Disclaimer : Harry Potter n'est absolument pas à moi, mais à J. K. Rowling.
Note : Et voici le second chapitre ! A l'instar du premier, il n'est pas très long… mais un peu plus « consistant », peut-être. Ce chapitre contient un lemon. J'ai essayé de le faire très… tendre, enfin, disons que je voulais littéralement une scène d'amour. J'espère que c'est plus ou moins réussi…
Merci beaucoup à nana pour sa review ! Tu ne m'as pas laissé d'adresse pour t'envoyer une reply, mais ton commentaire m'a fait très plaisir :-)
Résumé : Remus John Lupin et Nymphadora Tonks, une tragédie en trois actes : la rencontre, le mariage et la mort. Et l'enfant, orphelin et vivant, ultime sursaut de cet amour perdu.
« C'était comme une vague qui l'entrainait très loin : il était incapable de se dérober à cette magie-là, cette magie rouge de l'amour, ultime pulsation de vie qui donnait à son vieux cœur rongé l'illusion délicieuse qu'il battait de nouveau. »
ACTE II
LE MARIAGE
Les mots de Mrs Weasley ne sortaient pas de sa tête. Comme un rayon de lumière dans une forêt sombre, ces paroles sonnaient telle une tentante promesse de bonheur dans les noires pensées de Remus Lupin. Toujours, toujours les mêmes « et si »…
Remus se prit la tête entre ses mains, et poussa un long gémissement plaintif. Il releva les yeux et son regard croisa celui de son reflet, dans le miroir faisant face au fauteuil. Ses prunelles fatiguées lui parurent saturées de vieillesse, et il repensa, dans un élan de désespoir, aux regards chers qu'il ne croiserait jamais plus.
Lily et James. Sirius. Et puis, dernier choc en date : Dumbledore.
Enfin, il se décida à tourner le regard vers la silhouette de femme figée, tournée vers le mur, ne pouvant plus le regarder.
Tonks.
Tonks qui l'aimait, Tonks qu'il aimait, mais voilà, tout n'était pas si simple. Il était pourtant si près de se laisser convaincre… Mais la peur, la peur pour elle le rongeait si fort, c'était un acide surpuissant, qui dévorait son cœur brisé dont les morceaux ne pouvaient plus, quoi qu'elle en dise, être recollés.
Les cheveux roses lui semblaient plus longs que d'habitude ; ils ondulaient gracieusement sur la nuque pâle de la jeune femme qui tremblait face au mur. Ils s'étaient encore une fois disputés, toujours pour le même sujet…
Remus la regardait, éperdu. Il ne savait que faire – poser ses mains sur ses épaules, la prendre dans ses bras ? Il le voulait, mais avait peur – peur de ce que ce geste tendre serait lourd de signification. Et surtout, il se sentait si las de repousser celle qu'il voulait enlacer. Si près de lui céder…
Alors, Remus s'en fut. Proie du regret, d'un remord trop triste, il lâcha un soupir doux puis tourna les talons ; ses doigts se posèrent sur la poignée de la porte, il imprima dessus un mouvement de rotation, et le battant grinça.
Le corps de Tonks frémit, se raidit à ce son, et elle décida alors que c'était plus qu'elle ne pouvait en supporter. Elle se retourna vivement et s'élança sur Remus, passa ses bras autour de son corps mince, les serrant étroitement sur son ventre, et enfouit sa tête dans son dos. Remus frémit sous l'étreinte, si désespérée et si douce à la fois. Il la sentait sangloter dans son dos.
« Remus… Remus… S'il te plait… Si tu m'aimes… Tu me fais tellement plus de mal, en partant ! »
Le corps de Remus fut parcouru d'un grand frisson quand des lèvres chaudes, humides de larmes, effleurèrent sa nuque.
Souffle chaud de femme.
Les mains de Tonks remontaient sur son ventre, son torse, le corps de la jeune femme se serrait plus étroitement à lui. Une enivrante chaleur envahit alors Remus, et, n'y tenant plus, il se retourna vers Tonks. Les grands yeux tournés vers lui le bouleversèrent plus que n'importe quelle étreinte.
« Remus… Dis-moi… Dis-moi que tu m'aimes… »
Le loup-garou se dégagea d'un geste brusque des bras tièdes et tentateurs.
« Mais je t'aime ! Pourquoi, pourquoi… Crois-tu que… »
Sa voix se perdit, mais il se reprit et lui jeta un regard de côté, un peu effaré.
« Je… Je ne peux pas t'infliger ça. Je suis… »
Mais il ne put finir sa phrase : Tonks venait de pousser un cri ulcéré et ses poings martelaient les épaules de Remus.
« … Un maudit loup-garou, oui, oui, je sais ! Mais tu ne comprends rien ! Si vraiment tu m'aimes, alors tu feras tout pour ne pas me faire souffrir, n'est-ce pas ? Alors reste avec moi ! Donne-moi ce que je veux – et je ne veux que toi, toi, toi ! Toi, Remus John Lupin, loup-garou, de plus de dix ans mon aîné – je m'en moque ! »
Sa voix coléreuse mourut dans un soupir éperdu.
« Toi… » chuchota-t-elle.
Remus la regardait de ses yeux doux, presque implorants. Il se sentait… si faible... Ses paupières s'abaissèrent, et il chercha quelque chose à répondre, quelque chose de sensé et de ferme, mais Tonks ne lui en laissa pas le temps.
Les yeux de Remus se rouvrirent brusquement lorsque que les lèvres tièdes de Nymphadora Tonks s'échouèrent sur les siennes. C'était comme une vague qui l'entrainait très loin : il était incapable de se dérober à cette magie-là, cette magie rouge de l'amour, ultime pulsation de vie qui donnait à son vieux cœur rongé l'illusion délicieuse qu'il battait de nouveau.
Il sentait la vie sourdre dans ces lèvres-là, comme une palpitation fabuleuse, et il passa ses bras autour de la taille fine de Tonks afin de resserrer leur étreinte, de mieux sentir cette bouche si merveilleusement vivante contre la sienne. Avide, il avait l'impression de s'abreuver d'un élixir miraculeux, à la source de ces lèvres si douces.
Et le plus magnifique, le plus insolite, dans tout cela, c'est qu'à la manière dont la jeune femme se pressait contre lui, on aurait pu dire qu'elle ressentait la même chose. Comme si lui, Remus Lupin, pouvait avoir quelque chose à offrir, à lui offrir.
Ce fut avec beaucoup de douceur que leurs lèvres se séparèrent. Frissonnante, Tonks gardait les yeux rivés sur lui.
Il fallait qu'il soit sien. Il fallait qu'il soit sien. Il le fallait.
Remus fit un pas en arrière, mais Tonks tendit une main désespérée vers lui, et l'homme, sans réfléchir, attrapa cette main pâle et la porta à son cœur. La jeune femme se laissa porter et Remus la réceptionna dans ses bras ouverts, et ce fut comme si ses mains ne pouvaient se détacher de ce corps ferme et tendre de jeune femme.
Les doigts avides de Tonks déboutonnèrent la chemise de Remus. Le désir les empoignait si fermement, si brutalement, avec une puissance si soudaine, que ç'en était presque douloureux, et leurs étreintes, leurs caresses, leurs baisers avaient quelque chose de désespéré.
Le feu ronflant doucement dans la cheminée projeta leurs ombres enlacées sur le mur froid lorsqu'ils churent sur le tapis usé. Sous le sien, Remus voyait le fin visage de Tonks, et les prunelles ardentes le brûlaient autant que les mains qui s'aventuraient audacieusement sur chaque parcelle de sa peau nue. Les jambes de la jeune femme se nouèrent autour de ses hanches, et il caressa ses cuisses lisses et douces, ouvertes pour lui dans une invitation à l'amour. Leurs deux corps, tels deux lascifs serpents, se mouvaient l'un contre l'autre, partageant une chaleur grisante. La bouche de Remus s'attardait sur une épaule blanche, une gorge frémissante, un sein rond et merveilleusement tendre, dévorant cette peau qui, nue, était bien trop chaude et trop douce pour que l'on puisse y résister. Il lui semblait que jamais il ne serait repu de cette chair blanche et délicate, rougissante sous ses baisers enflammés.
Il se raidit quand il sentit les mains de Tonks se refermer sur son membre dur. Il haleta, elle soupirait, un peu tremblante.
Ils crurent mourir quand il entra en elle.
Enfin, enfin unis ! Tonks serra très fort son amant contre elle, ivre de sa chaleur, comme afin qu'il touche ce qu'il y avait de plus profond en elle. Les deux corps exhalèrent des soupirs et des gémissements, le souffle court. Envahi par la chaleur de la jeune femme, Remus posa son front sur sa poitrine, et emprisonna nerveusement un sein entre ses lèvres. Tonks se cabra et Remus, incrusté en elle, eut l'impression que son corps allait vraiment se fondre à celui de son amante, dans un long feu de chairs enlacées, énamourées.
Les flammes faisaient danser sur les murs leurs ombres vacillantes. Quand la jouissance vint, embrasant leurs corps brûlants de la morsure de la volupté, les ombres se raidirent un instant avant de s'affaisser, figées dans une étreinte alanguie et étroite à la fois.
Souffles courts et respirations haletantes – Remus et Tonks revenaient doucement, main dans la main, bouche contre bouche et jambes emmêlées, du pays des délices.
Une main blanche effleura une joue un peu rugueuse, et un murmure se perdit dans les souffles éperdus et le crépitement des flammes :
« Reste avec moi… Toujours. »
Ivre d'elle, Remus serra contre lui le corps de Tonks, comme pour lui donner la plus évidente des réponses – les mots semblaient soudain inutiles, difficiles à trouver et à prononcer. Le corps a son langage.
En l'occurrence, un langage d'amour.
…
Le mariage se fit dans l'intimité et le calme. Tonks déplorait un peu l'absence de Harry, mais son rire retentissait si souvent, alors qu'elle riait à une blague des jumeaux, levait son verre ou cherchait son époux de ses yeux vifs, que Remus en oubliait un instant ses angoisses. Il se demandait comment en pouvait être à la fois si heureux, et si tourmenté.
Fol Œil vint vers lui de son pas claudiquant, deux verres à la main. Il en tendit un à Remus, leva le sien et le porta à ses lèvres.
« Elle sait ce qu'elle fait, tu sais. Elle se moque bien que son mari soit un loup-garou, alors cesse de voir cet amour comme une malédiction et accepte-le plutôt comme un genre de miracle. Après tout… »
Il leva à nouveau son verre et regarda la lumière dorée du soleil à travers le liquide qu'il contenait. Remus le fixait sans un mot. Un sourire étrange passa sur les lèvres usées de Fol Œil.
« … C'est la guerre. »
J'espère que ça vous a plu - et que ce n'est pas trop mièvre ! Le prochain chapitre sera le dernier. Il devrait arriver en fin de semaine prochaine…
