Merci à tout ceux qui m'ont lu et/ou me laissent des reviews ! Je vous aime :)
Voici la suite et fin de ma fanfiction "A l'éclat d'une lampe terne" !
Kyo laissa les semaines passer sans que leur relation n'évolue. Il pensait avoir trouvé un juste compromis entre ses envies et ses remords. Ainsi, de temps à autre, quand il ne pouvait plus se contenir, il venait la voir dans sa chambre pour effleurer ses courbes, enflammer ses sens de baisers que même Satan n'aurait pu qualifier de chastes... Finalement, il la lâchait, la laissant au moins aussi pantelante de désir que lui. Il prenait bien soin de ne se faire voir de personne, ne voulant pas qu'elle ait à souffrir de remarques désobligeantes. Cela lui permettait également de lui laisser le choix. Il ne l'obligeait à rien, encore moins d'être avec lui. Ce n'est pas ce qu'il désirait pour elle de toute façon.
Un jour qu'il fumait tranquillement, assis sur le rebord d'une fenêtre, il la vit partir le visage sombre. Des cernes noires cerclaient ses yeux, signe qu'elle avait peu dormi. Il avait bien sûr entendu les nombreux soupirs de la jeune femme qui n'avait pas arrêté de se tourner et de se retourner dans son futon. Cependant, il n'avait pas osé venir la rejoindre. Il avait préféré la laisser à ses doutes et à ses interrogations, comme à leurs habitudes. Leur relation, si l'on pouvait qualifier leur lien ainsi, était basée sur des non-dits, des silences et des gestes avortés. Que serait-il alors advenu d'eux s'il avait transgressé ces règles murmurées dans un silence calfeutré ?
Il l'avait laissé partir, vérifiant presque inconsciemment que son trois coups pendait à ses côtés. Il avait occupé sa journée comme d'habitude, marchant un peu pour se détendre, fumant sa pipe allongé dans l'herbe, dormant d'un œil dans le jardin pour éviter d'avoir Kyoshiro sous les yeux. Il ne supportait pas l'air d'imbécile heureux de cet énergumène pour qui tout avait souri. Peut-être était-ce de la jalousie, peut-être simplement une constatation. Tout ce qu'il savait c'est qu'il avait blessé, tué, menti tout autant que lui et qu'il se trouvait actuellement avec la femme de sa vie, dans une maison charmante. Sûrement auraient-ils bientôt un heureux événement selon leurs désirs. Il n'avait pas eu à supporter pendant des années que son esprit soit transmuté dans un autre corps, que ses gestes et ses actes ne lui appartiennent plus, qu'il ne pouvait plus penser, courir, bouger. Alors oui, il était jaloux. Lui avait d'abord trouvé un semblant d'amour auprès de Sakuya avant qu'elle ne se révèle destinée à un autre. Il s'était ensuite rendu compte de son erreur. La femme de sa vie était une femme énergique, débordant de passion et de vitalité, blonde. Yuya.
Le soir, il se dirigea comme à son habitude dans la pièce commune. Il mangeait rarement mais s'asseyait à la fenêtre, sa longue pipe dans une main, une bouteille de saké, rapidement vidée, dans l'autre. Il passa devant la cuisine où Sakuya s'affairait aux fourneaux, seule. Il ne s'inquiéta pas, Yuya aimant prendre des bains très longs. Il l'imagina aussitôt dans la baignoire, se prélassant sans voir le temps passer.
Cependant, les minutes défilèrent sans qu'on ait vu trace de la chasseuse de primes. Sakuya et Kyoshiro s'installèrent à table, espérant que leur amie ne tarde pas trop. Plus le temps passait, plus la tension montait, inexorablement. Sakuya, espérant diminuer un peu la raideur des épaules du démon, dit doucement qu'elle était sûrement en proie avec une prime un peu plus difficile que d'habitude. Cela eut l'effet inverse. Il n'aimait pas lorsqu'il ne connaissait pas l'exacte position de la jeune femme. Il se sentait plus serein quand il était au fait de chacun de ses mouvements. Depuis son retour, il était malgré lui plus protecteur, gardant toujours un œil sur Yuya et s'inquiétant plus rapidement.
Kyoshiro lui tendit une bouteille de saké et il ne le remercia pas, se contentant de vider son contenu, essayant d'apaiser sa peur. Il tiqua intérieurement. Oui, il avait peur. Peur de ce qui pouvait lui arriver. Peur de ce que ce retard impliquait. Peur qu'elle ne revienne pas. Peur de revivre cette solitude absolue sans qu'il n'y ait plus d'espoir de la revoir cette fois-ci.
Ils attendirent quelques heures avant que Kyo ne se lève brusquement, les faisant tous sursauter. Sa bouteille tomba au sol, répandant ses ultimes gouttes au sol tandis que le repas était abandonné, froid, sur la table. Son Tenrô en main, il ne prit pas la peine de s'arrêter, lâchant à peine ces quelques mots :
« - Je vais la chercher, cette andouille a du se perdre. »
Aucun de ses deux hôtes ne prit la peine de relever la tension dans sa voix, l'infime hésitation sur le qualificatif. Ils se contentèrent de le laisser partir, confiants quant au fait qu'il la ramènerait. Le démon partit le plus sereinement possible, ne voulant pas montrer à quel point l'angoisse tiraillait chacun de ses muscles pour le pousser à courir, à se dépêcher pour voir ce qui se passait, ce qui retenait la belle loin de lui.
Sur la route, alors qu'il s'apprêtait à s'élancer, loin des yeux scrutateurs de ces deux amis, il fit la rencontre des Sacrés du Ciel et de Tokito qui, le connaissant bien, s'inquiétèrent aussitôt de son regard noir, de son visage tiré. Ils reconnaissaient bien là les marques d'inquiétude propres à leur mutique chef. Ils n'eurent pas à demander ce qu'il se passait. La seule personne au monde capable de le mettre dans cet état était la chasseuse blonde.
Ils n'osèrent pas poser de questions, comprenant juste qu'il fallait la retrouver. Le démon se sentit quelque peu soulagé de voir ses amis. Jamais il ne l'aurait avoué bien sur, mais les voir avait réussi à apaiser son esprit embrumé par les sévices que pouvait subir la jeune femme actuellement. Il ne pensait pas un instant à ce qu'elle put simplement être en retard. Il ne raisonnait plus de la même manière quand il s'agissait d'elle. Bien qu'il était certain de la retrouver, il était le plus fort après tout, cependant, cela n'empêchait pas qu'elle soit actuellement en danger. Il le sentait au fond de lui, il ressentait une angoisse sourde et diffuse qui lui donnait envie de hurler, de tuer tout le monde sur son passage. Pourtant, cela ne l'aurait mené à rien sinon à le calmer quelque peu.
Ω
Deux jours. Voilà deux jours qu'ils la cherchaient, sans résultat. Le démon n'avait rien mangé depuis qu'il était parti et ils ne s'étaient pas reposés. Il aurait voulu continuer mais ses cinq compagnons avaient déjà fait un long voyage pour le retrouver et ils voulaient se reposer. Ils avaient également à cœur de la retrouver bien sûr, mais ils ne diraient pas non à une courte halte. Ce fut Bontemaru, sûrement le plus sage d'entre eux, qui réussit à ce que leur chef leur accorde une pause. Tokito avait compris l'ampleur de l'influence de Kyo sur ses compagnons. Le lien qui les avait uni et les unissait encore était incroyablement puissant. Elle n'avait osé le dire mais cela l'impressionnait. Dans le clan Mibu, il n'était pas question d'un tel rapprochement.
Ils avaient établi leur camp dans une sorte de petite clairière entourée d'arbres. L'ambiance n'était pas à la fête et un silence de plomb entourait tous les membres de la bande. Tokito, préparant ses affaires, s'était approché de son mentor et amant pour lui poser une question qui trottait dans sa tête depuis un moment :
« - Akira, tu ne trouves pas que Yuya est toujours en danger seulement quand Kyo est là ? Après tout, cela fait trois ans qu'elle n'avait pas été... Aïe ! Akari, tu vas me le payer !»
Alors qu'elle allait finir sa phrase, Akari s'était approchée pour lui mettre un coup sur le crâne. Elle voulut aussitôt répliquer avant de prendre conscience de ce qu'elle avait dit. Elle ne voulait pas insinuer une cause à effet mais elle avait simplement fait une constatation. Quand elle se coucha, silencieuse, elle regretta ses paroles d'une part car elles avaient été blessantes et d'autre part car elle n'avait pu s'endormir comme à son habitude contre Akira qui voulait visiblement lui faire payer d'avoir blessé son « grand-frère ».
Très vite, les yeux se fermèrent, chacun ruminant ses propres pensées avant de s'endormir. Seul le démon ne pouvait fermer les yeux. Il était évident qu'il faisait le malheur de Yuya. Il avait naïvement cru qu'un démon pouvait aimer un ange sans lui brûler les ailes. Il savait pourtant que tout avait un prix. Il avait déjà accumulé un nombre impressionnant de dettes auprès d'elle. De par sa nature, elle avait été blessée de nombreuses fois, elle avait failli mourir, un idiot l'avait embrassé de force, elle était entrée dans un monde de sang et de violence alors même qu'elle aurait du vivre heureuse avec son frère, trouvant un homme idéal et parfait pour elle. S'il n'avait pas été aussi angoissée, il aurait ri à cette pensée. Il était loin du prince charmant. Pendant longtemps, les femmes n'avaient rien représenté pour lui sinon un moyen d'assouvir ses besoins. Et puis elle était entrée dans sa vie. Il l'avait trouvé insignifiante, bête et plate et puis la conviction de son regard, la force de sa voix l'avaient amusées. Il l'avait laissé vivre et avait regardé son parcours, enfermé dans le corps de Kyoshiro. Il avait appris à mieux la connaître quand il avait pris la place de cet abruti. Elle était pleine de vie, énergique, elle ne pliait devant rien. La force et le pouvoir ne représentait rien pour elle. Il était le plus fort pourtant, le plus puissant. Son bonheur semblait donc impossible si elle vivait à ses côtés. Et pourtant, elle l'avait aimé... Elle ne l'avait pas avoué clairement mais il l'avait compris. Il avait alors saisi la portée de ses gestes, elle l'avait toujours encouragé quand bien même elle ne le connaissait presque pas. Elle l'avait également ramené à la raison...
Et il l'aimait. D'un amour ardent et passionné. Et c'est cet amour qui la faisait souffrir. Elle ne pouvait pas vivre avec lui, il était comme un poison pour elle. Et pourtant... sa simple vue le mettait de bonne humeur. Leurs altercations le rendaient rieurs. Il souriait plus souvent. Il n'éprouvait plus cette solitude écrasante d'être le dernier des Mibu, d'avoir sur la conscience le poids d'avoir tué son mentor. Il était un démon parmi les humains qui, auprès d'un ange, avait fini par trouvé sa place. Il aurait voulu tellement plus. Il voulait passer sa vie à ses côtés, peut-être fonder une famille. Il voulait la voir vieillir à ses côtés et ne plus avoir à souffrir de cette angoisse qui lui rongeait les sangs, anesthésiait ses sens et le rendait fou. Mais ils ne pouvaient pas être ensemble. Elle ne devrait pas avoir à souffrir. Elle avait réussi à vivre trois ans sans lui et il était temps de mettre fin à cette relation stérile qui ne les mènerait nulle part. Finalement, il aurait mieux fait de ne pas revenir. Il avait enfin la solution à ces questionnements. Leur amour était impossible. Elle était trop pure pour qu'il puisse l'approcher sans la ternir à jamais. Il avala une longue gorgée d'alcool, espérant calmant ses attentes qui n'arriveraient jamais. Il aurait voulu rester seul et pourtant sa solitude fut de courte durée car Akira s'approcha doucement de lui :
« - Kyo...
-...
- Kyo, tu sais, on sait tous que tu aimes Yuya mais... tu devrais reprendre ton sang-froid. Tu n'as pas dormi et mangé pendant deux jours entiers...
-...
- Kyo, tu...
- Lâches moi ! Arrêtez avec vos histoires ! Je vais bien ! J'ai une dette envers elle c'est tout ! Je ne peux... Nous sommes... Elle et moi c'est impossible. »
Dire ses mots lui arrachait le cœur mais il lui fallait ouvrir les yeux. Jamais ils ne pourraient former un couple. Akira ne l'avait jamais vu ainsi. Un masque de douleur semblait recouvrir ses traits d'un mal immense que rien ne semblait pouvoir défaire. Il semblait... résigné. Et le fait que son mentor ne semblait plus avoir de raisons de vivre, là, à cet instant précis, déstabilisa énormément le jeune aveugle. Il comprendrait peut-être un jour quand il ne serait plus aux balbutiements de sa relation avec l'ex-Quatre Sage mais en attendant, un tel dévouement, une telle dévotion envers une personne unique lui parut incompréhensible.
Un craquement mit le démon sur le qui-vive, éclaircissant son esprit mais il n'entendit alors plus rien. Il essaya alors de se calmer lorsqu'une détonation retentit, coup de tonnerre dans le silence. Il sauta sur ses pieds et en un éclair s'élança à toute vitesse. Il pensait avoir atteint le paroxysme de sa célérité lorsqu'un cri et de nombreuses déflagrations résonnèrent. Il arriva sur place et put voir la jeune femme pliée en deux, vomissant une bile amère. Il se pencha au-dessus d'elle, prenant aussi délicatement que possible ses cheveux pour les écarter. Il remarqua les nombreuses coupures, les bleus présents partout sur son corps. Sa peau pâle faisait ressortir le sang coagulé d'innombrables blessures. Elle regardait le corps étendu, troué de nombreuses perforations d'un œil vide, morne et absent. Il essaya de l'apaiser avec son contact mais elle se dégagea bien vite, le menaçant de son arme. Kyo se dit qu'elle était choquée par ce qu'elle venait de vivre pour qu'elle cherche à lui tirer dessus. Il savait pourtant qu'elle n'avait plus de balles au nombre de coups qui avait résonné. Elle le regardait avec une rage indicible. Il comprit quand elle lui dit :
« - Tu a payé ta dette. »
Elle essaya tout de même de lui tirer dessus avant de lui jeter son pistolet au visage. Le démon ne montra aucune émotion, ne dit rien. Pourtant ces cinq mots signifiaient énormément. Elle avait été là lorsqu'il parlait avec Akira. C'était elle le craquement. Interrompant ses réflexions, elle lui demanda dans un sanglot :
« - Pars... va-t'en...
- ... »
Deux options s'offraient à lui. Il pouvait choisir de prendre au mot la jeune chasseuse de primes et partir ainsi, son souhait serait exaucé. Il pourrait partir loin d'elle et elle n'aurait plus jamais à souffrir par sa faute. Elle serait malheureuse un temps bien sûr, mais cette fois elle serait certaine de ne plus le revoir. Mais il pouvait également saisir cette opportunité pour lui expliquer, lui dire à quel point la vie à ses côté n'était pas simple. Elle ne serait pas heureuse. Il n'était pas romantique, ni affectueux. Il n'aimait pas être dérangé. Il était morne et solitaire. Il ne ferait que la rendre malheureuse. Néanmoins... il l'aimait.
Elle s'effondra devant elle, la faiblesse de son corps et de son esprit ne lui permettant plus de rester debout. Il s'approcha tandis qu'elle sanglotait doucement afin de la soigner. La jeune femme ne put que pleurer davantage, cet acte lui rappelant cruellement qu'elle ne pouvait jamais s'en sortir sans lui, qu'elle lui devait bien plus que ce qu'il semblait penser. Il ne fallait pas la brusquer c'était certain, c'est pourquoi il prononça son nom de la plus douce des façons.
« - Yuya... »
Elle cessa de pleurer, consciente qu'il lui accordait toute son attention. Il ne savait pas trop quoi dire. Il n'avait pas totalement validé son choix. Il était tendu. Il fallait se décider et vite. Il sentait son cœur battre pour la première fois hors combat. Il dit, confus et hésitant :
« - Je... Je... suis désolé. Je... Rahh ! Pourquoi c'est aussi dur ! Je ne voulais pas te voir souffrir par ma faute !... »
Pourtant, elle continuait de le regarder de ses yeux verts emplis de douleur et d'incompréhension. Une douleur sourde passa comme une ombre furtive sur son visage. Ses yeux semblaient lui reprocher tous les maux du monde et il tourna le dos, incapable de les soutenir avant de continuer ses explications :
« - Pendant ces trois années, je suis redevenu le tueur, le démon aux milles victimes et... je ne pouvais pas... admettre que tu pouvais être blessée par ma faute... Tu es ma faiblesse, Yuya... Et, je pensais qu'on... que nous... »
Il laissa de longues secondes passer, rassemblant un semblant de courage pour finalement souffler ces quelques mots :
« - Mais après ce que tu viens de vivre... Je...Je n'ai aucune excuse mais Yuya... »
Lui tournant toujours le dos, il chercha à lui avouer ces quelques mots qu'il savait qu'elle attendait mais qu'il était incapable de prononcer. Il se contenta d'annoncer :
« - Je... Je ne veux pas te perdre ! »
Se retournant pour voir la réaction de sa belle, sans être certain de ce qu'elle lui dirait alors, il la vit la tête entre ces deux genoux, soulageant son esprit et son corps de toutes les émotions qu'elle avait accumulé par son histoire et par le discours du démon. Il venait de lui avouer avec ses mots qu'il l'aimait. Qu'il la chérirait pour le reste de leur vie, avec ses propres moyens. Il n'était pas romantique. Il n'était pas homme à faire de grandes déclarations enflammées. Ils se disputeraient souvent. Elle le maudirait quelque fois. Mais il l'aimerait. Envers et contre tout. Il lui avouait un amour sans limite et sans faille. C'est cette vie qu'il lui offrait à travers ses mots et Yuya n'hésita pas un instant avant de lui répondre :
« - J'ai confiance en toi, Kyo. »
Elle l'acceptait entièrement, sans réserve ni contrainte tant qu'il respectait sa promesse. Et il n'y dérogeait jamais. Le soulagement qu'éprouva alors le démon fut indescriptible tant il était apaisé par ces mots. Il ne savait pas si leur histoire durerait, si elle voudrait toujours de lui mais il essayerait de la garder. Il ferait tout pour que jamais elle ne parte et plus jamais il n'essaierait de l'abandonner.
Lorsqu'ils rentrèrent, personne n'osa leur poser de questions mais ils ne se quittaient plus et n'en reparlèrent plus jamais. Ces quelques mots et les regards qu'ils échangeaient avaient suffit à ce qu'ils se comprennent. Leur relation était étrange parfois, difficile souvent, faite de silence et de non-dits, d'esquisse, de soupirs et de gestes. Mais ils étaient heureux. Et ils s'aimaient.
Review ?
N'hésitez pas à lire mon recueil d'OS "Aishiteru" sur Kyo et Yuya !
