HELLO WORLD. Je cours rapidement sur la toile et poste vite fait un nouveau chapitre ! Je sais que ça fait longtemps, je suis vraiment désolée, mais je n'ai toujours pas de WI-FI (Mais ça arrive, enfin) donc voilà.

Merci à ma merveilleuse bêta pour avoir corrigé tout ce bazar, merci pimpiericky !

J'espère pouvoir vous poster le troisième chapitre avant Noël et j'essaierai entre temps de répondre aux reviews ! Pleins de bisous et à bientôt !

(Enjoy votre lecture et n'hésitez pas à laisser une petite review ! Merci encore à vous tous, je vous aimes fort ! Merci !)

Notes :

Arménie : Pour ceux qui ne situent pas, l'Arménie c'est un petit pays bordé par La Turquie (frontière Ouest), l'Iran (frontière Sud), la Géorgie (Frontière Nord) et l'Azerbaïdjan (Frontière Est). La Turquie est bordée par la Mer Noire et l'Azerbaïdjan par la Mer Caspienne.

L'Arménie a pour capitale Erevan.

Tremper son biscuit : Expression familière qui se traduirait littéralement par ''pénétrer quelqu'un (quelque-chose ?)'' mais plus communément, elle désigne simplement une relation sexuelle.

L'Iran = pays anti-Américains : Je ne connais pas en détail le pseudo conflit Américano-iranien, seulement que les Iraniens ont vraiment du mal avec la conception même des USA et de son capitalisme débordant, ce qui fait qu'il n'est pas super bien vu d'être un États-unien sur le sol Iranien comme d'être Iranien sur le sol Américain. Disons que c'est une sorte de haine mutuelle, Dean est la représentation de l'exagération du conflit.


Chapitre 3

Ils avaient dormis dans un hôtel miteux. Comme si, Dean Winchester, avait du s'attendre à autre chose de la part de son acolyte et maudit collègue, je cite ; Sam Wesson.

Quand le grand singe avait parlé d'un endroit sur et confortable, l'idée de matelas sans ressorts et de murs à moitiés défoncés n'avait même pas effleuré l'esprit du blond. Aurait-elle du ? Sûrement.

Mais il était trop tard.

Alors Dean se réveilla en jurant, pour la troisième fois en trois jours, le dos en miette et des marques de draps sur le visage, les cheveux ébouriffés et les paupières encore lourdes de ses deux heures de sommeil, une horrible odeur de souffre emplissant la pièce.

Parce que, non seulement la chambre laissait à désirer, mais en plus, les alentours ne valaient pas mieux ; une gigantesque usine de souffre, bruyante à souhait, se trouvait à moins d'un kilomètre du bâtiments, se dressant dans le désert de sable chaud. Pile en face de la fenêtre du blond.

Mis à part la chambre en piteux état et le petit déjeuner absolument : « Dégueulasse ! Je refuse de manger cet espèce de truc visqueux vert, donnez moi des pancakes bordel ! Ou est le bacon ? » le coin n'était pas mal, un simple désert au sable chaud et fin, un ciel bleu dégagé et une climatisation. Une vraie de vraie.

Il en aurait presque pleuré.

- Bon, c'est quoi le programme de la journée ? On est quand déjà ? Ce putain de pays a un jour ou deux de plus que nous non ?

Sam scruta le blond quelques secondes, le regard emplit de jugement, tandis que Castiel aux yeux à peine ouverts scrutaient avec scepticisme un espèce de gâteau sec que la serveuse avait apporté à leur table, au restaurant de l'hôtel, accompagné d'un verre d'un liquide jaunâtre que le blond pria pour ne pas être du lait.

Le plus jeune soupira.

- Non Dean, ce pays a autant de jours que tous les pays de cette planète, et nous sommes le mardi vingt-deux septembre 1980 et il est neuf heure dix du matin.

- Merci horloge parlante.

- De rien sale ignare.

Dean leva les yeux au ciel en un « nerd » soufflé silencieusement, alors qu'il tournait son regard vers le cameraman en face de lui, visiblement en grand conflit intérieur, les yeux toujours rivés sur son gâteau douteux.

- Ça va Cas ? Tu veux que je tabasse ton gâteau ou tu vas t'en sortir tout seul ? Plaisanta Dean.

Le brun aux yeux bleus rencontra le regard rieur du blond, les sourcils se fronçant encore plus, comme si sa vie n'avait plus aucun sens, que tout tentait d'entraver sa vision net et précise du monde.

- Non Dean je… mon biscuit est trop large pour que je puisse le tremper.

À ces mots, Dean éclata de rire, lentement suivit pas Sam, devant l'air perdu de Castiel alors que celui-ci ne comprenait visiblement pas le côté comique de la chose.

- Pourquoi riez-vous ?

Au ton presque vexé du brun, les rires des deux hommes redoublèrent alors que la moitié du restaurant les scrutaient, mi amusés mi embêtés par les rires bruyants résonnant dans la pièce aux murs trop fins.

- Mec t'es pas possible j'te jure ! C'est une allusion sexuelle ! Il ajouta devant la mine perplexe de son vis-à-vis ; Tremper son biscuit, me dis pas que tu ne connais pas cette expression Cas !S'essouffla Dean, le mal aux joues à force de rire.

Le brun pencha sa tête sur le côté, une moue adorable collée au visage, ce qui ne fit qu'accentuer l'immense sourire du reporter.

- Désolé Dean, mais je n'ai pas tenté de faire une quelconque allusion sexuelle.

La moue réellement désolée du brun ne fit qu'attendrir le blond pour une raison à laquelle il s'interdisait de penser. Il baissa les yeux, quittant le regard turquoise de son tout nouveau collègue, un sourire discret s'étant incrusté sur son visage dans le processus.

- Bon, assez rigolé, j'ai élaboré tout un programme pour la journée, mais avant ça on va aller se préparer. On se rejoint à la voiture dans dix minutes, Dean, Cas, vous irez régler la note pendant que j'essaie de démarrer cette stupide voiture- Dean, aucune remarque. Coupa net Sam, se levant et adressant un signe d'avertissement au blond.

Il traversa le restaurant à grandes enjambées, laissant les deux hommes à court de répliques.

- À la base c'est moi le chef ici. Marmonna le blond, se levant à son tour, un regard lança à Cas pour lui intimer de le suivre.

- Et mon biscuit ?

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Dean « pliait soigneusement » ses affaires, les roulant en boule et les jetant négligemment dans son sac de voyage, la télé allumée derrière lui, hurlant à moitié des mots impossible à comprendre, des images d'hommes armés défilant sur la seule et unique chaîne que semblait posséder ce satané pays.

Il l'éteint en grognant avant de fermer et placer son sac sur son épaule, renversa quelques meubles et cracha par terre au passage, que la femme de ménage ait quelque-chose à faire, puis quitta la pièce en claquant la porte, plus heureux que jamais de quitter cet hôtel et son usine de souffre absolument insupportable.

Il descendit les escaliers, faute d'ascenseur fonctionnels, et retrouva Cas à l'accueil, l'air complètement affolé, tout son matériel et ses sacs de voyage posés au sol, alors qu'il agitait ses bras dans tous les sens et semblait crier des mots exagérément articulés.

Le blond accéléra le pas, ne voulant pas se faire repérer par qui que ce soit, tel le super agent du F.B.I qu'il n'était pas.

- Cas, qu'est-ce que tu fais ?

Le brun sursauta et se retourna, soufflant doucement, ce que Dean prit pour un soupir de soulagement alors qu'il se demandait à quel point le cameraman s'était foutu dans la merde.

- Dean ! La réceptionniste ne comprend rien, j'ai voulu lui rendre la clé de ma chambre et je crois qu'elle a comprit que j'en voulait une autre ! Enfin, plusieurs autres, puisqu'elle m'a donné une dizaine de clés.

Dean du se retenir de rire devant l'air réellement circonspect du brun et se retourna vers la réceptionniste en question, un petit sourire aux lèvres, se demandant un bref instant depuis quand souriait-il autant.

- Bonjour ! – fronçant les sourcils. '' Bonjour '' tu comprends hein ?

La femme commença à parler et à désigner du doigt Castiel, mais Dean la coupa net d'un mouvement sec de la main.

- Ouais ok ta gueule, juste, lui pas vouloir chambre, lui vouloir donner toi clé de chambre que lui quitter. Tu saisis ?

Elle recommença à piailler, son voile voletant autour d'elle alors qu'elle ne cessait de se retourner pour attraper des clés et les poser sur le comptoir avec un regard entendu.

Dean soupira.

- Tu piges rien à ce que je te dis pas vrai ?

La femme hocha vigoureusement la tête avant de donner une clé à Dean, qu'il refusa d'un geste las, et se retourna vers le brun, interceptant délicatement son regard.

- Elle est complètement bouchée, on va pas y arriver, il va falloir courir.

- Courir ?

À peine le cameraman eut le temps de finir sa phrase, que Dean avait empoigné ses sacs et attrapé la main du brun, détalant à toute vitesse en éclatant de rire sous les cris outragés de la femme voilée. Sans nul doute devait-elle les insulter, en vue du ton qu'elle avait employé sur les deux dernières syllabes de son immense monologue hurlé, résonnant dans la grande salle.

Par chance, le hall étant vide, personne ne les avait suivit pour exiger un paiement, mais la tête de Sam en voyant les deux hommes essoufflés, la main de l'un dans l'autre (Que Dean s'empressa de lâcher, rosissant) et le regard complètement paniqué de Castiel face à celui presque fière du blond, équivalait à une cinquantaine de réceptionnistes les pourchassant.

Le plus jeune soupira, prenant sa tête entre ses mains avant de se diriger vers l'entrée de l'hôtel, sans même un mot.

- Cet idiot est allé payé, j'en suis sûr, il respecte beaucoup trop la loi si tu veut mon avis. Dit le blond en suivant le géant du regard.

Il se retourna vers Castiel, qui était rouge d'une joue à l'autre et se rapprocha du brun, soudain inquiet.

- Hé, ça va Cas ?

Et sans prévenir, le brun éclata d'un grand rire tintant, les mains sur son ventre et plié en deux, bougeant nerveusement dans tous les sens, faisant voleter la poussière de sable tout autour d'eux, devant l'air ahuri de Dean.

- Dean ! Dean c'était génial !

Et les yeux brillants de Cas sont vraiment éblouissants, alors Dean sourit et se détourne rapidement, ignorant les battements un peu trop précipités de son cœur.

Con de chaleur.

xxx

Sam est donc finalement revenu et les a fortement engueulé, laissant même un généreux pourboire à la : « Très gentille jeune femme, c'est normal qu'elle ne parle pas bien l'Anglais, vous auriez pu articuler » et éventuellement réussit à démarrer la voiture après des heures, voire des jours et des mois de tentatives.

C'est donc à l'arrière de la petite voiture jaune écaillée (« Laisse Cas devant Dean, pour une fois ! ») que Dean se mit à bouder, les sourcils froncés et les bras croisés, alors que les deux passagers avant ne cessaient de parler, de musique et de droit, visiblement les deux sujets ou les deux bruns s'entendaient comme-

- Deux putains de tapettes.

Dean tourna la tête sur le côté, d'un mouvement emplit de dédain, croisant ses jambes avec classe.

- Tu es homophobe Dean ?

La voix de Cas était douce et calme, sans aucun jugement, et le blond s'étrangla, toussa de longues secondes sous la question posée d'un ton si détaché.

- Quoi ? Il ne t'as pas dit ?

Sam.

Samuel Putain de merde de Wesson.

Dean savait, savait ce qui allait suivre, et jamais, ô grand jamais il n'avait souhaité aussi fort avoir une corde des plus solides à portée de main.

- Non ?

Un revolver, un fusil, une mitrailleuse.

- Dean est bisexuel.

Une broyeuse ?

- Ça va poser problème ?

Le ton avait été froid et sec, comme le mouvement de tête qu'il fit en direction de Castiel. Il s'était rapidement attaché au petit brun, à sa plus grande surprise, et ne tenait vraiment pas à devoir prendre ses distances pour une histoire aussi stupide.

Dean ne tolérait pas l'homophobie, mais n'avait pas de gêne à traiter quelqu'un de « pd » ou de « tapette », pour lui ces mots n'ont jamais eu la signification qu'on leur attribuaient, étant de simples insultes sans cible particulière.

- Dean, je suis gay.

La réponse fusa, toujours aussi calme, alors que le regard de Castiel était planté sur la route contrairement à celui de Sam, qui était plongé vers le rétroviseur et avait intercepté celui du blond, un petit sourire insupportable sur son visage de souris idiote.

- Sam, concentre toi sur la route, tu vas nous planter ta super caisse, ça serait vraiment dommage. Lança Dean en désignant l'espace réduit autour de lui.

Le cadet tira sa langue de façon extrêmement adulte et responsable avant de rediriger son regard vers la route de sable doré, ses stupides petites fossettes et son stupide sourire toujours aussi présents.

Et Dean tenta de cacher le sien.

Les heures passèrent, et la nuit s'installa doucement, laissant l'air frais remplacer la chaleur insoutenable des journées trop longues alors que la voiture s'arrêta lentement, laissant les traînées de sables se reposer doucement sur la route presque effacée par les grains de désert.

Dean fronça les sourcils.

- Sam, pourquoi on s'arrête au milieu de nulle-part ? C'est ta planque ? C'était toi Batman ? Depuis tout ce temps ?

Mais personne ne rit, et secondes après secondes, le silence devint pesant.

Silence que Sam brisa.

- On est en panne.

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L'essence était restée à l'hôtel.

Dean était là, coincé à l'arrière d'une voiture de merde, sur une route de merde dans un pays de merde. Et le pire était sûrement qu'il était là depuis déjà trois heures, alors que cette putain d'essence, elle, se pavanait sûrement en peignoir autour de la piscine sale, ou draguait la salope de réceptionniste.

Dean ne croyait pas en Dieu, alors il maudit Sam.

- Putain de merde Sam ! Je t'ai répété combien de fois, bordel, de ne pas oublier l'essence ? Putain, des dizaines de fois au moins ! Et fallait que aujourd'hui, aujourd'hui tu ne m'écoute pas ?

Il hurlait, faisait de grand geste et s'élançait en avant, repartait en arrière, frappait la voiture. Il allait exploser, imploser, tuer quelqu'un.

- Dean, calme toi on va-

- On va rien du tout Sam ! On est paumé sur une putain de route perdue dans ce putain de pays de merde ok ? Alors ne me dit surtout pas- ne me dit pas Sam, de me calmer !

Castiel était en retrait, adossé contre le capot de la voiture et ne semblait même pas entendre les deux homme s'hurler dessus, les yeux levés vers le ciel superbement dégagé et magnifiquement étoilé.

- Dean, je suis désolé ok ? C'est tout ce que je peux faire ! J'ai pas de supers-pouvoirs, je ne peux pas ramener la bouteille d'essence en claquant des doigts ! Alors tu vas te calmer, parce que ça ne sert à rien de me gueuler dessus ! On est sur une nationale, il n'y a personne parce qu'il est tard, mais un bus passe toutes les trois heures, on a qu'à attendre !

Dean explosa.

- Attendre ? Mais tu te fous de ma gueule ? Il fait dix putains de degrés, et on a rien à bouffer ! Il est bientôt une heure, donc ça fait trois putain d'heures qu'on est là, et pas un seul putain de bus n'est passé ! Putain de bordel de merde !

Il frappa la voiture, faute de pouvoir frapper ce con qui lui sert de frère de substitution.

- Dean calme toi, et cesse de jurer.

Castiel avait dit ça posément, comme s'ils n''étaient pas perdus sur une route déserte du pays le plus Anti-Américain du monde, comme si tout allait bien et que demain ils iraient à DisneyLand et ne seraient pas mort tués par des cons d'arabes en voile intégral. Il dit ça de sa voix douce et grave, presque chuchotant, comme s'il ne voulait pas réveiller les étoiles qu'il admirait depuis des heures, éclairé par cette lune et cette fichue lumière qui le rendait inaccessible.

- Va te faire foutre Cas, je crois que t'as pas bien compris dans quelle merde on est !

Castiel se retourna et vint lentement se poser en face de Dean, à quelques centimètres du blond, sa bouche lâchant des filets d'air chaud contre les lèvres sèches du reporter, les yeux planté dans ceux maintenant grand ouverts de Dean.

- J'ai très bien compris Dean, l'état de la situation, je te remercie. Mais crier ne te servira à rien, je crains que seuls les scarabées t'entendent à cette heures-ci. Le bus passera, nous en avons déjà croisé deux sur la route, et si tu pouvais patienter encore un peu, tu me serais vraiment très agréable.

Si les yeux de Cas tombèrent maladroitement sur les lèvres de Dean avant de revenir à leur cible initiale, cela ne dura que deux secondes, deux secondes pendant lesquelles Dean ne fut plus qu'un cœur à réanimer, la fraîcheur de la nuit soudain beaucoup trop lourde à porter.

Le brun s'écarta doucement et repartit à sa place initiale, sous le regard reconnaissant du plus jeune.

Dean foudroya Sam du regard, et grogna.

- N'empêche que j'ai faim.

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La chance devait leur sourire, car vingt minutes plus tard, une voiture filant à toute allure passa, et ils se mirent au milieu de la route en hurlant pour réussir à l'arrêter.

- Bonjour, vous parlez Anglais ? Désolé, mais on a besoin d'aide.

Sam avait accosté l'homme qui était accompagné de sa femme et de ses deux filles et leur parlait depuis maintenant quelques minutes. De loin, Dean et Cas étaient adossés à leur voiture, les bras croisés, le froid se rependant dans leur veines, chacun perdus dans leur propres pensées.

- Et dire qu'on a toujours pas d'images pour le reportage, et qu'on repart dans moins d'une semaine. Ça craint. Bobby va réussir à me faire la peau avant que je ne l'a lui fasse.

Castiel sourit, l'épaule tout contre celle de Dean.

- Au moins tu auras voyagé, je penses que c'est le plus important. Vivre, parce que finalement personne ne sait quand on mourra, autant voir le monde avant qu'il ne nous engloutisse.

Le blond se tourna vers le brun, rencontrant son regard et se perdant dans l'abîme de ces yeux beaucoup trop clair à la lueur de la lune et des étoiles, soudain plus si lointaines.

Cela ne faisait que quelques jours qu'il connaissait Castiel. Il ne savait rien de lui, ne connaissait rien de ses passions, de sa famille, de sa vie.

Et pourtant, à chaque fois qu'il plongeait dans ce regard aux bleus par milliers, c'est comme si il savait tout, un tout qui n'est pas défini, comme si tout était une évidence, et bien sûr que la couleur préférée de Castiel est le vert, le rose et puis le noir, évidemment qu'il aime lire, qu'il déteste ça, qu'il fait de la poésie et a un poisson rouge.

Tout est limpide, l'air est plus chaud et l'apesanteur n'existe plus, Dean étouffe complètement, il n'arrive plus à respirer, meurt d'une overdose d'oxygène.

Le contraire devient son contraire et l'eau est solide, l'air est liquide et il s'étrangle avec, et Dean n'a pas de mots pour ça. Il sait, il sait ce que c'est, ce que c'est censé être, mais c'est impossible.

C'est beaucoup trop fort, beaucoup trop violent et éprouvant, ça ne peut pas être ce sentiment, c'est au delà de ça. C'est un état, une manière d'être de vivre, de se tenir. C'est un sourire qui part tout seul, sans attendre son reste, c'est les paupières soudain trop lourdes qui se ferment de moitié et des yeux qui bloquent sur sa cible, la bombarde d'adjectifs tous plus insensés les un que les autres.

Dean se perd et sait que Cas s'est perdu. Il le sait à cette épaule qui s'appuie sur la sienne, sur cette expression plaqué sur le visage du brun, cette petite chose qui fait que les sourires fusent au même moment, que les rires se soufflent aux lèvres de l'autre.

Cas est à la lumière de la lune et est magnifique, et Dean aimerait l'embrasser, plus que ça, le posséder, posséder son âme pour pouvoir s'en couvrir les nuits trop sombres et les matins trop tôt, les jours d'apocalypse, quand notre heure sonne trop bruyamment.

- Les gars !

Sam court, court et ses cheveux volent alors qu'il fait de grands signes de ses bras, que les épaules s'écartent et que la voiture des étrangers redémarre en trombe.

- C'était des Français, ils quittent le pays par l'Arménie, c'est la merde les gars, on est dans la merde.

Dean fronce les sourcils.

- L'Arménie ? Attends, pourquoi ils ne prennent pas l'avion ? Et pourquoi c'est la merde ?

Sam a des rides sur le front, les yeux grands ouverts et les sourcils froncés.

- Le trafic Aérien à été interrompu, l'armée Iranienne a bloqué les accès aux aéroport pour durée indéfinie, la seule manière de partir est de passer une des frontières, celle de l'Arménie est la plus sure selon les Français.

Sam s'agite soudainement, sort les sacs du coffre et les poses par terre, referme violemment et tend ses affaires à Dean et son matériel à Castiel en leur intimant de le suivre, alors qu'il accélère et ne laisse pas d'autre choix au brun et au blond que de le suivre au pas de course.

- On laisse la voiture ici, c'est inutile de toute façon, on ne repassera pas. Et puis quarante dollars c'était vraiment pas beaucoup, au moins on a assez d'argent pour rester bien, on est bien… juste.. le bus..

- Putain Sam ralenti, explique nous ce qu'il se passe !

Sam s'arrête et se pince l'arrête du nez en se retournant, gueulant à moitié sur son presque grand frère.

- Dean ! Il faut qu'on parte d'accord ? Des soldats Iraniens ne vont pas tarder à passer, il faut qu'on avance en même temps que le bus pour être sûr de l'avoir à temps. Le Français ne pouvait pas nous prendre, il était trop chargé, mais il a dit que le bus nous y amènerait, en trois jours tout au plus. Si on se presse tout ira bien, tout ira bien.

Sam avait chuchoté ces derniers mots, le regard perdu vers l'horizon. Il reprit sa marche, sans accorder un regard au blond et au cameraman qui se toisèrent en silence, une expression de panique totale sur leur deux visages respectifs.

Dean souffle un bon coup, attrape le géant par le bras et le tire en arrière, brutalement.

- Sam ! Il se passe quoi bordel ?

Le regard de Sam se plante dans celui du reporter, affolé et quelques secondes passent avant qu'il ne souffle ;

- C'est la révolution Dean, ils ont commencé une révolution. À la télé, les gens qui hurlent, les images d'armées, c'était ça, c'était eux. La réceptionniste a donné toutes ces clés à Cas parce qu'elle partait, elle me l'a dit, elle m'a dit de me presser et je n'ai pas comprit.. mais on doit partit Dean, les soldats envahissent les rues, la capitale a été prise d'assaut cette nuit, ils ne vont pas tarder à arriver.

Sam parlait vite, avait débité toutes ces informations d'un seul coup, secouant Dean de ses grandes mains, la bouche tremblante et parlait comme s'il désignait la sentence de mort, les mots se perdant dans la nuit froide, sur cette route déserte entre le ciel éclairé et la route sombre qui semblait ne pas avoir de fin, ne pas avoir de commencement.

- On est en plein milieu de la révolution Iranienne Dean. On doit partir. Maintenant.

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