Bonjour à tous ! Après un honteux retard dû aux examens, à mon activité personnelle et à la flemme, merci de ne pas me manger, je reviens enfin vers vous avec le second chapitre de notre étrange histoire. Et, parce que j'ai pas mal eu cette réflexion, même si le déroulement actuel sonne un peu comme de l'horreur, ça n'en sera pas. Je suis tout bonnement incapable d'écrire quelque chose d'effrayant. Restons donc dans l'humour ! (enfin, humour...)

Je vous souhaite une bonne lecture :D


Malgré l'étrangeté de la situation, il avait pris ça comme un message lui signalant qu'il était temps d'aller dormir et avait tout naturellement rallumé la tablette aussitôt levé le matin d'après. Tout était normal. Cependant, fidèle à sa promesse à lui-même, il avait remis toutes les données à zéro sans un regret, les derniers souvenirs numériques de cet étrange Yuri méritant d'être oubliés à jamais.

Et peu à peu, au cours de la journée de congé scolaire bien méritée, il s'était approprié l'engin. Il l'avait personnalisé de sorte qu'il ressemble à ce qu'il voulait en faire. Pour commencer, il avait mis un fond d'écran avec un patineur qu'il admirait beaucoup, un Japonais, comme lui. Puis, il avait ajouté quelques widgets et téléchargé pas mal de jeux. Ainsi, il pourrait découvrir le monde merveilleux de l'informatique par l'amusement. Comme un enfant.

Et en jouant à un jeu où il devait créer sa propre ville, il oublia complètement l'ancien propriétaire de la tablette.


Ce ne fut qu'à la nuit tombée que les choses devinrent un peu particulières. Étant en vacances, il se fichait bien de l'heure à laquelle il irait se coucher. Ainsi, à plus de deux heures du matin, il alternait entre la gestion de sa ville virtuelle et celle de ses dragons. Puis, quand sur ces deux applications il n'y avait vraiment plus rien à faire, il s'acharnait sur un petit jeu bien célèbre et coloré.

Mais peut-être que la fatigue lui fit faire des erreurs, ou peut-être que cette tablette avait vraiment un problème, mais en plein niveau, l'appareil bugua de nouveau et afficha durant quelques secondes un écran noir. Yûri jura à voix basse. Quand la lumière revint, il était sur son écran d'accueil et toutes les applications étaient fermées. Pire, lorsqu'il tenta de les rouvrir, elles se désinstallèrent automatiquement, lui faisant perdre ses précieuses sauvegardes. La barbe.

« Mais merde ! Qu'est-ce qui se passe avec ce truc ?! » s'énerva le jeune homme.

Et comme souvent quand quelque chose n'allait pas, il n'abandonna pas ; rien n'était en effet plus frustrant que de laisser tomber momentanément pour reprendre le problème à tête reposée plus tard. Tant pis pour la sagesse – et son sommeil – il voulait que les choses rentrent dans l'ordre et comprendre pourquoi cet appareil refusait d'être normalement utilisé.

Il réinstalla les trois jeux supprimés, recommença depuis le début, s'amusa quelques instants, puis alla dormir. Cette fois, la tablette avait été clémente.


La journée suivante se passa de façon tout à fait banale, et Yûri ne put toucher à sa technologie que le soir venu. Enfin débarrassé de ses parents l'ayant traîné dans un nombre incalculable de boutiques pendant de nombreuses heures, il profitait enfin d'un repos bien mérité auprès de sa plus fidèle amie.

Amie qui lui avait tout de même joliment ri au nez la veille, et qui ne perdit pas de temps pour recommencer.

De nouveau, applications supprimées, bugs d'écran et autres joyeusetés. L'appareil finit même par s'éteindre pour de bon comme au premier jour, alors qu'il était actuellement en charge. Yûri s'arracha les cheveux.

Mais lorsque, têtu, il ralluma la bête, quelle ne fut pas sa surprise de retrouver un fond d'écran qu'il connaissait bien : celui du précédent propriétaire, Yuri Plisetsky.

Comme pris dans une mauvaise creepypasta maintes fois répétées, il nageait en plein délire.

Et il n'y avait pas que le fond d'écran qui était exactement pareil à ce qu'il avait vu à l'acquisition les photos étaient revenues, les applications aussi... en bref, ce n'était plus sa tablette, mais celle de ce jeune homme parti trop tôt. Et bougre que ça l'énervait. Et que c'était bizarre !

Sentant l'agacement monter d'un cran – pourtant, il lui en fallait beaucoup d'habitude –, il effectua la même opération que deux jours plus tôt. Mais la remise à zéro ne se passa pas vraiment comme prévu. A vrai dire, elle ne se passa pas.

A la place, un hurlement de rage lui éclata les tympans. Il en lâcha l'outil de tous ses malheurs. Et se terra dans un coin de son lit.

« Putain, mais ça fait chier ! »

Et après une poignée de minutes à trembler, Yûri se rapprocha de l'écran qui s'agitait furieusement. Ce dernier, noir, affichait en lettres blanches les mots « tu m'emmerdes, connard ! ». Il ne toucha à rien.

Mais malheureusement pour lui, la voix n'en avait pas fini avec lui.

« Il faut te le dire en quelle langue pour que tu comprennes que tu es une merde à Candy Crush ? Que tes dragons, ils sont moches, et que ta ville est tellement mal agencée que les gens sont obligés de traverser un terrain d'eau boueuse pour se rendre à l'épicerie ? Pauvre con ! »

Médusé, Yûri ne put que subir ces cris de colère sortis des minuscules micros.

« Ah oui, et je dois te le chanter pour que tu captes que non, tu ne supprimeras pas mes données ? »

En plein délire, vraiment.

« Cette tablette ne sera jamais à un bouseux comme toi ! Et ne t'avise plus à la toucher avec tes mains pleines de graisse de porc, sale dégueu ! Tu me dégoûtes ! » termina la voix avec fureur.

Puis l'écran grésilla et s'éteignit pour de bon.

La respiration sifflante, les yeux exorbités, la peur lui tordant les boyaux, Yûri resta immobile, à prier pour que tout ne soit qu'un affreux cauchemar. C'était trop bizarre.

Soudain, la porte s'ouvrit à la volée, et sa mère, décoiffée et énervée, bondit dans la chambre.

« Yûri ! Je peux savoir ce que c'est que ce boucan ? Encore cette tablette de malheur que tu ne lâches plus ? Donne-la-moi, tu es censé dormir à cette heure et nous aussi !

- Je suis désolé, bredouilla-t-il, une vidéo s'est lancée, et...

- Il suffit ! Donne ! »

Rapidement, le jeune homme accéda au désir de sa mère. L'appareil quitta ses mains, comme s'il l'avait brûlé.

« Je te la confisque. Nous verrons avec ton père quand tu la récupéreras ! »

Et sans un mot de plus, elle quitta la pièce avec empressement.

Seul, Yûri passa une main sur son visage. Son cœur battait toujours frénétiquement dans sa poitrine, mais il était comme délivré.

Jamais il n'aurait cru qu'il pourrait être soulagé et heureux de savoir sa précieuse tablette loin de lui.


J'espère sincèrement que ce deuxième chapitre vous aura plu !

Et, et cette fois c'est sûr et certain, sinon vous pouvez me fouetter, je vous retrouve dans deux semaines avec le troisième chapitre.

(Ah, et tant que nous y sommes, une petite review ? :3)

Allez, ciao !