Bonsoiir (ou bonjour x) Cette songfic reprend un thème qui vous a sûrement perturbé dans le chapitre précédent : l'enfance de Fudo. A dire vrai, en écrivant Lueur d'Eté, j'ai ressenti le besoin d'aller plus loin. Ce passage m'a sûrement autant perturbé que vous en fin de compte x) Bref, rien de violent, plus des constats d'enfants sur la vie... je crois ? Bon, tout ça pour dire que si vous vous sentez pas capable de le lire, rien ne vous y force :
J'aimerai juste... En profiter pour dédier celle-ci à quelqu'un qui se reconnaîtra. Un peu flou ? Je ne m'inquiète pas ;)
La Complainte du vent
Esprit du vent es-tu là-bas
Viens vite m'éloigner d'ici-bas
Ailé, tournoyant emporte-moi
«Prends ça Méchanzaurus !»
Le petit garçon précipita sa figurine sur le dinosaure en plastique qu'il tenait dans sa main gauche. La bête coula dans un bourdonnement de bruitages enfantins et le héros s'envola, victorieux. Soudain, des mains attrapèrent les épaules du petit garçon avec fermeté. Elles tirèrent doucement l'enfant vers l'arrière et lui firent relever la tête.
«Akio-chan, tiens-toi tranquille !» ordonna la propriétaire desdites mains.
«Mais maman...» tenta le petit avant de se rendre compte que ça ne servait à rien.
«Ferme les yeux.» fit la femme d'une voix douce.
Akio s'exécuta et sentit l'eau chaude couler depuis le haut de son crâne, roulant sur ses paupières closes et dévalant son visage jusqu'à rejoindre son reste dans la baignoire. Sa mère passa ses mains pleines d'attention dans ses cheveux trempés et l'enfant sentit rapidement le savon glisser le long de ses tempes. Il plissa les yeux, de peur que le liquide ne lui pique les yeux, mais se décrispa en percevant le gant de toilette humide éponger son visage. Il rouvrit à moitié les yeux, apaisé par le toucher des ongles de sa maman sur son crâne.
«Akio-chan, ton bras te fait toujours mal ?»
L'enfant essaya de plier son bras gauche et grimaça légèrement de douleur. On lui avait appris depuis tout petit à reconnaître une urgence. Si ça faisait mal et qu'on ne pouvait plus bouger, on pouvait considérer que c'en était une. Encore une fois, l'enfant détendit entièrement et plia son bras. Il pouvait encore bouger, malgré la douleur, donc tout allait bien.
«Non, ça va.» répondit le petit.
Il cligna des yeux et vit clairement son père qui lui tenait le bras fermement en le maintenant contre la table de la cuisine. Il revit sa main qui plaquait sa petite tête contre le bois, il voyait que tout était flou parce qu'il pleurait à ce moment-là. Il cligna encore des yeux, et comme un film, il revit son père le tirer en arrière avant de le pousser au sol comme si le garçon n'avait été qu'une poupée sans vie. Il secoua mentalement la tête pour effacer cette mémoire qui s'attardait trop longtemps sur ses paupières. Maman lui disait de ne pas y penser. Que si on n'y pensait plus, ce serait comme si ça n'avait jamais eut lieu.
«Dis maman... Est-ce que je pourrais jouer au parc bientôt ?»
«Pourquoi tu demandes ça ?»
Le ton méfiant de sa maman fit frémir le petit. Pourtant il savait que si elle prenait cet air, c'est parce qu'elle était inquiète.
«Quand je sors les poubelles je vois des gens de mon âge. Ils vont jouer au parc, ils disent. J'aimerai bien y aller moi aussi.»
«Je n'ai pas le temps de t'y emmener Akio-chan.» déclara catégoriquement sa mère.
Le petit baissa les yeux. Il entendit la femme ouvrir le robinet d'eau et ferma les yeux instinctivement. Bientôt coulait sur lui une eau un peu trop chaude qui lui brûlait la peau. La main de sa maman qui rinçait ses cheveux n'était plus du tout douce, elle passait sur crâne comme on traverse une route sans regarder. L'enfant ne dit rien, il se contenta de garder les yeux clos, de laisser l'eau mousseuse faire office de larme sur ses joues.
Esprit du vent entends ma voix
Vient vite m'éloigner d'ici-bas
Ailé tournoyant emporte-moi.
L'enfant sentait son cœur qui battait la chamade dans son torse. Il inspira profondément. Il avait pris soin de se renseigner sur l'emploi du temps de sa mère, et elle travaillait toute la journée dans son restaurant. Et son père, lui ne rentrait jamais avant sa mère. Il avait largement le temps d'aller jouer au parc sans que personne ne s'en aperçoive. Il ferma la porte de l'entrée derrière lui et inséra la clé dans la serrure pour la verrouiller. Une fois fait, il se tourna vers la rue. Son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsqu'il entendit les claquements réguliers d'escarpins en haut de la rue. Et si c'était sa mère ? Le petit pensa un instant à rentrer dans la maison mais se ravisa. Cette démarche n'était pas celle de sa mère. Et puis, qu'avait-il à craindre ? Il allait juste jouer.
Le petit traversa la rue calme et se dirigea vers le parc. Il voyait toujours les autres aller vers là. Il ne se trompait pas car il arriva devant un petit parc de quartier rayonnant de cris d'enfants qui s'amusaient. Fudo entra et se dirigea timidement vers les jeux. Certains jouaient au chat, d'autres faisaient de la balançoire ou du toboggan. Un ballon de foot lui arriva aux pieds et il le ramassa, émerveillé. Il n'en avait vu jusque-là qu'à la télé.
«Hey ! Tu peux nous passer le ballon ?» s'écria un garçon du haut d'une petite colline.
Akio regarda l'objet un instant et se demanda comment le lancer. Allait-il réussir à l'envoyer avec le pied, comme le faisait ces joueurs à la télé ? De toute façon, il avait trop mal au bras pour le lancer avec. Il hocha la tête et mit la balle au sol avant de tirer vers l'autre garçon. Celui-ci dû faire quelques pas sur le côté mais il le rattrapa et fixa le brun d'un air étonné avant de lancer d'un air passionné:
«Tu es bon ! Tu veux venir jouer avec nous ?»
Akio, qui n'en espérait pas autant, sentit un sourire énorme envahir son visage. Il répondit oui d'un air ravi et se hâta de rejoindre l'autre garçon sur la colline. Il avait les cheveux châtain sombre avec un étrange bandeau orange et des gants de gardiens usés.
«Les gars !» s'exclama-t-il. «J'ai trouvé un autre joueur !»
Deux autres garçons et une fille qui attendaient le retour du ballon levèrent les yeux, curieux. Le garçon au bandeau mena Akio vers eux et les présenta:
«Lui c'est Shuuya-kun. Et lui Yuuto-kun, et la fille c'est Haruna-chan, sa sœur. Et moi c'est Mamoru !» présenta fièrement le fameux Mamoru.
«Tu habites dans le quartier ?» demanda le garçon blond qui répondait au nom de Shuuya-kun.
Le brun hocha timidement la tête et l'enfant qui l'avait invité reprit, tout joyeux:
«C'est la première fois que je te vois ici. Tu es là depuis longtemps ? Shuuya-kun est ici pour les vacances, après il repartira en Magne...»
«En Allemagne, Mamoru.» le reprit le troisième enfant, Yuuto.
«C'est la même chose non ?»
«Pas vraiment.»
Ce Yuuto fit frissonner Akio. Il avait l'air si sérieux et si intelligent qu'il en était intimidant. Pourtant, lorsque leurs regards se croisèrent, l'autre lui adressa un sourire amical, auquel le brun répondit maladroitement.
«Yuuto ne vient pas souvent jouer parce qu'il aime bien lire.» continua celui qui tenait le ballon. «Et moi je viens ici tous les jours pour jouer au foot ! Dis, tu aimes le foot ?»
«Euh... J'y ai jamais joué...»
Le petit regretta d'avoir parlé lorsqu'il sentit le regard incrédule des trois autres sur lui. Quel idiot ! Ils allaient le rejeter maintenant...
«Pour de vrai ?» demanda Yuuto.
«Mais il faut vite qu'on t'apprenne, allez viens !» s'écria le garçon au bandeau.
Et il l'entraîna sur le terrain de foot improvisé.
Feuilles envolées, enfance oubliée
Les jeux d'été se sont envolés
«AAAAAH !»
«Hey, ça va ?!»
Les trois garçons se précipitèrent au chevet de Akio, qui venait de tomber violemment à terre, mains tendues vers le sol. A l'impact, il avait hurlé de douleur, attirant l'attention de ses nouveaux amis.
Il avait mal, tellement mal, il sentit les larmes lui monter aux yeux et couler presqu'immédiatement sur ses joues alors qu'il ne trouvait plus la force de se redresser. Ses longs gémissements de souffrance l'empêchèrent d'entendre un de ses camarades s'éloigner de lui en courant.
«Ne le touche pas Mamoru !» s'éleva la voix de Yuuto. «Il ne faut pas déplacer les blessés.»
«Mais il a l'air d'avoir mal ! On peut pas le laisser par terre !» protesta l'interpelé.
«Hey, tu nous entends ?»
A la voix du châtain, Akio hocha la tête. Il rouvrit les yeux et, en essayant de ne plus pleurer, il hoqueta:
«Ça va... Ça va...»
Pourtant le petit savait qu'il était dans une situation d'urgence: impossible de bouger son bras. Il risqua un regard vers lui et sentit ses sanglots redoubler en le voyant étrangement gonflé. Il ne vit pas une femme de la quarantaine se pencher vers lui d'un air très inquiet.
«Comment tu t'appelles mon petit ?» fit-elle en regardant l'enfant qui pleurait toujours malgré sa volonté à arrêter.
«Il veut pas nous dire.» répondit Mamoru.
«Et ta maman, où est-elle ?»
«Elle est pas là.» s'empressa de dire le brun.
Il ne fallait pas que sa mère sache. Il releva son regard larmoyant vers la femme qui l'avisa d'un air terriblement inquiet.
«Je vais t'emmener à l'hôpital, petit.» fit-elle. «Tu peux te lever ?»
L'enfant aurait voulu dire oui mais il avait trop mal. Il essaya de se mettre debout mais le moindre de ses mouvements faisait bouger son bras gauche et le faisait gémir de douleur.
«Ne bouge surtout pas ton bras, petit.» lui ordonna la femme. «Je vais te porter.»
Elle se pencha et s'exécuta le plus doucement possible pour Akio, qui essaya de respirer calmement pour cesser de pleurer.
«On peut venir avec toi Fuku-san ?» s'exclama le petit blond.
«C'est moi qui ait votre garde à tous alors oui, vous venez ! Haruna-chan, viens !»
Et elle se dirigea vers l'extérieur du parc, le petit brun dans ses bras et les quatre autres enfants à sa suite.
Esprit du vent emporte-loin
L'empreinte des hommes insensés
Fureur, luttes et guerres sont effacées
Akio ouvrit les yeux difficilement. Ce n'était pas la lumière du jour, ni la douleur lancinante dans son bras qui l'avait réveillé, mais la faim. Voilà trois semaines bientôt que le petit ne mangeait rien d'autre qu'un simple bol de riz par jour, depuis qu'il s'était doublement fracturé le bras. La fois où son père l'avait battu avait fragilisé son os et sa chute avait achevé de le fracturer. Il se leva, les membres engourdis par le sommeil et la faim, et croisa son propre regard turquoise dans la vitre de sa fenêtre. Son ventre vide lui avait aspiré toute son énergie et ses joues creuses témoignaient de sa carence en nourriture. Ses yeux étaient fatigués et sombres, reflétaient assez bien toutes les nuits où l'enfant n'avait pas pu trouver le sommeil, tenaillé par la faim.
Il savait que ce n'était pas une punition en soi; sa mère avait du mal à subvenir à tous leurs besoins à cause du coût de la pose du plâtre. Ils n'avaient pas assez d'argent pour une assurance et payaient donc plein pot les soins de l'hôpital.
Akio entendit une petite voix l'appeler et tenta de localiser son emplacement. Il se dirigea lentement vers la fenêtre de sa chambre et après l'avoir ouvert, poussa les battants de ses volets qu'il n'avait pas eut la force de fermer entièrement la veille.
«Je savais que tu habitais ici !»
A la fenêtre de la maison voisine, il y avait le garçon du parc, celui qui parlait comme un adulte. Yuu..to ? Oui c'est ça, Yuuto. Le brun se hissa difficilement sur le bord de la fenêtre, son bras emplâtré le handicapant un peu trop.
«Tu vas mieux ?»
Le brun hocha la tête bien qu'il ait encore mal. La raison était que sa mère avait déjà eu du mal à facturer la pose du plâtre... Elle n'avait pas les moyens d'acheter en plus les analgésiques prescrits par le médecin. Mais bon, le brun savait bien depuis le temps qu'on pouvait s'habituer à la douleur.
«Quand est-ce que tu viens jouer avec nous ? Shuuya-kun ne va pas tarder à rentrer en Allemagne et moi je vais rejoindre mes parents aux Etats-Unis pour un mois demain.»
Le petit ne savait pas où était l'Allemagne, ni où étaient les Etats-Unis, mais à en entendre son voisin, c'était plutôt loin. Lui qui n'avait presque jamais quitté son quartier n'arrivait pas à s'imaginer à quoi ressemblaient ces lieux dont il n'entendait que le nom.
«J'ai pas le droit de sortir.»
«Oh... Si tu veux on peut venir chez toi !»
«J'ai pas le droit non plus.»
Ce n'était pas de la mauvaise volonté, le garçon ne voulait pas essuyer de nouveau la colère de sa mère. Il se souvenait encore de la gifle qu'il avait reçue en sortant de l'hôpital. Même si encore une fois, il savait que c'est parce qu'elle s'était inquiétée pour lui. C'était la seule fois que sa maman l'avait frappé, et même si on pouvait penser qu'une claque restait une claque, celle de sa mère avait été d'une douceur et d'une fermeté que seule elle pouvait avoir. Un mouvement à la fenêtre du châtain attira son attention et le petit y vit apparaitre la tête tout sourire du garçon au bandeau.
«Tu sais, aux Etats-Unis il y a des bras de super robot atomique !» lança-t-il d'un coup.
Akio ne savait pas ce que signifiait "atomique", alors il ne dit rien.
«Yuuto-kun t'en ramènera un pour que tu puisses avoir un bras en attendant que l'autre guérisse !»
Le brun voulut dire que c'était probablement impossible mais le sourire que lui fit son ami depuis sa fenêtre le stoppa dans son élan. Il comprit que Mamoru essayait de le réconforter -quoiqu'il semblait vraiment y croire.
«Pousse-toi de ta fenêtre !» lui lança soudain le garçon au bandeau de l'autre côté.
Akio obéit, habitué à ne pas poser de questions, et sursauta de surprise en voyant un ballon de foot entrer dans sa chambre à vive-allure. Il réussit à le prendre dans son unique bras et sourit en voyant ce ballon blanc et noir au cuir vieux et râpé. En le tournant sur lui-même, il vit dessus les dessins colorés et maladroits de Mamoru, les essais du blond qui avait tenté d'écrire "soccer", et l'écriture déjà fine et appliquée du dernier, qui avait sans doute longtemps hésité avant de tracer "courage" en lettres rouges.
«On te le donne.» entendit-il alors qu'il se demandait comment le leur renvoyer avec un bras cassé.
«Comme on ne peut pas écrire sur ton plâtre on a écrit sur le ballon...» expliqua de châtain.
Il se redressa et fixa les deux garçons à la fenêtre voisine. Il sentit les larmes monter à ses yeux et découvrit pour la première fois de vie qu'il pouvait pleurer d'autre chose que de douleur. Ce qu'il ressentait à cet instant, c'était de la joie. Cette même sensation que lorsque ces garçons l'avaient invité à jouer avec eux...
«Merci...» fit-il d'une voix sanglotante, qu'il s'appliqua à cacher.
Il ne pleurait pas, c'était un truc pour bébé ça ! Maintenant il avait des amis. Il n'avait plus besoin d'avoir peur.
Esprit du vent entends nos voix
Celles de tes enfants apaisées
Ailé tournoyant emporte-moi
Kido avait décidé de passer dans son ancien quartier. Cela faisait au moins dix ans qu'il n'y avait pas mis les pieds. Il se souvenait bien de sa maison, même s'il l'avait quittée sans vraiment savoir qu'il n'y reviendrait jamais. Il se souvenait bien de ses jeux d'enfants dans le parc, de ses amis de vacances. Enfin, il ne se rappelait plus leurs noms, et leurs visages n'étaient plus que de vagues fantômes. De très vagues fantômes. Mais il se souvenait de leurs rires qui résonnaient à ses oreilles et faisaient écho au sien. Il s'arrêta devant sa maison d'enfance et se laissa aller à ses souvenirs.
Cet été il y a dix ans, il avait perdu ses parents. Un incendie dans l'hôtel qu'ils avaient choisi aux Etats-Unis. Haruna et lui s'en étaient sortis mais son père avait péri dans les flammes, et sa mère était décédée à l'hôpital dans la nuit, suite aux complications de ses blessures. Tout était allé si vite, les orphelins avaient à peine appris la nouvelle qu'ils avaient été pris en charge à l'ambassade japonaise et très vite confiés à des familles de haut rangs, des amis de l'ambassadeur. Son père adoptif avait finalement décidé de le garder tandis que Haruna avait été adoptée par une famille normale.
Il soupira. Finalement, toutes les affaires qu'ils avaient laissées chez eux avaient été embarquées par les services des pompes funèbres, et redistribué selon le testament du mari. Les deux enfants étaient allés chercher les jouets qui leur revenaient dans un entrepôt, s'étaient à peine croisé et ne s'était plus revus. Au moins jusqu'à ce qu'il rejoigne le club de foot et collège de Raimon.
A bien y penser, Kido n'avait jamais été seul, tout seul. A la mort de ses parents, il avait Haruna, puis il avait eu son père adoptif et son mentor, ses amis à Teikoku, et enfin à Raimon. Ça ne voulait pas dire qu'il n'avait jamais été triste ou qu'il ne s'était jamais senti seul. Il ne l'avait juste jamais été.
Le regard absent du châtain passa de sa maison à celle voisine et se rappela soudain quelque chose. Dans cette maison-là, dix ans auparavant, il y avait eu un petit garçon. Ça remontait à trop loin pour que Kido se souvienne de son nom ou de son visage. La seule chose qu'il n'avait pas oubliée était sa voix. Il avait une voix faible et ferme à la fois... Ça l'avait impressionné. Le petit s'était fracturé le bras cet été là, il l'avait vu plusieurs fois regarder dehors d'un air triste et envieux. Même aujourd'hui il ne comprenait pas pourquoi le garçon ne sortait pas. Sa mère, il l'avait déjà vu, quand il était allé à l'hôpital avec la nounou d'un copain de vacances. Et elle lui avait paru si froide et renfermée qu'il avait compris l'espace d'un instant pourquoi ce garçon ne sortait pas. Elle avait paru plus en colère et apeurée qu'inquiète pour son fils...
Kido soupira. Cela faisait dix ans qu'il n'avait pas vu le quartier où il avait grandi. Et au moment où il décidait d'y aller, juste pour se souvenir un peu, son esprit se mettait à vagabonder dans tous les plus petits recoins de sa mémoire. Il se redressa et se préparait à repartir lorsqu'il leva les yeux vers la maison du garçon.
Et s'il habitait toujours ici ? Peut-être même qu'il se souvenait de lui. La curiosité le prit et il se mordit la lèvre. Est-ce qu'il allait oser sonner à cette porte, juste pour voir ?
Il resta à fixer la maison depuis le trottoir d'en face. Oh et puis, au pire, ce n'était pas comme s'il risquait quelque chose. Il traversa la rue toujours aussi calme et alla droit vers la porte pour sonner. Il ne pouvait plus faire machine arrière à présent. Il entendit des pas dans l'entré et un "j'arrive !" étouffé par la porte. Lorsque celle-ci s'ouvrit, il crut halluciner. Son vis-à-vis semblait au moins aussi surpris que lui car il resta quelques secondes sans savoir quoi dire. C'est finalement le quatorze qui reprit la parole, d'un souffle à peine remis de son choc.
«Fudo ?...»
Feuilles envolées, enfance oubliée
Les jeux d'été se sont envolés
Sont envolés
Est-ce que ça vous a plu ? Je ne sais pas trop finalement quoi en penser moi-même. N'hésitez pas à laisser une review !
Rose: Merci pour le commentaire ! Le titre de la chanson est toujours précisé, en fait, il s'agit de ce qui est écrit en centré gras. Pour la songfic précédente, la chanson était Lueur d'Eté, et pour celle-ci, si tu te posais la question, c'est Complainte du Vent x)
