Chapitre 2 : juste un rêve.

"Laisse moi dormir encore… C'est la trêve."

Rainer Maria Rilke, Tendres impôt à la France.

- : - - : - : -

Dean Winchester souriait béatement à la jeune femme qui venait de lui servir une boisson. Il entendait les vagues derrière lui et, il se retourna lorsqu'une deuxième jeune fille sortit de l'eau. La mer, deux belles jeunes femmes et une bière, si ce n'était pas le Paradis, cela y ressemblait pour Dean Winchester !

"Alors" fit-il, en s'éclaircissant la voix, "vous vivez ici, toutes les deux ?"

Celle qui venait de se baigner, s'installa à côté de lui, en lui répondant par un sourire.

"Et vous êtes sœurs ?" continua Dean.

Sa réflexion provoqua un rire chez les deux jeunes femmes. Dean ne se laissa pas désarçonner pour autant. Il allait continuer lorsqu'il fut interrompu par une voix familière et lointaine.

"Dean" l'appela-t-elle, mais il n'avait pas envie d'y répondre. Il avait juste envie de rester à savourer sa bière avec deux magnifiques créatures.

"Dean !" répéta-t-elle, avec un peu plus d'insistance, mais il l'ignora encore une fois.

"Dean !" continua la voix.

"Quoi ?" s'énerva Dean. Il ferma les yeux un instant et lorsqu'il les rouvrit, il n'était plus du tout sur la plage, mais allongé sur un lit dans une pièce aux murs blancs. Il regarda autour de lui, puis se laissa retomber sur le lit.

"Dean ? Tu es là ?" demanda Sam, en se penchant au-dessus de son frère.

"Mec, pourquoi m'as-tu réveillé ? Elles allaient me donner leurs numéros de téléphone" soupira Dean. Il détailla un peu mieux la chambre. Elle avait trois murs et une baie vitrée qui donnait sur un couloir tout aussi aseptisé, ce qui lui fit penser qu'il n'était sûrement pas dans un motel. "Où sommes nous ?" interrogea-t-il, préférant oublier les deux jeunes nymphes.

"Hôpital" répondit Sam.

"Quoi ?" s'exclama Dean, en s'essayant sur le bord du lit et en fronçant les sourcils.

"Nous sommes à l'hôpital."

"J'ai compris… je veux dire pourquoi ?"

Sam observa son frère quelques secondes. Dean eut un drôle de pressentiment en voyant le regard de Sammy, mais il ne parvient pas à mettre le doigt sur ce qui le gênait.

"Tu te souviens de la cabane, de papa et du démon ?"

Dean réfléchit quelques secondes, puis hocha de la tête. Il tâta d'une main l'endroit où son père l'avait blessé, mais il ne trouva aucune trace. Il interrogea Sam du regard.

Et, comme si Sam avait lu dans son esprit, il reprit son explication. "Laisse moi finir ! Je vous ai conduit à l'hôpital, mais nous avons eu un accident de voiture."

"Un accident de voiture ? Tu veux dire avec MA voiture ?"

Sam se mordit les lèvres avant de hocher la tête en signe d'affirmation.

"C'est toi qui conduisait ?"

"Dean…"

"Tu vois, c'est pour ça que je ne te laisse pas conduire. Et dans quel état est-elle ?"

"Dean ! On a pas le temps pour ça… pas maintenant."

L'aîné de Winchester leva son regard vers son cadet. Quelque chose clochait, vraiment !

"Tu es blessé ? Et pourquoi je n'ai rien ?" demanda soudain Dean, oubliant sa voiture, ou juste décidant que ce n'était peut-être pas une priorité pour le moment.

"Tu n'as pas rien… C'est difficile à expliquer… Il faut que tu empêches papa de faire une bêtise" s'empressa d'ajouter Sam, préférant changer de sujet.

"Quelle bêtise ? De quoi tu parles ?"

"Dean…" commença maladroitement Sam, "papa va partir, encore, avec le Colt… il ne faut pas qu'il fasse ça, pas maintenant."

Dean sentit la colère monter en lui. Leur père allait encore les abandonner ?! Ils venaient d'être victime d'un accident et il allait partir ?

"Dean, c'est pas le moment, s'il te plaît… il faut vraiment que tu l'en empêches… il ne doit pas partir ! Tu m'entends ?"

"Pourquoi ne le retiens-tu pas toi-même ?"

"Je ne peux pas… Il… Il ne m'écouterait pas de toute façon."

"Pourquoi est-ce si important ?"

"S'il s'en va, il ne reviendra pas, Dean" fit Sam, tristement. Il ne semblait pas vouloir en dire plus sur 'il ne reviendra pas', mais Dean savait que son frère ne lui mentait pas et que le départ de John Winchester était cette fois sans retour en arrière, sans retrouvaille grandiloquente.

"Tu me promets de le retenir ?"

Dean hocha de la tête. De toute façon, Sam lui aurait demandé la lune, il se serait débrouillé pour l'avoir.

"Alors, il faut que tu te réveilles !"

"Que je me réveille ? Mais tu viens de me réveiller !" Dean était perdu. Il ne comprenait pas où son frère voulait en venir, mais Sam semblait agiter.

"Tu n'es pas réellement réveillé."

Dean se sentit rentrer dans la quatrième dimension. C'était peut-être une plaisanterie de mauvais goût ou alors c'était un cauchemar ? Ca devait être ça, il avait juste pris un coup de trop sur la tête au cours de l'accident, et il était entrain de délirer !

Sam s'approcha du lit et tendit une main comme s'il voulait toucher son frère, mais il arrêta son geste avant. Un sourire triste se dessina sur ses lèvres.

"Je suis désolé" murmura-t-il.

"Pourquoi ?" demanda Dean, surpris.

Il n'obtient pas de réponse de Sammy, qui continuait à le regarder tristement. Dean eu l'impression qu'il voulait lui dire adieu, comme s'ils n'allaient plus se revoir.

"Sammy ?" appela-t-il, d'une voix inquiète.

Puis, comme si on avait coupé toutes les lumières d'un coup, Dean se retrouva dans le noir.

"Sammy ?"

Puis la douleur explosa dans son corps, suivi d'un sentiment de fatigue extrême et de flottement. Il essaya de rassembler ses pensées, mais celles-ci semblaient vouloir s'échapper.

"Sammy ?" marmonna-t-il. Il fut choqué par la faiblesse de sa propre voix. Puis, c'était quoi ce truc qui bipait près de lui ?

"Sammy ?" pourquoi donc son frère ne lui répondait pas ? Dans un effort qui lui parut surhumain, il ouvrit les yeux.

"Dean ?"

Il tourna lentement la tête vers la voix qui venait de parler.

"Sam ?" tenta-t-il encore une fois.

"Non, Dean. C'est papa."

Dean perçut une note d'anxiété dans la voix de son père. Il le dévisagea quelques secondes. John semblait sortir tout droit d'un match de boxe, dont il ne devait pas être le vainqueur.

"Sale tête" commenta-t-il.

"Tu n'as pas meilleur mine" rétorqua John, avec soulagement.

"Ho !" fit-il simplement, avant de replonger dans le sommeil.

John winchester soupira en appuyant sur le sonnette pour prévenir du réveille de son fils. Il sortit de la chambre pour laisser les médecins et infirmières s'occuper de Dean. Enfin un peu d'espoir, pensa-t-il, en jetant un regard par la vitre qui donnait dans la chambre de Dean. Puis il se retourna pour plonger son regard dans la pièce qui se trouvait de l'autre côté du couloir et où gisait, toujours inconscient, le plus jeune membre de la famille Winchester.


Merci à Joralie, pour ton com'.

N/A : j'avoue avoir tronqué le vers du poème.

Prochain chapitre : jeudi !