Le Manoir Sacquet fut complètement chamboulé. Sébastien réunit les employés de la maison pour leur donner les instructions nécessaires. Il ordonna tout d'abord à May et Hamfast de préparer une quinzaine de chambres pour les futurs invités. Ensuite, il envoya Andwise et Alfred préparer la Salle de Banquet, tandis que leur père, Hobson, devait s'occuper d'allumer les lanternes le long de l'allée et dans le jardin. Quant à lui, Sébastien se précipita dans la cuisine pour préparer un festin digne de la maison Sacquet. Il utilisa alors tous les ingrédients disponibles, et n'hésita pas à cuisiner des recettes de son monde d'origine. Ainsi, il fit un splendide dessert nommé Forêt Noire, le favori de son maître. Il prit évidemment le temps de préparer les repas de son maître. Ainsi, il lui servit la collation de onze heures, le déjeuner, et le goûter.
De son côté, Gandalf décida de changer de stratégie. Il ne pouvait plus envoyer les nains un par un, il devait les réunir pour qu'ils puissent se rendre tous ensemble au Manoir. Pour se faire, il décida de graver un message sur la porte de Cul-de-Sac, leur signifiant que le lieu de rendez-vous avait changé, et qu'ils devaient tous l'attendre devant la porte de Cul-de-Sac. C'est ainsi que Dwalin découvrit le message lorsqu'il fut le premier à arriver, et maudit le magicien. Il fut évidemment rejoint par son frère Balin, ainsi que Kili et Fili. Bien plus tard, ils furent rejoints par le reste de la compagnie, tous intrigués par le changement de plan. Gandalf compta les nains, et remarqua sans surprise qu'il en manquait un. Ils décidèrent tous ensemble de l'attendre.
A Bindbole, les préparatifs étaient terminés, et les serviteurs portaient leurs plus belles tenues pour accueillir les invités. Bilbon s'était pour l'occasion, vêtu d'une tunique noire qui fut évidemment cousue par son majordome démoniaque ainsi que d'une cape. Il avait décidé d'impressionner ses invités, car c'était la première qu'il recevait dans son Manoir. En effet, Bilbon interagissait directement peu avec le monde extérieur, préférant rester cloitré dans son manoir où il bénéficiait de tout ce qu'il pouvait souhaiter. Son comportement était devenu légèrement asocial, bien que toujours souriant, Bilbon était devenu de plus en plus froid et cruel. Il n'avait pas hésité à faire exécuté des bandits qui s'étaient infiltrés sur sa propriété, et il avait ordonné à Sébastien de terrorisé Lobelia après qu'elle eut essayé de s'emparer de Cul-de-Sac.
(Voici la tenue actuelle de Bilbon et ses yeux)
Beaucoup se demandaient les raisons pour lesquelles Bilbon avait décidé de ne pas rester à Cul-de-Sac, mais rares sont ceux qui en connaissaient la raison. Bilbon ne pouvait tout simplement pas supporter de vivre dans un endroit qui fut occupé par ses parents, des gens qui avaient la joie de vivre. Il décida alors de condamner Cul-de-Sac et l'abandonner, se jurant de ne plus jamais entré en ces lieux, mais aussi de garder le smial en tant que souvenir, pour qu'à jamais il se rappelle de la douleur qu'il avait ressenti lors de la perte de ses parents.
Bilbon décida d'attendre ses invités dans la salle de musique. Il aimait pratiquer le piano, ou bien le violon. Bilbon savait jouer de plusieurs instruments, que ce soit le Violon, la harpe, la flute, le piano etc. Chacun des instruments fut fabriqué par Sébastien, et ils étaient tous d'une qualité irréprochable. Tandis que les heures s'écoulaient, Bilbon jouait du piano. C'est à Vingt heure précise que Sébastien ressenti une présence près du portail. Il décida de prévenir son maître.
« Jeune maître, il semblerait que nos invités soient arrivés. Dois-je aller les chercher ? » Demanda le majordome, un sourire aux lèvres.
Bilbon se retourna vers son fidèle serviteur et hocha de la tête. Même s'il ne souhaitait pas l'admettre, Bilbon était très excité. Sébastien se dirigea alors vers le portail.
La Compagnie fut enfin rejointe par Thorin à Cul-de-Sac, et ils se dirigèrent tous ensemble vers Bindbole. Thorin fut étonné d'apprendre que leur cambrioleur avait changé de lieu de vie. Ce maître Sacquet semblait être différent des autres hobbits, d'après ce qu'il avait entendu. Il avait entendu des rumeurs au Dragon Vert concernant leur cambrioleur. Certains disaient qu'il était devenu un fantôme, vivant isolé dans la forêt avec un homme bizarre. D'autres disaient qu'il était un sorcier qui avait capturé la famille Gamgee avec ses étranges pouvoirs. Il finit ne plus écouter les ragots.
La Compagnie finit par arrivée devant le portail du manoir. Les nains furent immédiatement surpris par cet immense portail en fer forgé. Au loin, ils virent un majordome arrivé, marchant le long d'un chemin pavé entouré de lanternes. Lorsque le majordome s'approcha, Gandalf s'avança pour discuter avec lui.
« Re-bonjour, maître magicien. Je vois que vous êtes arrivé avec vos invités supplémentaires. Je vous prie de me suivre. » Dit alors le majordome, ouvrant en grand le portail.
Gandalf inclina respectueusement la tête avant de passer le portail, suivit immédiatement par les nains, certains encore choqués par le majordome. En effet, Dori ne put s'empêcher de remarquer le costume de Sébastien, et étant lui-même tailleur, il ne put que s'incliner face à un tel chef-d'œuvre. Il avait bien envie de lui demander les patrons de son costume. Les autres nains admiraient plutôt l'or et les ornements du costume, particulièrement Nori qui avait bien envie de voler la broche de Sébastien.
« Avant de continuer, permettez-moi de me présenter. Je suis Sébastien Michaelis, Majordome en Chef de la Maison Sacquet. Et je vous souhaite la bienvenue au Manoir Sacquet. » S'inclina respectueusement le majordome, toujours un sourire aux lèvres.
Les nains répondirent par un hochement de la tête. Ils n'allaient surement pas se présenter à un simple majordome. Sébastien prit alors le chemin du Manoir suivit de près par la compagnie et Gandalf. Plus ils approchaient du Manoir, et plus ils étaient surpris. Ils admirèrent alors la beauté du jardin, les topiaires taillées sous forme d'animaux. Bombur pointa même du doigt une immense topiaire sous la forme d'un Oliphant. Les nains avaient beau ne pas apprécier la nature, ils se devaient de reconnaitre le grand art.
« Excusez-moi, est-ce vous qui avez taillé ces buissons ? » Demanda alors Ori, appréciant l'art.
Sébastien se retourna tout en continuant de marcher.
« Exact, maître nain. J'ai moi-même taillé certaines topiaires. Cependant je ne suis pas le seul. Notre jardinier, monsieur Hobson est celui en charge du jardin, et donc, de la coupe des topiaires. » Répondit le majordome.
« Topiaires ? Ce ne sont pas des buissons ? » Demanda Bofur.
« Les topiaires sont des buissons faits pour être taillés, maître nain. » Sourit alors Sébastien.
Les nains ne posèrent plus de questions, et au bout de quelques minutes, ils eurent le souffle coupé en apercevant le Manoir. Même Gandalf ne put s'empêcher d'être surpris en voyant l'immense bâtisse, et sa fontaine.
« Dîtes-moi mon cher, est-ce donc là que vit mon cher Bilbon ? » Demanda alors le Magicien, encore abasourdi par la beauté de l'endroit.
« En effet. Mon maître est le propriétaire de ces lieux, et ceci devant vous n'est autre que le Manoir Sacquet. »
Les nains ne purent s'empêcher de se demander dans quelle situation le vieux fou les avait fourrés. Ils n'avaient encore jamais vu un bâtiment avec une telle architecture. Ils avaient beau vivre dans les montagnes, Thorin dû admettre que l'endroit était magnifique.
Surement, un cambrioleur ne peut pas vivre ici. Pensa-t-il. Sans le savoir, les autres nains avaient pensé exactement la même chose.
La Compagnie finit par entrer dans le manoir, et ils ne purent que retenir leur souffle en entrant dans le Hall d'entrée. Le sol était complètement recouvert de marbre, les murs de tableaux aux cadres d'or, et un immense lustre de cristal trônait au centre de la pièce. A l'arrière, un immense escalier qui finissait par se diviser en deux branches, menant chacune à une aile du manoir. Le Hall d'entrée était très grand, et parfaitement bien éclairé. Ils remarquèrent alors devant l'escalier cinq autres majordomes, tous vêtus d'un costume en queue-de-pie noir. C'était des hobbits, dont quatre hommes et une femme, tous inclinés de façon respectueuse. Ils finirent par se lever, puis ils partirent en direction de la Salle de Banquet.
« Je vous prie d'attendre ici, je reviens de ce pas. » S'exclama alors le majordome, qui monta à l'étage pour aller chercher son maître.
Entretemps, les nains se mirent à parler entre eux. Dori fut le premier à s'exprimer.
« Vous avez vu cet endroit ? C'est magnifique ! » Ne put s'empêcher de dire le nain.
« Ouais, je dis pas le contraire. Mais vous êtes sûr qu'on est au bon endroit ? On s'est peut être trompé de Sacquet ? » Demanda alors Dwalin, qui se colla derrière Nori, « Je te préviens, t'as pas intérêt à voler quoi que ce soit. »
Le voleur se retourna brusquement, avec un sourire en coin.
« T'inquiètes, je ne compte pas voler notre hôte. Puis de toute façon, le majordome me fait peur. »
A ces mots, la plupart des nains hochèrent de la tête. Quant à lui, Gandalf regardait le plafond, comme si de rien n'était.
« Magicien ! Vous nous aviez dit que ce Bilbon Sacquet était un cambrioleur. Je ne crois pas qu'un cambrioleur puisse se payer un tel endroit et des employés de maison. » Rétorqua Thorin d'un ton colérique.
« Hm. Thorin a raison. Si ce monsieur Sacquet est aussi riche, je ne vois pas pourquoi il serait un cambrioleur. » Rajouta Balin.
«Nous verrons. » Répondit d'un ton mystérieux le vieux magicien.
Quelques minutes plus tard, Sébastien refit son apparence. Il s'éclaircit la gorge.
« Laissez-moi vous présenter mon maître, le Comte Bilbon Sacquet. »
Un Comte ?! Pensèrent les nains.
A ces mots, Bilbon fit son apparence, descendant lentement les marches avec sa canne. Il observait ses invités tout en souriant poliment.
« Je vous souhaite la Bienvenue dans mon Manoir. J'espère ne pas vous avoir fait attendu trop longtemps. » Dit alors le maître des lieux.
« Je vous remercie pour cet accueil chaleureux, maître Sacquet. » Répondit Thorin au choc de tous, et à la plus grande fierté de Balin, « Permettez-moi de me présenter. Je suis Thorin Ecu-de-chêne, chef de cette compagnie. » Puis il désigna ses neveux, « Voici mes neveux, Fili et Kili. »
« Je suis honoré d'avoir un invité prestigieux sous mon toit. J'espère que cette humble demeure vous conviendra, Roi sous la montagne. » Fit alors le Hobbit, choquant chaque membre de la Compagnie, ainsi que Gandalf.
« Vous savez qui je suis ? » Reprit alors le nain.
Sébastien sourit légèrement à cette remarque. Il était assez fier que son maître ait tout de retenu de ses leçons.
« En effet, je sais qui vous êtes. En tant que Seigneur, je me dois d'être cultivé, et de ce fait, j'ai appris toutes les situations politiques et économiques de la Terre du Milieu. Ainsi, je sais que vous l'héritier légitime du trône d'Erebor, et que vous êtes l'actuel Roi de l'Ered Luin. » Fit le hobbit.
Les nains regardèrent alors Bilbon sous un nouvel angle. Ils étaient tous satisfaits et même ravis d'être reconnus.
Suite à cela, les autres nains se présentèrent du plus vieux au plus jeune. Le dernier à se présenter fut Gandalf.
« Mon cher Bilbon, je suis ravi de te revoir. » Fit le vieil homme.
Bilbon le regarda, puis il sourit.
« En effet Gandalf, je suis content de vous revoir. Cela fait des années que je ne vous ai pas vu. »
Les nains réagirent immédiatement à cette remarque.
« Des années ? » S'écria Gloin, « Vous nous aviez dit que vous l'aviez vu il y a moins d'un mois ! »
Le magicien se mit de nouveau à contempler le plafond, tandis que Bilbon cacha son sourire.
«Je ne sais pas ce que vous a dit Gandalf, mais en tout cas, cela m'importe peu. Je pense que nous devrions manger. » Dit alors le hobbit.
Sébastien reconnut alors le signal et les invita à le suivre dans la Salle de Banquet. Lorsqu'ils arrivèrent dans la salle, les nains furent subjugués par la taille de la pièce et la beauté de l'endroit. Quasiment tout était en or, que ce soit les lustres au plafond, les murs couverts de dorures, voire la vaisselle. Il y avait une grande cheminée, avec au-dessus un immense miroir. Les nains ne purent que rester bouche bée à la vue d'autant d'or, et de telles richesses. C'est alors qu'ils virent l'immense table, recouverte de plats les un plus extravagants que les autres. Bilbon partit s'asseoir en bout de table, avec Thorin à sa droite et Gandalf à sa gauche. Derrière lui, Sébastien siffla dans un petit sifflet, ce qui rameuta immédiatement les autres serviteurs, qui se mirent alors à remplir les verres des invités et à remplir leurs assiettes. En peu de temps, les nains se mirent à jeter de la nourriture entre eux, ce qui ne fit pas plaisir à Balin, Bilbon et Sébastien. Ce dernier observa son maître, semblant attendre un ordre muet, et Bilbon hocha de la tête.
(Salle de Banquet)
Tout à coup, Sébastien se jeta dans les airs, tournoyant et virevoltant, attrapant chaque morceau de nourriture dans les airs, et n'hésitant pas à utiliser l'argenterie pour épingler la nourriture sur la table. Les nains furent abasourdis, et se mirent alors à applaudir le majordome.
« Je vous prierai de ne pas jouer avec la nourriture. Vous êtes dans la demeure de mon maître, et en jetant de la nourriture, vous lui manquez de respect. » S'exclama alors le majordome.
A ces mots, les nains baissèrent la tête, honteux.
« Je vous prie d'accepter nos excuses, maître Sacquet. Nous ne voulions en aucun cas vous manquer de respect. » Fit alors Balin, en envoyant un regard noir envers les autres nains.
« Ça ira, maître Balin. Je suis persuadé que ne vous pensiez pas à mal. Cependant, je vous conseille de prendre en compte les manières et habitudes de vos hôtes. Un tout autre hobbit vous aurait surement chassé de sa maison. » Répondit Bilbon, avec un regard froid en direction de Bofur, le nain qui commença la bataille de nourriture. Bofur le remarqua, et baissa les yeux au sol, perdant son sourire.
« Bien. Dîtes-moi Gandalf, puis-je savoir la raison de votre présence ? »
A ces mots, le magicien se mit à sourire.
« Mon cher Bilbon, si nous sommes, c'est pour que tu accompagnes lors d'une aventure. »
« Une aventure ? » Répondit Bilbon surpris, envoyant un regard curieux vers son majordome, « Et quelle sorte d'aventure ? »
A ces mots, Gandalf expliqua rapidement l'histoire d'Erebor que connaissait déjà Bilbon.
« Je vois. Mais si l'entrée est condamnée, comment comptez-vous entrer ? » Demanda alors le hobbit.
A ces mots, le magicien sortit une carte de sa manche avec une clé.
« Où avez-vous eu cette clé ? » Demanda Thorin, étonné.
« Elle me fut confiée par votre père, Thrain, il y a quelques années. Elle permettra d'ouvrir la porte secrète, dès que nous l'aurons trouvé. »
A ces mots, les nains se mirent à sourire.
« Je vois. Et quel est mon rôle dans cette histoire ? » Questionna Bilbon.
« Eh bien… » Le magicien hésita légèrement, puis il reprit, « Nous avons besoin d'un cambrioleur pour récupérer un objet dans la tanière du dragon. »
A ces mots, Bilbon se mit à sourire, puis il regarda Sébastien. Le majordome acquiesça.
« Je suis partant. Par contre, mon majordome devra m'accompagner. »
C'est alors que Gandalf se mit à sourire, et que les nains reprirent leur souffle.
« Balin, donne-lui le contrat. » Fit Thorin, et Balin tendit le contrat à Bilbon, qui le remit directement à Sébastien.
Le majordome se mit alors à lire le contrat, puis il murmura à l'oreille de Bilbon. Le hobbit se mit alors à rougir de colère, puis il se mit à sourire.
« Maître Balin, êtes-vous celui qui a rédigé ce contrat ? » Demanda d'un ton mielleux le hobbit.
Balin bomba le torse fièrement en hochant de la tête.
Peu après, Sébastien jeta le contrat dans la cheminée, à la stupeur de la Compagnie.
« Dans ce cas, vous vous ferez un plaisir de réécrire un contrat avec mon majordome. » Annonça Bilbon d'un ton sans appel.
Les nains observèrent la bouche grande ouverte le hobbit, tandis que Thorin rougit de colère.
« Comment osez-vous brûler ce contrat ? C'était une propriété de la Compagnie ! » Hurla le nain.
Ce fut Sébastien qui répondit.
« Êtes-vous en train de dire, maître Thorin, que ce torchon sans valeur était important ? Voyez-vous, les termes étaient abusifs, et mon maître serait devenu votre esclave s'il avait signé ce contrat. Je ne connais pas les nains, mais je suis persuadé que ce n'est pas très honorable. »
A la mention de leur honneur, tous les nains, sans exception, baissèrent la tête honteusement.
« Je veux bien oublier cette insulte, à condition que demain matin, un nouveau contrat soit prêt. » Fit Bilbon, « Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit. Mes serviteurs vous montreront vos quartiers. »
Juste après, Bilbon partit dans sa chambre, tandis que Balin suivit Sébastien dans la Bibliothèque avec Ori. Les autres membres de la compagnie furent alors emmenés dans leurs chambres par Hamfast et Andwise.
« Quelques chose me dit que ce voyage va être intéressant. » Fit alors Bofur en ricanant, se prenant un regard mauvais de Thorin, et un regard amusé de Bifur et Bombur. De son côté, Gandalf s'interrogeait sur Sébastien.
Qui est vraiment ce Sébastien ? Et qu'est-il arrivé à l'œil de Bilbon ? Pensa-t-il.
