Chapitre 1 : la Lecture
Le lendemain matin, Donatello attendit que ses parents et son frère quittent la maison pour se mettre en quête d'un livre. Comme d'habitude, sa mère lui dit où il trouverait à manger s'il avait faim. Une fois la porte fermée, il saisit l'annulaire et chercha la bibliothèque et son adresse. Une fois l'adresse trouvée, il quitta sa maison et partit tout seul vers sa destination. Malgré qu'il soit un petit garçon seul dans les grandes rues de New York, personne ne semblait faire attention à lui, surement parce qu'ils le croyaient accompagner. Après plusieurs rues, Donatello arriva enfin devant le grand bâtiment qu'est la bibliothèque municipale de New York. Le cœur battant, il y entra. Sans bruit et à petits pas, il s'avança vers l'accueil. Une vieille dame y était assise. Lorsqu'elle releva la tête et vit le petit garçon, elle lui sourit tendrement. Une fois arrivé devant elle, Donatello demanda poliment :
« Où sont les livres pour enfants, s'il vous plait ?
Dans cette pièce, à ta gauche. répondit-elle. Tu veux que je t'en choisisse un avec pleins de jolies images à regarder ? demanda-t-elle gentiment au petit garçon.
Non merci. Je suis sûr que je me débrouillerais. » sourit Donatello.
Sous le regard de la vieille dame, le petit bonhomme partit dans la pièce indiquée. Lorsqu'il y arriva, son cœur faillit exploser de bonheur. Des livres par centaines recouvraient les étagères. Tout souriant, Donatello en prit un au hasard et alla s'installé dans un fauteuil de la pièce. Il en lit un puis deux puis trois et ainsi de suite jusqu'à rentrer chez lui. Depuis ce jour, chaque matin, après que sa mère partait jouer au bingo, Donatello parcourait les quelques centaines de mètres qu'il le séparait de la bibliothèque et dévorait livre sur livre. Il lui arrivait de rire en lisant les histoires et contes qu'ils renfermaient et la vieille dame de l'accueil, Mme Folyot, l'écoutait en souriant. Quand il eut épuisé tous les livres pour enfants, il se mit en quête d'autre chose. Mme Folyot, qui l'observait fascinée depuis plusieurs semaines, fournit à Donatello des informations précieuses sur la bibliothèque. Alors qu'ils marchaient dans les rangées d'étagères, elle lui dit :
« Tu sais, tu pourrais avoir une carte de bibliothèque rien qu'à toi ! Tu pourrais emporter des livres chez toi ! Et tu ne serais pas obliger de venir à pied tous les jours. Tu pourrais en prendre autant que tu veux.
Ce serait merveilleux ! » s'émerveilla le petit garçon.
Ainsi, Donatello prit une carte de bibliothèque et emprunta des livres. D'abord, il les prit un par un puis il décida d'en prendre plus. Il amenait donc un petit chariot et y déposa les livres qu'il empruntait, le faisant rouler derrière lui, jusqu'à chez lui. C'est ainsi que l'intelligence jeune et vive de Donatello continua de se développer, guidé par la voix de tous ces écrivains qui avaient envoyé leur livres de par le monde, tel des navires sur la mer. Ces livres apportaient à Donatello, qui grandissait de plus en plus, un message d'espoir et de réconfort : tu n'es pas seul !
L'âge avançant, Donatello eut bientôt 6ans mais sa taille lui faisait en paraître 7 ou 8. Ces écrivains lui firent changer de style. Il laissa pousser ses cheveux de façon à pouvoir les attacher en petite queue-de-cheval, il porta une chemise mauve surmonté d'un pull sans manche blanc et un pantalon noir et des baskets blanches. Il avait également changé de lunettes. Il en avait des petites rectangulaires. Seul son écart dans la bouche restait et l'embêtait un peu. Si on le cherchait la journée, il était souvent au parc, assis sous un arbre, à lire et à observer les autres parents et leurs enfants. Parmi eux, il voyait souvent une petite fille rousse avec ses parents et trois garçons avec leur père. Généralement, ils se battaient ou faisaient quelque chose qui ressemblait à une bataille. Il ne les regardait pas assez pour le savoir. Le soir, il rentrait, s'enfermait dans sa chambre et lisait. Parmi ces livres, il prenait souvent ceux qui parlait du Japon et qui permettait d'apprendre le japonais. Cette langue l'intriguait et l'art du ninjutsu le titillait également.
Un soir, son père entra dans sa chambre alors qu'il lisait, assis sur le sol. Sans même un bonsoir, il grogna :
« Y'a eu des colis aujourd'hui ? »
Sans levé les yeux de sa lecture, il secoua la tête pour dire non. Son père observa les livres qui entouraient son fils.
« Ça vient d'où, ce bazar ? grogna-t-il en tapant du pied dans un livre qui vola jusque devant Donatello.
De la bibliothèque ! répondit le jeune garçon en récupérant le livre jeté pour le poser sur son lit.
La bibliothèque ? T'as jamais mis les pieds à la biblio ! T'as tout juste 4ans !
6ans et 6mois !
T'as 4ans !
6ans et 6mois ! Et encore, je parais 7 ou 8 !
T'as 4ans, j'te dis ! Si t'avais 6ans et demi, tu serais déjà à l'école !
Je veux y aller à l'école, je te l'ai dit ! Normalement, j'aurais dû y aller en septembre ! grogna Donatello, agacé. Mais tu ne m'as pas écouté ! »
Le père Wormwood resta planté dans la chambre quelques secondes puis attrapa son fils par le bras.
« Allez ! Debout ! »
Donatello lâcha son livre et se redressa pour suivre son père. Celui-ci le traina dans les couloirs jusqu'à sa chambre où sa femme se fait une beauté devant le miroir.
« Choupette ! Quel âge a Donatello ? demanda-t-il.
4ans. répondit la femme sans se retourner de son miroir.
J'ai 6ans et 6mois, maman ! soupira le jeune garçon.
Alors disons 5 !
J'ai eu 6ans ! Je suis même grand pour mon âge !
T'es un menteur! grogna son père.
Je veux aller à l'école ! insista-t-il.
A l'école ? ricana son père, alors que sa mère glousse déjà. C'est hors de question. Qui signerait quand on apporte les colis, hein ? On ne va pas laisser des paquets hors de prix moisir devant notre porte. répliqua-t-il en appliquant une lotion sur ses cheveux. Allez, va regarder la télé comme un bon petit gars ! »
Tristement, Donatello tourna le dos à ses parents et sortit de la chambre. Il entendit vaguement sa mère dire :
« Tu sais quoi, Harry ? Y'a des jours où j'me dis qu'il lui manque une casse, à ce gosse.
Il lui en manque plus d'une ! » ajouta son père.
Donatello se força à ne pas pleurer. Ravalant ses larmes, il sortit dans le couloir. Là, son frère lui fonça dessus en criant :
« Hé tronche de cake ! Tiens ! Prends un machemalow ! ricana-t-il en lui lançant la sucrerie dans le dos. Tiens ! Encore un pour la tronche de cake à qui il manque une dent ! continua-t-il en lui en lançant un autre alors que son cadet, en l'ignorant tant bien que mal, retourna dans sa chambre. Hé ! Tronche de cake ! On prend soin de ses dents ! Grande gueule mal fichue ! »
Donatello ferma la porte de sa chambre, le cœur serré, les larmes aux bords des yeux, les poings serrés et les dents crispées. Il observa alors son reflet dans un miroir. Il se trouvait très bien… mais lorsqu'il ouvrait la bouche, son écart de dent se voyait comme le nez au milieu de la figure. Furieux et triste, il mit une veste sur le miroir pour cacher son reflet puis reprit le livre qu'il lisait. Assis par terre, il resta fixé sur sa page quelques instant, puis éclata en sanglots. Les larmes tombèrent sur les pages du livre. De temps en temps, Donatello rêvait d'avoir un ami. Un être bon et généreux… comme dans ses livres. Il se disait que les dragons qui parlent et les princesses aux cheveux si longs qu'elles en font une échelle pour le prince charmant, tout cela n'existait peut-être que dans les contes… Mais Donatello allait bientôt découvrir qu'il pouvait être son propre ami et qu'il possédait une force dont il ignorait l'existence.
Donatello, bien qu'ignorer par sa famille au point que ses parents ignorent son âge, découvre la lecture et rencontre indirectement des personnes qui vont changer sa vie. Avez-vous remarquer qui c'était?
