Disclaimer : l'univers, les personnages et le génie appartiennent à J. tandis que les personnages inventés viennent de mon petit cerveau

Note : Ceci est ma première fanfiction donc toutes critiques positives ou négatives sont bonnes à prendre ! L'histoire se déroule trois ans après la fin de la guerre.

Qui plus est les reviews que j'ai reçu pour le premier chapitre m'ont vraiment fait plaisir et voilà un deuxième chapitre rien que pour vous !

Attention : Cette fanfiction met en évidence la relation entre Harry et Draco et il y aura quelques scènes sexuelles disséminées dans les chapitres alors homophobes et petites personnes trop jeunes veuillez vous abstenir.

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Chapitre 2 : Angoisse

Trois jours s'étaient écoulés depuis qu'Harry Potter avait débarqué au Manoir Malfoy avant de s'écrouler le lendemain en proie à une vilaine grippe. Le jeune Malfoy, lui, semblait reprendre vie au contact de sa baguette d'aubépine. Le Manoir, qui n'était plus avant l'arrivée du Survivant qu'une très pâle image de ce qu'il était à son âge d'or, resplendissait maintenant de milles feux. Il était beaucoup facile de faire l'entretien de l'immense bâtisse à coups de baguette qu'à coups de serpillères.

Harry s'était remis assez rapidement grâce à Malfoy qui n'avait pas perdu la main en matière de potion. En guise de remerciements, il l'aida à finir la rénovation s'occupant plus particulièrement des jardins qui possédaient un véritable potentiel. Il passa même une tête dans la cheminée de Poudlard afin de demander conseil à Neville Londubat qui y enseignait la botanique et était bien parti pour devenir le prochain Directeur.

Revoir son ami et les murs de son ancienne école, même brièvement, rendit l'ancien Gryffondor assez nostalgique. Ils avaient quand même échangé quelques mots et c'est ainsi qu'il apprit la nomination de son ancien camarade de maison au poste de directeur adjoint par McGonagall désormais directrice.

Il était vraiment heureux pour lui, car malgré sa timidité maladive lors de ses premières années, Neville est un ami fidèle et dévoué. Son manque de talent magique qu'on soupçonnait au départ était simplement dû à cette timidité qui empêchait ses pouvoirs de pleinement se libérer. Bien qu'il ne fit pas partie du trio, il a été un élève important lors de la bataille décisive et tous reconnaissait en lui le héroïsme dont ses parents avaient fait preuve des années auparavant.

Sa grand-mère vivait toujours et elle était tout aussi fière de son petit-fils. Qui plus est, ce dernier en plus de son travail à Poudlard avait découvert des propriétés à une plante qui pourraient peut-être entrer dans la composition d'une potion permettant de rendre toutes leurs facultés à ses parents.

Draco et Harry ne parlèrent pas beaucoup durant ce temps, chacun s'affairant de son côté et bien que l'intimité des premiers jours avaient vite disparue, ils n'étaient pas moins plus heureux qu'ils n'osaient se l'avouer de la présence de l'autre. Chacun redoutait de son côté la fin des travaux. Car cela signifiait la séparation.

Le jeune blond devenait nerveux et irritable tandis qu'Harry, lui, s'isolait dans un silence complet face au jardin. Plusieurs fois lui vint à l'esprit l'idée de tout détruire, histoire de gagner un peu de temps. Car une fois accoutumé à la présence de l'autre, ils ne voulaient pas retomber dans cette solitude sordide.

Draco avait aménagé une petite chambre douillette pour Harry, car bien que lors de la première nuit ils avaient dormi ensemble, il doutait sincèrement que son nouvel ami soit d'accord de passer ses nuits avec lui. Son nouvel ami… Ces mots résonnaient tellement biens à son oreilles et pourtant, ils étaient si nouveaux et si surprenants. Jamais l'idée ne l'avait effleuré, durant ses trois dernières années, qu'ils seraient devenus amis.

Certes ils avaient toujours été lié, d'une haine commune l'un envers l'autre, mais lié quand même. Était-ce réellement de la haine ? Draco avait jalousé son ennemi pour toute l'attention qu'il recevait et le fait que ce dernier avait refusé catégoriquement refusé son amitié au profit de la belette. Et Harry de son côté ? Qu'avait-il ressenti pour lui durant toutes ses années.

Une chose le marqua : ils s'étaient sauvés la vie une fois chacun. Draco en prétextant ne pas le reconnaitre lorsqu'il fut amené au Manoir Malfoy et Harry lors de la bataille. Donc cette haine qui n'en était peut-être pas une, n'était en aucun cas un prétexte pour laisser l'autre mourir. Est-ce qu'Harry éprouvait de la pitié pour lui ?

Son ventre se tordit à cette pensée. De la pitié, que pouvait-il espérer de plus bien sur. Et pourtant… Pourtant il pensait qu'il y avait plus. Harry semblait vraiment être en plein naufrage émotionnel et était venu le voir.

De son coté, Harry faisait le tour du jardin essayant de trouver la moindre chose à arranger…Sauf que cela faisait deux heures qu'il tournait en rond. Le jardin était parfait, il fallait s'y résigner.

Il se faisait déjà tard et il pourrait surement passer une nuit de plus ici. Mais demain… Demain il devrait partir, rentrer chez lui au 12 square Grimmaurd et retomber dans tous ses démons. Bien sur qu'il n'allait pas demander à Draco de rester bien que c'était tout ce qu'il souhaitait. Ces quelques heures partagées bien que chacun travaillait de son côté étaient les plus belles depuis…Depuis la fin de la guerre ou même avant ?

L'ancienne maison de son parrain n'était plus qu'un ramassis de souvenirs qu'il souhaitait à tout prix enterrer. Il avait l'impression que les personnes de l'Ordre hantaient cet endroit. Au détour d'un couloir, il s'attendait toujours à tomber sur le sourire de Sirius, la bonne humeur de Tonks, le regard apaisant de Remus ou bien les conseils parfois mal placés de Maugrey.

Il ne put s'en empêcher, assis sur un banc en marbre blanc, il se mit à sangloter. Sanglots dont la force ne cessait de croitre. Ils lui manquaient. Tous lui manquaient et toujours, il se sentirait coupable de leur mort. Jamais il n'avait su regarder Teddy qui, déjà orphelin, doit vivre avec un parrain inexistant.

Il pensa à son père, à sa mère, à Rogue, à Dumbledore, à Cédric, à Colin Crivey qui avait tant d'admiration pour lui. Tous étaient bel et bien morts et personne ne pourrait jamais les ramener ne serait-ce que quelques secondes pour qu'il puisse leur dire. Leur dire à quel point il était désolé, à quel point c'était un fardeau pour lui de vivre alors qu'eux avaient perdu la vie. Comme c'était injuste et cruel que lui, après tout ce qu'il avait déjà enduré, devrait endurer le poids de tous ces cadavres sur ses frêles épaules. Que pour lui, à qui on n'avait jamais laissé le choix de son destin, fût abandonné lâchement après.

Il ne voulait pas être considéré comme le Survivant ni rien, il voulait trouver sa place en tant qu'Harry James Potter. Il voulait être vu pour lui tout entier et pas la débile cicatrice en forme d'éclair qui lui ornait le front. Il n'avait rien demandé, il n'était qu'un bébé au moment où tout s'est décidé. Qu'un bambin qui a vu ses parents mourir devant lui. Qui a vécu toute son enfance sans rien connaitre du monde auquel il appartenait. Monde qui aujourd'hui, il ferait tout pour oublier.

Soudain, il sentit deux se refermer sur lui par-dessus le banc. Une tête se nicha dans son coup et une petite voix se fit entendre :

« Je ne savais pas où tu étais…J'ai préparé le souper sur la terrasse et je t'attendais…Comme tu n'avais jamais raté un de nos repas… J'ai eu peur…Que tu sois parti. »

Harry se laissa aller contre Draco, les yeux fermés pour ne pas qu'il voit ses larmes. Merlin ! Depuis combien de temps était-il ici en train de ressasser toutes ces idées noires ? Draco…Avait eu peur de son départ… Son cœur se serra. Il pivota, faisant face au blond, l'attirant un peu plus vers lui.

Puis, Harry se leva sans un mot et alla s'installer à la terrasse. Pour quelqu'un qui avait vécu la majeure partie de sa vie servi par des elfes de maisons… Draco se débrouillait plutôt bien en cuisine. Les repas communs avaient été, tout au long de son séjour, une espèce de promesses informulées de les passer ensemble. Ils alternaient leur tour de cuisiner et pouvaient ainsi passer un moment ensemble.

L'ancien Serpentard avait été surpris des talents culinaires de son ami. Ce dernier lui expliqua donc son enfance chez les Dursley, enfance qui indigna profondément Draco. Comment ces rustres avaient-ils pu traiter ainsi leur neveu. Alors il pensa, si jamais ses parents avaient du s'occuper d'un neveu moldu…Cet enfant aurait été à un niveau encore plus bas que les elfes de maison. Comme quoi, même les moldus pouvaient détester les sorciers.

Le repas se passa en silence pourtant, dans leur tête respective tout cogitait. Ils savaient tous deux que demain serait le jour du départ, chacun n'osant pas faire le premier pas. Leur cohabitation avait été brève et bien qu'ils ne se parlaient presque pas de la journée, leurs soirées autour du feu leur faisaient le plus grand bien.

Harry se leva le premier, débarrassant la table. En quelques coups de baguette, le tour était joué. Il fit la bise à Draco en lui souhaitant bonne nuit et monta vers sa chambre.

Draco, une énorme boule au ventre, sut que c'était maintenant ou jamais. Il fallait lui demander de rester ici ou ça serait trop tard. Et pourtant, tétanisé, il regarda Harry monter vers ses appartements. Sa voix restait bloquée dans le fond de sa gorge et quand il voulut attraper le pan de sa chemise, sa main n'attrapa qu'une poignée d'air.

Une larme perla. Il n'était donc toujours qu'un lâche. Même pas capable de pouvoir retenir près de lui la seule personne qui lui avait accorder un peu de réelle attention ces dernières années. Serrant les poings, il monta à son tour se coucher.

Dans sa chambre, Harry ne trouvait pas le sommeil. Qu'est-ce qu'il était bête, par Merlin ! Il s'attendait à quoi ? A ce que Draco débarque en lui demandant de rester auprès de lui ? Et pourquoi donc, il lui avait rendu sa baguette et il l'avait aidé dans les rénovations. Ils étaient quittes non ? Alors d'où venait ce sentiment de malaise qui le prenait à la gorge. Il se savait égoïste, simplement parce qu'il était mieux ici… Il s'attendait à ce que Draco se soit senti mieux avec lui. Mais sincèrement qui se sentirait mieux en sa présence, franchement ?!

De nouveau, les sanglots ne tardèrent pas remonter. Et puis merde ! S'il voulait rester, c'était à lui de le demander au lieu d'attendre que cela tombe du ciel. Il se frotta les yeux et se moucha, essayant d'avoir un aspect plus ou moins correct. Il se leva, décidé.

Il frappa doucement à la chambre de Draco. Pas de réponse. Serait-il endormi ? Il allait repartir quand la porte s'ouvrit. Draco apparut dans l'embrasure, les yeux rougis par les larmes. Le cœur d'Harry se serra. Se pouvait-il que l'état de son ami soit dû à …Son départ ? Non, pas possible.

Le blond s'écarta, le laissant entrer. Ils s'assirent sur le lit. Draco se tortillait nerveusement. Alors Harry prit son courage à deux mains, bon Gryffondor qu'il était.

« Draco…Je comprendrai parfaitement que tu refuse… Mais je dois absolument te demander quelque chose… »

Non, non, non. Les larmes recommençaient couler à la simple idée de devoir retourner là-bas. Il ajouta entre deux sanglots.

« Laisse-moi rester ici, je t'en supplie… Je ne supporterais pas de retourner vivre là-bas… s'il-te-plait… »

Harry reçut une pichenette sur le front. Il leva les yeux et vit un beau visage qui lui souriait. Les yeux de Draco exprimaient beaucoup de tendresse mais aussi…Du soulagement ?

« Bien sur que j'accepte, petit lion. Je n'avais pas vraiment envie que tu partes de toute façon…Tu veux rester ici cette nuit ? Ca ne me dérange pas… »

Harry, les joues roses, ne sut pas quoi répondre. En guise de réponse, il s'installa simplement dans le lit. A ses côtés, vint se lover Draco. Ses sanglots s'étaient calmés et il souriait.

Ils parlèrent de tous et de rien cette nuit-là pour s'endormir…Assez tôt le matin en fait. Ils avaient parlé de Poudlard surtout, s'échangeant toutes sortes d'anecdotes sur les élèves. Puis au détour de leur échange de rire, Harry apprit que Draco ne se contentait pas seulement de la gente féminine.

« Je ne vois pas pourquoi je me limiterais à un seul genre voyons ! Pourquoi y aurait-il moyen de trouver du plaisir avec les deux si ce n'est pour en profiter ? »

Logique implacable comme d'habitude, pensa Harry. Quand se fut à son tour d'expliquer sa vie sexuelle à Poudlard, ou plutôt… La non existence de celle-ci, son compagnon de lit ne put s'empêcher de se prendre un énorme fou rire. Bien sur durant la septième année, c'était normal, pas vraiment le temps de prendre son pied avec la courses aux Horcruxes. Mais avant, puis malgré un indubitable manque de style vestimentaire, Harry n'était pas du tout à la dernière place dans le top des garçons les plus sexys de l'école. Eh ben comme quoi.

« Donc ta première expériences sexuelle et tes seules expériences sexuelles sont avec… la belette dernière du nom ? »

Il avait dit ses paroles avec un tel étonnement que s'en était hilarant.

« Bah oui, avec Ginny mais aussi avec Jill ! »

Harry avait un sourire jusqu'aux oreilles, tellement fier de sa blague. Par contre, Draco le regardait sans trop comprendre. Alors le Survivant prit un feutre et, sur sa main gauche, illustra sa blague. Son pouce et son index reliés formaient le « J » tandis que les trois autres formaient les « i,l,l ». Draco avait une mine dépitée et ça ne faisait que redoubler l'intensité des rires d'Harry.

« Mon pauvre petit, ton humour est aussi déplorable que ton style vestimentaire… Mais sincèrement, comment peux-tu te contenter de si peu en matière de sexe ?! »

Pas que les dernières années aient été très rythmées sexuellement non plus pour lui, mais, du temps de Poudlard, Draco était un véritable séducteur qui ne se lassait jamais des plaisirs de la chair. Mais bon actuellement, sa vie sexuelle était aussi trépidante que celle de leur ancien concierge préféré, le dénommé Argus Rusard.

« Quand tu ne connais pas quelque chose, il est beaucoup plus simple de s'en passer ! »

Harry se retourna, boudeur. C'était quand même la première fois qu'ils avaient ce genre de discussion. Discussion qu'on n'a habituellement qu'avec ses meilleurs amis. Il est vrai que la place que Draco occupait dans son cœur ne cessait d'évoluer mais il ne savait pas exactement comment la définir. Il découvrait autre chose que l'image froide et arrogante du Malfoy de Poudlard et, au final, il s'agissait d'une personne très agréable à vivre.

Draco sourit. C'était vraiment plaisant de pouvoir discuter ainsi. Leurs sujets étaient légers, c'est une chose qu'il aimait chez Harry. Pas besoin de devoir parler de sujets sérieux ni rien et des fois, même pas besoin de parler tout court. Qu'il aimait chez Harry…Ca sonnait encore un peu étrange mais c'était indiscutable. La présence du brun à ses cotés lui était bénéfique, bien plus qu'il ne le laissait paraitre. Et là, Harry allait rester chez lui. Une sorte de cohabitation entre deux âmes torturées.

Le lendemain matin, Draco se réveilla seul dans son lit. Pourtant, il se souvenait clairement de s'être endormi avec Harry. Il était encore tôt, alors que faisait-il ? Avec un bâillement qui lui arracha presque la mâchoire, il descendit à peine vêtu de son pyjama.

Après avoir fouillé le Manoir et le jardin, Draco se rendit à l'évidence que, non, Harry n'était pas ici. Est-ce que son attitude d'hier soir n'était qu'un simple laisser-aller d'un manque d'affection et que ce matin, honteux, le brun avait pris ses jambes à son coup ?

Qu'il avait été bête par Merlin ! Bien sur que oui, il n'était pas possible qu'Harry veuille rester près de lui. Lui, le fils de Lucius Malfoy et neveu de Bellatrix Lestrange. Son père avait tenté de le tuer et sa tante avait fait du mal dans les cas les plus légers et tué des personnes à qui il tenait énormément. A chaque fois qu'Harry le regardait, il devait voir en lui ces deux personnes qu'il détestait tant.

S'il savait que, lui aussi, détestait son père et sa tante. Son père, pour avoir forcé sa famille, à le suivre dans ce fanatisme. Lui, au moins, il ne vit pas avec le poids des regards sur lui. Bien sur, il n'a plus de liberté enfermé à Azkaban mais, Draco, lui était-il plus libre pour la cause ? Il ne pouvait mettre un pied en dehors du Manoir sans se faire insulter.

Draco alla dans la cuisine. Durant le séjour d'Harry ici, il n'y avait plus touché et n'en avait que faiblement ressenti le besoin. Il ouvrit la bouteille et, à même le goulot, commença à boire d'une longue traite. Un doux picotement, bien trop familier, lui dévorait les entrailles.

Harry s'était bien foutu de lui ! Il y avait cru lui, cru à cette amitié naissante… Et maintenant, il était seul et encore plus mal qu'avant ses retrouvailles ! Pourquoi Harry, non Potter, lui avait-il fait ça hein ? Qu'est-ce que ça avait donc d'amusant ! Il lui avait tout dit, TOUT. Il n'avait pas assez souffert c'est ça ?

Pris d'un excès de colère, Draco écrasa ses poings encore et encore sur le mur le plus proche. Il se sentait mal, sali comme jamais il ne l'avait été. La première bouteille de Whisky Pur Feu finie, il entama la deuxième. Son maintien devenait de plus en plus chancelant tout comme ses pensées.

Il avait aimé la présence de Potter à ses côtés, tous ces espoirs qui étaient nés en lui pouvaient maintenant crever aussi rapidement qu'ils étaient arrivés. Putain de Saint Potter Survivant et Celui-Qui-A-Vaincu !

Des cris de rage résonnaient dans le Manoir entier, chaque pièce ou Draco passait se transformait en un amas de bibelots cassés. Sa bouteille d'une main et sa baguette de l'autre, il jetait des sorts à tout va pris d'une ivresse folle.

….

Pendant ce temps là au 12 square Grimmaurd…

Harry s'était levé le sourire aux lèvres. Il pouvait rester ! Puis leur nuit de discussion l'avait vraiment fait rire. Alors comme ça Draco était un tombeur durant leur scolarité ? D'un côté ce n'était pas étonnant, il faut se l'avouer… Son ami avait toujours eu un physique plus qu'avantageux. Harry espérait que Draco puisse trouver quelqu'un avec qui il serait heureux.

Il avait déposé un bout de parchemin sur la commode, expliquant à Draco qu'il allait vite faire un tour au square Grimmaurd afin de pouvoir aller chercher quelques affaires. Ce n'est pas sans appréhension qu'il pénétra dans la vieille demeure des Black. Heureusement qu'il n'avait pas fait trop de bruit, il n'aurait pas supporté une énième crise de la part de cette charmante Madame Black.

En une heure tout était bouclé, il avait fait le tour de toute la demeure. Il lui restait seulement que deux petites choses à faire.

Il alla dans la cuisine où il était sur de pouvoir le trouver. Le vieil elfe de maison était là.

« Kreattur, accepterais-tu de m'accompagner dans une autre demeure tout aussi prestigieuse où je vais dorénavant habiter ? »

D'énormes yeux globuleux le fixèrent.

« Le maitre…Demande son avis au vieux Kreattur. Le maitre n'a pas changé… Kreattur viendra, mais Kreattur aimerait savoir où il doit aller…Doit-il emmener les affaires du maitres avec lui ? »

Harry sourit, il avait quand même fini par s'attacher à ce vieil elfe grincheux mais qui lors de sa supposée septième avait su se rendre utile.

« Au Manoir Malfoy, Kreattur. »

Kreattur semblait bouche-bée. Le Manoir Malfoy était plus que prestigieux, ça serait un honneur pour lui de finir ses vieux jours en servant tant un tel endroit.

« Tu peux déjà y amener mes affaires et m'attendre là-bas mais, je ne veux pas que Draco Malfoy soit au courant de ta présence, est-ce clair ? »

Son « pop » habituel se fit entendre et l'elfe disparut avec les bagages. Direction le Chemin de Traverse maintenant. Il voulait offrir un cadeau à Draco, en guise de remerciement. Il savait que le jeune blond ne possédait plus son Nimbus 2001 et il vint à l'esprit qu'un balai serait un cadeau idéal. Il savait mieux que tout le monde que voler permettait d'évacuer tout ce que notre cœur emprisonnait.

Il se dirigea vers le magasin de balai, les regarda attentivement. Il voulait quelque chose d'élégant, quelque chose qui correspondait à son ami. Et là, il le vit. C'était une nouvelle édition de l'Eclair de Feu. Les mêmes capacités que le sien mais le manche était fait d'ébène et les brindilles de la queue étaient teintées d'argent. Comme si ce balai était conçu spécialement pour Draco Malfoy. Alors il l'acheta demandant un emballage soigné, précisant bien que c'était pour quelqu'un de très important.

Il avait réussi à camoufler sous un bonnet, le genre que portent les rockeurs en herbes moldus d'un gris anthracite. Il pouvait passer incognito dans les rues sorcières. De bonne humeur, il fit de plus amples emplettes. C'est les bras chargés de bidules et de trucs divers qu'il se rendit au Manoir. Il s'était racheté un minimum de vêtement à sa taille, quelques friandises qu'il partagerait avec Draco au coin du feu ainsi que quelques bouquins.

Puis au détour d'une allée, il était tombé sur une vitrine où était exposée une gourmette. Sur la plaque était finement gravé un élégant dragon, un Magyar à pointes. Bien plus élégant que celui qu'il avait dû combattre en quatrième année, il faut se l'avouer.

Pris d'un coup de cœur, il l'acheta aussi. Cette gourmette aussi semblait faite pour orner le poignet de son nouvel ami. Harry voulait simplement décrocher un sourire à Draco et il était sur que ses petites attentions lui feraient énormément plaisir.

Puis finalement, il passa à l'animalerie. Depuis la mort d'Hedwige, il n'avait jamais plus eu d'animal. Un petit compagnon poilu ou plumeux était idéal pour égayer son quotidien et celui de son nouveau colocataire. Un chat… Non, Pattenrond l'avait déjà assez embêté à faire ses griffes sur ses affaires et à uriner un peu partout dans la Salle Commune de Gryffondor. Une chouette, il ne se sentait pas près. Un rat ? Non, catégoriquement.

D'un coup il trouva l'animal parfait. Draco n'apprécierait peut-être pas la blague directement, mais ces petites bêtes étaient connues pour être très affectives. Il en prit alors un.

….

Harry fit son apparition au Manoir les bras chargés de cadeaux. Il était vraiment impatient de voir à quel point Draco serait heureux de recevoir toutes ces petites gestes d'amitié.

Il déposa tout dans l'entrée et leur jeta un sort de Désillusion. Il voulait aménager tout pour que cela soit parfait. Il avait pris de quoi faire un gâteau également et il allait devoir réquisitionner la cuisine.

Ce qu'il ne savait pas c'était que le hall d'entrée était l'une des rares pièces du rez-de-chaussée épargnée. Draco s'étant écroulé avant d'y parvenir.

Il alla dans le salon, tout guilleret, mais s'arrêta avec stupeur. La pièce était sans dessus-dessous. Au centre, gisait son ami une bouteille vide à côté de lui et une mare de vomi non loin de son visage.

Que c'était-il passé ? Pourquoi Draco était-il dans cette état-là ? Il s'approcha du corps inerte. Il respirait plutôt paisiblement, l'alcool et sa rage avait donc dû finir par l'endormir.

Harry nettoya la pièce rapidement ainsi que les autres pièces avoisinantes qui avaient subi le même triste sort. Il devrait avoir une discussion avec Draco à son réveil.

En attendant, Harry porta Draco dans ses bras comme une princesse jusque dans sa chambre. Sa note matinale quant à son départ n'avait pas bougé de place. Draco ne l'avait-il pas lue ? Était-ce la raison de sa crise ?

Une boule au ventre, Harry descendit et, après avoir réparé les dernières traces du carnage, il commença à préparer un énorme gâteau au chocolat.

Une fois la partie cuisine finie, il décora la salle à manger et disposa tous ses cadeaux sur l'immense table en chêne massif.

Il attendit ainsi un peu plus d'une heure. C'est un Draco encore pantelant qu'il vit arriver. Un sourire aux lèvres, il voulait vraiment voir comment le blond allait réagir.

Harry s'attendait à un sourire, des remerciements mais pas du tout au poing qui s'abattit sur sa machoire.

« Espèce de connard fini ! Tu te casses sans rien dire toute la journée et maintenant tu reviens comme si de rien n'était ! T'attends quoi de moi Potter hein ?! Ca te fait plaisir de jouer avec moi ainsi ! Vas-y répond, hein ! Qu'est-ce que t'attends ? »

Se massant la joue, Harry répliqua, la voix pleine de tristesse :

« Je ne sais pas pour qui tu me prends Draco. Mais je t'avais laissé un mot sur ta table de chevet…Pour te prévenir que j'allais seulement chercher mes affaires… Puis j'ai eu l'idée d'aller te chercher quelque chose pour te remercier… »

De son menton endolori, Harry lui montra la table où trônait le gâteau ainsi que tous les paquets emballés.

Draco le regarda, il lui fallut un moment pour assimiler l'information. Harry ne l'avait pas abandonné. Il était seulement parti chercher ses affaires. Harry lui avait acheté…Un cadeau ? Il tourna la tête… Non une montagne de cadeau !

Quel con il était ! Simplement parce qu'il n'avait pas fait attention au message d'Harry, il s'était mis dans un état pareil et…Et il avait frappé Harry.

« Je suis désolé, vraiment, je…Après t'avoir cherché partout, je me senti…Mal…Comme je ne l'ai plus été depuis longtemps… J'ai pété les plombs… Je n'aurai pas dû te frapper… Tu m'excuses… ? »

Harry se leva et pris un ancien Serpentard tremblant de la tête au pied contre lui. Il lui fit un petit bisou sur le front.

« Allais, sèche tes larmes… Bien sur que je t'excuse… Et si on passait au cadeau maintenant ? »

L'ouverture des cadeaux ravi les deux colocataires. Harry était tellement heureux que tout ce qu'il avait acheté plaise à Draco. Lorsque ce dernier ouvrit la boite contenant l'Eclair de Feu, il se jeta littéralement sur Harry le remerciant autant qu'il pouvait.

Ca faisait trois ans que Draco n'avait plus volé et ô combien cette sensation lui manquait. Il s'imaginait déjà faire la course avec Harry dans le jardin et voler des heures et des heures pour tout oublier. Ne rien penser. Juste le vent qui caresse son corps. Cette adrénaline enivrante.

Il restait deux paquets : celui de la bijouterie et celui de l'animalerie. Harry lui tandis la boite provenant de l'animalerie.

« Un animal ? »

Harry sourit.

« Je pensais qu'un peu de compagnie ne nous ferait pas de mal. Ca pimenterait un peu nos journées »

Délicatement, Draco ouvrit la boite… Quel animal avait bien pu choisir Harry ? Un…Un furet albinos ? Cette blague était vraiment du Potter tout craché ! Bien qu'il reconnaisse que l'animal était plutôt mignon, son long corps longiligne roulé en boule dans le coin de la boite.

« Tu lui as déjà trouvé un nom je suppose ? »

Le sourire d'Harry s'agrandit encore plus.

« Alastor ! »

Alors comme ça, Draco devrait vivre tous les jours avec le souvenir de sa… Gênante transformation en furet devant toute la classe. Enfin, il prit l'animal contre lui. La petite bestiole commença à se frotter contre lui, lui lapant les doigts.

Draco rigola, cette petite langue rapeuse chatouillait drôlement fort. Il déposa donc Alastor à terre le laissant découvrir sa nouvelle demeure.

Il ne restait plus qu'une toute petite boite sur la table. Draco la prit en main fébrilement. Que pouvait-il y avoir dans une boite si petite.

L'emballage était vert et le nœud argenté, Draco apprécia l'attention. Après l'avoir déballée, il se rendit compte que c'était une boite à bijoux.

Les yeux pleins d'émerveillements, il contemplait la gourmette. Elle était magnifiquement réalisée et le dragon était si finement travaillé qu'on pouvait presque discerner chaque écaille.

« J'ai pensé qu'elle te correspondait parfaitement… Je te l'attache ? »

Harry rougissait, il n'avait pas imaginé lire dans ses yeux autant de reconnaissance et…d'amour ? Il lui attacha doucement le bracelet à son fin poignet, prenant soin de ne pas coincé un tendre morceau de chair au passage.

Draco était hébété. Tous les cadeaux d'Harry étaient géniaux et ça se voyait qu'il avait pris du temps pour tout choisir…

Sans trop y réfléchir Draco agrippa Harry et colla ses lèvres…Sur la joue de son ami en lui murmurant un énième merci.

….

Voilà j'espère que vous n'avez pas trop attendu la suite ! :D J'espère que ça vous plaira tout autant ! N'hésitez pas à laisser vos avis en reviews ça me fait grandement plaisir !

On se retrouve au plus vite pour le troisième chapitre !

Hayate no Hana