-1Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à J.K Rowling et, certaines phrases proviennent du premier tome. Sinon, l'histoire est sous ma « protection », car j'en suis l'auteure, si on peut dire. :P

Commentaire d'Hamsti : Eh oui, voilà la suite, mais, cette fois, du point de vue de notre Hermione adorée, le prochain chapitre sera peut-être sur les pensées de Drago, on verra. :P Sinon, j'adore travailler ce genre de fic, les DMHG, j'adore, et vous? (Quelle nouille suis-je à poser cette question. ;)) Sinon, oubliez pas, je veux des centaines de reviews, je blague, une dizaine c'est suffisant.:D

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Chapitre 2 : Les lamentations d'un ange

Du haut de la tour d'astronomie, j'essayais de comprendre ce que signifiait réellement tout ces événements, si je l'aimais, pourquoi ces trémolos dans ma voix et puis... d'une certaine part, je n'osais espérer que ce soit vrai.

Le vent fouetta mon visage, caressant mes joues, mon front bombé, mes lèvres rougeâtres qui frémissaient de peur. Je n'étais plus vraiment la lionne que je croyais...

Il m'avait changé d'une certaine manière et, du haut de mes presque 12 ans, je souffrais, moi Hermione Jane Granger, moi, la seule gryffondor qui n'avait ni amis ni connaissances. Je tentais bien d'être l'amie d'Harry Potter, mais rien n'y faisait.

Je serais toujours une intello pour eux, avec ces mèches indomptables et mon corps aigre et peu attrayant. Je ne pouvais tout simplement pas croire que Drago puisse m'aimer, surtout pas après ces deux premières journées d'école.

Il ne cessait de me narguer, moi et Ron... Lui aussi ne pouvait me supporter, parfois, j'aurais tant désirée être une Serpentard, tout aurait changer...

Je serais l'amie de ce serpent, mon serpent, un blond à la silhouette définie et quelque peu musclée.

Non, il ne fallait pas s'y méprendre, je ne l'aimais pas, pas moi.

Malgré cette légende, je ne pouvais plus... C'était terminé, il était temps d'oublier, tout simplement, s'éprendre d'un autre, tout comme le conseillait la légende.

Ce que je pouvais être sotte, elle ne parlait d'une liaison qu'en 4e année...

Je levai la tête, la lune semblait se tordre au-dessus de moi, projetant des rayons argentés qui s'allongeaient le long des dalles de la tour d'astronomie.

D'ici, je pouvais apercevoir les astres multiples, La petite ours, La grande ours, toutes ces étoiles croissant dans la voûte céleste.

Je ne pouvais croire que tout ceci m'appartenait, observer ces splendeurs, calmement, un mardi, sans penser au lendemain...

Sans même croire que je pourrais être ridicule pendant les cours, ça n'avait pas de réelle importance... je ne pouvais cesser de penser à lui.

C'était d'un ridicule... rêver de mon ange déchu qui n'existait plus...

Il m'avait sauvé, et... je ne peux dire pourquoi, il en était de même pour lui, je l'avais secouru de je ne sais quel drame... Peut-être m'en parlerait-il un jour...

Pour l'instant, j'étais une jeune humaine qui angoissait, sous un ciel uniformément noir, perdue entre deux réalités, l'amour et l'oubli.

Et puis, pourquoi se le cacher ?

Ils me voyaient tous comme l'intello, malgré mes efforts, moi qui voulait changer à leurs yeux, pour ne plus voir ces rires à mon égard. Même ces deux idiots faisaient partis du chœur, je n'y croyais tout simplement plus...

Il était environ 22h, je devrais peut-être retourner au dortoir, me préparer pour ce premier cours de potion, avec les serpents...

Curieusement, j'avais le pressentiment que tout se porterait mal, avec les rumeurs sur ce professeur, mieux valait ne pas s'en préoccuper. Potter aurait suffisamment de temps pour se ridiculiser face à Rogue.

Que dis-je ? Parlerais-je comme un Malfoy ?

Drago serait fier de moi, si seulement je pouvais lui parler... sans me faire insulter à la tonne comme les essais précédents.

Hélas, il m'avait prévenu... que je suis sotte ! Moi et ma supposée intelligence, elle devait me faire défaut quand j'en avais besoin.

Un dernier regard vers le ciel, puis, je couvris mes épaules d'une cape de soie, importée de Chine par ma grand-mère, un souvenir d'elle, au-delà des mots ou des images, parce qu'elle avait son odeur.

Un sourire vague se dessina contre mes fines lèvres, j'étais exténuée, après tant de pensées... il ne pouvait en être autrement.

Je dévalais les escaliers de la tour, emplie d'un sentiment de faiblesse, le cœur porté vers l'aura de ma famille, de Drago et même de Ron. Je ne cessais jamais de penser à eux, même si bon nombre ne s'en doutaient pas.

De toute manière, peu importait... je ne voulais que dormir maintenant, pour apaiser mes souffrances, pour m'évader de cet univers que l'on croyait magique.

Arrivée face à la porte de mon dortoir, verrouillée par un loquet doré, je ne pus qu'user de magie pour me rendre vers la pièce rouge et or.

Je pointai ma baguette vers la serrure et prononça distinctement ces mots :

« -Alohomora ! »

Le loquet céda, et, en mon for intérieur, je remerciai infiniment le manuel Le lire des sorts et enchantements, Volume 1 de Miranda Fauconnette, qui m'avait sauvé, encore une fois.

Alors que la porte grinçait, je vis défiler dans ma tête des milliers de méthodes pour ridiculiser ce cher Survivant… comme, par-exemple, laisser couler quelques gouttes d'un ingrédient quelconque dans son chaudron et…

Mais non, je n'étais pas assez cruelle et puis, c'était le poids de la fatigue qui me faisait imaginer de telles sornettes.

J'enfilai une jolie robe à flanelle couleur crème, puis, d'un soupir, me laissai glisser le long de ma couette, les paupières closes.

Déjà, l'univers des rêves m'ouvrit ses portes et ce, jusqu'au matin, alors que l'aurore esquissa de longues rayures pastelles dans le ciel.

¤

J'ouvris les yeux, plongeant de nouveau dans cet aspect froid de la vie.

Seule, dans cette chambre où toutes mes « colocataires » ne se trouvaient pas, sans doute furent-elles dans la grande salle, à déjeuner tranquillement avant le début des cours.

Moi, il aurait été impossible de définir comment je me sentais autrement que par ce mot, mal.

Une étrange sensation me contractait l'estomac, cet effet perdurait… chaque fois que notre cour était relié à celui des Serpentards, en réalité.

Je soupirai longuement… l'heure n'était pas aux balivernes, je devais me dépêcher, sans quoi, il ne serait plus à sa table, à grignoter tranquillement un toast beurré.

J'enfilai mon uniforme, trop large pour mon petit corps, qui ne cessait de se déployer, telles les ailes d'un ange, peu élégantes, ceci dit.

Il était alors 8h15... plus qu'une vingtaine de minutes avant son départ.

D'un coup de baguette, je fis tournoyer ma jupe et ma cravate, en un temps record, elles furent lissées, remontées, retouchées même, tout était parfait.

Je dévalai les escaliers, le sourire aux lèvres. Contemplant ce groupe de Gryffondors endormis, tous des limaces sans volonté.

Mon manuel de potion sous les bras, je courus le long des épais couloirs, bousculant quiconque se trouvait dans mon chemin. Le temps me filait entre les doigts…

Je vis aussitôt Lavande, elle se mit à glousser tout en me saluant, retournée vers un attroupement d'élèves de notre âge. Encore à me redescendre, tout comme elle seule savait le faire…

« -Oui… Hermione Granger, la fille au nez de sorcière et… Tu sais pour Zabini ?! …»

Un flot de larme afflua contre mes prunelles, mais je sus maîtriser mes émotions, parvenant enfin face à l'énorme structure de bois, mon cœur bondissait dans ma poitrine, emballé par la vision que j'aurais de mon ange déchu.

Je pénétrai enfin le seuil de la salle, me dirigeant vers la table décorée de fines nappes aux couleurs de notre maison. Un amont de victuailles trônait partout, débordant dans les assiettes.

Gaufres, crêpes, pommes de terre, saucisses, œufs, et j'en passe… tout semblait si délicieux !

Mais, fidèle à mon habitude, je me servis un toast bien chauds nappé de sirop d'érable frais, prenant ensuite place aux côtés de Weasley Jr. et du Survivant…

Ils ne me saluèrent même pas, figés, comme plantés sur leur siège, en quête d'un soutien moral ou je ne sais quoi de ce genre…

« -Euh… vous allez bien ? On dirait que la terre s'est écroulée cette nuit, si je me fis à votre visage… murmurai-je en les contemplant, désœuvrée et complètement abasourdie. »

Harry osa relever la tête, me jetant un regard dénué de tout sentiment.

« -On a Rogue en première période… t'appelle ça la terre qui s'écroule ? Je dirais plutôt un suicide collectif sans consentement, répliqua vivement la « célébrité ».

-Mouais, en pluch, il détechte Gryffondor… Tu chais, chest une longue hichtoire, ajouta faiblement Ron, la bouche plaine de morceaux de saucisses qui débordaient de partout. »

Je posai mon manuel sur la table, sans leur accorder le moindre mot, tout comme ils le faisaient avec moi, je les ignorais. Et puis, la vue que j'avais d'ici, sur le Malfoy aux cheveux lissés n'étais pas à dédaigner…

Oubliez ces paroles… Le manque de sommeil sans doute, je… je ne l'aime pas.

Potter planta sa fourchette dans l'épaisse pile de crêpes, avalant du mieux qu'il le pouvait les restes de son assiette, pourtant, elles y seraient toujours… puisque la réserve de nourriture apparaissait, chaque fois qu'un plat se trouvait vide.

Comment je le savais ?

C'est simple pourtant, L'histoire de Poudlard. L'un des ouvrages les plus complets sur le sujet, dirais-je.

Il me scruta drôlement, comme si je fus un spécimen de foire. N'appréciant pas ce regard, j'attrapai ma cuillère et… d'un mouvement anodin, lui jetai en pleine poire un reste flasque de miettes gluantes.

Elles s'agglutinèrent dans ses mèches rebelles, jamais il ne sut que c'était moi, croyant d'un tour de la part des jumeaux. Il en avait beaucoup à apprendre ce cher Potter…

« -Je me sauve… Si vous voulez pas arriver en retard, vous devriez faire pareil, lançai-je de loin, pour que chaque maison puisse se retourner, en observant le spectacle. »

Son visage vira au rouge écarlate, étant reluqué par chacune des personnes ici présentes, même Malfoy qui esquissa un sourire à mon égard, la fierté se lisait contre ses lèvres et j'en fus toute retournée.

Mais, la cloche m'empêcha d'y songer.

Au retentissement, tous se levèrent et une marée m'ensevelis, des têtes de tous les aspects défilèrent devant moi et… je crus même distinguer le profil froid de mon ange.

Hélas, mes jambes me portèrent ailleurs et je me rendis vers les cachots, où une brise glacée se répandit contre ma peau. Des frissons me firent osciller, sur les vastes tablettes se retrouvaient des bocaux…

Ils étaient emplis de langues desséchées, d'orties aux effluves nauséabondes, de cœurs encore battants et même de cervelles imbibées d'alcool.

Les bancs, tordus par un nombre incalculable de potions déversées, semblaient tout droit sortis d'un cimetière, crasseux, bas, taillés grossièrement… tout ceci était un mélange du peu de goût dont faisait preuve le professeur.

Décidément, je détestais cette classe, surtout que la seule table encore libre était à l'avant où deux chaises vides se trouvaient. Harry et Ron, d'après le bref regard que je jetai à l'audience.

Soudain, une seconde porte s'ouvrit et le professeur Rogue fit son entrée, peu avant la deuxième cloche, heure à laquelle il put prendre les « présences ».

« -Ah oui, s'exclama dédaigneusement Rogue en cochant le nom « Potter », Harry Potter. Notre nouvelle, hum… célébrité. »

Quelques rires fusèrent de l'arrière, des Serpentards, plus précisément Drago et ses deux nigauds d'amis. Les deux jambons essayèrent même de poursuivre la plaisanterie, mais un rictus méprisant leur suffit pour se taire.

Le Survivant grogna quelques menaces muettes, espérant ne pas se faire voir par l'homme aux cheveux gras.

« -Vous êtes ici pour apprendre la science subtile et l'art rigoureux de la préparation de potions… »

Il étouffa un rictus, qui, bien entendu, fut remarqué par notre bien-aimé professeur… mais ça, ce ne fut que le début d'une bien longue guerre.

« -Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques, je m'attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillonne doucement en laissant échapper des volutes scintillants, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens… Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur… »

Harry cessa aussitôt d'agiter sa plume, patientant que le flot de paroles se poursuive pour terminer ces courtes notes sur le sujet, il semblait intéressé, malgré le mépris que nous dirigeait Rogue du haut de son statut d'enseignant.

Je savais qu'il serait questionné, j'en étais certaine… le regard que lui jetait notre enseignant était beaucoup trop évident.

« -… et même à enfermer la mort dans un flacon si vous n'étiez autre chose qu'une bande de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours, trancha froidement le professeur tout en se mouvant à travers la classe, il esquissa un maigre sourire et scruta le Gryffondor. Potter ! aboya-t-il. »

Je tentais de dissimuler ma joie, étant certaine de connaître l'étendue du sujet qu'il traiterait, c'était utile de plonger son nez dans les bouquins, parfois.

« -Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise ?

-Je ne sais pas, Monsieur, répondit silencieusement la « célébrité ».

-Apparemment, la célébrité n'est pas tout dans la vie, fit-il sans même daigner me regarder, moi qui levait la main depuis déjà une minute. Essayons encore une fois, Potter. Où iriez-vous si je vous demandais de me rapporter un bézoard ?

-Je ne sais pas, Monsieur, répliqua lamentablement le pauvre Harry.

-Vous n'alliez quand même pas prendre la peine d'ouvrir un de vos livres avant de venir ici, n'est-ce pas Potter ? »

L'interpellé baissa la tête amèrement, tentant d'ouvrir discrètement les pages de son manuel des Milles Herbes et Champignons Magiques, mais, Rogue le découvrit et d'un coup de baguette referma les pages craquelées de l'ouvrage.

« -Potter, quelle est la différence entre le napel et le tue-loup ? »

Je me levai, la main tendue vers le plafond des cachots, réellement énervée par le mutisme du professeur… je savais toutes les réponses pourtant ! Il ne fit que prolonger la lourde sentence d'Harry, soupirant longuement lorsque les réponses tardaient…

« -Je ne sais pas, répondit-il doucement tout en me pointant de son index, mais je crois qu'Hermione le sait, vous aurez peut-être plus de chance avec elle. »

Il venait de tendre une perche, une énorme, la première réplique cinglante qui n'en attendait qu'une autre. La première insulte pêchée au fond de son cœur, sans le savoir, ils venaient de se déclarer la guerre, jusqu'à ce que la mort les sépare. Mais ça, il fut difficile pour moi de le deviner avant aujourd'hui.

« -Asseyez-vous ! me lança-t-il froidement, pour votre information, Potter, sachez que le mélange d'asphodèle et d'armoise donne un somnifère si puissant qu'on l'appelle la Goutte du Mort vivant. Un bézoard est une pierre qu'on trouve dans l'estomac des chèvres et qui constitue un antidote à la plupart des poisons. Quant au napel et au tue-loup, il s'agit de la même plante que l'on connaît aussi sous le nom d'aconit. Alors ? Qu'est-ce que vous attendez pour prendre des notes ? »

Un silence presque sordide s'installa dans la classe, ce fut alors le début de cette injustice, point après points, il trouva maintes raisons de nous dégrader des sabliers, une tonne, je vous le dis. N'en pouvant plus, à la fin du cours je me décrocha de ma plume d'oie rapiécée et soupira, offrant ainsi la chance à Rogue de nous menacer d'enlever deux autres points.

Il croyait m'avoir, mais ça ne fonctionnerait pas comme cela.

Je serais la plus douée, pour lui prouver que les Gryffondors étaient talentueux, pour qu'il sache enfin que nous étions aussi intelligents que ces idiots de serpents.

Heureusement, la cloche sonna pour nous libérer de cet enfer, créant en mon cœur un abîme.

Les prochaines périodes de la journée seraient libres, je savais bien que les deux se rendraient chez Hagrid, mais, moi… ? Tous mes devoirs terminés, je n'avais d'autre choix que de me reposer au dehors… sous un énorme chêne, à rêver paisiblement d'une seconde vie…

Où je ne serais plus Miss-Je-Sais-Tout, mais Hermione ou Mione, où la voix de ma grand-mère ne me secouerait plus…

J'aurais tant voulue qu'elle soit encore de ce monde !

Pourtant, rien ne la ramènerait. Surtout pas ce mangemort cagoulé, celui qui l'avait harcelé jusqu'à sa mort, alors que je devais me rendre chez elle un week-end, surtout pas lui !

Oh, c'était réellement injuste, surtout que je savais le nom de cet assassin, Lucius Malfoy. Depuis ce jour, je m'étais jurée de venger l'âme de ma grand-mère, pour qu'elle cesse de hanter les contrées de Londres.

Pour qu'enfin elle comprenne que la paix était venue, qu'elle n'aurait plus à souffrir, jamais.

Une larme roula le long de ma joue, serpentant en mes fossettes. Je semblais peut-être bien faible, mais ce n'était qu'une facette, parce que la vraie Hermione était forte. Car, pleurer quand il le fallait, c'était une force…

Et, sous la plainte du vent, je m'endormis, recroquevillée contre l'écorce de l'arbre. À me demander si au fond, ce n'était pas de l'amour que je ressentais.

¤

Une main glacée me fouetta, du moins, j'en eus l'impression.

En sursautant, une masse métallique glissa contre le parquet et je découvris mes couvertures trempées, un sceau traînait aux abords du mur.

Lavande… elle avait dû jeter un maléfice à cet objet pour qu'il m'asperge, à… il était 9h, je manquerais le cour de balai, le premier !

J'enfilai en vitesse mon uniforme, ne prenant même pas le temps de le repasser d'un coup de baguette… le soleil rougeoyait dans le ciel, comme pour m'implorer d'accélérer le rythme, mais je ne pouvais pas !

Mon visage ruisselait presque de sueur, tant je courrais depuis ces 5 minutes. À traverser l'étendue complète du château. Si seulement je ne m'étais pas endormie contre l'arbre aussi, à pleurer comme une fillette… je n'en serais pas là.

Je soupirai, exténuée. Contemplant la masse grouillante d'élèves qui semblaient tous plus heureux les uns que les autres, à croire que ce cours était le meilleur… n'importe quoi.

Mme Bibine arriva en cet instant, accompagnée de quarante balais, environ. Sa cape ondulait contre le verdoyant gazon de la cour, à la manière du professeur Rogue mais avec plus d'élégance. Du moins, de mon avis.

« -Alors, qu'est-ce que vous attendez ?! Mettez-vous chacun devant un balai. Allez, dépêchez-vous ! aboya-t-elle d'une voix qui vous clouait sur place aussitôt. »

Je décochai un vif regard à cette étrange dame et me tus, posant ma main au-dessus du balai, comme l'ordonnait froidement le professeur. Rien ne s'y fit, même lorsque je prononçai distinctement ce mot : « Debout ! » ou bien « Hop ! ». L'objet me foudroya l'échine de son mutisme…

Pourtant, le ciel continuait de reluire, dans ses douces teintes pastelles. Et, Mme Bibine ne parvint pas à empêcher cet événement de fleurir, devant nos yeux impuissants…

Neville passa sa jambe par-dessus le manche, fier de lui, il ne semblait pas apercevoir les tremblements de ses bras. On eut dit qu'en cet instant, malgré toute la magie de ce monde, rien ne fut plus irréel.

Le balai vira vers la droite, vacillant dans la brise, complètement hors de contrôle, du moins, par son « navigateur ». Le Gryffondor se mit à hurler, le front perlant de sueurs froides. Il grimpait… toujours plus haut, s'approchant vaguement des épais nuages qui se dessinaient dans la voûte céleste.

Nous étions des ombres pour lui, des fourmis du haut d'où il se rendait.

Il ne parvint pas à éviter ceci…

D'un haut le corps, il glissa… plongeant vers l'abîme émeraude qui ondulait en cette matinée. Sa silhouette ne fut plus qu'un poids dans cet univers et… un craquement sinistre se fit, alors que Neville rejoignait violemment le sol.

Son poignet semblait cassé, du moins, à ses pleurs, j'en eus l'impression.

L'enseignante accourut vers lui, les traits peignés par l'inquiétude. Elle palpa son bras et ne put qu'émettre un maigre soupir, le soulevant déjà pour l'examiner de plus près.

« -Poignet cassé, fit-elle tout en le ramenant contre son épaule. Ne crains rien mon garçon, je t'amène à l'infirmerie. »

Un silence s'installa, alors qu'elle nous menaçait des pires représailles si l'on osait voler, et je ne pouvais croire que certain puisse imaginer de telles idées ! Mon cœur tressaillit alors dans ma poitrine, scrutant la silhouette d'un serpent qui se découpait dans l'air, un rapeltout en main, celui-là même que Neville avait échappé lors de sa chute…

C'était Drago… encore une fois à narguer Harry, et… il répliquait !

Le brun venait d'enfourcher son balai, déjà soulevé de terre. Il avait bel et bien un certain talent, je devais l'avouer… Et, je ne pouvais y croire… ils se toisaient, au-delà d'une quinzaine de mètres, si haut !

Le lion le menaçait, j'en étais certaine…

Mon thorax semblait sur le point d'exploser en des milliers de particules, tant je craignais que le pire ne se produise, à l'insu de Mme Bibine en plus.

Je ne pouvais entendre, mais une certitude me prit, l'un des deux se blesserait.

Fermant les paupières, je pus aisément m'imaginer ce qui se produisait au-delà de nos têtes avec toutes ces exclamations de terreur, d'admiration… Et puis, un sifflement fendit l'air, le rapeltout !

Je levai la tête, contemplant le spectacle. Malfoy venait de lancer dans le vide la « bulle de verre » ! Obligeant Harry à décoller vers celle-ci, il risquait sa vie ainsi, surtout que l'objet s'élançait vers la large fenêtre du bureau de McGonagall !

Le rapeltout plongea, glissant dans la brise, vacillant à une vitesse folle qui le fit tournoyer dans l'air. L'éclat que le soleil créait contre ses parois luisait, nous aveuglant légèrement mais pas le brunet.

Il tendit sa main et… la masse tomba au creux de ses doigts devant le regard ahuris de ces deux maisons.

Pourtant, la joie fut de courte durée. La directrice de notre maison se pointa à l'orée du parc, marchant d'un pas rageur vers notre groupe.

« - HARRY POTTER ! »

Il se tourna vers elle, tentant d'effacer toute trace d'émerveillement de son visage. Ce ne fut pas suffisant…

McGonagall le tira vers l'entrée des couloirs, lui murmurant des paroles que je ne pus entendre, même Ron voulut le défendre, en vain. Et le cour se termina ainsi, à attendre le retour de Mme Bibine, le regard dirigé vers les hautes fenêtres de la grande salle d'où un délicieux fumet s'échappait.

Mon ventre se déchaîna pendant une heure, jusqu'à ce qu'enfin, je me décide à quitter l'ennuyante pelouse, bientôt suivie de tous les autres. Drago esquissa un sourire à mon égard mais je fis semblant de ne pas le remarquer, lassée de cette solitude.

¤

Il était environ 20h, et dans notre dortoir, un flot de rumeurs se dispersaient sur Harry, comme quoi il serait dans l'équipe de Quidditch de notre maison… Je n'y croyais pas, pas encore.

Il me fallait attendre les vrais faits, pour enfin espérer que ce soit vrai. Certes, je l'avais vu de mes yeux vus cet exploit, mais comment puis-je savoir si McGonagall l'avait bien félicité ?

Il était impossible d'y répondre…

Soudain, la porte grinça et Harry s'immisça dans le décor, les joues rosies de joie. À son épaule était pendu Ron, qu'on eut dit ivre tant ses traits étaient rouges, de l'arcade de son nez à son menton, tout semblait peint avec du jus de tomate.

Je m'empressai de les rejoindre, le sourire aux lèvres, les accueillant fièrement devant la masse compacte d'élèves.

« -Alors, c'est vrai ? lui demandai-je doucement, tentant de ne pas éparpiller mes paroles aux oreilles indiscrètes. On dit que tu fais partis de l'équipe Harry.

-Oui, c'est vrai, répliqua-t-il un peu vivement.

-Tu savais que tu es…

-Le plus jeune joueur à avoir joué dans une équipe lors du dernier siècle, oui je le sais. »

Lui jetant un regard emplit de haine, je me dirigeai alors vers ma chambre où une lettre reposait sur mon lit, écrite d'une main fine.

Alors que je l'ouvrais, l'un des pans de ma fenêtre s'entrebâilla et une seconde chouette pénétra le seuil du dortoir, un paquet retenu par son bec acéré. Je lui caressais la gorge, comme pour la remercier et enfin elle consentis à échapper ce présent.

Je découvris alors ce que renfermait ces phrases…

Si tu consens à ouvrir cette lettre, c'est que ton cœur accepte mes excuses.

Je ne veux pas te faire du mal, encore moins ouvrir une plaie qui croit en ton cœur depuis si longtemps.

Mes mots n'ont guère de sens, surtout lorsque j'aperçois tes doux traits.

Car, oui, c'est de l'amour que j'éprouve pour toi.

Alors, si tu ressens ce même sentiment, rejoins-moi vendredi, dans 3 jours à minuit, sur la tour d'astronomie.

Je… je t'aime.

Aussitôt que j'en terminai la lecture, la lettre voleta sur le parquet, seule, glissant contre les fines reliures du plancher.

Déchirée.

¤

J'avoue, cette fic est vraiment travaillée, peut-être trop… Une suite ?

Une petite review, ça ferait plaisir. :P