Hey ! Voilà le second chapitre. J'espère que vous l'aimerez, j'y ai mis du mien, pas sûre que ça suffise pour en faire une bonne histoire plausible ... En tout cas, c'est cadeau ! N'hésitez pas à me dire si vous avez des idées pour les prochains chapitres, cela peut être intéressant à développer. Je vous embrasse.
CupcakeWar : Contente que ça t'ait plu ! :) Ahah, oui, j'ai mis du temps à la trouver !
Maxoline : Oui, il y en a si peu ... Merci à toi. Je ne sais pas si je serais régulière pour les deux prochains chapitres, mais je vais des efforts ! ;)
Situation : le lendemain en fin d'après-midi.
Disclaimer : je ne fais toujours ça que pour le plaisir d'écrire et de faire partager.
PS : Laissez-moi un petit mot quand vous aurez fini s'il vous plaît, j'adore les lire ! Enjoy ! :)
Elles pénétrèrent dans le restaurant à l'heure habituelle. Pas de retard, pas de problème. Tout était rentré dans l'ordre. En tout cas, en apparences.
Elles saluèrent Earl puis Oleg et Han, et posèrent enfin leurs affaires sous le comptoir, comme d'habitude. Et la vie reprit son cours. Parce que cela se passait de la même manière tous les soirs, tous les jours de toutes les semaines de tous les mois. Elles servaient leurs tables, prenaient les commandes, débarrassaient, s'occupaient de la boutique de cupcakes et rentraient à leur appartement. Et le lendemain, elles recommençaient.
Max se dit que peut-être, en suivant la routine, il serait plus simple pour elle d'oublier ce baiser et ces frissons. Mais avait-elle seulement songé au fait que chaque journée est unique ? Et ce n'était pas parce qu'elle allait continuer le service comme elle le faisait habituellement que tout irait de soi. Bien au contraire.
-Tout va comme vous voulez les filles ? Demanda Sophie qui venait de rentrer dans le diner.
Caroline et Max lui sourirent. Elles l'aimaient bien cette Sophie. Toujours attentive, pleine d'humour et de tendresse. Elle avait été là pour elles quand elles en avaient eu besoin. Elle les aidait parce qu'elles étaient la famille qu'elle n'avait jamais eue et qu'elles lui apportaient toute la bonne humeur qui lui était nécessaire pour passer une agréable soirée.
-Oui Sophie, merci de poser la question.
Caroline lui sourit alors que Max filait déjà vers sa première table de la soirée. Elle prit sa commande alors que les deux autres femmes discutaient gaiement. Elle s'approcha d'Oleg pour lui donner la note puis rejoint la discussion au comptoir.
-Qu'est-ce qui vous fait tant rire ? Le nouveau pull de Han ? Ou sa nouvelle petite robe ?
Caroline et Sophie la dévisagèrent d'un drôle d'air.
-Ben quoi ? Les petites filles ne portent-elles plus des petites robes ?
Elles secouèrent la tête et Caroline avoua qu'elle était en train de raconter leur aventure au bar avec John. Max hocha la tête en rigolant. Il ne fallait pas qu'elle paraisse gênée. Sinon tout le monde allait découvrir ce qu'elle tentait de cacher désespérément. Heureusement, Oleg l'appela pour aller servir le plat qu'elle avait commandé. Elle souffla, heureuse de ne pas avoir à continuer cette discussion. Elle était vraiment mal à l'aise quand elles en parlaient. Pour elle, c'était bouclé, derrière elle. Oublié. N'est-ce pas ?
-Earl, tu n'aurais pas encaisser la table 8 à ma place ?
Il secoua la tête pour montrer à Max qu'il n'y était pour rien. Pourtant, quelqu'un avait du s'occuper de sa table puisque les clients avaient déjà quitté les lieux. Certainement Han, parce qu'il n'aimait pas que les clients attendent. C'était un homme ponctuel et bien élevé. Max devait bien lui reconnaître une ou deux qualités. Alors peut-être était-ce l'œuvre de Caroline, mais ce n'était pas son genre de travailler de trop quand ce n'était pas nécessaire. Max commençait à la connaître par cœur. Elle aimait servir les gens, leur sourire et être aimable avec eux alors même qu'elle lui avait ordonné de ne pas le faire. C'était son truc, le contact humain, l'aide. Peut-être parce que personne n'avait été comme cela avec elle quand elle avait tout perdu. Parce qu'elle n'aimait pas que les gens se sentent aussi abandonnés et seuls qu'elle l'avait été. C'était sa manière à elle de se rendre utile aussi. Parce qu'elle pensait qu'elle ne savait pas faire grand chose. Enfin, c'était faux, bien sûr. Elle n'arrivait pas à se faire confiance. A croire en elle. Quand on tombe bas, il est toujours difficile de remonter très haut.
Max décida d'aller la voir pour lui poser la question. Rien que d'y penser, elle trouva cela étrange. Pourquoi aurait-elle fait une chose pareille ? Elle n'avait aucune raison de s'occuper de ses clients. Elle avait bien assez des siens.
Caroline sortit de la cuisine, un verre dans une main, une assiette dans l'autre. Elle souriait avec toute la force qu'il lui restait. Il était tard, elle était fatiguée et autant dire que la proximité constante avec Max n'était pas facile à gérer.
Elle s'avança vers sa table au moment même où une jeune femme posa son sac à main au sol. Elle n'eut pas le temps de remarquer sa présence que déjà elle se retrouvait par terre.
-Oh mon Dieu, je suis tellement désolée !
La femme s'excusa une dizaine de fois alors que Caroline se mettait à genoux avec difficulté. Elle s'était faite mal à la cheville et ses mains étaient en sang. Le verre et l'assiette étaient brisés et elle avait des morceaux dans les paumes. Cela faisait terriblement mal.
-Non non, ça va. Tenta-t-elle de rassurer la cliente, et de se rassurer par la même occasion. Elle était à deux doigts de pleurer, parce qu'elle était vraiment épuisée; mais Max débarqua en trombe devant elle.
-Tu t'es fait mal ?!
Elle s'agenouilla devant Caroline et étudia la situation. Elle avait l'air encore plus paniqué que la blessée. Cela mit du baume au cœur à Caroline. Au moins une personne sur cette planète s'inquiétait pour elle. Et, chance, c'était Max. Pas n'importe qui, donc. Celle qui comptait le plus au monde pour elle. Qui savait tout d'elle, ou presque. Qui était là quand elle en avait besoin. Comme maintenant.
Max attrapa ses mains pour les examiner et, voyant qu'elles saignaient, elle se leva et entraîna Caroline avec elle.
-Viens, je vais te nettoyer tout ça. Dit-elle. Son ton était calme, mais on sentait qu'elle n'était pas tout à fait rassurée.
Elle fit entrer Caroline dans les toilettes des femmes, la fit s'asseoir sur la cuvette du WC le plus proche et partit chercher la trousse des premiers secours. Elle était presque en train de courir. Mais c'était parce qu'elle était amoureuse. Peut-être qu'elle ne le savait pas encore, ou qu'elle ne voulait pas l'admettre, mais ce baiser avait déclenché un ouragan dans sa poitrine et dans son âme. A présent, elle ne vivait plus que pour être avec Caroline. Pour partager des soirées entières avec elle, des trajets de métro, des petits-déjeuners et des fous-rires aussi souvent qu'elle le pouvait.
Elle revint vers son amie et s'accroupit devant elle. Elle ouvrit la boîte, attrapa du désinfectant et une pince. Elle passa le produit sur sa peau avec la plus grande délicatesse dont elle était capable et Caroline réprima un petit cri de douleur. Max enleva un à un les morceaux de verre en s'appliquant à ne pas la faire souffrir. Elle tenait à elle plus que tout au monde. Elle n'aimait pas lui faire du mal. Et c'était normal.
-Merci Max, mais tu n'es pas obligée tu sais …
Elle fixa son associée dans les yeux et Max dut détourner le regard. C'était trop pour elle. Trop de sentiments perturbants. Déjà, elle devait vaincre son envie de la toucher constamment et partout. Ensuite, elle devait s'appliquer à bien la soigner sans seulement penser à la douceur de sa peau laiteuse. Elle n'y avait jamais fait attention avant. Mais maintenant, chaque détail comptait.
Caroline observa son amie nettoyer sa plaie. Elle souffrait mais elle appréciait aussi son aide parce que cela signifiait qu'elle s'inquiétait pour elle et qu'elle voulait son bien. Elle adorait le contact de ses doigts délicats sur le dessus de sa main. C'était grisant pour elle qui devait se contenter de petits touchers fugaces comme celui-ci. Elle aussi était amoureuse. C'était flagrant parce qu'elle n'avait plus que la sensation de Max en train de lui caresser le dos en tête. Elle ne mettait encore aucune étiquette sur ce qu'elle vivait, trop peur d'être la seule à vivre dans cette bulle de bonheur. Elle avait été suffisamment détruite dans sa vie pour ne pas avoir à recommencer. Et c'était pareil pour Max.
Cette dernière récupéra les pansements et les appliqua avec douceur sur les blessures de Caroline. Elle caressa ensuite tendrement ses mains. C'était tellement agréable. Et cette proximité entre elles … Elle ne pouvait rêver mieux. Elle avait la tête au niveau de ses genoux et son épaule frottait ses longues jambes fines.
Caroline se mit à rougir. Max ne s'en rendait certainement pas compte, mais elle lui faisait un bien fou, en touchant seulement sa main du bout des doigts. Elle espérait qu'elle ne regarderait pas dans sa direction, pour ne pas la voir dans son état de béatitude.
-Est-ce que c'est toi qui as débarrassé ma table ? Je me posais la question.
Elle se tourna vers la blessée et la vit avec le rose aux joues. Elle crut qu'elle était gênée par leur proximité et lâcha sa main en se relevant en vitesse assez maladroitement.
-Excuse-moi, je … Je ferais mieux d'y retourner … Je …
Elle commença à déverrouiller la porte des toilettes qu'elle avait fermée derrière elle mais Caroline la retint en attrapant son bras.
-Non, attends, c'est bon, ça va. C'était juste … J'ai encore un peu mal quand on touche …
Encore le plus stupide des arguments, pensa-t-elle. Comme si la douleur faisait rougir …
Max leva un sourcil un peu intrigué mais vint se rasseoir par terre, devant son amie. Après tout, tout peut arriver, alors tant qu'elle pouvait passer 5 minutes de plus avec elle, elle n'allait pas se plaindre ou chercher plus loin.
Caroline lâcha sa main et essaya de trouver comment commencer sans se sentir gênée.
-J'ai débarrassé ta table parce que je voulais te remercier. Pour hier soir. Tu n'étais pas obligée de jouer le jeu. Même si je t'ai un peu forcé la main … Mais maintenant, grâce à toi, je ne serai plus embêtée. Merci.
Son sourire était si grand et si sincère qu'il déstabilisa Max pour un instant. Elle ne savait pas trop quoi répondre. Encore une fois, elle perdit toute répartie et haussa simplement les épaules.
-Pas de soucis, c'est normal. Les amis sont faits pour ça, pas vrai ?
Caroline hocha la tête, et son sourire disparut un peu. Son amie … Oui, c'était ce qu'elle était … Mais elle aurait quand même aimé qu'elle soit un peu plus que cela dans sa vie …
