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*russe *
/écriture, mouvement de tête ou pensées envoyées à une autre personne/
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Chapitre 2 : Nouvelle vie
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La fille ouvrit les yeux de longues heures plus tard, enroulée dans les couvertures qu'il avait pris à la femme, réchauffée par le feu qui brulait au centre de l'igloo construit magiquement par Harry. Elle poussa un gémissement de douleur alors que le Sorcier lui tendait un bol rempli d'eau. Après avoir bu avec avidité, elle tourna enfin la tête vers lui, et il put voir la méfiance dans ses yeux étrangement bleus.
« А вы кто ? » demanda-t-elle d'une voix usée.
D'un rapide sort de langage, merci Hermione, Harry fit en sorte de la comprendre, et surtout de lui répondre.
*Peux-tu répéter ? * demanda-t-il dans sa langue.
*Qui êtes-vous ? *
*Je m'appelle Harry. Est-ce que je pourrais savoir ton nom ? *
*… Talya * répondit-elle après une hésitation.
Harry lui sourit pour la rassurer.
*Je t'ai trouvé dans la neige. Comment es-tu arrivé là ?*
Il s'attendait à de nombreuses réponses variées, il avait vu le regard de la femme. Pourtant, celle qui arriva le fit sursauter.
*Tu aurais dû me laisser mourir. *
*Pourquoi ? *
Elle pinça ses lèvres, le visage sombre. Ses yeux bleus le regardaient avec méfiance et une touche de colère.
*Parce que je n'ai nulle part où aller. On m'a bannie. *
*Du village non loin ? Et ta famille ? *
*Je n'ai pas… de famille. *
Elle baissa les yeux vers le feu, suivant le mouvement des flammes.
Elle lui ressemblait un peu, alors qu'il était encore enfant et enfermé dans un placard sombre.
*Moi aussi je n'ai pas de famille. * répondit Harry alors qu'elle leva vivement la tête vers lui, surprise.
Elle ouvrit la bouche, presque coupable ou triste, mais la referma avant d'avoir dit quoi que ce soit. Elle était si calme. Bien trop pour quelqu'un qui venait de tout perdre et qui avait failli mourir.
*Pourquoi ? *
Elle releva les yeux vers lui, les plongeant dans les siens. Le silence s'étira, si long que Harry se demanda si elle allait répondre.
*Parce que je suis maudite. * murmura-t-elle, en relevant ses manches, dévoilant les lignes sombres qui serpentaient sous sa peau.
Le Gryffondor fronça les sourcils, troublé. Il n'avait jamais vu ça. Peut-être que Hermione en serait plus. Ou Kingsley. Parce qu'il était évident qu'il n'allait pas laisser Talya au milieu de la Sibérie. Il comptait bien la ramener avec lui à Londres. Et peut-être même chez lui. Il était seul au Square Grimmaurd depuis deux mois et cela commençait à lui peser. Il n'avait pas souhaité poursuivre une carrière d'Auror, il avait donc énormément de temps libre devant lui le temps de trouver sa voie. Accueillir une enfant chez lui ne serait pas un problème. De plus, il gardait souvent Teddy quand Andromeda ne le faisait pas.
*Je suis insomniaque. *
*Quoi ? *
*J'ai tendance à manger plus de pizza que de légumes, je passe des heures dans la douche, j'aime regarder les gens passer dans la rue quand je m'ennuis. Je fais beaucoup de cauchemars. *
*Qu'est-ce que tu racontes ?! *
*Je suis célèbre dans mon pays, à mon plus grand malheur. J'ai des amis formidables et une paperasse monstre à gérer maintenant que j'ai reçu plein de titres. Je suis obligé de passer au Ministère régulièrement et de participer à des fêtes stupides. *
*Tu es fou. *
*Je m'occupe souvent de mon filleul, un bébé. Je n'aime pas trop faire le ménage. Je vis complètement seul mais ça commence à devenir étouffant. *
*Mais qu'est-ce que tu fais ?! * finit par crier Talya.
*Je te propose de vivre avec moi. *
Elle ouvrit la bouche, puis la referma. Une fois, puis deux, puis trois.
*Quoi ? *
*Tu m'as bien entendu. Je te proposer de renter avec moi, et de vivre avec moi. *
*Pourquoi ? * demanda-t-elle, abasourdie.
Il haussa les épaules.
Elle lui faisait penser à lui, quand il regardait Dudley appeler Tante Pétunia « Maman » alors que lui n'en avait pas le droit.
*Pourquoi pas ? Je te l'ai dit, je vis seul, avec un bébé parfois. J'aime la compagnie. *
*Mais… *
*Tu n'es pas obligée. On peut aussi être de simples colocataires. Je ne vais pas t'adopter ou quoi que ce soit, si c'est ce qui t'inquiète. *
*Mais je suis maudite. *
*Et alors ? Je suis un Sorcier, Talya. Je fais de la Magie. De la magie blanche, de la magie noire. J'ai été le cœur d'une guerre qui m'opposait directement à un homme complètement fou. J'ai fait des choses, des choses affreuses pour protéger les miens ou les venger. *
*Je… Je ne… *
Harry sourit, doucement. Elle tremblait mais pas de froid. Plutôt d'émotion. Ses yeux brillaient de larmes contenues. Pourtant elle ne semblait pas avoir peur.
*J'aurais le droit de manger ? *
*Bien entendu ! Trois repas par jour. *
*J'aurais le droit d'apprendre à lire et à écrire ? *
*Je t'apprendrais moi-même. *
*J'aurais le droit de prendre de longues douches ? *
*On fera un concours. Tu auras aussi le droit de peintre ta chambre de la couleur que tu voudras, tu pourras regarder tous les films que tu voudras, tu pourras manger tout ce que tu voudras. *
*Je ne comprends pas. *
*Il n'y a pas grand-chose à comprendre. » dit-il en haussant les épaules. « Soit tu viens avec moi et tu vis la vie que tu veux, soit tu décides de rester ici et tu te laisses mourir. *
*Je veux vivre. *
*Alors vient avec moi. *
Les yeux brillant de détermination, elle prit la main tendue devant elle.
HPDM
*Où est-ce que l'on est ? * demanda Talya deux jours après son installation chez Harry.
Elle lui tenait la main et faisait face à une porte blanche au milieu d'un grand bâtiment. Sur celle-ci, une plaque en or affichait des chiffres qu'elle n'arrivait pas à comprendre.
*Chambre 208. Un… ami à moi est ici. Il est malade. *
*Il va mourir ? Chez nous les malades meurent toujours. *
*Non ! Il est guéri maintenant, on attend juste qu'il se réveille. *
*Il ne se réveille pas mais il n'est pas mort ? *
*Son corps est toujours vivant mais son esprit dort. * expliqua Harry.
Il poussa la porte qui s'ouvrit, laissant apparaître une infirmière, la baguette pointée sur le corps endormit, qui sursauta violemment et rougit. Curieux d'une telle réaction, et méfiant, Harry se retint de dire quoi que ce soit et poussa la jeune fille dans la pièce.
« Bonjour. »
« B-Bonjour ! Je ne pensais pas que vous reviendrez ! »
Elle semblait tendue. Comme un enfant prit en faute. Harry plissa des yeux alors que Talya serrait sa main plus fort.
« Je voulais voir comme allait Draco Malfoy. Je passerais de temps en temps. »
« Je… Je vois. Bonne journée, Monsieur Potter. » bégaya l'infirmière en passant nerveusement à côté de lui.
Il fronça les sourcils. Son instinct lui disait que quelque chose de suspect venait de se passer. Par mesure de précaution, il tira sur la sonnette qui appelait l'infirmière attitrée du blond. Il jeta les deux sorts qu'il connaissait pour sentir la magie noire, sous le regard émerveillé de Talya, mais ils furent négatifs.
« Monsieur Potter ? » appela Anna McKinnon en entrant dans la pièce.
« Est-ce que vous pourriez vérifier l'état de Monsieur Malfoy ? »
Elle tendit immédiatement la baguette, les sourcils froncés d'inquiétude, et jeta une ribambelle de sort.
« Pourquoi ? Est-ce qu'il a bougé ? »
« Non, malheureusement. Mais quand je suis rentré, j'ai croisé l'une de vos collègues qui avait un comportement… étrange. J'ai préféré m'assurer qu'elle n'avait rien fait de mal. »
La blonde fronça encore plus les sourcils, maintenant perturbée.
« Une collègue vous dites ? »
« Petite, blonde. Elle avait des chaussures à talon vertes. »
Elle avait le même regard que Queudver dans la cabane hurlante.
*Elle éprouvait beaucoup de colère, et de peine. Elle a eu très peur quand tu es entré. Elle était terrifiée. Mais elle a ressenti beaucoup de haine quand elle a regardé le Monsieur. * souffla Talya d'une petite voix, serrant sa main dans la sienne.
Harry se tourna vers elle, surpris, de même que l'infirmière suite à l'utilisation d'une langue étrangère.
*Comment est-ce que tu sais ça ? *
*Parce que je sens les sentiments des gens. * avoua-t-elle.
Il écarquilla les yeux avant de se baisser à son niveau. Il prit ses mains dans les siennes et la regarda droit dans les yeux.
* Est-ce que tu pourrais me dire ce que ressent la dame ? *
* De la curiosité. De la panique. De la déception. Mais pas contre la personne endormie. *
* Merci. *
* Tu n'as pas peur ? * s'enquit timidement l'enfant.
* Peur ? Pourquoi donc ? Être empathe est un don extraordinaire, il n'y a pas de raison d'en avoir peur, au contraire. *
Il vit ses joues rosir de plaisir puis se releva. Miss McKinnon avait fini les analyses. Quand il se tourna vers elle, la jeune femme nia de la tête. L'infirmière n'avait pas eu le temps de lancer de sort qui nuirait au patient. Soulagé, Harry soupira.
« Vous devriez demander une garde à domicile. Je peux signer la décharge déclarant que je viendrais chaque matin m'assurer de l'état de Monsieur Malfoy. »
Il n'eut pas besoin de réfléchir. Draco Malfoy n'était pas en sécurité ici finalement et, quelque soit leur passé, il ne le laisserait pas à la merci de n'importe qui. Il hocha la tête et Miss McKinnon partit chercher les parchemins nécessaires à la démarche.
* Qu'est-ce que ce passe ? *
* Talya, je te présente Draco Malfoy. On a étudié ensemble. Il y a trois jours, il a été victime d'un sort très sombre, qui l'a plongé dans cet état parce que beaucoup de personnes le détestent à cause de la guerre. *
* Pas toi ? *
Est-ce qu'il le détestait ? Il connaissait la réponse depuis bien plus longtemps qu'il ne voulait se l'avouer.
* Non. Mais il est en danger ici. Alors le médecin m'a proposé de l'emmener à la maison. *
La russe fronça les sourcils, puis hocha la tête. Satisfait, Harry signa rapidement de son empreinte magique et de son sang les différents parchemins ramenés par la jeune femme.
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