Original : Judgement of Corruption - Akuno-P
Cover : Les Jugements corrompus - Daphnis (cover fr)/Thanatographe (traduction paroles)
Dans cette justice corrompue, dont nul n'évalue les issues
Que part le statut social
Étant juge à ce tribunal, mon verdict n'est pas impartial
Il est simplement vénal
Même les pires scélérats, peuvent accéder au salut
Par le paiement d'un tribut
Car en enfer, l'argent est le meilleur avocat
Juge quel meilleur métier rêver pour gagner l'Agent ?
Le temps que je suis bien payé, je juge.
Si une somme plus alléchante que celle de la justice m'est proposée,
Je n'hésiterais pas à changer mon verdict.
L'âge, le sexe ou l'apparence n'ont aucune réelle influence
Tout ça n'a pas d'importance
La seule chose qui compte pour moi est si tu peux payer ou pas
Cela fera la différence
Dès lors que ton destin repose entre mes mains
SI TU VEUX LA LIBERTE TU DEVRAS ME PAYER !
Je suis payé en pièces sonnantes et trébuchantes.
Quelle que soit le verdict, le seul gagnant c'est moi.
Seul le péché reçoit toute ma considération
C'est le jugement par la corruption
Pour que la diffamation ne te mette pas en détresse
Il faut que tu contribues à ma propre richesse
Tu veux être innocent ?
Donne-moi l'Argent !
Autant pour ma fille adorée, elle qui ne peut même se lever
L'argent est indispensable
Pour le vœu que j'ai formulé, l'accumulation des péchés
Le rendra réalisable
Le procès du doute débute de façon opportune
Le mal crie sa joie et le bien crie son infortune
Ma chère et tendre fille paralysée,
Ne pourra vivre décemment qu'avec l'Argent.
Je fausserai les accusations.
Seul le péché reçoit toute ma considération
C'est le jugement par la corruption
Pour que mon souhait le plus cher devienne enfin réalité
Le marteau de l'injustice devra encore frapper
Un criminel me donne une somme alléchante ?
Mais de quel criminel parlez-vous ? Ce n'est qu'une victime !
Un général est présenté, meurtrier et chef d'une armée
L'opinion est unanime
Un pot-de-vin m'est donné pour le sort de cet accusé
Je lui absous tous ses crimes
Cette décision des plus viles provoqua une guerre civile
Le général y mourut
Dans les champs, l'on pouvait voir des corps étendus
Chef d'armée, tueur et assassin.
Coupable. Il l'est.
Mais un chef d'armée est fortuné.
Il me paya, grassement.
Devant moi se tient un homme gracié de toutes accusations.
Frappé par l'assaut de colère, ma demeure se met à brûler
Produisant mille lumières
Tant que je reste avec ma fille, je ne serai pas effrayé
Avec elle je suis en paix
Dans une maison consumée, l'on pourra retrouver
Les cadavres d'une enfant et d'un père calcinés
Une nuée de personnes révoltés s'approche de ma demeure.
Ils sont armés et en colère.
Je crois qu'il s'agit des victimes du Général.
Mais ma fille est heureuse, c'est le plus important.
Et lorsque je me réveillais, je me retrouvais confronté
A un dernier jugement
Mon entrée au royaume des morts, dont le maître estimait le sort
Se décidait maintenant
Même les pires scélérats, peuvent accéder au salut
Par le paiement d'un tribut
Car en enfer, l'argent est le meilleur avocat
Devant moi, se tient un étrange personnage.
Vêtu d'une cape, il ne parle pas.
Mais ces mains demandent l'Argent.
Je m'approchai de ce démon, et sur un ton de confession
Je me mis à murmurer :
« Les richesses que j'ai amassées, héritées de ma vie passée,
Tu devras y renoncer. »
En m'approchant de la sortie, je me sentis choir
Puis je vis sur moi l'enfer fermer ses mâchoires.
Je refuse net, cette fortune amassée,
Je suis bien trop égoïste pour m'en séparer.
Même si ma fille n'en a guère besoin ici,
Je suis envahi d'un sentiment d'avarice.
Seul le péché reçoit toute ma considération
C'est le jugement par la corruption
Même si l'ordonnance de cet épouvantable péché
N'induira pas la sentence appropriée
Si l'on paye une somme alléchante,
nous sommes toujours innocents.
Mais cette avarice dévorante me rend coupable.
Plus encore que ceux que j'ai absout.
Un jour, de ces mains, je recommencerai à rassembler
Une parcelle de ce crime mortel
Je changerai alors ce monde où règne la désolation
En utopie que ma fille et moi apprécierons ...
J'amasserais encore et toujours plus.
L'Avarice ne peut être stoppé.
Pour une raison qui met inconnue, cette fille tant chérie,
Je la vois marcher dans un souvenir antérieur à ma mémoire.
Mais peu importe, je serai toujours là pour cette fille aux cheveux azur …
C'était ce que je pensais.
Doucement, j'ouvris mes yeux.
J'avais la tête calée dans des oreillers aux allures coûteuses, tout comme les draps me recouvrant. En regardant mieux cette pièce décoré avec faste et somptuosité, je vis, dans un coin, une ombre s'approcher.
Les rideaux furent tirés d'une main inconnue et il se déversa un flot de lumière rougeoyante telle un brasier. Je me souvins de tout.
« Ma fille ! Elle… »
La personne me figea de son regard. En s'avançant, elle me permit de découvrir une allure et des courbes féminine. Je reconnu ainsi la créature du jugement, celle qui m'a condamnée et qui me condamne encore en cet instant.
Une voix sortie de nulle par, la créature à mes côtés avait la bouche close.
Elle était, sans doute possible, féminine.
Liquide et douce.
Dure et rugueuse.
Brûlante mais froide.
Venimeuse mais calme.
Terrifiante et maléfique.
« Gallerian Marlon, possesseur et détenteur du péché de l'Avarice, vôtre fonction de juge est à jamais révoquée. Vous êtes condamné à l'Enfer jusqu'à la fin des temps. Vous devrez payer pour votre péché, pour votre Avarice... »
Sans un mot de plus, la créature commença à disparaître. Quand je me ressaisi, je ne pus que voir un sourire démentiel plaqué sur son visage la seconde précédant son évaporation.
« … Ainsi que pour votre crime commis il y a plus huit cent ans, Kachess Crim. »
Abasourdi et hagard, je me relevais et marchais vers la sortie que j'ouvris. Je n'avais absolument rien saisi de ce qu'avait dit mon bourreau. La seule chose qui m'importait, la seule information dont j'aurais eu besoin, ne m'avait pas été donnée.
Je voulais chercher ma fille, savoir où elle se trouvait. Elle m'obnubilait.
Mais à ce moment, je fus pris d'un sentiment de panique. Au fond de moi, une petite voix me soufflait que jamais je n'aurais dû ouvrir cette porte, sortir de cette chambre. Je traversa les couloirs en toute hâte, un instinct inconnu me contrôlant, me hurlant de me mettre à l'abri. Ma fille oubliée, ou tout du moins relégeuée au fond de mes pensées.
Dans ma course sans aucun sens, je réfléchis et me stoppa.
Pourquoi courrais-je ? Pour fuir.
Oui, mais fuir quoi ? Ou qui ? Un danger.
Mais quel danger ? … Mon raisonnement se troublait ici. Quel danger cherchais-je à fuir ?
Mais y avait-il seulement un danger ? Je revins sur mes pas, entrant dans la pièce avec le lit.
Je m'allongea, ne cherchant aucune logique dans ce qui ce passait.
Cet étrange instinct, dont je fus pris quelques instants encore avant, était toujours présent. Il me disait de fuir.
Il me disait de me souvenir de ce que j'avais oublié aussi. Mais qu'avais-je oublié ?
Je réfléchis. Mes pensées partagées entre cet instinct que je méprisais et mon souci pour ma fille que je chérissais.
Instinct méprisé car il me faisait perdre mes moyens dès que je lui accordais de l'attention. Un instinct que je ne parvenais pas à comprendre, qui m'irritait.
Je m'en détourna pour accorder de l'attention ma fille.
Les paroles du démon me revinrent.
Quelque part en enfer, entre deux montagnes boisées, se trouvait un somptueux manoir aux allures élégantes et distinguées. Ce manoir, ceint d'un jardin verdoyant, était enluminé de couleurs riches aux tours harmonieuses.
L'intérieur, tout aussi luxueux que le laissait présumer l'extérieur, resplendissait pas l'ornement coûteux du lieu.
A l'étage, dans une chambre à coucher, un homme aux cheveux d'un bleu éclatant, tournait en rond, vêtu seulement d'une chemise soyeuse et douce, réfléchissant à son sort. Ou plutôt à celui de sa fille.
« … Un Ange… elle est un Ange. Si parfaite ! Elle ne peut être en Enfer…
Donc… je suis… seul ? … Non. Quelque chose me guette, je le sens.
Il m'en veut. Mais qui est il ? »
Merci à Camille D Tornwood pour sa review !
