Je le sus et une souffrance intense m'envahit, je n'eus alors plus qu'une idée en tête : disparaître. Que la culpabilité me tenaillait ! Que la pluie tombât, que le soleil se levât, que le jour laissât venir la nuit, je m'en foutait, tout cela ne signifiaient plus rien pour moi. « Je l'avais tuée. », « Elle était morte. » étaient les deux seules phrases qui résonnaient dans ma tête. Je n'entendais plus qu'une coquille vide, cherchant son corps perdu à jamais. Ce fut comme si je mourus avec elle. Ma déplorable existence n'était plus, je ne vivais plus, je survivais.
Bercé d'Illusions
Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi, Dimanche... Les jours passaient, et je ne pouvait les oublier, ni elle, ni mon penchant suicidaire. Quel mois était-on ? Septembre, ou Janvier, ou Mars ? Je ne le savais. Elle était morte, me laissant à mon désarroi, mes remords. Pourquoi ? Pourquoi l'avais-je donc quittée ? J'avais seulement eut peur, de la blesser, de la tuer, mais n'est-ce pas plutôt en partant que je l'avais tuée ? À chaque fois que j'y pensais, la haine m'envahissait, je me détestais. Depuis ce jour-là...
FLASH BACK
Assis sur la banquette blanche de l'hôtel, je pensais encore à Bella, j'espérais sans espérer qu'elle refasse sa vie. Je ne savais ce que je voulais. Je me concentrai sur les pensées d'Alice, peut-être verrait-elle Bella ? Cela faisait certainement plusieurs mois que je n'avais plus eut de nouvelles de Bella. « Certainement », parce que je ne savais plus, ni l'année, ni le jour, ni le mois où on était ce jour-là. Je paraissais à deux pas de sombrer. J'attendais juste une confirmation de son bonheur, avant de disparaître. Les heures passaient, l'aurore, puis l'aube étaient arrivés... Toujours rien. Les rayons de soleil filtraient à travers les jours du store à demi-fermé , illuminant ma peau, soudain comme en diamant. Ces éclats laissèrent bientôt place à une vision d'Alice.
Bella, magnifique, s'avançait, indécise, et semblait réfléchir. Sur sa peau pâle, glissaient des perles de pluie, et ses pieds nus s'imprégnaient, à chaque pas de terre et de poussières. Plus elle avançait, plus elle paraissait décidée. Soudain, elle se précipita vers le vide qui la séparait de la mer, terrible et enragée par le vent glacé. Bella était sur une falaise. Elle plongeait. Son corps frêle tombait, tombait... Il finit par atterrir dans l'eau gelée par la tempête qui se préparait. Son visage, tout-à-l'heure paisible, arborait à présent une expression effrayée. Elle coulait, secouée par les vagues énervées. Quelque chose l'apeurait, mais ce n'était pas la mort... Autant elle essayait de s'en sortir, autant elle s'enfonçait dans l'eau. Tout-à-coup, son visage s'assombrit, et bientôt on ne voyait plus que du noir, la mer avait disparut, le vent s'était évaporé. On entendait juste quelqu'un crier :
« Bella, Bella ! »
La vision s'effaça, et je mis une trentaine de secondes à comprendre la chose, puis je me précipitai vers l'Italie, ayant pour objectif Volterra.
FIN FLASH BACK
« J''aurais aimé un vaccin pour ne plus me rappeler la douleur que m'infligeais ta mort. J'aurais aimé pouvoir embrasser le bonheur à nouveau, à tes côtés. J'aurais aimé avoir une torche pour brûler tous ces sauvages qui ne connaissaient l'amour. Elle serait si lumineuse que le soleil n'oserait plus se lever, tellement il aurait honte de ne briller comme elle. Si j'avais su a quel point tu attirait le danger et la mort, je ne t'aurais laissée partir avec tous ces saints qui n'ont rien fait pour le monde. », avais-je pensé, devant l'immense forteresse des Volturis. Sauf qu'à ce moment là j'étais tellement éploré que je n'avais pas perçu les présences d'Alice et d'Emett, juste derrières moi. Ils m'avaient empoigné par l'épaule, et n'ayant plus la force pour m'échapper, je m'étais laissé emmener chez les autres vampires végétariens, en Alaska. Je leur fis ensuite la promesse, avec mon sang, de ne pas me suicider...
Je savais ce jour-là, que je ne rencontrerais personne que je ne connaissais en pénétrant l'Opéra de Seattle. C'était une petite bâtisse sans importance, rien avoir avec celui de Paris. Sur les murs du Hall d'Entrée étaient collées de simples feuilles, servant d'affiches, où, inscrits en lettres d'imprimeries, le titre du ballet qui se jouerai s'affichait : « L'étoile au Clair de Lune ». En effet, seul ce dernier m'avait attiré. Je n'avais pas tout perdu, il me restait mes goûts, et mes attirances pour Debussy, le piano, et « Les Hauts de Hurle-Vent ».
Mais je ne savais pas, qu'en pénétrant cette salle de spectacle, j'y verrai cette personne si inattendue, au parfum si fort, si écœurant, et que je n'avais plus vue dès lors où je l'avais quittée :Jacob Black. Je doutais fort qu'il se fut éprit de la musique classique, depuis. Entre toutes ces allées, où s'éparpillaient ces sièges bien rangés de feutre rouge, je le fixais. Il m'avait aperçu, lui aussi. Me regardant férocement, il me rappela à quel point je l'avait détruite, tuée. Mon dégoût envers moi-même resurgit, et je dus m'affaler sur un siège pour ne pas m'étaler au sol. Une fois assis, je ne fis plus attention à lui et portait mon attention sur les rideaux de la scène, noirs comme le jais. Une demi-seconde plus tard, les lumières s'étaient éteintes. Et un quart de seconde après, les rideaux se levèrent, tels la nuit qui laissait place à l'aurore. Les premières notes de piano retentirent, comme un long souvenir que l'on diffusait. Une danseuse se tenait sur ses pointes, dos aux spectateurs, habillée de bleu nuit. De ses cheveux, plaqués en un chignon sophistiqué, s'échappaient des effluves de Freesia Blanc. À reculons, elle s'approcha du bord de la scène, telle un ange. Il sembla qu'elle fut comme brillante et pailletée de la lumière de la lune, un halo de brillance l'entourait. Mais ce ne fut que lorsqu'elle se retourna, que je m'aperçus que ce n'était pas une Lune, mais un million d'étoiles. Ce n'était pas un million d'étoiles, mais mon million d'étoiles. Ce n'était pas non-plus mon million d'étoiles, mais ma Bella. Une Bella immortelle. Éternelle.
