Chapitre 1.
Je regardais en bas, essayais d'estimer la distance qui me séparait de la mer. Un vrai danger ! J'entendrai sûrement sa voix… Je respirais une dernière fois, fermais les yeux et fis un pas vers le vide. Mais je m'arrêtais aussitôt, j'avais la désagréable impression d'être observée, ce qui ne m'allait pas du tout, je n'avais aucune envie d'expliquer à quiconque la raison pour laquelle je désirais sauter plus que tout au monde. Je me sentais stupide de croire qu'il y ait quelqu'un, mais je voulais tout de même être sûre. Je me retournais donc avec un soupir dans la direction ou j'avais senti une présence. Bien entendu il n'y avait personne, vexée je fixai un moment devant moi avec rage puis me tournait de nouveau vers la mer. C'est à ce moment la que j'entendis un rire. Il sonnait comme une cascade, clair et doux, un joli rire de femme moqueuse. Définitivement en colère je regardais vers la source du rire, bien décidée à le faire rentrer dans la gorge de sa propriétaire avec une réplique cinglante dont je n'avais encore aucune idée. Pas grave j'improviserai. Mais je n'avais pas prévu ce que j'allais voir et rien n'aurait pu me préparer a ca.
Devant se tenait un être qui ne pouvait être réel. Je ne pouvais lui donner aucun nom connu de créature terrestre, elle était trop…différente ? Magnifique ? Unique ? Même mon ange personnel aurait semblait bien pâle a ses côté. Je peux essayer de la décrire mais aucun mot en vérité ne pourrait faire un portrait d'elle qui soit un tant soit peu réaliste. C'était une femme, ou plutôt c'était LA femme, la féminité par excellence ! Sa peau était brune, assez foncée, ce qui contrastait avec ses yeux d'or et ses cheveux fauve qui lui arrivaient jusqu'au bas du dos, ils ondulaient et partaient dans toutes les directions, elle avait quelques mèches collées au front par la pluie. Elle avait les plus belles lèvres que l'on pu voir. A faire mourir de jalousie Angelina Jolie. Elle était de taille moyenne, peut-être 1 m 70. Son corps était tout simplement parfait, des proportions parfaites, des formes parfaites. Il y avait quelque chose qui se dégageait de tout son être, comme si elle était en flamme et je ne pouvais détacher mes yeux de ses flammes. Ma première pensée fut tout simplement que c'était un véritable ange. Et je voulais le toucher, lui dire toute mon admiration et mon amour pour lui. Je voulais rester à jamais prés de lui et le servir. Ca m'aurait rendu heureuse, j'en étais certaine.
L'idée que je n'étais pas sensée regarder cette femme comme je le faisais et à la place lui balancer ma fameuse réplique cinglante commencait aussi a faire son chemin dans mon esprit lorsqu'une voix me sorti de ma torpeur aussi vite que j'y étais tombé.
-Maman ! Arrête ca !
Je regardais intriguée la petite créature qui se tenait au côté de l'autre et que je n'avais pas vu jusque là. Petite, blonde et jolie, comme ces poupées de porcelaine qui trainaient dans ma chambre chez ma grand-mère. La peau pâle et les yeux dorés. L'évidence me frappa de plein fouet, pas des anges mais des vampires, végétariens d'après la couleur de leurs yeux. Je ne pus empêcher un sourire béat de s'étaler sur mes lèvres. Des vampires ! Un petit bout de ce que j'avais perdu. Je m'approchais d'elle, le sourire sur mes lèvres plus grand encore, je voulais être sûre, toucher leur peau froide, entendre leur voix encore. Je m'exclamai alors, folle de joie :
-Vous êtes des vampires !
Le regard de consternation totale qu'elles me rendirent refroidi un peu mon ardeur et je m'arrêtais. Je remarquai alors que l'africaine semblait différente, bien qu'elle soit toujours 100 fois plus belle que la plus belle des femmes que je connaissais, c'est-à-dire Rosalie Hale. L'aura qui l'entourait quelque seconde auparavant avait disparue. Elle ne rayonnait plus. C'est à ce moment que je repris le fil perdu de mes pensées. Je lancais donc un regard noir a l'ange :
-On peut savoir ce qui te fait rire dans le fait de voir quelqu'un sauter d'une falaise ?
Si avant elles avaient eu l'air abasourdi, maintenant c'était bien pire. Elles me fixaient comme si j'avais dit la plus grande absurdité du siècle, ce qui était peut-être le cas. Je rougie et baissais les yeux, ne sachant pas quoi dire pour expliquer mon comportement plus que bizarre. Pour ne pas arranger ma gêne, l'africaine se mit à rire. Je me mis à penser sérieusement à la possibilité de sauter maintenant dans le vide. Mais la petite blonde vint a mon secourt, après un soupir de désespoir visiblement adressé a sa « mère » qui riait toujours :
-Désolé, elle ne sait pas se tenir en société, j'ai jamais réussi à lui apprendre les bonnes manières.
Elle avait dit ca avec un petit sourire contrit. L'autre lui avait aussitôt donné un coup dans les côtes et avait fait mine de bouder.
Je ne savais vraiment mais alors vraiment pas quoi dire, alors je dis bêtement la première chose qui me passa a l'esprit :
- Tu ne ressembles pas du tout à ta mère.
Au moment même ou ces mots passèrent mes lèvres je les regrettais. Bien entendu qu'elles ne se ressemblent pas, idiote ! Ca ne pouvait pas être sa vraie mère ! L'ange de beauté se remit à rire encore plus fort et je voyais que l'autre devait faire de grand effort pour ne pas faire de même.
- Je tiens tout de mon père en fait.
Elle avait dit ca avec un sourire malicieux, attendant ma réaction. Je restais bêtement un moment à la fixer avant de réaliser.
-C'est vraiment ta mère !
J'essayais de ne pas faire attention aux éclats de rire de ladite mère. La blonde leva les yeux au ciel :
-Maman….
Puis elle tourna de nouveau son regard vers moi :
-Oui oui, à ma plus grande honte, c'est véritablement ma mère biologique.
Elle se prit un autre coup dans les côtes. L'objet de sa honte venait de contrôler son hilarité et me regardait avec un grand sourire.
-La question de notre parenté étant réglée, on pourrait savoir pourquoi tu es au courant de ce que nous sommes et par la même occasion pourquoi, étant au courant, tu n'as pas encore pris tes jambes à ton cou ?
Elle avait une voix magnifique, bizarrement elle me fit penser à la voix de ma mère quand elle venait me dire bonne nuit dans mon lit, il y avait tellement de douceur et de gentillesse dans cette voix ! Je rougis de nouveau, me rappelant que j'étais sensé donne une réponse.
-Je…J'ais… connu une famille de vampires qui a vécu pendant un moment ici, ils étaient « végétariens », comme vous c'est pour ca que je sais que vous ne m'attaquerez pas.
J'avais dit ca très vite, autant j'étais heureuse de voir des vampires, autant je n'avais aucune envie de parler d'eux…et de lui.
-Je suis sûre qu'il en vaut pas la peine !
La belle africaine avait dit ca sur le ton de la conversation, comme si elle avait dit : "Sale temps aujourd'hui". Je relevai la tête et la fixais avec des yeux ronds comme des soucoupes, la bouche ouverte de stupéfaction. Elle pouvait lire dans mes pensées !
-Q…Qu…Qu'est ce que tu viens de dire ?
-Je disais que le mec pour lequel tu t'apprêtais à sauter n'en vaut sûrement pas la peine, les hommes en valent d'ailleurs rarement la peine, si tu veux mon avis.
Une ombre passa dans ses beaux yeux et elle sembla être ailleurs un instant. Quand elle revint a la réalité elle me regarda étonnée, je n'avais toujours pas bougé, les yeux et la bouche grands ouverts.
-J'ai dit quelque chose de mal ?
J'essayai à grand peine de reprendre mes esprits.
-N…Non. C'est juste que je demande comment tu sais que c'est à cause d'un homme que je veux sauter. Tu peux lire dans mes pensées ?
-Non, mais j'aimerais bien, ca doit être intéressant ! Et je ne le savais pas, j'ais juste supposé. En attendant j'ai pas beaucoup de mérite : une jeune fille au bord d'une falaise avec l'air d'avoir subit mille morts, c'est rarement autre chose qu'une peine de cœur.
Elle me fit un joli petit sourire, voulant me montrer qu'elle était désolée de m'avoir fait de la peine en parlant de ca.
- Je suppose que c'est un sujet tabou.
J'hochais la tête et dégluti avec peine. La petite blonde me regardait avec des yeux plein de compassion et me souriait. Je baissais les yeux, voulant fuir ces regards pleins de bons sentiments mais qui me rappelaient trop la raison de ma douleur. Elles le remarquèrent car à peine 2 secondes plus tard, l'africaine pris la parole d'un ton enjoué :
-Et ton p'ti nom c'est ?
Je relevai les yeux, un peu surprise du changement de sujet et de ton.
-Isabella Swann. Mais je préfère Bella. Et vous ?
-Ni
me répondit l'africaine aussitôt. Je haussais un sourcil
-Ni ?
-Néfertari en fait, mais je préfère Ni
-Pourquoi Ni ?
Elle fronca les sourcils
-Pourquoi pas ?
-Je ne sais pas, c'est bizarre comme nom.
-Tu t'y feras.
Je la regardais interrogative, est ce que ca voulait dire qu'elles restaient a Forks ? Je chassais la question de ma tête et me tourna vers la fille, de Ni, donc, qui avait observé notre échange avec un sourire aux lèvres.
-Et toi ?
-Lyra ou Lyli comme tu veux
-C'est joli.
Elle me sourie
-Merci.
Les présentations faites je ne savais plus quoi dire ou faire et je me balancais d'un pied sur l'autre en torturant mes mains, j'attendais qu'elles disent quelque chose. J'attendis vainement pendant un moment qui me sembla une éternité, quand les premiers mots que Lyra ait prononcé me revinrent en mémoire.
-Lyra ?
-Mmh ?
-Qu'est ce que ta mère devait arrêter de faire quand…enfin au début ?
-Te charmer.
Je lui lancai un regard plein de points d'interrogation mais elle ne sembla pas y prêter attention et ne m'expliqua pas le sens de ses mots.
-C'est un truc de vampire de parler par énigme ?
Ni me regarda, amusée et interrogative, avant de répondre.
-Mon pouvoir consiste à charmer les gens, humain comme vampire, homme comme femme. Quand je l'utilise, ma « proie » est transformée en une sorte d'esclave qui ne voit que moi, ne sent que moi, n'écoute que moi et n'obéis qu'à moi.
Elle avait dit ces phrases avec une certaines fierté, visiblement ca lui plaisait d'avoir un tel pouvoir sur les autres. Lyra soupira et jeta un regard désespéré sur sa mère. Puis se tourna vers moi avec un sourire complice.
-En plus d'être mal élève elle est megalo…
Troisième coup de coude.
Je souri, heureuse de cette complicité qui me rappelait celle que j'avais avec Alice lorsqu'elle se moquait de… je grimmacais, le trou dans ma poitrine se fit encore plus grand et un gémissement s'échappa de mes lèvres malgré moi. La présence des deux vampires avait ravivé trop de souvenirs en moi. Je sentis des bras m'entourer, des bras aussi froids que les siens mais l'odeur n'était pas la sienne. Je laissais échapper un autre gémissement. Sans réfléchir je nichais ma tête dans le cou de Ni et laissait couler des larmes trop longtemps retenues. Jamais auparavant je n'avais eu une crise de manque d'Edward comme celle-ci, si soudaine. Je ne sais pas combien de temps je restais comme ca, immobile dans les bras d'une inconnue, qui plus est une vampire. Mais je me sentais bien, comme dans les bras de ma mère. Je serais surement restée comme ca des siècles si un grondement ne s'était pas fait entendre dans mon dos.
