m'ont fait vivre un enfer toute mon enfance je ne sais vraiment pas quoi en penser. Mes sentiments sont encore trop confus. Je me sens si abusé, si sali Neville. Et puis, ce sortilège horrible… Comment dois-je réagir à cela ? Dumbledore a voulu m'affaiblir, oui, mais pourquoi ? Est-ce à cause de ce sortilège que je suis si petit et chétif pour mon âge ? Et surtout, aurais-je eu une autre enfance sans les sortilèges d'inimitié ? Ma famille aurait-elle pu m'aimer ? Tant de questions sans réponse… Je me sens si mal Neville… Mais, comme je te l'ais dit, je me vengerais, je ne les laisserais plus faire ce qu'ils veulent. M'aideras-tu ?

Remercie ta grand-mère pour moi, sans elle je serais encore dans l'ignorance.

P.S : Marius et Edwige semblent s'adorer !

Avec toute ma gratitude et mon affection,

Harry.

Harry soupira, posa la plume usée à côté de lui et se leva.

-Je suis désolé les tourtereaux, mais Marius j'ai une lettre pour toi.

Harry rit légèrement en voyant le regard furieux des deux nouveaux amoureux et se dépêcha de rajouter :

-Tu pourras revenir quand tu veux Marius, ma…fenêtre te sera toujours ouverte.

Le hibou hulula joyeusement, comme pour le remercier, et Harry lui attacha la lettre à la patte. Il ouvrit la fenêtre et regarda le hibou s'envoler jusqu'à ce qu'il ne soit réduit qu'à un petit point noir dans l'immensité du ciel cotonneux. Hedwige se posa sur son épaule et frotta sa minuscule tête contre sa joue, comme elle aimait le faire depuis toujours.

Quelque instant plus tard, il se décida à redescendre à contre coeur dans la cuisine pour faire la vaisselle restée dans l'évier à son attention. Alors qu'il lavait les plats avec application, il jeta un coup d'oeil dans le salon. Son oncle et son cousin regardaient un match de boxe, affalés sur le canapé, un énorme plat de pop corn dégoulinant de caramel posé entre eux tandis que sa tante lisait un magazine, en retrait, les jambes repliées sur les accoudoirs de son fauteuil à fleurs. Il pensa un instant que tout aurait pu être différent, que sans Dumbledore, ils auraient peut-être lui donner un peu d'affection, et former une vraie famille. Cette réflexion déserta rapidement son esprit. Il n'était pas vraiment sur de vouloir tout ça, et après tout, sortilège ou non ils lui faisaient vivre un enfer. C'était de leur faute, si il n'avait pas pu avoir d'enfance ! Mais , au final, étais-ce vraiment uniquement de la faute du vieux directeur ? Où avait-il seulement su cultiver l'animosité déjà semée dans le coeur de ses tuteurs ? Toujours des questions sans réponses...

Le lendemain matin, Harry se réveilla avec, une fois de plus, cette impression troublante que quelque chose avait changé en lui. Il n'avait mal nulle part, rien ne le dérangeait, il n'avait aucune démangeaison, aucune piqure, aucune brulûre. Rien. Seulement c'était là, au fond de son ventre, cette intuition palpitante tapant contre ses côtes : quelque chose n'allait pas. Il se leva en vitesse, l'euphorie et l'appréhension courant au creux de ses veines.

-Bon, j'imagine que je vais avoir de nouvelles surprises tous les jours…

Il se posta devant son miroir fissuré et s'observa attentivement. Ses yeux étaient redevenus rouges pendant la nuit, ses canines aiguisées étaient toujours là, tapies entre ses lèvres, et rien dans son physique ne semblait avoir changé. Harry s'en étonna, déçut : tous les vampires étaient incroyablement beaux, et c'était loin d'être son cas. Il laissa son regard dériver sur son corps dans l'espoir d'y découvrir un changement, aussi minuscule soit-il. Mais rien. Subitement, une brume, d'un noir abyssale accompagné de son homologue d'un blanc nacré apparurent au niveau de son aine, tournoyant lentement l'une autour de l'autre dans une valse presque amoureuse. Comme un yin et un yang. Harry cilla, et elles disparurent alors que ses yeux reprenaient leur sempirternelle couleur verte. Paniqué, il souleva lentement le t-shirt trop large qui lui servait de pijama. Sa gorge était serrée par l'angoisse, alors qu'il jetait un coup d'oeil craintif vers le bas de son ventre. Ahuris, le souffle lui manqua et ses yeux s'écarquillèrent de surprise.

Là, sur sa peau pâle, un tatouage étrange se dessinait : Un homme nu, recroquevillé, ses bras encerclant ses genoux où il enfouissait sa tête. Il semblait paisible, et de longs cheveux blancs voletaient dans son dos comme s'ils étaient caressés d'une douce brise. Son visage était caché, mais Harry avait l'intuition qu'il était magnifique, comme le prouvait son corps aux proportions parfaites. Mais ce n'était pas la beauté de cet être, ou sa position étrange qui attirèrent l'attention d'Harry : le plus incroyable était sans doute la paire d'ailes duveteuses qui pointaient dans son dos. Elles semblaient être nés de l'étrange brouillard qui s'était formé plus tôt. L'une était d'un noir d'encre, l'autre d'un blanc hivernal. Elles étaient hypnotisantes, et dégageaient une puissante paisible, latente, extraordinaire mais en sommeil, comme l'homme qui les portait, repliées sur son dos. C'était comme si elles attendaient leur heure, et que bientôt, elles s'éveilleraient de leur magnificence inerte.

Harry décrocha son regard du tatouage avec difficulté. Il était tout simplement captivant. Il rabaissa son pijama, troublé, une sensation étrange au creux de l'estomac : cet homme lui semblait étrangement familier.

Le soleil n'était pas encore levé, et il jugea donc qu'il pouvait aller se recoucher et penser tranquillement à ce qu'il pourrait faire plus tard. Il ne connaissait presque rien sur les vampires. Les seules informations qu'il détenait provenaient des rares livres de la bibliothèque de Poudlard qui traitaient des créatures magiques et il s'était rendu compte que les seuls ouvrages qui les évoquaient n'entraient jamais dans les détails et se permettaient surtout de dire que c'était uniquement des monstres sans foi ni loi. Harry s'était toujours intéressé aux créatures magiques, surtout depuis que Remus était entré dans sa vie. Sans en parler à Hermione et Ron il s'était rendu à la bibliothèque et avait déniché quelques livres qui avaient pu le renseigner, mais ce n'était que du superflu, il n'y avait rien de bien intéressant, ou en tout cas qu'Harry ne savait pas déjà. Cela l'avait d'ailleurs outré lorsqu'il s'était rendu compte que tous les textes se rejoignaient pour dire qu'il n'y avait que les sorciers qui méritaient d'utiliser la magie.

Comment pouvait-on être si égoïste et imbu de sa personne ? D'où leur nom d'origine, les créatures magiques étaient magiques. Si la magie les avait créés, elles, aussi bien que les sorciers, il devait bien y avoir une raison, alors de quel droit les sorciers piétinaient-ils la magie elle-même ? Plus il en découvrait sur la société sorcière et plus il en était dégoûté .

En bref, il savait juste qu'une faim atroce surgirait à un moment ou un autre et il serait alors incité à se nourrir de sang. Comment allait-il faire ? Il ne voulait tuer personne, et s'il restait dans cette maison il était absolument certain qu'il ne pourrait s'empêcher de planter ses dents dans la carotide de ses relatifs. A cette idée, ses canines le démangèrent subitement et il en eut presque l'eau à la bouche en les imaginant s'enfoncer dans la chair tendre alors que le merveilleux goût cuivré du liquide vital emplirait délicieusement sa bouche. Harry se redressa brusquement sur son lit, les yeux rougeoyants et le cœur battant la chamade. Il avait lu que la soif de sang était incontrôlable et frénétique, mais il n'avait jamais imaginé que ce serait à ce point. Il devait rapidement trouver un moyen de s'échapper d'ici discrètement, sinon il n'osait imaginer ce qui arriverait.

Les jours qui le séparaient de son anniversaire s'amenuisaient de plus en plus, si bien qu'il ne lui en resta plus que cinq avant la date fatidique. Harry était quasiment certain que ce jour particulier marquerait la fin de sa transformation. Depuis l'apparition de son tatouage il s'était donc écoulé neuf jours et chaque matin était ponctué d'une nouvelle surprise « vampirique ».

Le lendemain du jour où il avait découvert le magnifique tatouage qui ornait dorénavant le bas de son ventre, Harry, en se postant devant son miroir comme il en avait pris l'habitude chaque matin, avait remarqué avec fascination que son épiderme d'une paleur fantomatique avait fait place à une peau de pêche veloutée et aussi douce que la soie. Elle étincelait de santé et de fraicheur, brisant les préjugés d'Harry sur les vampires pâles et froids. Au contraire, elle était légèrement rosée et aussi chaude que de coutume. Peut-être était-ce parce qu'il n'avait pas encore atteint la fin de sa transformation. Il n'en savait rien, mais il se trouvait désormais beaucoup plus attirant qu'avec son ancienne peau sèche.

Connaissant la légende qui racontait que les vampires craignaient le soleil, Harry avait prudemment passé sa main dans les rayons solaires qui filtraient à travers sa fenêtre sale. A son grand soulagement , il n'avait pas souffert le martyr, mais avait sentit sa peau se durcir comme pour se protéger de l'astre si hostile envers ceux qui faisait désormais partie de son espèce.. Il n'y avait eu aucun changement notable de l'extérieur, ni aucune douleur ou sensation gênante. Sa peau s'était juste durcie, rien de plus. C'était assez pratique, il n'aurait pas à se cacher la journée en attendant le soir et ainsi son « état » serait beaucoup plus simple à dissimuler.

Huit jours avant son anniversaire, il avait découvert qu'il avait grossi. Cela l'avait beaucoup étonné, puisque sa tante ne lui donnait toujours rien à manger, mais il devait l'avouer, ça l'arrangeait beaucoup : il avait toujours été trop maigre pour paraître sain. Il était dorénavant bien formé et arborait un ventre plat sans mais sans laisser paraître côtes ou les os seyants de ses hanches, des jambes fuselées et des cuisses bien galbées, des fesses rondes et fermes, des épaules arrondies, et des joues plus généreuses sans toutefois le faire ressembler à un enfant. Maintenant, il pouvait le dire, il se trouvait beau.

Ce jour-là avait également été marqué par une courte missive de Neville lui disant clairement ce qu'il pensait de Dumbledore, Ron et Hermione. Il rit beaucoup de ce caractère affirmé et de cette prose enflammée qu'il ne lui connaissait pas. Il lui avait aussi rappelé que sa grand-mère et lui feraient tout ce qui était en leur possible pour l'aider et qu'ils cherchaient activement un moyen pour le faire évader de sa ''prison''. En vain. Ils approuvaient aussi entièrement sa décision de se rendre à Gringotts, ce qui soulagea Harry d'un grand poids.

Harry avait longuement hésité avant de décider de ne pas parler de sa transformation à Neville. Après tout ce n'était pas franchement le genre de chose que l'on dit par Il préférait être en face de lui pour le lui révéler.

Le septième jour, il n'y eût qu'un petit détail qui changea chez lui : ses lèvres. Elles étaient plus pleines , plus rouges. Elle brillaient d'un carmin sanglant, mais sans le rendre effrayant. Au contraire elles lui donnaient une touche de sensualité tout à fait délicieuse. Evidemment, naïf, Harry ne le remarquait pas, pensant juste qu'il semblait plus féminin. Il ne remarquait pas non plus que le regard de ses tuteurs changeaient au fil des jours, que la haine et le dégoût faisaient place, peu à peu, à une certaine admiration, qui tournaient parfois à une fascination presque déplacée dans les yeux de ceux qui l'avaient maltraité pendant des années.

Le sixième jour qui le séparait de son anniversaire qu'il commençait presque à craindre, son apparence physique termina sa métamorphose : Son regard se fit plus intense, plus hypnotisant, ses cils s'allongèrent légèrement, rendant ses yeux incroyablement envoûtants. Il fut déçu de constater qu'il n'avait pas grandi, ne serait-ce d'un centimètre. Cependant, lorsqu'il se réveilla et qu'il vit ses cheveux, un sourire béat se peignit sur ses lèvres. Ils avaient poussé pendant la nuit et tombaient désormais au milieu de son dos. Ils étaient lisses, leur pointe ondulant légèrement et semblaient encore plus sombres : il n'avait plus l'air de sortir du lit. Quelques mèches délicates encadraient son visage fin, lui donnant un air adorable qu'il ne décela pas. Il glissa une main dans sa chevelure soyeuse : il les adorait.

Le cinquième jour ce fut au tour de ses sens de s'exprimer. Son odorat d'abord, il s'était développé à tel point que le jeune homme pouvait sentir l'odeur du sang qui émanait d'une boucherie installée dans la ville voisine. Le délicieux fumet le torturait de jour en jour, et même si la Soif ne s'était pas encore réellement manifestée, le parfum de l'hémoglobine restait tout de même une tentation irrésistible. Il sentait autour de lui tous les effluves, les miasmes qui se dégageaient de chaque chose. Il parvenait même à décomposer chaque arôme, et ce n'était pas toujours agréable. Beaucoup des senteurs qui flottaient autour de lui étaient chimiques, et, Harry le savait pertinemment, typiquement moldues : il ne trouverait pas ce genre d'exhalations dans le monde sorcier.

Il y eu ensuite l'ouïe. Il s'était mis à tout entendre. Tout. Il entendait le bois craquer, les hommes respirer, les coeurs battre dans une terrible cacophonie qui lui avait donné une migraine constante pendant des jours. Chaque minuscule murmure lui était devenu insupportable et il avait cru plusieurs fois que sa tête allait littéralement exploser, particulièrement en journée lorsque le trafic routier était le plus actif. C'était un vacarme constant, monumental qui avait bien failli le rendre complétement dingue lorsqu'il était accompagné du bourdonnement constant des conversations environnantes. Heureusement, il avait peu à peu appris à faire abstraction de chaque minuscule décibel, et arrivait désormais à peu près à le contrôler.

Le touché et le goût avaient logiquement suivi : il était maintenant doté d'une sensibilité extraordinaire, et au moindre frôlement de ses doigts, il sentait les choses dans leurs moindres détails. De même, il redécouvrait la nourriture : les pommes avaient cette pointe cuivrée qu'il ne leur avait jamais notée, la viande, une légère acidité piquante, mais surtout, tout avait le goût vicié des pesticides que les papilles humaines ne pouvaient détecter.

Le quatrième jour, il prit conscience que les vampires étaient des créatures formidables. Harry était assis sur son lit et caressait tendrement Hedwige lorsque les beuglements porcins de son oncle blessèrent ses oreilles trop sensible, lui criant de descendre s'occuper du jardin. Sans qu'il sache comment, les pièces défilèrent devant ses yeux, brouillées, et il se retrouva, une seconde plus tard, au milieu du jardin. Estomaqué, il comprit qu'il avait découvert son nouveau pouvoir : la rapidité.

Trois jours avant le jour fatidique, il découvrit sa nouvelle force qui lui valut quelques cris de la part de ses responsables : sans le vouloir, il avait littéralement écrasé la poignée de la salle de bain, moulée dans le bronze et il comprit qu'il devait apprendre à se contrôler s'il ne voulait pas briser chaque chose qu'il aurait le malheur d'effleurer.

La veille, il se passa une chose à laquelle il ne s'attendait absolument pas : s'attendant comme chaque matin à découvrir quelque chose de nouveau, il se campa devant son miroir et ce qu'il vit le déstabilisa : il n'y avait rien. Rien n'était anormal, et rien n'avait changé.

-Etrange, mon anniversaire n'est que demain pourtant…Murmura-t-il en se retournant à demi pour mieux s'étudier.

Il n'y avait définitivement rien. Confus, les questions l'assaillèrent toute la journée : était-ce normal ? Peut être étais-ce une transformation unique ? Un héritage différent ? Cette théorie le laissait cependant incertain, ayant lu quelque part que l'Héritage commençait toujours quelques jours avant l'anniversaire qui marquait la majorité magique de l'héritier. ( Majorité magique, et non sorcière, qui est elle, à 17 ans) Le tout était normalement calculé pour se terminer le jour même de la célébration, où tous les pouvoirs étaient alors légués.

Deviendrait-il puissant ? Il l'espérait car ses nouvelles caractéristiques pourraient lui apporter une aide précieuse dans la guerre qu'il menait contre Voldemort, ainsi que dans la bataille qu'il venait d'engager contre celui qui était désormais son ennemi : Dumbledore. La journée défila sans qu'il ne note rien de particulier, et il remonta dans sa chambre, après avoir servit un dîner copieux à sa détestable famille.

Il s'allongea confortablement sur son lit, les bras croisés derrière sa tête et le regard fixé sur le plafond craquelé. La petite chambre était éclairée par les rayons du soleil couchant qui filtraient à travers la fenêtre close, la baignant d'une lumière orangée qui rendait l'atmosphère de cette chambre miteuse, plus chaleureuse et agréable. Alors qu'il était perdu dans ses pensées, la clarté du soleil décrut au fur et à mesure alors que la nuit reprenait ses droits, obscurcissant le ciel qui fit place aux étoiles et la lune.

Allongé sur ses draps blancs, il ne remarqua pas que les astres emplissaient l'éther d'un éclat plus fort, plus blanc, plus profond, semblant irradier d'un pouvoir ancestral. Seules les créatures magiques et certains sorciers soucieux de ne pas oublier les anciennes traditions remarquèrent qu'un Héritage était sur le point d'aboutir. Il sortir tous sous le firmament pour contempler la voûte céleste qui semblait célébrer ce nouvel enfant de la magie. Tous, alors que le halo des météores s'intensifiait, levèrent les bras vers les cieux et offrirent un peu de leur magie dans une gerbe scintillante. Elle s'envola, serpentant tel une valse enchanteresse et rejoignit le firmament pour honorer la naissance d'un nouvel être.

Inconscient de l'importance du phénomène qui venait de se passer, Harry sentit ses yeux s'alourdir alors que le sommeil engourdissait son corps lorsqu'une intense chaleur se propagea dans ses omoplates. Il rouvrit brusquement les yeux et se redressa.

Qu'est-ce qu'il se passe ? Est-ce la suite de mon héritage ? Pensa-t-il avec appréhension.

Subitement, un jet de lumière traversa la fenêtre dans un puissant rayon opalescent. Harry détourna le regard, ébloui par la clarté soudaine qui embrassa la pièce minuscule. Lorsqu'il put enfin ouvrir les yeux, une boule argentée pas plus grande qu'un ballon d'enfant flottait devant lui, à quelques centimètres de son nez. Irrégulière, elle pulsait lentement, vibrant de puissance contenue. Harry ne bougeait pas, observant avec fascination la sphère de pouvoir face à laquelle il ne ressentait aucune peur. Au contraire, elle faisait naître en lui un sentiment indescriptible de confiance absolue et, il songea qu'elle lui était familière, comme s'il retrouvait une amie chère qu'il n'avait pas vu depuis des années.

Sans en détacher son regard un instant, il avança lentement sa main, la frôlant presque du bout des doigts. Le globe de magie pure semblait l'appeler. Il entendait le chant de sa force résonner dans son âme blessée, panser les plaies ouvertes de son cœur, gommer les ratures de son passé torturé. Il voulait la toucher, elle le voulait aussi. Et, en un geste presque tendre, Harry combla la distance qui les séparait. A l'instant même ou sa peau entra en contact avec les ondes vibrantes de magie semblable à du métal en fusion, le volume sembla imploser, s'illuminant d'une lumière dure. Aveuglé, Harry détourna la tête une fois de plus.

To be continued…

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Et voilà ! En espérant que ce chapitre vous a autant plu que le premier !

Normalement, si j'ai le temps je posterais un nouveau chapitre tous les mercredis !

N'oubliez pas de laisser une petite review avant de partir ;)

Et merci à tout ceux qui en ont posté et à ceux qui suivent mon histoire, vos petits mots m'encourage !

Merci !