Hello me revoici avec le deuxième chapitre^^

Il est plus long que le premier, et j'espère qu'il vous plaira tout autant (j'ai pas reçu beaucoup de reviews, mais j'ai eu droit à un câlin indirect de Chibi, alors je poste^^)

C'est à partir de ce chapitre que Will commence à en baver, mais pour l'instant, c'est bien innocent comparé à ce que j'ai prévu pour la suite ^^

Disclaimer: Louis et Will sont à Kaori Yuki.

Note spéciale: Et ouais, Naru, t'avais raison, c'est bien Ludwig que Will voit dans le miroir^^

Chapitre 2 : la princesse otaku

Will regarda avec des yeux écarquillés ce qui se passait dans le miroir.

Bien que Ludwig se soit écarté, son reflet n'avait pas bougé.

Wilhelm observa avec horreur le reflet du prince s'approcher encore de son propre reflet, enrouler un bras autour de sa taille et effleurer sa tempe du bout des lèvres.

Will ouvrit et ferma la bouche sans émettre un son, comme un poisson rouge au bord de l'asphyxie.

Juste comme le reflet de Ludwig allait embrasser celui de Will, le valet ferma violemment les yeux et dit d'une voix mal assurée :

-Et vous, mon prince, que voyez-vous ?

Ludwig revint vers le miroir, poussa Will et regarda la glace d'un air hautain.

-Un… flacon rouge. Tenu par une fille plate comme une limande. Quelle horreur ! glapit Louis en se détournant.

Les trois autres s'entreregardèrent, puis Dorothéa eut une illumination.

-Quand on ne sait pas ce que l'on désire, le miroir nous montre ce qui va nous permettre de le découvrir.

-Je le savais, que ce type ne savait pas ce qu'il voulait ! C'est ça d'élever un enfant comme un prince, s'exclama Lisette.

-Je suis un prince, objecta Ludwig.

-Si tu avais été élevé correctement, on n'en serait pas là ! continua la tueuse à gage.

Ludwig haussa les épaules et se concentra sur ce qu'il voyait dans le miroir.

-Il s'agit d'une princesse. Elle se trouve dans un château. Par la fenêtre , on voit une grande ville, avec un marché bizarre, expliqua-t-il.

-Ce ne serait pas ce château ? demanda Will en désignant une forme au loin.

-Hmm… sans doute.

-Parfait ! Il suffit d'y aller et de demander ce flacon !

-Tu prends cela très au sérieux, Will, persifla Lisette.

-Mais… c'est mon devoir, de m'occuper de mon maître ! s'expliqua le valet.

Il lui semblait qu'il ressortait cette excuse de plus en plus souvent.

OoOoO

Le lendemain matin, les quatre voyageurs étaient enfin arrivés à proximité du château. Ils s'installèrent dans une petite auberge où Ludwig paressa toute la journée pendant que Wilhelm allait glaner des informations au sujet de la princesse.

-Je me suis renseigné, mon prince : deux princesses vivent dans ce château, celle que vous avez vue dans le miroir et sa sœur. Elles s'appellent Amelia et Elizabeth. La première semble plutôt méfiante tandis que la deuxième est connue pour être assez naïve. Nous pourrions donc rencontrer Elizabeth pour qu'elle nous donne le flacon, après l'avoir pris à sa sœur. De plus, si elle vous plaît, vous pourriez l'épouser.

-Tu oublies le plus important.

-Une fois de plus, je me suis couvert de honte, mais… il s'agit d'un bonnet E.

-Parfait !

-Elle organise un bal ce soir et…

-J'irai, j'adore les bals ! Tant de belles princesses rassemblées en un seul endroit !

-Euh… il y a juste un léger problème, mon prince… La princesse est… comment dire… une otaku.

-Une otaku ? répéta Ludwig.

Wilhelm piqua un fard et parla le plus vite qu'il put pour dire :

-C'est-une-fan-de-yaoi-et-le-bal-qu'elle-a-organisé-lui-sert-de-modèle-pour-son-prochain-dôjinshi-ce-qui-veut-dire-que-ne-sont-autorisés-que-les-couples-certifiés-gay.

La bouche de Ludwig forma un O.

-Ça complique tout… bon, on va faire comme si on était un couple.

Will sentit sa mâchoire inférieure toucher le sol, tant il était bouche bée.

-P-pardon ?

-Je ne vais pas laisser passer un bonnet E sous prétexte qu'il s'agit d'une otaku ! Il n'y a pas que la beauté intérieure qui compte !

OoOoO

Ludwig était nonchalamment allongé sur le lit, dans sa chambre, à l'auberge, Dorothéa alanguie à ses pieds, Lisette était assise sur l'appui de fenêtre et Will enfilait à contrecoeur les vêtements que lui avait prêtés le prince.

-Tu ne peux pas m'accompagner si tu es habillé comme un manant !

Le valet marmonna quelque chose et boutonna son étrange pantalon de cuir.

Dorothéa apporta un miroir pour que les deux hommes puissent se regarder.

Ludwig était habillé comme d'habitude (entendez par là qu'il portait un short de cuir noir, une chemise serrante, des bottes lui montant jusqu'aux genoux, une ample cape rouge garnie de plumes noires, des gants, une ceinture cloutée à laquelle pendait son revolver), et Will, un peu plus sobrement (c'est-à-dire que lui ne semblait pas sortir tout droit d'un concert de visual rock), mais ses vêtements étaient vraiment plus classes qu'à l'ordinaire.

Will faillit s'étouffer de surprise en voyant dans le miroir le bras de Louis glisser autour de sa taille.

Dorothéa avait-elle acheté ce stupide miroir à la brocante, ou… ?

Non, c'était bien la réalité, Ludwig se serrait contre lui.

-Ne fais pas cette tête, imbécile ! Je vérifie qu'on est bien assortis ! s'exclama Ludwig en s'éloignant et en s'époussetant le bras avec lequel il avait touché Will.

-La princesse voudra sans doute que vous vous embrassiez… suggéra Dorothéa.

-ÇA, PAS QUESTION ! cria Lisette en pointant son canon sous le nez du prince.

-Mais je fais ce que je veux ! riposta Louis en rejoignant Wilhelm.

-Prince Louis, ne vous sentez pas obligé de…

-Obligé ?

-Mais oui, vous dites tout le temps que pour rien au monde vous n'embrasseriez un homme, alors…

-Un homme ? Où ça ? Toi, tu n'es que mon valet.

Will resta bouche bée à l'entente de ces mots.

Il ne savait pas s'il était vexé ou simplement peiné.

Il ne put pas pousser la réflexion plus loin, deux lèvres douces et tièdes s'étaient posées sur les siennes.

Wilhelm s'immobilisa en sentant quelque chose d'humide glisser contre ses dents, comme pour en forcer le passage.

Et comme tout valet-qui-se-pâme-d'amour-pour-son-maître digne de ce nom, Wilhelm s'évanouit.

Il entendit la voix dure du prince dire « Quel abruti », avant de sombrer dans l'inconscience.

OoOoO

Will fut réveillé par une vive douleur dans la mâchoire. Il ouvrit les yeux. Il était par terre, là où Ludwig l'avait embrassé quelques instants plus tôt, et Lisette était à cheval sur son torse, ses genoux bloquant les bras du valet, le frappant de toutes ses forces.

Wilhelm ne trouva même pas la force de lui dire d'arrêter, ce ne fut que quand elle l'attrapa par les cheveux pour lui cogner la tête contre le sol que la voix hautaine de Ludwig retentit :

-Si tu me le défigures, c'est toi que je déguise en homme pour m'accompagner au bal.

Lisette fit la grimace, puis se pencha pour parler à l'oreille du valet maltraité.

-Pourquoi quand moi je t'embrasse, tu me repousses ? Je te déteste, stupide valet ! Tu te traînes comme un chien aux pieds du prince, tu mériterais que je te place une ou deux balles entre les yeux !

Will trembla en entendant ces paroles, et encore plus quand Lisette mordit son oreille.

Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous contre lui ?

Lisette se leva, décochant un dernier coup de pied dans les côtes du pauvre valet.

Dorothéa eut pitié de lui et l'aida à se relever.

-Heureusement que cette furie n'a pas abîmé mes vêtements, apprécia Ludwig, en piochant dans ses coffrets à bijoux.

Will ne se vexa même pas en entendant Ludwig s'inquiéter plus pour ses habits que pour lui.

En plus de dix ans, il avait pris l'habitude.

OoOoO

-Donc tu as bien compris ? Ne m'appelle pas « mon prince ». Il ne faut pas qu'on sache que le prince Louis traîne dans des bals de ce genre.

-Oui, mon prince, répondit docilement Will.

-Imbécile !

-Euh… pardon, L-Ludwig…

Le carrosse stoppa net et Will sortit précipitamment pour tenir la porte au prince.

-Imbécile ! répéta Ludwig sans aucune raison (ça lui plaisait de martyriser Will).

-Vous êtes prêt, Ludwig ?

-Tu dois me tutoyer, abruti !

-Vous êtes sûr ?

-Fais comme tu veux, imbécile, grommela Ludwig en remettant correctement sa cape et en plaçant un masque devant son visage.

Les deux hommes se dirigèrent vers la porte du château, et lorsqu'il fut sur le point d'entrer, Ludwig posa sa main sur la hanche de son valet, dans un geste purement possessif qui fit frissonner le principal intéressé (Will, vous l'aurez compris).

OoOoO

La salle de bal était magnifique. Les candélabres suspendus aux murs et au plafond se reflétaient dans le parquet parfaitement ciré, donnant l'impression que toute la pièce brillait de mille feux.
Il y avait de nombreux miroirs qui agrandissaient l'espace, et une fresque au plafond donnait l'illusion que la salle de bal se prolongeait jusqu'au ciel.

Des tables chargées de nourriture et de boissons avaient été alignées contre le mur ouest, qui était en grande partie vitré (le coucher de soleil teintait la pièce de lumière rose parfaitement magnifique).

Une scène avait été dressée dans un coin de la pièce, où un orchestre jouait la musique la plus mélodieuse que Will eût jamais entendue.

Des chaises étaient disposées près des fenêtres, pour que les invités puissent se reposer.

Des couples virevoltaient au rythme de la musique et des domestiques slalomaient entre eux pour amener des verres de Champagne et des canapés aux invités.

Will resta bouche bée et Ludwig râla vaguement à propos du manque cruel de représentantes de la gente féminine.

La soirée allait être spéciale.

OoOoO

-Mais où est cette princesse ? pesta Ludwig en se posant sur une chaise. Et où est cet imbécile de Wilhelm ?

Quelque chose s'écroula aux pieds du prince, qui fit son plus beau visage dans le style « prince-orgueilleux-qui-se-demande-quelle-est-la-sous-merde-qui-a-osé-effleurer-le-bout-de-ses-chaussures ».

-Louis ! Sauvez-moi ! s'exclama Will (c'était donc bien lui) en se serrant contre le pied de la chaise.

-Plaît-il ?

-Empêchez-les de m'approcher !

Ludwig regarda les trois personnes que lui désignait son valet et qui visiblement comptaient s'intéresser de près à Will. De très près.

Le prince attrapa Wilhelm par le poignet et le tira de façon à ce qu'il se retrouve assis sur ses genoux.

-Il est à moi et à personne d'autre, dit-il d'une voix calme, tout en passant une main rêveuse dans les fins cheveux noirs.

Les trois importuns s'éloignèrent en râlant et Will fit mine de se relever, lorsqu'il se rendit compte que le prince le retenait par les cheveux.

-Aïe ! Je savais que vous étiez sadique, mais c'est bon, là…

-C'est ma bague qui s'est coincée dans tes cheveux !

-Ça n'arriverait pas si vous évitiez de porter ces breloques !

Ludwig pointa le canon de son revolver entre les yeux de Will.

-C'est pas des breloques, d'abord !

-Mais aidez-moi à me détacher de là !

Ludwig retira sa bague et essaya de défaire les nœuds qui la retenaient coincée dans les cheveux noirs.

-Oh, et puis débrouille-toi ! Je vais finir par me casser les ongles !

-Mais mon prince…

-Ne m'appelle pas comme ça ! chuchota Ludwig, son visage à quelques millimètres de celui de Will.

En sentant le souffle chaud frôler ses joues, Wilhelm faillit perdre conscience à nouveau, mais il masqua sa gêne en se détournant pour dégager la bague.

-Voilà, Louis, je vous la rends, balbutia-t-il en tendant le bijou au prince, qui le récupéra et le replaça à son annulaire.

-Oooooh une demande en mariage, comme c'est romantique ! s'exclama une voix.

Will jeta un regard affolé au domestique qui avait dit cela.

-Hein mais non… bafouilla-t-il, rouge de confusion.

-Je vais appeler la princesse, elle va apprécier, continua l'homme.

-Mais enfin…

-Bien sûr, appelez la princesse ! dit Ludwig en tirant Will vers lui.

Si c'était le seul moyen pour que le bonnet F arrive jusqu'à lui…

Il embrassa de nouveau son valet, en s'exclamant :

-Bien sûr que je veux bien t'épouser ! Mon Dieu que je suis ridicule, continua-t-il tout bas.

La princesse arriva et Ludwig faillit en perdre la voix.

-Ecoute, imbécile, murmura-t-il à Will. On va continuer à faire le parfait petit couple pour ce soir, et demain, j'épouse le bonnet F.

-Elle s'appelle Elizabeth.

-Oui, si tu veux, souffla Ludwig d'un air indifférent, en dévorant la princesse du regard.

Elle était à l'égal de sa salle de bal.

Magnifique, scintillante, chaleureuse, lumineuse, accueillante.

Elle correspondait à tous les critères esthétiques de Ludwig.

Elle était blonde, riche et noble, de taille idéale, juste ce qu'il fallait pour que l'angle de vision du prince tombe naturellement sur son décolleté, elle était belle, la peau impeccablement lisse et blanche, la taille fine… et bien sûr, pour ne rien gâcher, elle faisait un bonnet F.

Seul défaut à noter… c'était une otakette.

-Bonsoir, messieurs, leur dit-elle.

-Bonsoir, princesse.

Le domestique qui avait appelé Elizabeth se chargea des présentations.

-Il s'agit de messieurs Louis et Wilhelm.

-Enchantée ! Alors, c'est vous qui avez demandé monsieur Louis en mariage.

-Mais non ! (*coup de coude dans les côtes de la part de Ludwig*)… euh, si.

Ludwig eut un demi-sourire en serrant son valet un peu plus contre lui.

Si son plan fonctionnait, il allait se marier avec cette splendide princesse.

-Vous êtes très beaux, tous les deux. Vous seriez de parfaits héros pour mon prochain dôjin ! Ooooh, oui !

Elizabeth fit une drôle de tête, plein de petites étoiles dans les yeux, un léger filet de sang s'écoulant de son nez.

-Une magnifique histoire, avec deux beaux amants qui s'aimeraient pour l'éternité !

-L'éternité, l'éternité… ça se pourrait que je le quitte dès demain, dit Ludwig.

Première phase du super-plan drague : faire comprendre à la princesse qu'il est potentiellement célibataire.

-Encore mieux ! Un couple d'amants qui s'aiment passionnément, au jour le jour, afin de ne jamais laisser mourir leur flamme !

Ludwig fit la grimace.

Il n'était plus tout à fait sûr de vouloir épouser cette folle.

-Je suis venu parce que j'ai besoin de quelque chose que vous détenez.

-Oooh… je vois.

Will se demanda ce qu'elle pouvait bien voir.

-J'ai toute une collection de cosplays qui pourraient très bien aller à monsieur Will : des petites robes gothic-lolita, des blouses d'infirmière, des accessoires de neko…

Ludwig eut un sourire satisfait.

Finalement, il allait bien s'entendre avec cette Elizabeth. Après tout, entre pervers…

Le visage de Will se décomposa.

Il n'avait pas la moindre intention de se déguiser en neko !

-Ça pourrait certainement m'intéresser, mais… ce n'est pas ça que je cherche. Je ne peux pas en parler ici, mais si ça vous intéresse d'aider le plus beau couple d'hommes que vous ayez jamais vu, je loge actuellement dans l'auberge qu'il y a à cent mètres du château.

L'otaku fit un grand sourire qui signifiait clairement « j'accepte ! »

-Mais demain, c'est impossible. Après-demain, d'accord ?

Ludwig acquiesça et ajouta :

-Et puis, vous savez… j'apprécie aussi la compagnie de belles femmes blondes…

Deuxième phase du super-plan drague : faire comprendre à la princesse qu'elle est vivement appréciée (voire même plus…).

Elizabeth rougit bêtement et Ludwig enfonça le clou en déclarant :

-Surtout quand elles portent des costumes d'infirmière ! Will, viens, il est tard, on retourne à l'auberge.

Troisième phase du super-plan drague : se faire désirer en disparaissant au moment crucial.


Aloreuh vous en pensez quoi???

Le chapitre suivant s'intitulera "le petit soldat de plomb". J'aime bien ce chapitre, c'est sur l'enfance de Louis...

Bon, je poste seulement si vous battez le record de reviews du premier chapitre (allez, trois reviews, c'est pas la mort TT)