Malfoy se leva brusquement du lit, manquant de tomber. Il semblait accorder une importance extrême à Harry, qui ne l'avait pas quitté des yeux. Il resta parfaitement immobile alors que le jeune blond s'approcha de lui, tendant ses mains en avant.
-Je t'en prie, dis-moi que tu me vois, supplia Malfoy dans un murmure.
Harry était épuisé à cause des cauchemars à répétition et de sa léthargie. Draco Malfoy n'avait aucune raison d'être au Terrier à ce moment, non seulement car la maison avait été protégée par un sort de confidentialité depuis l'attaque des Mangemorts en cinquième année, mais également car le garçon était leur ennemi. Harry se demanda s'il était en train de rêver éveillé, ou si tout l'entretien avec le notaire n'était qu'un autre de ses cauchemars élaborés par son esprit torturé. Ne sachant quoi penser, il décida d'ignorer la vision et se contenta de contourner le Serpentard pour retourner se coucher dans son lit en soupirant. Malfoy balbutia en le regardant faire, et tapa du pied en voyant qu'il n'avait pas réussi son effet.
-Pitié, Potter, je suis sûr que tu me vois. Je ne comprends pas ce qu'il se passe !
Il s'approcha rapidement du lit et s'agenouilla devant le visage d'Harry, qui tenta de fixer un point inexistant pour ne pas le suivre des yeux. Draco fronça les sourcils, sa respiration s'accélérant petit à petit. Harry se demandait pourquoi il était en train de rêver de son ennemi dans une situation aussi banale, au lieu de revivre les évènements de la tour d'astronomie comme il en avait l'habitude.
-Personne ne me voit, et je ne sais pas pourquoi j'ai atterri ici. Je ne sais même pas où je suis, mais je n'ai pas pu quitter cette pièce depuis mon arrivée. Je sais que tu n'as aucune raison de m'aider, mais je t'en prie, Potter. Ecoute-moi. Regarde-moi !
La voix s'était brisée à la fin de sa demande, ce qui attira l'attention d'Harry, malgré tous ses efforts pour ignorer cette vision. Malfoy avait les larmes aux yeux, et semblait terrifié. Son visage était très près de celui de l'autre garçon, si près qu'il pouvait voir la pâleur atroce de son teint, ainsi qu'une légère cicatrice au bas de sa joue gauche. Il se mit à se demander pourquoi toute cette hallucination était aussi précise. Une larme coula le long de la joue du Serpentard, et Harry la regarda distraitement, ce qui ne passa pas inaperçu chez le blond.
-Tu me vois, n'est-ce pas ? Pourquoi es-tu le seul à me voir, et pourquoi est-ce que je suis ici ? Qu'est-ce que tu m'as fait ?!
Harry avait beau ressentir cette lassitude familière, une pointe de curiosité arriva à le piquer. Une hallucination n'avait pas de corps réel, n'est-ce pas ? Il pourrait donc passer son bras à travers Malfoy, et ce dernier partirait probablement en fumée comme lorsqu'Harry voyait Voldemort devant lui ou bien il finirait par se réveiller par le mouvement. Dans tous les cas, tenter de toucher ce qui se tenait devant lui était la seule idée qu'il avait pour le moment.
Ainsi, il ferma son poing et le projeta en plein dans le visage de son ennemi. A sa plus grande surprise, ses phalanges impactèrent le nez du blond, qui hurla de surprise et de douleur, s'écrasant sur le sol de la chambre dans un bruit étouffé. Harry se redressa vivement, inspectant sa main, dans laquelle le sang pulsait avec force le long des doigts qui avaient touché le cartilage de l'autre. Il l'entendit gémir de douleur, et finit par tourner son attention sur lui.
Malfoy cachait son nez dans sa main, et avait fermé les yeux tandis qu'il grognait, attendant que la douleur ne passe. Après quelques secondes, il rouvrit enfin ses paupières et jeta un regard furieux à Harry.
-Mais t'es malade ?! Pourquoi t'as fait ça ?! S'écria-t-il, sa voix légèrement plus nasillarde qu'avant.
-Tu n'es pas une hallucination, constata Harry d'une voix rauque.
-Bien sûr que non, espèce, d'abruti. Tu aurais pu parler, au lieu de me mettre un pain pour vérifier.
Harry ne répondit pas, et se contenta de le regarder avec mépris. S'il n'était pas une illusion, alors cela voulait dire qu'il y avait un intrus dans la maison des Weasley. La colère remonta en lui alors qu'il se jeta sur sa baguette, la pointant droit sur Draco, qui reprit immédiatement son air paniqué.
-Non, attends ! Tout ce que je t'ai dit est vrai ! Je ne sais pas comment j'ai atterri ici !
-Et tu espères que je vais te croire ?! HERMIONE ! RON !
-Ça ne servira à rien de les appeler, ils ne me verront pas, prévint Malfoy en prenant un air ennuyé.
Des bruits de pas précipités se firent entendre dans la cage d'escalier, et les deux amis du Griffondor déboulèrent dans la chambre, baguette à la main. Ron s'avança jusqu'au lit, regardant chaque élément de la pièce avec suspicion.
-On t'a entendu crier, tout va bien ?! Questionna Hermione en fixant le jeune garçon, ignorant complètement Malfoy qui se tenait toujours assit par terre, les yeux fermés.
-Malfoy est juste là ! Cracha Harry en le fusillant du regard.
-Quoi ?
Hermione eût l'air perdue, regardant autour de la chambre sans s'arrêter sur l'intrus à ses pieds. Ron, lui, dévisageait désormais Harry comme s'il était devenu fou.
-Harry, il n'y a que nous dans cette chambre, dit-il avec hésitation, regardant Hermione en quête de soutien.
-Non, vous ne le voyez pas ? Il est juste là, sur le sol !
Harry pointa l'endroit avec insistance, et le blond le regarda avec impatience.
-Ils ne m'entendront même pas, dit-il avec détachement.
-Là ! Il vient de parler ! S'écria Harry, ne comprenant pas pourquoi il était le seul à voir son ennemi en plein milieu de la chambre.
-Harry, je sais que tu traverses une période extrêmement difficile… Commença Hermione faiblement.
-…Mais ton état ne va faire qu'empirer si tu continues à poursuivre cette obsession sur Malfoy. On sait qu'il est coupable, mais on a plus urgent à régler.
Harry se sentit rougir alors que Malfoy le fixa avec étonnement et une légère pointe d'amusement. Il regarda Ron avec mécontentement.
-J'avais raison sur toute la ligne, et vous ne m'aviez pas cru ! Et là je vous dis encore la vérité, et vous ne faites rien à part me regarder comme si j'avais un troisième bras dans le dos ! Grogna-t-il, serrant sa baguette entre ses doigts jusqu'à ce que ses phalanges blanchissent.
-Tu nous faisais le coup tous les ans ! Comment pouvait-on savoir ! s'offusqua Ron.
-Ron, ça suffit ! Il a raison, on aurait dû l'écouter. Harry, tu n'as pas mangé depuis des jours, tu bois à peine, et c'est la première fois depuis une semaine que tu te lèves de ce lit. C'est peut-être Voldemort qui te tend un piège, ou ton imagination. Tu sais, l'anémie…
Hermione entama une longue explication sur les causes possibles de cette apparition soudaine de Draco Malfoy dans la chambre d'Harry, qui arrêta de l'écouter après quelques temps, excédé que ses amis ne le croient pas. Il scruta le visage de son ennemi, qui ne le regardait plus, préférant se concentrer sur le paysage visible à travers la fenêtre. Une expression de culpabilité passa sur son visage, assez longtemps pour qu'Harry puisse la voir. Cependant, il se ressaisit bien vite en secouant la tête, et reprenant son air ennuyé. Harry se demandait comment il pouvait prouver à ses amis que Malfoy était bel et bien réel, alors qu'il commençait sérieusement à douter de sa propre stabilité mentale. Il l'avait pourtant frappé…. Mais oui !
-Hermione, avance tout droit jusqu'au lit. Ne dévie pas ta trajectoire, ordonna-t-il d'un ton sérieux.
-Pardon ?
-Je vais te prouver que j'ai raison. Marche-lui dessus.
-Tu sais bien recevoir tes invités, commenta Malfoy d'un ton sarcastique en croisant les bras.
-Tu ne seras jamais un invité ici, Malfoy.
Le blond haussa simplement les épaules, peu touché par la remarque. Hermione regardait Harry avec suspicion, mais finit par céder. Elle marcha prudemment en direction du lit, s'approchant de plus en plus du Serpentard, qui attendit patiemment. Mais l'expérience n'eut pas l'effet escompté, car Hermione passa complètement à travers du corps de Malfoy, qui frissonna visiblement une fois qu'elle l'eut traversé. Harry baissa enfin sa baguette, abasourdi.
-Je ne comprends pas, je l'ai frappé tout à l'heure. J'ai réussi à le toucher… Marmonna-t-il en regardant sa main avec incrédulité.
Hermione eut l'air peinée, et posa une main amicale sur son épaule.
-Harry, il faut que tu manges, et que tu te reposes pour de vrai. J'ai demandé à Lunard d'apporter des potions de sommeil pour toi, tu n'auras pas à te soucier des cauchemars pendant quelques temps. Plus tu reprendras des forces, mieux ça ira. Je ne sais pas ce que tu es en train de voir, mais c'est probable que ce soit la fatigue, ou un piège. Fais attention, d'accord ?
Harry ne répondit pas, contrarié de ne pas être pris au sérieux une fois de plus. Ron semblait gêné que les choses aient pris de telles proportions, et proposa à Hermione de retourner en bas d'un geste de la tête. Elle acquiesça silencieusement, puis retourna son attention sur Harry.
-Je vais aller te chercher à manger, repose-toi encore un peu.
Les deux amis d'Harry se dirigèrent vers la porte, regardant une dernière fois derrière eux avant de quitter la pièce. Quand ils se retrouvèrent seuls, Malfoy poussa un long et bruyant soupir.
-Si à l'avenir tu pouvais t'abstenir de demander à des gens de me traverser, ce serait gentil, dit-il en se relevant.
-Je ne te dois rien, Malfoy. Tout est de ta faute.
-C'est ça. C'est moi qui ai donné le biberon au Seigneur des Ténèbres dans son enfance, et qui l'a poussé dans cette voie, ironisa-t-il avec dédain.
-Pas besoin de ça pour être un meurtrier à ses ordres.
L'élève de Serpentard se dirigea vers Harry et l'agrippa violement par le col de son tee-shirt. Ils pouvaient donc se toucher, il n'avait pas imaginé ça !
-Je suis plein de choses, Potter. Mais je ne suis pas un meurtrier. Moi aussi, je peux te frapper, alors fais gaffe à ce que tu dis, menaça-t-il, ses yeux gris emplis de colère ne quittant pas ceux d'Harry.
-Tu es un lâche, ça tu l'es.
Le coup partit sans crier gare. Harry se tint la mâchoire, sentant encore la trace du poing l'ayant percuté.
-Je t'ai dit de faire attention à ce que tu dis, Potter. Tu ne sais RIEN de moi.
-J'en sais bien plus que tu ne le penses, objecta vicieusement Harry, sentant la colère remonter en lui, allumant un feu éteint depuis plusieurs semaines.
-C'est sûr que ta petite ''obsession'' a dû t'apporter un bon nombre d'éléments. Ça ne m'a pas empêché de réussir ma mission, donc tu n'es peut-être pas aussi bon que tu le penses.
-Et tu en es fier ?! Tu es fier d'avoir causé la mort de Dumbledore ?!
Malfoy était rouge de colère, une veine tambourinait doucement sur son front tandis que sa mâchoire se contractait. Ses poings étaient prêts à balancer un autre coup à Harry, il pouvait le deviner à la position agressive que le blond adoptait.
-Tu. Ne. Sais. Rien. De. Moi.
-J'ai tout vu, ce soir-là. Je t'ai vu.
Le choc passa dans les yeux du Serpentard, mais la colère revint presque immédiatement.
-Tu as donc vu que je n'ai rien fait.
-Au contraire. Tout est de ta faute.
Malfoy émit un son d'agacement, et se retourna vivement pour faire dos à Harry, qui continuait à le regarder avec haine.
-Je ne sais pas pourquoi je suis ici Potter, parce que j'aimerais être partout sauf en ta compagnie. Entourés de traitres à leur sang et de sangs de bourbe.
-Je t'interdis d'insulter mes amis ! Cria Harry en pointant à nouveau sa baguette en direction de Malfoy.
-Et te laisser m'insulter gratuitement à la place ? S'offusqua le blond en tournant la tête pour le regarder avec incrédulité.
-Tu mérites ce que je te dis.
Malfoy sembla blessé. Il s'éloigna d'Harry et agita une de ses mains.
-Je m'en vais. Je ne supporte pas ta présence, déclara-t-il froidement.
-Je ne vois pas pourquoi tu n'as pas commencé par là.
Il jeta un dernier coup d'œil à Harry avec ce même regard blessé, puis transplana. Bon débarras.
Greetings and Salutations à vous tous, j'espère que vous allez bien, et que ce début de fanfiction vous plait !
No One Mourns The Wicked est l'œuvre que je dédie au NaNoWriMo 2018, donc attendez-vous à environ un chapitre par jour pendant tout le mois de Novembre ! Je suis contente de pouvoir écrire cette fanfiction, car elle est un peu comme mon bol d'air en pleine correction de mon livre !
Le but de NaNoWriMo est de faire 50 000 mots en un mois, et j'espère vraiment pouvoir réaliser l'entièreté de cette fanfiction avec autant de mots, voire un peu plus si besoin ! Si je pouvais la finir en fin Novembre ce serait l'idéal ! En attendant, j'espère que vous suivrez l'histoire avec autant de plaisir que moi j'ai à l'écrire !
Je vous embrasse,
MathBeth.
