Chapitre 2 : Dumbledore face au Yéti
Il lui sembla avoir entendu un bruit. Le vieil homme parcourait cette immensité de glace où seul le bruit de ses pas et le tumulte du vent venaient s'immiscer. Et pourtant, il aurait juré… Non, le vent. Ce n'était que le vent. Il resserra autour de lui ses capes sur lesquelles ces maudites bourrasques tiraient. Il était gelé, il rêvait de sa chambre, d'un lit aux draps déjà chauds, et contre lui… Il ferma les yeux un instant, juste pour rendre le rêve un peu plus tangible avant de le laisser disparaître.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, une énorme bête blanche le fixait de toute sa hauteur. Il ne manquait plus que ça, il fallait qu'il tombe sur un yéti ! Et Hagrid n'était même pas là ! Il leva sa baguette sans grande conviction et commença à jeter des sorts. Il n'était pas concentré, il en avait marre de ces foutues boules de poils ! Quand bien même il pourrait être chez lui, avec…
Son esprit se perdit encore, et s'égara loin des sorts et de la puissante magie qu'il magnait. Celle-ci s'emballa, mais c'était trop tard. Il ne s'en rendit compte que lorsqu'il sentit la boule de poils beaucoup, beaucoup trop proche de lui. Contre lui. Et qu'elle l'embrassa.
Le choc passé, une explosion de magie pure envoya la créature au loin. Dumbledore ne prit même pas la peine de jurer, de pester ou de maudire qui que ce soit, il transplana. Jamais il n'en parlerait.
.oOo.
Il se faisait maintenant les cent pas devant son bureau. La porte-gargouille le fixait avec étonnement, et finit par lâcher le mot de passe. Peu de gens savaient qu'il y avait deux mots de passe, en fait. La statue s'abaissa dans le sol, emmenant le Directeur vers ses quartiers. Il estimait qu'il n'y avait que lui et une autre personne à le savoir, et les précédents Directeurs de l'école. Peut-être qu'eux-mêmes avaient partagé cette intimité, mais il ne tenait pas à savoir.
« Bonsoir Albus, fit une voix douce. »
Elle était là, bien sûr. Il sourit. Il ne pouvait pas faire autrement.
« Tu reviens du grand nord ? demanda-t-elle en riant. »
Il grommela dans sa barbe, maudissant enfin ce yéti sur quelques générations, et chassa la neige à moitié fondue de ses bottes.
« Je n'ai toujours pas réussi à trouver où ce foutu volatile peut bien bouder.
- Tu avais parlé d'une grotte…
- Oui, mais en Sibérie ! »
Elle se blottit contre lui, cachant son visage dans ses robes.
« Je ne vois pas pourquoi il est parti, fit-elle.
- Fumseck est un phénix, c'est jaloux ces bêtes-là… »
Bientôt, ils iraient se coucher. Elle passerait la nuit à coller son corps chaud contre le sien. Ils ne partageaient rien de plus dans ces moments-là, du moins rien de physique. Il était trop vieux pour ça. Mais elle lui apportait beaucoup : l'espoir d'être bien plus qu'un vieil homme.
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Ce texte a été écrit dans le cadre des défis proposés par La gazette des bonbons aux citrons (voir dans les forums du site), et en réponse à ceux suivants :
- Concours : 200 choix, 3400 points : [A03] (Mot) yeti (min. 300 mots)
- Les 50 drabbles : Albus D. / Lily E. (max. 500 mots)
