À la fin de la semaine qui suivit l'arrivée de Lucian dans la classe, la ville ce réveilla le samedi matin avec une nouvelle qui fit sensation. Un homme d'une trentaine d'année diffusa des photos de lui-même embrassant passionnément une Ladybug qui y répondait avec la même sauvagerie et qui enroulait même ses jambes autour de sa taille. Certaines photos étaient même plus indécentes encore.

Le premier à la questionner fut Lucian, par courriel. : « Je suis très blessé que tu m'aies caché que tu étais déjà en couple. Je pensais avoir gagné ton respect sur le sujet. Mais maintenant que je le sais, je ne t'embêterai plus. Je suis désolé de ne pas avoir comprit la raison derrière tes refus à mes invitations. Pardonnes-moi mes avances déplacées.»

Elle lui écrivit rapidement pour le détromper. Qu'elle n'était pas en couple et ne l'avait jamais trouvé déplacé envers elle. Qu'elle ne connaissait pas cet homme.

La rumeur enfla et cette liaison fut le sujet au cœur de toutes les conversations jusqu'au lundi. Même le démentie qu'Alya publia sur le ladyblog le samedi soir ne fit qu'attiser les flammes. Elles avaient même prit le temps de faire une entrevue filmée où elle déclarait simplement qu'elle ne connaissait pas cet homme.

Le seul résultat fut une nouvelle blague où on disait que Ladybug embrassait des hommes qu'elle ne connaissait pas.

Marinette était dans tous ses états à l'école. Chaque commentaire graveleux envoyait de la rougeur sur ses joues et elle en entendait tant que son visage ne reprenait plus sa couleur naturelle. Mais lorsqu'elle vit le visage d'Adrien, le sang refoula d'un coup vers son cœur. Il souriait. Mais il était clair que ce sourire était un leurre. Parce que si sa bouche souriait sans joie, ses jeux pleuraient sans larmes. Clairement, il désapprouvait le comportement qu'on lui attribuait.

Elle décida de s'épargner un peu de souffrance en restant en classe à la première pause. Elle coucha sa tête sur ses bras et passa ainsi le message qu'elle avait besoin d'un peu de calme. Les autres sortirent sans elle.

Lorsqu'elle entendit un peu de bruit devant elle, elle releva la tête pour remarquer qu'Adrien n'avait pas quitté la pièce non plus. Il avait sortie un magazine de potins de son sac et ouvert la page de l'article concernant son alter ego. Comme il regardait une des photos montrant cette personne qui n'était pas elle dans une position explicite, un petit cri étranglé lui échappa.

Adrien surprit fit un bond sur son siège et se retournant. «Marinette? J'étais certain d'être seul!»

Elle était rouge et avait plaqué ses mains sur sa bouche pour tenter d'étouffer son cri. Le magazine qu'Adrien avait laissé tombé glissa du pupitre sur le sol et il se pencha pour le ramasser. Il le tordit ensuite avec nervosité, roulé dans ses mains.

«Ce n'est pas ce que tu crois. Je n'étais pas en train…d'admirer ou d'apprécier. C'est juste, les photos… J'essayais de trouver quelque chose qui prouverait que tout ça est faux. Je n'arrive vraiment pas à croire. Enfin, tu l'as rencontrée comme moi. Elle fait beaucoup plus jeune que lui, non?»

«Ap-ap-après, Avant? Pendant. Non, euh… grrr. Alors? Je veux dire. Tu as trouvé la preuve que c'est une faute?»

«Non» fit-il les épaules tombantes. «Dans l'article, ils disent qu'un labo à travailler très vite pour leur certifier que les photos n'ont pas été truquées.»

Comme ils entendaient des pas revenir vers la classe, Marinette prit son courage à deux mains et déclara calmement : «Adrien, je suis certaine que c'est faux!» Comme Alix et Kim étaient déjà entrés, il ne fit que lui sourire pour la remercier.

Lucian, que tout le monde appelait désormais Londres à cause de son accent et parce qu'il prenait souvent sa ville en exemple, se proposa de les distraire du scandale qu'il avait remarqué les toucher en leur proposant une activité spéciale.

«Je suis certain que cette demoiselle a ses raisons pour agir de la sorte et nous ne devons surtout pas la juger.»

C'était des paroles clémentes et sensées mais tout de même dérangeantes pour Marinette puisqu'elles impliquaient que la liaison était réelle. Marinette ne comprenait pas pourquoi il disait une telle chose. Ne la croyait-il pas lorsqu'elle lui avait personnellement affirmé que tout était un mensonge?

Et il ne semblait que peu ému ou touché alors que jusque là, tant ses courriers que ses manières lui avaient fait croire qu'il était amoureux d'elle. Ne devait-il pas être juste un peu jaloux?

Il leur proposa de préparer une présentation de style libre sous forme de théâtre. Il demanda d'abord à Chloé ce qu'elle avait envie de faire. «Je ne peux qu'être la vedette, évidement.» répondit-elle avec attitude. «Évidement.» répondit Londres d'un ton neutre avec un léger sourire. «Lila, voudriez-vous écrire le texte? Vous m'apparaissez comme quelqu'un qui aurait beaucoup à apprendre aux autres.»

«Elle a surtout beaucoup d'imagination.» grogna Marinette. Alya ricana mais Londres tensa : «Marinette, nous n'avons pas besoin de commentaires négatifs dans cette classe et je te prierais de lever la main avant de parler.»

Marinette laissa échapper un autre grognement plus bas. Elle était la seule qu'il reprenait ou obligeait à observer cette règle.

Elle se demandait s'il n'avait pas quelque chose contre elle personnellement. Mais, Alya ne le voyait pas comme ça. Elle était d'avis que cette façon de faire avait amélioré le caractère de Chloé. Encore heureux! Elle obtenait tout ce qu'elle voulait avec lui y comprit que Marinette soit traitée comme une inférieure.

«Adrien, une préférence pour ce qui est de votre rôle?» interrogea le remplaçant.

«Adrien sera le premier rôle avec moi bien sûr.» intervint Chloé.

«Je peux peut-être parler pour moi-même?» s'objecta doucement Adrien. «N'importe quoi me convient tant que je ne joue pas. Je préférerais être à la technique.»

«Oh! Allez mon pote, tu as tellement de talent pour jouer!» l'encouragea Nino.

«Justement, j'ai l'habitude des premiers rôles. Je pourrais peut-être essayer autre chose.»

Finalement, il fut décidé que Mylène serait la metteure en scène mais tous les autres auraient un petit ou un grand rôle. Sabrina aiderait Lila à composer l'histoire, Adrien était donc condamné à jouer une scène d'amour avec quelqu'un et il n'y aurait ni décor, ni costume, ni trame sonore puisque tout ce ferait en une journée. Seulement des textes, joués dans la classe et filmés.

Les élèves firent des travaux pendant que les filles et Londres écrivaient le texte puis, la plus grande partie des élèves apprirent leurs répliques pendant que les auteures faisaient leurs travaux.

Comme on voulu commencer à répéter avant de filmer, une alerte résonna sur le téléphone d'Alya. Il ne s'agissait pas d'un akuma mais l'homme apparaissant sur les photos avec Ladybug avait été enlevé.

«Monsieur» réclama Marinette en levant la main même s'il lui tournait le dos. «Je peux aller aux toilettes?»

«Bien sûr, Marinette. Ne faisons pas attendre une vessie aussi capricieuse que la tienne.» Le commentaire du professeur remplaçant lui attira quelques rires des élèves.

'Encore une humiliation' pensait-elle mais bien sur, personne d'autre ne le voyait de cette façon. Pourquoi poursuivait-elle sa correspondance avec ce sale type?

Mais il n'était pas comme ça avec Ladybug. Il était attentionné, éclairé et savait toujours quoi lui dire pour la faire sourire. Peut-être Alya avait-elle raison et qu'elle se faisait des idées? Elle ne pouvait tout de même pas lui en vouloir de ne pas l'avoir reconnue.

Seule à la salle de bain, elle demanda à Tikki si Ladybug devait intervenir, selon elle.

«Je suis certaine que les policiers s'occupent de le retrouver. Pourquoi ne resterais-tu pas en classe, pour une fois? Laisse les détectives le secourir.» proposa la kwami. «Ils n'ont pas besoin de tes superpouvoirs.»

«D'accord Tikki, merci.»

Mais une heure plus tard, c'est une alerte akuma qui s'annonça. Marinette eu plus de mal à s'excuser cette fois. Surtout qu'Adrien et Alya venaient de le faire avant elle.

Elle arriva bien après ChatNoir et celui-ci bondit vers elle dès qu'il la remarqua. «Reste cachée. C'est après toi qu'il en a. C'est le type sur les photos.»

«Celui qui a été enlevé?» fit-elle, surprise. Elle regardait de loin ce géant à la peau rouge détruire tout ce qui lui tombait sous la main. «J'aurais peut-être dû aider à le rechercher finalement.»

«Tu sais Buguinette. Je suis de ton côté quelque soit ta réponse mais… C'est vrai ou pas?»

Labybug fronça les sourcils à cause du surnom mais ChatNoir avait l'air tellement effrayé par ce que pouvait être sa réponse qu'elle répondit sincèrement.

«Non. Je n'ai pas encore trouvé le trucage des photos mais tout est faux.» lui assura-t-elle.

Un grand sourire doux qu'elle ne lui connaissait pas éclaira le visage de ChatNoir. «Dans ce cas, essayons de le faire parler!» Il partit à la course vers le colosse pour attirer son attention. «Alors, mon grand. Je ne vois pas pourquoi tu te fâches après Ladybug. Est-ce qu'un baiser d'elle ne vaut pas d'être kidnappé? »

«Elle m'a trompé! Elle m'a séduite avant de disparaître!»

«Oh, vraiment?» questionna ChatNoir. «Et où as-tu trouvé ces photos?»

«Elle me les as envoyé par la poste.» fut la réponse.

«C'est suspect tout ça… Tu ne t'es pas demandé qui les avait prises? Je veux dire… Elle aurait prit un type au hasard, l'aurait séduit et demandé à quelqu'un de prendre des photos pour te les donner et toi qui va les publier! Mais passons sur tout ça. Si tu nous racontais pourquoi tu t'es mit dans une colère pareille aujourd'hui et pas avant?»

«C'est sa faute si j'ai été kidnappé. Ils voulaient que je serve d'appât!»

«Donc, d'abord le Papillon demande à quelqu'un de t'enlever pour atteindre ma Lady et ensuite, il t'envoie un akuma et tu acceptes de travailler pour lui à…»

«Assez» le coupa l'akumatisé. «Je vais détruire toute cette ville jusqu'à ce qu'elle se montre et je ne parlerai plus avec toi.»

«Je suis ici.» le stoppa Ladybug sortant de sa cachette mais tenant un lucky charme caché dans son dos. «Je n'ai rien à voir avec cette histoire, ce n'était pas moi avec toi. Mais je tiens tout de même à te demander pardon pour ce qu'on t'a fait à cause de moi.»

«Ça ne sers à rien d'être désolée. Ce que je veux, c'est que tu me rendes les boucles d'oreille de ma mère. Tu ne les mérites pas!»

«Elles sont dans cette boîtes.» montra-t-elle «Je la dépose ici et je m'en vais. Tu ne me reverras plus. Ça te va?»

ChatNoir qui c'était dissimulé pendant l'échange, fit trébucher le géant en étirant son bâton dans ses jambes.

Les super-héros sautèrent tous les deux sur le corps un peu assommé pour le fouiller rapidement et trouvèrent chacun une boucle d'oreille accrochée dans ses vêtements, apparemment à son insu.

Les brisant simultanément, ils virent s'en élever l'akuma que Ladybug pu purifier.

Alors qu'ils se félicitaient de leur réussite après que la petite boîte redevenue coccinelle ait réparé les dégâts, ils aperçurent Alya les photographiant.

«Tu sais, Alya, j'en ai un peu assez des photos pour aujourd'hui.»

«Non, je sais ce qu'il faut faire, il faut en prendre encore. Viens.» statua ChatNoir en l'entraînant près du type.

Il l'aida à se relever et Ladygug comprit son idée. Alya aussi apparemment puisqu'elle éclata de rire en redoublant d'enthousiasme sur l'obturateur.

Ce type faisait pratiquement sept pieds de haut. En aucune façon, les petits cinq pieds de Ladybug ne lui permettraient d'enlacer son cou comme sur les photos.

«Je suis encore désolée, Monsieur, qu'on vous ait prit pour appât. J'espère que vous ne m'en voudrez plus. Je dois filer.» dit Ladybug en portant la main à ses oreilles clignotantes.

«Si tu veux, je te raccompagne, ma Lady» offrit ChatNoir, joueur.

«Je préfère éviter les rumeurs entre nous, chaton. À la prochaine.»


Ce soir-là, Marinette décida de rompre tout liens entre Londres et son identité d'héroïne. Elle se rendit spontanément chez lui prête à mettre un terne à cette histoire. L'atmosphère du salon donnant sur la terrasse donnait l'impression qu'il attendait une galante compagne. Ou peut-être ouvrait-il une bouteille de vin rouge tous les soirs pour la boire à la lueur des bougies, sa chemise partiellement défaite?

«Je voudrais que tu arrêtes de m'écrire, s'il-te-plait. Je devine que tu voudrais que nous soyons ensemble mais c'est non. Ça n'arrivera pas.»

«Pourquoi?» demanda-t-il «Tu as quelqu'un d'autre, finalement? Et moi qui pensait que tu venais m'assurer que j'étais le seul homme de ton cœur et que tu me demanderais de te pardonner ton infidélité…»

«En effet, je suis amoureuse de quelqu'un mais ce n'est pas de toi. Et c'est pour ça que je ne peux pas être avec toi, même si je ne suis pas en couple avec lui.»

«Si vous n'êtes pas ensemble, ça ne compte pas. Ce n'est pas vraiment concret. Vous ne partager rien de réel. C'est le jeune Agreste j'imagine? C'est plutôt évident quand on regarde les vidéos où on vous voit ensemble. Mais c'est exactement ce que je disais : un rêve, rien de réel.»

«Bien sur que si. Tout mon cœur lui appartient. Mon amour pour lui est réel!» protesta-t-elle avant de se rendre compte qu'elle avait fait une erreur. Il avait réussit à la manipuler pour lui faire dire ce qu'elle ne voulait pas avouer.

«Tu es vraiment plus jeune que je ne le pensais. Délicieux! Une petite ingénue à laquelle personne n'a touché. Je serai donc le premier.» Lucian servit un verre de vin qu'il lui tendit. Ne venait-il pas de dire qu'il la pensait mineure?

«N'as-tu rien comprit de ce que j'ai dit? Tu ne m'intéresse pas de cette façon! Et de plus aucune avec ce que j'apprends de toi ce soir!» Ladybug avait gardé une voix calme jusque là mais, sa voix était passée du sifflement exaspéré à une voix claire s'exprimant fermement. «Et - et avec tout ce qui est arrivé avec cet homme, aujourd'hui, tu crois vraiment que c'est une bonne chose que j'aie une relation avec quelqu'un avec mon identité d'héroïne?»

«Je suis parfaitement conscient des risques. Ma seule question c'est : As-tu fais des promesses à ChatNoir? L'as-tu laissé porter la main sur toi? Le reste m'importe peu. Peu importe qui tu es sous le masque. Cela ne change pas que tu es la grande Ladybug et que si tu n'envisages pas être en couple avec ChatNoir, moi, je veux former un couple avec toi. Je sais que nous serons ensemble un jour. Tu te rendras compte éventuellement, à quel point je suis parfait pour toi. Moi, je suis si convaincu que je l'ai fait inscrire dans ma peau.»

Détachant deux boutons de plus, il lui montra le haut de son bras. Il avait un tatouage demi-manche avec sa silhouette entièrement en rouge à pois noirs avec les mots : 'Elle et moi pour toujours' inscrits en noir par-dessus. La silhouette prenait une pause invitante.

Ladybug était déjà debout, elle n'avait pas encore bougé du demi-mur qui servait de limite à la terrasse depuis son arrivée. Sans un mot, elle attrapa son yoyo et disparue dans la nuit.


Elle n'alla cependant pas très loin. Elle voulait voir ce qu'il ferait ensuite. Cachée sur un autre toit, elle le vit entrer calmement à l'intérieur en prenant une gorgée de vin.

Derrière elle, les bottes métalliques de ChatNoir se firent entendre pour annoncer sa présence.

«J'ai vu que tu étais de sortie. Je suis venue voir s'il se passait quelque chose. Tu te balades rarement sans raison.»

Elle ne se retourna pas, restant concentrée sur Lucian et sur la tâche de calmer ses émotions. Mais ChatNoir s'avança assez près pour lui faire le baisemain.

Prenant une grande respiration, elle ramena les battements de son cœur à la normale. Elle s'était bien fait avoir. Elle le pensait mature et de bons conseils. Elle avait eu confiance en lui. Finalement, son instinct avait été le meilleur juge. Elle aurait dû l'écouter plus.

Elle était agenouillée derrière le rebord du toit et regardait toujours l'appartement de l'autre côté de la rue. Avait-elle quelque chose à craindre de lui? Allait-il devenir akumatisé? Il semblait trop maître de lui-même pour cela mais il pouvait tout de même être dangereux.

ChatNoir s'assit près d'elle, dos au muret. «Tu peux m'expliquer quelle est ta relation avec ce type? Pourquoi tu te préoccupes de lui? Ce n'est tout de même pas lui, le garçon fait battre ton cœur? Qu'est-ce que tu fiches avec un type pareil? Vous n'allez pas du tout ensemble.» fit-il sur un ton faussement nonchalant.

«Nous avons échangé quelques courriels et j'ai accepté qu'il m'offre un chocolat une fois. Je ne suis pas restée très longtemps. Mais, il s'est fait tout un scénario. Et il veut que nous soyons vraiment ensemble. Je lui ai dit 'non' très sérieusement ce soir mais j'ai l'impression qu'il n'a pas voulu entendre. Il n'a rien à voir avec le garçon dont je t'ai parlé. Je n'ai jamais eu de tel sentiment pour Lucian. C'était juste… flatteur que quelqu'un comme lui s'intéresse à moi.»

ChatNoir se sentit un peu blessé mais ne relava pas parce qu'il voulait éviter la confrontation. «Pourquoi es-tu allé le voir au départ? Pourquoi avoir parlé avec lui plus qu'à un autre fan?»

«Je sais pas.» fit-elle en haussant les épaules «Il a su trouver les mots pour me déculpabiliser de tout ce que je me reprochais à moi-même. Finalement, ses paroles étaient plutôt creuses.»

ChatNoir n'avait pas de difficulté à le croire. Il trouvait le professeur remplaçant très superficiel derrière sa façade amicale et sympathique.

«Je peux, je peux savoir… pourquoi? Pourquoi tu t'es tournée vers lui plutôt que vers moi lorsque tu as eu besoin de réconfort?» demanda-t-il finalement trop blessé pour se taire. «Est-ce qu'il y a quelque chose que je pourrais faire pour te rendre heureuse?»

Ladybug ferma les yeux. Les paroles de ChatNoir ramenèrent comme une énorme vague tous les tracas et les embarras qu'elle subissait dans sa vie personnelle. 'Pas maintenant!' Elle ne devait pas craquer. Rien n'était encore terminé. Elle se laisserait aller lorsqu'elle aurait vaincu. Elle se concentra pour empêcher les larmes qui lui montaient aux yeux de couler sur ses joues.

Bouleversée, elle avoua à ChatNoir : «Parce que je t'aime trop pour ne pas tombée amoureuse de toi, si je me laissais allé. Je serais alors déchirée entre toi et Adrien et je ne suis vraiment pas assez forte en se moment pour passer à travers des tourments amoureux en plus du reste de mes problèmes.»

ChatNoir avait manqué d'air en entendant son prénom sortir de la bouche de sa Lady mais lorsqu'elle arrêta de parler, elle lâcha un unique sanglot et il se reprit. Pour elle.

Il l'attira sur son épaule pour la serrer contre lui et la réconforter. Elle se calma très vite. Semblant profiter plutôt de sa chaleur et sa tendresse pour y puiser des forces.


Il y a des centaines, voir des milliers de gars qui se prénomme Adrien dans Paris. C'est ce qu'il ne cessait de ce dire le lendemain. Il était en classe et la journée de cours était bien avancée. Il ne lui resterait plus ensuite que son entrainement d'escrime pour compléter sa journée après le cours de sport.

Normalement, il préférait les cours en classe aux côtés de Nino et avec ses amis à la rigueur des entraînements de piano, escrime ou chinois mais pas avec Londres en face de la classe. Il n'écoutait même plus ce que ce type leur disait, il avait simplement hâte de sortir et de préparer un plan pour rencontrer Ladybug sans son masque. La question était cruciale pour lui.

Était-il bien LE Adrien qui faisait battre le cœur de sa Lady?

Ils s'étaient déjà rencontrés à quelques reprises sous ces identités dont une récemment où elle l'avait sauvé mais il s'était alors trop laissé envahir par ses sentiments pour elle et son admiration pour se demander clairement ce qu'elle pensait de lui. Il n'avait juste simplement jamais pensé qu'elle pouvait préférer Adrien, le garçon silencieux et reclus toujours trop manipulable, à ChatNoir, le super-héros qu'elle connaissait mieux que quiconque et qui l'adorait avec entêtement.

Que pouvait-elle voir chez Adrien qu'elle ne voyait pas chez ChatNoir? …s'il était bien le bon garçon. Ils se connaissaient depuis quatre ans. Avaient connu et traversé une épreuve après l'autre et c'étaient la première fois, la veille qu'elle se laissait suffisamment aller pour lui donner des détails de la sorte sur ''l'autre homme.''

Était-ce une question de confiance? Il ne le pensait pas puisqu'elle lui avait toujours fait complètement confiance en lui livrant le fond de ses pensées, le tenant informé de ses humeurs lors de ses bonnes comme de ses mauvaises journées ne lui cachant que ses secrets. Cette déclaration sur ses sentiments envers lui, n'était pas la première. Pouvait-elle être plus bouleversée que d'habitude? Plus fatiguée, exténuée?

Dans ce cas, il devrait prendre encore plus soin d'elle et être plus vigilant. Ce n'était pas le moment de la confronter et il devrait être très délicat afin de ne pas découvrir son identité par hasard. Ce serait trop de remous dans leur relation.

Déjà qu'il n'en avait pas finit avec le problème qui se baladait de gauche à droite devant la classe…

Les cours théoriques s'achevèrent finalement. Ne restait plus que le cours de sport qui lui permit de se détendre pour vrai en tapant dans une balle. Perdu dans les souvenirs des sanglots de Ladybug, il mit du temps à réaliser qu'un groupe de filles parlaient de lui non loin.

Depuis le début du trimestre, sa classe partageait la pelouse du Stade des princesses avec les deux autres classes de leur niveau pour pratiquer divers sports de raquettes. Marinette et Alya connaissaient pratiquement tout le monde à l'école mais lui préférait se concentrer sur ses amitiés avec un petit cercle d'amis plus proches.

Il se rappelait que quelques unes d'entre elles lui avaient déjà dit bonjour mais il n'en connaissait aucune par leur prénom. Il remarqua qu'elles rigolaient en le pointant et essaya de se rappeler si un article le concernant ou une nouvelle publicité de son père le mettant en vedette était parue dans les derniers jours.

«Ad-Adrien. Est-ce que tu aurais vu Alya ou Nino? Je ne les ai pas revue depuis une maman.» lui demanda Marinette en s'approchant de lui toute rougissante.

«Non. Tu as essayé leurs téléphones? Ils sont probablement cachés quelque part ensemble.»

«Non, mon babyphone est resté dans mon vestiaire mais le professeur voudrait faire passer sa réputation à Alya.»

Adrien retenait difficilement le sourire qui lui montait aux joues. Marinette avait toujours bafouillé en sa présence mais depuis qu'elle ne stressait plus à se corriger et qu'elle le laissait décrypter par lui-même son langage codé extra-terrestre, la situation était beaucoup plus confortable pour tout les deux.

Lui non plus n'obtenant pas de réponse de leurs amis communs proposa : «Allons les chercher alors. Bon, si on voulait avoir tous les deux la paix pour s'embrasser, où pourrait-on bien se cacher?»

La rougeur envahie les joues de Marinette jusqu'à son front. Elle écarta les lèvres en le regardant avec de grands yeux et se tourna vers lui mais essaya tout de même de marcher dans la même direction. Ce qui eut un résultat plutôt désastreux. Ou avantageux puisqu'elle trébucha lamentablement et qu'il la rattrapa au vol. Il la transportait toujours soudée à son côté d'un seul bras, avançant imperturbable. Elle avait complètement caché son visage avec ses deux mains et il l'entendait murmurer en boucle : «Oh, my god!»

Ils trouvèrent effectivement Alya et Nino dans un corridor désert et très occupés à découvrir la bouche de l'autre.

À ce stade, Adrien avait déposé Marinette au sol et la traînait derrière lui par la main comme une enfant. Bon, il appréciait peut-être un peu aussi la sensation de sa paume sous le bout de ses doigts.

«Ah! Mais ils sont vivants finalement! On se posait des questions! Alya qui a éteint son téléphone, on a jamais vu ça dans cette dimension!»

«Vraiment très drôle Agreste!» évidement, elle voulait se venger alors elle utilisait son nom de famille. Elle savait bien qu'il détestait. «Mais, qu'est-ce que tu as fait à Marinette?»

Adrien se retourna et s'aperçu que Marinette avait exactement la même tête que si elle était entrée dans un mur. Elle se tenait mollement sur ses jambes, était très rouge et souriait bêtement sans se rendre compte de ce qui se passait autour d'elle. Mais ses yeux brillaient des plus belles étoiles.

«Rien du tout, je lui ai juste demandé si elle savait où les couples allaient pour s'embrasser.»

Alya lui jeta un regard noir et tenta de sortir Marinette de sa transe.

«Elle a dit que le professeur était prêt pour ton évaluation.» informa Adrien.

«D'accord, je vous la laisse. Je reviens le plus vite possible.» les garçons s'approchèrent de Marinette qui tourna automatiquement la tête pour perdre son regard dans celui d'Adrien. «Tu crois que c'est une sorte d'hypnose? Elle va peut-être faire la poule.» demanda Nino alors qu'Adrien décida de tenter de la réveiller en claquant des doigts.

«Aaaah! Poussez-vous, idiots.» s'énerva Alya en revenant chercher Marinette et en la traînant vers la pelouse comme Adrien l'avait fait. Se faisant, elle eu droit à la revue complète des qualités physiques du garçon.

Une heure plus tard, Adrien sortait du vestiaire des garçons pour aller rejoindre son chauffeur. Il ne vit pas Marinette qui fonçait dans le couloir courbe du stade.

Il comprit rapidement qu'il ne l'avait pas entendu arriver parce qu'elle ne portait que des bas aux pieds. Elle ne portait, en fait, que des longs bas blancs mi-cuisse, des dessous et un soutien-gorge. Assorties. Noirs avec de la dentelle de la même couleur.

'Seigneur!' Il ne lui manquait que la jupe écossaise et la blouse écolière trop serrée pour être un fantasme ambulant! Adrien s'enflamma comme s'il était tombé dans une fournaise. Et deux fois plutôt qu'une! Une fois de désir et une fois de colère. Si la bande de fille de l'autre classe n'était pas arrivé avant qu'il ne revienne de sa surprise, il l'aurait plaqué contre le mur et lui aurait démontré à grands mouvements de bassin que trop c'était trop! Elle avait dépassé la limite des tentatives de séductions. Elle voulait jouer avec le feu? Il allait la brûler!

Les filles s'arrêtèrent de courir en le voyant, restant interdites toutes les huit. Marinette, sans aucune gène pour sa presque nudité, se retourna pour leur faire face. Habitué aux combats comme il l'était, Adrien reconnu ses motivations. Il l'avait vu fuir pour éviter le combat et maintenant, elle se préparait à se défendre.

Mais les filles ricanèrent et passèrent près d'eux comme des poules dans une basse-cour.

«Je suis désolée, Adrien, elles m'ont encerclé dans les vestiaires. Je vais aller m'habiller. À la prochaine.» fit-elle le plus naturellement du monde. Adrien en arrivait à croire qu'elle n'était pas la même personne que celle qu'il avait menée par la main comme si elle était une enfant un peu plus tôt.

Il sortit sa propre serviette de son sac et la lui offrit. Elle la prit sans un mot et l'enroula autour de son buste. Elle repartit calmement vers les vestiaires et lui rendit sa serviette en le remerciant d'un regard confiant après qu'il l'eu suivit jusque là.

Elle pouvait être adorable lorsqu'elle rougissait de timidité mais lorsqu'elle se reprenait, elle le faisait si totalement qu'il se demandait toujours si sa nervosité près de lui était réelle ou jouée. Et en plus, il appréciait les deux facettes qu'il connaissait d'elle jusqu'à en oublier qu'il en aimait une autre!

Cette fille était décidément le plus grand mystère du monde!