Salut tout le monde! ^^

Voilà le chapitre 1! J'espère qu'il vous plaira même s'il se passe pas beaucoup de chose je trouve... mais bref :)

Un grand merci à tous ceux qui ont lui mon ptit prologue et à ceux qui ont laissé des review, je vous aime *keurs* et un énorme câlin de remerciement à la meilleure béta, j'ai nommé Alnia! D'ailleurs on a commencé une collab'fic, si vous voulez aller jeter un coup d'œil ça s'appelle "Les aventures du double A" et c'est sur son compte :)

LE NOUVEAU WTC EST SORTI! Vous l'avez trouvé comment? ^^ Moi je l'ai trop aimé!

Bref, bonne lecture!


Chapitre 1

En ce samedi matin de février, Mathieu Sommet buvait tranquillement son premier café de la journée tandis que son petit ami prenait sa douche, comme en témoignaient les bruits d'eau provenant de la salle de bain ainsi que la voix d'Antoine Daniel chantant à tue-tête « J'veux faire l'amour à du fromage de chèvre ». Le plus petit sourit en reprenant une gorgée de son breuvage favori. Il était en train de dresser mentalement le planning de son week-end lorsqu'un coup de sonnette à la porte d'entrée vint le tirer de ses pensées.

Il posa sa tasse sur la table de la cuisine, traversa le salon pour atteindre la porte et l'ouvrit. Son « bonjour » s'étrangla dans sa gorge lorsque deux pensées le frappèrent de plein fouet. La personne qui lui faisait face était ensanglantée, tenait à peine debout. Et il s'agissait de sa sœur jumelle. Elle vacilla et s'effondra dans ses bras sans qu'il ait eu le temps d'esquisser un mouvement. Ses yeux d'un ambré doux et envoûtant se plantèrent dans ceux bleu azur du vidéaste avant de se fermer doucement, comme au ralenti, en contraste total avec la scène d'horreur créée par ses vêtements imbibés de sang.

Mathieu se mit à hurler sans même s'en rendre compte, complètement détaché de la réalité, son univers se réduisant à la forme inanimée allongée dans ses bras. Non. Ça n'était pas vrai. Impossible. Ça ne pouvait pas arriver. C'était un cauchemar. Il allait se réveiller. Il allait se réveiller. Il ne se réveilla pas. Il était toujours là, dans son salon, sa sœur dans ses bras se vidant progressivement de son sang.

-Chloé ! Répond-moi ! CHLOE !

Il sanglotait en la secouant, incapable de faire autre chose que ce geste mécanique, l'esprit rendu totalement blanc et vide par la terreur qu'il éprouvait à l'idée de la perdre. Il savait qu'il aurait dû se lever, appeler les secours, mais il n'y arrivait tout simplement pas. Il lui sembla que son esprit se séparait de son corps tant il recevait d'informations contradictoires de la part de son cerveau. Toutes ses sensations étaient exacerbées, du frôlement soyeux de ses larmes dévalant ses joues déjà trempées par le passage de tant d'autres avant elles à la tension extrême des muscles de tout son corps, et en même temps il avait l'impression de flotter dans une sorte d'irréalité, comme si son cerveau se construisait une barrière mentale pour ne pas avoir à accepter la réalité trop douloureuse qui se déployait devant ses yeux. Cette séparation de son être en deux parties distinctes était mauvais signe mais il ne s'en préoccupa pas une seconde, se disant que de toute façon il pouvait bien crever si elle n'était plus là, et même qu'il aurait voulu mourir si cela pouvait la sauver.

Alerté par les cris de son petit ami, le plus grand entra précipitamment dans la pièce, une serviette nouée à la hâte autour des hanches et les cheveux encore dégoulinants de l'eau de sa douche.

-Math ?! Ça va ? Qu'est-ce que…

Il se figea à la vue de la scène se déroulant devant la porte encore ouverte de leur appartement : le petit châtain en larmes au sol, la flaque de sang carmin s'étendant lentement autour de la jeune fille qu'il tenait dans les bras.

Se giflant mentalement pour se forcer à réagir, Antoine se jeta sur le téléphone posé sur la table basse à côté du canapé et composa fébrilement le 18. Dans une sorte de ralenti, il vit la sœur jumelle de Mathieu emmenée sur un brancard, les secouristes s'affairant à toute vitesse autour d'elle en autant de mouvements qui lui étaient incompréhensibles, la porte d'entrée claquée derrière les pompiers et puis, le silence. Tout reprit soudainement une vitesse normale lorsque les sanglots de l'homme toujours prostré sur le carrelage atteignirent enfin ses oreilles,exerçant sur lui l'effet d'un baquet d'eau froide et lui faisant reprendre pied dans la réalité.

Le vidéaste aux yeux océan était à genoux, recroquevillé sur lui-même, les bras serrés autour de son ventre, les épaules secouées de tremblements nerveux. Les perles salées dévalant de ses joues se mêlaient à la flaque de liquide vital répandue juste devant lui et ses yeux étaient visiblement fixés dessus. Antoine s'approcha de lui.

-Mathieu… ?

Seuls des spasmes lui répondirent. Il s'assit à côté de lui et l'attira dans ses bras.

-Ça va aller… chut…

Son interlocuteur continua à se balancer d'avant en arrière, balbutiant des morceaux de phrases dénuées de sens. Puis il se mit à trembler de plus en plus fort tandis que sa respiration déjà hachée se faisait erratique.

-Math… calme-toi… lui chuchota son compagnon.

De plus en plus inquiet, il renouvela son injonction mais sans davantage de succès. Il avait peur de ce qu'il pensait qui allait suivre et priait de toutes ses forces pour se tromper. Mathieu était en effet sujet à de graves crises d'angoisse qui le faisaient quelque fois frôler la démence et l'avaient déjà conduit jusqu'à l'hospitalisation. Et dans ces cas là, personne ou presque ne pouvait arriver à le calmer. Cependant, après de nombreux efforts, des traitements et surtout grâce à la présence du chevelu à ses côtés, il n'avait pas fait de grave crise depuis environ trois ans. Mais là il rechutait. Et visiblement pas qu'un peu.

Essayant de masquer au maximum la peur dans sa voix, le plus grand posa délicatement une main dans le dos du plus petit et commença à la déplacer en lents mouvements circulaires.

-Je suis là… calme… respire doucement…

Comme si Antoine n'avait pas existé et que ses paroles n'étaient pas parvenues jusqu'à ses oreilles, le vidéaste aux yeux clairs se prit la tête entre les mains dans un long gémissement de désespoir qui planta un couteau effilé dans le cœur du plus grand.

-N… non… me… laisse… pas… Chloé… non… pas… tout seul…

Il repoussa de toutes ses forces celui qui le tenait contre lui et se releva d'un bond. Chancelant, respirant par à-coups, le visage rougi et déformé par les larmes et la peur, les yeux toujours accrochés à la tache de sang mais sans toutefois sembler la voir, il recula jusqu'à ce que son dos vienne buter contre le mur opposé. Puis, ses yeux passèrent d'un bleu rendu translucide par les larmes à un bleu métallique, presque gris. Le brun aux cheveux indisciplinés se figea en remarquant ce changement soudain. Oh non, pensa-t-il.

Le plus petit se mit à hurler à s'en briser les cordes vocales sous le regard affolé du second qui se précipita vers lui et captura son regard bleu inondé dans son propre regard noisette. Si cela échouait à le calmer, rien ne fonctionnerait et ça serait les sédatifs, il le savait. Il prit les mains de son petit ami et les posa sur sa propre cage thoracique sans le lâcher des yeux.

-Respire comme moi. Au même rythme. Doucement.

Il s'efforça de faire passer tout le réconfort et l'amour qu'il pouvait dans son regard, sans bouger d'un millimètre. Au bout de ce qui lui sembla une éternité, le plus petit s'arrêta de crier, ferma les yeux et se laissa aller contre lui en pleurant silencieusement. Le brun le serra en lui caressant les cheveux.

-Voilà… chut…

Il laissa la tension retomber un peu avant de le décoller de son torse et de le regarder.

-Je… suis désolé… j'ai essayé de… de résister… je… te jure… mais c'était… trop… dur… articula Mathieu.

Sentant une nouvelle fêlure se créer dans la voix de son petit ami, le brun lui sourit calmement.

-C'est pas grave Math… je sais que t'as fait ton maximum…

-Tu… tu crois qu'elle…

Le plus grand posa ses lèvres sur celles de son interlocuteur pour essayer de le réconforter.

-Bien sûr qu'elle va s'en sortir… tu la connais… et de toute façon elle t'aime trop pour partir.

-Je… merci…

-De rien, c'est normal… Je vais m'habiller et on va la voir.

-D'accord…

Antoine l'emmena dans la cuisine pour qu'il n'ait plus à supporter la vue de la flaque de sang qui trônait dans l'entrée, le força à s'asseoir sur une chaise et lui tendit un verre d'eau dans lequel il avait dissout un léger calmant.

-Tu m'attends là. Tu bois ça tranquillement et tu oublies pas de bien respirer, ok ? Je reviens tout de suite.

-Ok…

Le chevelu partit donc s'habiller. Arrivé dans la salle de bain, il se laissa tomber sur le rebord de la baignoire et pressa les poings sur ses paupières pour essayer de reprendre son calme. Il devait être fort. Pour Mathieu et pour Chloé. Ne surtout rien laisser paraître de sa peur. Il prit une grande inspiration puis se releva, s'habilla, récupéra ses lunettes et retourna dans la cuisine.

Dans l'esprit de Mathieu c'était tout simplement l'apocalypse. Ses pensées tournoyaient à une vitesse folle, s'intercalant, se superposant, se dissolvant, réapparaissant, se mélangeant en un ballet infernal qui lui broyait les tempes et qui semblait ne vouloir lui laisser aucun répit. Il revoyait la scène encore et encore, une main anonyme appuyant sans aucune pitié dans ses pensées sur le bouton replay de la vidéo des dix minutes précédentes. Il la revoyait vaciller devant lui, s'écrouler, fermer les yeux. Il revoyait son sang se répandre, sont teint prendre une pâleur trop prononcée pour être normale, alors qu'il se sentait si inutile, si impuissant. Il entendait sa respiration presque inexistante. Il sentait son pouls ralentir sous ses doigts. Elle ne pouvait pas mourir. Pas le laisser. Elle était tout pour lui. La seule famille qu'il lui restait, Sa sœur. Une partie de lui. Il ne pouvait pas ne serait-ce qu'imaginer le monde sans elle. Il ne pouvait pas vivre sans elle… il ne pouvait pas…

Le vidéaste se recroquevilla un peu plus et ferma ses paupières de toutes ses forces pour tenter de juguler la panique sans nom qui lui broyait la poitrine et lui lacérait le cœur de ses doigts de glace. Il avait envie de hurler de nouveau pour exorciser cette peur. De disparaître pour ne plus avoir à vive ce cauchemar.

Deux bras l'enserrèrent, diffusant autour de lui une chaleur bienfaisante. Il ré ouvrit les yeux et croisa le regard apaisant de l'homme qu'il aimait. Celui-ci l'aida à se relever et le porta à moitié jusqu'à leur voiture. Ils roulèrent jusqu'à l'hôpital dans un silence de plomb. Les yeux bleus du passager étaient fixés droit devant lui, immobiles, comme déconnectés, suivant mécaniquement les bandes blanches qui marquaient la chaussée à intervalle régulier. Lorsqu'Antoine stoppa le moteur, les iris océan sortirent de leur torpeur et leur propriétaire descendit du véhicule pour se diriger vers l'entrée des urgences le plus rapidement que ses jambes encore tremblantes le lui permettaient.


Voilà, j'espère que ça vous a plus, n'hésitez pas à laissez une review parce que ça fait plaisir!

Dans le prochain chapitre il y aura plus d'explications c'est promis ^^

A plus et bonne année à tous!