- Sherlock, La fleur... elle a clignoté!

- Impossible... John, es-tu certain de ce que tu as vu ?

- Certain.

- Vivante... mais comment ? Pourquoi est-elle éteinte à nouveau ?

- Sherlock, tu parles de la... fleur ?

- Non !

Et il tourna les talons, et repartit. John n'eut pas d'autre explication. L'apathie du détective se transforma dès lors en frénésie. Un soir, alors qu'il rentrait, John découvrit l'appartement dans un désordre sans nom. Accroupi au milieu de ce désastre se trouvait Sherlock, les yeux fous, et dans ses mains un vieux poignard. Entendant du bruit, il releva les yeux et découvrit John.

- est-ce que ça vaut la peine, John ? Demanda-t-il d'une voix fébrile.

- Sherlock..., dit le docteur en se mettant à sa hauteur.

- est-ce que le risque vaut le résultat ? Si je peux la sauver, est-ce que je ne dois pas prendre le risque ? Elle l'aurait fait pour moi.

- Sherlock, pose ce couteau.

- Je suis inquiet, et en colère, John. Je deviens sentimentale. Je deviens irrationnel et je n'aime pas ça !

- Je ne comprends rien à ce que tu racontes, Sherlock. Moi aussi je suis inquiet. Je m'inquiète pour toi ! Qu'est-ce que tu comptes faire, avec ce couteau ?

Sherlock leva à nouveau les yeux vers lui, et reprit son air supérieur habituel.

- voyons, John, ne soit pas ridicule. Je ne vais pas me tailler les veines. Je peux ouvrir un portail vers elle, mais des spectres pourraient s'infiltrer dans nos deux mondes.

- Sherlock, qu'est-ce que tu as pris ?

- Je n'ai rien pris du tout, John, je ne me suis pas drogué !

Soudain quelqu'un sonna à la porte. Sherlock se releva, imité par John, et alla ouvrir. Devant lui se trouvait une jeune fille. Elle devait avoir dix-huit ans, environ. Elle vit le poignard dans sa main, et lui dit :

- ne faites pas ça.

- Vous savez ce que c'est ?

- Bien sûr. J'ignorais qu'il se trouvait dans votre monde.

Il s'effaça pour la laisser entrer, et la détailla du regard. Blonde. Fine. La peau diaphane, presque transparente. Les yeux rougis. Elle soutint son regard et ne le quitta pas des yeux.

- qui êtes vous ? Demanda John.

- Melody Carter, répondit-elle tout en fixant toujours Sherlock. Je viens pour vous parler d'une amie en commun.

- Comment m'avez-vous trouvé ? Demanda Sherlock.

- Manicha vous a entendu. Elle a dit que je devrais venir vous voir avant que vous ne fassiez quelque chose de stupide.

- Manicha... répéta Sherlock dans un murmure pensif.

- Vous n'avez pas besoin de la sauver, poursuivit Melody. Quelqu'un est déjà allé la chercher.

- Alors elle va bien ?

- Elle ira bien. D'une minute à l'autre, la fleur devrait se rallumer.

- Vous savez pour la fleur ?

Melody jeta un regard sur le petit objet sur la cheminée.

- je crois bien que c'est la plus belle qu'elle aie faite. Elle devait vraiment tenir à vous.

- Pourquoi avez-vous pleuré, si elle va bien ?

- L'un part, l'autre revient, reste l'espoir de le revoir. En attendant, j'ai dû faire mes adieux à un ami.

- Je comprends.

- Je dois rentrer chez moi, maintenant. Je voudrais être là pour son réveil.

- Transmettez lui mes amitiés.

La jeune fille eut un sourire, puis s'approcha pour lui serrer la main. Elle murmura quelque chose à son oreille:

- mieux vaut qu'il ne se souvienne pas...

Elle glissa quelque chose dans sa main, et il hocha discrètement la tête. elle désigna ensuite le poignard.

- Mieux vaut que je prenne ça, vous ne croyez pas? dit-elle l'air de rien.

Il la jaugea un instant, avant de lui céder le poignard. elle avait raison. c'était un objet trop dangereux pour qu'il le garde. Puis elle repartit, et Sherlock referma la porte. Il prit un instant pour respirer, puis, lorsqu'il se tourna vers John, il était redevenu lui-même. Il esquissa un sourire en voyant briller la fleur sur la cheminée.

- qui est Manicha ? Demanda John avec un demi-sourire, soulagé que tout soit enfin terminé.

- Aucune idée. Du thé ?

John soupira. Il n'aurait donc aucune explication. Il accepta le thé. Sherlock s'occupa donc de préparer les tasses, et dans celle de son ami, versa discrètement le contenu du flacon que Melody lui avait glissé dans la main. Il se rappela de ce qu'elle lui avait dit à l'oreille. « Il sera plus simple qu'il oublie... ». sur le flacon, on pouvait lire sur l'étiquette : B67, Retcon.