Chères lectrices et chers lecteurs du chapitre 2.
Si vous êtes là, c'est sûrement que le premier chapitre vous a plu. Sinon, c'est que vous avez du temps à perdre. Dans les deux cas, je suis ravie de vous retrouver !
J'avais annoncé 2 chapitres + 1 épilogue. Finalement, l'épilogue sera aussi un chapitre (oups, il est déjà trop long).
Je vous souhaite une très bonne lecture et réponds aux reviews en bas.
Deku au bois dormant – chapitre 2
Mercredi 23 Mai – sept heures cinquante-trois.
Katsuki avait la rage. C'était pas son genre de se pointer en cours avec la boule au ventre, et à cause de cet abruti de Deku, il avait les entrailles en vrac. Dès qu'il passerait la porte de la classe et verrait ce foutu nerd, il lui referait le portrait. Il se l'était promis. Ouais, sauf qu'à son arrivée, Deku n'était pas là.
A huit heures non plus.
En revanche, Aizawa s'était encore pointé avec All Might et tous les élèves avaient des têtes de déterrés. Ils donnaient envie à Katsuki de tout péter.
_ Quoi ? Qu'est-ce qui se passe bordel ? Grogna-t-il avant même que les professeurs prennent la parole.
_ Tu le saurais si tu étais resté hier, répondit Todoroki d'un ton morne.
Katsuki se tourna vers lui pour lui rétorquer d'aller se faire voir, mais le regard abattu de double-face le bloqua. Ça avait l'air vraiment grave, là. Il se tourna cette fois vers Uraraka.
_ Eh, tête d'œuf. Est-ce que t'as…
_ Oui, le coupa-t-elle sans le regarder – les poings serrés et les yeux remplis de larmes, elle mit un instant avant de continuer. Oui j'ai essayé ! Mais ça n'a… ça n'a rien fait. Izuku n'a pas ouvert les yeux. Il est encore dans son lit d'hôpital e-et on est plusieurs à avoir tenté de le sauver mais…
Elle cacha son visage entre ses mains et fondit en larmes. Katsuki la regardait faire avec des yeux ronds. Il détestait ce genre de réaction fragile et surtout, il ne comprenait pas que ça n'ait pas marché. Uraraka était clairement la fille dont Deku était le plus proche.
_ C'est pas possible, dit-il. T'es sûr que t'as bien…
Uraraka lui jeta un regard assassin. Il n'avait jamais vu cette nana là en colère.
_ Oui je suis sûre ! Je l'ai embrassé sur la bouche, bon sang !
Son visage était rouge pivoine et couvert de larmes. Iida se leva pour poser une main sur l'épaule d'Uraraka et demanda sèchement à Katsuki de se taire. Ce-dernier n'eut pas le temps de répliquer, Aizawa et All Might leur demandèrent à tous de reprendre leur calme pour qu'ils puissent faire le point sur la situation.
Rien de bon ne ressortit de leur discours.
Inko Midoriya, Iida, Uraraka et Yaoyorozu avaient dressé une liste de toutes les filles dont Deku était plus ou moins proche. Katsuki apprit que chacune d'entre elles étaient venues montrer une marque d'affection à Deku : baiser sur la joue, caresse dans les cheveux. Même des filles qui n'étaient pas sur la liste avaient tenté le coup. La situation était totalement absurde. Katsuki sentait la colère bouillir en lui rien que d'imaginer le défilé ridicule dans la chambre d'hôpital de Deku. Il était aussi énervé contre le nerd d'être si compliqué. Sérieusement, est-ce que cet abruti fini était tombé amoureux d'une fille qu'il ne connaissait même pas ?
C'était tellement pitoyable que c'était bien son genre.
Katsuki comprenait mieux les mines déconfites des autres élèves. Il restait moins de quarante-huit heures et ils ne savaient plus quelle piste explorer. Il serra les dents et les poings. Deku pouvait pas crever. C'était juste impensable.
Jeudi 24 Mai – 5h44
Katsuki s'était levé bien avant que son réveil ne sonne. En fait, il n'avait pas dormi du tout. Le lycée n'ouvrirait pas ses portes avant huit heures. En attendant, il était sans nouvelles de Deku. Il aurait pu appeler l'hôpital ou contacter un des abrutis de sa classe, bien sûr, mais il n'y arrivait pas. Il ne savait pas ce qu'il dirait exactement, et il ne savait pas si les réponses qu'on lui donnerait seraient satisfaisantes.
D'habitude, Katsuki n'était pas du genre à tourner autour du pot. Il n'avait pas peur de se prendre des claques. Mais là, c'était quand même différent. Même s'il détestait l'admettre, là, l'enjeu était trop grand pour être décontracté.
Déjà vêtu de son uniforme, traînant chez lui comme un fantôme depuis deux heures, il finit par atterrir dans sa cuisine. Même s'il doutait de ressentir la moindre fatigue ce jour-là, il décida de se servir une tasse de café, juste au cas où. Mais pour la première de sa vie, alors qu'il pensa à Deku, ses mains se mirent à trembler et il lâcha la tasse pleine.
Il la regarda, écrasée sur le sol, totalement impassible pendant un instant.
Puis un déclic se fit dans sa tête, et il attrapa les plats empilés sur l'évier avant de les fracasser sur le sol en hurlant. Il fit pareil avec les verres, les assiettes, et tout ce qu'il avait sous la main.
_ PUTAIN ! hurla-t-il en éclatant le dernier tas de vaisselle
_ Katsuki !
Sa mère venait d'entrer dans la cuisine comme une furie. Elle l'avait attrapé par les épaules pour le mettre face à elle, pour capter son regard et l'obliger à se calmer. Katsuki nota qu'elle n'avait pas l'air énervé, même si de toute façon, il s'en fichait bien de se faire engueuler.
_ Tu crois que détruire la maison va aider Midoriya-kun ? Demanda-t-elle calmement mais fermement.
_ Je m'en tape de Midoriya.
Il ne savait pas pourquoi il avait répondu ça. Il ne se fichait pas de Deku, de toute évidence. Mais il aurait aimé que ce soit le cas. Il détestait se soucier de ce merdeux.
_ Bien sûr que non…, souffla sa mère. Tu le connais depuis tellement longtemps.
_ Il va crever ce soir, claqua Katsuki. Ça fera trois jours avant vingt-deux heures.
Cette fois, sa mère prit un air sévère. Katsuki soupira, il savait déjà ce qu'elle allait dire.
_ Comment peux-tu dire ça ? Il reste du temps et ce garçon est ton ami. Tu dois te secouer et aider les autres à trouver une solution ! Je ne t'ai pas élevé comme un faible!
_ Ouais, c'est ça. Il reste encore plein d'espoir, dit-il d'un ton sarcastique.
_ Un héros n'abandonne jamais.
_ Arrête de me saouler avec ça putain! Qu'est-ce que ça peut te foutre de toute façon?! Deku n'a jamais été mon ami!
Il poussa rageusement du pied la vaisselle éclatée et se fraya un chemin pour quitter la cuisine.
_ Je nettoierai plus tard.
Il enfonça ses mains dans ses poches et quitta la maison. Le lycée allait bientôt ouvrir, il était donc temps pour Katsuki d'entendre d'autres mauvaises nouvelles. La veille, après qu'Uraraka ait fait son cirque, toutes les filles de Yuei avaient tenté leur chance. Deku aurait très bien pu tomber amoureux d'une pauvre cloche juste en l'ayant croisé dans les couloirs. C'était le genre de cet abruti.
Ça n'avait rien donné. Sa chambre avait été fouillée, en quête d'indices. Rien n'en était ressorti non plus.
Vers midi, Katsuki avait rencontré Inko Midoriya. Etre confronté au regard larmoyant, aux cernes et à la voix tremblante et désespérée de la mère de Deku n'avait pas été simple, même pour lui. Elle voulait à tout prix le voir, au cas où Katsuki aurait pensé à une fille du collège, voire même de l'école primaire, dont Deku aurait pu être encore amoureux. Dans le doute, Katsuki avait donné le nom de quatre filles que le nerd avait parfois côtoyé. Quand ces filles étaient venues à l'hôpital, dans la soirée, ça n'avait été qu'une déception de plus.
Après ça, Katsuki était rentré chez lui et s'était coupé du monde tandis que les autres avaient décidé de rester à Yuei pour continuer de se creuser la tête.
Jeudi 24 Mai – huit heures onze.
La classe était complètement vide.
Katsuki pesta intérieurement et claqua la porte derrière lui en sortant. Pourquoi il n'avait pas été prévenu ? Il se rua directement dans le bureau du directeur, à défaut de trouver quelqu'un d'autre dans les couloirs. L'animal qui leur servait de proviseur était bien là. Malgré le sourire qu'il adressa à Katsuki, son regard était grave.
_ En quoi puis-je t'aider, Bakugo-kun ? Je suis un peu occupé, comme tu t'en doutes je dois passer beaucoup d'appels.
_ En quoi des appels pourraient aider Deku ? Répondit Katsuki avec dédain.
_ Même si le cas d'Izuku Midoriya est très compliqué, tous les professeurs essaient de trouver dans leurs contacts quelqu'un qui, peut-être, aurait une solution…hm, disons « miracle », à proposer. Une sorte de contre-alter, par exemple.
_ Ouais, évidemment. Je suppose que vous pouvez m'indiquer où est ma classe ?
Le regard du proviseur s'assombrit, juste avant qu'il ne baisse finalement les yeux.
_ Tu n'es pas au courant, dit-il d'une voix morne. Tu as dû partir plus tôt que tout le monde, hier. La seconde A et une partie de la seconde B est à l'hôpital en ce moment, Bakugo-kun. Pour soutenir la mère d'Izuku, bien sûr, et…eh bien, dire « au revoir » dans le cas où…
_ N'en dîtes pas plus, c'est bon.
Katsuki n'avait pas besoin d'entendre la suite, alors il quitta le bureau en traînant des pieds, puis le lycée quasiment désert. Il erra ensuite dans la rue un moment, avançant sans réfléchir…ou du moins, il en eut l'impression. Pourtant, il se retrouva face à un parc qu'il connaissait bien. Shigoku.
Il n'était pas trop loin de chez lui, et Katsuki y avait passé beaucoup de temps dans son enfance, Deku collé à ses basques. Il se souvenait d'à quel point ça l'agaçait. Aujourd'hui encore, la présence de Deku lui tapait sur les nerfs.
Mais quand il s'imaginait vivre sa vie sans plus jamais voir ce foutu nerd… Katsuki détestait ça.
Shigoku, c'était aussi le parc où Deku avait été attaqué. Katsuki y entra sans trop savoir pourquoi. Est-ce qu'il espérait bêtement y trouver une solution ? Non, il était totalement impuissant et il devait s'y résigner. Il était presque dix heures, il ne restait plus assez de temps.
Il finit par prendre place sur une balançoire. Elle était vieille et rouillée, c'était étonnant qu'elle n'ait pas encore été dégagé du parc. Au moins, y avait pas de sales gosses dessus.
Et puis il semblait à Katsuki s'être déjà trouvé à cet endroit précis, des années plus tôt. Deku avait dû être heureux d'avoir l'honneur de le pousser. Maintenant, il se balançait tout seul du bout des pieds et essayait de prétendre que son cœur n'était pas serré à lui en faire mal.
Il n'était pas du genre à souffrir pour les autres. Sa mère avait raison, elle ne l'avait pas élevé comme un putain de faible. Et pourtant...
_ Dis, toi, je te connais !
Katsuki sursauta. C'était bien la première fois de sa vie qu'il se faisait surprendre. Il tourna la tête vers la balançoire à sa droite, qui était occupée par une fille blonde, à peine plus âgée que lui. Elle arborait un sourire agaçant et un minuscule cœur rouge était tatoué sous son œil gauche. Il se leva d'un bond. Il connaissait cette nana !
_ Heart Crusher, siffla-t-il entre ses dents serrées. J'vais te…
_ Shhhh, inutile d'être agressif, Katsuki Bakugo, l'interrompit-elle sans perdre son sourire. Si ce que tu cherches, c'est le moyen de sauver Izuku, je peux t'aider.
Entendre cette saleté appeler Deku par son prénom lui donnait encore plus envie de la détruire.
_ C'est ça, sale enflure ! T'es une putain de cinglée et tu vas crever !
Les étincelles commencèrent à jaillirent de ses mains. Katsuki pouvait sentir la chaleur se répandre dans ses paumes à une vitesse folle. Il n'avait jamais été aussi hors de lui, et cet état était carrément bénéfique à son alter. Il allait littéralement exploser cette tarée et venger Deku.
Il leva la main, la fille ne bougea même pas. Mais avant qu'il ne se jette sur elle, elle prononça une phrase qui le figea.
_ C'est toi la solution, Katsuki Bakugo. Izuku est amoureux de toi, pauvre idiot !
Elle ricana. Katsuki sentit la chaleur quitter ses mains, ses bras retomber le long de son corps. Est-ce qu'elle se foutait de sa gueule?
_ Surpris ? Pouffa-t-elle encore. Izuku est un gentil garçon, tu sais. J'avais perdu mon bracelet dans ce parc, et il a proposé de m'aider. Alors quand j'ai vu son air tristounet et que j'ai compris qu'il s'agissait d'un problème de cœur… j'ai décidé de l'aider moi aussi !
_ Tu mens, dit-il sans le moindre aplomb. Y a pas moyen que Deku soit amoureux de moi. On peut pas s'blairer ! Et arrête de te donner le beau rôle, putain ! Tu l'as foutu dans un lit d'hôpital, il est en train de crever, en quoi est-ce que ça l'aide ?!
Katsuki pouvait sentir la rage bouillir dans son ventre, mais là, il était trop paumé pour exploser. Il avait beau s'égosiller, il n'avait jamais été aussi peu sûr de lui. Et le vilain avait flairé son trouble.
_ Oh, je t'en prie, Katsuki…, soupira-t-elle en levant les yeux au ciel. Tu erres comme une âme en peine dans la ville et tu meurs d'envie de me tuer parce que j'ai osé toucher ce garçon. Ne prétends pas le détester, c'est ridicule.
_ Tu me connais pas, sale enflure !
_ Mais je connais le cœur d'Izuku Midoriya. Vois-tu, quand j'endors quelqu'un, j'entends le nom de la personne qu'il aime le plus profondément.
Katsuki eut un mouvement de recul. Cette fille essayait de le tromper, c'était forcément ça.
_ C'est ton nom que j'ai entendu, Katsuki Bakugo, insista-t-elle avec un large sourire. Tu es le seul à pouvoir sauver Izuku.
_ C'est impossible, souffla Katsuki.
_ Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point, jeune homme. Si tu détestes réellement Izuku, eh bien laisse-le mourir. Mais si tu tiens à lui, alors tu sais ce qu'il te reste à faire…
_ Toi…j'vais te crever !
La rage avait enfin repris le dessus. Il leva le poing, mais Heart Crusher se contenta de rire encore une fois. Elle leva la main et la positionna à plat, devant sa bouche. Elle souffla en direction de sa paume et, avant que Katsuki n'ait le temps de réagir, un nuage rosé se dirigea vers lui à une vitesse folle et entoura son visage comme une bulle. L'air était aveuglant et piquant, tant que Katsuki dut fermer ses yeux et les frotter à plusieurs reprises avec son avant-bras en pestant contre le vilain.
_ Putain ! Espèce de sale–
L'explosion remontait dans ses paumes, il allait détruire cette pauvre fille ! Ou peut-être pas. Le nuage s'était évaporé… et la fille aussi. Il avait beau tourner la tête à droite, à gauche et derrière lui, elle n'était plus là. Katsuki était en rage. C'était trop, cette fois.
Là, au milieu du parc, devant la petite balançoire où il s'était autrefois amusé à humilier Deku, il poussa un hurlement terrible.
Il cria, cria à s'en brûler la gorge en ignorant les regards effarés des passants et les mères qui ramenaient contre elles leurs enfants plus loin.
Katsuki hurla jusqu'à ce qu'il n'ait plus de souffle. Puis ses épaules s'affaissèrent. Il était comme vidé de son énergie mais il pouvait enfin réfléchir. Il avait laissé Heart Crusher s'enfuir. Il avait été un héros pitoyable. Ouais, mais il avait peut-être la clé pour sauver Deku. Cette clé lui paraissait dingue. Comment Deku pouvait aimer un gars ? Pire, le gars qui le mettait plus bas que terre depuis son enfance ?
Ça n'avait aucun foutu sens!
Mais c'était une piste que Katsuki ne pouvait pas ignorer. Cette enflure d'Heart Crusher avait raison. Il était incapable de détester Deku, et il devait au moins essayer de le sauver.
Il n'avait plus le temps de chercher le vilain, même s'il crevait d'envie d'éclater cette saleté et de montrer qu'il avait bien sa place à Yuei. Pour la première fois, il comprenait vraiment ce qu'All Might n'avait eu de cesse d'essayer de lui enseigner : arrêter le vilain était important, sauver une vie l'était encore plus.
Il avait beau ne pas avoir repris son souffle, Katsuki se mit à courir de toutes ses forces en direction de l'hôpital.
Jeudi 24 Mai – onze heures quarante-cinq.
Katsuki avait dû faire face aux regards durs ou abattus des autres élèves de la seconde A. Iida, Uraraka et Todoroki ne l'avaient particulièrement pas ménagé. Il savait pourquoi : il n'avait pas été aussi assidu aux réunions « sauvons Midoriya Izuku » que tous les autres de Yuei, professeurs comme élèves. Ils devaient tous penser qu'il n'avait pas de cœur et se fichait que Deku vive ou meure.
Ils avaient tort, mais Katsuki se fichait de ce qu'ils pensaient, de toute façon.
Aizawa-sensei et All Might étaient là, dans un coin. Voir ces deux là avec un air si accablé était flippant. Plus étonnant, Inko Midoriya était avec eux. C'était sûrement trop difficile pour elle de voir son fils étendu dans un lit d'hôpital, mourant. Elle semblait avoir pris dix ans d'un coup.
Comme si elle avait senti son regard, elle leva les yeux vers Katsuki. Lui se figea, mal à l'aise. Le drame et la douleur des gens, il savait pas gérer. C'était emmerdant pour un futur héros.
Il se sentit stupide quand Inko lui offrit un sourire, certes terriblement triste, mais un sourire tout de même. Cette petite femme inoffensive était clairement plus forte que lui. Katsuki la vit ensuite dire quelque chose à All Might, puis s'avancer vers lui. Là encore, il n'esquissa pas le moindre mouvement, même quand Inko fut juste face à lui.
_ Tu es venu voir Izuku, dit-elle d'une voix brisée mais sans se défaire de son léger sourire. Merci, Katsuki-kun. Il en sera très heureux.
Katsuki avait enfoui ses mains dans ses poches et détourné le regard. Toute son assurance s'était envolée face aux larmes d'Inko.
_ Ouais..., fit-il simplement. Sa chambre ? Hm, s'il vous plaît.
Quand elle lui donna le numéro, Katsuki se contenta d'acquiescer d'un signe de tête et fit aussitôt volte-face. Il avait hâte de disparaître de cette salle. Mais Inko l'interpella une dernière fois. Il s'arrêta net, mais ne se tourna pas vers elle.
_ Il t'a toujours adoré tu sais, Katsuki-kun. Depuis qu'il est tout petit, je n'entends que parler d'All Might et de Katchan à la maison.
Par politesse, ou peut-être pour prendre le temps de digérer ça, Katsuki resta sur place quelques secondes. Puis, sans dire un mot, il reprit sa route en direction de la chambre 403.
MIDORIYA Izuku
Le nom était écrit noir sur blanc, à côté de la porte. La porte que Katsuki n'arrivait pas à ouvrir. Il se demandait encore ce qu'il foutait là. Sérieusement, pourquoi c'était à lui de faire ça ?
Ah, ouais. Parce qu'apparemment, Deku avait été assez con pour tomber amoureux de lui. L'amour avait une forte tendance à dégoûter Katsuki, mais ça allait bien à Deku. Ce nerd plein de bons sentiments.
Au bout d'un moment, quand Katsuki se rappela que les autres abrutis de sa classe pouvaient débarquer d'un instant à l'autre, il se décida à entrer. D'un coup, comme on arrache un pansement. Il ferma derrière lui et osa directement un regard vers le lit d'hôpital collé contre le mur du fond. La seule chose qui tranchait entre les murs blancs, les meubles et les draps tout aussi immaculés de la petite chambre, c'était la tignasse verte de Deku.
Il était allongé dans son lit, recouvert à moitié d'une couverture. En fait, il avait le même teint que d'habitude et n'avait aucune blessure. Il semblait juste endormi.
Katsuki se rendit compte qu'il avait retenu sa respiration plusieurs secondes. Cet abruti de Deku ne dormait pas vraiment. Il était en train de crever, et c'était bien pour ça que Katsuki était là. Alors il s'avança vers le lit d'un pas déterminé, avec une forte envie d'hurler sur le nerd qu'aussitôt qu'il ouvrirait les yeux, il allait lui refaire le portrait pour avoir été aussi merdique face à un vilain.
_ Successeur d'All Might, hein ? Ronchonna-t-il. Bah on est mal barrés.
Il se figea quand il fut le plus proche possible du lit. Et maintenant ? Aizawa-sensei avait parlé d'un acte d'amour. Si Katsuki avait été moins fort, il aurait eu un frisson rien que d'y penser. Ou peut-être même qu'il aurait vomi.
Il connaissait rien à l'amour, et il avait rien envie d'en connaître. C'était une perte de temps foutument ridicule, un truc qui l'empêcherait juste de s'entraîner suffisamment et qui le freinerait sur le terrain.
Deku était tombé dans le piège, mais ça n'arriverait jamais à Katsuki. Lui, il était juste là parce qu'en intégrant Yuei, il avait signé pour sauver des vies. Et aussi parce qu'il devait encore prouver à Deku sa supériorité.
_ Retiens bien ça, le nerd, c'est la seule fois où je vais me montrer sympa avec toi. Demain, je t'éclate!
Il se pencha lentement au-dessus du lit, vers le visage de son rival. Son cœur battait à toute vitesse. Merde, ça, c'était pas son genre.
Il n'était pas écœuré comme il aurait dû l'être. Il était simplement nerveux, mais n'était pas sûr de ce qui le stressait vraiment. L'idée d'embrasser quelqu'un ? Il n'avait jamais fait ça avant, mais Katsuki était pas du genre à flipper pour un truc aussi nul. Ou bien d'embrasser cette personne en particulier ? Ce gars qui l'insupportait et que Katsuki avait toujours maltraité. Que Deku ne se réveille pas et soit condamné ? Que Deku se réveille et soit amoureux de lui ?
Katsuki s'insulta intérieurement. Il n'avait pas le temps de réfléchir à ça. A quelques centimètres du visage constellé de Deku, il ferma les yeux et prit une courte inspiration. Putain, ce moment allait le hanter toute sa vie...
_ T'as intérêt à te réveiller, abruti, grogna-t-il.
Puis il déposa un baiser, court mais appuyé, sur les lèvres de Deku. Le contact, étonnamment doux, lui fila la chair de poule. S'il était honnête, ce n'était pas désagréable. Juste surprenant. Il se redressa ensuite très rapidement et s'éloigna d'un pas. Il avait un peu l'impression d'avoir commis un crime. Mais l'impression le quitta rapidement pour laisser place à un pique de stress, puis à un sentiment dévorant, écrasant. Quelque chose que Katsuki n'avait jamais ressenti auparavant.
Du désespoir.
Deku n'avait pas ouvert les yeux. Il restait là, allongé dans son lit. Endormi. Bientôt pour toujours.
Réponse aux (adooorables) reviews –
Koakiwa : Oya oya oya ! (avec, au choix, la voix de Bokuto ou Kuroo). Merciii pour ta review ! Haha je suis désolée pour Ochaco, je l'aime beaucoup aussi !Mais bon, il faut avouer que Katsuki avec Izuku, c'est beaucoup plus drôle, non ?
Satokooo : Merci pour ce joli compliment ! J'espère que la suite t'a plu et que tu seras là pour le dernier chapitre !
Yuki-604 : Que de compliments, mercii ! Honnêtement, je trouve ça très drôle d'écrire du point de vue de Katsuki, mais aussi assez compliqué… on sait tous que c'est un acharné colérique rarement content, mais que d'un autre côté, le gars veut devenir un héros et n'est pas profondément méchant. Trouver le juste milieu quand on l'écrit c'est compliqué haha ! Alors si tu me dis que tu le retrouves beaucoup dans mon chapitre, j'en suis trèèès heureuse ! En effet, c'est une fic courte puisqu'il ne reste plus qu'un chapitre déjà pas mal avancé et qui arrivera assez rapidement. Et merci à toi !
Iliana19122 : Nooon pardon je ne veux pas te priver de sommeil ! Mais ne t'inquiète pas, la suite arrivera très bientôt, ne te torture pas avec le soir haha ! Merci beaucoup pour ta review toute mignonne !
TMtE : Merci beaucoup, je suis ravie de lire que ma version de la Belle au bois dormant te plaît ! Le fait que tu emploies le mot « charmant » à propos de Katsuki, je trouve ça à la fois drôle et super mignon haha mais c'est pas faux ! Quand je vois des lecteurs aussi enthousiastes n'empêche, j'ai la pression à mooort ! J'espère que la suite t'aura plu !
Arthygold : Je suis très contente que ça te plaise ! (et espère que c'est encore le cas !) Oh oui oui Katsuki est un cas désespéré, aucun doute là-dessus ! C'est ce qui fait que son personnage est particulièrement drôle et intéressant, alors on le pardonne, pas vrai ? Merci beaucoup pour ta review et tes encouragements !
DreamBruh : Eh ben dis donc, mon vilain bien ridicule comme il faut le plaît haha ! J'en suis contente, je me suis bien marrée à l'écrire moi aussi ! Et puis ouais je me suis dit « après Lovelover, je peux bien me permettre… » et voilà ! Alors j'ai trouvé ça sur l'internaute : « Tirer quelque chose par les cheveux apparaît dès le XVIIe siècle dans le sens de "forcer". On dit aujourd'hui qu'un raisonnement est "tiré par les cheveux" lorsqu'il ne semble pas "fluide", qu'il paraît compliqué ou peu logique. » Maintenant tu sais TOUT !
On se retrouve bientôt pour le dernier chapitre!
